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Les Enfoirés sont à Lyon!

3 commentaires 01 février 2012

Pour tous ceux qui n’étaient pas encore au courant, le « Bal des Enfoirés » ouvre ses portes ce soir à Lyon, à la Halle Tony Garnier, à guichets fermés. Symbole fort de solidarité, cet événement connaît aujourd’hui un immense succès. Et tout ça, grâce à Coluche,  un homme qui croyait en l’esprit de fraternité.

Certes, le concert des Enfoirés est un magnifique spectacle qui nous permet de revisiter les musiques que l’on aime tant, mais c’est avant tout l’occasion de rappeler à chacun l’urgence de la situation pour les plus démunis.

Je pense aux artistes mobilisés mais aussi et surtout aux 60 000 bénévoles aux Restos du Cœur qui sont engagés dans ce combat, un chiffre qui dit la générosité et la capacité d’engagement des Français, mais aussi la gravité de l’exclusion sociale dans notre pays, avec plus de 100 millions de repas servis par l’association.

La crise  ne doit pas laisser place à l’individualisme, ou au « chacun pour soi »: à Lyon, nous prenons notre part de responsabilité en soutenant l’association dans ses activités, mais aussi, en accueillant aujourd’hui un événement comme celui-ci, qui alerte citoyens et responsables publics.

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« Mensonges à la Une » de Gilles Bon-Maury

4 commentaires 14 janvier 2012

Après la Une du journal Libération d’hier concernant la position de l’UMP et de Nicolas Sarkozy sur l’ouverture du mariage à tous les couples (et non « mariage gay »), j’ai tenu à réagir auprès de la presse dans un communiqué que vous pouvez trouver ici : AFP – Mariage homosexuel: « brouillage des pistes » par Sarkozy (porte-parole Hollande)

Gilles Bon-Maury, Président d’HES et en charge des questions LGBT dans l’équipe de François Hollande, a par ailleurs commis un trés bon article sur ce sujet, dont je vous donne lecture.

Mensonges à la Une

Ce matin, Libération a choisi une couverture choc pour vendre ses 120.000 exemplaires quotidiens (ci-dessous, à gauche). Un petit Sarkozy penaud passant la bague à l’énorme index d’un gay barbu, vêtu d’un slip blanc et d’une casquette de cuir. Goguenard, le directeur de la rédaction du journal rappelait hier que le couple s’était déjà rencontré le 25 juin 2011 (ci-dessous, à droite), 150 numéros de Libération plus tôt. Sommet de la subversion dérisoire ou de la dérision subversive, le couple devient donc le running gag du quotidien. Il ne faut pas prendre les passants qui traversent les maisons de la presse pour des abrutis. Ils comprennent très bien le second degré et se mobiliseront tous en faveur de l’ouverture du mariage à tous les couples.

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Cette image pourrait donner aux moins drôles l’envie facile de refermer le journal. Seulement voilà, elle est placardée en couverture. Il leur faudra donc ouvrir Libération pour y échapper. Et c’est à ce moment là qu’ils se sentiront dans le même état que le Sarkozy croqué en couverture : piégés.

 Que dit la couverture ? “Mariage gay, Sarkozy tenté par le oui. Selon nos informations, le Président s’apprêterait à inscrire le mariage homosexuel dans son programme de campagne“. Passons sur le vocabulaire. Parler de “mariage gay” ou de “mariage homosexuel” revient à reconnaître une sexualité à une institution, ce qui n’est pas raisonnable. Ou à distinguer entre mariage gay et mariage triste, ce qui n’est pas charitable. Convenons que le lecteur distrait retiendra de cette couverture que Nicolas Sarkozy envisage de proposer l’ouverture du mariage aux couples homosexuels dans son programme – il est donc candidat – pour l’élection présidentielle de 2012.

Or que découvre-t-on, lorsqu’on tourne la page du quotidien ? “Nicolas Sarkozy, qui est en train de définir son programme de campagne, devrait y inclure «l’union civile» pour les homosexuels : le mariage gay fait son chemin à l’Elysée“. Allons bon.

