Tag archive for "Europe"

Questions de société

24 heures à Berlin pour le dialogue franco-allemand et la construction européenne.

3 commentaires 10 novembre 2011

Ce n’est pas peut-être pas tout à fait un hasard de calendrier… c’est en effet à la veille de 11 novembre que je suis aujourd’hui à Berlin pour la journée à l’invitation du Forum de Genshagen, de l’Institut Montaigne et du Zeit, pour intervenir sur un enjeu stratégique pour l’Europe: l’immigration et l’intégration. Un beau symbole, mais surtout un moment de réflexion et de dialogue international de très grande qualité auquel je suis très heureuse de prendre part avec des représentants et décideurs des mondes politique, économique, scientifique, culturel comme des médias, pour faire émerger des pistes réalistes et utiles à l’avenir de tous. Le sociologue Gilles Kepel, ou l’écrivain Boualem Sansal sont notamment présents parmi de nombreux autres intervenants venus du monde entier.

L’actualité internationale rend en effet nécéssaire les débats publics sur l’immigration et les politiques d’intégration. La montée en puissance des partis populistes dans certains Etats-membres, les prises de position concernant l’espace Schengen ou encore les mesures unilatérales de certains Etats face à l’afflux de réfugiés en provenance du Maghreb, ont souligné les difficultés et les contradictions des politiques nationale et communautaire en matière d’immigration et d’asile. Je ne parle même pas des dérives de la droite française sur ces sujets qui rendent encore plus indispensables des intitiatives comme celles-ci, privilégiant le fond de la réflexion sur les effets de manche et les déclarations à l’emporte-pièce.

Je vous laisse découvrir le programme du forum ici: site officiel.

Et je vous donne rendez-vous, demain à Montchat à 11h00 pour les cérémonies du 11 novembre, ainsi que les 25, 26 et 27 novembre prochains à Lyon pour le Forum Libération sur les « nouvelles frontières », une autre belle occasion de poursuivre et d’approfondir la réflexion.

Sortir l’Europe de l’ornière

Presse

Sortir l’Europe de l’ornière

1 commentaire 01 juin 2011

Le journal « La Croix » publie une tribune co-écrite par les membres du Mouvement Européen France auquel j’appartiens aux côtés d’élus, certes de bords différents, mais tous animés par la même ambition d’une Europe fédérale au service des citoyens,  dont la perspective semble parfois bien loin…

Voici le lien vers l’article : Article La Croix

« Sortir l’Europe de l’ornière »

Chacun s’accorde à dire combien l’Europe va mal. Comment ne pas être déçu de voir l’Union européenne, telle qu’elle est aujourd’hui, le plus souvent impuissante et divisée, illisible pour le citoyen européen. Même s’il faut reconnaître des avancées telles que le mécanisme européen de stabilité financière, le pacte pour l’euro plus ou le début d’une convergence fiscale, celles-ci ne peuvent cacher les divisions sur de nombreux domaines et relèvent de décisions intergouvernementales, actant donc la mise à l’écart de la méthode communautaire.

Comment ne pas être déçu quand il est facile de se rendre compte qu’une Europe fédérale serait la meilleure garantie pour défendre les intérêts des peuples européens, pour que l’Europe puisse se faire entendre dans le contexte de mondialisation qui caractérise ce début du XXIème siècle ? Comment ne pas être déçu quand on voit les gouvernements des Etats membres incapables, sur de nombreux domaines de faire preuve d’une véritable solidarité européenne et de promouvoir des politiques, des projets communs ? Il est alors peu surprenant que nombre de nos concitoyens se détournent de l’idée européenne.

Réagir est urgent. On n’a pas le droit de laisser ainsi s’étioler une construction qui a suscité tant d’espoirs, qui nous a apporté la paix et la liberté. Que chacun le comprenne, les mêmes causes produisent les mêmes effets, une Europe qui se déliterait est une Europe où l’émergence de nouveaux conflits ne tarderait pas.

Comment réagir ? Il faut d’abord expliquer pourquoi l’Europe est une nécessité. Nos gouvernements ne peuvent, tout en parlant toujours d’Europe, prendre des positions qui empêchent son développement. Il faut surtout mobiliser l’opinion publique, et là est le rôle de la société civile que représente notamment le Mouvement Européen-France. Mais comment le monde associatif peut-il agir quand l’appui public lui fait défaut ?

Réagir ce serait adopter quelques mesures montrant que l’on croit en l’Europe : définir une politique énergétique commune ; lancer de nouveaux projets d’entreprises communes qui prouveront qu’ensemble l’Europe peut réussir ; mettre en place une véritable politique commune en matière d’immigration et d’accueil des migrants, pendant indispensable de l’espace Schengen ; ou encore lancer une diplomatie européenne pour mutualiser nos moyens. Et combien d’autres exemples pourrions-nous citer ?

Peut-on réagir ? Oui, si la société civile est capable de lancer un cri d’alerte et un appel, si nous parvenions à faire de l’Europe un vrai débat lors de la prochaine présidentielle. Oui, si les élections de juin 2014 au Parlement européen, dans l’esprit du traité de Lisbonne, permettent vraiment une campagne européenne autour d’un candidat à la présidence de la Commission et d’un projet présentés par chaque grande famille politique européenne. Oui, si nous acceptons de considérer que dans une Europe élargie il ne sera plus possible d’avancer tous au même moment et au même rythme. L’Europe a besoin d’une locomotive. Les Etats fondateurs, au premier rang desquels la France, doivent retrouver leur fonction d’entraînement et être les premiers à respecter les règles. L’Europe de l’expérimentation des groupes pionniers c’est positif quand on affiche clairement que l’objectif est d’initier une dynamique pour rassembler progressivement le maximum d’Etats. Ce n’est pas instituer une Europe à deux vitesses ni revenir sur des acquis. C’est aller de l’avant pour entraîner les autres dans leur sillage. Ajoutons que l’Europe des pionniers ne se résume pas aux Etats. Les régions et métropoles européennes sont aussi les lieux d’invention de l’Europe de demain.

Le combat de l’Europe n’est pas la nostalgie d’une époque passée, celle de l’après-seconde guerre mondiale, celle de la deuxième moitié du XXème siècle. C’est le combat prioritaire d’aujourd’hui pour la paix, la liberté, la prospérité de nos peuples européens. C’est le combat pour que notre jeunesse puisse avoir un avenir, s’approprier un projet collectif.

