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« La religion n’est pas un service public » d’Henri Pena-Ruiz

4 commentaires 31 mars 2011

Voici quelques remises au point très utiles et saines d’Henri Pena-Ruiz dans sa tribune dans Libération du 29 mars :

La religion n’est pas un service public

Apparemment notre république serait trop pauvre pour faire vivre des grands services publics communs à tous, croyants, agnostiques et athées. Asphyxie organisée de l’école publique, démantèlement des hôpitaux de proximité, privatisations en tous genres, etc. L’ultra-libéralisme fait son œuvre. La solidarité redistributive n’est plus à l’ordre du jour. En revanche la république serait assez riche pour financer des lieux de culte, qui ne concernent pourtant que les croyants pratiquants, une petite minorité. M. Sarkozy prône le supplément d’âme d’un monde sans âme. La terre vous paraît bien injuste voire invivable ? Réfugiez-vous donc dans le ciel ! Le protecteur des nantis ose dire sans ambages : «La république a besoin de croyants» (discours au palais du Latran).

La religion réduite à une compensation, et reconnue d’utilité publique ? Napoléon, que ne hantait pas une foi très vive, avait expérimenté la recette avec son concordat, qui aujourd’hui encore en Alsace-Moselle fait financer par tous les citoyens, croyants ou non, le culte de certains. Les mauvais coups contre la laïcité n’ont cessé. Voici venir le coup de grâce. Le prétexte en est l’utilisation illégitime d’une rue pour la prière, par des citoyens musulmans instrumentalisés politiquement. Certes la convergence hebdomadaire, vers la même rue, de fidèles de toute la région parisienne est clairement une manifestation en forme de défi. Elle usurpe l’espace public. Mais c’est un cas rarissime. N’importe. C’est une aubaine pour le FN qui se découvre adepte d’une laïcité à géométrie variable, que jamais il n’a invoquée contre les privilèges publics du catholicisme. Une aubaine aussi pour M. Sarkozy, qui s’apprête à détruire la laïcité en raturant la loi de 1905 sous prétexte de faire cesser le trouble. Janus biface, il «libère» la rue… mais accueillera les fidèles dans des mosquées payées par la puissance publique !

Notre sauveur fera ainsi coup double. D’une part il se présentera comme le gardien de la sécurité qui a toujours besoin de s’inventer un ennemi : jeunes des banlieues, immigrés, Roms, et maintenant musulmans des caves ou des rues. Funeste recette de la popularité que celle qui nourrit les peurs collectives ! D’autre part, le rétablissement de l’ordre public sera un prétexte pour faire payer aux contribuables des lieux de culte que ne devraient financer que les croyants.

Il fait ainsi croire que le seul problème réel est celui de l’intégration religieuse alors que la population visée souffre avant tout d’exclusion sociale et économique. Parler de l’islam sans le distinguer de l’islamisme politique, pourtant groupusculaire, est inadmissible. On prétend adapter la laïcité aux religions. N’est-ce pas plutôt à celles-ci de s’adapter à la laïcité, vecteur de liberté et d’égalité ? A-t-on jamais demandé aux droits de l’être humain de s’adapter aux coutumes ? Ce serait supprimer un levier d’émancipation. Les femmes en savent quelque chose, qui souffrent encore des préjugés machistes longtemps sacralisés par les religions du Livre. Ceux qui combattent la laïcité pour restaurer leurs privilèges perdus, et non une spiritualité désintéressée, se frottent les mains. Le scénario actuel les comble.

Premier temps : l’invention de la notion insultante de laïcité ouverte, ou positive. Parle-t-on de justice «ouverte» ? Ceux qui refusent l’égalité de traitement des croyants et des athées militent pour que les religions soient reconnues d’utilité publique. Cela les conduit à affubler la laïcité d’adjectifs polémiques et à la prétendre hostile aux religions.

Deuxième temps : le brouillage de la distinction entre cultuel et culturel. Puisque la loi laïque réserve l’argent public à ce qui est d’intérêt général, comme par exemple la culture, le rapport Machelon propose que le financement direct de la culture assure le financement indirect du culte. La ficelle est grosse. On dira que certains élus le font déjà. Mais l’infraction à la loi n’appelle nullement sa suppression. Qui propose d’abolir les feux rouges sous prétexte que certains les grillent ?

