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Porte-parolat du gouvernement

Un an de porte-parolat décentralisé pour expliquer et échanger avec les Français

3 commentaires 08 mai 2013

Najat Vallaud-Belkacem, Porte-Parole du Gouvernement à St-Etienne - © Razak

Depuis sa prise de fonction comme porte-parole du Gouvernement en juin 2012, Najat Vallaud-Belkacem organise de manière régulière des rencontres sur le terrain : les porte-parolats décentralisés. Le principe de ces rencontres de proximité est simple : aux termes d’un déplacement d’une journée, une réunion publique ouverte aux habitants lui permet de revenir sur l’action du gouvernement et de répondre aux questions.

Ces porte-parolats décentralisés se tiennent chaque mois dans une ville différente: le Teil (Ardèche), Cahors, Lorient, Saint Ouen-l’Aumône, Chalon-sur-Saône, Saint-Etienne, La Réunion, Montluçon… Retrouvez ici 8 extraits vidéo de ces porte-parolats.

Le 26 avril 2013 à Montluçon, Allier :

Le 21 février 2013 à La Réunion :

Le 1er février 2013 – Saint-Etienne, Loire :

Le 20 décembre 2012 à Chalon-sur-Saône, Saône-et-Loire :

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En direct du Ministère des Droits des femmes

Concertation sur le dispositif d’application des sanctions aux entreprises qui ne respectent pas la loi sur l’égalité professionnelle

2 commentaires 10 octobre 2012

egaproLa ministre des Droits des femmes a réuni le conseil supérieur de l’égalité professionnelle. Il s’agissait de la deuxième réunion de ce conseil depuis la nomination du Gouvernement.

Cette réunion a permis de faire le point sur 4 chantiers que les participants de la table ronde égalité professionnelle de la grande conférence sociale avaient décidé de lancer.

A cette occasion, la Ministre a présenté le projet de révision du dispositif de sanction pesant sur les entreprises qui ne seraient pas en conformité avec la loi. Poursuivre la lecture

Ils ont quitté la Puerta del sol…

Billet edito

Ils ont quitté la Puerta del sol…

3 commentaires 14 juin 2011

Les Indignados sont à la politique ce que les ovni sont à l’aviation… On peut les ignorer mais pourtant ils volent !

Depuis plusieurs années maintenant, nous sommes quelques uns à dénoncer notre préférence systématique pour le présent et le caractère demiurgique de nos politiques publiques, qui sacrifient une jeunesse désormais convaincue qu’elle vivra moins bien que ses parents.

Printemps arabe, Indignados espagnols, jeunesse grecque et French Revolution : malgré les évidentes différences d’aspirations premières et de contexte, la parenté est patente.

C’est un mouvement fascinant, et en même temps étrange, qui a vu une jeunesse arabe se soulever, reprendre son destin en main en exigeant la démocratie qu’elle voit depuis des années de l’autre côté de la Méditerranée. Une sorte d’aspiration « à être comme vous ».  Un élan et un souffle qui a servi paradoxalement d’exemple et donné aux jeunesses européennes le courage de se dire : il n’y a pas de fatalité à ce que la société ne nous entende pas.

C’est l’exemple qui prend sur l’exemple, créant une solidarité et une fièvre qui balayent d’un revers de main des frontières que les dirigeants politiques veulent à tout prix renforcer chaque jour. C’est dans ces instants, ces mouvements citoyens inattendus et indomptables, que l’on sent et l’on vibre à l’idée que l’on arrive à un tournant de l’histoire, de l’histoire avec un grand H.

Et pourtant qu’y a-t-il de commun entre les Révolutions Arabes, la Spanish Revolucion et la French Revolution ?

A première vue, si le printemps arabe se rassemble derrière de grandes idées fédératrices, la liberté et la démocratie, les interviews des indignés ont pu donner l’impression d’une dispersion des objectifs, vouant a priori le mouvement à l’échec.

Il n’en est rien. Si par essence même, un mouvement spontané et citoyen n’a pas les éléments de langage policés qu’affectionnent politiques et journalistes, il en reste pas moins que ce qui les unit tous est le diagnostic d’une crise grave et profonde de la société actuelle et de son fonctionnement : pour les premiers, l’objectif est de marcher vers la démocratie, pour les autres, le but est d’achever une démocratie dans laquelle ils ne trouvent pas leur place.

Ceux qui seraient tenté de hiérarchiser la difficulté des deux revendications auraient tort : Bien sûr la violence de la répression insupportable et les conditions sociales tragiques ont marqué le printemps arabe comme nous espérons qu’elles ne marqueront plus jamais nos mouvements européens, c’est évident ! Mais changer et faire bouger un système a priori souple, mou et policé où chaque fois que l’on ne rentre pas dans la norme prévue et que l’on hausse le ton, on est sommé d’arrêter et d’attendre de pouvoir voter tous les 5 ans pour des candidats qu’on n’a pas choisi, n’est pas une mince affaire. Des barreaux invisibles d’une cage dorée (dorée pour qui d’ailleurs ?) où il est interdit de sortir : cela reste une prison.

Or la démocratie ce n’est pas seulement le droit de vote. La démocratie c’est aussi des contre-pouvoirs, une justice dans laquelle personne ne doute, la possibilité effective de pouvoir passer d’un corps social à un autre et d’accéder à l’ensemble des sphères économiques, politiques et sociales sans avoir besoin d’avoir l’âge qu’il faut, le sexe qu’il faut, la couleur qu’il faut ou l’orientation sexuelle qu’il faut.

Ceux qui n’avaient pas compris les enjeux de la démocratie participative et la soif d’expression des citoyens et s’en étaient moqué sont les mêmes qui aujourd’hui ne savent plus trop comment expliquer, analyser et accompagner les mouvements citoyens, notamment ceux des jeunesses.