Christian Philip, Président du Mouvement Européen-France; Damien Abad, Vice-président du Mouvement Européen-France, Député européen (PPE – nouveau centre) ; Denis Badré, Vice-président du Mouvement Européen-France, Sénateur – Maire de Ville d’Avray (Union Centriste du Sénat); Frédéric Benhaim, Vice-président du Mouvement Européen-France, membre du Conseil fédéral d’Europe Ecologie-Les Verts ; Sylvie Goulard, Vice-présidente du Mouvement Européen-France, Députée européenne (ADLE-Modem) ; Catherine Grèze, Vice-présidente du Mouvement Européen-France, Députée européenne (Europe Ecologie-Les Verts) ; Fabienne Keller, Vice-présidente du Mouvement Européen-France, Sénatrice (UMP) ; Jérôme Lambert, Vice-président du Mouvement Européen-France, Député (PS) ; Jean-Luc Sauron, Vice-président du Mouvement Européen-France, Maître des requêtes au Conseil d’Etat; Najat Vallaud Belkacem, Vice-présidente du Mouvement Européen-France, adjointe au maire de Lyon et Secrétaire nationale du PS en charge des questions de société

Année européenne du bénévolat : Lyon est au rendez vous

Ma ville, mon canton

Année européenne du bénévolat : Lyon est au rendez vous

Pas de commentaire 19 mai 2011

Le journal Le Progrès revient ce matin sur la journée que nous avions organisée il y a quelques jours à l’Hôtel de Ville pour fêter le trentième anniversaire du Forum international des associations créé par Simone André,  mettre en valeur le travail et le dévouement des multiples bénévoles qui font aimer cette ville, et réfléchir aux enjeux actuels de la vie associative.  Une très belle journée, riche en enseignements.

« Des propositions pour les associations du Rhône : Lyon, le forum international des associations a formulé des idées »

Trois décennies de travail quotidien envers les autres et le monde associatif ont été fêtées avec succès à Lyon, il y a quelques jours, au cours du Forum international des associations présidé par Simone André. Un vibrant hommage lui a d’ailleurs été rendu.

Tout a commencé à l’hôtel du Département. Plus de 300 bénévoles étaient réunis sous la présidence de Michel Mercier, garde des Sceaux et président du Conseil général du Rhône. Dès le lendemain s’enchaîna une journée de travail à la mairie de Lyon avec plus de 700 bénévoles, sous la présidence de Gérard Collomb, sénateur-maire de Lyon et président du Grand Lyon ; son adjointe Najat Vallaud-Belkacem était à ses côtés. De très nombreuses autres personnalités étaient présentes dont Catherine Lalumière, vice-présidente du Parlement européen ainsi que le cardinal Philippe Barbarin.

A l’heure du bilan, Simone André s’est exprimée en ces termes : « Ce Forum fut un brassage des êtres et des idées d’où chacun repartit plus fort et plus enthousiaste que jamais. Le monde associatif est une vraie valeur d’humanité et fait partie avec éclat de l’identité de la France. La France sans les associations n’est plus la France, et les associations sans les bénévoles ne sont plus les associations. Elles servent le vrai visage de l’humanité des temps modernes et sont messagères de cette démocratie locale, source de la liberté, de la responsabilité, de l’amour des autres et du retour à la grandeur spirituelle des êtres engagés à construire ce monde de paix, de liberté, et d’espérance qui doit être celui du XXI e siècle ».

Voici les principales propositions retenues par les ateliers de travail qui se sont réunis à Lyon.

- Actions envers les jeunes

Création d’une coupe nationale des jeunes bénévoles, soutien à leurs initiatives de création d’association, concours d’idées, sensibilisation des très jeunes dans les structures de la petite enfance, création du ballon du bénévolat solidaire auprès des fédérations sportives…

- Formation des bénévoles

S’appuyer sur les structures existantes comme ‘l’espace associatif, créer une école du management des bénévoles, définir une charte nationale du bénévolat…

- Gouvernance des associations

Favoriser les changements de présidence, binômer les responsables avec un jeune bénévole, développer les temps festifs, étendre la couverture assurance des bénévoles…

- Promotion des associations

Création d’une Chambre de la vie associative, avec rôle d’observation, de réflexion et de propositions

Sur le plan européen, il sera proposé la création d’une académie européenne du bénévolat et celle de Forum(s) pour les pays intéressés. »

Voici le lien vers l’article sur le site du Progrès : Site Le Progrès

Cérémonie du souvenir ce matin à Montchat

Ma ville, mon canton

Cérémonie du souvenir ce matin à Montchat

Pas de commentaire 08 mai 2011

8 mai 1945-8 mai 2011: Un moment émouvant, merci à tous ceux et toutes celles qui se sont déplacés et bon rétablissement au porte drapeau victime d’un malaise sous la chaleur de cette matinée.

Voici le texte du discours que j’ai tenu pour cette belle cérémonie:

Monsieur le Maire du 3e arrondissement, Conseiller Général du Rhône, Cher Thierry,

Monsieur le Président du Comité du Souvenir de Montchat,

Mesdames et Messieurs les représentants des Associations et Amicales d’Anciens Combattants, Résistants, Déportés, Prisonniers et Victimes de Guerre,

Madame l’Adjointe, Chère Nathalie,

Mesdames et Messieurs les Élus,

Mesdames et Messieurs,

Le 8 mai 1945 à 15 heures, le Général de Gaulle annonçait aux Français la fin de la Guerre sur le continent européen ; une guerre qui avait fait plus de 50 millions de victimes à travers le monde.

Notre pays sortait de l’asservissement, et retrouvait sa liberté perdue au sein des nations combattantes. Ici, à Montchat, comme partout sur le territoire national, c’était la délivrance.

Nos pensées, en ce jour de souvenir, vont aux Combattants de la Résistance intérieure, aux Forces Françaises Libres, à tous les combattants des armées de libération française, à tous les combattants des armées alliées.

Nous pensons à toutes celles et à tous ceux qui, par leur courage, leurs souffrances et leurs sacrifices ont vaincu le nazisme en arrachant, il y 66 ans, jour pour jour, la capitulation sans condition du IIIe Reich.

Nous pensons aux déportés, aux prisonniers de guerre, aux internés des camps de la mort. Nous pensons à leurs familles. Nous pensons à ceux qui sont rentrés. Nous pensons à ceux qui ne rentrèrent jamais. Nous pensons aux plus de 20 millions de combattants qui ont laissé leurs vies sur les champs de bataille.

