Bonjour à toutes et à tous, j’espère que ce week-end est meilleur que le précédent… Une semaine après la débâcle électorale du parti socialiste, je reviens sur ce coup de tonnerre malheureusement attendu. Je n’accable pas Martine Aubry et je ne participerai pas au « tout sauf Martine » que certains voudraient voir monter, ce sont les mêmes qui ont alimenté le « tout sauf Ségolène » et qui font la ruine de ce parti. Nous serrons les rangs.
De l’air ! De l’air !
Sur le diagnostic que dire ? Sur le remède que proposer ? Relisons ce que Michel Rocard écrivait au lendemain de l’échec historique des européennes de 1994 dont nous ne sommes pas si loin à tout point de vue :
« Dans parti socialiste, il y a parti et socialiste, or chacun de ces termes doit aujourd’hui être reconstruit. Le nom même du socialisme s’est forgé dans une conception du monde tout entière basée sur des rapports de production, sur des rapports de classe qui ont cessé d’être les seuls fondements de l’action politique. Etre fidèle aujourd’hui c’est prendre acte de ce fait.
Mais que dire du parti lui-même? Qui peut croire qu’il pourra demeurer une société close attachée à ses rites, pratiquant les querelles de chapelles ou les luttes de courant et prétendant offrir à l’extérieur un discours monolithique par rapport auquel tout désaccord est un drame, toute déviation un sacrilège, et n’acceptant d’alliés que dans la soumission ?
Ce dont nous avons besoin, c’est un vaste mouvement ouvert et moderne, extraverti, riche de sa diversité et même l’encourageant. Un mouvement qui fédère tous ceux qui partagent les mêmes valeurs de solidarité, le même objectif de transformation.
Ce mouvement s’étendra à tout ce que l’écologie compte de réformateurs, tout ce que le centrisme compte de fidèles à une tradition sociale, tout ce que le communisme compte de véritablement rénovateur, et à tout ce que les droits de l’homme comptent aujourd’hui de militants actifs et généreux. »
Stupéfiant non ? Le PS n’a pas su trouver la synthèse entre son projet social historique et le modèle de société écologique, il n’a pas su parler à la fois aux classes moyennes et aux couches populaires, il s’est isolé dans l’entre soi et les les logiques de courant en refusant de s’ouvrir, il a méprisé ses leaders locaux, il a tourné le dos à 50% de ses militants, il a trop peu parlé d’Europe et n’a pas su l’incarner comme Daniel Cohn Bendit ou Eva Joly, franco-allemand, franco-norvégienne, icônes de l’engagement, authentiques citoyens européens…
De l’air, de l’air !! une ouverture du parti sur la société civile, des adhésions à bas prix, plus de place pour la jeunesse, plus de participation des Français pour construire notre projet, des primaires ouvertes pour la présidentielle, une réforme du militantisme, de la solidarité entre socialistes, un débat sur les alliances loin de tout dogmatisme, des intellectuels et des artistes !
De l’air, de l’air !
Université populaires et participatives
De l’air justement, avec la quatrième édition des universités populaires et participatives de Désirs d’Avenir qui connaissent un succès qui ne se dément pas autour de Ségolène Royal avec entre 500 et 800 personnes à chacun de ces rendez vous. Après « la fraternité en débat », « l’avenir des gauches en Europe » et « l’avenir commun de l’Afrique et de l’europe » que j’avais eu le plaisir d’animer, la prochaine rencontre sera consacrée à la crise économique et sociale qui secoue le monde, une crise sans précédent qui pose la question des fondements mêmes de l’économie de marché.
Comment en est-on arrivé là ? Les réponses apportées à la crise, au niveau international, en Europe et en France sont-elles à la hauteur du séisme qu’elle a provoqué ? Quel point d’appui donner aux salariés pour rebondir ? Comment changer nos politiques et nos institutions pour assurer une croissance harmonieuse, juste, et durable ? Quel nouveau modèle économique, social, et politique apparait le plus prometteur a la lumière de la crise ? Voici les questions à laquelle répondront nos prestigieux invités :
- Philippe Aghion, Professeur d’économie à l’Université Harvard
- Yann Algan, Professeur d’économie à l’Institut d’études politiques de Paris, récent lauréat du Prix du jeune économiste.