L’union civile, on connaît. C’est le contraire de l’ouverture du mariage.

Le 3 septembre 2006, sur le plateau du 20 heures de TF1, le candidat Sarkozy a répondu à Claire Chazal : “Je considère que le mariage homosexuel conduirait à l’adoption pour les couples homosexuels et je n’y suis pas favorable. Pour autant, je veux qu’on lutte contre toute forme de discrimination. Et l’amour homosexuel a le droit à la reconnaissance. Donc je propose la création d’un contrat d’union civique qui garantirait l’égalité des droits successoraux, sociaux et fiscaux. Il n’y a aucune raison qu’un couple homosexuel soit désavantagé par rapport à un couple hétérosexuel. Et je suis même prêt à faire un pas de plus dans la reconnaissance de l’amour homosexuel sur l’organisation de cérémonies spécifiques et éventuellement, dans les mairies.

C’est donc pour refuser l’ouverture du mariage à tous les couples qu’en 2006 déjà, le candidat Sarkozy proposait cette «union civile», objet juridique non identifié, pacs amélioré, sous-mariage, d’abord réservé aux seuls homosexuels, puis finalement à tous les couples sans enfant. Il a répété sa promesse en avril 2007 à TÊTU. Chacun peut aujourd’hui dresser le bilan : jamais la mise en œuvre de cet engagement de campagne n’a été à l’ordre du jour.

Mais chacun peut aussi se souvenir de la réaction de certains médias à cette époque. Le directeur de la rédaction de TÊTU d’alors a conclu ainsi son dernier éditorial avant les élections : “Pour ce qui nous concerne, quel que soit le vainqueur, les homosexuels pourront accéder soit à une union style pacs, soit au mariage. On peut donc dire qu’on a gagné.” Las, nous sommes déjà en 2012 et il ne semble pas qu’on ait gagné. Depuis 2007, en revanche, la Norvège, la Suède, Mexico, le Portugal, l’Islande et l’Argentine ont rejoint le club des pays qui ouvrent le mariage à tous les couples.

En 2007, le candidat Sarkozy a donc parlé «union civile» pour entretenir l’ambiguïté sur son refus d’ouvrir le mariage à tous les couples. C’est une arnaque, comme l’écrit Nicolas Gougain. Certains se sont laissés piéger. Pendant cinq ans, le président Sarkozy n’a pas bougé. Il a nommé Christine Boutin au gouvernement. Il a investi Christian Vanneste aux élections municipales. Ses députés ont rejeté massivement la proposition de loi socialiste visant à ouvrir le mariage aux couples de même sexe. Pendant cinq ans, à la droite qui a refusé systématiquement toute avancée des droits des couples de même sexe, la gauche a répondu rassemblée et volontaire.

Et en 2012, il suffit qu’une députée UMP recycle cette vieille proposition d’«union civile» dans une contribution au projet de l’UMP pour que Libération ose : “Mariage gay, Sarkozy tenté par le oui.” Deux erreurs en une page : il ne s’agit pas du mariage et il ne s’agit pas d’une tentation puisque cette mesure est inscrite à son programme depuis cinq ans. Immédiatement, sur le fondement de cette Une erronée, Europe 1 titre : “Mariage gay : Sarkozy prêt à dire oui ?” et France TV s’interroge : “Sarkozy va-t-il inclure le mariage gay dans son programme ?“.

En 2007, Nicolas Sarkozy a promis. Il n’a pas tenu parole. En 2012, il n’a pas eu besoin de promettre : Libération s’en est chargé.

