L’Histoire ne doit être ni falsifiée, ni instrumentalisée – Visite à Béziers

Éducation nationale Publié le 2 décembre 2016

La ministre de l’Éducation Najat Vallaud-Belkacem a mis en garde vendredi 2 décembre 2016 contre toute instrumentalisation de l’histoire lors d’une visite au lycée Jean-Moulin de Béziers, ville dirigée par un maire proche du Front national coutumier des polémiques.

L’histoire ne doit être ni « falsifiée par telle ou telle idéologie« , ni « instrumentalisée« , ni « romancée« , a martelé la ministre lors de sa visite dans ce lycée de 2.300 élèves. Une trentaine de professeurs d’histoire, dont une quinzaine enseignaient à Jean-Moulin, avaient, début 2016, demandé à Robert Ménard dans une lettre ouverte de cesser de « +torturer+ la mémoire » du héros de la Résistance et enfant du pays.

Vendredi matin, Robert Ménard qui multiplie depuis son élection en 2014 les polémiques sur la guerre d’Algérie, la figure de Jean Moulin, l’immigration ou la laïcité, a quitté la pièce lors d’un échange entre la ministre, une enseignante et des élèves de Terminale sur l’enseignement moral et civique.

Interrogée par la presse sur ce point, Najat Vallaud-Belkacem s’est contenté de répondre qu’elle ne connaissait pas « l’agenda » du maire. Elle a expliqué être venue à Béziers notamment pour « soutenir des enseignants très mal à l’aise devant les phrases de leur édile« .

« À Béziers comme ailleurs, l’éducation est nationale« , a-t-elle ajouté. On ne peut enseigner les périodes « glorieuses » de l’histoire sans évoquer « les périodes sombres« , a-t-elle souligné. « La Résistance ne peut être comprise si l’on n’évoque pas la collaboration« , a-t-elle ajouté. Ni la décolonisation sans la colonisation.

Auparavant des élèves de ce lycée avait retracé le parcours de Jean Moulin, né à Béziers en 1898 et devenu « défenseur des valeurs républicaines« .

Cette grande figure de la Résistance « appartient à tout le monde et à personne« , avait conclu une élève, très applaudie. La ministre avait ensuite fait entonner à la salle un chant des partisans un peu hésitant.

 

Dans l’après-midi, Najat Vallaud-Belkacem s’est rendue à Montpellier à Las Cazes, collège symbole d’une absence de mixité sociale. La ministre a dévoilé la plaque rebaptisant le collège Simone Veil et l’équipe éducative du collège lui a présenté son nouveau projet pédagogique qui vise à « renforcer la mixité sociale« . Une revendication portée depuis 2015 par les parents d’élèves et notamment le collectif des parents du Petit-Bard. À l’occasion de la visite, la ministre a rencontré  les « Mamans du Petit-Bard », représentantes de ce collectif de parents d’élèves.

Retrouvez ici quelques images de la visite à Béziers et Montpellier :

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Avec AFP.
Photos © Philippe Devernay / MENESR

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2 commentaires sur L’Histoire ne doit être ni falsifiée, ni instrumentalisée – Visite à Béziers

  1. Chevigny

    L’histoire est forcément instrumentalisée, las vainqueurs et les vaincus ne présentent pas de la même façon le résultat d’un conflit qui les a opposés. Le narrateur laisse forcément une trace de sa perception dans ce qu’il énonce.
    Mais pourquoi l’élu perd t’il son temps à polémiquer sur le passé quand le présent à tant de sujets à approfondir ?

  2. Hassan

    POLItiquement, la générosité n’est ni l’ombre ni l’étourderie d’un défaut, fut-elle toujours moins sombre et plus juste où la vie des hommes, et des femmes, la réclame…

    La peur, l’ignorance, l’opacité, des temps*, comprenez le)s passé)s le)s présent)s le)s futur)s, ne sont bons points dans l’usage humain et commun de l’histoire, tout comme et pour leurs parts volumineuses, la sélectivité, la partialité, la radicalité des récurrences qu’ils* réunissent, transportent, ou transmettent, ne peuvent être seules et belles images des mondes, des cultures, des volontés, d’ailleurs laquelle de toutes ces valeurs ou lequel de tous ces qualificatifs, n’acquiert, au fil des mêmes*, sa propre maturité…, comment se pourrait-il/elle sans savoir ce en quoi et en qui la réalité somme ou différencie des victoires ou des défaites du d’un ou des progrès, de l’Humanité …

    Humainement, historiquement, fondamentalement, l’intolérance est l’affaire le stigmate l’injustice de certain)e)s, la tolérance est le repère le vœu la chance de tou)te)s, ne s’entend/t-il pas que tout permettre ou, à contrario, ne rien permettre ne fondent ni le sens des valeurs, ni la raison des auteur)e)s, ni la vie des cœurs, et ce n’est ni le ‘tout n’est pas vrai-tout n’est pas faux » ni le « tout n’est pas dit-tout n’est pas su » qui a/ont fait, qui fait/font et qui fera/feront le surplus ou le regain de lumière qui, pourtant, manque, tant et partout, quant il s’agit pour chacun)e d’apporter à tout)e autre l’équilibre invariablement variable…

    Au delà des « doutes », le principe évolutif correspond à la circonstance évolutive.., « Quelle nature n’appartient ni à ses heures ni à ses fleurs » disait un flocon… »Quelle histoire n’appartient ni à ses heurts ni à ses pleurs » disait une saison…

    Bien à Vous…

    Merci…

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