Amélioration des conditions de vie étudiante : lettre aux étudiants boursiers

Enseignement supérieur et recherche Publié le 30 juillet 2016

Ce vendredi 29 juillet 2016, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et Thierry Mandon, secrétaire d’État à l’Enseignement supérieur et de la Recherche, ont adressé une lettre aux étudiants boursiers.
Retrouvez ci-dessous le courrier et téléchargez la copie de la lettre ici.

Paris, le 29 juillet 2016.

Madame, Monsieur,

Vous vous apprêtez à poursuivre vos études, en bénéficiant du soutien d’une bourse sur critères sociaux, et nous en sommes heureux. L’amélioration des conditions de vie étudiantes est pour nous une préoccupation constante. Nous savons que c’est nécessaire pour vous donner les moyens de votre autonomie, et indispensable pour l’avenir du pays dont la réussite économique et sociale implique de renforcer l’accès aux études pour le plus grand nombre.

La réforme des bourses étudiantes que nous avons engagée depuis 2013 est destinée à réduire la nécessité pour les étudiants de travailler concurremment à leurs études. Elle s’est traduite par la création de deux nouveaux échelons de bourses : l’échelon « 0 bis » (qui a déjà permis à 174 600 étudiants issus des classes moyennes et précédemment boursiers à l’échelon 0 de bénéficier d’une bourse annuelle 1 008 €) et l’échelon 7 (qui a permis à 43 000 étudiants les plus modestes et précédemment boursiers à l’échelon 6 de bénéficier d’une bourse annuelle de 5 500 €, soit une revalorisation de 800 € annuels de leur bourse). Parallèlement 2 000 nouvelles allocations annuelles accordées dans le cadre du dispositif des aides spécifiques ont été ont été créées en faveur des étudiants en situation d’autonomie avérée.

L’année 2016–2017 marquera une nouvelle étape de cette politique en faveur des étudiants.
25 000 nouveaux étudiants qui ne bénéficiaient que de l’échelon 0, c’est-à-dire d’une exonération des droits d’inscription sans toucher d’aide financière, bénéficieront à la rentrée d’une bourse échelon « 0 bis » de 1 009 € annuels. Désormais tous les échelons de bourse sont rémunérateurs.

Pour préserver le pouvoir d’achat de tous les étudiants, nous avons par ailleurs décidé pour la rentrée prochaine d’actualiser le montant des bourses au niveau de l’inflation constatée, de geler l’évolution des droits d’inscription acquittés par les étudiants non-boursiers ainsi que le montant de la cotisation d’assurance maladie des étudiants, et de maintenir le prix du ticket de restauration universitaire à 3,25€.

Le logement étudiant n’est pas oublié. 20 722 nouveaux logements sociaux étudiants ont été construits de 2013 à 2015, et notre objectif est de parvenir à 40 000 nouveaux logements d’ici fin 2017. Pour ceux d’entre vous qui se logent dans le parc locatif privé, la Caution Locative Étudiante (CLÉ), qui permettent de remplacer le garant personnel que vous n’auriez pas réussi à trouver, vous y aidera, et la création d’un droit universel à la garantie locative pour tous les jeunes de moins de 30 ans est prévu pour la rentrée 2017.

Enfin, comme annoncé en avril dernier nous créons à la rentrée 2016 une aide à la recherche du premier emploi pour les jeunes diplômés de moins de 28 ans bénéficiant de faibles ressources, afin d’accompagner financièrement la période d’insertion professionnelle qui sépare la sortie des études et l’accès au premier emploi.
Verser pendant 4 mois, son montant sera équivalent à celui de la bourse sur critères sociaux perçue au cours de la dernière année d’étude (de 100 € à 550 € par mois).
Toutes les informations sont disponibles sur etudiant.gouv.fr/arpe.

Ces réformes en faveur de l’amélioration des conditions de vie étudiante concourent à la démocratisation des études supérieures.

Nous vous adressons tous nos vœux de réussite pour cette nouvelle année universitaire.

 

Najat Vallaud-Belkacem,
ministre de l’Éducation nationale,
de l’Enseignement supérieur et de la Recherche

Thierry Mandon,
secrétaire d’État à l’Enseignement supérieur
et à la Recherche

Téléchargez la copie de la lettre ici :

20160729-NajatVB-Lettre-aux-étudiants-boursiers-Web

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5 commentaires sur Amélioration des conditions de vie étudiante : lettre aux étudiants boursiers

  1. Française

    Madame,

    Le système de bourse est mal calculé en fait j’ai deux enfants en études supérieures, et comme je les ai détaché, ils devraient avoir l’échelon 1 et ne peuvent avoir que l’échelon 0, 100 euros par mois comment peuvent ils manger et étudier ? Je me serre la ceinture pour qu’ils puissent y arriver, je pensais qu’il y aurait plus de justesse dans les calculs.

    Cordialement.

