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En direct du Ministère des Droits des femmes

Un principe d’égalité à faire respecter quelle que soit la famille dans laquelle naît un enfant

1 commentaire 22 avril 2013

Najat Vallaud-Belkacem sur France Inter ce dimanche 21 avril 2013

Najat Vallaud-Belkacem était l’invitée de l’émission Tous Politiques de France Inter ce dimanche 21 avril 2013. L’interview a porté sur la mobilisation des opposants au mariage pour tous, la loi de moralisation de la vie publique qui sera dévoilée mercredi en conseil des ministres, sur le redressement en cours de la situation économique du pays ainsi que sur la question de l’égalité professionnelle femmes-hommes.

La ministre des Droits des femmes, porte-parole du gouvernement, qui est chargée par le Premier ministre d’une mission de lutte contre l’homophobie et les discrimination à raison de l’orientation sexuelle, est donc revenue sur les raisons pour lesquelles le gouvernement porte le projet Mariage pour tous :

« Pourquoi est-ce que le gouvernement auquel j’appartiens a souhaité porter ce projet de loi ? Non pas pour se donner comme j’ai pu le lire ici ou là une forme de contenance sociétale, pas du tout mais pour répondre à une situation que nous avions pensée depuis longtemps et en profondeur qui est la question de l’inégalité dans l’accès au droit des couples en raison de leur orientation sexuelle qui est une question qui nous pose des problèmes depuis maintenant de nombreuses années, puisqu’en réalité, on voit bien que les formes de famille ont évolué dans notre société et que certaines d’entre elles sont moins protégées que d’autres pour cette inégalité de droit précise à laquelle nous voulons mettre fin. Donc il s’agit pour ce projet de loi d’abord d’un principe d’égalité à faire respecter devant la loi quelle que soit la famille dans laquelle naît un enfant, il faut qu’il puisse être sécurisé juridiquement et puis, il s’agit d’une forme de progrès social aussi parce que l’on acte le fait que les modèles familiaux évoluent.  (…)

D’abord, ce dimanche, il y a eu deux manifestations et j’aimerais qu’on parle des deux. Il y a eu les manifestants anti mariage pour tous et il y a eu les pro qui sont venus notamment dénoncer le climat d’homophobie dans lequel nous sommes tombés ces derniers jours qui est un climat intolérable et contre lequel nous devons tous nous nous élever que nous soyons pour ou contre le mariage pour tous, nous ne pouvons pas accepter que des violences soient commises envers des individus dans la rue, sur les réseaux sociaux en raison de leur orientation sexuelle. »

Retrouvez ici en vidéo l’interview de la ministre :

Ségolène Royal s’engage sur l’égalité des droits.

Questions de société

Ségolène Royal s’engage sur l’égalité des droits.

5 commentaires 04 octobre 2011

Vous le savez, je participais jeudi soir à Sciences-Po Paris à un débat national organisé par HES (Homosexualités et Socialisme) dans le cadre des Primaires citoyennes. Une salle bondée, un public attentif et exigeant, un débat de très grande qualité, des représentants de chaque candidat conscients de leurs responsabilités ont, je crois, contribué à marquer les esprits des journalistes, associations, organisateurs et participants. Il s’agit de sujets que je connais bien pour avoir énormément travaillé, par exemple, sur les évolutions du modèle familial dans le cadre du secrétariat national aux questions de société pour le Parti Socialiste. J’ai pu constater de vrais changements dans les prises de position de chacun, et c’est avec beaucoup d’énergie que j’ai pu défendre les engagements de Ségolène Royal sur l’ensemble des questions abordées.

Je vous invite à lire ci-dessous le compte-rendu du magazine Têtu.

Je vous invite aussi à prendre connaissance des réponses de Ségolène Royal au questionnaire qui lui avait été adressé pour l’occasion et dans lesquelles vous verrez qu’elle témoigne une nouvelle fois de courage, de clarté, de constance et d’engagement. C’est ici: Ségolène Royal répond aux questions d’HES.

L’article de Têtu:

« Hier, des représentants de chaque concurrent à la primaire de gauche ont exposé leur programme pour les droits LGBT. En accord et fiers de leur union, ils ont tous promis le droit au mariage, à l’adoption, des avancées pour les trans ou dans la lutte contre le VIH.

