Vous avez été à la hauteur de ce souffle républicain et la République vous en est reconnaissante – Cérémonie de commémoration du 11 janvier

À la une Éducation nationale Publié le 11 janvier 2017

Deux ans après la marche du 11 janvier 2015, Najat Vallaud-Belkacem a remis, lors d’une cérémonie commémorative à la Sorbonne, les insignes des palmes académiques à 121 enseignants et membres de la communauté éducative, ayant fait preuve d’un engagement particulier au service de la réussite des élèves, dans le cadre de la Grande mobilisation de l’École pour les valeurs de la République.
La distinction des Palmes académiques honore les personnes qui, quel que soit leur statut, s’investissent en faveur de l’Éducation. Lire le discours de la ministre. 

Monsieur le ministre, cher André FANTON,
Monsieur le Recteur de Paris, cher Gilles PECOUT,
Monsieur l’Ambassadeur de France à l’UNESCO, cher Laurent STEFANINI,
Mesdames et messieurs les élus,
Mesdames et messieurs, personnels de l’Education Nationale et membres des associations partenaires de l’école publique,
Mesdames et messieurs,
Chers amis,

Vous voir, toutes et tous, ici, dans cet amphithéâtre de la Sorbonne est un moment particulièrement émouvant, particulièrement marquant.

Peut-être, en recevant mon invitation pour cet événement, vous êtes-vous demandé pourquoi je tenais à vous rassembler aujourd’hui ?

Pourquoi, en cette date où nous commémorons la marche du 11 janvier, vous demander de venir en Sorbonne ?

Pour une raison simple : vous incarnez, mesdames et messieurs, une force prodigieuse, une part de ce souffle mobilisateur qui s’est levé il y a deux ans.

Une force prodigieuse disais-je, dans laquelle notre pays, notre République, a toujours puisé, au fil de son histoire.

Une force qui innerve aussi cette institution à laquelle nous sommes toutes et tous si profondément attachés : l’École de la République.

Cette force, mesdames et messieurs, a un nom : elle s’appelle l’engagement. L’engagement, voilà, précisément, ce qui nous rassemble, ce qui crée un lien invisible autant qu’indestructible entre nous.

Vous êtes inspecteur de l’Éducation Nationale, bénévole ou salarié dans une association ; vous êtes chef d’établissement, directeur d’École, ou bien personnel administratif ; vous êtes enseignant, conseiller d’orientation, ou conseiller pédagogique.

Mais quel que soit votre parcours, votre fonction, votre histoire, vous avez fait un choix : celui de l’engagement. Celui de donner de votre temps, de votre personne, de votre énergie, au service des autres, au service  du vivre ensemble, et c’est, mesdames et messieurs, le sens de votre présence ici.

A travers vous, c’est l’engagement qui s’incarne. Je le dis très sincèrement. Très sérieusement. Quand on évoque la citoyenneté, la République et ses valeurs, parfois, on nous dit que c’est abstrait, que l’on ne voit pas bien de quoi l’on parle, que l’on ne comprend pas à quoi cela renvoie.

Vous apportez, à ces questions, une réponse très claire : l’engagement, c’est celui qui s’engage. La République, c’est ce pour quoi vous vous battez, ce pour quoi vous vous engagez. Et la citoyenneté n’est pas un concept abstrait : elle a vos visages.

Dans une époque empreinte de pessimisme, de déclinisme ou de tentation du repli sur soi, je crois essentiel de ne pas perdre de vue aussi tout ce qui se fait de bien, dans notre pays, tout ce qui se fait au service du bien commun.

Et dans cette époque où l’on a tant de mal, parfois, à envisager l’avenir avec confiance et sérénité, je veux rappeler que nous avons en France, une chance immense.

Cette chance, c’est l’École de la République. Et quand je dis l’École de la République, je veux bien entendu parler des femmes et des hommes qui la font vivre au quotidien. Je veux parler de vous.

L’École n’est ni une idée abstraite, ni un simple bâtiment : l’École existe dès lors qu’il y a la volonté, chez des femmes et des hommes, de faire progresser l’être humain, et de le conduire sur le chemin de l’émancipation.

