Presse

Le PS dénonce « les manigances estivales d’une bande sans scrupule »

22 commentaires 13 août 2010

PARIS, 12 août 2010 (AFP) - Le PS a dénoncé "les manigances estivales d'une bande sans scrupule prête à instrumentaliser toutes les haines pour de basses raisons électoralistes", après les critiques de l'ONU contre une "recrudescence" du racisme en France, jeudi dans un communiqué.
"L'examen du cas de la France (à l'ONU) s'est terminé aujourd'hui avec, il faut le dire, une image exécrable de notre pays", a déploré Najat Vallaud-Belkacem, secrétaire nationale en charge des questions de société, dans un communiqué.
"Le Parti socialiste, qui n'a cessé de dénoncer les manigances estivales d'une bande sans scrupule prête à instrumentaliser tous les ressentiments et toutes les haines pour de basses raisons électoralistes, déplore cette mise au ban des nations", poursuit-elle.
Selon elle, "il faut désormais considérer que le premier responsable de ce climat d'insécurité et de xénophobie, c'est le gouvernement".
La France a été clouée au pilori mercredi et jeudi par les experts du Comité pour l'élimination de la discrimination raciale de l'ONU (CERD), qui ont dénoncé un "manque de volonté politique" face à une "recrudescence" des actes racistes dans ce pays.
arb-npk/bw

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Communiqué de
 
Najat VALLAUD BELKACEM
Secrétaire nationale du PS en charge des questions de societé,
Adjointe au Maire de Lyon

 
La communauté internationale rappelle Sarkozy à ses responsabilités.
 
L'ONU s'inquiète des discriminations et de la recrudescence des actes racistes en France et rappelle Nicolas Sarkozy à ses responsabilités. En application de la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciales de 1965, l'examen du cas de la France s'est terminé aujourd'hui avec, il faut le dire, une image exécrable de notre pays. Les experts ont ainsi pointé du doigt le débat douteux sur l'identité nationale ainsi que les relents populistes et racialistes des liens régulièrement établis par les responsables politiques de la majorité entre immigration et insécurité.
 
En d'autres termes, il faut désormais considérer que le premier responsable de ce climat d'insécurité et de xénophobie, c'est le gouvernement. Le Parti socialiste, qui n'a cessé de dénoncer les manigances estivales d'une bande sans scrupule prête à instrumentaliser tous les ressentiments et toutes les haines pour de basses raisons électoralistes, déplore cette mise au ban des nations. En réponse à ces accusations accablantes formulées par un organisme neutre, le gouvernement n'a trouvé comme seule parade que l'excuse sécuritaire, comme si des propos et des mesures xénophobes étaient un tant soit peu susceptibles de ramener la securité où que ce soit. Si la lutte contre la délinquance est un objectif bien compris et que le droit à la sécurité ne se discute pas, ce droit ne saurait effacer tous les autres. C'est là le signe, une fois de plus, de son incompétence dans ce domaine aussi.

Presse, Questions de société

« Le débat sur les salles de shooting persiste » (Reuters)

6 commentaires 12 août 2010

PARIS (Reuters) – Le président du Sénat, Gérard Larcher, a proposé jeudi la création d’une mission parlementaire sur les salles de consommation de drogue, un dossier qui divise la majorité depuis plusieurs semaines.

Le Premier ministre, François Fillon, a rejeté mercredi l’idée de ces « salles de shoot », avancée par la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, mais le débat n’est pas clos.

Le maire UMP de Marseille, Jean-Claude Gaudin, qui s’était dit prêt à ouvrir une salle de consommation dans sa ville, s’est finalement rangé jeudi à la position de Matignon, a indiqué son entourage.

« Avec Jean-Claude Gaudin, nous respecterons bien évidemment la décision du Premier ministre et nous n’irons pas contre la volonté de Matignon », a dit à Reuters Patrick Padovani, adjoint au maire en charge des problèmes de toxicomanie.

