« L’égalité professionnelle ne passe pas forcément par des lois »

Presse Publié le 30 août 2012

Capture d’écran 2012-08-30 à 21.24.08Najat Vallaud-Belkacem, ministre du Droit des femmes, était interviewée par Hedwige Chevrillon depuis l’université d’été du Medef ce 30 août. Elle a livré des pistes pour parvenir à l’égalité homme-femme dans le monde professionnel.
l y a encore du chemin à parcourir pour arriver à l’égalité professionnelle. Et Najat Vallaud-Belkacem n’est pas convaincue que légiférer à tout va soit toujours la solution. Sur le plateau éphémère du Grand Journal à l’université d’été du Medef, la ministre du Droit des femmes a rappelé qu’une dizaine de lois en la matière avaient été votée en quarante ans, « avec le succès que l’on sait ».

Le décret d’application de la loi Coppé-Zimmermann la vide de sa substance

La ministre a reconnu que la dernière en date, la loi Coppé-Zimmermann, qui impose des sanctions aux entreprises qui ne respectent pas la parité dans leurs conseils d’administration et de surveillance, avait de « bons principes ». Mais elle a regretté que son décret d’application l’ait « totalement vidée de sa substance ».

Selon elle, « le mécanisme de contrôle est délayé et ne s’applique quasiment jamais ». Najat Vallaud-Belkacem a donc annoncé son intention de modifier ce décret pour « faire en sorte que les entreprises déposent elles-mêmes leur décret de situation, sans attendre de visite d’un inspecteur du travail ».

Les réseaux de femmes au sein des entreprises sont un élément clé

En dehors du cadre législatif, elle a proposé des solutions pratiques « pour lever le verrou qui pèse aujourd’hui sur l’égalité hommes-femmes dans le monde du travail ». La ministre croit notamment beaucoup en la vertu du « name and celebrate », c’est-à-dire la capacité à aller chercher des exemples qui fonctionne et à communiquer dessus.

« Dans les grandes entreprises, parce qu’elles ont des moyens à consacrer aux ressources humaines, il y a de très bonnes pratiques, qu’il convient aujourd’hui de généraliser », assure-t-elle. La porte-parole du gouvernement cite en exemple « les réseaux de femmes au sein des grands groupes, où la parole se libère, où les participantes se soufflent entre elles des idées de promotions, se donnent des informations utiles ». La généralisation de ces réseaux, « sans être l’alpha et l’oméga de la parité au travail », sont pour elles « un éléments clé ».