Billet edito

Tristes tropiques

179 commentaires 30 décembre 2008

Bonjour à toutes et à tous,

Petit billet entre Noël et le jour de l’an, pour vous souhaiter de joyeuses fêtes de fin d’année.

Guizot & Sarko Pas de répit pourtant sur le front des mauvaises nouvelles. Le chômage continue d’augmenter et 2009 s’annonce comme une année noire sur le plan économique et social. Face à la situation, les réponses du gouvernement ne sont pas à la hauteur des enjeux. Sarkozy est un Guizot sans talent, son « travailler plus pour gagner plus », est un lointain écho du « enrichissez vous par le travail et par l’épargne »… il sonne creux aux oreilles des chômeurs, des précaires, des travailleurs pauvres, des classes moyennes, des étudiants comme la formule de Guizot sonnait creux aux oreilles des canuts, des salariés agricoles, des manœuvres et des enfants mis au travail dès 12 ans.

2009 n’est pas 1848, mais comme Tocqueville à la veille de la Révolution, je peux dire : « j’éprouve une certaine crainte pour l’avenir (…) que l’instinct de l’instabilité, ce sentiment précurseur des révolutions, qui souvent les annonce, qui quelquefois les fait naître, que ce sentiment existe à un degré très grave dans le pays ».

Triste Gaza

Ce matin, j’ai la nausée en lisant le compte rendu de cette nouvelle journée de violence dans la bande de Gaza, de quoi rendre bien dérisoires les propos confondant de Benoît Hamon tenus dans le mensuel Bretons selon lesquels « les royalistes » ont « dans le sang ce poison de la division dans des proportions que l’on n’a jamais connues auparavant ». Curieuse assertion pour quelqu’un qui est, jusqu’à preuve du contraire, le porte-parole de tous les socialistes y compris de ceux qui ont voté pour Ségolène Royal. Sang, poison, division… curieux vocabulaire pour parler de camarades ! Qui veut l’unité, qui souhaite la division, qui espère la rupture ? à chacun d’apprécier. Pour ma part, je partage le désarroi et la consternation qui s’expriment parmi les militants et sur ce blog. Dans un parti politique, la minorité, en l’occurrence plus que relative des royalistes, n’est pas l’opposition. Petit rappel : pour les cogneurs, le puching ball est à droite !

Une colombe de paix pour Gaza Revenons en à des choses plus graves. L’offensive de l’armée israélienne contre les territoires palestiniens glace d’effroi tant est grande la violence des combats et tant le silence de la communauté internationale est assourdissant. Propos convenus des pays européens et de la Russie, propos habituels de la Maison Blanche. On aurait espéré un ton nouveau du côté de Washington, mais pour le moment, la voice of America du « Président élu » comme on dit, ne s’est pas faite entendre… Barak, so what ? Gaza, donc, pris en otage d’une campagne législative qui place le bras de fer avec le Hamas au cœur des débats. « Travaux pratiques » donc avant février, sur fond de recherche d’alliances gouvernementales.

Je n’ai aucune espèce de sympathie pour le mouvement Hamas, qui ne veut pas reconnaître Israël, qui n’a pas prolongé le cessez-le-feu et je condamne sans appel les lâches tirs de roquettes contre les civils israéliens qui vivent dans la terreur permanente, mais je suis aussi choquée par la disproportion de la riposte israélienne qui frappe durement la population civile palestinienne, déjà étranglée par un an d’implacable blocus.

Il n’y a pas de solution militaire à Gaza, sauf à pousser l’ensemble du peuple palestinien dans les bras du mouvement islamiste. Il n’y a d’autres voie que le dialogue avec un mouvement peu fréquentable, d’une part, mais élu démocratiquement et avec, d’autre part, une autorité Palestinienne qui, s’est certes beaucoup déconsidérée ces dernières années, mais qui reste l’ultime recours et le seul chemin vers la paix. Que de temps perdu depuis ce 7 juillet 1994 lorsque Yasser Arafat reprenait le chemin de sa terre natale, le cœur gonflé d’espérance.

Il faut mettre fin, de part et d’autre, à cette dramatique et inutile escalade de la violence.

Dieudonné, leader assumé de l’extrême droite

Dieudo par Défé Triste noël aussi du côté du Zénith où Dieudonné au sommet de la crétinerie, un art qu’il pratique sans modération, a remis à Robert Faurisson, négationniste patenté, « faussaire de l’histoire » pour reprendre l’expression de Badinter, condamné à plusieurs reprises pour contestation de l’Holocauste, le « prix de l’infréquentabilité et de l’insolence ». Un prix, on croit rêver, remis par un technicien habillé en déporté juif en pyjama rayé arborant une étoile jaune.

