Presse

« Refuser le blitzkrieg idéologique sur l’identité nationale »

Pas de commentaire 28 octobre 2009

Communiqué de Najat Vallaud-Belkacem,

Adjointe au Maire de Lyon, conseillère générale du Rhône et secrétaire nationale du parti socialiste.

« Refuser le blitzkrieg idéologique sur l’identité nationale »

Les déclarations du Président de la République hier devant les agriculteurs à Poligny éclairent le véritable enjeu du débat programmé par Eric Besson sur l’identité nationale.

Les diverses réactions des élus UMP annonçaient déjà l’ampleur du désastre à venir dans un mélange explosif de sujets sans rapports, mais qui finissent par faire sens : l’identité nationale, la politique de l’immigration, la montée de l’insécurité, les jeunes issus de l’immigration, le rapport à l’histoire nationale, l’interdiction de la burqa, la « douce France » de Charles Trenet ou encore « l’islamisation rampante de la société française ».

Il ne manquait plus que le lien identitaire à la terre et à sa culture sur plusieurs générations pour parfaire le tableau d’une France dans laquelle de très nombreux citoyens auront bien du mal à se reconnaître.

En tant que socialiste, citoyenne française et élue de la République, je ne suis gênée par aucun débat, mais je suis très choquée par l’extrême brutalité de la méthode employée pour l’imposer, et je suis révoltée par les termes employés ces dernières heures pour en définir les objectifs.

« Si certains n’aiment pas la France, qu’ils ne se gênent pas pour la quitter » disait le candidat Sarkozy.

Personne n’avait imaginé que le programme présidentiel serait de la rendre détestable afin que les « gêneurs » ne se sentent plus chez eux : c’est pourtant ce qui est en train de se passer.

Billet edito

Des idées d’avance

369 commentaires 26 octobre 2009

Bonjour à toutes et à tous,

Encore une semaine riche en actualités qui m’a tenue éloignée du blog : essayons de résumer tout cela.

Des idées d’avance : les vôtres.

Une Région  d'avance Lundi, c’est avec le lancement de la pré-campagne de Jean Jack Queyranne en Rhône Alpes que la semaine a commencé. Près de 400 personnes ont participé à l’ouverture du site de campagne www.uneregion-davance.com à la Librairie « Raconte moi la Terre ».

Je compte sur vous tous pour alimenter le dialogue engagé avec les rhônalpins sur le net ; je vous invite aussi à vous rendre aux rencontres publiques prévues dans tous les départements du 5 au 23 novembre. Tous nos échanges, toutes les propositions seront publiés en Janvier sous forme de « mémos », comme des cahiers de doléances du 21e siècle qui alimenteront notre programme pour construire ensemble “une région d’avance”.

Quelques mots d’explication peut-être sur mon implication personnelle et ma motivation à m’engager dans cette aventure car la question m’a souvent été posée ces derniers jours.

D’abord le lien profond qui m’attache à Jean-Jack Queyranne et à son équipe d’élus régionaux dont j’ai fait partie depuis le début, jusqu’au printemps de l’année dernière au moment des élections municipales et cantonales à Lyon. Ce sont les élections régionales de 2004 qui ont marqué mon entrée dans la vie politique : c’était ma première campagne en tant que candidate, c’est une chose qu’on n’oublie pas.

D’une certaine manière, je me reconnais donc une dette à l’égard de Jean-Jack Queyranne et de tous les élus de sa majorité ; je me reconnais aussi un devoir de fidélité à l’égard des électeurs au nom desquels j’ai exercé un mandat.

M’engager dans cette campagne, c’est à la fois un juste retour des choses, une fidélité aux engagements pris, et une reconnaissance envers celles et ceux qui m’ont fait confiance. C’est ainsi que le rôle de co-direction de la campagne s’est dessiné : un rôle de coordination, d’animation et de stratégie, plutôt dans l’ombre, qui évite toute ambigüité dans mon rapport au scrutin lui-même. En clair je ne suis pas candidate, et ne le serai pas, bien entendu.