Non, ni Internet, ni Facebook, ni Twitter n’ont poussé les Tunisiens, les Syriens, les Égyptiens, ni les Algériens, les Marocains, les Italiens, les Grecs ou les Espagnols à descendre dans la rue, ce ne sont pas des créateurs de révolutions. Ce sont les déficits démocratiques, l’oubli d’une génération, les injustices sociales, l’abandon de nos souverainetés aux marchés et l’austérité économique qui ont poussé les uns à mettre leur vie en danger en protestant et les autres à se réunir en masse. Sauf que les réseaux sociaux ont bousculé les vieilles recettes auxquelles la classe politique était habituée. Ils ont été à la fois la clef de la mobilisation et le témoignage de revendications démocratiques en passant outre les vecteurs officiels et consensuels de l’information : chacun peut désormais décider d’être producteur, récepteur et vecteur d’informations. Une instantanéité et une horizontalité qui rééquilibrent la rareté des occasions de concertation démocratique des citoyens entre une élection présidentielle et une autre sur l’avenir et les choix d’une société. C’est cela aussi la démocratie participative.

Une chose reste cependant à pointer : la désespérance de la jeunesse française qui n’a pas (encore) su trouver un écho de mobilisation semblable à l’Espagne. Mais qu’on ne nous explique pas cela par une soi-disant « meilleure gestion française » de la crise, ce serait jeter de l’huile sur le feu. Le désespoir français se mesure par l’abstention de plus en plus  massive et structurelle des jeunes aux élections qui se transforme au fur et à mesure en scission silencieuse mais durable entre la société et la politique. Rien de très encourageant pour la classe politique.

Il est encore temps de changer notre façon de faire de la politique, d’approfondir notre démocratie, d’organiser la participation citoyenne, de renouveler et diversifier la classe politique, de comprendre les enjeux d’un monde numérique libre et de ne plus considérer la jeunesse comme la variable d’ajustement de nos politiques économique et social mais comme un atout majeur sur lequel investir économiquement, socialement et culturellement. La jeunesse a des affinités électives avec l’utopie, c’est à elle qu’il nous faut confier notre avenir…

Georges Bernanos disait : « C’est la fièvre de la jeunesse qui maintient le monde à la température normale. Quand la jeunesse se refroidit, le reste du monde claque des dents. »

Aujourd’hui, la surchauffe nous guette !

Billet edito

Je voudrais, sans la nommer, vous parler d’elle…

8 commentaires 21 février 2011

Depuis bientôt deux mois un vent nouveau souffle sur des peuples que certains considéraient comme soumis et peu susceptibles de révolte, encore moins de révolution. Moyennant quoi, les dictatures ou les pouvoirs coercitifs qui sévissaient, bénéficiaient d’une bienveillante complaisance. Une fois rappelé, de temps en temps, la nécessité (et ce n’était pas toujours le cas) de respecter les droits de l’Homme, les affaires continuaient sans grand embarras. C’est que ces peuples n’étaient réputés devoir se rebiffer que si le prix du pain augmentait (et dans ce cas il suffisait de leur donner à manger pour qu’ils se taisent), ou s’agiter sous l’action souterraine d’extrémistes musulmans dont la simple existence, le plus souvent férocement réprimée, justifiait l’existence de régimes autoritaires qui ne faisaient pas de détails : sous prétexte de contenir ce danger, c’est l’ensemble des sociétés qu’ils mettaient sous la botte.

Il y avait bien quelques démocrates dans ces sociétés-là, mais peu soutenus par les démocraties elles-mêmes, tant il leur semblait peu probable qu’ils puissent constituer une alternative crédible à la dictature ou à un pouvoir fondamentaliste. Mais ces sociétés réputées figées et incapables d’une quelconque autonomie, viennent de faire la démonstration de leur richesse et de leur capacité à changer les choses. Elles n’ont eu besoin d’aucun leader charismatique, d’aucune idéologie « révolutionnaire », d’aucun agitateur religieux pour descendre dans la rue, risquer la vie des leurs et finalement renverser le cours des choses. Pas seulement pour manger, pas seulement pour avoir du travail, mais au nom de la liberté et de la dignité. En un mot au nom des droits de l’homme.

D’aucuns insistent sur le fait que la prise en compte, comme raisons de la révolte, de ce dernier aspect, serait le fait de naïfs et que les revendications matérielles seraient en fait les seuls qui tiennent. C’est ignorer que le droit au travail et à la subsistance font partie intégrante des droits de l’homme et qu’ils ne sont pas opposables à une sorte de romantisme révolutionnaire.

Les dictatures, en Tunisie, en Égypte… ont tenté de garder la main en lâchant peu à peu des « concessions », alternant violence et reculade. Rien n’y a fait et ce sont les peuples qui ont fini par l’emporter.

Tous les régimes autoritaires en place au sud de la Méditerranée, au Moyen-Orient et ailleurs, devraient s’aviser qu’ils ne sont pas propriétaires des libertés qu’ils pourraient octroyer au gré de leur bon vouloir ou des rapports de forces. Ce n’est pas à eux de juger si les peuples sont « mûrs » pour la liberté et à quelle vitesse doit se faire la « transition ».

Aujourd’hui, rien n’est gagné, des dictatures sont tombées, des révolutions ont eu lieu, mais l’histoire montre sans aucune espèce d’ambiguïté que les révolutions sont, dans la quasi totalité des cas, confisquées ou captées. A commencer par les plus emblématiques, celle de 1789 en France, celles de 1848 en Europe  et celle de février 1917 en Russie.  Les intérêts internes et externes sont suffisamment forts pour spolier une fois de plus les peuples qui se sont libérés. Les luttes de libération nationale qui ont permis la décolonisation ont été faites au nom de la « liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes ». Mais une fois les indépendances acquises, au prix du sang des peuples concernés, les nouveaux pouvoirs ont confisqué ces libertés si chèrement gagnées.

