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Presse

Communiqué de presse : Réforme du droit d’asile

4 commentaires 26 novembre 2011

Communiqué : Réforme du droit d’asile

Najat Vallaud Belkacem, porte-parole
Mireille Le Corre, responsable du pôle immigration-intégration, équipe de campagne de François Hollande

Le gouvernement continue sa chasse aux fraudeurs, cette fois-ci au mépris de libertés fondamentales garanties par notre Constitution et par le droit international.

En annonçant vendredi une réforme du droit d’asile, dont l’objet serait de réduire encore le nombre de demandeurs d’asile accueillis en France, Claude Guéant porte à nouveau atteinte à un droit fondamental régulièrement malmené.

Semblant découvrir à quelques mois de l’échéance présidentielle la crise du dispositif d’asile français, feignant d’ignorer que la politique menée par le Président sortant et les baisses constantes du budget sont à l’origine de cette crise, le ministre de l’intérieur propose comme toujours une restriction des droits à seule fin électoraliste.

En évoquant une extension de la liste des pays d’origine classés « sûrs », à destination desquels les reconduites à la frontière sont presque automatiques, le gouvernement nie de nombreuses atteintes aux droits humains pourtant régulièrement dénoncées par les organisations humanitaires. En imaginant que des réfugiés pourraient se voir refuser l’asile parce qu’ils auraient déposé une demande « hors délai », il fait fi des protections que leur apporte notre Constitution.

A l’issue du quinquennat de M. Sarkozy, notre pays accorde l’asile bien moins que l’Allemagne ou l’Angleterre, et les conditions y sont bien plus restrictives. La lutte contre les abus ne peut pas servir de prétexte à une remise en cause du droit d’asile.

Nous réaffirmons le caractère intangible du droit d’asile et du statut de réfugié. Il ne peut pas être une variable de la politique migratoire de la France, encore moins une cible de la démagogie électoraliste de la droite en campagne. Les engagements internationaux de notre pays, le respect que nous devons à des êtres humains en souffrance et en danger, ne peuvent pas être effacés au nom de l’ajustement des dépenses du ministère de l’intérieur.

Une nouvelle fois, Claude Guéant, à des fins électoralistes, simplifie des questions complexes et mélange des sujets différents.

Il est temps de retrouver une politique d’asile digne de ce nom, en France comme au sein de l’Union Européenne.

Presse

Projet de loi Bioéthique devant le Sénat: quand sagesse rime avec audace et justice !

Pas de commentaire 13 avril 2011

Communiqué de presse

Najat Vallaud-Belkacem

Secrétaire nationale aux questions de société

Bertrand Monthubert

Secrétaire national à l’Education et à la recherche

Projet de loi Bioéthique devant le Sénat : quand sagesse rime avec audace et justice !

L’examen du projet de loi bioéthique par le Sénat se termine aujourd’hui, après une semaine d’intenses débats.

Suivant les propositions défendues depuis plusieurs mois par les parlementaires socialistes, et faisant fi de l’opposition du gouvernement, le Sénat a choisi :

- de permettre à la science de progresser en autorisant, sous conditions, les recherches sur l’embryon et les cellules souches ;

- de faire cesser les discriminations à l’encontre des personnes homosexuelles, en ouvrant l’assistance médicale à la procréation à tous les couples, y compris les couples de femmes ;

- de réaffirmer les droits des femmes durant leur grossesse, en supprimant l’amendement des députés de droite visant à accroitre le rôle du médecin, au détriment des femmes concernées, dans la décision de pratiquer un diagnostic prénatal.

Un projet de loi régressif a ainsi été transformé en un texte de loi ambitieux et porteur de souffle pour la société toute entière.

Espérons simplement que le gouvernement et les députés de droite n’aillent pas détricoter ce projet, au mépris de l’intérêt des Français et des Françaises, des espoirs des malades et de leurs proches, du travail des chercheurs, et des progrès de la médecine et de la science.

Les députés socialistes, rejoints par les progressistes de tout bord y veilleront.