C’est dans la conception même que je me fais de la politique que de m’engager à chaque fois que je peux être utile ; à chaque que je peux aider la gauche dans ses combats. On reproche assez souvent aux élus de ne faire campagne ou de ne défendre leurs idées qu’au moment de se faire élire : je crois qu’il est important pour les socialistes, tous les socialistes, de montrer le contraire, et d’aller sur le terrain des campagnes électorales à chaque fois que c’est possible.

Il se trouve que la Région Rhône-Alpes est exemplaire dans sa gestion d’un territoire, il se trouve que c’est ici que je vis, que je travaille et que je milite : les élections régionales sont une étape décisive pour le Parti Socialiste et toute la gauche dans la longue route qui nous mène jusqu’en 2012, et la préparation de l’alternance.

Il va de soi que cette campagne des régionales s’inscrit aussi dans cette perspective politique plus large d’une gauche qui gagne, d’une gauche qui convainc sur son bilan, ses idées et ses projets, une gauche à l’aise dans ses responsabilités, une gauche forte et rassemblée autour de ses valeurs.

C’est mon rôle, ma responsabilité et mon désir le plus profond que d’y contribuer de toutes mes forces. Ce n’est pas le moment d’hésiter : allons-y, de toutes nos forces !

Eduquer à Internet : Lyon, un temps d’avance.

Fréquence Ecole Mardi, je recevais à l’Hôtel de Ville la présidente de la Fondation Pour l’Enfance, Anne-Aymone Giscard d’Estaing, venue remettre son prix annuel à l’association lyonnaise Fréquence Ecoles, association du 3e arrondissement (bravo !!). Cette association lyonnaise d’éducation aux médias a été primée pour mener une enquête sociologique sur l’usage d’internet par les jeunes. « Comprendre le comportement des enfants et des adolescents sur Internet pour les protéger des dangers », c’est le nom de l’étude.

Ce fut pour moi l’occasion d’exprimer ma profonde satisfaction de voir les talents associatifs lyonnais ainsi reconnus, dans un domaine aussi important pour notre société que celui de la révolution numérique et de ses conséquences dans les vies notamment des générations à venir.

« Quand le vide idéologique rencontre la peur de l’avenir : hadopi »

La bataille d'Hadopi Internet : la transition est toute trouvée pour évoquer ma participation à un ouvrage collectif intitulé « La Bataille HADOPI », qui sortira à la fin du mois en librairie, mais aussi en téléchargement gratuit sur Internet. J’en recommande la lecture à tous ceux qui doutent encore de l’inefficacité totale de la loi Hadopi, tant en termes de mise en œuvre que de réponses aux questions de rémunérations des artistes.

J’en profite pour adresser un grand bravo à l’équipe d’Artischaud, qui organisait cette semaine, avec le soutien de ma délégation, le premier festival des arts numériques (libres), avec ce très beau titre : “…de la culture par tous ! ». Merci à eux d’avoir ainsi illustré la véritable révolution qu’ouvre Internet dans nos vies et nos pratiques culturelles. Nous nous sommes d’ailleurs tous retrouvés samedi après-midi à la MJC Monplaisir pour une table-ronde de réflexion sur les enjeux de l’après Hadopi 2. Je vous renvoie vers leur site internet pour en savoir plus : www.artischaud.org

« La xénophobie n’a pas sa place dans la République »

Ce même mardi, une triste histoire nous rappelait la réalité du racisme ordinaire : le tribunal correctionnel de Vienne (Isère) condamnait à 18 mois d’emprisonnement avec sursis le maire de Pont-de-Chéruy dans l’Isère, Alain Tuduri, pour discrimination par pression sur les vendeurs et préemptions abusives à caractère raciste. L’élu était poursuivi pour avoir usé abusivement de son droit de préemption et empêché des acquéreurs potentiels de biens immobiliers portant un nom à consonance maghrébine de s’installer sur la commune… une enquête de gendarmerie avait ainsi établi qu’entre 1998 et 2003, sur la commune de Pont-de-Chéruy, « les acquéreurs d’origine européenne étaient victimes d’une préemption du maire dans seulement 1,5% des cas, tandis que 53% des acquéreurs d’origine maghrébine ou turque subissaient une préemption ».