Troisième temps : le paravent du secours aux musulmans des caves. Comment déguiser une restauration de privilèges en bonne action égalitaire ? Par l’invocation d’un mythe : la pénurie supposée des lieux de cultes musulmans. En 1976, on recensait 150 salles de prière. En 1985, 900. Aujourd’hui, 2 147. Deux services de prière par jour suffiraient à accueillir tous les fidèles. La rue comme lieu de culte n’est donc pas une fatalité. Quatrième temps : l’abolition de la séparation laïque. La main sur le cœur on propose de réparer une injustice imaginaire en détruisant la loi de 1905. Quand de l’argent public aura été dépensé pour une mosquée, les tenants des autres religions s’exclameront : «Pourquoi pas nous ?» L’égalité républicaine ne permet pas que l’on donne aux uns ce qu’on refuse aux autres. A ceci près qu’à ce compte-là il faudra financer aussi les libres penseurs, les francs-maçons, les rationalistes, etc. Bref, il faudra communautariser l’argent public.

Jean Jaurès, en 1904, pensait aux retraites ouvrières : supprimer le budget des cultes, c’était transférer à l’Etat des moyens pour mieux assumer son rôle social. Pensons aussi à la santé pour tous. Un citoyen de confession musulmane hospitalisé dix jours, au prix moyen de six cents euros la journée, économise six mille euros si le service public de santé existe. Dans le meilleur des mondes ultralibéraux, il doit les payer, s’il peut, mais l’Etat lui fournit une mosquée. Quand on sait que seulement 18% des citoyens musulmans fréquentent une mosquée, on voit bien qui perd au change !

Il va de soi qu’il faut mettre un terme aux pratiques discriminatoires de certaines municipalités qui empêchent l’acquisition de terrains destinés à des lieux de culte musulmans. La république laïque n’a pas à financer de lieux de culte mais elle doit garantir juridiquement la possibilité d’en construire. Certains agitent l’épouvantail de l’intégrisme et disent : «Payons, ainsi nous contrôlerons.» Où est l’erreur ? Dans la prétention humiliante d’un tel chantage : voici un lieu de culte, mais attention à ce que vous allez y dire. Où est la faute ? Dans l’oubli de ce qu’est l’état de droit. En république, ce sont les lois qui règlent la liberté de parole. Un prêche qui incite à battre une femme est un délit : incitation à la violence. Peu importe alors que le lieu de culte soit privé ou public, la sanction sera la même. La république laïque ne fonde aucune norme sur un particularisme. Seule compte l’autorité de lois qu’inspire le droit (intégrité physique, égalité des sexes).

Marianne ne s’est pas séparée du Dieu qui la dominait pour le dominer à son tour, mais pour faire disparaître toute domination et tout privilège. Ne sacrifions pas l’universel sur l’autel du particulier. Préservons la laïcité.

Henri PENA-RUIZ, philosophe, écrivain, ancien membre de la Commission Stasi.

Voici le lien vers la tribune sur le site de Libération : Tribune Henri Pena-Ruiz Libération

Presse

Discriminations LGBT : garantir l’égalité, un acte nécessaire pour mettre fin aux violences

3 commentaires 23 mars 2011

Communiqué de presse

Najat Vallaud-Belkacem

Secrétaire nationale aux questions de société (PS)

« Discriminations LGBT : garantir l’égalité, un acte nécessaire pour mettre fin aux violences »

Un tiers des personnes homosexuelles ou bisexuelles déclarent avoir déjà fait l’objet d’insultes à caractère homophobe et 14% affirment avoir été victimes d’une agression physique en raison de leur homosexualité, selon un sondage Ifop publié mardi.

Il est urgent de mener des politiques volontaristes afin de garantir le respect et la sécurité de tous les citoyens et citoyennes et d’assurer l’égalité des droits pour toutes et tous. Cela passe notamment par la fin des discriminations légales que rencontrent les personnes LGBT, et l’ouverture du droit au mariage, à l’adoption et à l’AMP. C’est aussi en affirmant l’égalité de tous devant les lois que l’on pourra faire reculer les discriminations et les violences subies en raison du genre ou de l’orientation sexuelle.
En récusant ces avancées progressistes, la droite divise dangereusement le corps social : elle sanctuarise des droits pour certains et refuse leur accès à d’autres. Nier l’égalité des droits pour l’ensemble des citoyen-ne-s ne fait qu’encourager les stigmatisations, discriminations en violences envers les personnes LGBT.

Afin de transformer les mentalités, et de construire l’égalité réelle au sein de notre société, les socialistes proposent en outre de mettre en place pour tous les élèves, de la classe de CP à la terminale, et tous les ans, six heures d’éducation à la sexualité, à l’égalité et au respect mutuel ; et de former tous les acteurs éducatifs à partir d’un travail sur les stéréotypes et les assignations de genre.

Lien vers le communiqué de presse sur le site du Parti Socialiste

Questions de société

Les Etats Généraux du Renouveau.