Nous pensons aux populations civiles, à tous les peuples qui ont souffert comme jamais dans cette Europe dévastée par la folie meurtrière, dans un monde déchiré par la guerre.

Nous pensons à cette humanité en deuil qui allait devoir tout reconstruire, et trouver la force, la volonté et l’espoir de bâtir un monde nouveau dans lequel une telle barbarie deviendrait impossible.

Jamais, sans doute, les hommes n’ont eu besoin d’autant de détermination, de courage et d’espérance au cœur pour relever les défis de l’avenir.

C’est ce que le général de Gaulle exprima à Bar-le-Duc, le 28 juillet 1946, dans un discours resté célèbre sur l’avenir de la paix en Europe et dans le monde, à l’ère nouvelle du nucléaire.

« Chacun mesure la menace latente qui pèse sur la civilisation. Il y a là un devoir envers l’espèce humaine et ce devoir passe infiniment les intérêts et prétentions de tous les régimes et de toutes les nations. S’il n’est pas rempli, le nuage du danger va peser sur tout ce qui vit. Mais, s’il l’est, on verra sans doute naître, enfin, cette coopération internationale qui est, désormais, pour l’Humanité la seule voie concevable de la paix et du salut. Comme un navire qui reprend la mer à peine a-t-il touché le port, ainsi notre pays, sitôt la victoire remportée, se trouve de nouveau devant le devoir de l’effort. »

Il conclut par ces mots qui ont eu tant de résonance et qui, aujourd’hui, continuent de résonner avec tant de force :

« Où est l’avenir?  Il est en nous. »

Oui, l’avenir était en eux, comme il est aujourd’hui en nous.

L’Europe est aujourd’hui un continent réconcilié, un ensemble de nations libres qui ont su préserver la paix, la consolider et l’étendre en adressant un message d’humanisme et de progrès très au-delà de ses frontières.

Chaque 8 mai est ainsi l’occasion, pour nous, de rendre hommage aux femmes et aux hommes qui, au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, se sont engagés dans la voie de la construction de l’Union Européenne.

Nous exprimons aujourd’hui notre profonde reconnaissance à toutes celles et à tous ceux qui ont fait naître des cendres de la guerre, l’Europe que nous connaissons aujourd’hui, et qu’il nous revient de faire vivre, de faire prospérer et de léguer aux générations à venir.

Aujourd’hui, dans un monde qui connaît toujours la guerre et la folie des hommes à se détruire mutuellement, une nouvelle génération d’Européens de près de 500 millions de citoyens vit ensemble pour la première fois sur un territoire dont l’histoire et la géographie ont été réconciliées.

C’est fragile, et immensément précieux.

Il faut nous souvenir que ce destin commun, ce rêve d’un monde meilleur en partie réalisé est l’héritage direct des combats acharnés qui aboutirent à la victoire du 8 mai 1945, l’héritage d’un idéal forgé dans la nuit la plus profonde que l’Humanité ait jamais connue.

Notre devoir le plus impérieux est faire vivre cet idéal, et de poursuivre le chemin d’une Europe en Paix en n’oubliant jamais les sacrifices consentis par les générations qui nous ont précédés.

Ce chemin peut-être parfois difficile : nous vivons en ce moment de crise économique et sociale très profonde un chapitre sans doute particulièrement critique de cette longue route avec la résurgence, en France comme ailleurs, des nationalismes, des populismes, des extrémismes, du repli sur soi, de la crainte, de la peur et parfois de la haine de l’autre.

L’idéal républicain lui-même vacille sur ses bases, et exige de nous un immense effort pour le raviver

Nous n’avons pas le droit d’abandonner l’effort européen pour retourner en arrière, au temps des nationalismes étroits et du chacun pour soi.

Nous n’avons pas le droit d’abandonner la République à ceux qui veulent la détruire.

C’est pourquoi, chaque année, nous devons nous souvenir de celles et de ceux qui connurent l’effondrement de la démocratie et ses conséquences atroces, et qui eurent la force et le courage de tout reconstruire, et de dire « l’avenir est en nous ».

C’est parce que le présent nous inquiète que nous devons, nous aussi, avoir la force de nous dire : l’avenir est en chacun de nous, et c’est tous ensemble, unis par un même désir de paix, de justice et de tolérance, que nous le construirons.

Je vous remercie.

photo

photo(2)

Les Français et les jeunes

Questions de société

Les Français et les jeunes

Pas de commentaire 01 avril 2011

Le rapport 2011 « Les Français et les jeunes » de l’Afev vient de paraitre. J’ai été invitée par l’Afev à commenter cette enquête, comme une vingtaine d’autres personnalités de la vie publique. C’est le troisième exercice du genre pour l’Afev (Association de la Fondation Étudiante pour la Ville) , en partenariat avec L’étudiant, Libération et RTL. A la barre, un Observatoire de la jeunesse solidaire dont cette enquête « Les Français et les jeunes », parrainée par la sociologue Cécile Van de Velde, spécialiste de la jeunesse, des parcours de vie et des politiques publiques en Europe, est le matériau essentiel.

À l’examen des résultats de son rapport 2011,  l’Afev met en avant trois principales conclusions :

  • Il n’y a pas une mais plusieurs jeunesses, 85% des Français ont le sentiment que les inégalités sociales entre les jeunes se sont creusées au cours des dernières années ;
  • Une « double peine sociale » pèse sur les jeunes des quartiers populaires, puisque ce sont eux qui subissent en premier lieu ce creusement des inégalités, et de surcroît, souffrent d’un regard extrêmement négatif de la population française, à peine 4 français sur 10 disent ainsi avoir un regard positif sur ces jeunes ;
  • Enfin, une envie des français de se réconcilier avec la jeunesse, 95% des personnes interrogées estimant que les enjeux liés à la jeunesse doivent constituer l’une des priorités de la prochaine présidentielle.