« En qualité de médecin, je pensais qu’il s’agissait d’un projet qui allait dans le sens de notre politique municipale de prévention. Maintenant, au niveau de l’Etat, je comprends que cela pose un certains nombre de difficultés », a-t-il ajouté.

Auparavant, Jean-Claude Gaudin avait estimé sur RTL qu’il valait peut-être mieux se droguer « à l’intérieur d’un lieu où il peut y avoir des médecins, où il peut y avoir un contrôle, que de laisser ces gens là sur les marches de la gare St Charles à Marseille ou d’autres quartiers ».

« Moi ce qui m’importe c’est la santé des gens (…) Si ça pose des problèmes de sécurité ou autre, je le verrais avec M. le ministre de l’Intérieur », ajoutait-il.

Pour Gérard Larcher, « c’est un débat qui mérite d’être poursuivi sans doute sous une autre forme et c’est peut-être le rôle du Parlement de s’en saisir ».

« Je suis totalement loyal à la majorité mais le rôle du Parlement, c’est de s’affranchir d’un certain nombre de contraintes qu’ont le gouvernement et les ministres », a-t-il expliqué sur Europe 1.

Les salles permettent aux usagers de drogue de consommer dans de bonnes conditions d’hygiène, tout en préservant la tranquillité et la sécurité des habitants du quartier d’implantation.

FILLON « N’A PAS COMPRIS », DÉPLORE LE PS

Dans une déclaration à la presse mercredi soir, François Fillon expliquait que la priorité du gouvernement était « de réduire la consommation des drogues en France, non de l’accompagner voire de l’organiser ».

« La mise en place de ces centres de consommation de drogue n’est ni utile ni souhaitable en France »", ajoutait-il.

Le Parti socialiste a jugé « très regrettable cette fin de non-recevoir » du chef du gouvernement.

« Les propos du Premier ministre montrent qu’il n’a vraisemblablement pas compris de quoi il s’agissait ici: nous parlons d’un système de prise en charge des toxicomanes dont l’objectif est bien le soin et le sevrage », explique la secrétaire nationale du PS chargée des questions de société, Najat Vallaud-Belkacem, au magazine Les Inrockuptibles.

« Il est regrettable que François Fillon reste sourd à l’appel des médecins et considère les toxicomanes comme des délinquants et non comme des malades », ajoute-t-elle.

La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, avait proposé une concertation sur l’ouverture de salles de « shooting » dès le 19 juillet, suscitant des vives réactions au sein de la droite.

Quatorze députés UMP, dont Jean-Paul Garraud, se sont élevés contre l’idée d’installer des salles de « shooting », estimant que de tels établissements « ne régleraient aucun problème ».

Plusieurs dizaines de villes dans huit pays, essentiellement européens, en ont installé. En France, deux villes sont candidates à une expérimentation, Epinal et Marseille.

Laure Bretton, avec Jean-François Rosnoblet à Marseille édité par Gérard Bon

Presse

Si être Français se mérite, être Président des Français aussi.

32 commentaires 02 août 2010

Communiqué de Najat VALLAUD-BELKACEM
Secrétaire nationale du Parti socialiste en charge des questions de societé
Adjointe au Maire de Lyon et conseillère générale du Rhône.  
 

Le discours du Président de la République prend un tour de plus en plus inquiétant. Au prétexte d’assurer la sécurité des citoyens, ce qui est effectivement le rôle de l’État qu’il a radicalement échoué à remplir, voilà qu’il réintègre dans le discours politique des thèmes au relent hélas déjà connu.
 
Ce pouvoir, décidément en perdition, n’a rien trouvé de mieux que de jouer une fois de plus, au prix du renoncement à nos valeurs et d’un cynisme peu commun, sur la peur des citoyens, les préjugés et les amalgames, pour faire oublier ses échecs et les scandales de ces dernières semaines.
 