Les candidats à la primaire socialiste ont planché sur les sujets LGBT et ils en parlent comme d’une seule voix. HES (Homosexualité et socialisme) les a soumis à un questionnaire écrit, sur l’accès au mariage et à l’adoption pour les couples homos, les droits des trans ou encore la lutte contre le VIH et les discriminations (leurs réponses sur le site de HES). Et hier, pour défendre leur programme lors d’un colloque à Sciences Po, tous ont mandaté un émissaire expert en questions sociétales.

«Bataille idéologique»
Pendant deux heures, plutôt studieuses, les six représentants ont débattu en bons camarades, sans éclats ni passes d’armes, et ont tenté de convaincre que leur candidat respectif était le meilleur allié des LGBT. Surtout, ils ont tous martelé que les homos pouvaient compter sur la gauche, plus mobilisée qu’au moment du pacs. «Les sujets de société sont cruciaux et obligent le PS, estime Zohra Bitan, représentante de Manuel Valls. La gauche a un rôle fondamental à jouer pour faire basculer notre société vers la liberté et l’égalité.» «Les questions sociétales sont au cœur de notre identité, explique Aurélie Filippetti, proche de François Hollande. Les nombreux dérapages de la droite montrent que nous avons une bataille idéologique à mener pour créer une société ouverte.» Et tous dénoncent le débat «ahurissant» sur le genre dans les manuels scolaires, le retard de la France en matière de droits LGBT, les dérapages «les plus sombres» de Christian Vanneste, David Douillet et autres, ou la promesse oubliée du Contrat d’union civil. «La société évolue dans l’indifférence de la droite », regrette Najat Vallaud-Belkacem, VRP de Ségolène Royal.

Tous le revendiquent, ils sont d’accord sur plein de choses, et font à peu près les mêmes propositions. Peu de temps après l’élection, le droit au mariage et à l’adoption sera ouvert aux homos, le pacs amélioré et célébré en mairie et l’interdiction de donner son sang sera supprimée. La Procréation médicalement assistée sera ouverte à toutes les femmes, un statut du beau parent créé, et la prise en charge des séropos mieux assurée. Pour les trans, la nécessité d’être opéré pour changer d’état civil sera levée et le protocole de soins revu. Au-delà de l’arsenal législatif, tous insistent sur l’importance de mener un travail en profondeur pour lutter contre les discriminations, notamment en évoquant l’orientation sexuelle en milieu scolaire. Seul point de discorde: la Gestation pour autrui. Si certains y sont favorables, d’autres, dont Martine Aubry et François Hollande, s’y opposent, pour lutter contre «la marchandisation des corps». Et le PS reste globalement réservé sur le sujet.

Gage de crédibilité
Au-delà de ce corpus commun, quelques-uns dénotent à coups de propositions personnelles. François Hollande mettrait en place un délégué interministériel à l’égalité tandis que Ségolène Royal ferait voter dès son arrivée à l’Elysée une «grande loi contre toutes les discriminations».

A défaut de se démarquer sur les idées, chacun déroule le cursus friendly de son champion, comme gage de crédibilité pour l’avenir. Reprenant avec un petit sourire une formule de Ségolène Royal, Marie-Pierre de la Gontrie veut faire de la politique par la preuve: «dès 2006, Martine Aubry était favorable au mariage homo, elle se rend à la marche des fiertés chaque année, et c’est la seule qui ait évoqué les droits LGBT dans sa lettre aux français. Les autres n’ont pas dû avoir la place…» Arnaud Montebourg aurait lui demandé à son conseil général de ne faire aucune discrimination dans les procédures d’adoption, François Hollande serait pour le mariage homo depuis 2004, tandis que Ségolène Royal faisait dès 1997 de l’Association des Parents gay et lesbiens un interlocuteur officiel du ministère de l’éducation. Au final, c’est comme si peu importait celui qui incarnera l’évolution des droits et Najat Vallaud-Belkacem en est sûre : «quel que soit le vainqueur de la primaire, tous iront dans le même sens.»

Débat à Lyon: « Familles homoparentales: quels projets politiques pour demain ? »

Ma ville, mon canton

Débat à Lyon: « Familles homoparentales: quels projets politiques pour demain ? »

Pas de commentaire 08 juin 2011

L’APGL (Association des Parents et futurs parents Gays et Lesbiens) organise un grand débat et une exposition de photographies le 16 juin à 19h à la Mairie du 3ème arrondissement de Lyon.