Vous pouvez retrouver l’intégralité du rapport 2011 ici : Rapport 2011 Observatoire de la jeunesse Solidaire ainsi que le site Officiel de l’Observatoire Afev de la jeunesse solidaire et ma contribution à cette enquête : Réaction Najat Vallaud-Belkacem

 

« Une perception encore très négative de la capacité des jeunes à se prendre en main »

Najat Vallaud-Belkacem
Adjointe au maire de Lyon, chargée des grands événements, de la jeunesse et de la vie associative
Conseillère générale du Rhône

Afev : Que pensez-vous du décalage de perception des Français à l’égard des jeunes en général et des jeunes issus des quartiers populaires ?
Najat Vallaud-Belkacem : Ces chiffres illustrent un paradoxe persistant, et qui semble s’approfondir d’année en année : le consensus est très large pour reconnaître la gravité de la crise sociale que traverse la jeunesse, et l’enjeu majeur que cela représente pour le pays, et en même temps, on constate un refus assez net de toute politique spécifique d’amortisseur social ou de réduction directe des inégalités, perçue comme une forme d’assistanat qui aggraverait encore la situation.
C’est un paradoxe de l’opinion qui joue sans doute un rôle assez important dans le blocage des politiques publiques en direction de la jeunesse. Il y a une perception encore très négative, chez les Français, de la capacité des jeunes à se prendre en main. Dès qu’il s’agit du monde étudiant, en revanche, la tendance s’inverse : on sent bien que la notion de mérite, et donc d’équité républicaine devant l’effort, est très présente dans cette perception de la situation.

Plus de trois quarts des Français interrogés estiment que les jeunes sont « un atout pour la société », qu’ils sont « créatifs et inventifs » et « s’adaptent facilement ». Pour autant, les inégalités persistent entre eux, et les Français les accusent d’être peu investis dans la vie sociale et locale. Qu’en pensez-vous ?
NVB : Là-encore, je constate une profonde inadéquation entre les qualités que l’on reconnaît volontiers à la jeunesse d’une manière générale, et la place qu’on lui accorde concrètement dans la société. C’est une forme d’hypocrisie collective. Ne pas considérer la jeunesse comme notre principal levier pour construire la société de demain n’est pas seulement une injustice, mais constitue un immense gâchis sur le plan économique et social, mais aussi sur un plan politique et culturel, au sens le plus large.
L’essentiel des choix stratégiques, notamment, qui auraient dû préparer la France à devenir une société de la connaissance basée très largement sur un haut niveau d’éducation, d’enseignement et de formation n’ont pas été faits depuis plusieurs décennies. Les jeunes en sont parfaitement conscients lorsqu’ils s’inquiètent, par exemple, de ce que valent leurs diplômes, ou du sort qui leur est réservé dans les entreprises, en début de carrière.
Nous parlons en effet d’une génération qui, globalement, a fait des études, obtenu des diplômes, fait un certain nombre de sacrifices pour s’adapter aux « réalités » et qui, aujourd’hui, n’arrive pas à accéder au marché du travail, ne parvient pas à s’installer et à progresser socialement, ne peut pas se loger convenablement, et n’entrevoit qu’une perspective de déclassement pour la suite : santé, éducation des enfants, pouvoir d’achat, retraites. On comprend, que dans un tel contexte, les jeunes sachent faire preuve de créativité et de souplesse… mais cela explique aussi une certaine forme de réticence à s’investir dans une société qui, elle-même, ne lui fait pas entièrement confiance lorsqu’il faut passer à l’acte.

La quasi-totalité de l’échantillon souhaite faire de la question de la jeunesse l’un des enjeux majeurs de la prochaine présidentielle. Selon vous, la sphère publique est-elle déconnectée de la jeunesse ?
NVB : A Lyon, je pilote la politique municipale en direction des jeunes, notamment à travers un réseau très dense et très actif de 28 MJC et Centre Sociaux, dont beaucoup sont implantés dans des territoires prioritaires pour la politique de la ville. C’est-là que se font les expérimentations tous les jours. J’encourage toutes les initiatives innovantes, car personne ne détient la bonne recette pour sensibiliser les jeunes, et faire reculer les inégalités. Nous sommes nombreux à agir ainsi au niveau local, avec les moyens dont nous disposons, mais ce qu’il faut surtout pour construire une politique de la jeunesse à la hauteur des défis, c’est un minimum de constance dans le cap fixé au niveau de l’Etat.
Cette improvisation permanente, cette instabilité chronique des objectifs à réaliser, cette incapacité à tenir plus de deux ou trois mois un engagement avant d’en prendre d’autres, parfaitement contradictoires les uns avec les autres, restera d’ailleurs comme une signature du sarkozysme comme mode de gouvernance. On sait ce que cela donne pour les services de l’Etat et les grands corps de la fonction publique, dans presque tous les domaines. On sait moins les conséquences désastreuses que cette façon de faire peut avoir sur les acteurs de terrain, et notamment les associations – qui ont à peine le temps d’investir dans la mise en œuvre d’une action qui leur a été confiée que les financements ont disparu pour aller financer une nouvelle priorité.
Toutes les associations qui œuvrent dans le domaine de la jeunesse me le disent tous les jours : les mesures, les plans, les dispositifs, les expérimentations, les annonces ne cessent de se succéder et de se remplacer, et avec elles les lignes de crédit. Moi aussi, je suis pour l’expérimentation et l’innovation sociale, mais pas au point de substituer cette méthode à toute autre forme action publique, notamment une politique gouvernementale responsable fixant un cadre et tenant ses engagements.
A l’échelle des villes, départements et régions, nous faisons beaucoup, mais nous ne pouvons nous substituer à l’Etat, pour des raisons financières mais aussi pour des raisons de principe – ne serait-ce que pour assurer une égalité de traitement sur le territoire national. Dans ce contexte, oui, bien sûr, la jeunesse doit être au cœur de l’agenda politique des prochaines années : il faudra être capable d’imposer un débat à la bonne hauteur de vue, pour que les solutions à mettre en œuvre soient à la mesure des enjeux.

 

 

Billet edito

Les marchés, il vaut mieux les avoir en photo qu’en pension…

16 commentaires 29 novembre 2010

PORTUGAL-ECONOMY-LABOUR-DEMO

A l’heure où les peuples d’Europe arpentent, dans toutes les capitales, le macadam de la protestation contre l’austérité, me revient en mémoire cette antienne culpabilisante : « la France est irréformable ! ». A considérer le flot des manifestants ces derniers jours, l’Espagne, la Grèce, l’Irlande, le Portugal, la Grande Bretagne, l’Italie, la Roumanie ne le seraient pas plus ! « Les citoyens perdent patience » titrait ces jours-ci Publico, journal espagnol de gauche, qui se fait l’écho d’une « sensation de vulnérabilité, d’angoisse et d’injustice » des citoyens qui nourrissent le sentiment croissant que nos démocraties sont « dépassées par le pouvoir prédateur des capitaux, qui se déplacent d’un pays à l’autre à la recherche de bénéfices immédiats ».