Après la stigmatisation des « gens du voyage » qui rappelle des discours concernant les mêmes, à une autre période et dans un autre pays (il fut un temps ou l’on déportait les Tsiganes et les Roms), ses propositions sur les citoyens « d’origine étrangère » nous ramènent aujourd’hui, n’ayons pas peur des mots, au régime de Vichy, le seul à être allé aussi loin en retirant la nationalité française à un certain nombre de citoyens de ce pays. Qu’on se le dise, les « gens du voyage » et les « immigrés » sont les métèques du Président et de ses acolytes. On a la sinistre impression de lire les vitupérations xénophobes et racistes de Gringoire dans les années trente qui n’étaient que la préfiguration des lois raciales de l’État français.
 
Ne nous y trompons pas: En tendant la main toujours plus nettement à l’extrême droite, et en allant même beaucoup plus loin, le gouvernement sait très bien ce qu’il fait: il ne compte pas seulement sur l’amnésie des Français, il l’exploite.
 
Face à ces propos délirants, tous les démocrates où qu’ils se trouvent, ne peuvent que protester de manière solennelle et mettre en garde l’opinion contre des prises de position intolérables dans la bouche d’un Président de la République française. Si être Français se mérite, être Président des Français aussi.

Presse

Adoption et droit à la famille pour les couples homosexuels

2 commentaires 13 juillet 2010

Communiqué de presse de

Najat Vallaud-Belkacem

Secrétaire nationale aux Questions de société (PS)

Adoption par les couples homosexuels : le droit de la famille à nouveau remis en question.


La Cour de cassation a validé hier, une décision de justice américaine accordant l’adoption à un couple de même sexe. C’est un pas important vers la reconnaissance du droit des couples homosexuels à fonder une famille,  dont il faut se réjouir.

Le Parti socialiste déplore cependant l’iniquité ainsi introduite entre les citoyens français selon qu’ils auront adopté en France ou non. Les retards pris par la législation française ainsi que ses nombreuses incohérences ne sont tout simplement plus acceptables. Faut-il rappeler, dans la même veine,  que le droit français interdit aujourd’hui encore l’adoption pour les couples de même sexe, tout en l’autorisant aux personnes célibataires (hétérosexuelles ou homosexuelles) ? Un double paradoxe qui force les couples à contourner sans cesse des règles absurdes.

Ce qui était hier une question de société opposant la gauche et la droite devient aujourd’hui une question républicaine de justice et d’égalité de traitement des parents adoptants. C’est tout le système juridique français, hypocrite et dépassé, qui implose sous le poids de ses contradictions. Il est urgent de repenser le droit de la famille, de toutes les familles.

Je vous joins un article paru dans Le Figaro du 9 Juillet concernant la position du Parti Socialiste, qui est aussi la mienne.

Adoption homo parentale : le PS réagit

« Le PS a jugé aujourd’hui que la décision de la Cour de cassation de valider une décision de justice américaine accordant l’adoption à un couple de même sexe, était un « pas important », mais déplore « l’iniquité » entre les citoyens français selon qu’ils auront adopté en France ou non ».

Dans un communiqué, Najat Vallaud-Belkacem, secrétaire nationale du PS aux Questions de société écrit : « C’est un pas important vers la reconnaissance du droit des couples homosexuels à fonder une famille, dont il faut se réjouir ».

Cependant, le PS déplore « l’iniquité ainsi introduite entre les citoyens français selon qu’ils auront adopté en France ou non ».

Pour le PS, « les retards pris par la législation française ainsi que ses nombreuses incohérences ne sont tout simplement plus acceptables ».

Le droit français « interdit aujourd’hui encore l’adoption pour les couples de même sexe, tout en l’autorisant aux personnes célibataires (hétérosexuelles ou homosexuelles) », rappelle le PS. Il épingle « un double paradoxe qui force les couples à contourner sans cesse des règles absurdes ».