Aujourd’hui, forts de ces leçons et surtout de la vigueur de la lutte des peuples et de leur courage, ce que tous les démocrates doivent exiger, des deux côtés de la Méditerranée et au-delà, c’est bien cette « liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes », plus à l’ordre du jour que jamais. Aucune considération d’ordre stratégique, ne doit entrer en ligne de compte. La prétendue justification des pouvoirs forts était la lutte contre le fondamentalisme religieux. Ces dictatures ont fait la preuve qu’en réalité  elles faisaient le lit de l’islamisme et que c’était le terrorisme qui les confortait. La démocratie est, en revanche le plus sûr rempart contre toutes les dérives autoritaires et contre les extrémismes.

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« Un immense besoin d’éducation populaire » de Christian Maurel

1 commentaire 02 février 2011

Une analyse du sociologue Christian Maurel, publiée dans Le Monde, et à laquelle j’adhère totalement…

Un immense besoin d’éducation populaire


Où va le monde et que peuvent les hommes ? C’est à ces deux questions que l’éducation populaire tente à sa manière de répondre. En fait ces deux questions se ramènent à une seule : comment faire pour que les hommes qui sont le produit de l’Histoire – selon les cas et les moments, bénéficiaires ou victimes – puissent individuellement et collectivement faire l’Histoire et construire leur devenir commun ? La question est d’une brulante actualité. Il y a trois bonnes raisons de la poser :

1- La crise économique, sociale et écologique profonde que nous traversons nous conduit à penser que le monde ne peut rester en l’état et qu’il est urgent que les hommes reprennent collectivement leur destin en main.

2- Nous vivons un redéploiement des inégalités tant dans notre pays que sur l’ensemble de la planète. Entre les 5 % les plus riches de la Terre et les 5 % les plus pauvres, l’écart des revenus atteint 74 pour 1, contre 3 pour 1 en 1960. Ces inégalités menacent aujourd’hui l’unité du corps social.

3- La démocratie délégataire connaît une grave crise de légitimité. Les milieux populaires et les jeunes ne se sentent plus représentés et les Etats, même les plus démocratiques, sont dominés par les puissances économiques et financières qui les tiennent à leurs bottes.

Les hommes, notamment ceux qui subissent les événements, ont un urgent besoin de s’exprimer, de mettre des mots sur ce qu’ils vivent, d’apprendre à voir, de comprendre, de s’engager en sachant mieux l’Histoire qu’ils font. « Substituer enfin l’ambition d’éclairer les hommes à celle de les dominer », disait déjà Condorcet dans son Projet d’instruction publique de 1792. « Avoir la science de son malheur », dira cent ans plus tard Fernand Pelloutier, l’initiateur des Bourses du travail.

Une simple instruction du peuple dispensant un savoir, aussi pertinent soit-il, ne suffira pas si elle ne s’accompagne pas, comme ce fut le cas au moment de l’élaboration des Cahiers de doléances en 1789, de la construction de nouvelles intelligences et représentations collectives du monde permettant de donner un avenir au futur. L’éducation populaire peut et doit contribuer à ce processus nécessaire et ambitieux en œuvrant dans trois directions complémentaires et convergentes : l’émancipation qui consiste à sortir, aussi modestement que cela soit (une prise de parole, une indignation publiquement exprimée, un premier acte de résistance…) de la place qui vous a été assignée par les conditions sociales, les appartenances culturelles, le genre ou les handicaps de toutes sortes ; l’augmentation de la puissance d’agir permettant aux individus de reprendre leur destin en main ; l’engagement dans les transformations des rapports sociaux et politiques jugées pertinentes et que les situations imposent.

On comprend ainsi que l’éducation populaire est tout le contraire d’un acte pédagogique autoritaire qui va de ceux qui savent aux apprenants. Elle est un processus d’autorisation à dire et à faire ce qui était ou semblait préalablement interdit. Comment procède-t-elle ? L’histoire de l’éducation populaire spontanée ou agréée par l’Etat témoigne d’un foisonnement d’expériences dans les lieux et les domaines les plus divers : loisirs, quartiers, école, médias, monde du travail, espaces ruraux, hôpitaux psychiatriques, prisons… On peut cependant identifier quelques principes et processus qui éclairent, guident et sous-tendent les procédures et procédés pédagogiques :

- Le « voir, comprendre, agir » qui pendant longtemps servit de guide aux mouvements sociaux, de jeunesse et d’éducation populaires de toutes obédiences (républicaines, chrétiennes, socialistes, communistes, anarcho-syndicalistes…). Le « comprendre » n’est pas premier comme c’est le cas dans l’instruction. Il s’appuie sur l’observation à partir du point de vue où l’on se trouve et est orienté vers l’action, en situation.

- Le processus « paroles, savoirs, œuvre, pouvoir, émancipation » expérimenté et formalisé par Pierre Roche, sociologue au Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq), où l’on voit que, de part en part, la culture est au travail, ouvre à la création (sociale, artistique, intellectuelle…), génère des savoirs « inouïs », chacun pouvant alors devenir « œuvrier » comme le dit si joliment Bernard Lubat. La mise en jeu qui a son origine dans la parole, même la plus modeste, devient « mise en je » comme le montre l’expérience accompagnée par Armand Gatti dans le quartier de la Croix des oiseaux à Avignon au début des années 1990 et qui conduit quinze jeunes en situation d’exclusion à la création de Ces empereurs aux ombrelles trouées jouée dans le cadre du festival.

