La Seine-Saint-Denis en avance : « Protéger la mère, c’est protéger les enfants »

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Droits des femmes Publié le 20 novembre 2013

"La Seine-Saint-Denis ne fait pas mentir sa réputation de pionnière efficace dans la lutte contre les violences faites aux femmes" a déclaré Najat Vallaud-Belkacem en ouverture des 9èmes rencontres Femmes du monde en Seine-Saint-Denis contre les violences envers les femmes, ce mardi 19 novembre.

La ministre des Droits des femmes a signé plusieurs conventions renforçant et élargissant les dispositifs de l’Observatoire départemental des violences envers les femmes de Seine-Saint-Denis. L’observatoire pourra prendre en charge des enfants orphelins suite à un féminicide, la lutte contre les mariages forcés sera renforcée et la convention « Un toit pour elle » améliorera l’accueil des femmes victimes de violences.

A la veille de la journée internationale des droits de l’enfant, Najat Vallaud-Belkacem a insisté sur ses convictions : « Les violences faites aux femmes frappent toute la famille. Aucun enfant ne sort totalement indemne d’une scène de violence vécue à la maison, qu’il ait pris des coups ou qu’il n’en ait été qu’un témoin. (…)  Je ne crois pas qu’un conjoint violent puisse être un bon parent. »

La première convention signée permet la mise en place d’un dispositif d’urgence, pionnier et efficace pour reconnaître comme victimes les enfants dans les drames familiaux.

Dorénavant, dès la découverte d’un tel crime, les enfants du département seront hospitalisés trois jours à l’hôpital Robert Ballanger d’Aulnay-sous-Bois, où ils recevront soutien médical et psychologique, selon le protocole signé mardi avec le conseil général et le parquet de ce département en pointe dans la lutte contre les violences faites aux femmes.

« Ces enfants vivent un drame, le fait que leur maman ait été tuée par leur papa« , et « l’objet n’est pas de créer un choc de plus mais d’éviter un syndrome post-traumatique », de créer « un sas de respiration », a résumé Mme Moisson.

L’hospitalisation permettra de « les protéger et de les soigner », ainsi que de faire une « évaluation précise » à destination du juge qui doit dans les 8 jours prendre une décision de placement de l’enfant, en institution ou chez un proche, a-t-elle précisé.

En 2012 en France, 140 enfants ont perdu un parent dans un meurtre conjugal, souvent sous leurs yeux. Dans la grande majorité des cas, il s’agit du meurtre de la mère, le père ou le beau-père tuant la mère de l’enfant.

Le dispositif a vocation à être étendu en France, a déclaré la ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem, lors de la signature. Elle a promis d’intégrer dans la loi pour l’Égalité entre les femmes et les hommes, examinée en janvier à l’Assemblée, une disposition pour éviter qu’un père qui aurait tué sa femme ne dispose ensuite automatiquement, comme parent survivant, de l’autorité parentale, comme c’est le cas aujourd’hui.

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