En campagne, Questions de société

« Demain la France »: en débat aux Journées de Nantes avec le Nouvel Obs.

5 commentaires 20 janvier 2012

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Petite information sur mon actualité du jour: je suis en débat aujourd’hui à 14h15 avec Martin Hirsch, Président de l’Agence du Service Civique, sur le thème de la « dislocation sociale » à la Cité des Congrès. Tant à dire, tant à proposer… 

Ici, pour les Nantais, tout le programme de ces deux très belles journée d’échange, de débat et de dialogue sur… la France de demain! Télécharger le PDF.

Journée Internationale contre les Violences faites aux Femmes.

Presse, Questions de société

Journée Internationale contre les Violences faites aux Femmes.

3 commentaires 25 novembre 2011

Ce 25 Novembre, Journée Internationale contre les Violences faites aux Femmes, est une journée de recueillement, en hommage aux femmes qui, cette année encore, sont tombées sous les coups de leurs conjoints.

Ce 25 Novembre est une alerte, mais aussi un espoir : l’espoir, chaque année renouvelé, de lever le voile sur une question qui dérange.

Les violences auxquelles les femmes doivent faire face ne sont pas des événements isolés mais un phénomène de société massif auquel il est urgent d’apporter des solutions ambitieuses. Ces violences – qu’il s’agisse d’agressions au sein du couple, au travail, dans l’espace public, de viols, de mutilations sexuelles, de mariages forcés, de prostitution – ne sont ni naturelles, ni inéluctables et nous devons y mettre fin par une politique volontariste, François Hollande s’y engage.

Adoptée grâce à l’implication des associations féministes et des parlementaires de gauche, la loi contre les violences faites aux femmes du 9 juillet 2010 constitue une avancée importante. Mais il est indispensable d’évaluer cette loi et de combler ses lacunes.

60% des départements ne sont toujours pas dotes d’un référent violence unique, comme le prévoyait la loi. Une écrasante majorité de juges n’a jamais produit une seule ordonnance de protection des victimes, en raison d’un manque criant de formation aux problématiques spécifiques de la lutte contre les violences faites aux femmes. Les bracelets électroniques destinés aux conjoints violents, qui auraient dû entrer en vigueur depuis deux ans, ne seront expérimentés que l’an prochain, ce qui retarde de deux années supplémentaires leur introduction  effective.

La France ne pourra véritablement mettre fin aux violences faites aux femmes qu’à condition de changer d’approche. Toutes les politiques du gouvernement ont, jusque-là, cherché avant tout à guérir plutôt qu’a prévenir le fléau de la violence. Au-delà de la mise en application effective de la loi contre les violences faites aux femmes, et de l’indispensable amélioration de la prise en charge, et de l’information des victimes par a mise en place d’accueil d’urgence, et d’accueils dédiés dans les commissariats et les tribunaux, nous devons aussi nous interroger sur les racines du mal.

Lutter contre la violence la plus insidieuse vécue chaque mois par les femmes dont la feuille de paye est en moyenne inférieure de 20% à celle des hommes. Former l’ensemble des professionnels éducatifs, de police et de justice aux violences sexistes pour les repérer et les prévenir. Introduire dès l’école l’enseignement du respect entre les sexes. 

François Hollande a conscience que le prochain gouvernement devra combler le retard accumulé par notre pays en comparaison des progrès spectaculaires réalisés par nos voisins néerlandais ou espagnols. Pendant la campagne, il portera le combat pour l’égalité réelle entre hommes et femmes.

Questions de société

24 heures à Berlin pour le dialogue franco-allemand et la construction européenne.

3 commentaires 10 novembre 2011

Ce n’est pas peut-être pas tout à fait un hasard de calendrier… c’est en effet à la veille de 11 novembre que je suis aujourd’hui à Berlin pour la journée à l’invitation du Forum de Genshagen, de l’Institut Montaigne et du Zeit, pour intervenir sur un enjeu stratégique pour l’Europe: l’immigration et l’intégration. Un beau symbole, mais surtout un moment de réflexion et de dialogue international de très grande qualité auquel je suis très heureuse de prendre part avec des représentants et décideurs des mondes politique, économique, scientifique, culturel comme des médias, pour faire émerger des pistes réalistes et utiles à l’avenir de tous. Le sociologue Gilles Kepel, ou l’écrivain Boualem Sansal sont notamment présents parmi de nombreux autres intervenants venus du monde entier.

L’actualité internationale rend en effet nécéssaire les débats publics sur l’immigration et les politiques d’intégration. La montée en puissance des partis populistes dans certains Etats-membres, les prises de position concernant l’espace Schengen ou encore les mesures unilatérales de certains Etats face à l’afflux de réfugiés en provenance du Maghreb, ont souligné les difficultés et les contradictions des politiques nationale et communautaire en matière d’immigration et d’asile. Je ne parle même pas des dérives de la droite française sur ces sujets qui rendent encore plus indispensables des intitiatives comme celles-ci, privilégiant le fond de la réflexion sur les effets de manche et les déclarations à l’emporte-pièce.

Je vous laisse découvrir le programme du forum ici: site officiel.