- Partir de ce qui affecte et indigne les gens (voir les expériences de l’Université populaire – Laboratoire social de la Maison des jeunes et de la culture (MJC) de Ris-Orangis) et ainsi privilégier l’approche ascendante et transversale de la construction des savoirs à l’inculcation descendante qui est encore souvent celle de l’instruction et de l’éducation du peuple.

- Redonner un statut pédagogique et politique au conflit dans une société qui le refoule (voir Benasayag et Del Rey, Eloge du conflit) et lui préfère la violence ou les faux consensus. L’éducation populaire doit au contraire s’évertuer à réveiller les contradictions, à les mettre en mots et en travail de transformation visant à les dépasser, à traduire les rapports de violence réelle ou potentielle en rapports de sens.

L’APPROFONDISSEMENT DE LA DÉMOCRATIE

Ainsi conçue, l’éducation populaire devient une « opération culturelle », dit Michel De Certeau dans La culture au pluriel, qui « perturbe les constellations sociales en place ». Il est à remarquer que tous les actes et mouvements sociaux et politiques de transformation qu’ils soient réformistes ou révolutionnaires, les plus modestes comme les plus spectaculaires, sont traversés et travaillés par des processus d’éducation populaire contribuant à accoucher d’une nouvelle conscience collective. « Maintenant, Avignon est enceinte de sa banlieue », dit Paul Blanc, le directeur de la MJC, au moment de l’opération conduite par Armand Gatti. La révolution tunisienne actuelle témoigne, à sa manière, que malgré les contraintes du pouvoir, la population, et tout particulièrement les jeunes, ont su mettre les nouvelles technologies de l’information et de la communication au service d’une compréhension porteuse d’émancipation, de capacité à agir ensemble et de transformation démocratique.

Confrontés aux questions sociales vives que leur posent les citoyens ainsi que ceux qui ne s’autorisent pas encore à le faire – car même les silences sont porteurs de sens –, les élus politiques et les institutions publiques seraient bien inspirés de faire une réelle place à l’éducation populaire et lui donner les moyens qu’elle mérite. « Nous avons un vrai combat à conduire vers l’électorat populaire », dit par exemple Ségolène Royal dans Le Monde daté 9 janvier. A quoi elle ajoute : « J’oppose au simplisme des replis identitaires, source de violence, la volonté de reconstruire une communauté nationale de travail, de dialogue et de création ». Ce projet louable, dont il serait prétentieux de programmer d’en haut le déroulement et l’aboutissement, ne saurait prendre corps sans une reconnaissance et un engagement d’une éducation populaire traversant et travaillant le corps social. Il en va de l’avenir et de l’approfondissement de la démocratie.

Edgar Morin plaidant pour « une nouvelle inventivité politique » dans Le Monde daté 9 novembre se réfère à un proverbe turc : « Les nuits sont enceintes et nul ne connaît le jour qui naîtra ». Nous parions que si l’on veut faire advenir le jour, les nuits devront être éclairées par un travail culturel d’éducation populaire car « les têtes » ne pourront magiquement « surgir dans les désastres planétaires pour le salut de l’humanité ». En effet, la situation, du local au global, est telle que, pour faire naître d’autres intelligences au service d’un nouveau projet de société, l’organisation d’états généraux de la transformation sociale et politique peut et doit être mise à l’ordre du jour. L’éducation populaire devra y prendre toute sa place. Qui prendra l’initiative de les convoquer ?

Christian Maurel a publié Education populaire et puissance d’agir. Les processus culturels de l’émancipation. (L’Harmattan, 2010).

Christian Maurel, sociologue, cofondateur du collectif national Education populaire et transformation sociale

Voici le lien vers le site de Le Monde: http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/02/02/un-immense-besoin-d-education-populaire_1473891_3232.html

Ma ville, mon canton

Deux collégiens de Molière au conseil général des jeunes.

Pas de commentaire 20 décembre 2009

Article paru dans le Progrès (photo Dominique Cairon).

« Charlotte Dinet et Karim N’Diaye sont les deux élus qui siègent au conseil général des jeunes. L’aventure a commencé quand les deux collégiens ont appris que le conseil général cherchait des jeunes pour siéger : « J’ai été tenté, mais j’ai réfléchi avant de m’inscrire. Comme il me manquait une suppléante, c’est Charlotte qui a bien voulu s’inscrire avec moi », raconte Karim, le titulaire. Si les compétences du conseil général leur échappent encore un peu, Karim sait que c’est dans cette assemblée que sont gérés les collèges : « On discute aussi de la prévention en matière de santé, la drogue et l’amélioration de la vie au collège », explique-t-il. Les élèves sont parrainés par la conseillère générale du canton, Najat Vallaud-Belkacem. « Nous l’avons rencontrée et elle nous a expliqué le fonctionnement de l’institution. On siège à la préfecture. C’est une expérience qui nous permet de mieux comprendre comment les choses se décident et d’être des citoyens à part entière ».

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Ma ville, mon canton

A 18 ans, les jeunes entrent de plain-pied dans la citoyenneté

Pas de commentaire 30 novembre 2009

Pour la première fois, la mairie de Lyon a invité les jeunes à faire entendre leurs aspirations et leurs attentes pour mieux prendre en main leur nouvelle vie de citoyen. Elus et associations les ont guidés.

Sous les lambris des salons luxueux de l’hôtel de ville, le baby-foot et le flipper tranchent. Hier, les élus recevaient les jeunes Lyonnais, fraîchement majeurs ou à l’aube de le devenir.

