Bonjour à toutes et à tous. La prise de fonction de Barack Obama aura été suivie avec passion par plusieurs centaines de millions de téléspectateurs à travers le monde. L’espoir suscité par cette élection est immense, mais les défis qui font face au nouveau président américain le sont tout autant sur la scène internationale autant qu’en politique intérieure.
Surmonter la crise financière mondiale
Défi majeur s’il en est, surmonter la crise économique et financière internationale. Chantier fantastique pour l’Amérique, ce colosse aux pieds d’argile, perclus de dettes (10.000 milliards de dette et 1000 milliards de déficit budgétaire !), dont la chute entrainerait irrémédiablement celle de l’économie mondiale. Quelle sera la capacité du nouveau président américain à surmonter les difficultés actuelles, à refonder le capitalisme, à engager un véritable New deal pour le siècle qui s’ouvre ? difficile à dire. Les « Obama sceptiques » prévoient une déception à la hauteur de l’enthousiasme suscité par le sénateur de l’Illinois entré à la Maison blanche.
A première vue pourtant, le plan de relance américain se donne les moyen du succès : 275 milliards de dollars de baisses d’impôts et 550 milliards de dollars dans des investissements prioritaires et utiles à la préparation de l’avenir, comme les énergies vertes, la recherche, les infrastructures, l’éducation ou la santé. Le plan ne dit pas grand chose en revanche sur la régulation internationale des marchés et sur les conséquences à tirer de la crise financière mondiale. La réunion du G20 en avril aura à cet égard valeur de test pour le nouveau président. Qui des marchés ou des Etats sortira vainqueur de cette crise ? Nous jugerons aux actes.
Le parti socialiste et le contre plan de relance
Un peu assourdi par les applaudissements qui ont accompagné la prise de fonction de Barack Obama le parti socialiste a présenté son contre plan de relance. Un plan de relance, qui a la différence de celui conduit par le gouvernement Fillon, n’oublie pas le pouvoir d’achat des Français.
Un plan sur ses deux jambes qui soutient à la fois l’investissement, c’est-à-dire l’activité économique et l’emploi, dans des secteurs fortement pourvoyeurs de main d’œuvre ou productifs pour l’avenir (croissance verte), et la consommation en augmentant les minima sociaux, la prime pour l’emploi, en majorant les allocations logement ou la prime de transport, en baissant la TVA, comme l’a fait Gordon Brown, ce à quoi le gouvernement se refuse obstinément.
Un plan qui promeut les investissements socialement utiles, solidaires et productifs d’avenir :
- Un engagement massif des collectivités locales (le meilleur des contre gouvernements, je vous renvoie à la présentation du soutien à l’économie de la région Poitou-Charentes par Ségolène Royal !),
- un plan ambitieux pour l’hôpital public, dont les difficultés, n’en déplaise au gouvernement, ne se réduisent pas à un problème d’organisation,
- un grand programme de logements
- et enfin un soutien tous azimuts aux PME (crédits, trésorerie, recherche…), qu’il faut soutenir en situation de crise et préparer à être le fer de lance de la croissance future, en particulier dans les technologies vertes.
Un plan à 50 milliards de dépenses bien réelles financés en particulier par la remise en cause du bouclier fiscal ; rien à voir avec les 26 milliards annoncés par Nicolas Sarkozy dont l’essentiel est à retrancher. Beaucoup de recyclages de crédits déjà engagés (dans le cadre des contrats de projet avec les régions par exemple) et beaucoup d’aides à la trésorerie des entreprises, sans aucun doute nécessaires, mais ne représentent pas un supplément de dépenses. La réalité, c’est que le plan de relance de Nicolas Sarkozy n’injecte que 4 à 5 milliards dans l’économie. Le plan proposé par le parti socialiste se conforme aux prescriptions du FMI qui estime qu’un plan efficace doit se situer entre 2 et 3% du PIB.