Et je vous donne rendez-vous, demain à Montchat à 11h00 pour les cérémonies du 11 novembre, ainsi que les 25, 26 et 27 novembre prochains à Lyon pour le Forum Libération sur les « nouvelles frontières », une autre belle occasion de poursuivre et d’approfondir la réflexion.

Questions de société

Diversité, laïcité, intégration: aujourd’hui en débat aux Rencontres Capitales.

Pas de commentaire 14 octobre 2011

J’interviens aujourd’hui à Marseille aux Rencontres Capitales (un très beau forum de débats d’idées au Palais du Pharo)  sur un sujet qui sera sans aucun doute au coeur de la prochaine campagne présidentielle, et sur lequel j’ai pubilé un petit livre pour la Fondation Jean Jaurès : « Un nouveau modèle d’intérgration est-il nécéssaire ? », et qui n’est sans rapport non plus avec mon essai publié avec Guillaume Bachelay sur le Front National, « Réagissez! »

Je dialogue jusqu’à 13 heures avec Blandine Kriegel, Dominique Schnapper, et Jacques Toubon.

Un événement à découvrir ici et à suivre sur twitter avec hashtag: #RCap

A venir… des nouvelles très vite sur le beau programme d’événements à Lyon ce week-end, et bien sûr, sur le vote décisif de dimanche pour le second tour des Primaires Citoyennes.

Bonne journée à toutes, tous.

Après-coup:

Une dépêche AFP a rendu compte de l’événement:

Rencontres capitales à Marseille: 100 personnalités pour donner espoir aux indignés.

« MARSEILLE, 15 octobre 2011 (AFP) -

Les premières « Rencontres capitales », forum de débats « pour changer le monde », organisées vendredi et samedi à Marseille  autour de 100 personnalités – intellectuels, responsables politiques ou économiques, artistes, scientifiques, ont attiré quelque 10.000 participants sur deux jours, selon les organisateurs.

Ces débats avaient pour objectif de donner de « l’espoir » et des « outils de réflexion » aux indignés, aux « jeunes révoltés », a expliqué à l’AFP le journaliste Christian Auboyneau, à l’origine de la manifestation.

Il a réussi à convaincre 100 personnalités comme la cantatrice Barbara Hendricks, l’écologiste Pierre Rabhi, l’architecte Roland Castro, les metteurs en scène Macha Makeïeff, Jean-Michel Ribes et Gérard Mordillat, le sociologue François Dubet et les psychiatres Marcel Rufo et Boris Cyrulnik, de participer à 24 débats sur le droit d’ingérence, l’environnement, l’intégration, la crise alimentaire, le climat, etc.

Des échanges vifs et animés, à l’image de celui intitulé « Diversité, laïcité: un nouveau modèle d’intégration est-il nécessaire ? ». Najat Vallaud-Belkacem (PS), adjointe au maire de Lyon et porte-parole de Ségolène Royal, a fermement tenu tête à l’ancien ministre et président de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, Jacques Toubon, qui présentait la France comme étant « les Etats-Unis de l’Europe (une terre d’immigration, ndlr) ».

« On a manqué la marche de comprendre que notre pays comporte une immigration légale », a notamment lancé la jeune socialiste, regrettant que le discours politique ne parle aujourd’hui « que d’une immigration illégale ».

Christian Auboyneau, ancien rédacteur-en-chef à France Télévision qui se revendique d’un « journalisme durable », explique que « c’est en lisant les blogs et les commentaires après la diffusion du documentaire +La France en faillite+ » (2008) qu’a germé l’idée de ces rencontres.

« Il fallait redonner de l’espoir », estime-t-il.

Le journaliste et producteur affirme que la plupart des personnalités ont répondu immédiatement à son appel. « Ce sont des gens qui portent en eux un espoir », explique-t-il, évoquant Barbara Hendricks qu’il ne connaissait pas et qui s’est pourtant déterminée après « une simple lettre ».

La seconde édition est déjà programmée au palais du Pharo de Marseille les 14, 15 et 16 novembre 2012. »

Ségolène Royal s’engage sur l’égalité des droits.

Questions de société

Ségolène Royal s’engage sur l’égalité des droits.

4 commentaires 04 octobre 2011

Vous le savez, je participais jeudi soir à Sciences-Po Paris à un débat national organisé par HES (Homosexualités et Socialisme) dans le cadre des Primaires citoyennes. Une salle bondée, un public attentif et exigeant, un débat de très grande qualité, des représentants de chaque candidat conscients de leurs responsabilités ont, je crois, contribué à marquer les esprits des journalistes, associations, organisateurs et participants. Il s’agit de sujets que je connais bien pour avoir énormément travaillé, par exemple, sur les évolutions du modèle familial dans le cadre du secrétariat national aux questions de société pour le Parti Socialiste. J’ai pu constater de vrais changements dans les prises de position de chacun, et c’est avec beaucoup d’énergie que j’ai pu défendre les engagements de Ségolène Royal sur l’ensemble des questions abordées.

Je vous invite à lire ci-dessous le compte-rendu du magazine Têtu.

Je vous invite aussi à prendre connaissance des réponses de Ségolène Royal au questionnaire qui lui avait été adressé pour l’occasion et dans lesquelles vous verrez qu’elle témoigne une nouvelle fois de courage, de clarté, de constance et d’engagement. C’est ici: Ségolène Royal répond aux questions d’HES.