C’est cette belle et grande idée de progrès qui a animé, dès sa fondation, l’École de la République. C’est cette idée qui est au cœur de l’éducation populaire, dont les associations d’aujourd’hui sont les dignes héritières.

C’est elle qui vous anime, en tant que chef d’établissement, quand vous êtes à votre poste bien avant l’ouverture des portes.

C’est elle qui vous anime, en tant qu’enseignant, quand vous reprenez une explication, quand vous corrigez un devoir, quand vous prenez le temps, simplement, d’échanger avec un élève pour lui permettre de progresser.

Elle, aussi, qui nourrit l’engagement du bénévole qui va faire découvrir à des jeunes une pièce de théâtre ; elle qui motive un de nos 6000 réservistes citoyens  qui prend de son temps pour venir partager ses valeurs et son expérience de vie avec des élèves. Elle encore, qui donne sens au travail essentiel conduit aussi bien par l’administration, grâce à laquelle les politiques se mettent en œuvre, que par l’inspection, pour accompagner nos personnels.

L’École est non seulement un lieu profondément vivant, quiconque a assisté à une sortie des cours en sera convaincu : c’est aussi un lieu viscéralement humain, et pour tout dire, humaniste.

Lieu de savoir et de valeurs, lieu de connaissance et de culture, l’École accueille tous les enfants de la République, et en fait des élèves, c’est-à-dire qu’elle les destine à s’élever, par la connaissance, par l’éducation, l’instruction et la formation.

C’est, je crois, trop souvent oublié.

Parce que l’École fait partie, au fond, du paysage. Parce que chaque année est scandée par la rentrée scolaire. Parce que nous sommes nombreux à l’avoir fréquentée, et que nous avons développé, à son égard, un sentiment de familiarité.

Une familiarité qui est une force, naturellement. Et je suis heureuse qu’il en soit ainsi. Mais une familiarité qui peut aussi être une faiblesse. Parce qu’alors, on oublie à quel point ce que l’on tient pour acquis est quelque chose de particulièrement rare, de particulièrement précieux.

L’École, pour des millions d’enfants à travers le monde, c’est un rêve, un espoir. Nous avons la chance qu’elle soit une réalité dans notre pays, et c’est à vous que nous le devons.

Cette fragilité née d’une trop grande familiarité, cette conscience soudaine que ce que l’on tient pour acquis ne l’est pas, c’est, je crois, un sentiment qui nous a toutes et tous habités au lendemain des attentats de janvier.

Un ébranlement. Un choc. Une violence inouïe. De la stupeur aussi. De la colère, bien sûr. Nous avons ressenti cela. Nous avons ressenti cela en voyant, en janvier 2015, des femmes et des hommes mourir, assassinés, à cause de ce qu’ils étaient. A cause de ce qu’ils représentaient. A cause de ce qu’ils incarnaient.

Morts parce que journalistes, caricaturistes ; morts parce que policiers, fonctionnaires au service de la France ; morts parce que juifs. Tout simplement. Si tristement. Si violemment.

La douleur a été immense. L’ébranlement, également. Et nous l’avons ressenti avec une intensité particulière au sein de l’institution scolaire. En ce début du mois de janvier 2015, c’est la République qui a été attaquée. Et voici que tout d’un coup s’est ravivée la puissance des liens qui unissent l’École à la République, et la République à l’École.

A la douleur ressentie par chacun, s’ajoutait, pour nos professeurs, pour nos équipes pédagogiques, un questionnement lancinant : que vais-je dire à mes élèves demain ? Comment expliquer ? Comment leur faire comprendre ? Comment réagir ?

Oui, au lendemain des attentats, tous les regards se sont tournés vers l’École de la République. Des regards interrogateurs si ce n’est inquisiteurs. Mais des regards emplis d’espoir aussi. Des regards qui disaient : « il faut agir ! ».

Et si, à ce moment, une même question emplissait les esprits, « que faire ? », il y avait aussi une conviction partagée : la réponse viendrait, au moins en partie, de l’École. Parce que c’est toujours vers l’Ecole, que se tournent les regards, quand la République est en danger.