Il faut se féliciter de la sévérité de cette condamnation car les faits relèvent d’un véritable système organisé d’exclusion et de discrimination raciste mis en œuvre par les moyens de la République.

Dans notre pays, nul ne peut pas se servir de ses pouvoirs d’élu pour mettre en œuvre une politique xénophobe à quelque échelle que ce soit. Non seulement personne n’est au-dessus des lois, mais personne ne peut s’appuyer sur elles pour trahir le serment républicain de liberté, d’égalité et de fraternité.

Identité, ou indignité nationale ?

C’est à propos de cette même trahison de l’idée que je me fais de mon pays que je veux revenir sur l’expulsion de trois Afghans vers Kaboul cette semaine: selon moi, une décision criminelle contraire aux valeurs de la France.

Eric Besson aura donc menti à tout le monde pour mener à bien sa basse besogne, honteusement, à l’abri des regards et de tout contrôle démocratique.

Agir par dissimulation, ruse et tromperie n’est pas digne d’un Ministre de la République Française, et témoigne du mépris dans lequel le Gouvernement tient les associations, les médias et les élus, y compris ceux de sa majorité parlementaire. On ne peut pas faire taire les contre-pouvoirs ? Bernons-les !

Le deuxième scandale, plus grave encore, est d’instrumentaliser ainsi la vie d’êtres humains à des fins politiciennes. Comment Eric Besson ose-t-il évoquer « le détournement du droit d’asile à des fins économiques » à propos de citoyens Afghans dont le pays est en guerre, et dans lequel se battent chaque jour des soldats français afin d’en protéger les civils menacés ?

Rappelons que les Afghans représentent la première communauté de réfugiés dans le monde avec plus de 2,7 millions de personnes. Avec le renvoi forcé de ces trois hommes, le comble de l’absurde et de l’indignité est atteint par un Ministre en perdition.

La protection des réfugiés et le respect du droit d’asile ne sont pas négociables : ces principes du droit international promus et défendus par notre pays depuis tant d’années n’ont rien à voir avec une politique migratoire. En réalité, Eric Besson dégrade ce qu’il est censé protéger : l’identité et les valeurs de la France.

Les dégâts causés sont d’ores et déjà irréparables : il est temps d’en prendre conscience. C’est peut-être le constat fait par Eric Besson qui a annoncé ce week-end un grand débat national sur les valeurs de l’identité nationale. Le siphonage idéologique du Front National aurait-il épuisé toutes ses ressources pour alimenter son Ministère ? Allez, je ne suis jamais contre un débat, mais celui-ci me paraît fort mal engagé.

Qu'est-ce-qu'être français ? Pour terminer, hasard du calendrier, c’est cette semaine aussi que sort un deuxième ouvrage collectif auquel j’ai participé, intitulé « Qu’est-ce qu’être français » aux éditions Hermann. J’y partage quelques réflexions avec entre autres, Max Gallo, Alfred Grosser, Mamadou M’Baye, Jannette Bougrab… des contributions au débat bien plus dignes que la pantomime du ministre.

Ma ville, mon canton

Lancement d’Une Région d’Avance à « Raconte moi la terre ».

Pas de commentaire 25 octobre 2009

Discours de lancement de campagne par Jean-Jack Queyranne.

Non classé

Discours de lancement de campagne par Jean-Jack Queyranne.

Pas de commentaire 19 octobre 2009

« Chers Amis,

J’ai choisi de lancer le premier clic de notre campagne régionale dans ce beau lieu qu’est la « librairie Raconte-moi la terre ». Entre ses murs, sous sa verrière, se côtoient toutes les cultures du monde et des paysages admirables, en même temps que s’y expriment les menaces qui pèsent sur notre planète. Les livres s’y conjuguent avec internet, puisque, depuis toujours, la librairie diversifie les moyens de communication qui permettent l’échange des idées, la confrontation des opinions, la découverte des autres.

Le site Web que nous lançons sera justement le vecteur du dialogue qui nous permettra de préparer le nouveau contrat que je proposerai en mars prochain aux Rhônalpins.