Ils sont 4 000 dans la ville et environ un quart à avoir répondu à l’appel de la mairie. Pour Najat Vallaud-Belkacem, adjointe à la Jeunesse et à la Vie associative, initiatrice du projet, il s’agit de « rendre service aux jeunes en les aidant à passer le cap de la majorité, pour qu’ils deviennent des citoyens éclairés ».

Et pour la mairie, une bonne occasion de jauger ces jeunes, de mieux les connaître. « C’est une photographie de la jeunesse à Lyon ».

Si certains jouent le jeu de la citoyenneté, annonçant qu’ils viennent voir le maire et « entendre ce qu’il a à nous dire », d’autres se sentent davantage concernés par l’actualité people qu’on leur offre sur un plateau. « Je suis un fan de Kaamelott, je suis venu voir Alexandre Astier et j’ai pu lui poser une question ».

D’autres encore profitent de cette journée pour admirer l’architecture des lieux, tandis qu’un futur bachelier semble déjà blasé. « Je ne suis pas venu avec des questions. Je ne repartirai donc pas avec des réponses », explique Eloi qui aura 18 ans en janvier.

Tous, en tout cas, ont salué l’initiative, trouvant là de quoi satisfaire leur soif de connaissances quant à leur avenir. Côté people, il y en avait également pour tous les goûts : tous champions du monde ! En boxe, hip-hop ou patinage artistique. De Christophe Tiozzo aux Pokemon Crew en passant par Olivier Schoenfelder.

Seulement, lorsqu’il s’agit de dialoguer avec Gérard Collomb, les langues ont eu du mal à se délier, malgré le professionnalisme de Samuel Etienne.

Il a largement aidé le premier à se lancer.

Le foot était d’actualité, avec une qualification controversée.

« Est-ce qu’on rejoue le match dans le grand stade à Décines ? », questionne un jeune. La réponse du maire fuse, sur le même ton, celui de la boutade. « Oui, en 2013 ! »

D’ici là, les 18 ans de ces jeunes, présents aujourd’hui, seront déjà bien loin…

Billet edito

jusqu’ici tout va mal

190 commentaires 10 octobre 2009

Bonjour à toutes et à tous, heureuse de trouver le temps de jeter quelques mots sur la toile et de vous retrouver.

Sur un blog, quinze jours de silence, c’est presque l’éternité ! Cet espace de libre expression que nous nous partageons maintenant depuis plus de trois ans est petit à petit devenu une sorte de journal de mes activités, mais je manque cruellement de temps. Je vous propose donc un petit retour en arrière sur l’actualité de ces dernières semaines, et de rattraper un peu le fossé qui a séparé le réel du virtuel.

Petit retour en arrière donc. Premier sujet à me venir à l’esprit, Polanski / Mitterrand… mais en vérité, je n’ai pas très envie d’en parler, assez mal à l’aise devant les revendications d’une justice d’exception pour nantis et VIP, même si l’on peut regretter l’imprescriptibilité des faits reprochés à un cinéaste dont personne ne remet en cause le talent, mal à l’aise aussi devant la précipitation à tomber sur le dos du ministre de la Culture pour des écrits qui relèvent davantage de la littérature qu’autre chose, et dont l’instrumentalisation tardive par le Front National a suscité des amalgames nauséabonds, notamment entre homosexualité et pédophilie. Comme l’a écrit très justement Caroline Fourest dans sa chronique du Monde, le risque est de faire le procès de l’émancipation sexuelle et des libertés individuelles, plutôt que celui du commerce du sexe et de la domination.

Mal à l’aise, dans le fond, avec une comparaison très dangereuse entre des faits judiciaires d’un côté, et un livre de l’autre. On a l’impression plus que désagréable que certains n’hésiteraient pas envoyer des écrivains devant un tribunal si c’était l’occasion de gagner quelques points de sondage. Polanski, lui, c’est ne pas un film qu’on lui reproche, et c’est pour cela que son statut d’artiste n’a pas à constituer une forme de bouclier contre la justice d’un grand pays démocratique.

« Parce que je le vaux bien. »

Jean Sarko J’aurais plutôt envie de me désoler du comportement insolent de Jean Sarkozy à qui, de droit divin, tout semble dû, lui qui vient de se déclarer candidat à la présidence de l’établissement public d’aménagement du quartier de la Défense et a vu tous les couards féodaux des Hautes Seines lui dérouler le tapis rouge, à lui, l’héritier, l’antithèse de la méritocratie. J’en profite pour saluer la réaction salutaire de Michèle Delaunay sur son blog en soulignant que cette « nomination » était une provocation cynique à l’égard de tous les jeunes Français qui comptent sur leur travail et leurs efforts pour trouver un emploi, pendant que d’autres n’ont même pas à se présenter au moindre examen. C’est le philosophe Yves Michaud dans son dernier essai « Qu’est ce que le mérite ? » qui dénonce en profondeur les dérives du mérite républicain à l’ère Sarkozy: on rabaisse la dignité de cette valeur essentielle en passant de Voltaire à un slogan de publicité pour des shampooings. De ce point de vue, il est probable, en effet, que Jean Sarkozy aura une Rolex avant 50 ans…

Ce nouvel épisode est un symptôme de plus d’un siècle des lumières éteintes ! Népotisme décomplexé et spectacle pathétique d’une République de plus en plus absolutiste qui ne tolère aucun contre pouvoir. Le Président qui s’intéresse à la littérature devrait lire Diderot (il apprendra au moins que ce n’est pas qu’un boulevard parisien !) : « Aucun homme n’a reçu de la nature le droit de commander aux autres. La puissance, qui vient du consentement des peuples, suppose nécessairement des conditions qui en rendent l’usage légitime, utile à la société, avantageux à la république, et qui la fixent et la restreignent entre des limites… »

Chirac et Sarko : fallait pas lacher la laisse République, le cadavre bouge-t-il seulement encore ? À droite, ce qu’il reste de gaullistes sociaux et de républicains authentiques tente avec un certain courage de garder une liberté de parole, mais combien sont-ils à oser s’opposer à l’abaissement du Parlement, à s’alarmer de la profondeur des déficits publics, des atteintes à l’indépendance de la Justice, des obscurs desseins gouvernementaux en matière de réforme des collectivités territoriales, de la monstruosité des injustice fiscales et sociales ? Goulard, Adnot, Seguin, Juppé il y a quelques jours dans le journal Sud Ouest… bref pas grand monde, ce qu’il reste d’une « chiraquie » qu’on finirait par regretter… Un comble tout de même au moment où sa figure de proue fait le feuilleton avec l’affaire clearstream !