C’est vers elle que l’instituteur Georges Lapierre se tourne, dans les années 1930, alors que montent les périls et que s’exacerbent les tensions, quand il déclare qu’il faut faire de l’École, je le cite, « un atelier d’humanité ».

C’est vers elle que se tournaient déjà, à la fin du XIXème siècle, les regards des fondateurs de l’éducation populaire.

L’histoire nous a montré une chose, mesdames et messieurs : c’est par l’éducation, la formation, le savoir et la culture que l’on relève les plus grands défis.

Et dans ce moment de crise et de violence, dans ce moment où la République était frappée, l’École a répondu présent. L’École a assumé ses responsabilités. Pleinement. Et si elle a pu le faire, c’est parce que des femmes et des hommes se sont engagés. Si elle a pu le faire, c’est tout simplement grâce à vous.

Je veux, mesdames et messieurs, vous dire la fierté qui est la mienne, d’être à la tête d’une institution dans laquelle je peux compter sur des femmes et des hommes tels que vous.

Les palmes académiques qui vont vous être remises aujourd’hui, sont non seulement l’expression de la reconnaissance de l’institution scolaire, mais aussi, bien au-delà, la reconnaissance de la Nation, de la République, à votre égard.

C’est une manière de saluer votre engagement au quotidien, qui malheureusement reste trop souvent ignoré.

Pour ma part, je ne l’oublie pas. Jamais. Je sais ce que je dois à l’Ecole et à l’Education Populaire, d’abord. Je sais aussi que c’est par l’école, par la formation, par l’éducation et l’instruction, que l’on bâtit sur le long terme.

Cela prend du temps. Cela demande un travail de tous les jours. Cela demande d’avoir une conviction extrêmement forte, aussi, qui permet de surmonter les difficultés rencontrées, et elles sont nombreuses.

Parfois, le découragement guette.

C’est un élève que l’on avait fait progresser, et qui voit à nouveau ses résultats chuter à la suite d’une situation familiale difficile.

C’est la fatigue de devoir, en tant que responsable associatif, sans cesse demander des subventions, dans l’attente parfois vaine d’un engagement sur le long terme.

C’est aussi constater, au cœur des salles de classe, de nos établissements, des tensions et des remises en cause de ce qui devrait nous unir.

Alors, peut venir résonner une petite musique délétère, celle du « A quoi bon ? ». A quoi bon continuer, quand tant de personnes semblent s’accommoder des inégalités persistantes ? A quoi bon continuer quand seuls les échecs sont pointés du doigt, et quand tant de réussites sont ignorées ?

Elle est terrible cette petite interrogation qui vient, peu à peu, laminer des énergies, des espoirs, des engagements.

Et bien c’est au contraire pour vous dire, « continuez ! »,  « agissez ! »,  que j’ai tenu à ce que cette journée de commémoration, soit aussi une journée de récompense et de reconnaissance.

Une journée pour montrer que la France, que la République, est belle, qu’elle est soutenue et défendue, et que nous pouvons être fiers de ce qui s’y réalise jour après jour !

Et quand on dit que le savoir, l’éducation, l’instruction changent les choses, ce n’est pas un vain mot. C’est une réalité. Une réalité dont j’ai encore eu l’occasion de faire récemment l’expérience, à l’occasion de la journée de la laïcité, le 9 décembre dernier.

La laïcité, voilà ce dont parlait un élève afghan, arrivé en France il y a un peu plus d’un an.

Il expliquait qu’il avait traversé des mers, et bien des pays avant d’arriver en France. Nulle part ailleurs il n’avait entendu parler de laïcité. Il n’imaginait même pas que l’on puisse vivre ensemble, entre croyants et non-croyants, entre athées, juifs, chrétiens et musulmans. C’était, disait-il, impensable pour lui.

Et il ajoute, je le cite : « Il y un an, je ne comprenais pas ce qu’était la laïcité, et comment une telle chose pouvait exister. Aujourd’hui, ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi la laïcité n’est pas appliquée dans tous les autres pays du monde. »

Voilà ce qu’est la force immense de ce travail difficile et exaltant qui est le vôtre : il permet de changer véritablement les choses, en profondeur.