Sortir de la crise par le bas, tel semble être le chemin commun emprunté par les gouvernements qui ont fait le choix de donner des gages aux marchés financiers plutôt qu’à leurs populations. Comme si la crise était le symptôme d’une gueule de bois et qu’il fallait maintenant cacher les bouteilles, comme si nous avions consommé par camions entiers des fruits défendus et comme si, dès lors, cette crise n’était que la juste purge de nos excès, un salvateur ajustement structurel. Il nous faudrait désormais revenir de ces paradis artificiels dans lesquels nous nous sommes trop longtemps abandonnés : terminée la croissance sans limite et la croissance tout court, fini l’État providence, fini le mirage de la régulation, fini les plans de relance et le keynésianisme de circonstance… le temps est venu pour les marchés de siffler la fin de la récréation. Force serait d’accepter comme inéluctable la fin du Progrès.

Cette situation à un nom : la dictature des marchés. Elle n’est pas acceptable, tant elle a fait la preuve de son inefficacité économique et de son potentiel destructif au plan politique et social. Le temps est venu de réaffirmer la force de la décision politique et d’engager le débat démocratique sur les choix économiques et sociaux à opérer pour sortir de la crise. La réforme est possible, les Européens y seraient prêts, dès lors qu’elle serait juste et démocratiquement consentie. C’est ce que propose le Manifeste des économistes atterrés (http://atterres.org/) emmenés par Philippe Askenazy, Thomas Coutrot, André Orléan et Henri Sterdyniak, dont la lecture devrait faire l’objet d’une véritable prescription.

La droite française et… le droit européen.

Billet edito

La droite française et… le droit européen.

2 commentaires 16 septembre 2010

« J’ai été personnellement interpellée par des circonstances qui donnent l’impression que des personnes sont renvoyées d’un Etat membre (de l’Union européenne) juste parce qu’elles appartiennent à une certaine minorité ethnique. Je pensais que l’Europe ne serait plus le témoin de ce genre de situation après la deuxième guerre mondiale ».

Ces phrases sont redoutables. D’autant qu’elles ne sont pas, cette fois-ci, celles d’une association de défense des droits de l’homme, d’un homme politique ou même d’une nouvelle commission des Nations Unies. Ceux-là, le gouvernement les avaient ignorés : l’association est trop exaltée, les politiciens sont vite égarés et les commissions de l’ONU s’appellent « Théodule » dans ce genre de circonstance. Non ces phrases représentent la position longuement mûrie d’une institution, la Commission européenne, dont la mission et la raison d’être est précisément d’éviter que les situations de la deuxième guerre mondiale ne se reproduisent, une institution que la France n’a eu de cesse de renforcer depuis 60 ans, une institution qui a eu ces derniers jours des échanges approfondis avec des membres du gouvernement français pour examiner la régularité des actions conduites cet été à l’égard des gens du voyage. Cette institution là est bien informée. Elle est crédible. Elle est un des piliers non négligeable de ce qui forme notre Etat de droit. Le gouvernement français, ni personne, ne peut l’ignorer.

La Commission européenne a donc décidé d’envisager une procédure d’infraction de notre pays. Celui-ci a le mauvais goût de hausser le ton, comme le feraient un enfant pris en flagrant délit de mensonge. Pierre Lellouche évoque un « dérapage ». Benoît Apparu indique que la « Commission est allée trop loin ». La vérité est que, comme l’indique la commissaire du gouvernement français dans cette affaire, les mensonges de ces derniers mois constitue un « déshonneur » pour notre pays.

La Commission ne va ni trop loin, ni trop tôt. Elle est même plutôt en retard. Cela fait plusieurs semaines qu’il est patent que le gouvernement français a une pratique contraire aux textes fondateurs de l’Union, et il est grand temps que la Commission, gardienne des traités, s’y intéresse. De quoi s’agit-il ?

L’article 19 de la charte européenne des droits fondamentaux prévoit que « les expulsions collectives sont interdites. » Le gouvernement français fait valoir qu’il n’a pas pris de mesures collectives mais examiné individuellement les situations individuelles. Comment le croire quand les expulsions sont la conséquence directe d’un acte collectif qui est le démontage d’un camp accueillant des gens du voyage. Dans un arrêt 5 février 2002, la cour européenne de sauvegarde des droits de l’homme a considéré qu’il faut entendre par « expulsion collective » « toute mesure contraignant des étrangers, en tant que groupe, à quitter un pays, sauf dans les cas où une telle mesure est prise à l’issue et sur la base d’un examen raisonnable et objectif de la situation particulière de chacun des étrangers qui forment le groupe. » Dans cet arrêt, qui concerne l’éloignement de personnes déboutées du droit d’asile, la Cour considère que l’examen de la situation particulière  »ne signifie pas pour autant que là où cette dernière condition est remplie, les circonstances entourant la mise en œuvre de décisions d’expulsion ne jouent plus aucun rôle dans l’appréciation du respect des (droits de l’homme) ».

« Ces doutes se trouvent renforcés par un ensemble de circonstances telles que le fait que préalablement à l’opération litigieuse les instances politiques responsables avaient annoncé des opérations de ce genre et donné des instructions à l’administration compétente en vue de leur réalisation ». Comment dire alors que la circulaire du mois d’août est sans incidence sur le respect des droits fondamentaux ? C’est une question que la Commission a le droit, et même le devoir de poser au gouvernement français. Il est grand temps !

Billet edito

Dieu a dit, Fillon a fait…

26 commentaires 15 mai 2010

Dieu a dit : « je partage en deux, les riches auront de la nourriture, les pauvres de l’appétit ». Quand le gouvernement Fillon annonce qu’il met en œuvre le programme de Coluche, on a plus du tout envie de rire, c’est pourtant ce qu’il vient d’annoncer sans nez rouge ni salopette !

Une politique de rigueur et d’injustice sociale sur fond de crise économique européenne pour renflouer les caisses d’un État impécunieux. Depuis des mois, le parti socialiste s’est inquiété de la dérive des comptes publics, creusés par le gouvernement Fillon à coup de mesures inconsidérées et de cadeaux fiscaux extravagants !

