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« Mensonges à la Une » de Gilles Bon-Maury

4 commentaires 14 janvier 2012

Après la Une du journal Libération d’hier concernant la position de l’UMP et de Nicolas Sarkozy sur l’ouverture du mariage à tous les couples (et non « mariage gay »), j’ai tenu à réagir auprès de la presse dans un communiqué que vous pouvez trouver ici : AFP – Mariage homosexuel: « brouillage des pistes » par Sarkozy (porte-parole Hollande)

Gilles Bon-Maury, Président d’HES et en charge des questions LGBT dans l’équipe de François Hollande, a par ailleurs commis un trés bon article sur ce sujet, dont je vous donne lecture.

Mensonges à la Une

Ce matin, Libération a choisi une couverture choc pour vendre ses 120.000 exemplaires quotidiens (ci-dessous, à gauche). Un petit Sarkozy penaud passant la bague à l’énorme index d’un gay barbu, vêtu d’un slip blanc et d’une casquette de cuir. Goguenard, le directeur de la rédaction du journal rappelait hier que le couple s’était déjà rencontré le 25 juin 2011 (ci-dessous, à droite), 150 numéros de Libération plus tôt. Sommet de la subversion dérisoire ou de la dérision subversive, le couple devient donc le running gag du quotidien. Il ne faut pas prendre les passants qui traversent les maisons de la presse pour des abrutis. Ils comprennent très bien le second degré et se mobiliseront tous en faveur de l’ouverture du mariage à tous les couples.

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Cette image pourrait donner aux moins drôles l’envie facile de refermer le journal. Seulement voilà, elle est placardée en couverture. Il leur faudra donc ouvrir Libération pour y échapper. Et c’est à ce moment là qu’ils se sentiront dans le même état que le Sarkozy croqué en couverture : piégés.

 Que dit la couverture ? “Mariage gay, Sarkozy tenté par le oui. Selon nos informations, le Président s’apprêterait à inscrire le mariage homosexuel dans son programme de campagne“. Passons sur le vocabulaire. Parler de “mariage gay” ou de “mariage homosexuel” revient à reconnaître une sexualité à une institution, ce qui n’est pas raisonnable. Ou à distinguer entre mariage gay et mariage triste, ce qui n’est pas charitable. Convenons que le lecteur distrait retiendra de cette couverture que Nicolas Sarkozy envisage de proposer l’ouverture du mariage aux couples homosexuels dans son programme – il est donc candidat – pour l’élection présidentielle de 2012.

Or que découvre-t-on, lorsqu’on tourne la page du quotidien ? “Nicolas Sarkozy, qui est en train de définir son programme de campagne, devrait y inclure «l’union civile» pour les homosexuels : le mariage gay fait son chemin à l’Elysée“. Allons bon.

L’union civile, on connaît. C’est le contraire de l’ouverture du mariage.

Le 3 septembre 2006, sur le plateau du 20 heures de TF1, le candidat Sarkozy a répondu à Claire Chazal : “Je considère que le mariage homosexuel conduirait à l’adoption pour les couples homosexuels et je n’y suis pas favorable. Pour autant, je veux qu’on lutte contre toute forme de discrimination. Et l’amour homosexuel a le droit à la reconnaissance. Donc je propose la création d’un contrat d’union civique qui garantirait l’égalité des droits successoraux, sociaux et fiscaux. Il n’y a aucune raison qu’un couple homosexuel soit désavantagé par rapport à un couple hétérosexuel. Et je suis même prêt à faire un pas de plus dans la reconnaissance de l’amour homosexuel sur l’organisation de cérémonies spécifiques et éventuellement, dans les mairies.

C’est donc pour refuser l’ouverture du mariage à tous les couples qu’en 2006 déjà, le candidat Sarkozy proposait cette «union civile», objet juridique non identifié, pacs amélioré, sous-mariage, d’abord réservé aux seuls homosexuels, puis finalement à tous les couples sans enfant. Il a répété sa promesse en avril 2007 à TÊTU. Chacun peut aujourd’hui dresser le bilan : jamais la mise en œuvre de cet engagement de campagne n’a été à l’ordre du jour.

Mais chacun peut aussi se souvenir de la réaction de certains médias à cette époque. Le directeur de la rédaction de TÊTU d’alors a conclu ainsi son dernier éditorial avant les élections : “Pour ce qui nous concerne, quel que soit le vainqueur, les homosexuels pourront accéder soit à une union style pacs, soit au mariage. On peut donc dire qu’on a gagné.” Las, nous sommes déjà en 2012 et il ne semble pas qu’on ait gagné. Depuis 2007, en revanche, la Norvège, la Suède, Mexico, le Portugal, l’Islande et l’Argentine ont rejoint le club des pays qui ouvrent le mariage à tous les couples.

En 2007, le candidat Sarkozy a donc parlé «union civile» pour entretenir l’ambiguïté sur son refus d’ouvrir le mariage à tous les couples. C’est une arnaque, comme l’écrit Nicolas Gougain. Certains se sont laissés piéger. Pendant cinq ans, le président Sarkozy n’a pas bougé. Il a nommé Christine Boutin au gouvernement. Il a investi Christian Vanneste aux élections municipales. Ses députés ont rejeté massivement la proposition de loi socialiste visant à ouvrir le mariage aux couples de même sexe. Pendant cinq ans, à la droite qui a refusé systématiquement toute avancée des droits des couples de même sexe, la gauche a répondu rassemblée et volontaire.

Et en 2012, il suffit qu’une députée UMP recycle cette vieille proposition d’«union civile» dans une contribution au projet de l’UMP pour que Libération ose : “Mariage gay, Sarkozy tenté par le oui.” Deux erreurs en une page : il ne s’agit pas du mariage et il ne s’agit pas d’une tentation puisque cette mesure est inscrite à son programme depuis cinq ans. Immédiatement, sur le fondement de cette Une erronée, Europe 1 titre : “Mariage gay : Sarkozy prêt à dire oui ?” et France TV s’interroge : “Sarkozy va-t-il inclure le mariage gay dans son programme ?“.

En 2007, Nicolas Sarkozy a promis. Il n’a pas tenu parole. En 2012, il n’a pas eu besoin de promettre : Libération s’en est chargé.

Gilles Bon-Maury

Ici l’article sur le site de TÊTU : Mensonges à la Une

Presse

Protection des familles homoparentales : un progrès pour la société, un problème pour la droite.

1 commentaire 04 novembre 2011

Mon communiqué à la presse, en tant Secrétaire nationale aux Questions de société:

Le Parti socialiste se réjouit de la décision rendue par le tribunal de Bayonne accordant à une femme, pacsée avec la mère de deux filles, l’autorité parentale conjointe sur ces deux enfants.

