Billet edito

Sous la cendre couve encore la braise

156 Comments 22 février 2009

Bonjour à toutes et à tous,

Un peu absente ces derniers temps, mais pas pour cause de ski ; ) je vous retrouve avec plaisir pour revenir sur l’actualité dense de ces derniers jours. Les sujets ont été nombreux, de l’annonce par le Président de la République du retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN qui sonne comme un renoncement à toute ambition de défense commune européenne, en passant par l’annonce burlesque des 1000 projets soutenus dans le cadre du plan de relance, projets qui font figure de recyclage et renvoient les collectivités locales à leur solitude face à un Etat qui n’en finit pas de se désengager.

Guadeloupe : amour sans doute, respect, équité, égalité, solidarité, justice sociale sûrement

Il y a eu aussi et surtout cet incroyable et honteux silence présidentiel et gouvernemental sur la situation en Guadeloupe.

Il aura fallu attendre près de six semaines pour que l’Exécutif se préoccupe enfin sérieusement de la situation sociale devenue explosive ! Un mouvement social violent, désespéré, mais légitime, qui n’est que l’exacerbation d’une crise latente vécue dans l’indifférence quasi générale des pouvoirs publics depuis des années. L’attitude même du gouvernement qui a tant tardé à réagir alors que 10% de la population des Antilles était dans la rue (c’est comme si 6 millions de métropolitains manifestaient ensemble sans que le gouvernement ne s’en émeuve !), préférant la matraque au dialogue, est symptomatique de la façon dont la droite considère les départements ultramarins qui sont les premières victimes de la crise économique, de la baisse du pouvoir d’achat et de la vie chère. Face à la dureté de ces inégalités sociales (la vie est 40 % plus chère que dans l’Hexagone quand les revenus sont plus faibles de 30 %), n’aurait-il pas fallu convoquer, manu militari, les dirigeants de la grande distribution et les pétroliers (comme la Société anonyme de la raffinerie des Antilles) qui vivent grassement depuis des lustres sur le dos des Guadeloupéens, des Martiniquais ou des Réunionnais et engager des négociations sérieuses sur les salaires et l’emploi ? L’attitude de Laurence Parisot est à cet égard socialement irresponsable et politiquement anachronique.

Ségolène Royal, qui assiste aujourd’hui aux obsèques du syndicaliste Jacques Bino, a raison de dire que la paix peut revenir si la justice est là ! nos compatriotes d’Outre mer ne réclament pas autre chose, leurs concitoyens de métropole les soutiennent sans faille dans leur combat ! Que le gouvernement prenne ses responsabilités, la lâcheté ne saurait tenir lieu de programme pour les Antilles.

Rester relax, même sans Rolex…

Ces derniers jours ont également été marqués par l’intervention du Président de la République annonçant 2,6 milliards pour les ménages les plus modestes.

L’effort consenti sous la pression des syndicats et de l’opposition n’est pas négligeable, il faut avoir l’honnêteté de le reconnaître ; les mesures annoncées aideront conjoncturellement ceux que la précarité menace. Par les temps qui courent, nous ne pouvons cracher ni sur l’augmentation du taux de couverture du chômage partiel de 60% à 75%, ni sur la prime de 500€ pour les jeunes travailleurs n’ayant pas acquis de droits aux indemnités de chômage, pas plus que sur l’exemption des deux tiers de l’impôt 2009, ni encore sur l’idée soufflée par la CFDT, de créer un fonds social destiné à la formation des chômeurs afin de faciliter, à la faveur de la reprise économique, leur retour dans l’emploi.

Pour autant, le compte n’y est pas, d’abord parce que les entreprises continuent de « mener 8 milliards à 2,6″ pour reprendre l’expression de François Chérèque, ensuite parce que la question des salaires a été renvoyée à la négociation collective, ce qui est une façon adroite pour le président de la République de se défausser, que la baisse de la TVA n’a pas été évoquée et enfin parce que ce soutien aux Français les plus fragilisées par la crise est financé par un accroissement préoccupant des déficits publics. Ceux-ci vont atteindre les 15 milliards en 2009, soit 5,5% du PIB ! Un niveau historique qui vaut à la France un avertissement sévère de la Commission européenne et augure mal de l’avenir.

Il ne s’agit pas tant pour moi de critiquer le principe d’un accroissement des déficits publics, qui peut être nécessaire pour relancer l’économie, mais de m’inquiéter de la modestie du plan de relance (les 26 milliards du plan de relance sont bien loin des 3% du PIB préconisés par le FMI en deçà desquels la relance risque de n’être pas efficace et de creuser les déficits…) et de son mode de financement.