Gilles Bon-Maury

Ici l’article sur le site de TÊTU : Mensonges à la Une

Il est (encore) permis d’espérer…

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Il est (encore) permis d’espérer…

1 commentaire 18 décembre 2011

En février 2001, Lionel Jospin alors Premier Ministre remettait à Vaclav Havel, alors Président de la République tchèque, le Prix de l’Académie universelle des cultures au Collège de France. C’est avec ces mots qu’il concluait son discours d’éloge, et que j’avais gardés dans mes archives: c’est le moment de les partager.

« Monsieur le Président, cher Vaclav HAVEL,

S’il fallait résumer d’un mot la force qui vous guide et qui probablement vous fait aujourd’hui recevoir ce prix, je crois que ce mot serait précisément celui de responsabilité. Responsabilité du dramaturge, convaincu que la création est un appel à la liberté ; responsabilité du penseur, qui court le risque de cette liberté pour éclairer le monde ; responsabilité de l’homme d’État, qui accepte de composer avec les contradictions du réel sans pour autant renoncer aux valeurs qui l’inspirent.


Vous n’avez pas renoncé à changer le monde, non par ambition démesurée, mais parce que tout au long de votre vie vous avez été porté par la conviction, je vous cite, que  » chacun d’entre nous doit commencer par lui-même « . Loin de sombrer dans le pessimisme, vous avez résumé votre foi dans l’avenir dans le titre de votre dernier ouvrage paru en français :  » Il est permis d’espérer « .

Grâce à ce que vous faites, grâce à ce que vous êtes, Monsieur le Président, oui, il est permis d’espérer. »

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Campagne de sensibilisation au risque d’exclusion des jeunes victimes d’homophobie

3 commentaires 05 décembre 2011

Voici le visuel de la campagne nationale de sensibilisation au risque d’exclusion des jeunes victimes d’homophobie de l’Association Rimbaud à qui je souhaite le plus grand succès.

L’Association Rimbaud est une association lyonnaise de lutte contre l’homophobie et qui propose de l’accueil, de l’écoute et de l’accompagnement pour les 15-25 ans en questionnement ou en rupture familiale du fait de cette homophobie. C’est une association qui a bénéficié du soutien de la Ville de Lyon via le dispositif PRODIJ et qui a été invitée ces deux dernières années à participer à notre événement « 18 ans à Lyon ».

Pour plus d’informations sur cette association : Association Rimbaud

Et le Communiqué de presse de cette affiche, repris par le site de Lyon Campus : Campagne de l\’Association Rimbaud

Si vous aimez et soutenez, n’hésitez pas à partager cette affiche !

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Journée mondiale de lutte contre le Sida

Pas de commentaire 01 décembre 2011


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Fête des Lumières: des lumignons pour l’UNICEF!

1 commentaire 23 novembre 2011

Fête des Lumières - Lyon

A l’occasion de la Fête des Lumières, nous reconduisons pour la 7ème année consécutive l’opération des Lumignons du Coeur qui invite le public, dans la grande tradition lyonnaise, à faire un geste collectif de générosité et de solidarité en faveur d’une association caritative, en déposant un lumignon, et participer ainsi à la création d’une grande fresque lumineuse.

Après le Foyer Notre Dame des Sans-abris, le Secours Populaire, Action contre la faim, Les Restos du Coeur, Habitat et humaniste, le Petit Monde, c’est au tour de l’unicef de bénéficier de cette opération cette année : mobilisez-vous !

L’association, et les enfants qu’elle défend et protège à travers le monde attend que la solidarité des Lyonnais s’exprime de la plus belle façon qui soit le 8 décembre 2011 : des milliers de Lumignons du Coeur à vos fenêtres.

Les lumignons sont en vente au prix de 2 euros à la boutique de l’unicef : à partir du 3 décembre, la vente se poursuivra dans les chalets d’information de la Fête des Lumières, et auprès des bénévoles en centre-ville.

Rendez-vous également le soir du 8 décembre entre la place d’Albon et la place Saint-Nizier (Lyon 1er) pour déposer un Lumignon du Coeur et participer ainsi à la création d’une grande fresque lumineuse aux couleurs de l’UNICEF.