La droite peut bien estimer qu’il s’agit d’une « attaque contre les valeurs de la famille », cette décision de justice n’en reste pas moins une avancée importante pour l’égalité des droits entre les citoyens, et la protection des enfants vivant aujourd’hui dans des familles homoparentales.

Il faut rappeler que les couples de même sexe et les enfants qu’ils élèvent se voient refuser les mêmes droits et protections que les autres, pour le seul motif de l’orientation sexuelle des parents ou des adultes exerçant, de fait, une autorité parentale au quotidien. Il s’agit d’une discrimination inacceptable dans la République française.

Il faut rappeler aussi que l’interprétation et l’application de la loi par la justice française dans cet esprit d’ouverture et de progrès reste insuffisante : c’est au législateur de prendre ses responsabilités.

C’est pourquoi, dès son retour aux responsabilités nationales, le Parti socialiste s’engage à reconnaître et à protéger l’ensemble des familles, et à permettre à tous les citoyen-ne-s d’accéder enfin aux mêmes droits, et aux mêmes responsabilités de parents.

Le candidat Nicolas Sarkozy s’était engagé le faire : il n’a pas tenu ses engagements.

Ségolène Royal s’engage sur l’égalité des droits.

Questions de société

Ségolène Royal s’engage sur l’égalité des droits.

4 commentaires 04 octobre 2011

Vous le savez, je participais jeudi soir à Sciences-Po Paris à un débat national organisé par HES (Homosexualités et Socialisme) dans le cadre des Primaires citoyennes. Une salle bondée, un public attentif et exigeant, un débat de très grande qualité, des représentants de chaque candidat conscients de leurs responsabilités ont, je crois, contribué à marquer les esprits des journalistes, associations, organisateurs et participants. Il s’agit de sujets que je connais bien pour avoir énormément travaillé, par exemple, sur les évolutions du modèle familial dans le cadre du secrétariat national aux questions de société pour le Parti Socialiste. J’ai pu constater de vrais changements dans les prises de position de chacun, et c’est avec beaucoup d’énergie que j’ai pu défendre les engagements de Ségolène Royal sur l’ensemble des questions abordées.

Je vous invite à lire ci-dessous le compte-rendu du magazine Têtu.

Je vous invite aussi à prendre connaissance des réponses de Ségolène Royal au questionnaire qui lui avait été adressé pour l’occasion et dans lesquelles vous verrez qu’elle témoigne une nouvelle fois de courage, de clarté, de constance et d’engagement. C’est ici: Ségolène Royal répond aux questions d’HES.

L’article de Têtu:

« Hier, des représentants de chaque concurrent à la primaire de gauche ont exposé leur programme pour les droits LGBT. En accord et fiers de leur union, ils ont tous promis le droit au mariage, à l’adoption, des avancées pour les trans ou dans la lutte contre le VIH.

Les candidats à la primaire socialiste ont planché sur les sujets LGBT et ils en parlent comme d’une seule voix. HES (Homosexualité et socialisme) les a soumis à un questionnaire écrit, sur l’accès au mariage et à l’adoption pour les couples homos, les droits des trans ou encore la lutte contre le VIH et les discriminations (leurs réponses sur le site de HES). Et hier, pour défendre leur programme lors d’un colloque à Sciences Po, tous ont mandaté un émissaire expert en questions sociétales.

«Bataille idéologique»
Pendant deux heures, plutôt studieuses, les six représentants ont débattu en bons camarades, sans éclats ni passes d’armes, et ont tenté de convaincre que leur candidat respectif était le meilleur allié des LGBT. Surtout, ils ont tous martelé que les homos pouvaient compter sur la gauche, plus mobilisée qu’au moment du pacs. «Les sujets de société sont cruciaux et obligent le PS, estime Zohra Bitan, représentante de Manuel Valls. La gauche a un rôle fondamental à jouer pour faire basculer notre société vers la liberté et l’égalité.» «Les questions sociétales sont au cœur de notre identité, explique Aurélie Filippetti, proche de François Hollande. Les nombreux dérapages de la droite montrent que nous avons une bataille idéologique à mener pour créer une société ouverte.» Et tous dénoncent le débat «ahurissant» sur le genre dans les manuels scolaires, le retard de la France en matière de droits LGBT, les dérapages «les plus sombres» de Christian Vanneste, David Douillet et autres, ou la promesse oubliée du Contrat d’union civil. «La société évolue dans l’indifférence de la droite », regrette Najat Vallaud-Belkacem, VRP de Ségolène Royal.

Tous le revendiquent, ils sont d’accord sur plein de choses, et font à peu près les mêmes propositions. Peu de temps après l’élection, le droit au mariage et à l’adoption sera ouvert aux homos, le pacs amélioré et célébré en mairie et l’interdiction de donner son sang sera supprimée. La Procréation médicalement assistée sera ouverte à toutes les femmes, un statut du beau parent créé, et la prise en charge des séropos mieux assurée. Pour les trans, la nécessité d’être opéré pour changer d’état civil sera levée et le protocole de soins revu. Au-delà de l’arsenal législatif, tous insistent sur l’importance de mener un travail en profondeur pour lutter contre les discriminations, notamment en évoquant l’orientation sexuelle en milieu scolaire. Seul point de discorde: la Gestation pour autrui. Si certains y sont favorables, d’autres, dont Martine Aubry et François Hollande, s’y opposent, pour lutter contre «la marchandisation des corps». Et le PS reste globalement réservé sur le sujet.

Gage de crédibilité
Au-delà de ce corpus commun, quelques-uns dénotent à coups de propositions personnelles. François Hollande mettrait en place un délégué interministériel à l’égalité tandis que Ségolène Royal ferait voter dès son arrivée à l’Elysée une «grande loi contre toutes les discriminations».

A défaut de se démarquer sur les idées, chacun déroule le cursus friendly de son champion, comme gage de crédibilité pour l’avenir. Reprenant avec un petit sourire une formule de Ségolène Royal, Marie-Pierre de la Gontrie veut faire de la politique par la preuve: «dès 2006, Martine Aubry était favorable au mariage homo, elle se rend à la marche des fiertés chaque année, et c’est la seule qui ait évoqué les droits LGBT dans sa lettre aux français. Les autres n’ont pas dû avoir la place…» Arnaud Montebourg aurait lui demandé à son conseil général de ne faire aucune discrimination dans les procédures d’adoption, François Hollande serait pour le mariage homo depuis 2004, tandis que Ségolène Royal faisait dès 1997 de l’Association des Parents gay et lesbiens un interlocuteur officiel du ministère de l’éducation. Au final, c’est comme si peu importait celui qui incarnera l’évolution des droits et Najat Vallaud-Belkacem en est sûre : «quel que soit le vainqueur de la primaire, tous iront dans le même sens.»