Loin de solliciter, en effet, les capacités contributives des plus riches pour aider les plus pauvres, en remettant en cause le paquet fiscal consenti à l’été 2007, le Président de la République a fait le choix des impôts futurs, ceux des Français les plus modestes bien sûr ! L’annulation des dispositions fiscales de la loi TEPA, pourtant, et pourquoi pas également celles du gouvernement Villepin (réduction du nombre de tranches de l’impôt sur le revenu par exemple ou bouclier fiscal à 60%), aurait dégagée facilement plus de deux fois ce que vont coûter les mesures annoncées par le Président de la République. Alors, à moins de considérer comme Jacques Séguéla, très récemment qu’un « type qu’a pas de Rolex à 50 ans a raté sa vie », en appeler à la solidarité nationale aurait sans aucun doute mieux répondu à l’urgence sociale. On ne peut donc en rester là, la mobilisation sociale doit continuer.

Renoncer aux bonus…

Ceux des banquiers qui consentiront à ne pas percevoir de bonus, répondant ainsi à l’appel de Barak Obama, de Nicolas Sarkozy ou encore de Manuel Barosso, devraient quand même pouvoir se payer une belle montre. Ouf !

Compte tenu de la responsabilité éminente des banquiers dans la crise financière internationale, et du soutien financier consenti par les pouvoirs publics quasiment sans contre partie, c’est bien le moins qu’on puisse attendre.

Je suggère cependant d’aller plus loin et, par exemple, de ressortir des tiroirs la proposition de loi d’Arnaud Montebourg, repoussée en son temps par la droite bien pensante, qui confiait aux conseils d’administration des grandes entreprises le soin de fixer des écarts de rémunération entre les plus hauts et les plus bas salaires.

Je suggère pour ma part de créer un droit social nouveau qui consisterait, dans le cadre d’une procédure collective à ouvrir aux syndicats la faculté de réclamer que toute réduction de la masse salariale passe par une réduction progressive des salaires permettant de sauvegarder des emplois en obligeant les dirigeants d’entreprises, qui touchent jusqu’à 1000 SMIC de rémunération, à baisser leur salaire avant de supprimer des postes.

Défendre la loi Neuwirth

Je voudrais enfin terminer ce billet en vous alertant sur la situation du planning familial dont la loi de finances a réduit drastiquement les budgets, ce qui signifie à court terme la suppression totale des actions d’information, d’éducation et de prévention dans les domaines de la sexualité, de la vie de couple et affective.

La pétition en ligne a réuni plus de 110.000 signatures depuis le 28 janvier 2009, je vous invite, à rejoindre les signataires qui œuvrent à la défense de la loi Neuwirth.

Happy end

Avant de vous quitter, une information, en ma qualité d’adjointe à la Ville de Lyon en charge notamment de la jeunesse: Elle s’adresse aux lyonnais agés de 18 à 25 ans qui se sentent citoyens du monde et desireux de se rendre utiles à l’echelle internationale. Peut-être trouveront-ils leur bonheur dans ce trés beau projet de partage autour d’un sujet précieux et durable s’il en est: l’eau. Dix mois durant, trois villes européennes – Turin, Barcelone et Lyon – et trois villes africaines – Ouagadougou, Porto Novo et Bamako – élaboreront une réflexion autour de ce pétrole du 21e siècle. Deux rencontres – une à Ouagadougou en juillet et l’autre à Lyon en novembre – permettront de confronter les réalités, les diversités et les particularités de chaque groupe de jeunes représentant chaque ville.

Si vous souhaitez prendre part à cette action interculturelle et solidaire, je vous invite vivement à proposer votre candidature pour prendre part à cette expérience d’échange multiculturel et solidaire, attention les dossiers doivent être rendus avant le 27 fevrier !

Vos commentaires

156 commentaires

  1. Madmax dit :

    Avec vous et votre systeme de pistonage made in URSS , Sarkozy malgré la crise peut dormir tranquille pour 2012.

  2. Cécile dit :

    Monsieur PEILLON qui pour lui être dans la liste Sud est un "crêve coeur" : alors que finalement il l’a bien accepté….
    ça veut dire quoi ? pour garder sa place ?????? on se résigne ?
    j’ai du mal à comprendre…..

  3. phifeshaheed dit :

    pour la candidature de Peillon en 2012
    http://www.facebook.com/group.ph...

    rejoignez nous!

  4. soc et dem dit :

    Merci Madmax pour ces rappels, cela prouve une chose en tout cas, c’est que le peu de militants qui restent au PS s’accomodent bien de ces pratique.
    Donc te dire jaloux ou frustrer, c’est une réponse facile, mais trouver des arguments et des faits c’est un peu plus difficile. Moi je dirai juste que tu es un démocrate et que tu tiens à la démocratie.
    On ne peut pas se prétendre démocrate et cautionner de tels agissements.

  5. Corinne Arquillière dit :

    bah il est tellement pauvre intellectuellement qu’il se répète tout le temps…

  6. Gérard ELOI dit :

    @ Cécile,

    La bave des trolls
    Est un purin vénéneux
    Destiné à tenter d’empoisonner
    Les jardins du net

    En y répondant par le silence du mépris
    Cette logorrhée finit par s’évaporer !


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