J’y serai naturellement présente comme chaque année aux côtés de Mimie MATHY, ambassadrice du Comité Français pour l’UNICEF, Gérard COLLOMB, Sénateur-Maire de Lyon et de nombreuses autres personnalités pour soutenir cette opération de solidarité, qui sera clôturée à l’issue de la Fête des Lumières, le 11 décembre.

Nouveauté cette année, les internautes et tous ceux qui ne pourront pas être à Lyon peuvent désormais participer sur le web : les Lumignons du Coeur sont sur Facebook !

Un jeu vient tout juste d’être mis en ligne afin de réaliser un don en faveur de l’UNICEF !

Toutes les infos sur le site officiel : http://fetedeslumieres.lyon.fr/

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« Raconte-moi la révolution »

3 commentaires 15 novembre 2011

Nous avons été nombreux à suivre de près ou de loin les événements qui ont marqué le printemps arabe. Aujourd’hui, je tiens à vous faire partager « Raconte-moi la révolution » un livre écrit par Ingrid Chabbert consacré au récit de la révolution en s’inspirant des événements qui se sont déroulés en Tunisie et en Egypte au printemps dernier.

Cet ouvrage publié par les Editions des Samsara est dédié à la jeunesse qui s’est engagée pour faire tomber les dictateurs, faire valoir les droits de chaque être humain, et avancer vers une démocratie longtemps vécue comme un rêve. Un livre à tous les combattants de la liberté qui continuent à se battre, partout sur la planète.

Cet ouvrage bilingue, écrit en français et traduit en arabe, qui nous offre des instantanés photographiques retraçant le déroulement de toute révolution qui a lieu dans le monde, s’adresse à un public de 7 à 77 ans.

Pour les curieux, plus d’informations : http://www.editions-des-samsara.fr/

Bonne lecture!

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Le festival Spontanéous, c’est en ce moment!

Pas de commentaire 27 octobre 2011

Personne ne m’en voudra, je l’espère, d’improviser ce petit billet un peu tardif sous forme de rappel à propos de la 7e édition du festival d’improvisation de Lyon – Spontanéous – qui se tient en ce moment même à Lyon, au Rail Théâtre.

Un festival qui ne ressemble à aucun autre en réinventant chaque soir le café-théâtre, dans un joyeux désordre plein d’inventions et de trouvailles: rien de tel qu’un fou rire improvisé, allez-y!

Toutes les infos ici, sur le portail culture de la ville: le programme.

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Ce lundi soir dans l’Ariège avec Charles Fiterman

1 commentaire 03 octobre 2011

A l’invitation du Comité local de soutien à Ségolène Royal, je serai ce soir lundi 2 octobre à 20h30 à Pamiers (salle du jeu du mail) dans l’Ariège, avec Charles Fiterman, ancien Ministre de François Mitterrand pour une soirée-débat organisée dans le cadre des Primaires citoyennes (j-6 !). Je ne sais si je compte beaucoup de lecteurs dans ce beau département qui vient de donner à la gauche son premier Président du Sénat, mais je compte sur eux pour être présents ce soir à nos côtés!

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« Réagissez! » séléctionné par les Inrocks cette semaine.

2 commentaires 03 octobre 2011

Le livre que je publie avec Guillaume Bachelay sur le Front National version Marine Le Pen a été choisi parmi les 3 essais politiques de la semaine. A lire dans la magazine papier, en ligne, ou ci-dessous.

« Réagissez!-Répondre au FN de A à Z », les déclarations de Marine Le Pen décortiquées

02/10/2011 | 09H22

Crédits photo:  Marine Le Pen en janvier 2011. (Stéphane Mahe/Reuters)

Dans cette lettre “à un citoyen tenté par le Front national”, tutoyant le lecteur pour mieux l’interpeller, les deux socialistes Guillaume Bachelay, proche de Martine Aubry, et Najat Vallaud-Belkacem, soutien de Ségolène Royal, passent en revue les idées de Marine Le Pen afin de les contrecarrer dans les règles. En somme, “pas d’attaques personnelles”, ni de “diabolisation” mais une “confrontation sur le fond”.