Et pendant ce temps là, rien n’arrête le zèle du « traitre heureux » ainsi que François Hollande l’a finement qualifié : Eric Besson. Il fait même mieux que Pasqua dans le cynisme et l’inhumanité en affrétant des charters pour reconduire des clandestins en Afghanistan… pays en guerre ! Atteinte scandaleuse au droit d’asile déjà réduit à pas grand chose par Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux…

« Nous sommes le peuple ».

Wir sind das Volk Quel bonheur et quel bol d’air dans ce climat national délétère, de pouvoir partager le souvenir des riches heures de la réunification allemande, et de l’épanouissement de la démocratie avec ceux qui l’on vécu.

Je reviens tout juste de Leipzig où je suis allée commémorer le 20e anniversaire de la première manifestation de masse contre le régime communiste est-allemand qui devait aboutir, un mois plus tard, à la chute du mur de Berlin, et à la disparition de l’URSS. C’était le 9 octobre 1989 : la révolte populaire et pacifique qui allait bouleverser le cours de l’histoire se mettait en marche, ici, dans les rues de Leipzig. Lyon est jumelée avec cette ville allemande depuis plus de 25 ans, et nous avons noué des relations de partenariat et de développement dans tous les domaines, notamment la Fête des Lumières. C’est en partie pour cela que je représente Lyon au cours de ces festivités : nous avons en effet contribué au programme artistique qui a illuminé la ville hier soir, retraçant pas à pas le parcours des manifestants de l’époque. Pour moi, ce fut évidemment une grande fierté et beaucoup d’émotion d’assister à un tel événement historique, aux côtés d’hommes et de femmes venus de toute l’Europe.

Je reste convaincue qu’on ne peut pas faire sérieusement de la politique si on ne prend pas le temps, le plus souvent possible, de se détourner de l’actualité immédiate, de se retourner sur notre histoire, ce qui fait notre identité, et de réfléchir aux valeurs sur lesquelles nous construisons notre société.

J’ai profité aussi de l’occasion de ce passage à l’étranger pour rencontrer mes homologues de différentes villes et échanger avec eux sur nos projets, nos pratiques, notre vision de l’avenir. J’ai notamment auditionné plusieurs personnalités du monde scientifique et intellectuel sur les questions de bioéthique, dans le cadre de la commission d’études que j’anime au Parti Socialiste.

La valeur d’une telle confrontation des points de vue, d’une société à l’autre, est inestimable.

« Faire vivre la démocratie, tous les jours »

Tout ceci fait écho au début de la semaine précédente, où j’avais tenu à rencontrer les élèves du Collège Molière dans mon canton à Montchat à l’occasion de l’élection de la prochaine assemblée du Conseil Général des Jeunes. J’ai pris un véritable plaisir à passer cette matinée avec une centaine de jeunes adolescents pour les sensibiliser à cette initiative qui leur permet de mieux comprendre les enjeux et les rouages de la démocratie: la démocratie est fragile, en transmettre la connaissance et le goût d’une génération à l’autre est un impératif absolu, une façon de faire passer une part de la flamme républicaine à de futurs citoyens. Là aussi, j’en reparlerai car je travaille en ce moment à l’organisation d’une cérémonie d’accès à la citoyenneté pour les jeunes majeurs qui doit avoir lieu avant la fin de l’année, à Lyon.

De telles visites sont aussi l’occasion pour moi de suivre les évolutions du quartier. J’en profite alors pour avoir un échange approfondi avec les équipes pédagogiques, et les aider à résoudre leurs difficultés au quotidien puisque cela fait partie des compétences que me permet d’exercer directement mon mandat de Conseillère Générale.

La vie d’un collège est un révélateur puissant des réalités sociales : s’y intéresser de très près reste l’un des leviers les plus importants pour agir concrètement au plus prés des besoins. Je m’en suis encore bien rendu-compte, le soir même, après un long Conseil de Communauté Urbaine, lors de l’accueil en Mairie du 3e arrondissement des nouveaux habitants : tous, ou presque, étaient des parents d’élèves d’abord préoccupés par l’éducation de leurs enfants, la qualité de leurs loisirs, leur sécurité ou leur santé.

J’ai souvent l’occasion d’en parler ici à propos de l’actualité nationale et des mesures gouvernementales contre le système éducatif et les enseignants : c’est d’abord parce que j’en vois les dégâts tous les jours, et que je mesure l’inquiétude qui monte un peu partout.

Mais gardons espoir, entre la privatisation de la poste, la hausse des forfaits hospitaliers, la fermeture de services publics en milieu rural, la hausse continue du chômage, l’explosion des atteintes aux personnes, la poursuite des cadeaux fiscaux aux plus riches sur le dos des classes moyennes, les atteintes à la démocratie locale à travers l’étranglement financier des collectivités locales, l’accroissement des déficits qui annoncent des hausses d’impôts futures, les atteintes répétées à la laïcité et la grande blague de Pittsburgh, qui peut sérieusement se réjouir de vivre dans « la France d’après », celle promise par le candidat Sarkozy ?