2 commentaires 28 janvier 2011

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Ce week-end je participerai avec beaucoup d’autres responsables politiques, acteurs associatifs, syndicats, journalistes et intellectuels aux États Généraux du Renouveau à Grenoble organisés par Libération et Marianne.

Un fil rouge pour ces trois jours de débat qui promettent d’être passionnants: une République pour tous. Samedi matin, j’interviendrai pour ma part aux côtés de François Dubet, directeur d’études à l’EHESS, et Daniel Bloch, ancien recteur et membre de Terra Nova dans un débat intitulé: « La fabrique des meilleurs ou l’Ecole pour tous : il faut choisir ». Une question un peu tranchante pour un sujet complexe, mais tellement important : l’éducation et l’égalité des chances.

Tout le programme est consultable ici: Programme Etats Généraux du Renouveau.

Questions de société

Un projet de loi sur la bioéthique très attendu, peu ambitieux

26 commentaires 20 octobre 2010

Communiqué de Najat Vallaud-Belkacem

Secrétaire nationale aux questions de société

Et Bertrand Monthubert

Secrétaire national à la Recherche

Repoussée à plusieurs reprises, la révision de la loi de bioéthique est enfin engagée. Longtemps attendu, ce projet de loi a été présenté ce matin en Conseil des ministres : conservateur, incohérent, injuste, ce projet n’est pas à la hauteur des attentes.

En charge des questions de société ainsi que de la recherche au Parti socialiste, auteurs d’un rapport consacré à la révision de la loi bioéthique et aux opportunités qu’elle offre, nous ne pouvons que déplorer le manque de souffle et d’ambition du texte présenté ce matin par le Gouvernement .

Les citoyens, les associations, la communauté scientifique mais aussi le monde judiciaire espéraient davantage ; la France méritait davantage qu’un service minimum sur des sujets aussi importants que la recherche, l’égalité des droits et la famille.

Le texte est d’abord incohérent s’agissant de la recherche sur les cellules souches et les embryons puisqu’il continue à en interdire le principe, tout en multipliant  les dérogations. Faut-il rappeler qu’en raison de ses incertitudes législatives, la France accuse un grave  retard dans ce domaine pourtant source de potentialités thérapeutiques cruciales pour tous?

Il est étonnant de légèreté dans ses conclusions en faveur d’une levée de l’anonymat du don de gamètes à multiple vitesse car certains enfants issus d’un don pourront désormais accéder à l’identité du donneur et d’autres non, créant une injustice supplémentaire sans régler aucun des problèmes psychologiques posés à celles et ceux qui sont à la recherche de leurs origines.

Le texte proposé est surtout dramatiquement conservateur pour ce qui est de la prise en compte des évolutions de la société : rien ou presque n’est prévu pour élargir les conditions d’accès à l’Assistance Médicale à la Procréation. En restent exclus, sans raison valable, tous ceux qui ne répondent pas aux canons traditionnels de la famille : un papa, une maman, mariés ou pacsés. Rien sur les mères célibataires, rien sur les couples homosexuels, rien non plus sur la Gestation pour autrui.

Il y avait pourtant là une opportunité sans égale de permettre aux couples infertiles quelles que soient leurs situations d’échapper à la fatalité. Une opportunité sans pareille de repenser de manière ambitieuse les liens de parentalité, les évolutions des modèles familiaux, qui se nouent au sein de notre société.

Encore un nouveau rendez-vous manqué avec l’histoire, et la capacité de la France à renouer avec le progrès social et scientifique.

Presse

L’égalité en marche

Pas de commentaire 28 juin 2010

« PARIS (Reuters) – Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont pris part samedi à la 9e Marche des fiertés parisienne, ancienne Gay Pride, placée cette année sous le signe de l’égalité.

L’Interassociative lesbienne, gay, bi et transgenre (Inter-LGBT), qui coordonne le défilé, estime que leurs droits ont plutôt régressé depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir en 2007.

Déplorant un bilan législatif nul malgré les promesses du candidat de l’UMP pendant la dernière campagne présidentielle, l’Inter-LGBT adopté un mot d’ordre très revendicatif: « Violences, discriminations, assez! Liberté et égalité partout et pour tous ».

Les associations réclament le droit au mariage, que l’Espagne et le Portugal ont instauré, et à l’adoption pour les couples gays.

Elles espèrent également améliorer le Pacte civil de solidarité (Pacs), instauré en 1999 par le gouvernement socialiste de Lionel Jospin: pouvoir le signer en mairie et non au tribunal de grande instance ou assurer le versement d’une pension de reversion en cas de décès.