Presse

Retour sur ma visite en Ardèche autour des droits de Femmes

1 commentaire 22 juillet 2011

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Billet edito

Un week-end résolument politique !

1 commentaire 25 juin 2011

qui m’amènera en quatre lieux différents où j’espère vous retrouver nombreux:

- Après celle de Lyon, je participerai ce samedi à 14h à la Marche des Fiertés LGBT de Paris.

Toutes les informations utiles pour la Marche des Fiertés ici : Marche des Fiertés LGBT de Paris 2011

 
Marche des fiertés de Paris : en 2011, je… par PartiSocialiste

- Je rejoindrai ensuite Vitry-sur-seine où je participerai à la Fête de la Rose placée sous le signe de l’égalité Homme/Femme, dans une ville toujours meurtrie par la tragédie de la jeune Sohane, brûlée vive à 17 ans en octobre 2002.

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- Enfin, vers 18h30, je serai à Chelles, à l’invitation de la Fédération socialiste de Seine-et-Marne pour un débat consacré à la Rénovation des pratiques politiques dans le cadre du 40e anniversaire du Parti Socialiste. Vous pouvez retrouvez tout le programme, la liste des invités et les informations pratiques  ici : 1971 – 1981 – 2011, 40 ans de vie d’un Parti

- Le lendemain dimanche, c’est dans le marais poitevin qu’aux alentours de 15h,  je serai aux côtés de Ségolène Royal pour un moment décisif : la présentation de sa candidature à l’élection présidentielle de 2012 dans le cadre de la primaire socialiste.
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Au plaisir de vous voir dans une de ces haltes!

Bâtir l’Egalité réelle en débat ce jeudi 9 juin à 20h30!

Ma ville, mon canton

Bâtir l’Egalité réelle en débat ce jeudi 9 juin à 20h30!

Pas de commentaire 08 juin 2011

Dans l’optique de la prochaine Marche des Fiertés LGBT qui se tiendra à Lyon le 18 juin 2011, dont le mot d’ordre retenu est: « Pour l’égalité : en 2011 je marche, en 2012 je vote! », il est important que les militants et les sympathisants socialistes soient nombreux à ce rendez-vous.

J’ai déjà eu l’occasion de le dire : l’égalité des droits est un progrès pour tous, que l’on soit hétérosexuel ou LGBT, femme ou homme et quelque soit notre couleur de peau. Les propositions du Parti Socialiste que j’ai défendu sur le sujet sont dans les priorités du Projet pour 2012 (que vous pouvez retrouver ici : Le Projet PS ).

Afin d’expliquer nos propositions, de mieux les défendre, d’expliquer le sens et l’importance d’être mobilisés sur la Marche des Fiertés, je participerai avec HES (Homosexualités Et Socialisme) à une seconde réunion ouverte organisées par le PS, HES et le MJS :

Jeudi 9 juin – 20h30 à Espace Leclerc – Salle Pagnol – 27, avenue Leclerc – Tassin la Demi-Lune (69160)

J’interviendrai en tant que Secretaire Nationale du Parti Socialiste en charge des questions de société aux côtés de Christophe Villard, Responsable du groupe lyonnais d’HES, et de Lucie Briatte, Responsable fédérale des Jeunes Socialistes du Rhône.

Je compte sur vous pour être nombreux et nombreuses et diffuser ces informations autour de vous !

Voici l’événement Facebook de cette réunion ouverte : Débat avec Najat Vallaud-Belkacem, Christophe Villard et Lucie Briatte

Retrouvez également l’événement Facebook de la Marche des Fiertés à Lyon ici : La Marche des Fiertés à Lyon

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Débat à Lyon: « Familles homoparentales: quels projets politiques pour demain ? »

Ma ville, mon canton

Débat à Lyon: « Familles homoparentales: quels projets politiques pour demain ? »

Pas de commentaire 08 juin 2011

L’APGL (Association des Parents et futurs parents Gays et Lesbiens) organise un grand débat et une exposition de photographies le 16 juin à 19h à la Mairie du 3ème arrondissement de Lyon.

J’ai tenu à ce que cet évènement important se tienne dans ma ville, et suis très heureuse d’accueillir l’association en Mairie du 3e pour ce moment de réflexion, de discussion et de dialogue sur une question de société que j’estime majeure depuis longtemps.

Temps fort de cet évènement, un débat public aura lieu avec les représentants des différents partis politiques qui se positionneront sur ces questions d’homoparentalité  notamment en vue de l’élection présidentielle de 2012. A cette occasion je représenterai à ce débat le Parti Socialiste en tant que Secrétaire Nationale en charge des questions de société. Ce sera l’occasion de débattre des positions des uns et des autres et pour moi de défendre les engagements clairs et précis sur ce sujet du projet du Parti Socialiste pour la présidentielle de 2012 (adopté à l’unanimité).

Vous pourrez également découvrir une très belle exposition qui tourne dans toute l’Europe :  » Les familles homoparentales  » !

Venez nombreux-ses ! Et… faites-le savoir !

APGL 2

Questions de société

Bioéthique, égalité des droits…le combat continue!

Pas de commentaire 24 mai 2011

C’est aujourd’hui que reprennent à l’Assemblée nationale les débats sur la révision de la Loi Bioéthique.

Espérons que les progressistes sauront l’emporter davantage qu’en première lecture, lorsque la majorité avait préféré hisser la peur et l’iniquité au rang de principes éthiques, pour mieux imposer ses positions conservatrices et son penchant pour l’immobilisme.

Pour ceux que le sujet intéresse, je vous joins pour mémoire le travail qu’avec Bertrand Monthubert, nous avions réalisé à l’automne dernier pour le compte du Parti socialiste au sujet de cette révision des lois bioéthique. Tout n’avait pas été validé par le Parti bien sûr, ainsi que le rappelle le Communiqué de presse qui y est joint, mais qu’on reste loin, dans les discussions actuelles, du souffle que nous proposions de donner à notre législation !

Ne désespérons pas : peut-être y a-t-il encore, grâce au travail des Sénateurs, bien plus ambitieux sur ce sujet, quelques principes à sauver au nombre desquels  la confiance (dans une recherche qui serve à tous) et l’égalité (entre les couples quels que soient leur orientation sexuelle, entre les familles).