J’ai tenu à ce que cet évènement important se tienne dans ma ville, et suis très heureuse d’accueillir l’association en Mairie du 3e pour ce moment de réflexion, de discussion et de dialogue sur une question de société que j’estime majeure depuis longtemps.

Temps fort de cet évènement, un débat public aura lieu avec les représentants des différents partis politiques qui se positionneront sur ces questions d’homoparentalité  notamment en vue de l’élection présidentielle de 2012. A cette occasion je représenterai à ce débat le Parti Socialiste en tant que Secrétaire Nationale en charge des questions de société. Ce sera l’occasion de débattre des positions des uns et des autres et pour moi de défendre les engagements clairs et précis sur ce sujet du projet du Parti Socialiste pour la présidentielle de 2012 (adopté à l’unanimité).

Vous pourrez également découvrir une très belle exposition qui tourne dans toute l’Europe :  » Les familles homoparentales  » !

Venez nombreux-ses ! Et… faites-le savoir !

APGL 2

L’égalité, ce ne sera pas encore pour cette fois-ci…

Questions de société

L’égalité, ce ne sera pas encore pour cette fois-ci…

Pas de commentaire 01 juin 2011

Comme je vous l’avais annoncé, mardi 24 mai j’étais à la manifestation inter-associative organisée devant l’Assemblée Nationale pour appeler les députés « à faire reculer les discriminations qui pèsent sur les personnes LGBT et leurs familles » et à « faire avancer leurs droits », en votant pour l’amendement visant à ouvrir l’assistance médicale à la procréation (AMP) à tous les couples.  Malheureusement la majorité à l’Assemblée Nationale en a décidé autrement et a supprimé cet amendement.

Pas de démotivation, nous continuerons à nous mobiliser jusqu’en 2012, c’est une exigence d’égalité .  Ma contribution au projet du Parti Socialiste pour la présidentielle de 2012, qui a été adopté samedi dernier à l’unanimité, a été, au delà de l’ouverture du mariage et de l’adoption, celle de l’accés à l’amp pour tous les couples : Les engagements du Parti Socialiste pour les LGBT pour 2012.

Pour revenir avec le site Yagg sur cette manifestation et le vote des députés : Assistance médicale à la procréation pour les couples lesbiens: les députes disent une nouvelle fois non

© 2011 Nicolas Rividi Tous droits réservés pour cette photo

Questions de société

Bioéthique, égalité des droits…le combat continue!

1 commentaire 24 mai 2011

C’est aujourd’hui que reprennent à l’Assemblée nationale les débats sur la révision de la Loi Bioéthique.

Espérons que les progressistes sauront l’emporter davantage qu’en première lecture, lorsque la majorité avait préféré hisser la peur et l’iniquité au rang de principes éthiques, pour mieux imposer ses positions conservatrices et son penchant pour l’immobilisme.

Pour ceux que le sujet intéresse, je vous joins pour mémoire le travail qu’avec Bertrand Monthubert, nous avions réalisé à l’automne dernier pour le compte du Parti socialiste au sujet de cette révision des lois bioéthique. Tout n’avait pas été validé par le Parti bien sûr, ainsi que le rappelle le Communiqué de presse qui y est joint, mais qu’on reste loin, dans les discussions actuelles, du souffle que nous proposions de donner à notre législation !

Ne désespérons pas : peut-être y a-t-il encore, grâce au travail des Sénateurs, bien plus ambitieux sur ce sujet, quelques principes à sauver au nombre desquels  la confiance (dans une recherche qui serve à tous) et l’égalité (entre les couples quels que soient leur orientation sexuelle, entre les familles).

Le rapport intégral soumis en décembre dernier au Bureau National du PS: La révision de la loi bioéthique

Le communiqué de presse établissant la position finale du Parti Socialiste sur la révision de la loi de bioéthique : CP PS – Projet de loi sur la bioéthique

Je serai au rassemblement inter-associatif organisé devant l’Assemblée Nationale aujourd’hui à 18h30 pour que l’ouverture de la PMA soit assurée à tous les couples, j’espère vous y voir nombreuses et nombreux ! Voir l’événement Facebook pour plus d’informations :  Ouverture de la PMA pour tous les couples, rassemblement devant l\’Assemblée

J’en profite par ailleurs pour vous inviter à deux événements autour de cette question et plus largement de l’égalité des droits:

D’abord Mercredi 25 mai à 20h30, à l’espace Jean Couty (56 rue Sergent Berthet-69 009 Lyon) avec le groupe de Lyon d’Homosexualités et Socialisme (HES):

Flyer_Reu_Intersection_25_mai

Et le lendemain, Jeudi 26 mai à 20h à la fédération du Rhône du Parti socialiste (65, cours de la Liberté, Lyon 3ème) , à partir de 20h30 pour une réunion de section consacrée à la révision de la loi bioéthique. Venez nombreux!