« Sans la Gay Pride, le Pacs n’aurait jamais existé », a déclaré un participant dans le cortège chamarré.

Au son de la musique techno, une soixantaine de chars devait relier la gare Montparnasse à la place de la Bastille, où un podium a été installé pour une gigantesque fête en plein air.

De nombreux dirigeants de gauche étaient présents au départ de la marche, comme l’ancien ministre de la Culture Jack Lang, le président du conseil régional d’Ile-de-France Jean-Paul Huchon, le nouveau secrétaire national du Parti communiste, Pierre Laurent, et des parlementaires du Parti de gauche.

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, l’un des premiers hommes politiques français à avoir révélé son homosexualité, a annoncé vendredi qu’il ne participerait pas au défilé comme il en a l’habitude, invoquant un autre engagement pris de longue date.

Selon Najat Vallaud-Belkacem, secrétaire national du PS chargée des questions de société, depuis 2007, « plus d’une dizaine de propositions de loi ont été déposées par les parlementaires socialistes pour promouvoir les droits des personnes LGBT, mais la droite les a toujours rejetées ».

Pour le Parti de gauche, « la situation est accablante » puisque les témoignages d’agressions continuent de progresser.

« Le monde du travail, surtout en temps de crise, est l’un des principaux lieux de manifestations homophobes ou lesbophobes. Et depuis l’an dernier, c’est internet qui devient le premier lieu de défouloir des haines homophobes et transphobes », déplore le parti de Jean-Luc Mélenchon. »

Laure Bretton

Article extrait de Capital.fr

Billet edito

Dieu a dit, Fillon a fait…

26 commentaires 15 mai 2010

Dieu a dit : « je partage en deux, les riches auront de la nourriture, les pauvres de l’appétit ». Quand le gouvernement Fillon annonce qu’il met en œuvre le programme de Coluche, on a plus du tout envie de rire, c’est pourtant ce qu’il vient d’annoncer sans nez rouge ni salopette !

Une politique de rigueur et d’injustice sociale sur fond de crise économique européenne pour renflouer les caisses d’un État impécunieux. Depuis des mois, le parti socialiste s’est inquiété de la dérive des comptes publics, creusés par le gouvernement Fillon à coup de mesures inconsidérées et de cadeaux fiscaux extravagants !

Il n’y a plus d’argent nous dit-on, mais c’est un peu court ! Il y en a pour le paquet fiscal à 12 milliards d’euros, pour la suppression des droits de succession ou pour le bouclier fiscal, il y en a encore pour les entreprises du CAC 40 qui siphonnent la méga niche fiscale de Copé, dénoncée par Didier Migaud (http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2751), qui a coûté 22 milliards de pertes de recettes fiscales en trois ans ! Il y en a évidemment pour sauver les banques qui veulent aujourd’hui la peau des États. Ah, il faut se réjouir  bien sûr des 750 milliards d’euros débloqués par les États Européens, pour sauver la zone euro, car la crise aura ainsi au moins permis, dos au mur et en une nuit, plus d’intégration européenne, que vingt ans de négociations. Mais il faudra aller au delà dans le gouvernement économique de la zone euro et surtout beaucoup plus loin dans la régulation des marchés, sauf à prendre le risque de transformer les États, qui n’en finissent pas de jouer leur rôle « d’assureur en dernier ressort » comme disent les économistes, en marionnettes de la finance mondiale.

Pas d’argent alors ? Il serait plus juste de dire pas d’argent pour les millions de Français qui ne bouclent pas leur fin de mois et auxquels ont va supprimer plusieurs aides.

Le coup de semonce avait été tiré, il y a trois semaines déjà, par Gilles Carrez, député UMP et rapporteur général du budget, qui avait déclaré que l’État n’avait plus les moyens des lois sociales qu’il avait voté suggérant qu’il fallait diminuer le montant des allocations universelles, c’est à dire le RSA pour les personnes en difficulté d’insertion, l’APA pour les personnes âgées dépendantes et la prestation de compensation du handicap (PCH). Plus les moyens des lois sociales votées, mais des moyens quand même pour le bouclier fiscal !

L’annonce du Premier ministre est, aujourd’hui, sans ambiguïté : une baisse de 10 % sur trois ans des dépenses d’intervention et dans le collimateur du gouvernement les emplois aidées, l’allocation personnalisée logement, l’Allocation adulte handicapé et le RSA…

Dans le budget 2010, les dépenses d’intervention de l’État s’élèvent à 67 milliards d’euros, il faut donc trouver 6,7 milliards… un demi paquet fiscal… Bouclier fiscal contre bouclier social, voilà le choix fait par le gouvernement.