C’est pour cela qu’il était urgent de redonner à l’École les moyens d’exercer ce rôle qu’elle n’aurait jamais dû perdre, de creuset de la citoyenneté.

Nous pouvions, pour cela, nous appuyer sur l’engagement du Président de la République dès 2012, en faveur de la jeunesse et de l’éducation. Nous pouvions aussi prendre appui sur la loi de la Refondation de l’École de juillet 2013, qui avait remis en évidence l’importance de la formation du citoyen, avec l’enseignement moral et civique.

Mais en janvier 2015, ces questions n’étaient plus seulement importantes. Elles devenaient urgentes. Brûlantes. Il fallait agir avec détermination, pour conduire une mobilisation d’une ampleur inédite, avec l’École, avec ses partenaires, pour les valeurs de la République.

Après avoir écouté, échangé, dialogué, nous avons accompagné et soutenu nos enseignants, nos équipes pédagogiques, pour ne pas les laisser seuls, en première ligne, avec leurs doutes et leurs interrogations.

Il est insupportable le sentiment d’abandon qui a pu être celui de certains professeurs, quand ils se sont retrouvés devant leurs classes, le 8 janvier. Et c’est pour cette raison que j’ai tenu à ce que soit mis en place un plan exceptionnel de formation, avec, pour objectif, la formation de 300 000 enseignants formés aux valeurs de la république, qui est en cours de réalisation.

Cette année encore, 6 séminaires nationaux sont organisés sur les sujets des valeurs de la république, de la laïcité, et de l’esprit critique. Parce que l’Ecole tire sa force de la connaissance, de la pensée, de la rigueur, et cela depuis toujours, et c’est en nous appuyant sur cela que nous contribuons à refaire d’elle un creuset de la citoyenneté.

Nous avons mis à disposition de nos enseignants des ressources pédagogiques, pour les aider à former nos élèves à la citoyenneté.

Nous avons déployé une véritable pédagogie de la laïcité, à tous les niveaux.

Nous avons introduit une éducation aux médias et à l’information, parce que nos élèves se trouvent soumis à de la désinformation massive, et que nous devons leur donner les moyens de ne pas subir la fascination d’une propagande mortifère.

Nous avons renforcé la « Semaine de la presse et des médias dans l’école », qui, pendant deux ans, a été consacrée au thème : « la liberté d’expression, ça s’apprend ».

Pour donner aussi à nos élèves accès à des médias qu’ils méconnaissent souvent, nous avons ouvert la plate-forme lireLactu.fr, qui offre un accès gratuit dans les collèges et les lycées à des titres de presse nationale et internationale.

Nous avons développé le parcours de citoyenneté des élèves, tant dans la vie quotidienne de l’école, du collège et du lycée, que dans la société, avec les associations, avec les institutions et les lieux de mémoire.

En ouvrant l’École sur la société, nous avons aussi voulu que l’École soit ouverte à celle-ci. Car si l’École peut beaucoup, elle ne peut pas tout, toute seule.

Nous avons créé la réserve citoyenne de l’éducation nationale, désormais reconnue et pérennisée par la loi,  pour donner une place  aux citoyennes et aux citoyens désireux de s’engager à nos côtés.

Nous avons ouvert l’École aux parents et aux associations. Ensemble nous avons fait Alliance. Quelle belle expression que celle de l’Alliance éducative pour décrire notre volonté d’offrir le meilleur à nos enfants et à notre jeunesse.

Nous avons aussi donné un nouvel élan à l’apprentissage de la langue française, parce que nous avons vu, en janvier 2015, que des élèves avaient du mal à débattre, à argumenter, à s’exprimer. Or, la langue française joue un rôle déterminant dans les liens qui nous unissent, notre  rapport au monde et notre capacité à débattre démocratiquement. Sans expression, les sentiments sont subis. Sans communication, l’échange est vain. Sans maîtriser le sens des mots et un vocabulaire varié, on se condamne à une vision simpliste.

A travers la langue française, c’est notre appartenance commune à la République qui se construit et s’affirme, et c’est pour cette raison que nous n’avons cessé d’agir pour renforcer son apprentissage, dès l’école primaire.

