Entretien à l’Est Républicain

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Presse Ville Publié le 22 avril 2014

A l'occasion de sa visite à Vandœuvre-lès-Nancy, Najat Vallaud-Belkacem a accordé un entretien à l'Est Républicain. Retrouvez ici.

L’une de vos premières visites sur le terrain comme nouveau ministre de la Ville, se déroule aujourd’hui à Vandœuvre. Parce que c’est l’une des très rares communes où le maire PS a été réélu dès le soir du premier tour ?
Mais je ne me déplace pas seulement dans les villes socialistes ! Les Lorrains le savent, Vandœuvre est un symbole de ce qu’une ville est capable de réaliser en termes de rénovation urbaine, de lien social, d’aide à la réussite éducative. Cette visite m’offrira l’occasion de préciser ma feuille de route en mettant l’accent sur ces 1300 quartiers « cœur de cible » qui bientôt mobiliseront la politique de la ville rénovée que j’ai mission de mettre en œuvre.

À travers le résultat des municipales, n’est-ce pas la politique de la ville menée jusqu’à présent, réputée coûteuse, peu visible et peu efficace, qui a été d’une certaine manière sanctionnée ?
C’est précisément pour la rendre plus lisible et efficace qu’on va la réformer. On ne part pas de rien. Des efforts importants ont été consentis ces deux dernières années : la création de 15.000 emplois d’avenir dans les zones urbaines sensibles, le retour à la possibilité de scolarisation des 2-3 ans qui avait été supprimée ces dernières années, les zones de sécurité prioritaire pour lutter contre la délinquance, les efforts en matière de péréquation au profit des communes les plus pauvres à travers la dotation de solidarité urbaine… Mais sur tous ces sujets on doit être plus efficaces encore et obtenir des résultats.

Une loi sur la politique de la ville a été adoptée en février. Le décret n’est pas encore paru. Que comptez-vous faire ?
Je présenterai la nouvelle carte de la politique de la ville à la fin du mois de mai. Un critère unique sera désormais retenu pour déterminer les 1300 quartiers cœur de cible : celui du revenu des habitants. Un critère lisible, objectif et transparent. Cette méthode d’identification des difficultés sociales est en train d’être validée par le Conseil d’État.
Dès qu’il l’aura confirmée, je demanderai aux préfets de définir avec les maires concernés le périmètre précis autour de ces quartiers prioritaires. À l’automne leur liste exacte sera ainsi connue.

Alors que l’État s’engage à économiser 18 milliards, quelle sera votre marge de manœuvre budgétaire ?
Au fil des années, la politique de la ville est devenue un véritable millefeuille, superposant les dispositifs et conduisant au saupoudrage.
Nous avons décidé de clarifier tout cela et surtout de concentrer notre aide sur les endroits où les besoins sont les plus cruciaux. Pour éviter les déperditions d’énergie, nous allons simplifier les interventions, et mettre en œuvre le contrat de ville unique inscrit dans la loi, mutualiser les moyens, supprimer les doublons. Nous aurons une méthode qui part du terrain, associera les habitants et tiendra compte des expérimentations, sans plaquer un cadre théorique. Nos moyens sont loin d’être négligeables avec 5 milliards prévus pour le nouveau plan de rénovation urbaine. L’État agira avec le concours des collectivités soucieuses de résorber les inégalités, une préoccupation qui transcende les clivages politiques.

Allez-vous conserver les zones franches défiscalisées ?
Mon chantier prioritaire sera le soutien à l’emploi dans les quartiers. Les zones franches et les emplois francs doivent être repensés dans un cadre plus global. Je ne souhaite pas seulement faire bouger la géographie du zonage, mais la géographie des esprits. Je vais utiliser tous les leviers à ma disposition, mettre l’accent sur l’aide à la mobilité des jeunes, favoriser l’apprentissage et l’alternance, m’appuyer sur l’expertise du terrain. La culture de l’efficacité et du pragmatisme s’impose pour obtenir des résultats rapides. Il s’agit de redonner confiance aux habitants de ces quartiers en les associant grâce à des conseils de citoyens. Cela passera surtout par une attention soutenue à leur vie quotidienne.

Comment ?
Je vais par exemple demander aux organismes de HLM de réaliser leurs interventions plus rapidement. Il n’est pas normal que les habitants soient obligés d’attendre parfois une semaine que l’ascenseur de leur immeuble soit réparé. Chacun peut comprendre que ce type de désagrément, surtout quand il est répété, nourrisse un véritable sentiment de relégation.

Propos recueillis par Philippe Rivet pour l’Est Républicain

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