Approfondir la réflexion pour préparer l’avenir
Un plan concret, en somme, qui doit désormais s’accompagner d’une réflexion plus globale sur notre modèle économique et social.
Il faudra ainsi repenser notre architecture fiscale et sociale. Une réforme d’ampleur de la structure du système fiscal français doit s’assigner trois objectifs fondamentaux :
- Rétablir l’égalité devant l’impôt
- Favoriser une croissance durable par un soutien à l’investissement et à l’innovation
- Promouvoir une fiscalité favorable à l’emploi
De la même façon, il faudra revoir notre politique en faveur de la recherche et de l’innovation et investir le champ de la croissance verte. L’innovation est une activité par nature risquée. Il faut récompenser le risque et pénaliser la rente pour favoriser l’innovation et la croissance. Le système bancaire ne rempli pas suffisamment cette fonction préférant se fourvoyer dans la spéculation financière. Cela pose dès lors la question de la mutualisation du risque, du rôle incitatif de la fiscalité, mais aussi de la création d’un système bancaire public dédié à l’innovation et à l’économie réelle, adossé à la caisse des dépôt et consignation, c’est la proposition là encore de Ségolène Royal qui avait attiré l’attention sur ce point dès la campagne présidentielle.
Il faut enfin tirer toutes les conséquences de la crise financière internationale, en imposant le respect des règles prudentielles existantes (notamment la réglementation dite Bâme 2) et en en inventant d’autres pour ne pas réduire la crise de ces dernières mois à un simple épisode malheureux du capitalisme financier.
En outre, il est nécessaire de faire partager ce plan, dans sa méthode et dans son ambition, à nos partenaires européens, allemands en particulier, qui n’ont pour l’essentiel pas investi le champ du soutien à la consommation. La proposition de Ségolène Royal, de créer un ministère franco-allemand de l’économie préfigurant un futur gouvernement économique européen trouve tout son sens. Le couple franco-allemand mérite plus de considération que ne lui en accorde Nicolas Sarkozy. Elle ne peut se réduire à Arte ! Les élections européennes pourraient être l’occasion de resserrer les rangs avec nos amis du SPD.


Heureuse de vous retrouver pour évoquer avec vous quelques uns des faits marquants de ces derniers jours particulièrement agités, encore et toujours, pour les marchés financiers malgré les plans de sauvetage des Etats, malgré les gestes convergents des banques centrales destinés à rassurer les marchés. Et certains, dont nombre d’entre vous sur ce blog, de s’interroger légitimement sur cette capacité inédite des gouvernements à mobiliser des sommes considérables qu’on ne pensait pas disponibles, ou qui ne l’ont en tous les cas pas été pour d’autres politiques, pour d’autres sauvetages plus nécessaires encore, en Afrique par exemple. Des explications seront nécessaires…
Je n’ai pas pu être parmi vous hier soir au Zénith, mais les échos nombreux que vous m’avez fait parvenir me laissent imaginer combien ce moment de convivialité et de fraternité a été exceptionnel. J’ai évidemment entendu aussi l’antienne sur la politique spectacle, mais à dire vrai, entre le spectacle de la désunion et des petites phrases et ce moment simple de retrouvaille, j’ai fait mon choix !
Oui,ainsi que Jean-Paul Fitoussi dans son ouvrage
Heureuse de vous retrouver ! Pas si désagréable de couper quelques jours et de faire la somme de ce à quoi on a eu le bonheur de ne pas penser pendant les vacances : le disque de Carla Bruni offert à tous les ministres, la vilénie de Jack Lang lors du votre du Congrès sur la réforme des institutions, la controverse (je crois que nous en sommes là à en croire le débat qu’il suscite) autour d’un article de Siné, assez mal venu il faut dire, mais qui ne méritait pas tout le tapage qu’il suscite, le non lieu généralisé, faute de déclassification des archives militaires, dans l’affaire des frégates de Taïwan, le jackpot consternant, enfin, de Bernard Tapie…












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