La démocratie fera son lent et patient travail, et finira par démentir ceux qui dégradent autant la valeur de la parole politique : mobilisons nous, nous avons six mois jusqu’aux Régionales, pour faire gagner la gauche dans nos Régions, et préparer l’alternance en 2012.

Billet edito

Au travail, c’est la rentrée !

33 commentaires 24 août 2009

universités d'été de l'Espoir à gauche Après quelques jours de repos, j’ai fait ma rentrée politique le week-end dernier à Marseille pour les premiers ateliers d’été de « L’espoir à gauche ». Plus de 1000 militants au rendez vous, un panel d’intervenants de grande qualité, des débats tournés vers l’avenir autour de sujets comme la réforme des retraites, l’école, l’information, les nouveaux modèles du développement économique, la crise de la social-démocratie en Europe ou encore l’organisation de primaires aux PS, ce week-end aura redonné le sourire à pas mal d’entre nous qui voient progresser les idées défendues par Ségolène Royal, par les figures de proue de la motion E comme Vincent Peillon ou Jean Louis Bianco. Pour ceux qui veulent en savoir plus sur le contenu des débats, je vous invite à vous rendre sur le site de l’espoir à gauche.

démocratie, action publique et collectivités locales

Pour ma part, j’animais aux côtés de François Rebsamen un débat sur la démocratie, l’action publique et les collectivités locales : un sujet essentiel à la veille de la présentation du projet de loi sur la réforme de collectivités locales, mais aussi des élections régionales de mars 2010.

Le débat a été l’occasion de faire le bilan de 25 ans de décentralisation, de s’interroger sur le rôle et la place des collectivités locales dans la relance économique dont le gouvernement revendique à grand renfort de médias le monopole. Les témoignages ont été nombreux de leur rôle indispensable d’amortisseur économique et social pour nos territoires, nos populations, nos entreprises. Les intervenants ont à cet égard parlé des départements, des villes et des régions de gauche comme le meilleur des contre gouvernements et le terreau de la rénovation du PS.

Les échanges ont également permis d’aborder la question de la réforme institutionnelle, de détailler les propositions socialistes en la matière, d’insister sur le rôle de la démocratie participative.

Les inquiétudes des associations d’élus locaux ont également été rapportées devant les intentions cachées de la réforme Sarkozy/Balladur entre volonté de reprise en main des collectivités, manipulation des modes de scrutins et étranglement financier avec la réforme annoncée de la taxe professionnelle qui mettra a mal l’autonomie fiscale des collectivités.

Autant d’interrogations conduisant à questionner l’avenir des départements, le sens de la création des conseillers territoriaux et les conséquences à attacher à la fin de la clause de compétence générale et à la spécialisation des collectivités.

Que demeure-t-il de la libre administration des collectivités dès lors qu’elles n’ont que des compétences obligatoires ? A quoi servent les élus dans ces conditions ? que reste-t-il de l’esprit de la décentralisation et des libertés locales ?

Bref, un débat passionné et passionnant.

La marchandisation du corps

Université d'été du PS

Ce week-end, c’est à la Rochelle que je vous retrouverai pour l’Université d’Eté, du 28 au 30 aout, toujours dans un esprit de travail sur les idées, et la construction d’un projet pour le PS et toute la gauche.

Un projet qui passera, j’en suis convaincue, par une profonde rénovation de notre réflexion sur les grandes questions de société, et c’est dans ce cadre que j’interviendrai sur la « marchandisation du corps » aux cotés du philosophe Ruwen Ogien connu pour ses positions en faveur d’une éthique minimaliste (une éthique fondée sur la liberté de faire ce qu’on veut du moment qu’on ne nuit pas à autrui) et parfois présenté comme philosophe de l’ultra liberalisme et de Claire Quinet, l’une des responsables de l’association Le Nid qui lutte contre la prostitution et prône l’établissement d’une norme légale interdisant l’achat d’un acte sexuel .

Le débat sera pour moi l’occasion d’évoquer la question de la marchandisation sexuelle, de la réalité du libre choix parfois revendiqué, de la division des féministes sur ce sujet, mais aussi d’élargir le débat à la question de la gestation pour autrui, à la non-disposition du corps humain, au don d’organes et plus largement à la bioéthique dont la loi sera révisée en 2010… nous pourrons ainsi parler du rapport de la gauche au progrès, de la responsabilité sociale des scientifiques, du scientisme et de l’antiscience, poser la question de l’universalité des principes éthiques et du rôle du politique. Bref un débat qui s’annonce particulièrement intéressant sur un sujet très compliqué.

Une occasion aussi de lire à la lumière de l’actualité Albert Camus, qui écrivait au moment de l’explosion d’Hiroshima : « le XVIIème siècle a été le siècle des mathématiques, le XVIIIème siècle celui des sciences physiques et le XIXème siècle celui de la biologie. Notre XXème siècle sera celui de la peur ; on dira que ce n’est pas une science. Mais d’abord la science y est pour quelque chose, puisque ses derniers progrès théoriques l’ont menée à se nier elle même et puisque ses perfectionnements pratiques menacent la terre entière de destruction. De plus, si la peur elle-même ne peut être considérée comme une science, il n’y a pas de doute qu’elle soit cependant une technique ».

Je serai ensuite de retour à Lyon à plein temps, avec en ligne de mire une première séance publique du Conseil Général du Rhône le 4 septembre, puis le Conseil Municipal de rentrée le 14 septembre.

« Peut-on rêver d’un monde meilleur ? »

Une actualité de rentrée décidément placée sous le signe du débat d’idées. Dés maintenant, vous pouvez en effet réserver vos places (gratuites) pour assister aux débats qui se tiendront à Lyon du 18 au 20 septembre prochain dans le cadre du « Forum Libération ».