Le rapport intégral soumis en décembre dernier au Bureau National du PS: La révision de la loi bioéthique

Le communiqué de presse établissant la position finale du Parti Socialiste sur la révision de la loi de bioéthique : CP PS – Projet de loi sur la bioéthique

Je serai au rassemblement inter-associatif organisé devant l’Assemblée Nationale aujourd’hui à 18h30 pour que l’ouverture de la PMA soit assurée à tous les couples, j’espère vous y voir nombreuses et nombreux ! Voir l’événement Facebook pour plus d’informations :  Ouverture de la PMA pour tous les couples, rassemblement devant l\’Assemblée

J’en profite par ailleurs pour vous inviter à deux événements autour de cette question et plus largement de l’égalité des droits:

D’abord Mercredi 25 mai à 20h30, à l’espace Jean Couty (56 rue Sergent Berthet-69 009 Lyon) avec le groupe de Lyon d’Homosexualités et Socialisme (HES):

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Et le lendemain, Jeudi 26 mai à 20h à la fédération du Rhône du Parti socialiste (65, cours de la Liberté, Lyon 3ème) , à partir de 20h30 pour une réunion de section consacrée à la révision de la loi bioéthique. Venez nombreux!

La mixité sociale en questions…

Billet edito

La mixité sociale en questions…

3 commentaires 21 mai 2011

J’ai eu l’occasion, il y a quelques jours, d’être auditionnée par un groupe d’étudiants de Sciences Po Paris pour les besoins d’un livre blanc consacré à la mixité sociale. Leurs questions étant suffisamment précises pour me permettre de rentrer dans le détail des choses, je vous donne à lire cet entretien qui mêle regard sur la politique de la Ville, la rénovation urbaine ou encore la loi SRU et propositions pour l’avenir dans un domaine crucial pour notre pays.

 

1ère question (constat) : Comment définissez-vous la mixité sociale ? Est-ce une notion différente de la diversité ? Est-ce un véritable enjeu de société ? Quel constat faites-vous de la mixité sociale aujourd’hui en France? Au sein de l’agglomération lyonnaise ? L’absence de mixité sociale pose-t-elle problème ? Si oui, lequel/lesquels ?

NVB : Bien entendu, ces deux termes renvoient à des réalités très différentes, et il me paraît important que les deux concepts restent démarqués pour ne confondre les choses. Dans le langage courant, la question de la diversité est bien souvent cantonnée à la seule question ethnique, à savoir l’éternelle obsession de l’origine visible des individus. La mixité sociale, elle,  recouvre avant tout une dimension socioprofessionnelle qui renvoie à plusieurs facteurs, les professions, le capital social de naissance, le niveau de vie, les habitudes de consommation, la culture, la langue, les loisirs… Si l’on est un peu plus exigeant on peut commencer à introduire des variables relatives à l’âge ou à l’ethnie. Là, le concept devient beaucoup plus global.

L’indicateur de mesure de la mixité sociale tourne souvent autour de la question du logement. On mesure sur un territoire donné le pourcentage de chaque catégorie de population. Si cela est révélateur, seul, cet indicateur est insuffisant. En effet, les différentes catégories de populations peuvent vivre sur un même territoire sans rien partager. Pour avoir donc une véritable mesure de la mixité sociale, il faut nécessairement croiser la question du logement à celle de la vie sociale (culture, association) et à celle de l’éducation.

La mixité sociale est ainsi nécessairement une démarche plus profonde que celle de la diversité qui souvent se cantonne à une politique de l’affichage. On montre du visible et on peut faire de la diversité assez facilement : des candidats issus de l’immigration présentés à des élections, une politique de recrutement limitée – mais publicisée – au sein des entreprises et des administrations, etc.

Si ces initiatives ont pu être utiles pour sensibiliser les gens à la question du manque de représentation (politique, sociale, associative, économique) de certaines populations, elles sont restées décevantes et insuffisantes tant elles ne répondent pas aux exigences de cohésion sociale et d’intégration.

La mixité sociale, a contrario,  a, avant tout, une dimension qualitative. Elle se mesure aux échanges nombreux entre les différents individus ainsi qu’à la dynamique sociale et associative (qu’elle soit culturelle, sportive, de solidarité) du territoire concerné. La mixité est un processus dynamique, elle est vivante. Elle suppose des échanges nombreux et une fluidité entre les catégories sociales (notamment possibilité d’ascension sociale).

Autant dire qu’au regard de ces éléments, la mixité sociale est largement insuffisante en France et le constat est sévère :

- les catégories socioprofessionnelles sont figées

- le gouvernement a démissionné devant l’exigence d’égalité des chances rendant toujours plus criantes les inégalités de naissance

- des « ghettos de riches » à l’américaine, ultra-sécurisés, apparaissent

- la rénovation des banlieues ne semble pas une priorité du gouvernement après l’abandon du « Plan banlieue. »

- une situation bloquée dans la périphérie des grandes villes, à quelques notables exceptions près.

L’absence de mixité sociale met en branle la cohésion sociale, encourage la méconnaissance et la peur de l’autre. Ce sont donc les fondamentaux de la République qui sont menacés. L’absence d’une possible ascension sociale pour l’immense majorité des plus démunis fait des ravages et assombrit l’avenir de tout un pan de la société.

1ère question bis (mixité sociale et politique de la ville) : Quelle analyse faites-vous de la prise en compte par les pouvoirs publics de la problématique de mixité sociale ? Diriez-vous que la politique de rénovation urbaine au travers de l’ANRU est de nature à apporter une réponse satisfaisante à cet enjeu ? Quelle analyse faites-vous de la loi SRU ? Qu’est-ce qui explique qu’elle soit aussi peu respectée par les élus ? Pensez-vous que l’échelon de la ville est le bon échelon pour mener à bien de telles politiques ?

NVB : Le Plan banlieues proposé par le gouvernement Sarkozy a été très décevant. Les attentes étaient pourtant nombreuses et la nécessité d’agir n’a jamais été aussi forte.

Au-delà des visites médiatisées et des effets d’annonces, quelles mesures concrètes ont été mises en œuvre ? Même avec toute la bonne foi du monde, je ne saurais dire. Les retours faits par les acteurs de terrain sont très mauvais, très inquiétants.

La politique de la ville, désertée par l’Etat, est désormais avant tout portée par les acteurs locaux : collectivités, bailleurs, associations … qui font un travail remarquable.

A l’échelle de l’agglomération lyonnaise, beaucoup d’efforts ont été entrepris et sont portés par une équipe très volontariste. Le quartier de la Duchère, par exemple, a été complètement redessiné. On pourrait évoquer aussi Vaulx-en-Velin ou Mermoz. Au sein de ma délégation, tous les grands événements sont organisés avec un souci constant de mixité sociale. Il me tient à cœur de permettre la rencontre et donc la meilleure connaissance et compréhension de populations trés différentes. Le souci est toujours aussi présent lorsque nous travaillons avec les associations locales, et que nous essayons de donner aux jeunes les moyens d’être des acteurs autonomes de leur vie et leur ville.