Sur ce site, des Rhônalpins ouvrent le débat. Ils s’expriment franchement sur les sujets de leur vie quotidienne. Ils disent aussi  leurs interrogations personnelles sur le sens de la politique ou la nature des choix à accomplir. Ces femmes et ces hommes sollicitent la discussion.
 Ce site est ouvert à la diversité des points de vue. Je ne crois pas aux programmes pré-fabriqués, imposés par des accords d’appareils politiques. Ce que deviendra notre Région dans les prochaines années, les perspectives que nous tracerons pour son futur, c’est d’abord aux Rhônalpins de nous le dire.

www.uneregion-davance.fr sera cette tribune libre, indispensable à une époque où les idées se banalisent, avec le flux incessant de la communication et où les citoyens doutent que la politique puisse intervenir de façon positive sur leur propre destin.

 En 2004, j’avais placé mon mandat régional sous l’égide d’une Région citoyenne. Nous avons lancé de nombreuses initiatives qui visaient justement à associer les Rhônalpins à notre action.

Pour construire, la nouvelle étape que je leur propose de parcourir, je reste fidèle à cette démarche. C’est le sens même que revêt l’ouverture de ce site, à 5 mois des élections régionales.

Ce dialogue avec les Rhônalpins prendra aussi la forme de rendez-vous que nous organiserons en novembre dans les départements sur les grands enjeux pour notre Région. Car tout est lié. Si l’institution régionale n’a pas compétence sur tout, elle peut, sur ses champs d’intervention, contribuer à relever les défis d’une autre croissance, fondée sur le développement durable, de la formation tout au long de la vie, de l’écologie, de l’égalité entre les citoyens et entre les territoires, du droit à la culture et à la santé, notamment.

 Ce dialogue, je le souhaite ouvert aux idées neuves, suscitant l’audace et l’enthousiasme, dont la politique a absolument besoin pour se renouveler. Il s’exercera en toute transparence puisque nous diffuserons sur notre site Internet les orientations que les citoyens nous demandent de prendre. Ces propositions seront téléchargeables, sous la forme de mémo. Elles nourriront notre futur projet pour Rhône-Alpes que je présenterai début janvier.

www.uneregion-davance.fr Ce titre se veut en résonance avec l’action que nous avons conduite depuis 2004. Rappelez-vous en 2004, un grand hebdomadaire avait qualifié « RHÔNE-ALPES : La belle endormie ». J’estime que sur les grands domaines qui relèvent de nos responsabilités, nous avons contribué à donner à notre Région une longueur d’avance. Nous sommes maintenant au premier rang, que ce soit pour l’innovation économique, avec nos pôles de compétitivité, pour l’emploi, avec nos contrats d’aide à l’emploi durable, pour l’Eco-Région, avec la place faite aux énergies renouvelables, pour les déplacements, avec la priorité accordée au ferroviaire, pour la formation, avec la forte progression de l’apprentissage, la généralisation de la carte M’RA et les bourses de séjour à l’Etranger pour nos étudiants. L’Etat s’est beaucoup inspiré de nos initiatives, j’ai notamment pu le constater dans les discussions du Grenelle de l’Environnement où je représentais les Régions françaises.

Cette avance, je souhaite l’amplifier pour faire face aux crises très dures qui nous affectent. Ces crises aux multiples facettes appellent de nouvelles réponses. Chacun est aujourd’hui convaincu que rien ne pourra reprendre son cours comme avant. Je crois que nous pouvons, là encore, dans notre Région, ouvrir de nouvelles voies.

En parcourant RHÔNE-ALPES, partout je rencontre des femmes et des hommes qui vont de l’avant et qui innovent. Ils n’attendent pas les décisions politiques pour agir, mais lorsque les politiques publiques se mettent à leur service et stimulent leur imagination, alors ils s’en trouvent forcément encouragés, comme l’est le territoire sur lequel ils déploient leurs savoir-faire. Je crois profondément que ce partenariat entre les initiatives privées les politiques publiques, autrement dit que cette union des volontés et des intelligences est une marque de fabrique de notre Région.