Le sujet est l’un des plus passionnants qui soit pour tous ceux qui s’intéressent au monde dans lequel nous vivons, à son histoire récente comme à son futur proche, ainsi qu’aux moyens de le changer, et de préparer un avenir meilleur.

Pendant trois jours, intellectuels, politiques, experts, entrepreneurs, journalistes et citoyens vont se rencontrer publiquement pour dialoguer, débattre et échanger leurs idées sur les mutations sociales, idéologiques et géopolitiques que nous vivons, « 20 ans après le chute du mur » et l’effondrement de l’empire soviétique.

Parmi les invités : Daniel COHN-BENDIT, Bernard THIBAULT, Alain TOURAINE, François BAYROU, Nicolas HULOT, Boris CYNRULNIK, Marcel GAUCHET, Aleksander KWAENIEWSKI, Alain JUPPE, Abdelwahab MEDDEB, Bernard GUETTA, Aurélie FILIPPETTI ou encore Walter VELTRONI…

Chacun est invité à y prendre part, bien sûr : inscrivez-vous sur le site www.forum-liberation-lyon.com

Pour les plus jeunes, je vous invite aussi à prendre connaissance du concours organisé par l’AEDE-France et le Mouvement Européen France dont je suis la Vice-Présidente à l’occasion du 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin.

Le concours est ouvert aux élèves des écoles primaires, collèges et lycées, du 1er septembre au 15 octobre 2009 : les lauréats gagneront un voyage de 3 jours à Berlin au mois de novembre.

Pour participer, le règlement est à consulter sur le site

A vos claviers!

Billet edito

Chronique estivale 1

30 commentaires 22 juillet 2009

Bonjour à toutes et à tous, j’espère que vous prenez un peu de repos… On avait pressenti que l’été serait chaud, il faut bien dire qu’on n’est pas déçu !

le petit et le grand NicolasPas de repos pour les polémistes, pas de répit pour les journalistes qui ont en ce milieu d’été de quoi nourrir leurs colonnes. Je ne parle pas des invectives entre camarades socialistes (pffff !) mais, par exemple, du récent rapport de la Cour des comptes donnant l’illustration éclatante de la connivence malsaine entre certains médias, le pouvoir et plusieurs instituts de sondage proches de l’Elysée. Liaisons sulfureuses avec Opinionway en particulier, dénoncées en son temps par Ségolène Royal et confirmées aujourd’hui par un organisme au dessus de tout soupçon.

Je pense aussi, bien que passé plus inaperçu, au projet de loi portant réforme des collectivités territoriales qui sonne le glas des Départements. Il ne s’agit pas tant de prôner le statu quo (je suis pour ma part assez favorable à une réforme) que de s’inquiéter du dévoiement de la décentralisation et de la stratégie implicite du pouvoir consistant à étrangler financièrement les collectivités locales, prises en étau entre un alourdissement inouï de leurs charges du fait du désengagement de l’Etat et une raréfaction de leurs ressources propres.

Je pense aussi à cette bonne nouvelle pour la démocratie, à mettre au tableau de chasse des députés socialistes qui avaient saisi le Conseil d’Etat : le temps de parole du Chef de l’Etat sera désormais compté dans celui de la majorité ! Houra… Une bonne opération pour l’opposition qui n’en sera que plus audible, mais sans aucun doute des motifs d’inquiétude pour ceux qui vivent dans l’ombre de l’omni-président…

Je pense à la déconfiture du gouvernement empêtré dans les débats sur la loi HADOPI et qui fait la sourde oreille aux propositions socialistes consistant à instaurer une « contribution créative » (pouvant rapporter près de 400 M€/an) plutôt que de couper la connexion des internautes. Un début de ministère difficile pour Frédéric « Mitran »…

j’aurais pu évoquer également l’inquiétude grandissante devant la progression fulgurante de la grippe H1N1, le débat parlementaire sur le travail dominical, pas supplémentaire vers une société à l’anglo-saxonne peuplée de poor-workers… Que les grandes surfaces, grandes bénéficiaires de fait du « RSA chapeau » paient mieux leurs salariés ! J’aurais aussi pu évoquer l’inquiétude grandissante devant les pratiques policières de plus en plus brutales et l’appel du collectif « Liberté, égalité, fraternité » (CLEJ) qui lutte contre une certaine forme de régression sécuritaire, les premiers et intéressants travaux sur la taxe carbone, laquelle suscite autant d’espoir que d’inquiétude relayée notamment par UFC que choisir ; la taxe pourrait peser favorablement sur les comportements mais risque d’approfondir la fracture (autant que la facture) environnementale des ménages les plus modestes. L’association de consommateurs plaide pour un chèque vert permettant de redistribuer aux consommateurs le produit de cette fiscalité environnementale.

Mais pour ceux qui ont décidé de se déconnecter de l’actualité pendant les vacances, je me contenterai de partager le contenu éclectique de ma valise :

  • Jusque-là tout allait bien en Amérique, de Jean-Paul Dubois, Points
  • Les Hommes qui n’aiment pas les femmes, Stieg Larson, Actes Sud
  • Corps en miettes, de Sylviane Agacinski, Flammarion
  • 2030 le krach écologique, Geneviève Ferone, Grasset
  • Petit traité de la décroissance sereine, Serge Latouche, Mille et une nuit
  • Dis, c’était quoi la Sécu ?, Didier Tabuteau, L’Aube
  • et du Romain Gary à gogo chez Quarto

 Raison de plus!
 Réagissez!
 A lire!

© 2013 Najat Vallaud-Belkacem.