Il n’y a plus d’argent nous dit-on, mais c’est un peu court ! Il y en a pour le paquet fiscal à 12 milliards d’euros, pour la suppression des droits de succession ou pour le bouclier fiscal, il y en a encore pour les entreprises du CAC 40 qui siphonnent la méga niche fiscale de Copé, dénoncée par Didier Migaud (http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2751), qui a coûté 22 milliards de pertes de recettes fiscales en trois ans ! Il y en a évidemment pour sauver les banques qui veulent aujourd’hui la peau des États. Ah, il faut se réjouir  bien sûr des 750 milliards d’euros débloqués par les États Européens, pour sauver la zone euro, car la crise aura ainsi au moins permis, dos au mur et en une nuit, plus d’intégration européenne, que vingt ans de négociations. Mais il faudra aller au delà dans le gouvernement économique de la zone euro et surtout beaucoup plus loin dans la régulation des marchés, sauf à prendre le risque de transformer les États, qui n’en finissent pas de jouer leur rôle « d’assureur en dernier ressort » comme disent les économistes, en marionnettes de la finance mondiale.

Pas d’argent alors ? Il serait plus juste de dire pas d’argent pour les millions de Français qui ne bouclent pas leur fin de mois et auxquels ont va supprimer plusieurs aides.

Le coup de semonce avait été tiré, il y a trois semaines déjà, par Gilles Carrez, député UMP et rapporteur général du budget, qui avait déclaré que l’État n’avait plus les moyens des lois sociales qu’il avait voté suggérant qu’il fallait diminuer le montant des allocations universelles, c’est à dire le RSA pour les personnes en difficulté d’insertion, l’APA pour les personnes âgées dépendantes et la prestation de compensation du handicap (PCH). Plus les moyens des lois sociales votées, mais des moyens quand même pour le bouclier fiscal !

L’annonce du Premier ministre est, aujourd’hui, sans ambiguïté : une baisse de 10 % sur trois ans des dépenses d’intervention et dans le collimateur du gouvernement les emplois aidées, l’allocation personnalisée logement, l’Allocation adulte handicapé et le RSA…

Dans le budget 2010, les dépenses d’intervention de l’État s’élèvent à 67 milliards d’euros, il faut donc trouver 6,7 milliards… un demi paquet fiscal… Bouclier fiscal contre bouclier social, voilà le choix fait par le gouvernement.

Conclusion provisoire : Là où la meilleure andouillette recueille  un quintuple A (AAAAA), la France ne s’en sort qu’avec un triste triple A (AAA) : encore un effort monsieur le Premier ministre !

Solidarité avec la Grèce

Billet edito

Solidarité avec la Grèce

9 commentaires 03 mai 2010

« Solidarité avec la Grèce », le slogan était dans toutes les manifestations du 1er mai, en France comme en Europe. Les risques de contagions existent car telle est la volonté des agences de notation qui ont également dégradé les notes du Portugal, de l’Espagne et de l’Irlande qui ont des dettes remboursables… Hallucinant et insupportable de constater que ce sont les banques et les agences de notation, notoirement impliquées dans la crise économique et financière qui jouent aujourd’hui les parangons de vertu en distribuant bons et mauvais points aux différents États qui leur sont venus en aide. Elles prennent la responsabilité d’une surréaction et d’un approfondissement de la crise économique. Que les fonctionnaires grecs, irlandais, portugais ou espagnols soient obligés de consentir des baisses de salaire pendant que des primes mirobolantes continuent d’être distribuées à d’irresponsables traders jonglant avec des fonds spéculatifs est un comble. J’en viens à me dire qu’il y aurait eu quelques vertus à laisser tomber certaines banques et à en nationaliser d’autres ! Il faut remettre de l’ordre, les marchés financiers ne peuvent rester une zone de non droit qui commandent aux Etats et in fine à la démocratie. La régulation des marchés ne peut pas rester un slogan de pub mensongère et le G20 rester le G vain qu’il est aujourd’hui ! Nous ne pouvons pas accepter la défaite de la décision politique face aux marchés et aux banques qui font monter les taux d’intérêt de façon inconsidérée.

« Solidarité avec la Grèce »… Athènes a finalement activé ce week-end le plan d’aide de l’Union européenne et du FMI après 3 mois d’âpres négociations en particulier avec une Allemagne intransigeante, trop peu solidaire et qui a cherché à s’imposer, en dehors de toute institution, comme le gouvernement de fait de la zone euro ; une Allemagne qui ne nous avait pas habitués à un tel euroscepticisme. Des voix s’élèvent en Allemagne pour critiquer la Chancelière. Cette crise met l’Europe à l’épreuve en même temps qu’elle montre sans fard qu’il n’y a pas d’avenir pour les pays de l’Union sans Europe, sans plus et mieux d’Europe. Cette crise traduit aussi la nécessité d’un gouvernement économique européen, d’un fonds monétaire européen et d’un marché obligataire commun pour gérer ce genre de crise.

60 ans après la déclaration Schuman, la crédibilité de l’Europe est aujourd’hui engagée. Sa solidarité est mise à l’épreuve, elle doit être sans faille vis-à-vis de nos concitoyens européens, mais l’Europe est aussi attendue sur sa capacité à proposer un modèle de croissance durable, or rien dans les propositions de la commission européenne n’en prend le chemin. Ironie de l’histoire, 2010 est déclarée « année européenne de lutte contre la pauvreté »…

J'aime !

Débat: « D’une rive à lautre », ce soir au thêatre Dejazet à Paris.

Pas de commentaire 02 décembre 2009

Parlant de la Méditerranée, l’historien Fernand Braudel disait qu’elle était « (…) mille choses à la fois. Non pas un paysage, mais d’innombrables paysages. Non pas une mer, mais une succession de mers. Non pas une civilisation, mais plusieurs civilisations superposées… La Méditerranée est un carrefour antique. Depuis des millénaires, tout conflue vers cette mer, bouleversant et enrichissant son histoire (…) »
La Méditerranée, est un carrefour de civilisations, un espace riche de son infini diversité, riche aussi de ses contradictions. Espace de paix, de tolérance, d’amitiés, qui a vu vivre sur les mêmes terres musulmans, juifs, chrétiens ; mais aussi espace de tensions, de rivalités et trop souvent de guerres. Entre fraternité et incompréhensions, la Méditerranée est la ligne de crête sur laquelle Orient et Occident ne cessent, depuis des siècles de s’enrichir mutuellement et de s’affronter.