« C’est une question républicaine de justice et d’égalité de traitement des parents adoptants et un question de société opposant la gauche et la droite. Il est urgent de réviser le droit de la famille », affirme encore le PS. »

Presse

« Tout l’monde dehors » par Lyon Capitale

Pas de commentaire 05 juillet 2010

Je vous invite à lire l’entretien sur « Tout l’monde dehors » paru dans Lyon Capitale.

Juillet Août 2010 - Lyon Capitale (2)Juillet Août 2010 - Lyon Capitale

Rue Saint-Guillaume : entretien.

Presse

Rue Saint-Guillaume : entretien.

5 commentaires 05 juillet 2010

Il y a quelques mois, la revue de l’association des Sciences-Po m’a invité à répondre à quelques questions. Un portrait qui me donne l’occasion de revenir sur mes débuts en politique et sur la source de mon engagement.

«Tailleur pantalon noir, chemise blanche, cheveux très courts, sourire éclatant, Najat Vallaud Belkacem est extrêmement jolie, raffinée,  et affable. Elle nous reçoit au premier étage d’un café du quartier latin où elle vient de donner une conférence de presse. A 32 ans, elle semble l’exemple même d’un parcours républicain réussi. Née à Beni-Chicker dans le Rif marocain, élevée à Amiens avec 6 frères et sœurs par un père ouvrier du bâtiment et une mère très attentive, elle a parcouru toutes les étapes de la méritocratie,– droit, sciences po, cabinet d’avocat au  conseil d’Etat et à la Cour de Cassation, -avant d’entrer en politique, – un peu par hasard, dit-elle- aux côtés de Gérard Collomb, maire PS de Lyon dont elle aujourd’hui l’adjointe, puis d’être élue conseillère générale, enfin d’être nommée en 2007 porte-parole de Ségolène Royal, puis  Secrétaire nationale  du PS en charge des questions de société. Elle assure depuis le mois de mars, un enseignement d’ouverture à Sciences Po, consacré à la prospective politique. Rencontre avec une jeune femme qui  croit encore aux combats politiques, mais aussi aux hasards de la vie.

Vous êtes  née au Maroc, vous avez passé votre enfance à Amiens où votre père était ouvrier du bâtiment. En quoi votre enfance a-t-elle influencé votre parcours et guidé votre choix d’entrer en politique ?

Avoir vécu dans des conditions assez spartiates quand j’étais jeune m’a sans doute façonnée. Mais je vivais dans un quartier où tout le monde vivait de la même façon. Je n’avais pas forcément conscience à ce moment là de vivre une injustice particulière. Dans un de ses sketchs, Jamel Debbouze, a cette phrase dans laquelle je me retrouve parfaitement : «  je ne savais pas ce qu’était  la pauvreté avant d’habiter dans le 16ème arrondissement ! » Il a tout à fait raison : c’est une fois que l’on accède à un niveau de vie supérieur que l’on réalise ce que vivent ceux qui n’ont pas cette chance. Très jeune j’ai vibré pour des combats anti-racistes. J’ai des souvenirs assez crus des années 1980 – j’étais alors à l’école primaire – notamment de tracts xénophobes. J’ai été de gauche très instinctivement, en pensant qu’un monde idéal est un monde où la justice sociale prime. De mon point de vue, seul le parti socialiste  pouvait résoudre cette énigme là, et je crois toujours que c’est le cas.

Vous êtes-vous dit très  jeune que vous voudriez faire de la politique ?