- Jacques Attali, conseiller d’Etat honoraire, écrivain, économiste, Président de PlaNet Finance
- Jean-Paul Fitoussi, Président de l’OFCE
- Gontran Lejeune, président du Centre des jeunes dirigeants
- Edouard Martin, syndicaliste CFDT, ancien délégué syndical d’Arcelor Mittal à Gandrange
- Jacques Barbier, président du pôle eco-industries de Poitou-Charentes
« Quels nouveaux modèles de développement pour l’après crise ? »
Lundi 15 juin 2009, de 18h30 à 21h00 à la Mairie du 4ème arrondissement de Paris
Programme de la soirée :
- Ouverture par Ségolène Royal
- Interventions de Philippe Aghion, Jacques Attali, Jean-Paul Fitoussi, Edouard Martin et Yann Algan
- Animation : Aurélie Filippetti
- Synthèse : Guillaume Garot
- Conclusion : François Rebsamen
Je terminerais par un conseil de lecture qui alimentera utilement notre réflexion. La Crise, paru aux édition Ellipses, un ouvrage coécrit par Mustapha Sadni (Mouss pour nos amis du blog), Hakim Ben Hammouda et Hédi Bachir, qui interroge les origines de la crise financière actuelle, ses particularités et ses ressemblances avec la grande crise de 1929. Il porte une attention particulières, chose rare, aux conséquences de la crise pour les pays du Sud, conséquences sur le développement des pays émergents, sur l’aide au développement, sur les investissements directs étrangers, sur les population en prise avec la crise alimentaire… Les auteurs interrogent enfin les refondations possibles de la politique économique et financière mondiale.


Avec tous les socialistes européens, nous proposons donc une véritable ambition : un “Pacte européen du Progrès social” avec quelques mesures phares pour réformer :
A moins d’un mois des élections européennes, les prévisions de participation électorale, restent résolument pessimistes ; dans ce contexte, la dixième livraison de l’ouvrage dirigé par Dominique Reynié, L’Opinion européenne, arrive à point pour apporter le témoignage, inquiétant à mon sens, d’une inexorable montée de « l’euro-indifférence ».
Un projet porteur d’un ambitieux plan de relance fondé sur la mise en œuvre de grands travaux d’équipement collectif et d’infrastructures transeuropéens -fret ferroviaire, TGV, transport fluvial et maritime, réseaux Internet à haut débit-, sur un investissement massif dans la croissance verte, mais aussi sur la recherche, l’innovation, et la formation sans lesquelles l’Europe, et singulièrement la France, ne pourra pas passer d’une économie d’imitation à une économie d’innovation porteuse de croissance et d’emplois. Le projet socialiste propose un autre modèle de développement fondé sur la coopération économique et sociale plutôt que sur le dumping, sur la protection de notre tissu industriel, sur la lutte contre les délocalisations.
Je ne voudrais pas terminer ce billet sans saluer la mémoire, le talent et l’œuvre magistrale (autant politique, au sens noble du terme, que culturelle) de Roger Planchon, dont le nom restera pour longtemps au frontispice de nos théâtres, de ceux qui avaient su s’ouvrir aux gens de la rue et dans lesquels les « créateurs avaient pris le pouvoir » selon le mot d’ordre des Etats généraux de la culture de Villeurbanne en 1968.
Enfin, je profite de l’occasion, pour vous inviter vivement à la lecture édifiante de l’ouvrage préparé sous la houlette de Marie-Pierre de la Gontrie, secrétaire nationale aux libertés publiques, consacré à la politique liberticide de Nicolas Sarkozy (sujets dont nous avons souvent débatu sur ce site), 












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