« Argus Flash » de l’UMP sur les droits des LGBT: un peu plus de « Flash » que d’ « Argus »

Billet edito

« Argus Flash » de l’UMP sur les droits des LGBT: un peu plus de « Flash » que d’ « Argus »

3 commentaires 26 avril 2011

Pfff… je viens de parcourir (Faut-il que je sois curieuse!…) le dernier argumentaire envoyé par l’UMP à ses militants et à ses cadres. Il porte le nom nuancé et léger d’ « ARGUS FLASH : Le projet du PS ? Des mesures d’un autre siècle ! ». L’UMP y donne des arguments en prêt-à-penser pour critiquer le projet des socialistes pour 2012. Du grand art de la part d’un parti au pouvoir depuis 10 ans, sans qu’on ait franchement vu la situation de la France s’améliorer…

Un de ces « argus » a particulièrement retenu mon attention : Revenant sur la proposition socialiste (à laquelle j’ai fortement contribué) d’ouvrir le mariage, l’adoption et  l’AMP (pour les femmes)  aux couples de même sexe, l’UMP y voit « une attaque en règle contre les familles ».

Un « couple d’un homme et d’une femme, ce n’est objectivement pas la même situation qu’un couple de deux personnes de même sexe, il n’y a donc pas d’inégalité de situation entre les couples hétérosexuels et homosexuels » justifie le rédacteur de cet « argu ». Quant à  l’adoption, il faudrait la refuser au nom de « l’intérêt de l’enfant » qui serait « d’être élevé, dans la mesure du possible, par son père et sa mère. ». Quand on sait que l’adoption est depuis longtemps ouverte aux célibataires, il y a de quoi sourire.

N’en déplaise aux militants et cadres de l’UMP, oui, il y  a bien une inégalité criante entre un couple qui aurait le droit de se marier et d’adopter au titre de son hétérosexualité et un autre qui n’aurait pas ce droit au titre de son homosexualité. Non, il n’est pas naturel que l’État Français, à rebours des progrès effectués dans de nombreux autres pays, continue à discriminer en fonction de l’orientation sexuelle.

Dès lors que l’homosexualité est considérée comme une simple orientation sexuelle et non plus comme une maladie ou une anomalie, dès lors que plusieurs dizaines (voire centaines) de milliers d’enfants vivent d’ores et déjà au sein de familles homoparentales sans, loin de là, que cela nuise à leur épanouissement personnel, au nom de quoi, devrions nous accepter aujourd’hui encore ces inégalités d’un autre temps? Au nom de principes religieux peut-être? Mais,  Monsieur Copé rappelez moi, nous vivons bien dans une République laïque, n’est-ce pas ? Il eût été fort interessant de mettre à l’ordre du jour de votre inénarrable débat sur la laïcité, l’ouverture du mariage « laïc » à tous les couples, quoi qu’en pensent les religions… Mais vous aviez d’autres obsessions que celle là, je le conçois. Ce qui vous inquiète, vous, c’est le co-mmu-nau-ta-risme.

Eh bien, précisément! Réserver des droits à certains et en exclure les autres, au nom de leur orientation sexuelle, c’est du  co-mmu-nau-ta-risme: celui d’une classe politique aveugle aux multiples formes de parentalité qui peuplent désormais nos vies, et arc-boutée sur une vision fantasmée et totalement dépassée de la famille qu’elle voudrait imposer à l’ensemble de la société. Quant à l’argument du « droit de l’enfant » contre le « droit à l’enfant », il est tellement ridicule et insultant pour ceux qui souhaitent fonder ou donner une famille à un enfant abandonné, qu’il entache ce document d’indécence à l’encontre des milliers de français dans cette situation qui, quelle que soit leur orientation sexuelle,  n’ont jamais perdu de vue « l’intérêt de l’enfant » .