  2. Une maman d'étudiante

    Bonjour madame
    vos écrits sont bien beaux, mais le système des bourses est tellement mal fait que dès lors que les parents travaillent , impossible pour l’étudiant de percevoir quelque bourse que ce soit, meme minime !!!!
    Ma fille rentre en septembre en école de KINE , et malgré le montant es frais de scolarité (5800 euros x 4 ans) réponse du Crous : ressources des parents supérieurs au plafond !!!!! je crois réver.
    L’école étant à Alençon où nous n’habitons pas, il faut un petit logement à ma fille + tout ce qui va avec. Et malgré cela, aucune aide !!!!! Nous allons nous débrouiller en faisant un emprunt, mais il va falloir se serrer la ceinture pour que ma fille puisse quand meme bénéficier des études qui lui permettront de trouver un emploi.
    La réglementattion française est quand meme sacrément mal faite, excusez-moi !!!
    Une maman en colère

  3. Une citoyenne

    Une aide financière pour les études est indispensable (parole d’ancienne étudiante boursière, à l’université, dont la mère a élevé seule ses trois enfants).

    Toutefois, que pensez-vous d’une fusion entre les différents revenus pour faire un revenu universel (études / minimas sociaux/ retraite). Il est en test en Finlande, et cette fusion des différents revenus permet d’économiser des frais de fonctionnement pour l’État. Bon, je sais que ça n’est pas la priorité du moment, mais pourquoi pas ?

  4. Flandrin Marie Agnès

    Bonjour Madame,

    Je viens de prendre connaissance d’un certains nombres d’articles et d’extraits de loi concernant la « démocratisation » de l’enseignement supérieur, à laquelle je croyais il y a encore quelques mois et parce que moi-même, enfant d’ouvrier, j’ai pu en bénéficier il y a bientôt 30 ans. Mais la réalité supplante rapidement les beaux mots et les belles intentions. Ma fille, fière d’avoir obtenu le baccalauréat, déchante lorsqu’elle prend conscience des coûts qu’implique la poursuite d’étude à laquelle nous l’encourageons depuis des années.
    Pas besoin d’études statistiques ni de grands discours…
    Il nous faudra payer :
    – 28 € pour l’assurance du studio,
    – 450 € de loyer mensuel
    – 30 € de charges mensuel auxquelles il nous faudra ajouter l’abonnement pour un accès internet,
    – 345 € pour la carte imagin R,
    – 185 € de frais d’inscription,
    – 19 et 15 € à la rentrée pour l’adhésion à l’association étudiante et à la cantine,
    – 3,25 € 5x 5 jours par semaine pour un repas par jour au RU,
    – et à l’heure d’aujourd’hui, il me faut encore budgétiser la sécurité sociale étudiante, la mutuelle et ce dont elle aura besoin pour vivre dans son studio : les 2 autres repas par jour, éventuellement ceux du week-end, une petite pharmacie de dépannage, des produits ménagers, une peu de vaisselle, linge de lit et ce que je découvrirai au fur et à mesure.
    Je comptais sur l’APL (ou ALS) pour nous aider mais la CAF m’a confirmé que je perdrai les allocations familiales (196 €) si j’acceptais l’ALS (212 €).
    Elle n’a pas droit à la bourse étudiante puisque nous gagnons plus de 33100 € par an.
    C’est déjà au minimum 600€ par mois pour qu’elle puisse étudier.

    Je gagne 2200 € net par mois et mon mari 1750 € (il a du accepter un travail moins rémunérateur suite à un licenciement). Je dois encore finir de payer mon prêt maison fait sur 25 ans faute de pouvoir faire mieux (un peu plus de 1000 €). Il nous resterons donc environ 1500 € par mois pour vivre à 3 la semaine, à 4 le week-end.
    Mon mari et moi-même devons donc faire des heures supplémentaires et/ou emplois additionnels pour pouvoir faire face. Bien évidemment, pas de vacances en dehors de la maison, pas de restos, peu de ciné, juste le nécessaire. Et j’ai demandé à ma fille de chercher des petits boulots pour nous aider à financer ces soi-disantes études plus « accessibles à tous » … « dans un souci d’égalité » … « maintenant le pouvoir d’achat étudiant ».
    A côté de cela, j’ai lu que la nouvelle loi de finance supprimerait l’APL aux étudiants dont les familles sont soumises à l’ISF et/ou ayant plus de 30 000 € de patrimoine, qui eux, n’ont (peut-être) pas les allocations familiales : je crois rêver et je me demande si nous n’avons pas perdu le sens commun. Je ne peux m’empêcher de penser que nous sommes bien loin des idées devenues désormais utopistes de Jules Ferry.

    Au passage, je suis enseignante et cette année encore, j’ai encouragé mes élèves de Terminale Bac pro à poursuivre leurs études en BTS. Désormais, je prendrai la peine de leur présenter mon petit calcul du coût des études, basé sur ma situation réelle ainsi que le tableau d’éligibilité à la bourse qui, au maximum, couvrira 5551 € de leurs dépenses.

    Je respecte le travail que vous faîtes et j’ai bien conscience de ne pas maîtriser tous les éléments du dossier qui ont amené ces mesures mais il m’arrive parfois de me demander aussi si vous avez, vous aussi conscience de la vie des français.

    Cordialement,

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