Bonjour à toutes et à tous, merci de votre fidélité et de vos commentaires toujours nombreux et intéressants. Je reprends donc le fil des commentaires de l’actualité.
« Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée »
Le Conseil national, qui a entériné la constitution de la nouvelle Direction du parti socialiste aurait été bien inspiré d’aller voir cette pièce d’Alfred de Musset. Au lieu de cela, la nouvelle Première secrétaire, tout en déclarant que la porte restait ouverte à Ségolène Royal et à ses amis, nous a proposé un contrat de mariage pas très sincère. Aucune de nos idées n’a été reprise dans le texte d’orientation politique, aucune personnalité issue de notre motion n’a pu accéder à des responsabilités, et rien n’a été fait pour que les 50% de militants ayant voté Ségolène Royal soient représentés dans les instances dirigeantes du parti. La porte que nous avions réussi à entrouvrir pour changer la donne au PS est réellement en train de se refermer. Avec, à quelques rares exceptions près, les mêmes à l’intérieur, les mêmes qui restent à l’extérieur, et les militants qui ne savent plus où est leur maison.
En politique comme en amour, il faut savoir faire des choix tranchés. Alors pour le moment, on préfèrera l’union libre à un mauvais mariage, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’amour, ni de projet de vie commune… On verra plus tard.
Une histoire à Kouchner dehors !
J’ai été stupéfaite des déclarations de Bernard Kouchner, estimant, mercredi dernier, que la création d’un secrétariat d’Etat aux droits de l’homme avait été une erreur, en raison de la « contradiction permanente entre les droits de l’homme et la politique étrangère d’un Etat ». Des propos qui interviennent le jour même du 60e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme !
De deux choses l’une, ou le Ministre des affaires étrangères pense vraiment ce qu’il dit et c’est grave, ou il règle ses comptes (ou ceux de l’Elysée) avec Rama Yade qui a refusé d‘être tête de liste aux européennes en Ile de France, et c’est scandaleux. Dans les deux cas, ces déclarations sont inadmissibles.
Bernard Kouchner, pour lequel j’ai toujours eu beaucoup d’estime, serait-il devenu, comme Nicolas Sarkozy, un pragmatique idéologique ? Le pragmatisme érigé en mode de gouvernement, c’est le renoncement aux principes, le renoncement aux valeurs.
Il parait en tout cas être d’une misogynie patenté lorsqu’il déclare qu’il est « important que Rama Yade s’occupe avec passion des droits des enfants et de ceux des femmes, notamment en matière de violences sexuelles. Il ne faut pas de titre pour être efficace » a dit Kouchner.
Hallucinant ! Il ne manquerait plus qu’on lui demande aussi de s’occuper du droit des noirs et des discriminations raciales ! Là, non plus il ne faut pas de titre, il suffit d’avoir la tête de l’emploi.
Dans cette polémique, je veux à la fois être solidaire de Rama Yade pour le principe , bien que je déplore sa réserve systématique à affronter le suffrage universel, car elle est attaquée dans sa personne profonde pour des motifs qui n’ont rien à voir avec son action. Mais je veux aussi souligner que c’est toute l’hypocrisie et toute la superficialité de la stratégie de communication que Sarkozy a mis en place en composant son gouvernement comme un casting qui s’effrite. Il montre son vrai visage avec un gouvernement de ministres fantoches et des parlementaires caporalisés : je ne parle pas seulement de Fadela Amara, Rachida Dati ou Rama Yade qu’il veut renvoyer à leurs chères études, c’est vrai pour tous les ministres qui le savent bien. Ils ont une autonomie de pensée et d’action proche de zéro, à commencer par les « ministres d’ouverture »…
Marini, ça suffit !
Philippe Marini, sénateur UMP, a proposé cette semaine un amendement visant à supprimer la demi-part dont les parents isolés continuaient de bénéficier dans leur déclaration de revenus après le départ de l’enfant du foyer. Cette proposition constituera un nouveau coup dur pour les classes moyennes totalement oubliées du plan de relance gouvernemental et systématiquement sacrifiées des politiques publiques, fiscales et sociales, pas assez pauvres pour en bénéficier, pas assez riches pour ne pas être dans la difficulté.
Je ne nie pas la nécessité de poser la question de la réforme de notre système fiscal pour le rendre pour redistributif, et donc de poser la question du quotient familial que Lionel Jospin avait plafonné, mais cet amendement est un impôt déguisé qui va encore effriter le pouvoir d’achat des Français. Pour les classes moyennes, il n’y a pas de bouclier fiscal ! Il faut faire payer les pauvres semble la maxime bien comprise du gouvernement.
A quoi va servir le 1,7 milliard d’euro attendu de cette réforme ? Nul ne le sait pour le moment, alors exigeons, si cette réforme doit être adoptée, qu’elle permette des réductions d’impôt pour ceux qui en ont le plus besoin ou que cet argent soit affecté prioritairement à la création de places de crèche. 300.000 places pourraient ainsi être créées et bénéficier aux parents isolés qui comme tant d’autres galèrent chaque matin devant la carence des modes de garde…
« Le service public, c’est moi »
Je doute qu’un jour l’on parle de Nicolas Sarkozy comme du « Président soleil », mais à Louis XIV qui décrétait « l’Etat, c’est moi » pour résumer sa conception du pouvoir, Nicolas Sarkozy emprunte la formule : « le service public, c’est moi ». La Révolution française est-elle passée par là ?
Eh bien non, le service public ne lui appartient pas, et c’est pour cela qu’il est protégé par des institutions et des lois. Sarkozy s’en est rendu compte, et pousse la dérive autoritaire au point de vouloir changer la loi et les règles du jeu. Aujourd’hui la télé, et demain, ce sera quoi ? La justice ? Bon, ça c’est déjà fait… comme tant d’autres services publics qui sont attaqués dans leurs fondamentaux : la Poste, les transports, l’énergie, le logement, la santé publique. Je ne parle pas de l’éducation nationale où l’on supprime des postes d’enseignants (13.500 en 2009) tout en prétendant que c’est au gouvernement de faire les programmes d’histoire. Vous voyez : c’est toute une logique qui est à l’œuvre, une logique folle et hyper idéologique de destruction systématique de tous les services publics, et c’est ça qui est dangereux.
Il faut donc rappeler que l’audiovisuel public n’est ni une télévision ni une radio d’Etat, elle est une télévision et une radio publiques, ce qui est très différent. On va nommer les PDG de France Télévisions, de Radio France et de l’audiovisuel extérieur en conseil des ministres.
Le grand bond en arrière ! Le retour de Pimprenelle et Nicolas (Sarkozy) tous les soirs à l’ORTF pour nous endormir !
Opinions