L’article de Têtu:

« Hier, des représentants de chaque concurrent à la primaire de gauche ont exposé leur programme pour les droits LGBT. En accord et fiers de leur union, ils ont tous promis le droit au mariage, à l’adoption, des avancées pour les trans ou dans la lutte contre le VIH.

Les candidats à la primaire socialiste ont planché sur les sujets LGBT et ils en parlent comme d’une seule voix. HES (Homosexualité et socialisme) les a soumis à un questionnaire écrit, sur l’accès au mariage et à l’adoption pour les couples homos, les droits des trans ou encore la lutte contre le VIH et les discriminations (leurs réponses sur le site de HES). Et hier, pour défendre leur programme lors d’un colloque à Sciences Po, tous ont mandaté un émissaire expert en questions sociétales.

«Bataille idéologique»
Pendant deux heures, plutôt studieuses, les six représentants ont débattu en bons camarades, sans éclats ni passes d’armes, et ont tenté de convaincre que leur candidat respectif était le meilleur allié des LGBT. Surtout, ils ont tous martelé que les homos pouvaient compter sur la gauche, plus mobilisée qu’au moment du pacs. «Les sujets de société sont cruciaux et obligent le PS, estime Zohra Bitan, représentante de Manuel Valls. La gauche a un rôle fondamental à jouer pour faire basculer notre société vers la liberté et l’égalité.» «Les questions sociétales sont au cœur de notre identité, explique Aurélie Filippetti, proche de François Hollande. Les nombreux dérapages de la droite montrent que nous avons une bataille idéologique à mener pour créer une société ouverte.» Et tous dénoncent le débat «ahurissant» sur le genre dans les manuels scolaires, le retard de la France en matière de droits LGBT, les dérapages «les plus sombres» de Christian Vanneste, David Douillet et autres, ou la promesse oubliée du Contrat d’union civil. «La société évolue dans l’indifférence de la droite », regrette Najat Vallaud-Belkacem, VRP de Ségolène Royal.

Tous le revendiquent, ils sont d’accord sur plein de choses, et font à peu près les mêmes propositions. Peu de temps après l’élection, le droit au mariage et à l’adoption sera ouvert aux homos, le pacs amélioré et célébré en mairie et l’interdiction de donner son sang sera supprimée. La Procréation médicalement assistée sera ouverte à toutes les femmes, un statut du beau parent créé, et la prise en charge des séropos mieux assurée. Pour les trans, la nécessité d’être opéré pour changer d’état civil sera levée et le protocole de soins revu. Au-delà de l’arsenal législatif, tous insistent sur l’importance de mener un travail en profondeur pour lutter contre les discriminations, notamment en évoquant l’orientation sexuelle en milieu scolaire. Seul point de discorde: la Gestation pour autrui. Si certains y sont favorables, d’autres, dont Martine Aubry et François Hollande, s’y opposent, pour lutter contre «la marchandisation des corps». Et le PS reste globalement réservé sur le sujet.

Gage de crédibilité
Au-delà de ce corpus commun, quelques-uns dénotent à coups de propositions personnelles. François Hollande mettrait en place un délégué interministériel à l’égalité tandis que Ségolène Royal ferait voter dès son arrivée à l’Elysée une «grande loi contre toutes les discriminations».

A défaut de se démarquer sur les idées, chacun déroule le cursus friendly de son champion, comme gage de crédibilité pour l’avenir. Reprenant avec un petit sourire une formule de Ségolène Royal, Marie-Pierre de la Gontrie veut faire de la politique par la preuve: «dès 2006, Martine Aubry était favorable au mariage homo, elle se rend à la marche des fiertés chaque année, et c’est la seule qui ait évoqué les droits LGBT dans sa lettre aux français. Les autres n’ont pas dû avoir la place…» Arnaud Montebourg aurait lui demandé à son conseil général de ne faire aucune discrimination dans les procédures d’adoption, François Hollande serait pour le mariage homo depuis 2004, tandis que Ségolène Royal faisait dès 1997 de l’Association des Parents gay et lesbiens un interlocuteur officiel du ministère de l’éducation. Au final, c’est comme si peu importait celui qui incarnera l’évolution des droits et Najat Vallaud-Belkacem en est sûre : «quel que soit le vainqueur de la primaire, tous iront dans le même sens.»

Questions de société

« Réagissez! »… aujourd’hui en librairie.

2 commentaires 22 septembre 2011

C’est aujourd’hui que sort en librairie le livre que j’ai écrit avec Guillaume Bachelay pour décrypter, et dénoncer les arguments du Front national version Marine Le Pen.Nous avons conçu cet ouvrage comme un précis à l’usage des citoyens en quête de solutions efficaces et de réponses crédibles: un abécédaire pour répondre aux propositions du FN, de A à Z… parce qu’il est urgent de réagir !

Je vous invite à regarder le court entretien ci-dessous, où je reviens sur le pourquoi et le comment de ce livre.