Pas du tout. Comme beaucoup de vies, la mienne est une succession de hasards. Quand j’étais jeune et que j’hésitais entre plusieurs voies à suivre, ma mère me disait : « de toute façon, la vie a toujours plus d’imagination que toi ! » J’aime bien cette phrase. Ca met un peu de sel dans la vie. C’est exactement ce qui m’est arrivé…

Premier hasard : Sciences Po. La façon dont j’y suis arrivée est assez cocasse. J’ai fait une licence de droit public, mais je voulais me distinguer de ma sœur ainée avec laquelle une sympathique « compétition scolaire » s’était engagée, et que je voyais engagée dans une future carrière brillante d’avocate. J’ai donc commencé à réfléchir à ce que je pourrais faire d’autre. J’ai alors poussé la porte d’un CIO (centre d’information et d’orientation). J’ai découvert dans une plaquette qui traînait l’existence de Sciences Po, que je ne connaissais pas même de nom.  Cela en dit beaucoup d’ailleurs sur le manque d’informations cruel dont souffrent certains quartiers de notre pays. J’ai tout de suite eu un coup de cœur : une école polyvalente, où on vous laisse le temps de vous épanouir intellectuellement avant de vous demander de choisir etc… J’ai passé le concours sans savoir que c’était un concours difficile. J’ai été vraiment heureuse d’être admise car ça a été, dans le fond, le véritable début d’une aventure formidable. : je montais de la Picardie à Paris et  j’arrivais dans un monde qui m’était jusqu’alors inconnu, un monde dans lequel régnait une belle forme d’insouciance faite de confiance en l’avenir, de confort  et de confiance en soi…

Tout en poursuivant mes études à Sciences Po, section service public, j’étais l’assistante parlementaire  d’une députée à l’Assemblée Nationale. A son contact, j’ai découvert les plaisirs mais aussi les affres de la politique : J’en ai alors conclu qu’il s’agissait d’abord d’un sacerdoce auquel j’avais peu envie de m’adonner moi-même. En quittant Science Po, j’ai commencé une activité de juriste dans un cabinet d’avocats au Conseil d’Etat et à la Cour de Cassation. En 2003, 3 ans après ma sortie de Sciences Po, j’ai rencontré, un peu par hasard, le futur maire socialiste de Lyon, Gérard Colomb. Le contact est très bien passé entre nous. Il m’a proposé de rejoindre son équipe de cabinet et j’ai été sa conseillère sur les politiques de proximité et de démocratie participative pendant plusieurs années. Cette expérience m’a ouvert les yeux… J’ai  pris conscience qu’avoir des élus volontaires, motivés et courageux est une clé indispensable pour changer la société. Le discours et les choix politiques ont un impact que très peu d’autres manifestations peuvent se targuer d’avoir.  Et je l’avoue, je me suis sentie alors une certaine responsabilité : avec les années j’avais acquis un certain nombre de « codes » d’entrée dans la politique, et je me suis alors convaincue qu’avoir ainsi les clés pour s’impliquer en politique et ne pas le faire, c’était en quelque sorte laisser la place à d’autres qui ne défendent pas toujours les idées qu’on estime les plus justes … C’est ce qui m’a incitée à accepter en 2004 la proposition de Jean-Jack Queyranne, alors candidat PS à la présidence du conseil régional Rhône Alpes, de figurer sur sa liste, dans une position normalement inéligible. Mais, coup de chance, nous avons si bien gagné ces élections, que même moi, j’ai été élue. Je suis donc devenue conseillère régionale en 2004. Etre, comme je l’étais, une femme, jeune, issue de l’immigration, soit un animal assez rare dans le paysage politique, vous donne envie de prouver beaucoup plus.  J’ai commencé à m’intéresser aux politiques culturelles, et Jean-Jack Queyranne m’a proposé de reprendre la vice-présidence du Conseil Régional en charge de la culture lorsqu’elle s’est libérée quelques années plus tard.  Avec ce mandat, j’avais mis un pied dans l’aventure politique, J’ai acquis le goût des batailles, y compris celles que l’on dit perdues d’avance. C’est ainsi qu’en 2007, je me suis présentée aux élections législatives contre celui qui était alors ministre des transports, Dominique Perben, dans une circonscription ingagnable pour la gauche. Après une campagne intense, j’y ai obtenu 43% des voix. C’était un beau score et une belle bataille, qui n’a pas servi à rien puisqu’en 2008, une partie de ce territoire, fortement ancré à droite, a accepté de m’élire conseillère générale, à la surprise générale et avec un très beau score de prés de 60% des voix. Les gens réclamaient clairement un renouvellement politique et ont adhéré je crois à la campagne très  active que j’y avais mené. J’ai sans doute bénéficié aussi d’une certaine notoriété grâce à ma participation à la campagne présidentielle l’année précédente aux cotés de Ségolène Royal.