De cet « Argus Flash » il ne restera malheureusement que la certitude que, sur le plan de la réflexion, l’UMP fait preuve encore une fois, de plus de « flash » que « d’argus ».

Photomontage: TÊTU

Presse

Projet de loi Bioéthique devant le Sénat: quand sagesse rime avec audace et justice !

Pas de commentaire 13 avril 2011

Communiqué de presse

Najat Vallaud-Belkacem

Secrétaire nationale aux questions de société

Bertrand Monthubert

Secrétaire national à l’Education et à la recherche

Projet de loi Bioéthique devant le Sénat : quand sagesse rime avec audace et justice !

L’examen du projet de loi bioéthique par le Sénat se termine aujourd’hui, après une semaine d’intenses débats.

Suivant les propositions défendues depuis plusieurs mois par les parlementaires socialistes, et faisant fi de l’opposition du gouvernement, le Sénat a choisi :

- de permettre à la science de progresser en autorisant, sous conditions, les recherches sur l’embryon et les cellules souches ;

- de faire cesser les discriminations à l’encontre des personnes homosexuelles, en ouvrant l’assistance médicale à la procréation à tous les couples, y compris les couples de femmes ;

- de réaffirmer les droits des femmes durant leur grossesse, en supprimant l’amendement des députés de droite visant à accroitre le rôle du médecin, au détriment des femmes concernées, dans la décision de pratiquer un diagnostic prénatal.

Un projet de loi régressif a ainsi été transformé en un texte de loi ambitieux et porteur de souffle pour la société toute entière.

Espérons simplement que le gouvernement et les députés de droite n’aillent pas détricoter ce projet, au mépris de l’intérêt des Français et des Françaises, des espoirs des malades et de leurs proches, du travail des chercheurs, et des progrès de la médecine et de la science.

Les députés socialistes, rejoints par les progressistes de tout bord y veilleront.

Gestation pour autrui : une question de responsabilité morale

Questions de société

Gestation pour autrui : une question de responsabilité morale

6 commentaires 07 avril 2011

Le Monde publie aujourd’hui ma tribune de réaction à la décision de la Cour de cassation dans l’affaire Mennesson.

Gestation pour autrui : une question de responsabilité morale

Il était prévisible que les débats les plus épineux sur la révision des lois de bioéthique se déroulent hors les murs de la représentation nationale, et finissent par échapper au législateur en trouvant un lieu de substitution par défaut dans les tribunaux.

Il y a quelque chose de triste et d’inquiétant à voir de plus en plus souvent la justice de notre pays en difficulté à trancher, seule et impuissante, des questions qui, de toute évidence, ne relèvent plus de la seule application de la loi, mais d’une évolution profonde du monde et de la société. Ces questions, pourtant, ne regardent pas seulement la Sorbonne, les cabinets d’avocats et les juges, mais la société tout entière. Autrement dit le peuple, et donc les élus de la République.

Ce n’est pas la première fois, loin s’en faut, que la justice renvoie le législateur à ses responsabilités comme l’a fait le 6 avril la Cour de cassation à propos de parents souhaitant faire reconnaître leurs enfants par l’état civil, après avoir eu recours à une gestation pour autrui à l’étranger (GPA). C’était la sixième décision rendue sur ce cas en dix ans, le ministère public avait lui-même fini par se déclarer favorable à cette reconnaissance au nom de l’intérêt de l’enfant et du droit à une vie familiale normale, et il y a moins d’une semaine le tribunal de Nantes reconnaissait, lui, la filiation d’un enfant né de mère porteuse. Allez comprendre !

Comment peut-on en arriver, en France, à laisser la justice seule à ce point dans un débat qui interroge pourtant depuis si longtemps quelques-unes de nos valeurs les plus fondamentales, sinon l’idée même que nous nous faisons de la filiation, de la famille et de l’égalité des droits ?

Une partie de la réponse réside dans la façon dont la loi bioéthique présentée par le gouvernement – actuellement en débat au Sénat – a été dévitalisée d’une grande part de sa substance en évitant soigneusement de répondre aux vrais enjeux de société que soulèvent un certain nombre de progrès scientifiques et d’évolution des mœurs. Une illustration parmi d’autres, mais éclatante, de l’incapacité de la majorité présidentielle à réformer et à gouverner.