L’échelle la plus pertinente est bien entendu celle de la communauté urbaine ; les enjeux de mixité sociale ne s’arrêtent pas aux frontières de la commune. Sur un territoire donné, les territoires qui concentrent les richesses doivent faire preuve de solidarité et contribuer à l’effort commun. De plus, à l’échelle d’une agglomération, les synergies et les leviers d’action sont beaucoup plus puissants. Cela nécessite toutefois un changement de mentalité.

Quant à la loi SRU, il faut bien sûr faire en sorte qu’elle soit respectée par toutes les communes. Les communes les plus riches préfèrent payer la sanction financière prévue par la loi que d’appliquer les 20% de logements sociaux. Cela n’est pas acceptable. Il faut donc que l’Etat, en plus d’infliger des sanctions plus lourdes, se substitue aux collectivités récalcitrantes pour qu’aucun territoire de la République n’échappe au nécessaire effort national. Il faut enfin sortir d’une logique purement statistique et s’intéresser aussi à l’aspect qualitatif de l’action des collectivités en la matière. En effet, construire les 20% de logement social sur une même portion de territoire répondra peut-être au besoin de logement mais en aucun à la problématique de mixité sociale. Il faut donc encourager les collectivités à construire ou à réhabiliter du logement social sur l’intégralité de leur territoire, y compris et même avant tout, dans les centres villes.

Toujours sur la question du logement et de la rénovation urbaine, je tiens à rappeler une proposition du parti socialiste : que toutes les opérations dépassant 12 logements comprennent au moins 1/3 de logements sociaux.

1ère question bis (mixité sociale et éducation) : Au sein de l’enseignement scolaire, quel constat faites-vous de la mixité sociale ? Diriez-vous que le système actuel est de nature à favoriser une meilleure mixité ? Ou au contraire encourage-t-il des phénomènes de ségrégation ? S’agit-il d’une problématique suffisamment prise en compte au sein de l’Education nationale ? Quid de la formation ou la sensibilisation des enseignants à cet enjeu ? Diriez-vous que les enseignants sont suffisamment formés ou disposent de suffisamment moyens pour répondre à cet enjeu ?

NVB : La suppression de la carte scolaire a eu des effets négatifs sur la mixité sociale au sein des écoles. On a vu des écoles se transformer en véritables ghettos enfermant leurs élèves dans une spirale de l’échec.  En face, nous avons des professeurs de moins en moins formés, de plus en plus abandonnés face à ces défis qui pourtant interpellent la République toute entière. Animer une classe socialement mixte, construire une dynamique et une cohésion de groupe, demande un savoir faire. Il est important de mieux armer les professeurs.

Dans la vision républicaine, l’Ecole se doit de corriger les inégalités de naissance et d’être le creuset de la nation. Au sein de l’Ecole, on découvre l’autre et on apprend à le considérer comme son alter ego. La tâche n’est pas mince et surtout quand le gouvernement diminue les moyens alloués à l’Education nationale, torpille les effectifs et applique une politique de saupoudrage des moyens. La mission de l’École devient encore plus difficile lorsque le gouvernement se lance dans une politique qui vise à encourager la peur et la haine de l’autre – forcément dangereux.

A ce stade, il faut repenser la politique des zones d’éducation prioritaire. Cette politique vise à soutenir financièrement les établissements qui concentrent les publics ayant des difficultés. A partir de là, deux problèmes : les moyens mis sur la table ne sont pas à la hauteur du défi et cela crée un effet stigmatisation. Au final, on se donne bonne conscience en donnant un peu plus d’argent, mais on ne résout en rien le problème.

Et le résultat est là et doit nous interroger : seuls 18% des élèves issus d’un milieu social défavorisé obtiennent leur baccalauréat.

Plutôt que de poursuivre cette politique, il faut mettre en œuvre une véritable politique de mixité sociale au sein des écoles sur l’ensemble du territoire de la République. On sait que celle-ci a un effet positif sur la réussite collective des élèves.

Rétablir et maintenir la mixité sociale doivent être les priorités en termes de politique éducative. Le projet éducatif du Parti Socialiste a la volonté de rebâtir une carte scolaire. J’insiste : la mixité sociale et scolaire est non seulement juste, elle est efficace. Elle fait mieux réussir les élèves en difficulté, sans pénaliser les « bons » élèves. Nous proposons donc une nouvelle sectorisation prenant en compte un indice de mixité sociale. Mais il est temps d’avoir une vision globale : le privé restera toujours une voie de contournement si nous ne lui appliquons pas également des contraintes de mixité sociale.

2ème question (pratique) : Comment fabrique-t-on de la mixité sociale ? Avez-vous des exemples d’initiatives mises en œuvre au sein de l’agglomération lyonnaise pour favoriser la mixité sociale au niveau de la ville (logement, éducation, emploi)?

NVB : Le logement reste à mon sens la première pierre de l’édifice, sans quoi rien ou presque n’est vraiment possible. Mais il y a aussi toute une série d’actions moins visibles à entreprendre pour le vivre ensemble qui jouent un rôle très important, comme la culture ou l’animation au quotidien des territoires. Le Grand Lyon a une démarche très volontariste, notamment concernant la politique de logements sociaux. Par le Plan Local de l’Habitat, le Grand Lyon  inscrit dans les options stratégiques de l’agglomération en matière de croissance démographique, d’attractivité et de solidarité, l’idée qu’on ne peut pas rester durablement attractifs si l’agglomération ne réussit pas à accueillir l’éventail le plus large possible de profils sociaux et économiques et à favoriser le vivre ensemble.

En élevant notre objectif de production annuelle de logements sociaux à 4 000 unités, nous affichons une ambition globale de 24% de logements sociaux en 2013 contre 23% aujourd’hui selon les critères de l’article 55 de la loi SRU, avec une priorisation géographique qui met l’accent sur le centre avec 50 % de la production, 25% à l’Est et le dernier quart à l’Ouest. Par ailleurs, nous avons pris un certain nombre d’initiatives sur la base d’un vrai consensus entre les acteurs: accession sociale à la propriété avec la mise en place d’un système d’aide direct à l’accédant (le pass-foncier) ; intervention dans le parc privé existant avec une mobilisation d’une offre de logements à loyers maîtrisés, intervention dans les copropriétés dégradées ou fragiles, lutte contre l’habitat dégradé et indécent et l’intervention dans les meublés.