Abjecte, dégueulasse, provocation de gros con… pardon, mais je n’ai pas assez de mots pour décrire la détestation que je ressens pour ce type ! Nous connaissons trop bien à Lyon, capitale de la Résistance, pour avoir eu à la subir au Conseil régional comme à Lyon III, cette extrême droite mal pensante, qui se complait à blesser les mémoires.

Pour terminer sur une note plus joyeuse, et parce que les fêtes nous laissent un peu plus de temps que d’ordinaire, je conseille de vous abandonner à la lecture aussi délicieuse que passionnante d’ « Amoureuse et rebelle », un savoureux recueil de lettres d’amour d’Arletty, d’Édith Piaf et d’Albertine Sarrazin.

Fidèlement à vous

Billet edito

Le temps des chataignes

122 commentaires 13 décembre 2008

Bonjour à toutes et à tous, merci de votre fidélité et de vos commentaires toujours nombreux et intéressants. Je reprends donc le fil des commentaires de l’actualité.

« Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée »

Le Conseil national, qui a entériné la constitution de la nouvelle Direction du parti socialiste aurait été bien inspiré d’aller voir cette pièce d’Alfred de Musset. Au lieu de cela, la nouvelle Première secrétaire, tout en déclarant que la porte restait ouverte à Ségolène Royal et à ses amis, nous a proposé un contrat de mariage pas très sincère. Aucune de nos idées n’a été reprise dans le texte d’orientation politique, aucune personnalité issue de notre motion n’a pu accéder à des responsabilités, et rien n’a été fait pour que les 50% de militants ayant voté Ségolène Royal soient représentés dans les instances dirigeantes du parti. La porte que nous avions réussi à entrouvrir pour changer la donne au PS est réellement en train de se refermer. Avec, à quelques rares exceptions près, les mêmes à l’intérieur, les mêmes qui restent à l’extérieur, et les militants qui ne savent plus où est leur maison.

En politique comme en amour, il faut savoir faire des choix tranchés. Alors pour le moment, on préfèrera l’union libre à un mauvais mariage, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’amour, ni de projet de vie commune… On verra plus tard.

Une histoire à Kouchner dehors !

Avant, après J’ai été stupéfaite des déclarations de Bernard Kouchner, estimant, mercredi dernier, que la création d’un secrétariat d’Etat aux droits de l’homme avait été une erreur, en raison de la « contradiction permanente entre les droits de l’homme et la politique étrangère d’un Etat ». Des propos qui interviennent le jour même du 60e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme !

De deux choses l’une, ou le Ministre des affaires étrangères pense vraiment ce qu’il dit et c’est grave, ou il règle ses comptes (ou ceux de l’Elysée) avec Rama Yade qui a refusé d‘être tête de liste aux européennes en Ile de France, et c’est scandaleux. Dans les deux cas, ces déclarations sont inadmissibles.

Bernard Kouchner, pour lequel j’ai toujours eu beaucoup d’estime, serait-il devenu, comme Nicolas Sarkozy, un pragmatique idéologique ? Le pragmatisme érigé en mode de gouvernement, c’est le renoncement aux principes, le renoncement aux valeurs.

Il parait en tout cas être d’une misogynie patenté lorsqu’il déclare qu’il est « important que Rama Yade s’occupe avec passion des droits des enfants et de ceux des femmes, notamment en matière de violences sexuelles. Il ne faut pas de titre pour être efficace » a dit Kouchner.

Hallucinant ! Il ne manquerait plus qu’on lui demande aussi de s’occuper du droit des noirs et des discriminations raciales ! Là, non plus il ne faut pas de titre, il suffit d’avoir la tête de l’emploi.

Dans cette polémique, je veux à la fois être solidaire de Rama Yade pour le principe , bien que je déplore sa réserve systématique à affronter le suffrage universel, car elle est attaquée dans sa personne profonde pour des motifs qui n’ont rien à voir avec son action. Mais je veux aussi souligner que c’est toute l’hypocrisie et toute la superficialité de la stratégie de communication que Sarkozy a mis en place en composant son gouvernement comme un casting qui s’effrite. Il montre son vrai visage avec un gouvernement de ministres fantoches et des parlementaires caporalisés : je ne parle pas seulement de Fadela Amara, Rachida Dati ou Rama Yade qu’il veut renvoyer à leurs chères études, c’est vrai pour tous les ministres qui le savent bien. Ils ont une autonomie de pensée et d’action proche de zéro, à commencer par les « ministres d’ouverture »…

Marini, ça suffit !