Comme tant de fois dans son histoire, la Méditerranée est aujourd’hui à un croisement. Et du visage qu’elle prendra, dépend d’une certaine façon l’équilibre du monde. Car ce qui s’y joue est ni plus ni moins que l’avenir des relations entre le Nord et le Sud, entre l’Orient et l’Occident. Ce qui s’y joue, c’est l’issue du combat contre l’intolérance, la peur de l’Autre et toutes les formes de fondamentalismes.
Au moment où certains érigent des murs et des barrières humaines, culturelles ou économiques, au moment où des Cassandre insinuent le doute sur la possibilité d’une harmonie entre les différentes rives de la Méditerranée, il est plus important que jamais d’en rappeler la vocation historique. Berceau des trois monothéismes, point d’émergence d’un humanisme puisant sa source à Athènes, Jérusalem et dans la civilisation islamique des Lumières, la Méditerranée doit renouer avec ce qu’elle est au plus profond d’elle-même : un lieu d’échanges, de circulation et d’hybridation. Un lieu de métissage exceptionnellement riche.
Porte de l’Europe vers le Sud et l’Orient, point de rencontre naturel de l’Afrique avec l’Europe, la Méditerranée est notre avenir commun.
Cette université populaire sera l’occasion d’éclairer l’histoire singulière des relations entre l’Europe et l’ensemble du monde méditerranéen, l’occasion aussi de mettre en lumière les défis stratégiques, économiques, sociaux, culturels ou environnementaux que toutes ses rives ont en partage. Un an et demi après le lancement au forceps de l’Union pour la Méditerranée, quel bilan peut-on d’ores et déjà dresser ? Quels projets devons-nous faire naître ? Autant de questions auxquelles répondront les intervenants exceptionnels qui nous font l’honneur de leur présence.

Programme
Ouverture par Ségolène Royal
Intervenants
Antoine Sfeir, Directeur des Cahiers de l’Orient, Président du Centre d’études et de réflexions sur le Proche-Orient, professeur en relations internationales au CELSA.
Pascal Boniface, geopolitologue, fondateur et dirigeant de l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS)
Hakim El Karroui, essayiste, fondateur du Club XXIème siècle
Jean-François de Coustières, Amiral
Sihem Belkhodja, directrice des rencontres chorégraphiques de Carthage et Initiatrice du Printemps de la danse

Billet edito

L’euro indifférence

298 commentaires 13 mai 2009

Bonsoir à toutes et tous, j’ai beaucoup hesité avant de vous livrer ce billet : par quoi commencer ? me féliciter du choix de Kouchner de voter pour l’UMP, ce qui a le mérite de clarifier les choses ? M’indigner de la grossièreté, pour ne pas dire plus et ne pas risquer un procès en diffamation (cf la Cimade) avec laquelle Eric Besson a signé les décrets pendants devant le Conseil d’Etat mettant fin au monopole de la Cimade dans son rôle apprécié et reconnu de conseil aux étrangers placés en centre de rétention administrative ? ou encore me désoler de l’offre très claire de services de Claude Alègre à Nicolas Sarkozy ? Mais enfin, ce serait faire trop d’honneur à ces ministres ou putatifs ministres (de) gauche… J’aurais aussi pu dénoncer avec vigueur cette nouvelle atteinte à la laïcité avec l’accord signé entre la République française et le Saint Siège sur « la reconnaissance des grades et diplômes dans l’enseignement supérieur » ? ou encore dénoncer la loi Hadopi, ce génial dispositif perdant-perdant ou encore revenir sur la réforme de l’hôpital…

je préfère parler de cette inquiétude que je nourris à l’approche des élections européennes.

L’Europe, l’Europe, l’Europe

L'opinion européenne 2009 A moins d’un mois des élections européennes, les prévisions de participation électorale, restent résolument pessimistes ; dans ce contexte, la dixième livraison de l’ouvrage dirigé par Dominique Reynié, L’Opinion européenne, arrive à point pour apporter le témoignage, inquiétant à mon sens, d’une inexorable montée de « l’euro-indifférence ».

Pas une singularité française, mais un symptôme partagé par l’ensemble des pays européens. Partout les enquêtes d’opinion révèlent la même chose : peu d’intérêt pour le scrutin du 6 juin prochain (près de 50% des personnes interrogées ignorent même la tenue de ce scrutin !), et un sentiment assez largement partagé par les électeurs que leur bulletin de changera rien. Triste constat, alors même que le sentiment européen est ancré dans les cœurs, les Européens semblent ne rien attendre de l’Europe et en particulier du Parlement européen, institution démocratique transnationale pourtant sans équivalent au monde et dont le rôle est d’ores et déjà majeur dans notre vie quotidienne.

Pourtant, s’abstenir aujourd’hui, c’est abandonner l’idée européenne, une idée d’avenir, résolument moderne, à ceux qui n’y croient pas.

S’abstenir, c’est abandonner l’Europe aux eurosceptiques, aux dérégulateurs, aux souverainistes étriqués, aux libéraux, aux populistes, aux fossoyeurs du couple franco-allemand, aux Bolkenstein, Sarkozy et autre Baroso. Aux députés européens de l’UMP qui ont tour à tour voté ces dernières années la “clause dérogatoire” portant la durée du travail jusqu’à 65 heures hebdomadaire, la dérèglementation des services publics et de La Poste en particulier ou encore soutenu la « directive de la honte » permettant de maintenir les immigrés pendant 18 mois dans les centres de rétention…

S’abstenir, c’est laisser se construire dans l’indifférence des peuples une Europe du dumping fiscal, social, monétaire, environnemental. C’est laisser se construire une Europe contre les peuples. C’est préférer le désenchantement à l’espérance au moment où nous en avons le plus besoin.

Voter socialiste, c’est être résolument euro-exigeant en réclamant toujours plus de l’Europe.

Oui, l’Europe utile ça existe et ça se construit car il n’est pas de réponse à la crise économique et sociale aujourd’hui qui ne soit européenne, il n’est pas d’horizon plus sûr et plus solidaire sans une Europe qui prépare l’avenir, qui protège et défend un idéal de civilisation.

C’est le sens de l’engagement conjoint des socialistes européens dans la campagne, c’est le sens du Manifesto “Les citoyens d’abord, un nouveau sens pour l’Europe” adopté par le PSE le 1er décembre 2008 à Madrid.