C’est dire si les objectifs quantitatifs – très importants en eux-mêmes – rejoignent ici un objectif politique qui a du sens pour la mixité : construire un territoire équilibré qui refuse obstinément de voir s’installer durablement en son sein des zones de relégation qui concentreraient toutes les difficultés, pendant que d’autres s’enfermeraient dans leur toute relative prospérité.

Des lois, c’est bien : des résultats concrets avec des logements dignes et accessibles pour le plus grand nombre, c’est mieux. Si la modestie doit rester de mise dans un domaine où la France a accumulé tant de retards, on peut dire que l’un des succès importants est d’avoir su entraîner avec nous des élus, des administrations ainsi que des partenaires publics et privés qui n’ont pas toujours travaillé ensemble dans l’histoire, et qui ne partageaient pas forcément une même vision des choses au départ.

Ceci étant dit, le logement reste cette première pierre d’une action publique bien plus large, qui ne saurait répondre à elle seule à tous les problèmes de la société : hausse du chômage, baisse du pouvoir d’achat, accroissement des inégalités de tous ordres parmi la population, perte de confiance en l’avenir, montée de l’intolérance, recul du désir de vivre ensemble.

C’est ainsi que nous avons négocié à Lyon depuis quelques années un volet culturel ambitieux dans le cadre du Contrat Urbain de Cohésion Sociale, et nous avons mis en place une Charte de Coopération Culturelle qui incite les grandes institutions culturelles à mener des actions en direction des publics les plus éloignés. Cela implique qu’aujourd’hui tous les grands événements prennent en compte cette dimension de levier pour favoriser la mixité sociale.

3ème question (prospective) : En définitive, quelles initiatives serait-il souhaitable de développer pour aller plus loin en la matière ? Quelles mesures pourraient être mises en place de manière concrète et efficace afin de réellement promouvoir une meilleure mixité sociale ? Doivent-elles être incitatives ? Pédagogiques ? Coercitives ? Y a-t-il une ou des propositions qui vous paraissent immédiatement généralisables et qui permettraient de promouvoir une meilleure mixité au sein du territoire français ?

NVB : Le projet socialiste propose un certain nombre de mesures qui vont dans cette direction :

- un plafonnement des loyers

- une refonte de la fiscalité locale afin de la rendre plus juste et moins pénalisante pour les habitations situées en banlieue

- une refonte de la SRU pour rendre plus dissuasif encore le non respect des 20%, pour prévoir une procédure de substitution aux collectivités défaillantes, et pour inclure une dimension qualitative

- réformer l’école pour assurer aux citoyens une véritable égalité des chances (afin de permettre une véritable ascension sociale et donc une fluidité entre les différentes catégories socioprofessionnelles) et pour faire de l’école un véritable lieu de creuset social

- mieux former les professeurs au défi de la mixité sociale

- mettre en œuvre une politique de grands événements, une politique associative et de la jeunesse axé sur une problématique de la mixité sociale

4ème question (message) : Y a-t-il un message qui vous tient à cœur et que vous souhaiteriez voir mis en avant tout particulièrement dans le cadre de notre livre blanc ?

NVB : La mixité sociale, c’est faire vivre la République et ses valeurs auxquelles nous sommes tant attachés. C’est la dynamique d’échange entre les différentes composantes culturelles, sociales et générationnelle qui font la richesse et la force de la République.

La mixité sociale, ce n’est rien d’autre que la République qui tient ses promesses.

Presse

Mobilisés pour la Journée Mondiale de lutte contre l’Homophobie et la Transphobie

1 commentaire 17 mai 2011

Communiqué de presse

Najat Vallaud-Belkacem

Secrétaire nationale aux questions de société (PS)

En cette Journée Mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie, le Parti Socialiste prend la mesure, avec gravité, de l’état actuel de l’homophobie en France dont atteste le récent rapport de SOS Homophobie : Forte augmentation des témoignages reçus, hausse sans précédent des agressions physiques, Internet comme dernier bastion d’une homophobie décomplexée où se multiplient des appels au meurtre de personnes LGBT… Le constat est sans appel, la situation alarmante.

Il n’est pas non plus inutile de rappeler que si les accidents de la route représentent la première cause de mortalité chez les 15-25 ans, c’est le suicide qui le devient chez les 15-25 ans victimes d’homophobie. Quant aux tentatives de suicide, souvent l’aboutissement d’une longue série de comportements à risque, elles sont, selon les études, de 7 à 13 fois supérieures chez les jeunes victimes d’homophobie.

Au-delà de l’extrême nécessité d’une politique ambitieuse et courageuse d’éducation à la sexualité et aux sexualités à l’école, qui déconstruise les préjugés, la lutte contre l’homophobie passe également et fondamentalement par deux exigences politiques.

La première consiste à être cohérent dans la volonté politique. Les condamnations de l’homophobie par le gouvernement n’ont aucune cohérence politique si elles ne s’accompagnent pas de l’exclusion, du parti majoritaire, de ses membres coupables de propos homophobes tels que Messieurs Vanneste ou Longuet. A l’heure où Barack Obama abrogeait la loi du Don’t Ask Don’t Tell dans l’armée américaine, Nicolas Sarkozy nommait un homme assimilant homosexualité et pédophilie au Ministère de la Défense. La lutte contre l’homophobie s’en trouve alors brouillée, incompréhensible et pour finir sans effet.

La deuxième exigence porte sur l’indispensable exemplarité de la loi : Comment les personnes homophobes pourraient-elles comprendre qu’elles ne doivent pas stigmatiser et discriminer les personnes LGBT si l’Etat le fait ?  Ouverture du mariage, de l’adoption, de la parentalité, don du sang et d’organes : la liste est longue des droits que l’Etat-UMP n’accorde que sous condition d’orientation sexuelle ou d’identité de genre. Il est là le vrai communautarisme. C’est l’égalité des droits pour tous qui fonde l’universalisme.

Le Parti Socialiste a repris ses engagements de 2007 concernant l’égalité des droits et la lutte contre l’homophobie et la transphobie, en allant plus loin sur la parentalité, dans son projet pour 2012.

Le dernier « ArgusFlash » de l’UMP sur ce sujet, en dit long sur le conservatisme et le communautarisme du parti au pouvoir depuis bientôt 10 ans, complètement à rebours des attentes et des évolutions de la société.

Le Parti Socialiste n’attend pas 2012 pour l’égalité : il sera présent et mobilisé dans toutes les Marches des Fiertés en juin, partout en France, et a déposé une proposition de loi pour l’ouverture du mariage à tous les couples qui sera discutée bientôt à l’Assemblée Nationale.

Espérons que cette Journée Mondiale de Lutte contre l’Homophobie et la Transphobie convaincra la droite de voter pour cette égalité et donc, contre l’homophobie.