Presse

Bioéthique : les socialistes mobilisés pour défendre le progrès face au conservatisme de la droite

Pas de commentaire 11 février 2011

Communiqué


Najat Vallaud Belkacem, Secrétaire nationale aux Questions de société
Bertrand Monthubert, Secrétaire national à l’Education et à la recherche

Bioéthique : les socialistes mobilisés pour défendre le progrès face au conservatisme de la droite

Le Parti socialiste déplore la teneur des débats en cours à l’Assemblée nationale pour la révision des lois Bioéthique.

Le statu quo sur des questions cruciales comme la recherche sur l’embryon, qui reste dans une situation hypocrite d’interdiction avec dérogations, est représentatif de l’attitude adoptée par la majorité parlementaire, ignorant les arguments des chercheurs, l’expérience des médecins, les espoirs des Français touchés par des difficultés de santé.

Pire, lorsque qu’elle ne se fait pas gardienne de l’immobilisme, la droite organise la régression, par exemple lorsqu’elle accroît le rôle du médecin dans le choix d’un diagnostic prénatal, restreignant ainsi le choix des femmes.

Lorsque certains, à droite, proposaient de limiter le nombre d’ovocytes fécondés dans le cadre d’une AMP, alors même que ces procédures sont incertaines, et les prélèvements d’ovocytes douloureux pour les femmes, les socialistes se sont mobilisés avec succès afin de bloquer ces nouvelles atteintes à la procréation médicalement assistée.

Certaines avancées ont été possibles grâce aux députés socialistes qui ont par exemple soutenu la possibilité de réaliser des dons d’organes entre individus ayant un lien affectif étroit, stable, avéré, quand le gouvernement, lui, s’opposait à cette procédure, qui si elle est encadrée, permet d’améliorer la vie de nombreux malades.

Ces avancées sont essentielles, mais trop rares face aux enjeux. Le Parti socialiste continuera avec détermination, à porter, dans les débats à l’Assemblée Nationale, les espoirs que la science, la recherche, et la médecine, peuvent nous offrir, et que la majorité parlementaire s’évertue à bloquer.

Débat sur la loi : quelques réflexions sur les lois du débat

Questions de société

Débat sur la loi : quelques réflexions sur les lois du débat

13 commentaires 16 juin 2010

Je profite de quelques moments de répit pour revenir en quelques mots sur ma participation au débat organisé lundi 7 juin par la LICRA, dont le sujet était l’interdiction du port du voile intégral sur le territoire national, aux côtés de responsables politiques de l’UMP, des Verts, et du Parti Communiste.

En dépit de mes réserves sur la manière dont l’UMP et le gouvernement ont imposé ce débat, j’ai accepté l’invitation de la LICRA d’abord pour l’estime et le respect que je porte à leurs combats contre le racisme et l’antisémitisme. Ensuite, parce que j’ai pensé que c’était une occasion d’expliquer une nouvelle fois ces réserves, tout en défendant la position adoptée par le Parti Socialiste, et en rappelant à quelles valeurs et à quelles convictions je me réfère.

Première chose, le port du voile intégral, que ce soit par choix personnel ou par soumission, va totalement à l’encontre de toutes mes convictions, qu’elles concernent ma vision de la société, de la laïcité, de l’émancipation de la femme ou de l’égalité homme-femme.

Tout mon engagement politique en témoigne, et je serai toujours la première à soutenir les mesures qui aideront les femmes à sortir de ce type de pratique et à s’émanciper.

Deuxième chose, je ne pense pas que cette loi sera efficace. Bien au contraire, je considère que les conséquences de son application (et même de sa non-application) risquent d’être très graves : on ajoutera de l’exclusion à l’exclusion, en doublant l’oppression privée d’une oppression publique.

Troisième point : l’attitude idéologique du gouvernement dans ce qui relève moins d’un processus législatif normal que d’une campagne d’opinion. Le Conseil d’Etat avait en effet proposé d’étendre l’interdiction du visage caché à l’ensemble des lieux du service public, et ce serait à mon sens la meilleure loi s’il fallait en envisager une. Les juristes savent par ailleurs que la loi voulue par le gouvernement ne tiendra pas longtemps devant des tribunaux comme la Cour Européenne des Droits de l’Homme. La droite a tout de suite balayé ces arguments, illustrant une nouvelle fois le mépris avec lequel la majorité traite les institutions qui fondent notre Etat de droit. C’est une dérive qui m’inquiète profondément.