Vous avez été l’un des trois porte-paroles de Ségolène Royal lors de la campagne présidentielle ? Pourquoi, comment les choses se sont-elles passées ?

J’ai d’abord soutenu Ségolène Royal instinctivement, sans la connaître personnellement. Notamment parce que c’était une femme, et parce qu’elle amenait une réelle fraîcheur dans le monde politique. Elle n’utilisait pas les mêmes mots, elle avait un rapport différent aux gens, fait de simplicité, de pédagogie et de respect. Avec elle, on était loin de l’animal politique traditionnel, parfois très éloigné des réalités et des préoccupations du quotidien. Après sa désignation, Ségolène Royal est venue en visite à Lyon pour remercier ses soutiens. Le courant est très bien passé entre nous. De nos discussions et de nos échanges devenus réguliers, est née l’idée de m’associer à son équipe de campagne. Par la suite, elle a voulu donner un signe fort en s’entourant de trois portes parole assez « inattendus », Arnaud Montebourg, Vincent Peillon et moi-même. La campagne a été difficile. On était plombés en permanence, inutile d’y revenir. Le travail de commentaire des sondages et des petites phrases s’est substitué à celui, pourtant indispensable,  de promotion et de  comparaison des projets de société en concurrence. Je trouve cela très problématique pour notre démocratie. A trop vivre dans une république du sondage, on finit par abaisser son propre niveau d’exigence et par ne plus travailler sur l’essentiel..

Dans la foulée vous avez été nommée membre du Bureau du PS et secrétaire nationale en charge des questions de société. Vous occupez-vous également de problèmes d’intégration ?

C’est moi qui ai choisi de me consacrer aux questions de société. Elles sont nombreuses et interrogent vraiment nos valeurs, sans d’ailleurs toujours suivre la frontière du clivage gauche-droite. Elles demandent souvent du courage politique pour prendre à bras le corps des interrogations difficiles mais fondamentales. En ce moment par exemple, je travaille sur la bioéthique : très prochainement, le parlement devra réviser nos lois bioéthique. Cela nécessitera d’apporter des réponses à des sujets aussi complexes que la gestation pour autrui, les recherches sur l’embryon, l’homoparentalité etc… Ce travail m’a fait prendre conscience d’un certain conservatisme qui reste aujourd’hui encore à l’œuvre (la remise en cause du doit à l’avortement par exemple est plus fréquente qu’on ne le croit…) et d’une véritable forme d’angoisse face aux progrès de la science, et aux inconnues de l’avenir tout simplement.

Je ne m’occupe pas particulièrement de problèmes d’intégration, même s’il m’arrive régulièrement de réagir vivement sur des sujets qui me heurtent profondément. J’ai été scandalisée par exemple, par l’expulsion de la jeune Najlae Lhimer, en février après s’être rendue à la gendarmerie pour porter plainte pour maltraitance. Cette affaire m’a obsédée des jours durant. La question de la violence faite aux femmes et aux enfants est un sujet qui me tient particulièrement à cœur.

Pensez-vous avoir un rôle particulier à jouer dans le monde politique ?