Au cours de ces vingt dernières années, nous avons vu s’effondrer des systèmes monolithiques. La chute du mur de Berlin, dont nous célèbrerons le vingtième anniversaire dans quelques jours, a mis fin à un système qui avait poussé le principe de l’Etat tout puissant jusqu’à son paroxysme. Vingt ans plus tard, les crises économiques et environnementales ont brutalement révélé les insolences d’un autre système, libéral celui-là, qui a prospéré en jouant de la confusion entre liberté et laisser-faire. En une année, le processus de délitement s’est accéléré avec ses conséquences terribles sur l’emploi et la vie quotidienne.
 
Sur les friches de ces systèmes échus, les idées jaillissent. Elles dessinent une société qui combine l’économie le social, la culture, l’écologie, puisque nos expériences nous montrent qu’aucun ne suffit seul. Nous l’avons mesuré lors des Assises du développement durable que nous avons organisées en janvier dernier. Que nous ont dit les experts et les citoyens ? Ils veulent des liens plutôt que les biens. Ils réclament des organisations sociales plus humaines. Ils demandent une agriculture saine pour une alimentation de qualité. Ils demandent de nouveaux indicateurs fondés, moins sur la performance économique, plus sur le progrès social et le bonheur. Comment ne pas entendre quand des salariés n’ont plus d’autre arme que le suicide pour dénoncer la pression professionnelle ; quand, à la fin du mois, une famille d’agriculteurs n’a plus d’argent pour vivre tant ses charges sont lourdes et ses recettes faibles ; quand, après nous avoir tous mis à contribution, les banques fanfaronnent avec leurs bons résultats mais qu’elles n’en aident pas pour autant les petites entreprises.

Dans ce challenge pour un autre modèle de société, les Régions ont leur rôle à jouer car elles sont à la taille des politiques de développement. Je le dis, je le répète, il faut donner plus de pouvoir aux Régions, ce que nos voisins européens ont mieux compris que nous et depuis plus longtemps. Leurs compétences et leurs budgets sont incomparables à ceux dont nous disposons en France et dont nous disposerons demain si les projets du chef de l’Etat sur la réforme des collectivités locales et la suppression de la taxe professionnelles sont conduits à leur terme. Ce débat ne sera pas seulement celui des parlementaires. Il sera celui de la campagne régionale. Car les citoyens doivent savoir.
Ils doivent savoir que si nous laissons faire, les collectivités locales, et au premier rang les Régions, n’auront plus les moyens de poursuivre leurs investissements alors qu’elles assument 75 % des investissements publics. On nous dit que des dotations de l’Etat combleront le manque à gagner. Mais que d’annonces hypothétiques ! Que d’incertitudes ! Les faits, d’ailleurs, parlent fort bien, nous incitant à la prudence la plus élémentaire. Car aujourd’hui, qui s’engage quand il faut soutenir l’économie dans cette période de récession ? Qui accompagne lorsqu’il faut construire de nouvelles infrastructures ou de nouveaux équipements ? Qui fait l’avance financière ? Ce n’est jamais l’Etat, ce sont toujours nos collectivités. Supprimer la taxe professionnelle reviendra à les priver d’une partie de leurs ressources, donc à limiter leurs actions.
En agissant ainsi, le gouvernement prétend alléger les charges des entreprises. Qui est dupe ? Car lorsque nous investissons dans les TER, lorsque nous donnons aux lycéens et aux apprentis une bonne formation, lorsque nous favorisons les synergies entre les bassins de vie, les entreprises comme leur développement en sont directement bénéficiaires.

 Quant à la réforme des collectivités territoriales qui doit être annoncée, ce mercredi en Conseil des Ministres, je le dis tout net : elle vise à couper les ailes aux Régions. Elle prépare un formidable retour en arrière avant la décentralisation de 1982, à l’époque où les Régions n’étaient que des Etablissements publics aux compétences et aux moyens limités.

 Pour tenter de reconquérir le pouvoir dans les Régions, comme dans les Départements, le Gouvernement a concocté la création d’une nouvelle catégorie d’élu  le Conseiller territorial, une espèce de mouton à cinq pattes qui serait élu dans des super cantons redécoupés par ses soins, et dans le cadre d’un scrutin à un tour. On n’avait pas imaginé cela depuis le second Empire ! Il ne manque plus que les candidatures officielles patronnées par le Préfet.