Enfin, et c’est peut-être le plus important : ce n’est pas la priorité.

Au-delà de la crise économique, sociale et écologique que nous vivons et qui devrait tous nous mobiliser, les questions de société sont également importantes mais se doivent d’être affrontées à la racine et non aux stigmates.

Il y a beaucoup trop de choses à faire (ou à refaire) concernant l’éducation, la culture, l’égalité des chances, la jeunesse, l’accueil et l’intégration des étrangers, le vivre-ensemble et surtout l’attention qui est portée aux femmes isolées dans des quartiers dont le gouvernement ne se préoccupent plus. En tant qu’élue locale chargée de la vie associative, le constat est amer: les associations de terrain qui permettaient de ne pas abandonner ces femmes et qui faisaient un travail admirable de cohésion sociale et d’émancipation ont tout simplement vu l’Etat remettre en cause toutes les aides et les subventions.

Une fois de plus, le débat politique a été confisqué par quelques dangereux stratèges de l’UMP qui gangrènent le climat politique depuis la dernière élection présidentielle : moutons dans la baignoire, racaille, karcher, tests ADN, « auvergnats », débat sur l’identité nationale… et maintenant la burqa. Quand en plus les membres de la majorité mettent en avant leur attachement à l’égalité homme-femme avec grands tremolos, ça en devient presque insultant quand on voit l’absence de femmes dans le renouvellement des grandes institutions par le Chef de l’Etat ou que la proposition de loi sur la violence faite aux femmes reste inerte depuis plus d’un an au Sénat.

Car, au-delà des 367 femmes en France portant la burqa, n’oublions pas que sur le territoire national une femme meurt sous les coups de son conjoint tous les 2 jours et demi, et qu’il y a 75.000 femmes violées chaque année.

Je pense que la République et la cohésion sociale qui en fait le ciment souffrent énormément de toutes ces lois qui excluent, interdisent et stigmatisent. Un véritable « prurit législatif » axé sur le fait divers qui divise quand la crise mondiale que nous connaissons appellerait à réfléchir, doser et rassembler. Nous ferions bien mieux de réfléchir à des lois qui encouragent la tolérance, l’ouverture, le lien entre les citoyens, la possibilité de s’émanciper individuellement et collectivement par la culture et la connaissance.

Pour faire court, notre devise républicaine : liberté, égalité, fraternité.

La goutte d’or qui fait déborder le vase

Billet edito

La goutte d’or qui fait déborder le vase

11 commentaires 16 juin 2010

C’est la goutte d’or qui fait déborder le vase, on avait déjà eu la très douteuse soupe au cochon, voilà désormais l’apéro géant « pinard et saucisson », initiative d’une extrême droite radicale qui a retrouvé, à la faveur des élections régionales, des couleurs. Interdite à Paris, l’initiative nauséabonde se répand à Renne, à Lille et même à Lyon où l’invitation à un rassemblement à La Guillotière a été lancée sur Facebook. La Guillotière, c’est le creuset lyonnais, la ville dans toute sa diversité et sa richesse, cosmopolite et chaleureuse, un quartier d’une grande mixité sociale où la rosette le dispute au tajine dans les parfums délicieux de l’épicerie Bahadourian, un quartier où l’on vit ensemble et qui nous rappelle que Lyon est une capitale européenne, tolérante et ouverte sur le monde.

Cet apéro là, porteur de haine et de xénophobie, est « une idée qui pue » pour reprendre la campagne que vient de lancer SOS racisme. Une de plus devrait-on dire tant le climat est à la libération de la parole raciste, tant est facile la stigmatisation y compris dans le discours public d’un gouvernement qui s’est enfermé dans un communautarisme très barressien dont le débat sur l’identité nationale a été l’apothéose tragicomique.

La droite nouvelle a ressortie la panoplie électoraliste pour gagner (en vain) les voix d’extrême droite, en reprenant les slogans du Front national, en multipliant les dérapages verbaux, en stigmatisant les « Français subis », un discours à rebours du discours d’une droite sociale et humaniste qui ne se fait guère entendre…

Et puisqu’il est d’actualité de citer le général de Gaulle, terminons pas ses mots : « il y a deux catégories de Français : ceux qui pensent qu’il y a deux catégories de Français, et les autres ».