Conclusion provisoire : Là où la meilleure andouillette recueille  un quintuple A (AAAAA), la France ne s’en sort qu’avec un triste triple A (AAA) : encore un effort monsieur le Premier ministre !

Presse

En réaction au rejet de la proposition de loi de Jean-Pierre Michel « Pour le droit d’adopter à deux ».

3 commentaires 30 mars 2010

Najat Vallaud-Belkacem

Adjointe au Maire de Lyon
Conseillère Générale du Rhône
Secrétaire Nationale en charge des questions de société au Parti Socialiste

« Aujourd’hui en France, vous pouvez adopter un enfant quelle que soit votre orientation sexuelle… pour peu que vous soyez célibataire.

La législation actuelle permet en effet l’adoption aux seuls couples mariés ainsi qu’aux personnes célibataires à l’exclusion de toutes les autres situations familiales et conjugales : l’union libre, mais aussi le PACS,  c’est à dire la majorité des couples en France.

Le sénateur socialiste Jean-Pierre Michel a donc proposé la semaine dernière une loi visant à autoriser l’adoption par des partenaires ayant conclu un PACS depuis plus de deux ans, condition identique à celle qui est imposée aux couples mariés.

Une idée insupportable à la droite française qui l’a rejetée avant même que le débat ait lieu, comme elle s’oppose systématiquement depuis plus de dix ans à toutes les propositions de la gauche parlementaire qui pourraient ouvrir des droits nouveaux aux couples du même sexe.

Les représentants de l’UMP se sont une nouvelle fois livrés à véritable festival de déclarations réactionnaires dont l’hypocrisie n’a pu masquer, malgré leurs vains efforts, le caractère foncièrement homophobe.

Car le problème ne porte évidemment pas sur la capacité des couples pacsés à élever un enfant au même titre qu’un couple marié ou qu’une personne seule, mais bien sur les quelques 20% d’entre eux qui sont homosexuels.

L’UMP continue donc de tenir un double discours sur l’homoparentalité : ostensiblement ouvert et tolérant dans les médias, mais assurément idéologique et rétrograde au Sénat et à l’Assemblée Nationale.

Le débat est ouvert : l’UMP, la majorité parlementaire comme le Gouvernement doivent sortir de l’ambiguïté. »

Billet edito

Ni une, ni deux: je signe!

1 commentaire 15 février 2010

Affiche_Ni1ni2Je vous invite à participer à la manifestation virtuelle et citoyenne pour exiger une véritable protection des femmes étrangères victimes de violences.

Les femmes étrangères subissent en effet une double discrimination: en tant que femmes, elles sont confrontées à des discriminations spécifiques dans leur pays et en France; en tant qu’étrangères elles sont soumises à un ensemble de textes qui se révèlent, dans la pratique, plus restrictif à leur égard. Le fait qu’elles soient étrangères fait trop souvent obstacle à la reconnaissance et à l’application de leurs droits fondamentaux. Cette violence institutionnelle vient prolonger les violences vécues en tant que femmes.

Il s’avère dès lors urgent de mettre en place une véritable défense des femmes étrangères victimes de violences.

C’est pour moi un engagement de tous les jours dans mes fonctions d’élue: c’est tout naturellement que j’ai signé la charte de la campagne « Ni une Ni deux ».

Soutenez la campagne « Ni une Ni deux » sur le site de la Cimade.

Presse

Eduquer contre l’homophobie.

5 commentaires 09 février 2010

Vous avez sans doute entendu parler, depuis quelques jours, de la polémique autour d’un court métrage « le baiser de la lune »,  destiné à sensibiliser les élèves de CM1 et CM2 à l’homosexualité.

Avec mes camarades Secrétaires Nationaux à la culture et à l’éducation, j’ai fait paraître le communiqué de presse ci-dessous, pour défendre la présence d’outils pédagogiques à l’école permettant de lutter contre les discriminations sexuelles.

L’idée de ce film, selon moi, est très importante car il s’agit, non pas d’évoquer une quelconque forme de sexualité, mais bien de les sensibiliser à l’existence d’autres modèles de couple et de famille, et de combattre les stéréotypes. Il n’est jamais trop tôt pour éduquer à la différence.

Communiqué de Sylvie Robert, secrétaire national à la culture , de Bruno Julliard, secrétaire national à l’éducation et de Najat Vallaud-Belkacem, Secrétaire nationale aux questions de société

L’opposition du ministre de l’Education nationale et porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, à la production et à la diffusion du court-métrage d’animation « Le Baiser de la lune », aux élèves de CM1-CM2 est choquante.