Elle dit vouloir être jugée sur ce qu’elle dit et non sur ce qu’elle est ? Banco !” Dans les 160 pages de Réagissez ! – Répondre au FN de A à Z, les auteurs apostrophent leur lecteur : “Tu te dis que voter pour Marine Le Pen – tu l’envisages pour la première fois –, ce n’est pas voter Front national (…) Disons qu’à ce stade, tu es disponible pour le vote FN. Pas encore capté, mais déjà captif.” Dès lors, les deux socialistes veulent intervenir avec “un abécédaire des principales préconisations du Front national”. Comme le retour au franc, proposition phare du FN.

Les auteurs expliquent que “la sortie de l’euro serait accompagnée d’une dévaluation du franc d’environ 25 %. Petit détail, notre dette détenue à 69 % par des étrangers resterait libellée en euros. Traduction : notre monnaie serait 25 % plus faible mais notre dette 25 % plus chère.”

Autre exemple à la lettre Z, comme “Zéro immigré”. Les deux auteurs s’attaquent aux déclarations de Marine Le Pen selon lesquelles chaque année 500 000 nouveaux immigrés arriveraient sur le territoire. Faux, démontrent-ils, en confrontant notamment cette “rhétorique de l’invasion” aux données chiffrées de l’Insee ou de l’Ined, qui montrent que “la France n’est plus la terre d’immigration qu’elle fut”. Depuis dix ans, seuls 190 000 titres de séjours sont délivrés chaque année. D’où la conclusion de Guillaume Bachelay et Najat Vallaud-Belkacem : “Citoyen, quand tu refermeras ce livre, tu auras peut-être toujours des raisons de voter FN. Mais tu n’auras plus d’excuse.”

Marion Mourgue

Réagissez ! – Répondre au FN de A à Z (Jean-Claude Gawsewitch), de Guillaume Bachelay et Najat Vallaud-Belkacem, 160 pages, 8 ,90 €

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Ségolène Royal répond à vos questions.

2 commentaires 29 septembre 2011

Après le débat, les primaires continuent: rendez-vous tout à l’heure à 13h15 pour le t’chat vidéo en direct avec Ségolène Royal, en partenariat avec Le Monde et Dailymotion.

Posez-lui toutes vos questions ici.

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La République des Lettres : 1 / UMP : 0

3 commentaires 23 juin 2011

En ce moment, il y a bien peu de raisons de se réjouir de l’actualité, mais j’apprends à l’instant qu’Amin Maalouf est élu à l’Académie Française… J’en suis très heureuse car j’admire son œuvre, mais aussi parce que j’y vois une contribution inattendue, mais plus que bienvenue, au débat trouble sur la double nationalité, l’identité nationale, le multiculturalisme, le métissage, la place des étrangers en France, les valeurs de l’universalisme, le mépris de la culture, etc. auquel nous avons droit habituellement par les membres du gouvernement, comme par les parlementaires de la majorité.

Une phrase de lui que je chéris parmi beaucoup d’autres : « C’est notre regard qui enferme souvent les autres dans leurs plus étroites appartenances, et c’est notre regard aussi qui peut les libérer. » (Les identités meurtrières).

Quand je pense au regard que Nicolas Sarkozy et les siens jettent sur le monde… je suis triste et inquiète, mais je me réjouis de savoir Amin Maalouf sous la Coupole. Vive la République des Lettres !