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Questions de société

2012, les retraites, la social-écologie, le PS : Royal éclaire le débat

13 commentaires 31 mai 2010

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Hier, en fin d’après-midi, j’ai accompagné Ségolène Royal sur le plateau de France 5 où elle était l’invitée de l’émission « C Politique ». Cette émission conduite avec grand professionnalisme et pertinence par Nicolas Demorand a le mérite de laisser à l’invité le temps d’expliquer précisément sa pensée jusqu’au bout : fait assez rare dans les autres émissions politiques soumises à la cadence de la dernière dépêche AFP.

Combative, responsable, solidaire de Martine Aubry, sincère et fidèle à elle-même, Ségolène Royal a tour à tour expliqué ses prises de positions sur le dossier des retraites où elle souhaite un referendum d’initiative populaire, sur la politique de communication brutale du gouvernement, sur le Parti Socialiste, la Convention Nationale, le non-cumul des mandats et les primaires où elle dessine le dispositif gagnant qu’elle souhaite voir émerger… Autant de prises de position que je partage, notamment pour ce qui concerne la primaire dont je pense depuis toujours qu’elle doit être une clé de la victoire en 2012, une étape essentielle de la rénovation du PS, mais aussi un moment de rassemblement pour les leaders comme pour le peuple de gauche. Un grand moment d’interview politique.

Pour voir ou revoir l’intégralité de l’interview, je vous invite à cliquer sur ce lien.

Participez à la large consultation populaire sur le sujet sur les retraites sur le site http://www.desirsdavenir.org/.

Billet edito

Dieu a dit, Fillon a fait…

26 commentaires 15 mai 2010

Dieu a dit : « je partage en deux, les riches auront de la nourriture, les pauvres de l’appétit ». Quand le gouvernement Fillon annonce qu’il met en œuvre le programme de Coluche, on a plus du tout envie de rire, c’est pourtant ce qu’il vient d’annoncer sans nez rouge ni salopette !

Une politique de rigueur et d’injustice sociale sur fond de crise économique européenne pour renflouer les caisses d’un État impécunieux. Depuis des mois, le parti socialiste s’est inquiété de la dérive des comptes publics, creusés par le gouvernement Fillon à coup de mesures inconsidérées et de cadeaux fiscaux extravagants !

Il n’y a plus d’argent nous dit-on, mais c’est un peu court ! Il y en a pour le paquet fiscal à 12 milliards d’euros, pour la suppression des droits de succession ou pour le bouclier fiscal, il y en a encore pour les entreprises du CAC 40 qui siphonnent la méga niche fiscale de Copé, dénoncée par Didier Migaud (http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2751), qui a coûté 22 milliards de pertes de recettes fiscales en trois ans ! Il y en a évidemment pour sauver les banques qui veulent aujourd’hui la peau des États. Ah, il faut se réjouir  bien sûr des 750 milliards d’euros débloqués par les États Européens, pour sauver la zone euro, car la crise aura ainsi au moins permis, dos au mur et en une nuit, plus d’intégration européenne, que vingt ans de négociations. Mais il faudra aller au delà dans le gouvernement économique de la zone euro et surtout beaucoup plus loin dans la régulation des marchés, sauf à prendre le risque de transformer les États, qui n’en finissent pas de jouer leur rôle « d’assureur en dernier ressort » comme disent les économistes, en marionnettes de la finance mondiale.

Pas d’argent alors ? Il serait plus juste de dire pas d’argent pour les millions de Français qui ne bouclent pas leur fin de mois et auxquels ont va supprimer plusieurs aides.

Le coup de semonce avait été tiré, il y a trois semaines déjà, par Gilles Carrez, député UMP et rapporteur général du budget, qui avait déclaré que l’État n’avait plus les moyens des lois sociales qu’il avait voté suggérant qu’il fallait diminuer le montant des allocations universelles, c’est à dire le RSA pour les personnes en difficulté d’insertion, l’APA pour les personnes âgées dépendantes et la prestation de compensation du handicap (PCH). Plus les moyens des lois sociales votées, mais des moyens quand même pour le bouclier fiscal !