Philippe Marini, sénateur UMP, a proposé cette semaine un amendement visant à supprimer la demi-part dont les parents isolés continuaient de bénéficier dans leur déclaration de revenus après le départ de l’enfant du foyer. Cette proposition constituera un nouveau coup dur pour les classes moyennes totalement oubliées du plan de relance gouvernemental et systématiquement sacrifiées des politiques publiques, fiscales et sociales, pas assez pauvres pour en bénéficier, pas assez riches pour ne pas être dans la difficulté.

Je ne nie pas la nécessité de poser la question de la réforme de notre système fiscal pour le rendre pour redistributif, et donc de poser la question du quotient familial que Lionel Jospin avait plafonné, mais cet amendement est un impôt déguisé qui va encore effriter le pouvoir d’achat des Français. Pour les classes moyennes, il n’y a pas de bouclier fiscal ! Il faut faire payer les pauvres semble la maxime bien comprise du gouvernement.

A quoi va servir le 1,7 milliard d’euro attendu de cette réforme ? Nul ne le sait pour le moment, alors exigeons, si cette réforme doit être adoptée, qu’elle permette des réductions d’impôt pour ceux qui en ont le plus besoin ou que cet argent soit affecté prioritairement à la création de places de crèche. 300.000 places pourraient ainsi être créées et bénéficier aux parents isolés qui comme tant d’autres galèrent chaque matin devant la carence des modes de garde…

« Le service public, c’est moi »

Je doute qu’un jour l’on parle de Nicolas Sarkozy comme du « Président soleil », mais à Louis XIV qui décrétait « l’Etat, c’est moi » pour résumer sa conception du pouvoir, Nicolas Sarkozy emprunte la formule : « le service public, c’est moi ». La Révolution française est-elle passée par là ?

Pimprenelle Eh bien non, le service public ne lui appartient pas, et c’est pour cela qu’il est protégé par des institutions et des lois. Sarkozy s’en est rendu compte, et pousse la dérive autoritaire au point de vouloir changer la loi et les règles du jeu. Aujourd’hui la télé, et demain, ce sera quoi ? La justice ? Bon, ça c’est déjà fait… comme tant d’autres services publics qui sont attaqués dans leurs fondamentaux : la Poste, les transports, l’énergie, le logement, la santé publique. Je ne parle pas de l’éducation nationale où l’on supprime des postes d’enseignants (13.500 en 2009) tout en prétendant que c’est au gouvernement de faire les programmes d’histoire. Vous voyez : c’est toute une logique qui est à l’œuvre, une logique folle et hyper idéologique de destruction systématique de tous les services publics, et c’est ça qui est dangereux.

Il faut donc rappeler que l’audiovisuel public n’est ni une télévision ni une radio d’Etat, elle est une télévision et une radio publiques, ce qui est très différent. On va nommer les PDG de France Télévisions, de Radio France et de l’audiovisuel extérieur en conseil des ministres.

Le grand bond en arrière ! Le retour de Pimprenelle et Nicolas (Sarkozy) tous les soirs à l’ORTF pour nous endormir !

Billet edito

Les royalistes occupent l’aéroport de Bangkok !

240 commentaires 02 décembre 2008

En entendant cette annonce mercredi matin à la radio au lendemain du Conseil national qui a entériné l’élection de Martine Aubry au poste de secrétaire générale et après ces jours de grande confusion et de doutes pas vraiment levés, je n’ai pas pu m’empêcher de sourire, mais aussi de me demander si nous étions allé assez loin dans notre contestation des résultats du scrutin. Beaucoup d’entre vous m’ont d’ailleurs interpellé sur ce sujet.

Je comprends et je partage la déception et même la tristesse de beaucoup, mais je crois aussi à la nécessité du rassemblement, ce rassemblement que quelques caciques ont refusé à Ségolène Royal, c’est a elle, forte du soutien de 50% des militants, qu’on le réclame aujourd’hui. Et c’est en responsabilité et sans renoncement aucun que Ségolène ouvre aujourd’hui la porte à l’unité et à la rénovation. Personne ne peut aujourd’hui contester sérieusement que la rénovation et l’espoir sont du côté de Ségolène Royal, il n’est qu’à lire les commentaires des analystes politiques pour en prendre la mesure. Le ton a changé, c’est heureux, mais il était temps !

Poursuivre la lecture


Votez François Hollande !

Inscrivez-vous à la newsletter:

Restons en contact !

 Réagissez!

Sur Twitter

 A lire!

Album photos

Newsletter

Inscrivez-vous!
* indicates required

© 2008 Najat Vallaud-Belkacem.