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« La religion n’est pas un service public » d’Henri Pena-Ruiz

4 commentaires 31 mars 2011

Voici quelques remises au point très utiles et saines d’Henri Pena-Ruiz dans sa tribune dans Libération du 29 mars :

La religion n’est pas un service public

Apparemment notre république serait trop pauvre pour faire vivre des grands services publics communs à tous, croyants, agnostiques et athées. Asphyxie organisée de l’école publique, démantèlement des hôpitaux de proximité, privatisations en tous genres, etc. L’ultra-libéralisme fait son œuvre. La solidarité redistributive n’est plus à l’ordre du jour. En revanche la république serait assez riche pour financer des lieux de culte, qui ne concernent pourtant que les croyants pratiquants, une petite minorité. M. Sarkozy prône le supplément d’âme d’un monde sans âme. La terre vous paraît bien injuste voire invivable ? Réfugiez-vous donc dans le ciel ! Le protecteur des nantis ose dire sans ambages : «La république a besoin de croyants» (discours au palais du Latran).

La religion réduite à une compensation, et reconnue d’utilité publique ? Napoléon, que ne hantait pas une foi très vive, avait expérimenté la recette avec son concordat, qui aujourd’hui encore en Alsace-Moselle fait financer par tous les citoyens, croyants ou non, le culte de certains. Les mauvais coups contre la laïcité n’ont cessé. Voici venir le coup de grâce. Le prétexte en est l’utilisation illégitime d’une rue pour la prière, par des citoyens musulmans instrumentalisés politiquement. Certes la convergence hebdomadaire, vers la même rue, de fidèles de toute la région parisienne est clairement une manifestation en forme de défi. Elle usurpe l’espace public. Mais c’est un cas rarissime. N’importe. C’est une aubaine pour le FN qui se découvre adepte d’une laïcité à géométrie variable, que jamais il n’a invoquée contre les privilèges publics du catholicisme. Une aubaine aussi pour M. Sarkozy, qui s’apprête à détruire la laïcité en raturant la loi de 1905 sous prétexte de faire cesser le trouble. Janus biface, il «libère» la rue… mais accueillera les fidèles dans des mosquées payées par la puissance publique !

Notre sauveur fera ainsi coup double. D’une part il se présentera comme le gardien de la sécurité qui a toujours besoin de s’inventer un ennemi : jeunes des banlieues, immigrés, Roms, et maintenant musulmans des caves ou des rues. Funeste recette de la popularité que celle qui nourrit les peurs collectives ! D’autre part, le rétablissement de l’ordre public sera un prétexte pour faire payer aux contribuables des lieux de culte que ne devraient financer que les croyants.

Il fait ainsi croire que le seul problème réel est celui de l’intégration religieuse alors que la population visée souffre avant tout d’exclusion sociale et économique. Parler de l’islam sans le distinguer de l’islamisme politique, pourtant groupusculaire, est inadmissible. On prétend adapter la laïcité aux religions. N’est-ce pas plutôt à celles-ci de s’adapter à la laïcité, vecteur de liberté et d’égalité ? A-t-on jamais demandé aux droits de l’être humain de s’adapter aux coutumes ? Ce serait supprimer un levier d’émancipation. Les femmes en savent quelque chose, qui souffrent encore des préjugés machistes longtemps sacralisés par les religions du Livre. Ceux qui combattent la laïcité pour restaurer leurs privilèges perdus, et non une spiritualité désintéressée, se frottent les mains. Le scénario actuel les comble.

Premier temps : l’invention de la notion insultante de laïcité ouverte, ou positive. Parle-t-on de justice «ouverte» ? Ceux qui refusent l’égalité de traitement des croyants et des athées militent pour que les religions soient reconnues d’utilité publique. Cela les conduit à affubler la laïcité d’adjectifs polémiques et à la prétendre hostile aux religions.

Deuxième temps : le brouillage de la distinction entre cultuel et culturel. Puisque la loi laïque réserve l’argent public à ce qui est d’intérêt général, comme par exemple la culture, le rapport Machelon propose que le financement direct de la culture assure le financement indirect du culte. La ficelle est grosse. On dira que certains élus le font déjà. Mais l’infraction à la loi n’appelle nullement sa suppression. Qui propose d’abolir les feux rouges sous prétexte que certains les grillent ?