Derrière ce que Gérard Collomb a justement dénommé « la tentative d’un fric-frac électoral », se cache une volonté plus perverse encore : la concentration de tous les pouvoirs. Alors que le mode de scrutin actuel, inspiré des élections municipales, permet aux citoyens de se prononcer, pour « une majorité, un projet, un Président », les Conseils régionaux seront condamnés à la recherche de majorités incertaines, fluctuantes au gré des intérêts locaux, sans vision régionale et donc sans vision pour notre pays. Il ne restera plus à un Etat désargenté qu’à leur faire les poches.

Pour toutes les raisons que je viens d’évoquer, nous mènerons une campagne déterminée. Nous dirons ce que nous avons fait, nous solliciterons les énergies, nous croiserons les idées. Notre site décline les couleurs de l’arc-en-ciel, non pas en pastel, mais dans ses tonalités les plus vives.

Je vous le promets,  le débat électoral qui s’engage ne sera ni neutre, ni tiède, ni plat. Il sera un débat de convictions. Rassembler, qui demeure mon ambition, suppose d’avoir des idées claires et de les parfaire dans le dialogue et l’écoute. C’est ce que nous faisons. Rassembler demande de rechercher les compromis, pas les consensus mous. Car, au bout du chemin, il faudra un projet, une majorité, un président. Rassembler impose de s’ouvrir et de ne pas rester entre soi. L’arc-en-ciel auquel j’aspire sera une alliance sociale, écologique, humaniste, avant tout une alliance de talents.

Chers amis, tout commence ce soir, comme je l’ai dit, par un simple clic. Mais nos ambitions sont grandes. Ensemble, dès à présent et pour Rhône-Alpes, échangeons, débattons et prenons des idées d’avance. »

Ma ville, mon canton

Conférerence à l’Institut Supérieur du Management Public et Politique (ISMaPP)

Pas de commentaire 10 octobre 2009

Je me suis livrée avec plaisir au jeu de questions-réponses avec les étudiants de l’Institut de la Décentralisation. Extrait.

Billet edito

jusqu’ici tout va mal

190 commentaires 10 octobre 2009

Bonjour à toutes et à tous, heureuse de trouver le temps de jeter quelques mots sur la toile et de vous retrouver.

Sur un blog, quinze jours de silence, c’est presque l’éternité ! Cet espace de libre expression que nous nous partageons maintenant depuis plus de trois ans est petit à petit devenu une sorte de journal de mes activités, mais je manque cruellement de temps. Je vous propose donc un petit retour en arrière sur l’actualité de ces dernières semaines, et de rattraper un peu le fossé qui a séparé le réel du virtuel.

Petit retour en arrière donc. Premier sujet à me venir à l’esprit, Polanski / Mitterrand… mais en vérité, je n’ai pas très envie d’en parler, assez mal à l’aise devant les revendications d’une justice d’exception pour nantis et VIP, même si l’on peut regretter l’imprescriptibilité des faits reprochés à un cinéaste dont personne ne remet en cause le talent, mal à l’aise aussi devant la précipitation à tomber sur le dos du ministre de la Culture pour des écrits qui relèvent davantage de la littérature qu’autre chose, et dont l’instrumentalisation tardive par le Front National a suscité des amalgames nauséabonds, notamment entre homosexualité et pédophilie. Comme l’a écrit très justement Caroline Fourest dans sa chronique du Monde, le risque est de faire le procès de l’émancipation sexuelle et des libertés individuelles, plutôt que celui du commerce du sexe et de la domination.

Mal à l’aise, dans le fond, avec une comparaison très dangereuse entre des faits judiciaires d’un côté, et un livre de l’autre. On a l’impression plus que désagréable que certains n’hésiteraient pas envoyer des écrivains devant un tribunal si c’était l’occasion de gagner quelques points de sondage. Polanski, lui, c’est ne pas un film qu’on lui reproche, et c’est pour cela que son statut d’artiste n’a pas à constituer une forme de bouclier contre la justice d’un grand pays démocratique.