Qui peut nier que le droit au respect des choix individuels, y compris sexuels, doit encore progresser dans notre société ? La prévention et l’éducation sont essentielles, dès l’école primaire, là où déjà se construisent les stéréotypes et les amalgames. Il s’agit d’ailleurs d’une obligation légale.

En faisant marche arrière et en retirant le soutien de son ministère, Luc Chatel bafoue ainsi son engagement à « lutter contre toutes les violences et toutes les discriminations, notamment l’homophobie », figurant pourtant parmi ses dix grandes priorités. Le ministre cède ainsi aux sirènes des lobbys conservateurs qui considèrent que l’Éducation à la tolérance et à la différence n’ont pas leur place à l’école.

La liberté d’expression et de création artistique est une condition indispensable à l’exercice de la démocratie. Le Parti socialiste réaffirme son soutien au réalisateur et à son projet de film d’animation qui s’insère parfaitement dans les missions de l’école républicaine, contribuant à la lutte contre les discriminations et au respect entre tous. »

Ma ville, mon canton

Ouverture de l’Espace Public Numérique de la MJC de Montchat

Pas de commentaire 02 février 2010

Je tiens à saluer l’action de la MJC Montchat qui prend désormais en charge l’ accompagnement de personnes débutantes ou initiés dans l’utilisation de l’outil informatique.

L’Espace Public Numérique s’adresse aussi bien à ceux qui souhaitent utiliser l’ informatique comme un loisir qu’ à ceux qui souhaitent approfondir leur maîtrise de l’outil dans le cadre d’une recherche d’emploi.

Ainsi je ne peux que soutenir une action qui a pour objectif de réduire les inégalité d’accès au numérique tout en promouvant la mixité sociale.

L’Espace Public Numérique est ouvert à tout les habitants du quartier et aux adhèrents de la MJC, gratuit et sans inscription préalable, tous les lundi de 15 h à 18 h dans les locaux de la MJC .

Douce France ?

Billet edito

Douce France ?

2 commentaires 16 décembre 2009

Bonne nouvelle cette semaine, Brice Hortefeux a reçu le prix de la lutte contre le racisme. Blague ? Pas du tout, il faut dire que le ministre de l’Intérieur et ex ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale n’a pas ménagé ses efforts depuis l’élection de Nicolas Sarkozy pour promouvoir l’amitié entre les peuples. C’est d’ailleurs par un témoignage de grande satisfaction que les historiens ont salué la création de ce ministère honteux en démissionnant collectivement du conseil scientifique de la Cité de l’histoire de l’immigration.

Depuis lors, que des motifs de louer l’action de Brice Hortefeux, impliqué à fond dans la mise en œuvre d’une politique migratoire qualifiée de « racialiste » par Patrick Weil, mais aussi de productiviste avec toujours plus de reconduites à la frontières, toujours moins de reconnaissance du droit d’asile et toujours plus de difficulté à obtenir un visa ou un regroupement familial. Poursuivre la lecture

L’avenir de la décentralisation.

Billet edito

L’avenir de la décentralisation.

2 commentaires 01 décembre 2009

Bonsoir à toutes et à tous,

Ce n’est pas à la Une des médias, mais cela préoccupe tous les élus locaux : la réforme de la taxe professionnelle actuellement en débat au Sénat est une attaque de plus contre la décentralisation. Le projet gouvernemental de réforme de la fiscalité locale privera les conseils généraux des deux tiers de leur levier fiscal, les Régions de la quasi-intégralité de leurs impôts locaux et reportera la charge de l’impôt local sur les seuls ménages. Encore un peu plus d’injustice fiscale… En définitive, les collectivités perdront leur faculté à décider souverainement et démocratiquement de leurs choix politiques, reléguant les élus au rang d’agents de l’Etat exécutant de politiques décidées par d’autres et ailleurs.

Cette réforme va finir de mettre à mal bien des Départements écrasés sous le poids des dépenses sociales, étranglés financièrement par les transferts de compétences mal compensés de l’Etat (insuffisante compensation dénoncée en son temps par Michel Mercier, Président du Conseil général du Rhône, aujourd’hui censé défendre les territoires ruraux…) et déstabilisés par la crise économique qui leur a fait perdre une bonne partie de leurs recettes ! Désormais les Conseils généraux sont contraints de faire valoir leurs droits devant les tribunaux, comme sur le sujet du Fonds de protection de l’enfance.