Réagissez ! répondre au FN de A à Z – Itw Najat… par groupepsrhonealpes

http://www.dailymotion.com/video/xl7pr6_reagissez-repondre-au-fn-de-a-a-z-itw-najat-vallaud-belkacem_news

Intervention sur les politiques Jeunesse à « Un Havre contre le Racisme » de la LICRA

Questions de société

Intervention sur les politiques Jeunesse à « Un Havre contre le Racisme » de la LICRA

Pas de commentaire 02 juillet 2011

Au Havre ce samedi, à l’invitation de la LICRA, j’interviendrai sur les politiques jeunesse aux côtés de Didier Wampas et Francis Lalane, artistes, Olivier Toche, Directeur de l’Injep, et Nicolas Rouly, Vice-Président du Conseil Général de Seine-Maritime.

Retrouvez l’intégralité du programme de cette première Université d’été  de la LICRA au Havre, les 1er, 2 et 3 juillet 2011 ici : Programme Universités de la LICRA au Havre

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L’égalité, ce ne sera pas encore pour cette fois-ci…

Questions de société

L’égalité, ce ne sera pas encore pour cette fois-ci…

Pas de commentaire 01 juin 2011

Comme je vous l’avais annoncé, mardi 24 mai j’étais à la manifestation inter-associative organisée devant l’Assemblée Nationale pour appeler les députés « à faire reculer les discriminations qui pèsent sur les personnes LGBT et leurs familles » et à « faire avancer leurs droits », en votant pour l’amendement visant à ouvrir l’assistance médicale à la procréation (AMP) à tous les couples.  Malheureusement la majorité à l’Assemblée Nationale en a décidé autrement et a supprimé cet amendement.

Pas de démotivation, nous continuerons à nous mobiliser jusqu’en 2012, c’est une exigence d’égalité .  Ma contribution au projet du Parti Socialiste pour la présidentielle de 2012, qui a été adopté samedi dernier à l’unanimité, a été, au delà de l’ouverture du mariage et de l’adoption, celle de l’accés à l’amp pour tous les couples : Les engagements du Parti Socialiste pour les LGBT pour 2012.

Pour revenir avec le site Yagg sur cette manifestation et le vote des députés : Assistance médicale à la procréation pour les couples lesbiens: les députes disent une nouvelle fois non

© 2011 Nicolas Rividi Tous droits réservés pour cette photo

Questions de société

Bioéthique, égalité des droits…le combat continue!

Pas de commentaire 24 mai 2011

C’est aujourd’hui que reprennent à l’Assemblée nationale les débats sur la révision de la Loi Bioéthique.

Espérons que les progressistes sauront l’emporter davantage qu’en première lecture, lorsque la majorité avait préféré hisser la peur et l’iniquité au rang de principes éthiques, pour mieux imposer ses positions conservatrices et son penchant pour l’immobilisme.

Pour ceux que le sujet intéresse, je vous joins pour mémoire le travail qu’avec Bertrand Monthubert, nous avions réalisé à l’automne dernier pour le compte du Parti socialiste au sujet de cette révision des lois bioéthique. Tout n’avait pas été validé par le Parti bien sûr, ainsi que le rappelle le Communiqué de presse qui y est joint, mais qu’on reste loin, dans les discussions actuelles, du souffle que nous proposions de donner à notre législation !

Ne désespérons pas : peut-être y a-t-il encore, grâce au travail des Sénateurs, bien plus ambitieux sur ce sujet, quelques principes à sauver au nombre desquels  la confiance (dans une recherche qui serve à tous) et l’égalité (entre les couples quels que soient leur orientation sexuelle, entre les familles).

Le rapport intégral soumis en décembre dernier au Bureau National du PS: La révision de la loi bioéthique

Le communiqué de presse établissant la position finale du Parti Socialiste sur la révision de la loi de bioéthique : CP PS – Projet de loi sur la bioéthique

Je serai au rassemblement inter-associatif organisé devant l’Assemblée Nationale aujourd’hui à 18h30 pour que l’ouverture de la PMA soit assurée à tous les couples, j’espère vous y voir nombreuses et nombreux ! Voir l’événement Facebook pour plus d’informations :  Ouverture de la PMA pour tous les couples, rassemblement devant l\’Assemblée

J’en profite par ailleurs pour vous inviter à deux événements autour de cette question et plus largement de l’égalité des droits:

D’abord Mercredi 25 mai à 20h30, à l’espace Jean Couty (56 rue Sergent Berthet-69 009 Lyon) avec le groupe de Lyon d’Homosexualités et Socialisme (HES):

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Et le lendemain, Jeudi 26 mai à 20h à la fédération du Rhône du Parti socialiste (65, cours de la Liberté, Lyon 3ème) , à partir de 20h30 pour une réunion de section consacrée à la révision de la loi bioéthique. Venez nombreux!

Débat face à Rama Yade : « Conscience politique et modes d’actions chez les jeunes »

Questions de société

Débat face à Rama Yade : « Conscience politique et modes d’actions chez les jeunes »

Pas de commentaire 14 avril 2011

Je participerai demain au Forum organisé par Libération : « Rencontres de Rennes: Respect ! Un nouveau contrat social » dont l’entrée est libre et gratuite sur réservation. J’ai été invitée à débattre autour du thème de la jeunesse face à Rama Yade et j’espère vous y voir nombreux demain !