« Parce que je le vaux bien. »

Jean Sarko J’aurais plutôt envie de me désoler du comportement insolent de Jean Sarkozy à qui, de droit divin, tout semble dû, lui qui vient de se déclarer candidat à la présidence de l’établissement public d’aménagement du quartier de la Défense et a vu tous les couards féodaux des Hautes Seines lui dérouler le tapis rouge, à lui, l’héritier, l’antithèse de la méritocratie. J’en profite pour saluer la réaction salutaire de Michèle Delaunay sur son blog en soulignant que cette « nomination » était une provocation cynique à l’égard de tous les jeunes Français qui comptent sur leur travail et leurs efforts pour trouver un emploi, pendant que d’autres n’ont même pas à se présenter au moindre examen. C’est le philosophe Yves Michaud dans son dernier essai « Qu’est ce que le mérite ? » qui dénonce en profondeur les dérives du mérite républicain à l’ère Sarkozy: on rabaisse la dignité de cette valeur essentielle en passant de Voltaire à un slogan de publicité pour des shampooings. De ce point de vue, il est probable, en effet, que Jean Sarkozy aura une Rolex avant 50 ans…

Ce nouvel épisode est un symptôme de plus d’un siècle des lumières éteintes ! Népotisme décomplexé et spectacle pathétique d’une République de plus en plus absolutiste qui ne tolère aucun contre pouvoir. Le Président qui s’intéresse à la littérature devrait lire Diderot (il apprendra au moins que ce n’est pas qu’un boulevard parisien !) : « Aucun homme n’a reçu de la nature le droit de commander aux autres. La puissance, qui vient du consentement des peuples, suppose nécessairement des conditions qui en rendent l’usage légitime, utile à la société, avantageux à la république, et qui la fixent et la restreignent entre des limites… »

Chirac et Sarko : fallait pas lacher la laisse République, le cadavre bouge-t-il seulement encore ? À droite, ce qu’il reste de gaullistes sociaux et de républicains authentiques tente avec un certain courage de garder une liberté de parole, mais combien sont-ils à oser s’opposer à l’abaissement du Parlement, à s’alarmer de la profondeur des déficits publics, des atteintes à l’indépendance de la Justice, des obscurs desseins gouvernementaux en matière de réforme des collectivités territoriales, de la monstruosité des injustice fiscales et sociales ? Goulard, Adnot, Seguin, Juppé il y a quelques jours dans le journal Sud Ouest… bref pas grand monde, ce qu’il reste d’une « chiraquie » qu’on finirait par regretter… Un comble tout de même au moment où sa figure de proue fait le feuilleton avec l’affaire clearstream !

Et pendant ce temps là, rien n’arrête le zèle du « traitre heureux » ainsi que François Hollande l’a finement qualifié : Eric Besson. Il fait même mieux que Pasqua dans le cynisme et l’inhumanité en affrétant des charters pour reconduire des clandestins en Afghanistan… pays en guerre ! Atteinte scandaleuse au droit d’asile déjà réduit à pas grand chose par Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux…

« Nous sommes le peuple ».

Wir sind das Volk Quel bonheur et quel bol d’air dans ce climat national délétère, de pouvoir partager le souvenir des riches heures de la réunification allemande, et de l’épanouissement de la démocratie avec ceux qui l’on vécu.

Je reviens tout juste de Leipzig où je suis allée commémorer le 20e anniversaire de la première manifestation de masse contre le régime communiste est-allemand qui devait aboutir, un mois plus tard, à la chute du mur de Berlin, et à la disparition de l’URSS. C’était le 9 octobre 1989 : la révolte populaire et pacifique qui allait bouleverser le cours de l’histoire se mettait en marche, ici, dans les rues de Leipzig. Lyon est jumelée avec cette ville allemande depuis plus de 25 ans, et nous avons noué des relations de partenariat et de développement dans tous les domaines, notamment la Fête des Lumières. C’est en partie pour cela que je représente Lyon au cours de ces festivités : nous avons en effet contribué au programme artistique qui a illuminé la ville hier soir, retraçant pas à pas le parcours des manifestants de l’époque. Pour moi, ce fut évidemment une grande fierté et beaucoup d’émotion d’assister à un tel événement historique, aux côtés d’hommes et de femmes venus de toute l’Europe.