Les communes et les intercommunalités s’inquiètent également de la suppression de la taxe professionnelle, beau cadeau fait au MEDEF. Leurs ressources sont menacées et elles risquent de perdre le lien qui les attache au développement économique de leur territoire. Incompréhensible réforme qui semble oublier que les collectivités locales réalisent 73% de l’investissement public en France et sont le fer de lance de la relance autant qu’un amortisseur économique et social reconnu dans le monde entier qui regarde avec intérêt le modèle français…

La réforme institutionnelle prend le visage d’un transfert des difficultés de l’Etat impécunieux sur les collectivités locales en même temps qu’une basse oeuvre de recentralisation. La « Sarkozie » ne souffre aucun contre pouvoir, après les médias, la Justice et le Parlement, c’est au tour des collectivités locales, actifs contre-gouvernement aux mains des socialistes, de passer sous le boisseau. On attendait le « big-bang des collectivités locales », on a droit, selon les termes très justes de Gérard Collomb à un obscur « fric-frac électoral »…

La révolte gronde dans les rangs mêmes de la majorité présidentielle, de tous les bancs viennent les sifflets qui accueillent le Premier ministre au Congrès des maires de France, la résistance vient autant des maires des grandes villes que des présidents de Région. Elle a la voix de Jean-Pierre Raffarin ou d’Alain Juppé d’un côté, de Laurent Fabius, d’Elisabeth Guigou ou de Ségolène Royal de l’autre.

C’est la démocratie locale qui est menacée dans l’indifférence du gouvernement pourtant régulièrement interpellé par les associations de collectivités, par le Sénat, ainsi que par nombre d’élus locaux et nationaux. Dans le viseur plus que toute autre collectivité, les Départements confrontés à des difficultés inédites et immédiates au point qu’un certain nombre d’entre eux ne parviennent pas à boucler leur budget 2010 et en appellent, en vain, à la solidarité nationale…

C’est aussi la parité qui est atteinte avec la mise en place des conseillers territoriaux en lieu et place des conseillers régionaux/généraux. Le projet de loi prévoit, en effet, d’élire 80 % des futurs conseillers territoriaux sans contrainte de parité, ce qui ferait chuter à 19 % la part des femmes élues au conseil territorial, contre 47% actuellement au conseil régional, en moyenne en France. Encore un « grand progrès » à mettre à l’actif du gouvernement que les « Lyonnes », association fondée en 2001 pour promouvoir la parité, a décidé de dénoncer avec force. C’est ainsi qu’avec plusieurs de mes collègues, les conseillères régionales Sabiha Ahmine (PCF), Hélène Blanchard (Verts), Fabienne Lévy (Parti radical) et Anne-sophie Condemine (MoDem), la député Pascale Crozon (PS), la sénatrice du Rhône Christiane Demontès (PS), nous avons décidé de lancer le 20 novembre dernier une grande mobilisation contre le projet de réforme des collectivités territoriales.

Partout la résistance s’organise pour qu’on ne tue pas la décentralisation en silence !


wiki-montchat.fr Allez, finissons sur une note positive: C’est aujourd’hui qu’ouvre le site wiki-montchat.fr, le réseau social des habitants du canton de Montchat dont je suis élue, que j’ai conçu comme un lieu d’information et d’échange de bons procédés, une plate-forme participative pour découvrir et faire découvrir ce quartier attachant, son histoire, ses services, ses rues et ses places, ses commerces, ses associations. Avis à tous les montchatois : A vos claviers !

Ma ville, mon canton

Débat sur la chaîne parlementaire avec Caroline Fourest.

Pas de commentaire 20 juin 2009

Billet edito

Des fiches et des êtres

104 commentaires 13 septembre 2008

Les jours écoulés depuis mon dernier billet n’ont pas manqué d’intérêt et de curiosité. Il y a d’abord eu cette rocambolesque enquête corse et le limogeage d’un haut fonctionnaire de la police, loyal et compétent, flic débarqué manu militari pour cause de lèse ami du Président, alors même que l’ordre public a été préservé. Il a eu ensuite Bigard, autre ami du président, qui s’est pris pour Thierry Meyssan en contestant la réalité des attentats du 11 septembre. Enfin, ce show pathétique de Bernard Tapie devant les Parlementaires (Tapie, encore un ami du président, dont le sort personnel est moins en cause que la responsabilité du gouvernement qui a choisi de recourir à l’arbitrage plutôt que de faire confiance à la Justice) et celui non moins grotesque de la réconciliation entre Berlusconi et Kadhafi sur fond de repentance italienne.

Mais il y a aussi eu des sujets plus sérieux.

