Tag archive for "crise internationale"

Solidarité avec la Grèce

Billet edito

Solidarité avec la Grèce

9 commentaires 03 mai 2010

« Solidarité avec la Grèce », le slogan était dans toutes les manifestations du 1er mai, en France comme en Europe. Les risques de contagions existent car telle est la volonté des agences de notation qui ont également dégradé les notes du Portugal, de l’Espagne et de l’Irlande qui ont des dettes remboursables… Hallucinant et insupportable de constater que ce sont les banques et les agences de notation, notoirement impliquées dans la crise économique et financière qui jouent aujourd’hui les parangons de vertu en distribuant bons et mauvais points aux différents États qui leur sont venus en aide. Elles prennent la responsabilité d’une surréaction et d’un approfondissement de la crise économique. Que les fonctionnaires grecs, irlandais, portugais ou espagnols soient obligés de consentir des baisses de salaire pendant que des primes mirobolantes continuent d’être distribuées à d’irresponsables traders jonglant avec des fonds spéculatifs est un comble. J’en viens à me dire qu’il y aurait eu quelques vertus à laisser tomber certaines banques et à en nationaliser d’autres ! Il faut remettre de l’ordre, les marchés financiers ne peuvent rester une zone de non droit qui commandent aux Etats et in fine à la démocratie. La régulation des marchés ne peut pas rester un slogan de pub mensongère et le G20 rester le G vain qu’il est aujourd’hui ! Nous ne pouvons pas accepter la défaite de la décision politique face aux marchés et aux banques qui font monter les taux d’intérêt de façon inconsidérée.

« Solidarité avec la Grèce »… Athènes a finalement activé ce week-end le plan d’aide de l’Union européenne et du FMI après 3 mois d’âpres négociations en particulier avec une Allemagne intransigeante, trop peu solidaire et qui a cherché à s’imposer, en dehors de toute institution, comme le gouvernement de fait de la zone euro ; une Allemagne qui ne nous avait pas habitués à un tel euroscepticisme. Des voix s’élèvent en Allemagne pour critiquer la Chancelière. Cette crise met l’Europe à l’épreuve en même temps qu’elle montre sans fard qu’il n’y a pas d’avenir pour les pays de l’Union sans Europe, sans plus et mieux d’Europe. Cette crise traduit aussi la nécessité d’un gouvernement économique européen, d’un fonds monétaire européen et d’un marché obligataire commun pour gérer ce genre de crise.

60 ans après la déclaration Schuman, la crédibilité de l’Europe est aujourd’hui engagée. Sa solidarité est mise à l’épreuve, elle doit être sans faille vis-à-vis de nos concitoyens européens, mais l’Europe est aussi attendue sur sa capacité à proposer un modèle de croissance durable, or rien dans les propositions de la commission européenne n’en prend le chemin. Ironie de l’histoire, 2010 est déclarée « année européenne de lutte contre la pauvreté »…

Billet edito

Relance et contre plan de relance

64 commentaires 26 janvier 2009

Bonjour à toutes et à tous. La prise de fonction de Barack Obama aura été suivie avec passion par plusieurs centaines de millions de téléspectateurs à travers le monde. L’espoir suscité par cette élection est immense, mais les défis qui font face au nouveau président américain le sont tout autant sur la scène internationale autant qu’en politique intérieure.

Surmonter la crise financière mondiale

Défi majeur s’il en est, surmonter la crise économique et financière internationale. Chantier fantastique pour l’Amérique, ce colosse aux pieds d’argile, perclus de dettes (10.000 milliards de dette et 1000 milliards de déficit budgétaire !), dont la chute entrainerait irrémédiablement celle de l’économie mondiale. Quelle sera la capacité du nouveau président américain à surmonter les difficultés actuelles, à refonder le capitalisme, à engager un véritable New deal pour le siècle qui s’ouvre ? difficile à dire. Les « Obama sceptiques » prévoient une déception à la hauteur de l’enthousiasme suscité par le sénateur de l’Illinois entré à la Maison blanche.

A première vue pourtant, le plan de relance américain se donne les moyen du succès : 275 milliards de dollars de baisses d’impôts et 550 milliards de dollars dans des investissements prioritaires et utiles à la préparation de l’avenir, comme les énergies vertes, la recherche, les infrastructures, l’éducation ou la santé. Le plan ne dit pas grand chose en revanche sur la régulation internationale des marchés et sur les conséquences à tirer de la crise financière mondiale. La réunion du G20 en avril aura à cet égard valeur de test pour le nouveau président. Qui des marchés ou des Etats sortira vainqueur de cette crise ? Nous jugerons aux actes.

