Reportage de France Soir sur la campagne à Lyon: Montchat, Berges du Rhône, Bellecombe avec François Hollande!

Lyon Publié le 19 avril 2012

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France Soir consacre  aujourd’hui un reportage à l’opération de porte à porte hier, avec les militants de ma circonscription, le MJS Rhône, Thierry Philip, Maire du 3e arrondissement et beaucoup d’autres sympathisants et volontaires venus se joindre à nous…

A lire en ligne sur le site web du journal: http://www.francesoir.fr/actualite/politique/presidentielle-la-conquete-porte-apres-porte-de-najat-vallaud-belkacem-212793.html

Ou ici même:

Présidentielle : La conquête porte après porte de Najat Belkacem.

À trois jours du premier tour, Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole de François Hollande, multiplie les actions locales. Une partie de l’élection présidentielle se joue dans cette chasse aux indécis et aux abstentionnistes. Une partie des législatives, également. Reportage.

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« Bonjour ! Je suis Najat Vallaud-Belkacem. Je ne vous apprends rien si je vous dis que l’on vote dimanche ? ». La porte-parole de François Hollande semble inépuisable. Si elle confesse une certaine fatigue alors que la campagne présidentielle touche à son terme, la jeune socialiste ne relâche pas la pression. Mais comment fait-on campagne à trois jours du premier tour, lorsque tous les indicateurs sont au vert et que l’Élysée semble promis à son candidat ? En souriant, déjà. En en multipliant les rencontres locales, surtout. Telle est la ligne dictée en haut et appliquée en bas. « Porte à porte. Porte a porte. Porte a porte », résume Delphine Batho.

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Najat Vallaud-Belkacem est détendue, bien plus qu’en 2007, quand elle officiait pour Ségolène Royal. « C’est plus facile lorsqu’il y a une dynamique de victoire », admet-elle dans le TGV la ramenant à Lyon, la ville où elle est élue. « Je prends le train six fois par semaine », souffle-t-elle. Ce pourrait être pire si elle est élue députée en juin. « Oui », admet-elle en plongeant le regard dans un téléphone qui ne la quitte jamais.

 »C’est à nous d’aller chercher les abstentionnistes »

Voici l’élément central de cette fin de campagne. Si l’une s’achève, une autre débute. Officiellement, lorsqu’elle parcourt le terrain et frappe aux portes lyonnaises, l’élue socialiste travaille pour Hollande. Officieusement, elle prépare son terrain et sa candidature aux législatives dans la 4e circonscription de Lyon. « Cette fois, j’y vais pour gagner, assume Najat Vallaud-Belkacem. La dernière fois, il y avait moins de pression. J’étais face à Perben, c’était ma première élection législative : je ne pouvais pas gagner. » Ainsi bat-elle le pavé de sa circonscription lyonnaise.

Mais avant le Palais Bourbon, il y a l’Élysée. Il faut convaincre, un à un, les indécis, les réticents, les réfractaires, de voter dimanche 22 avril. « Il ne faut jamais sous-estimer l’importance de la proximité, explique-t-elle. Il y a des gens qui se détournent à tout jamais de la politique à cause d’une panne d’ascenseur dans l’immeuble qui n’a pas été réglée. C’est à nous d’aller les chercher. Nous, les élus locaux, nous avons un vrai rôle dans l’élection présidentielle. »

 »Si je votais, je voterai Le Pen »

Ce mercredi après-midi, elle – et une vingtaine de sympathisants – frappe donc à quelque 800 portes. Les sourires s’affichent, les riverains appréciant ce visage aperçu tant de fois à la télévision. « Je vous ai reconnu ! », lance un homme, patientant dans un lavomatic. Najat enchaîne rapidement sur le premier tour. « J’irai voter, affirme son interlocuteur. Il faut remplir son devoirde citoyen. Après, on n’a rien à se reprocher ». « Et on n’a rien à regretter aussi », renchérit la socialiste.

Dans les couloirs des immeubles comme dans les rues lyonnaises, elle assaille le passant de ses tracts à l’effigie d’Hollande. Les rencontres sont cordiales la plupart du temps. Parfois moins. Najat Vallaud-Belkacem entre dans un bar où trônent quelques habitués. Dans l’air flotte une anachronique odeur de tabac. « Je n’ai jamais voté de ma vie et je ne voterai jamais, explique un homme posé devant le zinc. Si je votais, je voterai pour Marine Le Pen. Elle est franche, tout simplement. Elle insiste. « Quand c’est les élections, on vous voit partout, avec vos promesses. Et après ? Plus rien. » La socialiste perd un peu pied, expliquant malgré tout son engagement à gauche. Peine perdue. « Vous avez vos arguments, j’ai mes idées », conclut l’homme, imperméable.

 »Mais dis-le que tu votes Sarkozy »

Mais il y a aussi cette habitante qui, enthousiaste, insiste pour être prise en photo avec Najat Vallaud-Belkacem.

Il y a cette gérante de boutique qui avoue ne pas être très concernée par la campagne présidentielle. « Je me marie samedi, avoue-t-elle. Là, franchement, je suis en plein dans les préparatifs. » « Félicitations ! Et pour le second tour ? », questionne la socialiste, imperturbable. « Oui, oui… », répond la gérante. « En tout cas, ça fait plaisir de voir des gens qui ont une vie normale ! »

Il y a ce couple, déchiré entre un homme pro-Hollande et une femme plus à droite. « Mais dis-le que tu vas voter Sarkozy!, s’amuse le premier dans l’encadrement de la porte. Najat rigole. « Mais non, je ne suis pas pro-Sarkozy. Je vais voter Mélenchon, tiens ! ».

Il y a cet homme ravi de voir débarquer les sympathisants chez lui. « On est un peu essoufflé, admet la socialiste. On est monté à pied… » « Le porte-à-porte, c’est bon pour les jambes », rétorque son directeur de campagne, Thierry Philip, également maire du IIIe arrondissement de Lyon.

Il y a ce voisin, peu enclin à partager les idées de la gauche. « Vous allez aller voter dimanche? », demande Najat Vallaud-Belkacem en guise d’introduction. « Oui. On va essayer d’éviter le pire », répond l’homme. « Le pire ? Et… c’est qui ? ». « Hé bien lui par exemple », précise-t-il en pointant l’un des tracts hollandais. « Ha bon ? Vous êtes sûr ? », réplique-t-elle. « Il n’est pas pire que Ségolène Royal mais quand même… » « Et bien vous ne pouviez pas me faire plus plaisir ! », conclut-elle, inronique.

Les rencontres se multiplient. Les échangent se renforcent. À chaque fois, Najat Vallaud-Belkacem glisse sa carte de visite. « Je reviendrai vous voir dans peu de temps pour vous parler des législatives », assure-t-elle à chacun des habitants.

Elle sourit, encore, en retrouvant ses camarades. L’un commente les derniers sondages plaçant, une nouvelle fois, Hollande à l’Élysée. D’autres se félicitent du travail effectué cette après-midi, prenant déjà rendez-vous pour l’entre-deux tours. « La façon de faire de la politique a changé, conclut l’élue. Il n’y a plus de leaders d’opinion qui influencent le vote. Désormais, il faut aller chercher les voix une à une… »

De notre envoyé spécial à Lyon, Sylvain Chazot

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