Je reste convaincue qu’on ne peut pas faire sérieusement de la politique si on ne prend pas le temps, le plus souvent possible, de se détourner de l’actualité immédiate, de se retourner sur notre histoire, ce qui fait notre identité, et de réfléchir aux valeurs sur lesquelles nous construisons notre société.

J’ai profité aussi de l’occasion de ce passage à l’étranger pour rencontrer mes homologues de différentes villes et échanger avec eux sur nos projets, nos pratiques, notre vision de l’avenir. J’ai notamment auditionné plusieurs personnalités du monde scientifique et intellectuel sur les questions de bioéthique, dans le cadre de la commission d’études que j’anime au Parti Socialiste.

La valeur d’une telle confrontation des points de vue, d’une société à l’autre, est inestimable.

« Faire vivre la démocratie, tous les jours »

Tout ceci fait écho au début de la semaine précédente, où j’avais tenu à rencontrer les élèves du Collège Molière dans mon canton à Montchat à l’occasion de l’élection de la prochaine assemblée du Conseil Général des Jeunes. J’ai pris un véritable plaisir à passer cette matinée avec une centaine de jeunes adolescents pour les sensibiliser à cette initiative qui leur permet de mieux comprendre les enjeux et les rouages de la démocratie: la démocratie est fragile, en transmettre la connaissance et le goût d’une génération à l’autre est un impératif absolu, une façon de faire passer une part de la flamme républicaine à de futurs citoyens. Là aussi, j’en reparlerai car je travaille en ce moment à l’organisation d’une cérémonie d’accès à la citoyenneté pour les jeunes majeurs qui doit avoir lieu avant la fin de l’année, à Lyon.

De telles visites sont aussi l’occasion pour moi de suivre les évolutions du quartier. J’en profite alors pour avoir un échange approfondi avec les équipes pédagogiques, et les aider à résoudre leurs difficultés au quotidien puisque cela fait partie des compétences que me permet d’exercer directement mon mandat de Conseillère Générale.

La vie d’un collège est un révélateur puissant des réalités sociales : s’y intéresser de très près reste l’un des leviers les plus importants pour agir concrètement au plus prés des besoins. Je m’en suis encore bien rendu-compte, le soir même, après un long Conseil de Communauté Urbaine, lors de l’accueil en Mairie du 3e arrondissement des nouveaux habitants : tous, ou presque, étaient des parents d’élèves d’abord préoccupés par l’éducation de leurs enfants, la qualité de leurs loisirs, leur sécurité ou leur santé.

J’ai souvent l’occasion d’en parler ici à propos de l’actualité nationale et des mesures gouvernementales contre le système éducatif et les enseignants : c’est d’abord parce que j’en vois les dégâts tous les jours, et que je mesure l’inquiétude qui monte un peu partout.

Mais gardons espoir, entre la privatisation de la poste, la hausse des forfaits hospitaliers, la fermeture de services publics en milieu rural, la hausse continue du chômage, l’explosion des atteintes aux personnes, la poursuite des cadeaux fiscaux aux plus riches sur le dos des classes moyennes, les atteintes à la démocratie locale à travers l’étranglement financier des collectivités locales, l’accroissement des déficits qui annoncent des hausses d’impôts futures, les atteintes répétées à la laïcité et la grande blague de Pittsburgh, qui peut sérieusement se réjouir de vivre dans « la France d’après », celle promise par le candidat Sarkozy ?

La démocratie fera son lent et patient travail, et finira par démentir ceux qui dégradent autant la valeur de la parole politique : mobilisons nous, nous avons six mois jusqu’aux Régionales, pour faire gagner la gauche dans nos Régions, et préparer l’alternance en 2012.


Votez François Hollande !

Inscrivez-vous à la newsletter:

Restons en contact !

 Réagissez!

Sur Twitter

 A lire!

Album photos

Newsletter

Inscrivez-vous!
* indicates required

© 2009 Najat Vallaud-Belkacem.