VENDREDI 15 AVRIL 2011

11h30 – 13h00

Conscience politique et modes d’actions chez les jeunes


avec Rama Yade, ambassadrice de la France auprès de l’UNESCO et Najat Vallaud-Belkacem, secrétaire nationale PS chargée des questions de société, adjointe au maire de Lyon

Lieu : Au TNB (salles Jean Vilar, Louis Jouvet, Jean-Marie Serreau, Michel Piccoli, Guy Parigot) dont la répartition des salles sera indiquée pour chacune des conférences.

Retrouvez l’intégralité du très bon programme des trois jours du Forum ici : RESPECT! Un nouveau contrat social – Programme du Forum

Invitée par Libération à appréhender le sujet en quelques lignes, voilà ce que j’écrivais:

Libé rennes

Gestation pour autrui : une question de responsabilité morale

Questions de société

Gestation pour autrui : une question de responsabilité morale

6 commentaires 07 avril 2011

Le Monde publie aujourd’hui ma tribune de réaction à la décision de la Cour de cassation dans l’affaire Mennesson.

Gestation pour autrui : une question de responsabilité morale

Il était prévisible que les débats les plus épineux sur la révision des lois de bioéthique se déroulent hors les murs de la représentation nationale, et finissent par échapper au législateur en trouvant un lieu de substitution par défaut dans les tribunaux.

Il y a quelque chose de triste et d’inquiétant à voir de plus en plus souvent la justice de notre pays en difficulté à trancher, seule et impuissante, des questions qui, de toute évidence, ne relèvent plus de la seule application de la loi, mais d’une évolution profonde du monde et de la société. Ces questions, pourtant, ne regardent pas seulement la Sorbonne, les cabinets d’avocats et les juges, mais la société tout entière. Autrement dit le peuple, et donc les élus de la République.

Ce n’est pas la première fois, loin s’en faut, que la justice renvoie le législateur à ses responsabilités comme l’a fait le 6 avril la Cour de cassation à propos de parents souhaitant faire reconnaître leurs enfants par l’état civil, après avoir eu recours à une gestation pour autrui à l’étranger (GPA). C’était la sixième décision rendue sur ce cas en dix ans, le ministère public avait lui-même fini par se déclarer favorable à cette reconnaissance au nom de l’intérêt de l’enfant et du droit à une vie familiale normale, et il y a moins d’une semaine le tribunal de Nantes reconnaissait, lui, la filiation d’un enfant né de mère porteuse. Allez comprendre !

Comment peut-on en arriver, en France, à laisser la justice seule à ce point dans un débat qui interroge pourtant depuis si longtemps quelques-unes de nos valeurs les plus fondamentales, sinon l’idée même que nous nous faisons de la filiation, de la famille et de l’égalité des droits ?

Une partie de la réponse réside dans la façon dont la loi bioéthique présentée par le gouvernement – actuellement en débat au Sénat – a été dévitalisée d’une grande part de sa substance en évitant soigneusement de répondre aux vrais enjeux de société que soulèvent un certain nombre de progrès scientifiques et d’évolution des mœurs. Une illustration parmi d’autres, mais éclatante, de l’incapacité de la majorité présidentielle à réformer et à gouverner.

Certes la question de la gestation pour autrui est loin d’être simple, et les opinions à son sujet n’épousent pas, loin s’en faut, une belle ligne de frontière entre la gauche et la droite, entre progressistes autoproclamés et réactionnaires patentés, ou entre libéraux et régulateurs. Chacun est donc condamné à penser par soi-même, et à faire valoir une opinion qui n’appartient qu’à soi, en raison et en conscience.

Mais c’est précisément pour cette raison qu’il aurait fallu tout faire pour dépassionner le débat, et sortir de la seule confrontation des déclarations ex cathedra et des arguments d’autorité assénés par des personnalités autorisées de tous bords, des chercheurs de toutes les disciplines, des moralistes de toutes obédiences et des redresseurs de torts de toutes les confessions qui n’aboutissent jamais à aucune solution concrète pour les problèmes réels des femmes et des hommes qui les affrontent chaque jour.

LE JUGE, LE SAVANT OU LE POLITIQUE ?

On peut être contre la GPA, bien sûr, mais on ne peut  tout de même pas être contre des parents qui y ont eu recours dans des conditions légales, et qui saisissent la justice pour faire reconnaître leurs enfants. Comment justifier que ces enfants, à la filiation incontestable, soient aujourd’hui privés de tous les droits liés à leur inscription à l’état civil, étrangers au pays de leurs propres parents, au seul motif du mode de conception « choisi », en désespoir de cause, par ces derniers ? De quoi sont-ils coupables, avant même leur naissance, pour être ainsi sanctionnés ? Il y a certes une question d’humanité, mais surtout une question de responsabilité morale à envisager sérieusement les conséquences des principes qu’on choisit d’adopter, et de faire appliquer par d’autres.

Lorsqu’on entend certains qualifier une plus que légitime procédure judiciaire de « cheval de Troie » dans une guerre menée par quelques-uns pour « assiéger le code civil » et « asservir les femmes », on se dit que le moment est venu d’organiser le débat autrement dans la société française si nous voulons rassembler, respecter chacun, et néanmoins trouver des solutions aux problèmes des Français.

Il est profondément anormal que ceux qui exercent une telle responsabilité intellectuelle, morale ou politique puissent se réfugier dans leurs certitudes dans un monde qui avance sans eux, laissant les juges décider seuls de ce que veut, ou ne veut pas, la République.