Il est difficile de faire de la politique aujourd’hui. Il y a une forme de dévoiement de la démocratie représentative. Sans vouloir systématiquement accuser les mass-medias, j’ai quand même le sentiment que nous vivons dans une  démocratie au rabais, où l’on prend un peu les gens pour des imbéciles, dans une course à l’échalote, au scoop et au spectaculaire, qui me met mal à l’aise. Par ailleurs, je m’interroge aussi sur le rôle d’internet dans la vie politique aujourd’hui. Un rôle immense. Celui d’un champ de liberté infini, et c’est salutaire. Mais aussi celui de  dépotoir anonyme, populiste et malsain, ce qui l’est beaucoup moins. Les hommes et les femmes politiques de ma génération qui vivent un ordinateur greffé à la main y sont sans doute plus sensibles que d’autres. Un jour peut-être le net saura s’autoréguler suffisamment (un peu sur le modèle de wikipedia) pour que les contres vérités, les diffamations et autres insultes n’y trouvent plus leur place. Je le souhaite en tout cas. Mais si on excepte ces aspects, ce qui, en politique, continue à me motiver,  ce sont simplement les hommes et les femmes, rencontrés ou lus en si grand nombre qui mettent leurs espoirs en moi et qui me trouvent visiblement une belle utilité « sociale » dans la défense de valeurs auxquels ils adhérent.

Que pensez-vous de Rachida Dati, ou de Rama Yade?

J’étais, à Sciences Po, dans la même promotion que Rama, cette fameuse promotion de l’année 2000. Je la connaissais un peu, comme tout le monde, mais nous n’étions pas très liées. Quand Nicolas Sarkozy a annoncé dans son gouvernement l’arrivée de 3 femmes issues de l’immigration, j’ai trouvé ça formidable. J’ai regretté que la gauche n’ait pas fait le premier pas en la matière. Cependant, la suite des evènements aura confirmé les inquiétudes que j’ai ressenti  à l’époque : ces nominations restaient  le fait du prince. Ce que le prince fait, le prince peut le défaire.  En politique, ce qui compte sans doute le plus, et qui pour des filles de notre profil, s’obtient le plus diffcilement, c’est la légitimité. Quand on ne l’a pas, qu’on est là uniquement grâce au bon vouloir du souverain,  on vous rend la vie impossible. Et on vous plante un couteau dans le dos à la moindre faiblesse.

Vous projetez-vous dans l’avenir ? Comment vous-voyez vous dans 10 ans

Je ne sais pas. La première image qui me vient à l’esprit, c’est que mes petits jumeaux qui ont aujourd’hui 16 mois auront 10 ans. Je me projette plus dans une posture de vie personnelle et affective que dans un plan de carrière quelconque, qui ne me fait pas particulièrement rêver. Pour être franche, je ne sais pas si je ferai encore de la politique dans 10 ans.

Quel est pour vous l’évènement le plus important depuis ces 10 dernières années ?

Le 11 septembre peut-être. Même s’il s’est passé tant d’autres choses en 10 ans…

Quel regard portez-vous sur votre génération ?

Tout reste à faire. Sans nous faire insulte, je trouve que nous sommes une génération qui n’a pas encore trouvé sa marque.

Concrètement, que vous a apporté Sciences Po ?

Sciences Po m’a beaucoup apporté. Une confiance en moi que je n’avais pas. De merveilleux souvenirs. Des rencontres inoubliables.  Parfois on caricature un peu cette école, comme celle où l’on fait des fiches sur des livres que l’on n’a pas lus (sourire). Pour moi Sciences Po est l’école de l’honnête homme, au sens voltairien, un être ouvert, curieux, cultivé et touche à tout.

Que pensez-vous de la procédure ZEP ?