Troisième temps : le paravent du secours aux musulmans des caves. Comment déguiser une restauration de privilèges en bonne action égalitaire ? Par l’invocation d’un mythe : la pénurie supposée des lieux de cultes musulmans. En 1976, on recensait 150 salles de prière. En 1985, 900. Aujourd’hui, 2 147. Deux services de prière par jour suffiraient à accueillir tous les fidèles. La rue comme lieu de culte n’est donc pas une fatalité. Quatrième temps : l’abolition de la séparation laïque. La main sur le cœur on propose de réparer une injustice imaginaire en détruisant la loi de 1905. Quand de l’argent public aura été dépensé pour une mosquée, les tenants des autres religions s’exclameront : «Pourquoi pas nous ?» L’égalité républicaine ne permet pas que l’on donne aux uns ce qu’on refuse aux autres. A ceci près qu’à ce compte-là il faudra financer aussi les libres penseurs, les francs-maçons, les rationalistes, etc. Bref, il faudra communautariser l’argent public.

Jean Jaurès, en 1904, pensait aux retraites ouvrières : supprimer le budget des cultes, c’était transférer à l’Etat des moyens pour mieux assumer son rôle social. Pensons aussi à la santé pour tous. Un citoyen de confession musulmane hospitalisé dix jours, au prix moyen de six cents euros la journée, économise six mille euros si le service public de santé existe. Dans le meilleur des mondes ultralibéraux, il doit les payer, s’il peut, mais l’Etat lui fournit une mosquée. Quand on sait que seulement 18% des citoyens musulmans fréquentent une mosquée, on voit bien qui perd au change !

Il va de soi qu’il faut mettre un terme aux pratiques discriminatoires de certaines municipalités qui empêchent l’acquisition de terrains destinés à des lieux de culte musulmans. La république laïque n’a pas à financer de lieux de culte mais elle doit garantir juridiquement la possibilité d’en construire. Certains agitent l’épouvantail de l’intégrisme et disent : «Payons, ainsi nous contrôlerons.» Où est l’erreur ? Dans la prétention humiliante d’un tel chantage : voici un lieu de culte, mais attention à ce que vous allez y dire. Où est la faute ? Dans l’oubli de ce qu’est l’état de droit. En république, ce sont les lois qui règlent la liberté de parole. Un prêche qui incite à battre une femme est un délit : incitation à la violence. Peu importe alors que le lieu de culte soit privé ou public, la sanction sera la même. La république laïque ne fonde aucune norme sur un particularisme. Seule compte l’autorité de lois qu’inspire le droit (intégrité physique, égalité des sexes).

Marianne ne s’est pas séparée du Dieu qui la dominait pour le dominer à son tour, mais pour faire disparaître toute domination et tout privilège. Ne sacrifions pas l’universel sur l’autel du particulier. Préservons la laïcité.

Henri PENA-RUIZ, philosophe, écrivain, ancien membre de la Commission Stasi.

Voici le lien vers la tribune sur le site de Libération : Tribune Henri Pena-Ruiz Libération

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Sidaction 2011 : le 1er, 2 et 3 avril

Pas de commentaire 31 mars 2011

Voici le clip officiel du Sidaction 2011 qui commence ce week-end. C’est un événement unique en Europe : pendant trois jours le Sidaction mobilise le public pour lutter contre le sida par l’accès aux informations, aux messages de prévention, de sensibilisation et d’appel aux dons (les dons sont ouverts jusqu’au 11 avril par appels, SMS, Internet,…).

Face à la dégringolade des subventions de l’État aux associations de lutte contre le Sida (certaines baisses de subventions vont jusqu’à 14% !), il est important de se mobiliser pour ce réel enjeu de santé publique afin de soutenir la recherche, les séropositifs et faire de ce défi, le combat de tous.