Qui doit aujourd’hui répondre aux questions de Sylvie et Dominique Mennesson et de leurs deux filles âgées de 10 ans : le juge, le savant ou le politique ? La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) peut-être, la République certainement, sénateurs à vos plumes !

Najat Vallaud-Belkacem, Secrétaire nationale du Parti socialiste aux questions de société

Voici le lien vers la tribune sur le site de Le Monde : Gestation pour autrui : une question de responsabilité morale

Photo d’illustration : copyright Sénat

Les Français et les jeunes

Questions de société

Les Français et les jeunes

Pas de commentaire 01 avril 2011

Le rapport 2011 « Les Français et les jeunes » de l’Afev vient de paraitre. J’ai été invitée par l’Afev à commenter cette enquête, comme une vingtaine d’autres personnalités de la vie publique. C’est le troisième exercice du genre pour l’Afev (Association de la Fondation Étudiante pour la Ville) , en partenariat avec L’étudiant, Libération et RTL. A la barre, un Observatoire de la jeunesse solidaire dont cette enquête « Les Français et les jeunes », parrainée par la sociologue Cécile Van de Velde, spécialiste de la jeunesse, des parcours de vie et des politiques publiques en Europe, est le matériau essentiel.

À l’examen des résultats de son rapport 2011,  l’Afev met en avant trois principales conclusions :

  • Il n’y a pas une mais plusieurs jeunesses, 85% des Français ont le sentiment que les inégalités sociales entre les jeunes se sont creusées au cours des dernières années ;
  • Une « double peine sociale » pèse sur les jeunes des quartiers populaires, puisque ce sont eux qui subissent en premier lieu ce creusement des inégalités, et de surcroît, souffrent d’un regard extrêmement négatif de la population française, à peine 4 français sur 10 disent ainsi avoir un regard positif sur ces jeunes ;
  • Enfin, une envie des français de se réconcilier avec la jeunesse, 95% des personnes interrogées estimant que les enjeux liés à la jeunesse doivent constituer l’une des priorités de la prochaine présidentielle.

Vous pouvez retrouver l’intégralité du rapport 2011 ici : Rapport 2011 Observatoire de la jeunesse Solidaire ainsi que le site Officiel de l’Observatoire Afev de la jeunesse solidaire et ma contribution à cette enquête : Réaction Najat Vallaud-Belkacem

 

« Une perception encore très négative de la capacité des jeunes à se prendre en main »

Najat Vallaud-Belkacem
Adjointe au maire de Lyon, chargée des grands événements, de la jeunesse et de la vie associative
Conseillère générale du Rhône

Afev : Que pensez-vous du décalage de perception des Français à l’égard des jeunes en général et des jeunes issus des quartiers populaires ?
Najat Vallaud-Belkacem : Ces chiffres illustrent un paradoxe persistant, et qui semble s’approfondir d’année en année : le consensus est très large pour reconnaître la gravité de la crise sociale que traverse la jeunesse, et l’enjeu majeur que cela représente pour le pays, et en même temps, on constate un refus assez net de toute politique spécifique d’amortisseur social ou de réduction directe des inégalités, perçue comme une forme d’assistanat qui aggraverait encore la situation.
C’est un paradoxe de l’opinion qui joue sans doute un rôle assez important dans le blocage des politiques publiques en direction de la jeunesse. Il y a une perception encore très négative, chez les Français, de la capacité des jeunes à se prendre en main. Dès qu’il s’agit du monde étudiant, en revanche, la tendance s’inverse : on sent bien que la notion de mérite, et donc d’équité républicaine devant l’effort, est très présente dans cette perception de la situation.

Plus de trois quarts des Français interrogés estiment que les jeunes sont « un atout pour la société », qu’ils sont « créatifs et inventifs » et « s’adaptent facilement ». Pour autant, les inégalités persistent entre eux, et les Français les accusent d’être peu investis dans la vie sociale et locale. Qu’en pensez-vous ?
NVB : Là-encore, je constate une profonde inadéquation entre les qualités que l’on reconnaît volontiers à la jeunesse d’une manière générale, et la place qu’on lui accorde concrètement dans la société. C’est une forme d’hypocrisie collective. Ne pas considérer la jeunesse comme notre principal levier pour construire la société de demain n’est pas seulement une injustice, mais constitue un immense gâchis sur le plan économique et social, mais aussi sur un plan politique et culturel, au sens le plus large.
L’essentiel des choix stratégiques, notamment, qui auraient dû préparer la France à devenir une société de la connaissance basée très largement sur un haut niveau d’éducation, d’enseignement et de formation n’ont pas été faits depuis plusieurs décennies. Les jeunes en sont parfaitement conscients lorsqu’ils s’inquiètent, par exemple, de ce que valent leurs diplômes, ou du sort qui leur est réservé dans les entreprises, en début de carrière.
Nous parlons en effet d’une génération qui, globalement, a fait des études, obtenu des diplômes, fait un certain nombre de sacrifices pour s’adapter aux « réalités » et qui, aujourd’hui, n’arrive pas à accéder au marché du travail, ne parvient pas à s’installer et à progresser socialement, ne peut pas se loger convenablement, et n’entrevoit qu’une perspective de déclassement pour la suite : santé, éducation des enfants, pouvoir d’achat, retraites. On comprend, que dans un tel contexte, les jeunes sachent faire preuve de créativité et de souplesse… mais cela explique aussi une certaine forme de réticence à s’investir dans une société qui, elle-même, ne lui fait pas entièrement confiance lorsqu’il faut passer à l’acte.