Nous avons aussi pris soin de développer l’enseignement de la langue française pour les élèves allophones nouvellement arrivés sur le territoire. Le taux de prise en charge de ces élèves a augmenté ces dernières années : en 2012–2013, cela concernait 20 808 élèves dans le premier degré et 23 613 élèves dans le second degré. En 2014–2015, cela représentait 25 500 élèves du premier degré et 27 000 élèves dans le second degré.

Enfin, parce que nous sommes convaincus que les savoirs, l’instruction, la formation, sont essentiels pour forger une société unie, apaisée, nous avons récemment lancé, le 21 novembre 2016, le plan de mobilisation partenarial pour l’accompagnement linguistique des publics migrants et réfugiés.

Nous pouvons donc être fiers de l’action qui a été la nôtre ces dernières années. Fiers, dans une période douloureuse, de ne pas avoir laissé les troubles du temps troubler nos esprits. 

Et je crois que le meilleur moyen de rappeler que nos valeurs, non seulement s’enseignent, mais se vivent et se partagent, c’est de ne jamais cesser de nous montrer à la hauteur de la devise républicaine, inscrite au fronton de nos établissements.

Liberté, égalité, fraternité : cette devise n’est pas un vain mot. C’est une injonction, qui nous oblige. Et rien ne serait pire, après avoir remis la République au cœur de l’École, que de donner le sentiment d’un écart entre les valeurs que nous revendiquons, et les actions que nous menons.

On entend souvent des ricanements.

C’est tellement facile de brandir une soi-disant naïveté de nos valeurs, quand en réalité on est bien incapable de se montrer à leur hauteur.

La facilité, c’est la colère, c’est la haine, c’est la peur et la violence. Et l’honneur de la France, l’honneur de la République, c’est au contraire de ne pas tomber dans le repli sur soi et la compromission, mais d’assumer les ambitions qui sont les siennes. L’honneur de la France, c’est vous.

Vous qui avez refusé de remplacer « égalité, fraternité » par « inégalité et égoïsme » au nom d’un soi-disant réalisme.


Vous qui avez refusé la confusion et l’amalgame, au nom d’une soi-disant lucidité.

Vous qui vous engagez, jour après jour, pour permettre à chaque élève de progresser, d’apprendre, de s’émanciper.

Voilà pourquoi la défense des valeurs de la République passe aussi par une action résolue pour une École plus juste. Pour une École qui fasse clairement le choix d’agir contre les inégalités. Pour une École qui s’attache à reconnaitre tous les talents et à mener chaque enfant vers l’excellence, celle qu’il aura choisie. Pour une École qui fasse de la mixité sociale, non pas une contrainte que l’on impose d’en haut, mais une réalité que l’on construit jour après jour avec les acteurs du terrain.

Il est important de le rappeler. De le marteler. Car nous ne lutterons jamais efficacement contre la tentation du pire si nous ne donnons pas, à chaque élève, ce qui nous est si nécessaire, à chacune et à chacun d’entre nous : un avenir et la perspective d’avoir une place dans la société.

Une lumière, à laquelle se raccrocher, même au cœur des ténèbres. Comme l’écrivait Edmond Rostand : « C’est la nuit qu’il est beau de croire à la lumière ». Et dans ces jours douloureux de janvier, c’est ce que vous avez su faire.

Pas plus que la République, l’École ne doit jamais être tenue pour acquise. C’est un engagement renouvelé, jour après jour.

Et c’est votre engagement, votre action, que j’ai souhaité mettre aujourd’hui en lumière, en ce jour où nous commémorons cette grande marche solidaire et fière du 11 janvier.

Vous avez été à la hauteur de ce souffle républicain et la République vous en est aujourd’hui reconnaissante.

C’est donc avec cette profonde reconnaissance, et une réelle admiration, que j’ai l’honneur et le plaisir de vous dire :

Mesdames et messieurs, au nom du gouvernement de la République, nous vous faisons Chevalier, officiers et commandeurs de l’Ordre des Palmes Académiques.

Najat Vallaud-Belkacem
Ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche

Photos : MENESR/@Philippe Devernay

Tags :