Pour plus d’informations, je vous invite à vous rendre sur le site Officiel du Sidaction : Site Officiel Sidaction

Voici également le communiqué de presse Sidaction 2011 : Communiqué de Presse Sidaction 2011

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« Ces précieux sans-papiers » d’Emmanuelle Auriol

Pas de commentaire 22 février 2011

Cynisme, instrumentalisation et inefficacité politique… Merci à Emmanuelle Auriol pour ces vérités bien senties.

Ces précieux sans-papiers

Le 10 février, le Sénat a adopté en première lecture le projet de loi sur l’immigration – il doit revenir en deuxième lecture à l’Assemblée nationale le 8 mars. Officiellement, il s’agit de lutter contre l’immigration clandestine en facilitant l’expulsion des sans-papiers. C’est un discours politique porteur quand on sait que 54 % des Français estiment que les pouvoirs publics ne luttent pas efficacement contre ce problème. Mais il est difficile de croire que cette politique vise réellement à son élimination.

Tout d’abord, aucune loi n’a jamais empêché des sans-papiers de franchir nos frontières.

En 2005, on estimait le flot annuel de migrants clandestins à 800 000 vers l’Union européenne et à 350 000 vers les États-Unis.

5 MILLIARDS DE PROFITS

En revanche, plus les lois sont restrictives, plus les migrants prennent des risques et sont vulnérables une fois arrivés à destination. Près de 2 000 d’entre eux meurent chaque année en traversant la Méditerranée. Ces lois favorisent donc les mafias de passeurs, incontournables quand la répression s’intensifie. Par exemple, pour rejoindre les États-Unis, un migrant chinois doit débourser jusqu’à 75 000 dollars (55 500 euros). Intégrée au trafic de drogue et à la prostitution, l’industrie du passage de clandestins est florissante. En 2003, elle aurait généré 5 milliards de dollars de profits au États-Unis et 4 milliards d’euros en Europe.

Un moyen pourtant simple de décourager l’immigration clandestine est d’en limiter les bénéfices. Cela suppose de contrôler les entreprises qui emploient des clandestins, nombreux à travailler dans le BTP, la restauration, l’agriculture ou les services à la personne. Mais en dépit d’un discours politique dur, le gouvernement ne fait rien dans ce domaine.

Les entreprises de moins de dix salariés ne seront jamais contrôlées ; celles de plus de dix salariés, étant donné le nombre d’inspections visant le travail clandestin, le seront en moyenne une fois tous les 70 ans ! Les sommes englouties dans la répression des sans-papiers devraient plutôt être employées au contrôle des sociétés qui les exploitent. La Suède, qui a appliqué une politique de répression de la demande au marché du sexe en sanctionnant lourdement les clients, n’a quasiment plus de prostituées sur son territoire.

Le choix schizophrène qui combine les actions médiatisées de reconduite à la frontière à l’absence de sanction contre les entreprises n’est pas propre à la France.

Aux États-Unis, le nombre d’employeurs ayant payé plus de 5 000 dollars d’amende pour avoir fait travailler des clandestins – ils sont estimés à 12 millions sur leur territoire – est passé de quinze en 1990 à zéro en 2004 ! Sur la même période, le temps consacré par des inspecteurs du travail à vérifier le statut des salariés dans les entreprises a été divisé par 2,6 alors que celui consacré à surveiller la frontière avec le Mexique était multiplié par 2,9.

La proposition de réforme dite « No-Match », qui visait à obliger les employeurs américains à se séparer de salariés dont le numéro de sécurité sociale était erroné, a, elle, été abandonnée face à l’action des lobbies agricoles. Il est vrai que les clandestins constituent une main-d’œuvre bon marché, et d’autant moins exigeante qu’ils sont l’unique cible de la répression. Ils génèrent des rentes pour tous ceux qui les exploitent, et ils ne votent pas. Pourquoi s’en séparer ?

Emmanuelle Auriol, École d’économie de Toulouse

Voici le lien vers le site Le Monde: http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/02/21/ces-precieux-sans-papiers_1482990_3232.html

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