La quasi-totalité de l’échantillon souhaite faire de la question de la jeunesse l’un des enjeux majeurs de la prochaine présidentielle. Selon vous, la sphère publique est-elle déconnectée de la jeunesse ?
NVB : A Lyon, je pilote la politique municipale en direction des jeunes, notamment à travers un réseau très dense et très actif de 28 MJC et Centre Sociaux, dont beaucoup sont implantés dans des territoires prioritaires pour la politique de la ville. C’est-là que se font les expérimentations tous les jours. J’encourage toutes les initiatives innovantes, car personne ne détient la bonne recette pour sensibiliser les jeunes, et faire reculer les inégalités. Nous sommes nombreux à agir ainsi au niveau local, avec les moyens dont nous disposons, mais ce qu’il faut surtout pour construire une politique de la jeunesse à la hauteur des défis, c’est un minimum de constance dans le cap fixé au niveau de l’Etat.
Cette improvisation permanente, cette instabilité chronique des objectifs à réaliser, cette incapacité à tenir plus de deux ou trois mois un engagement avant d’en prendre d’autres, parfaitement contradictoires les uns avec les autres, restera d’ailleurs comme une signature du sarkozysme comme mode de gouvernance. On sait ce que cela donne pour les services de l’Etat et les grands corps de la fonction publique, dans presque tous les domaines. On sait moins les conséquences désastreuses que cette façon de faire peut avoir sur les acteurs de terrain, et notamment les associations – qui ont à peine le temps d’investir dans la mise en œuvre d’une action qui leur a été confiée que les financements ont disparu pour aller financer une nouvelle priorité.
Toutes les associations qui œuvrent dans le domaine de la jeunesse me le disent tous les jours : les mesures, les plans, les dispositifs, les expérimentations, les annonces ne cessent de se succéder et de se remplacer, et avec elles les lignes de crédit. Moi aussi, je suis pour l’expérimentation et l’innovation sociale, mais pas au point de substituer cette méthode à toute autre forme action publique, notamment une politique gouvernementale responsable fixant un cadre et tenant ses engagements.
A l’échelle des villes, départements et régions, nous faisons beaucoup, mais nous ne pouvons nous substituer à l’Etat, pour des raisons financières mais aussi pour des raisons de principe – ne serait-ce que pour assurer une égalité de traitement sur le territoire national. Dans ce contexte, oui, bien sûr, la jeunesse doit être au cœur de l’agenda politique des prochaines années : il faudra être capable d’imposer un débat à la bonne hauteur de vue, pour que les solutions à mettre en œuvre soient à la mesure des enjeux.

 

 

Questions de société

« Revu et corrigé » face à Chantal Brunel

7 commentaires 14 mars 2011

J’étais ce samedi en débat face à Chantal Brunel, députée UMP tristement célèbre ces temps-ci, dans l’émission « Revu et corrigé » animée par Paul Amar.


Najat Belkacem face à Chantal Brunel dans « Revu… par Leila-Agic

Questions de société

Débat « Poings de vue » avec Najat Vallaud-Belkacem et Martin Hirsch – « Quel avenir pour les jeunes ? »

2 commentaires 21 février 2011

Le Nouvel observateur et Terra Nova vous convient 

ce  Mercredi 23 février à 19h30

à La Bellevilloise

à la SOIRÉE-DÉBAT

POINGS DE VUE

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« Quel avenir pour les jeunes ? »

 

avec Martin Hirsch

Ancien haut-commissaire à la jeunesse, président de l’Agence du service civique

et

Najat Vallaud-Belkacem

Secrétaire nationale du Parti Socialiste en charge des questions de société

Adjointe au Maire de Lyon, déléguée aux grands événements,

à la vie associative et à la jeunesse

 
Depuis plusieurs années, un profond malaise s’est emparé de la jeunesse française. Méfiants quant à l’avenir de leur pays et leur situation personnelle, ils sont de plus en plus nombreux à exprimer leur inquiétude. Avec un taux de chômage de 20% pour les 15-24 ans, quelles solutions apporter à cette crise générationnelle ? Comment garantir aux jeunes l’égalité face à l’enseignement ? Comment endiguer la précarisation des conditions d’accès à l’emploi?

En publiant son rapport « L’autonomie des jeunes au service de l’égalité« , Terra Nova entend contribuer au débat public en se prononçant en faveur d’un « capital formation » garantissant un revenu universel de soutien à la vie étudiante et une allocation d’insertion pour les jeunes primo-demandeurs d’emploi, aujourd’hui sans ressources. En proposant d’investir dans sa jeunesse, Terra Nova appelle à repenser la solidarité intergénérationelle afin d’offrir aux jeunes générations de réelles perspectives d’avenir.

Inscrivez-vous sur la page Facebook de l’évènement en cliquant ici.

PARTICIPATION : 2€

Comment s’y rendre ?