Le parti socialiste et le contre plan de relance

Un peu assourdi par les applaudissements qui ont accompagné la prise de fonction de Barack Obama le parti socialiste a présenté son contre plan de relance. Un plan de relance, qui a la différence de celui conduit par le gouvernement Fillon, n’oublie pas le pouvoir d’achat des Français.

Un plan sur ses deux jambes qui soutient à la fois l’investissement, c’est-à-dire l’activité économique et l’emploi, dans des secteurs fortement pourvoyeurs de main d’œuvre ou productifs pour l’avenir (croissance verte), et la consommation en augmentant les minima sociaux, la prime pour l’emploi, en majorant les allocations logement ou la prime de transport, en baissant la TVA, comme l’a fait Gordon Brown, ce à quoi le gouvernement se refuse obstinément.

Un plan qui promeut les investissements socialement utiles, solidaires et productifs d’avenir :

  • Un engagement massif des collectivités locales (le meilleur des contre gouvernements, je vous renvoie à la présentation du soutien à l’économie de la région Poitou-Charentes par Ségolène Royal !),
  • un plan ambitieux pour l’hôpital public, dont les difficultés, n’en déplaise au gouvernement, ne se réduisent pas à un problème d’organisation,
  • un grand programme de logements
  • et enfin un soutien tous azimuts aux PME (crédits, trésorerie, recherche…), qu’il faut soutenir en situation de crise et préparer à être le fer de lance de la croissance future, en particulier dans les technologies vertes.

Un plan à 50 milliards de dépenses bien réelles financés en particulier par la remise en cause du bouclier fiscal ; rien à voir avec les 26 milliards annoncés par Nicolas Sarkozy dont l’essentiel est à retrancher. Beaucoup de recyclages de crédits déjà engagés (dans le cadre des contrats de projet avec les régions par exemple) et beaucoup d’aides à la trésorerie des entreprises, sans aucun doute nécessaires, mais ne représentent pas un supplément de dépenses. La réalité, c’est que le plan de relance de Nicolas Sarkozy n’injecte que 4 à 5 milliards dans l’économie. Le plan proposé par le parti socialiste se conforme aux prescriptions du FMI qui estime qu’un plan efficace doit se situer entre 2 et 3% du PIB.

Approfondir la réflexion pour préparer l’avenir

Un plan concret, en somme, qui doit désormais s’accompagner d’une réflexion plus globale sur notre modèle économique et social.

Il faudra ainsi repenser notre architecture fiscale et sociale. Une réforme d’ampleur de la structure du système fiscal français doit s’assigner trois objectifs fondamentaux :

  • Rétablir l’égalité devant l’impôt
  • Favoriser une croissance durable par un soutien à l’investissement et à l’innovation
  • Promouvoir une fiscalité favorable à l’emploi

De la même façon, il faudra revoir notre politique en faveur de la recherche et de l’innovation et investir le champ de la croissance verte. L’innovation est une activité par nature risquée. Il faut récompenser le risque et pénaliser la rente pour favoriser l’innovation et la croissance. Le système bancaire ne rempli pas suffisamment cette fonction préférant se fourvoyer dans la spéculation financière. Cela pose dès lors la question de la mutualisation du risque, du rôle incitatif de la fiscalité, mais aussi de la création d’un système bancaire public dédié à l’innovation et à l’économie réelle, adossé à la caisse des dépôt et consignation, c’est la proposition là encore de Ségolène Royal qui avait attiré l’attention sur ce point dès la campagne présidentielle.

Il faut enfin tirer toutes les conséquences de la crise financière internationale, en imposant le respect des règles prudentielles existantes (notamment la réglementation dite Bâme 2) et en en inventant d’autres pour ne pas réduire la crise de ces dernières mois à un simple épisode malheureux du capitalisme financier.

En outre, il est nécessaire de faire partager ce plan, dans sa méthode et dans son ambition, à nos partenaires européens, allemands en particulier, qui n’ont pour l’essentiel pas investi le champ du soutien à la consommation. La proposition de Ségolène Royal, de créer un ministère franco-allemand de l’économie préfigurant un futur gouvernement économique européen trouve tout son sens. Le couple franco-allemand mérite plus de considération que ne lui en accorde Nicolas Sarkozy. Elle ne peut se réduire à Arte ! Les élections européennes pourraient être l’occasion de resserrer les rangs avec nos amis du SPD.