Des fiches et des êtres

Bigsarko La polémique suscitée par la mise en place du fichier Edvige est un bel exemple de mobilisation citoyenne et de vigilance républicaine. Elle est aussi symptomatique d’une dérive qui n’est sans doute pas propre à la France mais que le gouvernement français entretient et promeut, consistant à accroître les contrôles sur le corps social et à réduire l’espace des droits et des libertés. Les cartes d’identités biométriques, comme les fichiers ADN des délinquants de toute nature et pas seulement des plus dangereux ne m’apparaissent pas moins liberticides qu’un fichier informatique qui pour une bonne part prend acte d’une pratique ancienne, celle des renseignements généraux.

Qui peut aujourd’hui sérieusement prétendre que des personnalités ne sont pas fichées, que ces fiches ne contiennent pas de données à caractère personnel portant sur les opinions politiques, philosophiques ou religieuses ou encore mentionnant les orientations sexuelles. Qui peut prétendre que des mineurs ne sont pas d’ores et déjà fichés ? Car au fond le problème est moins celui de l’informatisation que celle de la pratique effective des services de renseignement français sans doute insuffisamment encadrés malgré la loi de 1991. Il n’y a pas de CNIL pour ces fichiers là !

Et que dire du fichier de l’Education nationale comportant une mention sur les origines ethniques des élèves ? Oui, il faut dans ces conditions demeurer vigilant et intransigeant ; ne tenons surtout pas le Président de la République, malgré ses déclarations en faveur de la protection des libertés publiques et ses remontrances de circonstance à l’endroit de Michelle Alliot-Marie, pour le garant de nos droits et libertés. Il n’en a pour le moment jamais fait la démonstration.

Y a pas écrit la Poste !

L’annonce de la privatisation de La Poste n’est pas une bonne nouvelle, comme la privatisation de France Télécom n’en a pas été, rétrospectivement, une. La gauche porte de ce point de vue une responsabilité que je ne peux éluder et dont je mesure le prix en termes de manque de couverture en téléphonie mobile et haut débit en milieu rural. Aux collectivités et à l’Etat (de moins en moins à dire vrai) donc de combler les carences de l’initiative privée puisqu’il n’y a plus de service public.

La poste privatisée, c’est le démantèlement d’un service de proximité performant, c’est l’accélération des fermetures de bureaux de poste dont le maillage a été affaibli avec la banalisation du Livret A. Mais après tout pourquoi maintenir ce service public de proximité puisque les trésoreries publiques ferment, puisque les tribunaux d’instance sont abandonnés, puisque les sous-préfectures sont sur le point de l’être dans certains territoires ruraux ? qu’est ce que le gouvernement souhaite faire de nos territoires ? des déserts ?

Les services publics font la compétitivité de nos territoires ; non à la privatisation de la Poste – Non au dogme de la libre concurrence et de la dérèglementation. Oui au référendum !

Une laïcité de plus en plus positive…

Jean Luc Mélanchon Enfin pour terminer, parce que le débat sur la laïcité vous a intéressé, que le pape est en visite en France et qu’une fois encore le Président de la République est sorti de sa réserve en plaidant à nouveau pour une « laïcité positive », je me permets de vous recommander la remarquable réplique au discours de Latran de Jean-Luc Mélenchon.

Billet edito

Chronique du week end

41 commentaires 09 février 2008

Sur le marché avec Guy Bonjour à toutes et à tous, heureuse de vous retrouver. Je rentre à peine du marché de Montchat, tandis qu’hier soir je participais à une très amicale réunion d’appartement ; bref, la campagne bat son plein et pour le moment il semble que les choses se passent plutôt bien.

Comme j’aime à le faire, quelques petites brèves en vous souhaitant de passer un bon week end. Je ne vous parlerai pas du mariage du président (ça ne regarde que lui), je ne vous parlerai pas non plus de la détention provisoire de Jerôme Kerviel, c’est un peu pathétique, pas plus que du rapport que Dominique Perben a remis sur l’avenir des grandes métropoles dont on peut néanmoins retenir qu’il est à certains égards un bel hommage aux réalisations lyonnaises : en mettant en avant l’importance des quartiers écologiques, c’est à Saint Priest qu’il pense sans doute dont les nouveaux quartiers sont une référence nationale et européenne en matière d’écologie urbaine !
Lorsqu’il évoque la question de la densification urbaine, c’est à l’attractivité de Lyon, témoignage de son dynamisme et de son développement, qui a accueilli 25 000 nouveaux habitants ces cinq dernières années qu’il rend hommage. !
Quand il préconise l’institution de péages urbains… la comparaison s’arrête là ; à ce système injuste et pénalisant pour le pouvoir d’achat des habitants, l’agglomération lyonnaise a préféré la création de parcs relais aux entrées de la ville et le développement des transports collectifs.

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