Un projet porteur d’un ambitieux plan de relance fondé sur la mise en œuvre de grands travaux d’équipement collectif et d’infrastructures transeuropéens -fret ferroviaire, TGV, transport fluvial et maritime, réseaux Internet à haut débit-, sur un investissement massif dans la croissance verte, mais aussi sur la recherche, l’innovation, et la formation sans lesquelles l’Europe, et singulièrement la France, ne pourra pas passer d’une économie d’imitation à une économie d’innovation porteuse de croissance et d’emplois. Le projet socialiste propose un autre modèle de développement fondé sur la coopération économique et sociale plutôt que sur le dumping, sur la protection de notre tissu industriel, sur la lutte contre les délocalisations.

Un projet porteur qui croit à une Europe qui protège, qui assure, qui partage. C’est le sens du « Pacte européen du Progrès social » qui garantit à chacun (retraités, demandeurs d’emplois, salariés peu qualifiés) un revenu décent et une protection sociale. Un pacte qui défend l’idée qu’aucun salaire minimal ne soit dans un Etat membre inférieur à 60% du salaire médian de chacun des pays, étape vers un salaire minimum européen ; un projet qui défend les droits sociaux des salariés (conventions collectives, durée du travail, détachement des travailleurs, statut des jeunes stagiaires,…) comme l’égalité hommes-femmes, dénonce et combat la financiarisation de l’économie, la concurrence fiscale et sociale…

Bref, l’Europe socialiste est une Europe des citoyens, contre l’Europe des marchés, que dis-je, contre l’Europe des marchands.

Le très grand Planchon

Roger Planchon Je ne voudrais pas terminer ce billet sans saluer la mémoire, le talent et l’œuvre magistrale (autant politique, au sens noble du terme, que culturelle) de Roger Planchon, dont le nom restera pour longtemps au frontispice de nos théâtres, de ceux qui avaient su s’ouvrir aux gens de la rue et dans lesquels les « créateurs avaient pris le pouvoir » selon le mot d’ordre des Etats généraux de la culture de Villeurbanne en 1968.

Son nom restera attaché à cette belle ambition, jamais achevée, de démocratisation de la culture, une démocratisation exigeante. Il aura longtemps prêté son enthousiasme et son talent au Théâtre de la comédie à Lyon et surtout au Théâtre national populaire de Villeurbanne qu’il a fait rayonner bien au-delà de la région Rhône Alpes. On lui doit aussi la réussite de cette exception culturelle rhônalpine, témoignage d’une certaine idée de la décentralisation de la culture, Rhône-Alpes cinéma.

Billet edito

Chroniques aoutiennes

40 commentaires 12 août 2008

Bonjour à toutes et à tous,

Heureuse de vous retrouver ! Pas si désagréable de couper quelques jours et de faire la somme de ce à quoi on a eu le bonheur de ne pas penser pendant les vacances : le disque de Carla Bruni offert à tous les ministres, la vilénie de Jack Lang lors du votre du Congrès sur la réforme des institutions, la controverse (je crois que nous en sommes là à en croire le débat qu’il suscite) autour d’un article de Siné, assez mal venu il faut dire, mais qui ne méritait pas tout le tapage qu’il suscite, le non lieu généralisé, faute de déclassification des archives militaires, dans l’affaire des frégates de Taïwan, le jackpot consternant, enfin, de Bernard Tapie…

Bien triste en revanche de voir s’éteindre de grands noms de la culture, des humanistes et des combattants de la liberté, comme Youssef Chahine, Alexandre Soljenitsyne ou l’immense poète palestinien, Mahmoud Darwich.

Alors quoi de neuf ?

Poursuivre la lecture

Billet edito

L’Europe, une responsabilité à transmettre

55 commentaires 22 juin 2008

Les 2ème états généraux de l’Europe se tenaient samedi 21 juin à la Cité internationale de Lyon, en présence de 130 personnalités politiques, syndicales, du monde associatif, mais aussi de chefs d’entreprises, et d’intellectuels. Les échanges ont été riches dans le contexte post référendum irlandais, l’occasion de faire les premières analyses et de dessiner un avenir nouveau à la construction européenne. Conférences débats, café littéraire, concert européen à l’occasion de la fête de la musique, autant de bonnes raisons de mieux connaître l’Europe.

états généraux de l'Europe

J’étais pour ma part invitée à particier à une conférence intitulée « L’Europe, une responsabilité à transmettre », consacrée au rôle des générations nouvelles dans la construction de l’Union européenne. J’étais aux côtés d’Olivier Ferrand, de Pascal Perzo, de Christophe Tézenas du Montcel, de Philippe Herzog et Marie-Josée Fleury. Je vous livre ici la trame de mon intervention.

Poursuivre la lecture

Billet edito

Soutien au député européen Bronislaw Geremek

19 commentaires 02 mai 2007

Bronislaw GeremekL’approche du second tour de l’élection présidentielle qui verra, nous l’espérons tous, la victoire de notre candidate Ségolène Royal, ne saurait éluder les tristes évènements qui se déroulent dans un pays si proche du notre, un pays ami, la Pologne.

Citoyenne européenne, je tiens aujourd’hui à rendre hommage au Professeur Geremek, à l’ancien ministre des Affaires étrangères de son pays et à l’Eurodéputé, pour sa foi inébranlable en l’intégration européenne, à l’historien, pour la sagesse de sa prise de position, et à l’homme de conviction, pour le courage dont il fait preuve dans sa lutte contre le populisme en Pologne.

Poursuivre la lecture

Billet edito

NOTRE EUROPE A 50 ANS

17 commentaires 24 mars 2007

Par Jérôme Maleski, suppléant

Jérôme et NajatNous fêtons le 25 mars, les 50 ans des traités de Rome ; des traités, car on l’oublie souvent, ils étaient au nombre de deux puisque à côté du texte instituant la communauté économique européenne, la France a ratifié également le traité sur la communauté européenne de l’énergie atomique. L’Europe moderne dès lors voyait le jour avec la République fédérale d’Allemagne, la France, l’Italie, les Pays Bas, la Belgique et le Luxembourg.

Cet anniversaire doit-il être célébré ? Assurément oui, et sans doute de façon plus grandiose qu’il ne le sera.

Poursuivre la lecture


Votez François Hollande !

Inscrivez-vous à la newsletter:

Restons en contact !

 Réagissez!

Sur Twitter

 A lire!

Album photos

Newsletter

Inscrivez-vous!
* indicates required

© 2011 Najat Vallaud-Belkacem.