Voici ma vidéo sur le 17 mai et mon soutien au Projet Entourage LGBT (voici leur site www.projet-entourage.org)

Ma ville, mon canton

La Caravane Citoyenne à Lyon !

Pas de commentaire 12 mai 2011

La Caravane Citoyenne pour le Vivre Ensemble fait étape à Lyon le 25 mai prochain à partir de 10h sur la Place Guichard, dans le 3e arrondissement.

C’est le moment de se mobiliser pour défendre les valeurs de la République, venez nombreux à cet événement que SOS Racisme a lancé dans plusieurs villes de la région Rhône Alpes.

Retrouvez le Communiqué de Presse de SOS Racisme pour le programme : communiqué de presse caravane étape Lyon

caravane

« Argus Flash » de l’UMP sur les droits des LGBT: un peu plus de « Flash » que d’ « Argus »

Billet edito

« Argus Flash » de l’UMP sur les droits des LGBT: un peu plus de « Flash » que d’ « Argus »

3 commentaires 26 avril 2011

Pfff… je viens de parcourir (Faut-il que je sois curieuse!…) le dernier argumentaire envoyé par l’UMP à ses militants et à ses cadres. Il porte le nom nuancé et léger d’ « ARGUS FLASH : Le projet du PS ? Des mesures d’un autre siècle ! ». L’UMP y donne des arguments en prêt-à-penser pour critiquer le projet des socialistes pour 2012. Du grand art de la part d’un parti au pouvoir depuis 10 ans, sans qu’on ait franchement vu la situation de la France s’améliorer…

Un de ces « argus » a particulièrement retenu mon attention : Revenant sur la proposition socialiste (à laquelle j’ai fortement contribué) d’ouvrir le mariage, l’adoption et  l’AMP (pour les femmes)  aux couples de même sexe, l’UMP y voit « une attaque en règle contre les familles ».

Un « couple d’un homme et d’une femme, ce n’est objectivement pas la même situation qu’un couple de deux personnes de même sexe, il n’y a donc pas d’inégalité de situation entre les couples hétérosexuels et homosexuels » justifie le rédacteur de cet « argu ». Quant à  l’adoption, il faudrait la refuser au nom de « l’intérêt de l’enfant » qui serait « d’être élevé, dans la mesure du possible, par son père et sa mère. ». Quand on sait que l’adoption est depuis longtemps ouverte aux célibataires, il y a de quoi sourire.

N’en déplaise aux militants et cadres de l’UMP, oui, il y  a bien une inégalité criante entre un couple qui aurait le droit de se marier et d’adopter au titre de son hétérosexualité et un autre qui n’aurait pas ce droit au titre de son homosexualité. Non, il n’est pas naturel que l’État Français, à rebours des progrès effectués dans de nombreux autres pays, continue à discriminer en fonction de l’orientation sexuelle.

Dès lors que l’homosexualité est considérée comme une simple orientation sexuelle et non plus comme une maladie ou une anomalie, dès lors que plusieurs dizaines (voire centaines) de milliers d’enfants vivent d’ores et déjà au sein de familles homoparentales sans, loin de là, que cela nuise à leur épanouissement personnel, au nom de quoi, devrions nous accepter aujourd’hui encore ces inégalités d’un autre temps? Au nom de principes religieux peut-être? Mais,  Monsieur Copé rappelez moi, nous vivons bien dans une République laïque, n’est-ce pas ? Il eût été fort interessant de mettre à l’ordre du jour de votre inénarrable débat sur la laïcité, l’ouverture du mariage « laïc » à tous les couples, quoi qu’en pensent les religions… Mais vous aviez d’autres obsessions que celle là, je le conçois. Ce qui vous inquiète, vous, c’est le co-mmu-nau-ta-risme.

Eh bien, précisément! Réserver des droits à certains et en exclure les autres, au nom de leur orientation sexuelle, c’est du  co-mmu-nau-ta-risme: celui d’une classe politique aveugle aux multiples formes de parentalité qui peuplent désormais nos vies, et arc-boutée sur une vision fantasmée et totalement dépassée de la famille qu’elle voudrait imposer à l’ensemble de la société. Quant à l’argument du « droit de l’enfant » contre le « droit à l’enfant », il est tellement ridicule et insultant pour ceux qui souhaitent fonder ou donner une famille à un enfant abandonné, qu’il entache ce document d’indécence à l’encontre des milliers de français dans cette situation qui, quelle que soit leur orientation sexuelle,  n’ont jamais perdu de vue « l’intérêt de l’enfant » .

De cet « Argus Flash » il ne restera malheureusement que la certitude que, sur le plan de la réflexion, l’UMP fait preuve encore une fois, de plus de « flash » que « d’argus ».

Photomontage: TÊTU

Débat face à Rama Yade : « Conscience politique et modes d’actions chez les jeunes »

Questions de société

Débat face à Rama Yade : « Conscience politique et modes d’actions chez les jeunes »

Pas de commentaire 14 avril 2011

Je participerai demain au Forum organisé par Libération : « Rencontres de Rennes: Respect ! Un nouveau contrat social » dont l’entrée est libre et gratuite sur réservation. J’ai été invitée à débattre autour du thème de la jeunesse face à Rama Yade et j’espère vous y voir nombreux demain !

VENDREDI 15 AVRIL 2011

11h30 – 13h00

Conscience politique et modes d’actions chez les jeunes


avec Rama Yade, ambassadrice de la France auprès de l’UNESCO et Najat Vallaud-Belkacem, secrétaire nationale PS chargée des questions de société, adjointe au maire de Lyon

Lieu : Au TNB (salles Jean Vilar, Louis Jouvet, Jean-Marie Serreau, Michel Piccoli, Guy Parigot) dont la répartition des salles sera indiquée pour chacune des conférences.

Retrouvez l’intégralité du très bon programme des trois jours du Forum ici : RESPECT! Un nouveau contrat social – Programme du Forum

Invitée par Libération à appréhender le sujet en quelques lignes, voilà ce que j’écrivais:

Libé rennes

Gestation pour autrui : une question de responsabilité morale

Questions de société

Gestation pour autrui : une question de responsabilité morale

6 commentaires 07 avril 2011

Le Monde publie aujourd’hui ma tribune de réaction à la décision de la Cour de cassation dans l’affaire Mennesson.

Gestation pour autrui : une question de responsabilité morale

Il était prévisible que les débats les plus épineux sur la révision des lois de bioéthique se déroulent hors les murs de la représentation nationale, et finissent par échapper au législateur en trouvant un lieu de substitution par défaut dans les tribunaux.

