Tag archive for "débat"
Parlant de la Méditerranée, l’historien Fernand Braudel disait qu’elle était « (…) mille choses à la fois. Non pas un paysage, mais d’innombrables paysages. Non pas une mer, mais une succession de mers. Non pas une civilisation, mais plusieurs civilisations superposées… La Méditerranée est un carrefour antique. Depuis des millénaires, tout conflue vers cette mer, bouleversant et enrichissant son histoire (…) »
La Méditerranée, est un carrefour de civilisations, un espace riche de son infini diversité, riche aussi de ses contradictions. Espace de paix, de tolérance, d’amitiés, qui a vu vivre sur les mêmes terres musulmans, juifs, chrétiens ; mais aussi espace de tensions, de rivalités et trop souvent de guerres. Entre fraternité et incompréhensions, la Méditerranée est la ligne de crête sur laquelle Orient et Occident ne cessent, depuis des siècles de s’enrichir mutuellement et de s’affronter.
Comme tant de fois dans son histoire, la Méditerranée est aujourd’hui à un croisement. Et du visage qu’elle prendra, dépend d’une certaine façon l’équilibre du monde. Car ce qui s’y joue est ni plus ni moins que l’avenir des relations entre le Nord et le Sud, entre l’Orient et l’Occident. Ce qui s’y joue, c’est l’issue du combat contre l’intolérance, la peur de l’Autre et toutes les formes de fondamentalismes.
Au moment où certains érigent des murs et des barrières humaines, culturelles ou économiques, au moment où des Cassandre insinuent le doute sur la possibilité d’une harmonie entre les différentes rives de la Méditerranée, il est plus important que jamais d’en rappeler la vocation historique. Berceau des trois monothéismes, point d’émergence d’un humanisme puisant sa source à Athènes, Jérusalem et dans la civilisation islamique des Lumières, la Méditerranée doit renouer avec ce qu’elle est au plus profond d’elle-même : un lieu d’échanges, de circulation et d’hybridation. Un lieu de métissage exceptionnellement riche.
Porte de l’Europe vers le Sud et l’Orient, point de rencontre naturel de l’Afrique avec l’Europe, la Méditerranée est notre avenir commun.
Cette université populaire sera l’occasion d’éclairer l’histoire singulière des relations entre l’Europe et l’ensemble du monde méditerranéen, l’occasion aussi de mettre en lumière les défis stratégiques, économiques, sociaux, culturels ou environnementaux que toutes ses rives ont en partage. Un an et demi après le lancement au forceps de l’Union pour la Méditerranée, quel bilan peut-on d’ores et déjà dresser ? Quels projets devons-nous faire naître ? Autant de questions auxquelles répondront les intervenants exceptionnels qui nous font l’honneur de leur présence.
Programme
Ouverture par Ségolène Royal
Intervenants
Antoine Sfeir, Directeur des Cahiers de l’Orient, Président du Centre d’études et de réflexions sur le Proche-Orient, professeur en relations internationales au CELSA.
Pascal Boniface, geopolitologue, fondateur et dirigeant de l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS)
Hakim El Karroui, essayiste, fondateur du Club XXIème siècle
Jean-François de Coustières, Amiral
Sihem Belkhodja, directrice des rencontres chorégraphiques de Carthage et Initiatrice du Printemps de la danse
Communiqué de Najat Vallaud-Belkacem
Adjointe au Maire de Lyon
Conseillère Générale du Rhône
Secrétaire Nationale du Partis Socialiste aux questions de société
Le 13 novembre 2009.
___
« La France, c’est moi ! »
___
« Plutôt que de livrer le fond de sa pensée, Nicolas Sarkozy en a touché le fond, hier, à la Chapelle-en-Vercors : la France, c’est lui.
Aux écrivains, le droit de se taire ; à l’opposition, le droit de se coucher ; à Nicolas Sarkozy, le pouvoir absolu de dire ce qu’est la France, et ce qu’elle n’est pas, y compris en réécrivant son histoire.
A tous les autres, le devoir de l’écouter, de l’acquiescer, de l’applaudir, et de se rendre en Préfecture pour se faire délivrer un certificat de conformité de bon citoyen.
Les chômeurs, les malades, les bénéficiaires de l’instruction publique ou les intellectuels suspects de détestation de leur propre pays ont du souci à se faire.
Je fais le triste constat que Marie N’Diaye, loin d’être excessive dans ses propos, était encore en-dessous de la réalité en dénonçant la détestable atmosphère de vulgarité qui règne en France, ainsi que le caractère monstrueux de la France de Nicolas Sarkozy.
L’entreprise d’intimidation idéologique menée par le gouvernement franchit une nouvelle étape en déniant à ceux qui n’aiment pas Nicolas Sarkozy le droit d’aimer la France.
Nicolas Sarkozy s’arroge un droit qu’il n’a pas : il a été élu pour garantir l’unité de la nation et faire vivre ses valeurs, pas pour trier le bon grain de l’ivraie, et moins encore pour redéfinir à lui tout seul l’identité de la France.
La France, ce n’est pas lui, c’est nous. »
Communiqué de Najat Vallaud-Belkacem,
Adjointe au Maire de Lyon, conseillère générale du Rhône et secrétaire nationale du parti socialiste.
« Refuser le blitzkrieg idéologique sur l’identité nationale »
Les déclarations du Président de la République hier devant les agriculteurs à Poligny éclairent le véritable enjeu du débat programmé par Eric Besson sur l’identité nationale.
Les diverses réactions des élus UMP annonçaient déjà l’ampleur du désastre à venir dans un mélange explosif de sujets sans rapports, mais qui finissent par faire sens : l’identité nationale, la politique de l’immigration, la montée de l’insécurité, les jeunes issus de l’immigration, le rapport à l’histoire nationale, l’interdiction de la burqa, la « douce France » de Charles Trenet ou encore « l’islamisation rampante de la société française ».
Il ne manquait plus que le lien identitaire à la terre et à sa culture sur plusieurs générations pour parfaire le tableau d’une France dans laquelle de très nombreux citoyens auront bien du mal à se reconnaître.
En tant que socialiste, citoyenne française et élue de la République, je ne suis gênée par aucun débat, mais je suis très choquée par l’extrême brutalité de la méthode employée pour l’imposer, et je suis révoltée par les termes employés ces dernières heures pour en définir les objectifs.
« Si certains n’aiment pas la France, qu’ils ne se gênent pas pour la quitter » disait le candidat Sarkozy.
Personne n’avait imaginé que le programme présidentiel serait de la rendre détestable afin que les « gêneurs » ne se sentent plus chez eux : c’est pourtant ce qui est en train de se passer.
J'aime !, Revue de presse multimédia
Je me suis livrée avec plaisir au jeu de questions-réponses avec les étudiants de l’Institut de la Décentralisation. Extrait.
© 2010 Najat Vallaud-Belkacem.
Opinions