Au début j’étais plutôt réticente parce que je craignais que cela ne stigmatise une partie des diplômés de Sciences Po.   Typiquement, après avoir obtenu mon diplôme en 2000, lorsque dans une conversation ou une autre, j’évoquais mon passage à Sciences po, on me demandait souvent si j’étais issue d’une procédure ZEP. Eh bien je trouvais cela extrêmement vexant. Pas seulement parce qu’on m’enlevait le mérite du concours que j’avais réussi. Mais aussi parce que le seul indice qui avait pu conduire à formuler cette question était ma couleur de peau… Comme sur beaucoup de choses, avec le temps j’ai muri et revu mes positions. Aujourd’hui je trouve cela extrêmement courageux de la part de Richard Descoings d’avoir lancé cette procédure. En quelques années, je vois bien que les gens ont fini par s’habituer , bon gré mal gré, à ne pas voir que de chères têtes blondes sortir de la rue st guillaume. Et rien que pour ça, bravo. »

Presse

Violences verbales à l’égard de Ségolène Royal : l’expression de désespoir et de perdition des damnés du système Sarkozy

16 commentaires 30 juin 2010

Najat VALLAUD BELKACEM
Adjointe au Maire de Lyon, porte parole de Ségolène Royal
En réaction au déchainement de violence verbale de la droite à l’égard de Ségolène Royal

Ségolène Royal a simplement le tort d’avoir visé juste et, comme à son habitude, de ne pas avoir eu peur des mots. Ce qui est en train de se passer dans notre pays est une justification permanente de la corruption des valeurs et principes les plus fondamentaux de la République. Il faut mettre fin à cette hypocrisie qui gangrène la démocratie, et mettre des mots sur les choses. Les Français doivent savoir qu’ils ne sont pas seuls, pieds et mains liés au bon vouloir d’un clan qui se partage tous les pouvoirs et tous les privilèges, en toute impunité, sans personne pour dénoncer, s’opposer et préparer la suite.

Je suis accablée et choquée par tant de brutalité, d’arrogance et de suffisance dans les propos des fantassins mercenaires du Président de la République qui ont décidé de jouer le tout pour le tout, quitte à tout détruire sur leur passage. Je crois simplement qu’ils se sont reconnus dans la corruption dénoncée par Ségolène Royal, qu’ils sont touchés au vif et désespérés de se voir sombrer ainsi avec le navire, dans l’opprobre et le déshonneur.

« Malgré la continuité ininterrompue de nos vices, on trouve toujours un petit moment pour mépriser les autres ».

La formule est de Jules Renard, et s’applique bien à la situation présente.

Presse

Profanation de tombes à Strasbourg

1 commentaire 30 juin 2010

Najat Vallaud-Belkacem

Adjointe au Maire de Lyon
Conseillère Générale du Rhône
Secrétaire Nationale en charge des questions de société au Parti Socialiste

La profanation de dix-huit tombes d’un carré musulman dans un cimetière de Strasbourg est un acte odieux et inadmissible.

Le parti socialiste condamne fermement ces dégradations et souhaite que les responsables soient rapidement déférés devant la justice.

Ces actes interviennent dans un contexte de recrudescence de faits à caractère raciste à Strasbourg. Le Parti socialiste exprime sa préoccupation et tout son soutien à la population et aux élus.

Communiqué
Pouria Amirshahi, Secrétaire national à la coopération, à la francophonie, à l’aide au développement et aux droits de l’homme
Najat Vallaud-Belkacem, Secrétaire nationale aux questions de société

Presse

Un air de vacances…

Pas de commentaire 29 juin 2010

vacances Hier en conférence de presse j’ai présenté en compagnie de l’adjoint aux sports Thierry Braillard, l’ensemble des activités proposées par la Ville de Lyon aux jeunes lyonnais durant la période estivale : activités ludiques et sportives ou jobs d’été seront au programme des vacances de plus 1500 jeunes.

Je vous invite à lire l’article paru dans Le Progrès ce jour.

Presse

On prend l’air à La Duchère

Pas de commentaire 28 juin 2010

LEPROGRES-duch'air

Ambiance festive et conviviale au festival Duch’air ce week-end. Un événement placé sous le signe de la culture et de la détente qui a permis à de nombreux lyonnais de redécouvrir le quartier de la Duchère en pleine transformation.

Je vous invite à lire l’article paru dans Le Progrès Dimanche.

© 2010 Najat Vallaud-Belkacem.