Il y a quelque chose de triste et d’inquiétant à voir de plus en plus souvent la justice de notre pays en difficulté à trancher, seule et impuissante, des questions qui, de toute évidence, ne relèvent plus de la seule application de la loi, mais d’une évolution profonde du monde et de la société. Ces questions, pourtant, ne regardent pas seulement la Sorbonne, les cabinets d’avocats et les juges, mais la société tout entière. Autrement dit le peuple, et donc les élus de la République.

Ce n’est pas la première fois, loin s’en faut, que la justice renvoie le législateur à ses responsabilités comme l’a fait le 6 avril la Cour de cassation à propos de parents souhaitant faire reconnaître leurs enfants par l’état civil, après avoir eu recours à une gestation pour autrui à l’étranger (GPA). C’était la sixième décision rendue sur ce cas en dix ans, le ministère public avait lui-même fini par se déclarer favorable à cette reconnaissance au nom de l’intérêt de l’enfant et du droit à une vie familiale normale, et il y a moins d’une semaine le tribunal de Nantes reconnaissait, lui, la filiation d’un enfant né de mère porteuse. Allez comprendre !

Comment peut-on en arriver, en France, à laisser la justice seule à ce point dans un débat qui interroge pourtant depuis si longtemps quelques-unes de nos valeurs les plus fondamentales, sinon l’idée même que nous nous faisons de la filiation, de la famille et de l’égalité des droits ?

Une partie de la réponse réside dans la façon dont la loi bioéthique présentée par le gouvernement – actuellement en débat au Sénat – a été dévitalisée d’une grande part de sa substance en évitant soigneusement de répondre aux vrais enjeux de société que soulèvent un certain nombre de progrès scientifiques et d’évolution des mœurs. Une illustration parmi d’autres, mais éclatante, de l’incapacité de la majorité présidentielle à réformer et à gouverner.

Certes la question de la gestation pour autrui est loin d’être simple, et les opinions à son sujet n’épousent pas, loin s’en faut, une belle ligne de frontière entre la gauche et la droite, entre progressistes autoproclamés et réactionnaires patentés, ou entre libéraux et régulateurs. Chacun est donc condamné à penser par soi-même, et à faire valoir une opinion qui n’appartient qu’à soi, en raison et en conscience.

Mais c’est précisément pour cette raison qu’il aurait fallu tout faire pour dépassionner le débat, et sortir de la seule confrontation des déclarations ex cathedra et des arguments d’autorité assénés par des personnalités autorisées de tous bords, des chercheurs de toutes les disciplines, des moralistes de toutes obédiences et des redresseurs de torts de toutes les confessions qui n’aboutissent jamais à aucune solution concrète pour les problèmes réels des femmes et des hommes qui les affrontent chaque jour.

LE JUGE, LE SAVANT OU LE POLITIQUE ?

On peut être contre la GPA, bien sûr, mais on ne peut  tout de même pas être contre des parents qui y ont eu recours dans des conditions légales, et qui saisissent la justice pour faire reconnaître leurs enfants. Comment justifier que ces enfants, à la filiation incontestable, soient aujourd’hui privés de tous les droits liés à leur inscription à l’état civil, étrangers au pays de leurs propres parents, au seul motif du mode de conception « choisi », en désespoir de cause, par ces derniers ? De quoi sont-ils coupables, avant même leur naissance, pour être ainsi sanctionnés ? Il y a certes une question d’humanité, mais surtout une question de responsabilité morale à envisager sérieusement les conséquences des principes qu’on choisit d’adopter, et de faire appliquer par d’autres.

Lorsqu’on entend certains qualifier une plus que légitime procédure judiciaire de « cheval de Troie » dans une guerre menée par quelques-uns pour « assiéger le code civil » et « asservir les femmes », on se dit que le moment est venu d’organiser le débat autrement dans la société française si nous voulons rassembler, respecter chacun, et néanmoins trouver des solutions aux problèmes des Français.

Il est profondément anormal que ceux qui exercent une telle responsabilité intellectuelle, morale ou politique puissent se réfugier dans leurs certitudes dans un monde qui avance sans eux, laissant les juges décider seuls de ce que veut, ou ne veut pas, la République.

Qui doit aujourd’hui répondre aux questions de Sylvie et Dominique Mennesson et de leurs deux filles âgées de 10 ans : le juge, le savant ou le politique ? La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) peut-être, la République certainement, sénateurs à vos plumes !

Najat Vallaud-Belkacem, Secrétaire nationale du Parti socialiste aux questions de société

Voici le lien vers la tribune sur le site de Le Monde : Gestation pour autrui : une question de responsabilité morale

Photo d’illustration : copyright Sénat

Presse

Projet de loi bioéthique devant le Senat: la sagesse ne doit pas interdire l’audace; elle exige la justice.

10 commentaires 04 avril 2011

Communiqué de presse

Najat Vallaud-Belkacem

Secrétaire nationale aux questions de société

Bertrand Monthubert

Secrétaire national à l’Education et à la recherche

Projet de loi bioéthique devant le Sénat : la sagesse ne doit pas interdire l’audace; elle exige la justice.

Cette semaine, c’est au tour du Sénat d’examiner le projet de loi bioéthique.

Le Parti socialiste continuera à y défendre les trois positions essentielles qu’il a portées à l’Assemblée nationale, comptant sur la deuxième chambre pour ne pas bloquer, à l’instar de la première, tout progrès.

- Autoriser, sous conditions, la recherche sur les cellules souches embryonnaires, pour permettre à la science et à la médecine, qu’elle soit préventive, réparatrice ou procréatrice, de progresser, et aux citoyens d’en profiter. Les dernières avancées scientifiques dans le domaine des maladies rares illustrent, s’il le fallait, l’urgence de permettre aux chercheurs de travailler sur ces cellules souches, alors que le régime actuel les freine inutilement.

- Faire cesser les discriminations à l’encontre des personnes homosexuelles. Leur garantir un réel égal accès à la parentalité, c’est notamment permettre aux femmes, quelle que soit leur situation de couple ou d’infertilité, de recourir à l’assistance médicale à la procréation. Leur garantir aussi, sans distinction d’orientation sexuelle, le droit de participer à la solidarité collective par le biais des dons de sang ou d’organes.

- Veiller à ce que la loi bioéthique soit toujours en phase avec les progrès des sciences et les évolutions de la société. Plutôt qu’un catalogue (que le gouvernement voudrait désormais figer) des pratiques  autorisées ou interdites, la loi devrait indiquer les valeurs, les principes et les objectifs de notre société et en confier l’application concrète et continue à des institutions comme l’Agence de biomédecine sous le contrôle du parlement.

Les sénateurs auront cette semaine la lourde charge de transformer un projet de loi régressif en un texte ambitieux et porteur de souffle pour la société toute entière.

 

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