Billet edito

Derrière le miroir de la crise financière

69 commentaires 12 octobre 2008

Bonjour à toutes et à tous,

Heureuse de vous retrouver pour évoquer avec vous quelques uns des faits marquants de ces derniers jours particulièrement agités, encore et toujours, pour les marchés financiers malgré les plans de sauvetage des Etats, malgré les gestes convergents des banques centrales destinés à rassurer les marchés. Et certains, dont nombre d’entre vous sur ce blog, de s’interroger légitimement sur cette capacité inédite des gouvernements à mobiliser des sommes considérables qu’on ne pensait pas disponibles, ou qui ne l’ont en tous les cas pas été pour d’autres politiques, pour d’autres sauvetages plus nécessaires encore, en Afrique par exemple. Des explications seront nécessaires…

La crise financière se propage désormais à l’économie réelle, le BTP ayant annoncé 180.000 suppressions d’emplois en France dans les années qui viennent. Quand le bâtiment ne va pas… Car il faut bien le dire, ni l’Etat, ni les collectivités locales aujourd’hui étranglées par les transferts de charges, par le rétrécissement et le renchérissement du crédit comme par le repli inédit des recettes fiscales, n’ont la possibilité de conduire une politique contra-cyclique. Les lendemains qui chantent ne sont pas à l’ordre du jour, sauf peut être pour les banques et pour le système financiers auquel les Etats offrent aujourd’hui un super parachute doré ! la proposition de Bernard Accoyer d’amnistier ceux des fraudeurs qui rapatrieraient leurs capitaux en France n’en est que plus grotesque…

Poursuivre la lecture

Billet edito

700 billions dollars baby

48 commentaires 28 septembre 2008

La fraternité a son zénith Je n’ai pas pu être parmi vous hier soir au Zénith, mais les échos nombreux que vous m’avez fait parvenir me laissent imaginer combien ce moment de convivialité et de fraternité a été exceptionnel. J’ai évidemment entendu aussi l’antienne sur la politique spectacle, mais à dire vrai, entre le spectacle de la désunion et des petites phrases et ce moment simple de retrouvaille, j’ai fait mon choix !

Je profite de ce week-end pour revenir sur quelques moments forts de cette semaine. Je ne parlerai donc pas de la claque de Jean-Pierre Raffarin dans sa course à la présidence du Sénat, l’élection avait beau être quasiment concommitante avec les journées du patrimoine, le motif n’était pas suffisant pour porter l’ancien Premier ministre à ces fonctions éminentes. L’UMP aura finalement préféré Gérard Larcher… Les socialistes qui ont pourtant largement remporté les sénatoriales, ne peuvent qu’en prendre acte…

Il y a aussi eu le dépôt des motions en vue du Congrès du parti socialiste, largement commenté ; certains alliages risquent de donner des métaux mous, d’autres offrent en revanche la perspective et l’espoir d’une dynamique porteuse d’avenir. Ces derniers jours, la ligne claire emmenée par Gérard Collomb et Jean-Noël Guerini et Ségolène Royal ont été rejoints par la fédération de l’Hérault, ou par des élus de talent, fier(e)s d’être socialistes et animés par le désir de rénover ce parti. Je pense en particulier à Gaëtan Gorce qui s’est magistralement expliqué sur ce sujet. Je vous en recommande vivement la lecture.

La semaine a également été marquée par le vote sur la présence militaire française en Afghanistan, vote qui laisse un goût amer car il n’a pas permis de préciser sérieusement les objectifs de la France dans ce pays. Le parti socialiste a choisi de voter contre la présence militaire, manière de dénoncer ce qui fait plus figure d’exercice de style que de débat démocratique ; certains députés ont préféré s’abstenir, je me sens pour ma part assez proche de la position de Manuel Valls sur ce sujet.

Il y a surtout cette crise financière internationale sans précédent depuis 1929. Le capitalisme financier dans tous ses excès, un « capitalisme fanatique » dit Joseph Stiglitz, qui récolte aujourd’hui les fruits amers de la déréglementation et de la libéralisation des marchés, de la déconnexion toujours plus grande avec l’économie réelle ; les fruits amers de la titrisation des crédits, du capitalisme actionnarial, des hedge funds, des credits swaps, de la spéculation et de l’enrichissement sans cause d’une fraction toujours plus fortunée de la population : 2% des ménages cumulant 50% de la richesse mondiale quand 50% de la population ne s’en partage que 2%.