Certes la question de la gestation pour autrui est loin d’être simple, et les opinions à son sujet n’épousent pas, loin s’en faut, une belle ligne de frontière entre la gauche et la droite, entre progressistes autoproclamés et réactionnaires patentés, ou entre libéraux et régulateurs. Chacun est donc condamné à penser par soi-même, et à faire valoir une opinion qui n’appartient qu’à soi, en raison et en conscience.

Mais c’est précisément pour cette raison qu’il aurait fallu tout faire pour dépassionner le débat, et sortir de la seule confrontation des déclarations ex cathedra et des arguments d’autorité assénés par des personnalités autorisées de tous bords, des chercheurs de toutes les disciplines, des moralistes de toutes obédiences et des redresseurs de torts de toutes les confessions qui n’aboutissent jamais à aucune solution concrète pour les problèmes réels des femmes et des hommes qui les affrontent chaque jour.

LE JUGE, LE SAVANT OU LE POLITIQUE ?

On peut être contre la GPA, bien sûr, mais on ne peut  tout de même pas être contre des parents qui y ont eu recours dans des conditions légales, et qui saisissent la justice pour faire reconnaître leurs enfants. Comment justifier que ces enfants, à la filiation incontestable, soient aujourd’hui privés de tous les droits liés à leur inscription à l’état civil, étrangers au pays de leurs propres parents, au seul motif du mode de conception « choisi », en désespoir de cause, par ces derniers ? De quoi sont-ils coupables, avant même leur naissance, pour être ainsi sanctionnés ? Il y a certes une question d’humanité, mais surtout une question de responsabilité morale à envisager sérieusement les conséquences des principes qu’on choisit d’adopter, et de faire appliquer par d’autres.

Lorsqu’on entend certains qualifier une plus que légitime procédure judiciaire de « cheval de Troie » dans une guerre menée par quelques-uns pour « assiéger le code civil » et « asservir les femmes », on se dit que le moment est venu d’organiser le débat autrement dans la société française si nous voulons rassembler, respecter chacun, et néanmoins trouver des solutions aux problèmes des Français.

Il est profondément anormal que ceux qui exercent une telle responsabilité intellectuelle, morale ou politique puissent se réfugier dans leurs certitudes dans un monde qui avance sans eux, laissant les juges décider seuls de ce que veut, ou ne veut pas, la République.

Qui doit aujourd’hui répondre aux questions de Sylvie et Dominique Mennesson et de leurs deux filles âgées de 10 ans : le juge, le savant ou le politique ? La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) peut-être, la République certainement, sénateurs à vos plumes !

Najat Vallaud-Belkacem, Secrétaire nationale du Parti socialiste aux questions de société

Voici le lien vers la tribune sur le site de Le Monde : Gestation pour autrui : une question de responsabilité morale

Photo d’illustration : copyright Sénat

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« Homoparentalité : prenons les faits au sérieux » d’Olivier Morin

Pas de commentaire 18 février 2011

Ces quelques rappels utiles d’Olivier Morin:

Homoparentalité : prenons les faits au sérieux

Dans sa tribune, « Homoparentalité : les statistiques ne disent pas tout » publiée le 10 février sur Le Monde.fr, Xavier Lacroix, professeur de théologie, s’attaque à un ensemble d’études statistiques qui suggèrent que les enfants élevés par les couples de même sexe n’ont pas plus de problèmes que les enfants élevés par des couples hétérosexuels comparables. Sans dire qu’il n’existe aucune différence entre les familles homoparentales et les autres, ces travaux placent le fardeau de la preuve sur les épaules des adversaires de l’homoparentalité. Ceux qui croient que grandir dans un couple homosexuel mène à des troubles graves doivent désormais expliquer pourquoi ces conséquences sont si difficiles à détecter.

M. Lacroix n’est pas d’accord. Ces travaux, qu’il présente comme des brûlots issus des associations gay américaines, il nous assure que « personne – ou presque – » ne les a lus. Ceux qui l’ont fait « sont généralement d’avis – au mieux – que l’on ne peut rien en conclure ». Rien n’est plus faux.