La Bellevilloise
19-21 rue Boyer, 75020 Paris
Metro Gambetta (ligne 3) sortie Martin Nadaud
et Ménilmontant (ligne 2)
Bus 26, 61, 69, 96 

Pour plus d’informations, vous pouvez contacter par email à contact@tnova.fr, par téléphone au 01 58 36 15 20 et consulter le site internet www.tnova.fr.

Questions de société

Bioéthique : traduire l’évolution du modèle familial dans le droit

2 commentaires 16 février 2011

Le Monde publiait ce matin ma tribune de réaction au débat qui  s’est terminé hier à l’Assemblée Nationale.

Tribune Le Monde en ligne

Bioéthique : traduire l’évolution du modèle familial dans le droit

La révision de la loi bioéthique est l’occasion de nombreuses confrontations. Au cœur des débats, c’est la place de l’individu dans la famille et celle de la famille dans la société qui sont interrogées. Dans la transformation de la société que permettent le progrès scientifique et la progression des libertés individuelles, les principes d’égalité, de solidarité, de laïcité doivent prévaloir.

L’accès à la contraception, la libération sexuelle et les progrès de la science ont profondément bouleversé le modèle familial français. L’arrivée de l’enfant est mieux préparée, parce qu’elle est le résultat de la volonté des parents. De nouvelles formes de vie familiale se sont banalisées. Les parents élèvent leurs enfants ensemble ou séparément, seuls ou avec leurs conjoints. Aux familles traditionnelles, monoparentales ou recomposées, s’ajoutent les familles devant faire appel à la procréation assistée, celles qui sont fondées par un couple homosexuel, ainsi que toutes les familles d’élection qui se constituent au cours de la vie, par nécessité ou par choix. La primauté de la filiation sociale sur la filiation biologique s’est ainsi imposée dans les faits depuis longtemps. Il revient aujourd’hui au législateur de la traduire dans notre droit.

C’est en application d’un modèle aveugle à ces réalités que notre législation n’ouvre la procréation médicalement assistée avec don de gamètes qu’aux couples hétérosexuels stables. Cette assistance est ainsi refusée aux couples de même sexe et aux femmes seules. Faut-il le rappeler ? L’assistance médicale à la procréation ne guérit pas de l’infertilité. Il s’agit bien de répondre à un désir d’enfant. De fait, le désir d’enfant n’est pris en charge par la société que pour les familles conformes au modèle traditionnel de la famille, composées d’un père et d’une mère. Il est temps de s’affranchir de cette définition naturaliste de la famille.

Bien loin d’obéir aux seules lois de la nature, les liens familiaux se tissent à travers l’engagement des parents et la reconnaissance de la société. Le projet familial résulte d’une volonté. C’est ce projet, cet engagement parental irrévocable, qui doit constituer le fondement du droit de la famille. Le parent est celui qui exprime une volonté de l’être, et de subvenir aux besoins matériels et moraux d’un enfant. On objectera que la société n’a pas à faire droit au désir d’enfant : « on ne fait pas un enfant comme on achète un sac à main ! ». Cette objection est inacceptable. Il ne s’agit pas de donner libre cours à un désir superficiel et passager, mais de permettre un projet parental, une décision profonde et souvent mûrie de très longue date. N’est-il pas dans l’intérêt de l’enfant de naître dans une famille aimante, une famille dont il est le projet ? L’intérêt de l’enfant justement, doit être apprécié dans le silence des préjugés : nous avons maintenant le recul nécessaire pour constater que l’orientation sexuelle des parents, par exemple, ne porte pas préjudice aux enfants, déjà si nombreux à vivre au sein de familles homoparentales. En revanche, tous les obstacles légaux qui se dressent devant les projets familiaux atypiques desservent gravement ces enfants en les isolant, en les privant de droits, en les stigmatisant.

PLUS DE LIBERTÉ ET D’ÉGALITÉ

Dès lors, la vraisemblance biologique ne doit plus servir d’obstacle à l’ouverture de la procréation médicalement assistée, cette réponse formidable que la science et la société apportent depuis quarante ans à la fatalité du sort.

Députés, sénateurs, vous avez, avec cette révision de la loi bioéthique, une occasion sans pareille de poursuivre, avec souffle et ambition, le chemin emprunté depuis un demi-siècle par le droit de la famille, vers davantage de liberté et d’égalité. Liberté de choix entre l’union libre, le pacs ou le mariage. Liberté de fonder une famille. Liberté de faire évoluer cette famille, au gré des séparations et des recompositions, sans renoncer à exercer tout ou partie de l’autorité parentale.

Liberté donc, mais aussi égalité. Egalité entre les parents, qui exercent conjointement cette autorité. Egalité entre les enfants, naturels ou légitimes. Et bientôt, égalité entre les familles dans toute leur diversité, hétéroparentales comme homoparentales. Liberté, égalité, deux valeurs cardinales de la République, sans lesquelles il ne saurait y avoir de fraternité, cette fraternité indispensable à la lutte contre toutes les formes d’exclusion et à la reconnaissance des différences.

A vous d’offrir la protection des lois de la République à l’ensemble de nos concitoyens qui espèrent en la procréation assistée pour construire une famille. Ce n’est pas de l’imprudence mais de la justice.

Najat Vallaud-Belkacem, secrétaire nationale du Parti socialiste (PS) aux questions de société

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