Et dire que les dirigeants de quelques unes de ces entreprises, comme le PDG de Lehman Brothers, dont la faillite retentissante éclabousse les unes des médias internationaux ont été récompensés à coups de millions de dollars l’an dernier pour leur « bonne gestion » de la crise des subprimes. Dans ces conditions, il faut féliciter immédiatement Jérôme Kerviel pour son excellent travail et lui présenter des excuses publiques !

La menace d’une récession mondiale n’est désormais plus une fiction et la France ne pourra pas prétendre longtemps échapper à la crise. J’ai de plus en plus de mal à entendre les discours lénifiants, d’un inaltérable optimisme, de notre Ministre de l’Economie, alors que la croissance française a été révisée à la baisse, que le déficit budgétaire est de 59 milliards dans le projet de loi de finances (38,4 milliards l’an dernier), que la dette publique ne respecte plus les critères de Maastricht, que nos marges de manœuvres budgétaires, érodées encore par le « paquet fiscal », sont désormais inexistantes ou que le chômage augmente de près de 40.000 demandeurs d’emplois en août. Comment croire à la baisse du chômage lorsqu’un modèle économique promeut les travailleurs pauvres dont les rangs se sont grossis de près de 300.000 personnes depuis l’élection présidentielle, qu’en dix ans le nombre des contrats d’intérim a cru de 130%, celui des CDD de 60% et celui des CDI de 2% seulement…

Quoi qu’en dise le Président de la République, qui a désormais promis de dire la vérité aux Français, notre pays est aujourd’hui bien incapable de mener une politique de relance ou de jouer son rôle d’assureur en dernier ressort comme les Etats-Unis sont sur le point de le faire en injectant 700 milliards de dollars dans l’économie et en reprenant à leur compte les titres les plus « pourris », de faire ce que les économistes appellent de la « défaisance ». Nationalisation des pertes, privatisation des profits…

Face à la crise quel doit être le programme économique du gouvernement ? ni relance, ni rigueur répond le Président de la République se contentant d’un vibrant plaidoyer en faveur de la moralisation du capitalisme mondial, comme s’il ne s’agissait que de morale… il s’agit à mon sens de toute autre chose, de la condamnation sans appel du néolibéralisme en même temps que du retour salutaire de l’Etat. Une ruse de la raison en quelque sorte, une revanche sur les marchés d’une démocratie délégitimée depuis des décennies par les tenants de la vulgate néo-libérale, par Reagan, Thatcher et autre Alan Greespan,par des économistes ultra comme Kenneth Arrow ou Rober Baro, par ces adeptes du laisser-faire, laisser-passer abandonnant aux marchés des pans entiers de souveraineté et qui, telle une prophétie autoréalisatrice, se complaisent dans une impuissance qui sert d‘argument à tous les renoncements et à toutes les lâchetés politiques.

La démocratie et le marché Oui,ainsi que Jean-Paul Fitoussi dans son ouvrage La démocratie et le Marché en fait la démonstration, il faut défendre la démocratie et l’Etat de droit partout et y compris sur les marchés pour plus de justice et d’efficacité économique et sociale.

Billet edito

Chroniques aoutiennes

40 commentaires 12 août 2008

Bonjour à toutes et à tous,

Heureuse de vous retrouver ! Pas si désagréable de couper quelques jours et de faire la somme de ce à quoi on a eu le bonheur de ne pas penser pendant les vacances : le disque de Carla Bruni offert à tous les ministres, la vilénie de Jack Lang lors du votre du Congrès sur la réforme des institutions, la controverse (je crois que nous en sommes là à en croire le débat qu’il suscite) autour d’un article de Siné, assez mal venu il faut dire, mais qui ne méritait pas tout le tapage qu’il suscite, le non lieu généralisé, faute de déclassification des archives militaires, dans l’affaire des frégates de Taïwan, le jackpot consternant, enfin, de Bernard Tapie…

Bien triste en revanche de voir s’éteindre de grands noms de la culture, des humanistes et des combattants de la liberté, comme Youssef Chahine, Alexandre Soljenitsyne ou l’immense poète palestinien, Mahmoud Darwich.

Alors quoi de neuf ?

Poursuivre la lecture


Votez François Hollande !

Inscrivez-vous à la newsletter:

Restons en contact !

 Réagissez!

Sur Twitter

 A lire!

Album photos

Newsletter

Inscrivez-vous!
* indicates required

© 2010 Najat Vallaud-Belkacem.