Ces articles ont convaincu les associations américaines de médecine, de psychiatrie, de psychologie et de psychanalyse d’émettre des avis favorables à l’homoparentalité. L’académie américaine de pédiatrie conclut par exemple qu’un « corpus considérable de littérature spécialisée indique que les enfants dont les parents sont homosexuels peuvent avoir les même avantages et les mêmes attentes en termes de santé, d’adaptation et de développement que les enfants dont les parents sont hétérosexuels ». Il est vrai que les enfants de couples du même sexe sont difficiles à étudier. Il faut se contenter d’échantillons limités et hétérogènes : il n’est pas déraisonnable de suspendre son jugement en attendant de meilleures données. Ce n’est pas l’attitude de M. Lacroix, qui a rejeté par principe les méthodes quantitatives et ne jure que par les conclusions des psychanalystes qui approuvent ses idées.

Tout à l’ heure, notre professeur de théologie était prêt à jeter des revues internationales prestigieuses dans les poubelles de la science. Voilà qu’il nous présente les auteurs qui vont dans son sens comme les représentants d’« un demi-siècle » de « la psychologie la plus rigoureuse ». Qui sont ces parangons de rigueur ? On trouve parmi eux un certain Didier Dumas, qui se présente comme « psychanalyste, acupuncteur et néo-chamane ». L’une de ses contributions à la clinique fut de réconcilier l’alchimie sexuelle taoïste et le tantrisme avec l’œuvre de Freud. Pourquoi devrions-nous prendre son avis plus au sérieux que celui des nombreux psychanalystes qui sont parvenus à des positions beaucoup plus nuancées ? Laissons la psychologie à sa place Nous tombons cependant d’accord avec M. Lacroix sur un point important : le problème qui nous occupe n’est pas de ceux que la psychologie peut trancher seule. La question de savoir s’il faut donner un cadre légal à l’homoparentalité ne se résume pas à la question du bien-être psychologique des enfants concernés.

Pour le comprendre, considérons les familles monoparentales. On peut raisonnablement avancer que les enfants élevés par un seul parent connaissent en général plus de problèmes que les autres : qu’il vaut mieux, pour un enfant, être élevé avec ses deux parents. Le législateur doit-il agir contre les familles monoparentales ? Pas à n’importe quel prix. Pour limiter sérieusement la formation de foyers monoparentaux, il faudrait limiter le droit au divorce, le droit à l’adoption pour les célibataires, et ainsi de suite.

Seuls quelques jusqu’au-boutistes (comme Christine Boutin) suggèrent d’interdire l’adoption aux personnes seules, au nom de l’intérêt de l’enfant. C’est oublier que l’intérêt de l’enfant n’a jamais été la seule base de la politique de la famille. Il est indéniable que les enfants de parents pauvres ont des vies moins enviables que les autres ; l’Etat a-t-il pour autant le droit de décourager les moins fortunés d’avoir des enfants ? Bien sûr que non. Ce qui vaut pour les personnes seules, pauvres, ou bien atteintes d’un handicap génétique, vaut aussi pour les homosexuels : les problèmes réels ou supposés dont leurs enfants pourraient souffrir doivent être pris en compte. Ils n’effacent pas leurs droits.

Ces droits, c’est bien sûr aux citoyens de les déterminer ; et ils se forgent une opinion sans se laisser intimider par les épouvantails qu’on met sur leur chemin. Les arguments statistiques ne trancheront pas tout, l’expérience clinique des psychanalystes non plus : là-dessus nous tombons d’accord avec M. Lacroix. Mais après avoir lu sa contribution, nous ne sommes guère plus optimistes sur la capacité des théologiens à éclairer le débat.

Olivier Morin, philosophe, docteur de l’EHESS (Paris), et Olivier Mascaro, psychologue au Centre d’étude du développement cognitif à Budapest

Voici le lien vers l’article sur le site Le Monde: http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/02/17/homoparentalite-prenons-les-faits-au-serieux_1480866_3232.html

Questions de société

Bioéthique : traduire l’évolution du modèle familial dans le droit

2 commentaires 16 février 2011

Le Monde publiait ce matin ma tribune de réaction au débat qui  s’est terminé hier à l’Assemblée Nationale.

Tribune Le Monde en ligne

Bioéthique : traduire l’évolution du modèle familial dans le droit

La révision de la loi bioéthique est l’occasion de nombreuses confrontations. Au cœur des débats, c’est la place de l’individu dans la famille et celle de la famille dans la société qui sont interrogées. Dans la transformation de la société que permettent le progrès scientifique et la progression des libertés individuelles, les principes d’égalité, de solidarité, de laïcité doivent prévaloir.