L’annonce du Premier ministre est, aujourd’hui, sans ambiguïté : une baisse de 10 % sur trois ans des dépenses d’intervention et dans le collimateur du gouvernement les emplois aidées, l’allocation personnalisée logement, l’Allocation adulte handicapé et le RSA…

Dans le budget 2010, les dépenses d’intervention de l’État s’élèvent à 67 milliards d’euros, il faut donc trouver 6,7 milliards… un demi paquet fiscal… Bouclier fiscal contre bouclier social, voilà le choix fait par le gouvernement.

Conclusion provisoire : Là où la meilleure andouillette recueille  un quintuple A (AAAAA), la France ne s’en sort qu’avec un triste triple A (AAA) : encore un effort monsieur le Premier ministre !

Presse

Projet de hausse du forfait hospitalier : une suite logique à la taxe carbone.

Pas de commentaire 09 septembre 2009

Communiqué de presse:

Projet de hausse du forfait hospitalier : une suite logique à la taxe carbone.

« De couac en couac, mais dans une logique de plus en plus affirmée, le gouvernement poursuit son acharnement contre le pouvoir d’achat des classes moyennes. Hier, l’ajournement de toute réforme sur les niches fiscales les plus injustes et la création d’un nouvel impôt sur les déplacements et le chauffage de tout un chacun ; aujourd’hui, une hausse historique du coût de la santé au quotidien pour les Français…

Sans jamais revenir sur le train des mesures fiscales iniques prises en faveur des plus hauts revenus (bouclier fiscal, allègement de l’ISF et des droits de succession, etc.), Nicolas Sarkozy et François Fillon sont en train de multiplier les prétextes démagogiques et d’organiser la confusion pour mieux accélérer leur logique destructrice d’inégalité fiscale. Au-delà des couacs entre ministres instrumentalisés, il faut maintenant dénoncer cette stratégie pour ce qu’elle est vraiment car elle mine en profondeur les valeurs républicaines d’équité devant l’impôt et menace gravement la cohésion sociale du pays. « 

Billet edito

L’argent des banques, l’argent de l’Etat : vertus publiques et vices privés.

58 commentaires 13 août 2009

Depuis mon dernier billet, l’actualité m’a incitée bien des fois à revenir vers mon clavier pour une nouvelle chronique, mais je voulais aussi m’astreindre à une petite cure de désintoxication au web. C’est dur, mais c’est possible. Amis accros à Facebook, blogs et autres Twitter, je vous assure que ça ne fait pas de mal de se délivrer un peu de la tyrannie de l’actualité permanente, et de la remplacer par quelques heures de lecture ininterrompues (ou presque). Cela ne change rien à la dure réalité, mais ça peut aider à y voir plus clair.

Comment, par exemple, ne pas être sidérée par ce qui est en train de se passer entre les banques françaises et le gouvernement, après tous les discours de Nicolas Sarkozy sur la moralisation du capitalisme, les promesses sur les nouvelles règles du jeu de la profession, les garanties et les contreparties soi-disant obtenues en échange du plan de sauvetage du secteur bancaire par l’Etat ?

Dans un premier temps, j’aurais volontiers exprimé mon indignation envers les dirigeants de la banque qui, non seulement ont manqué à leur récent engagement sur la transparence des rémunérations, mais ne semblent pas mesurer leur part de responsabilité dans la crise économique et sociale que nous traversons.

En y réfléchissant davantage, c’est plutôt une lourde défaillance du gouvernement que dévoile l’affaire du milliard bonus de la BNP à ses traders, quelques mois après avoir bénéficié d’une aide de l’Etat de plus de 5 milliards.

Au-delà du cas de la BNP Parisbas, rappelons en effet, avec la Cour des Comptes, qu’à la fin de l’année l’Etat aura déboursé quelques 173 milliards d’euros en prêts et apports de fonds propres pour les banques, c’est-à-dire plus de 9% du PIB de notre pays. Ça promet pour la suite des événements.

Il ne s’agit pas de remettre en cause le principe du sauvetage du système bancaire en tant que tel, c’était bien entendu une nécessité pour l’Etat d’intervenir, mais plutôt de se demander ce que le gouvernement a cherché à obtenir en échange. Et ce qu’il a obtenu.