L’accès à la contraception, la libération sexuelle et les progrès de la science ont profondément bouleversé le modèle familial français. L’arrivée de l’enfant est mieux préparée, parce qu’elle est le résultat de la volonté des parents. De nouvelles formes de vie familiale se sont banalisées. Les parents élèvent leurs enfants ensemble ou séparément, seuls ou avec leurs conjoints. Aux familles traditionnelles, monoparentales ou recomposées, s’ajoutent les familles devant faire appel à la procréation assistée, celles qui sont fondées par un couple homosexuel, ainsi que toutes les familles d’élection qui se constituent au cours de la vie, par nécessité ou par choix. La primauté de la filiation sociale sur la filiation biologique s’est ainsi imposée dans les faits depuis longtemps. Il revient aujourd’hui au législateur de la traduire dans notre droit.

C’est en application d’un modèle aveugle à ces réalités que notre législation n’ouvre la procréation médicalement assistée avec don de gamètes qu’aux couples hétérosexuels stables. Cette assistance est ainsi refusée aux couples de même sexe et aux femmes seules. Faut-il le rappeler ? L’assistance médicale à la procréation ne guérit pas de l’infertilité. Il s’agit bien de répondre à un désir d’enfant. De fait, le désir d’enfant n’est pris en charge par la société que pour les familles conformes au modèle traditionnel de la famille, composées d’un père et d’une mère. Il est temps de s’affranchir de cette définition naturaliste de la famille.

Bien loin d’obéir aux seules lois de la nature, les liens familiaux se tissent à travers l’engagement des parents et la reconnaissance de la société. Le projet familial résulte d’une volonté. C’est ce projet, cet engagement parental irrévocable, qui doit constituer le fondement du droit de la famille. Le parent est celui qui exprime une volonté de l’être, et de subvenir aux besoins matériels et moraux d’un enfant. On objectera que la société n’a pas à faire droit au désir d’enfant : « on ne fait pas un enfant comme on achète un sac à main ! ». Cette objection est inacceptable. Il ne s’agit pas de donner libre cours à un désir superficiel et passager, mais de permettre un projet parental, une décision profonde et souvent mûrie de très longue date. N’est-il pas dans l’intérêt de l’enfant de naître dans une famille aimante, une famille dont il est le projet ? L’intérêt de l’enfant justement, doit être apprécié dans le silence des préjugés : nous avons maintenant le recul nécessaire pour constater que l’orientation sexuelle des parents, par exemple, ne porte pas préjudice aux enfants, déjà si nombreux à vivre au sein de familles homoparentales. En revanche, tous les obstacles légaux qui se dressent devant les projets familiaux atypiques desservent gravement ces enfants en les isolant, en les privant de droits, en les stigmatisant.

PLUS DE LIBERTÉ ET D’ÉGALITÉ

Dès lors, la vraisemblance biologique ne doit plus servir d’obstacle à l’ouverture de la procréation médicalement assistée, cette réponse formidable que la science et la société apportent depuis quarante ans à la fatalité du sort.

Députés, sénateurs, vous avez, avec cette révision de la loi bioéthique, une occasion sans pareille de poursuivre, avec souffle et ambition, le chemin emprunté depuis un demi-siècle par le droit de la famille, vers davantage de liberté et d’égalité. Liberté de choix entre l’union libre, le pacs ou le mariage. Liberté de fonder une famille. Liberté de faire évoluer cette famille, au gré des séparations et des recompositions, sans renoncer à exercer tout ou partie de l’autorité parentale.

Liberté donc, mais aussi égalité. Egalité entre les parents, qui exercent conjointement cette autorité. Egalité entre les enfants, naturels ou légitimes. Et bientôt, égalité entre les familles dans toute leur diversité, hétéroparentales comme homoparentales. Liberté, égalité, deux valeurs cardinales de la République, sans lesquelles il ne saurait y avoir de fraternité, cette fraternité indispensable à la lutte contre toutes les formes d’exclusion et à la reconnaissance des différences.

A vous d’offrir la protection des lois de la République à l’ensemble de nos concitoyens qui espèrent en la procréation assistée pour construire une famille. Ce n’est pas de l’imprudence mais de la justice.

Najat Vallaud-Belkacem, secrétaire nationale du Parti socialiste (PS) aux questions de société

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