Je crois en effet que si on peut discuter à l’infini pour savoir si une banque privée pourra jamais s’intéresser à autre chose qu’à ses intérêts, personne ne peut nier que l’Etat, lui, se doit d’être un peu plus qu’un guichet de prêt, et que son rôle est précisément de faire triompher l’intérêt général sur les intérêts particuliers.

Mais est-ce bien ainsi que l’Etat français s’est comporté ? Est-ce bien ainsi qu’il conçoit encore son rôle ?

En effet, au vu des déclarations de François Fillon et du Président de la République, il semblerait bien que leur seul objectif n’a jamais été que de se faire rembourser. Encore heureux. Et nous devrions les féliciter, les remercier devant tant de courage et d’ambition ?

Mais l’Etat n’est pas une banque, et les responsables politiques ne sont pas des traders : on ne peut pas se contenter d’une opération plus ou moins neutre sur le plan comptable, alors qu’une crise sans précédent prouve que c’est la logique même du système financier qui est pervers, notamment le mode de rémunération des opérateurs sur les marchés spéculatifs.

Nous ne pouvons aujourd’hui que constater que rien n’a été fait réformer le système et mettre fin à ses pratiques les plus pernicieuses. Pire, nous comprenons à quel point l’Etat ne s’est jamais vraiment senti en devoir de le faire, justifiant aujourd’hui son incapacité à gouverner et à réglementer les puissances de l’argent.

L’incurie de l’Etat est d’autant plus inquiétante pour la suite que le rapport de la Cour des Comptes cité plus haut estime que les banques ne tiendront pas non plus leurs engagements sur le financement de l’économie française d’ici la fin de l’année.

Nous l’apprendrons probablement lors d’une conférence de presse d’une banque aux résultats en hausse, certainement pas au travers d’un communiqué de l’Elysée, ou du gouverneur de la Banque de France.

Nous ne pourrons nous contenter, alors, d’une vague explication sur l’impuissance publique, le cynisme regrettable de quelques-uns, la « tolérance zéro » de Christine Lagarde ou la promesse d’en reparler au prochain sommet international.

Nous en conclurons simplement que le gouvernement n’a pas été la victime consentante d’un marché de dupes, mais le complice actif d’une véritable extorsion de fonds.

Billet edito

Chronique estivale 1

30 commentaires 22 juillet 2009

Bonjour à toutes et à tous, j’espère que vous prenez un peu de repos… On avait pressenti que l’été serait chaud, il faut bien dire qu’on n’est pas déçu !

le petit et le grand NicolasPas de repos pour les polémistes, pas de répit pour les journalistes qui ont en ce milieu d’été de quoi nourrir leurs colonnes. Je ne parle pas des invectives entre camarades socialistes (pffff !) mais, par exemple, du récent rapport de la Cour des comptes donnant l’illustration éclatante de la connivence malsaine entre certains médias, le pouvoir et plusieurs instituts de sondage proches de l’Elysée. Liaisons sulfureuses avec Opinionway en particulier, dénoncées en son temps par Ségolène Royal et confirmées aujourd’hui par un organisme au dessus de tout soupçon.

Je pense aussi, bien que passé plus inaperçu, au projet de loi portant réforme des collectivités territoriales qui sonne le glas des Départements. Il ne s’agit pas tant de prôner le statu quo (je suis pour ma part assez favorable à une réforme) que de s’inquiéter du dévoiement de la décentralisation et de la stratégie implicite du pouvoir consistant à étrangler financièrement les collectivités locales, prises en étau entre un alourdissement inouï de leurs charges du fait du désengagement de l’Etat et une raréfaction de leurs ressources propres.

Je pense aussi à cette bonne nouvelle pour la démocratie, à mettre au tableau de chasse des députés socialistes qui avaient saisi le Conseil d’Etat : le temps de parole du Chef de l’Etat sera désormais compté dans celui de la majorité ! Houra… Une bonne opération pour l’opposition qui n’en sera que plus audible, mais sans aucun doute des motifs d’inquiétude pour ceux qui vivent dans l’ombre de l’omni-président…

Je pense à la déconfiture du gouvernement empêtré dans les débats sur la loi HADOPI et qui fait la sourde oreille aux propositions socialistes consistant à instaurer une « contribution créative » (pouvant rapporter près de 400 M€/an) plutôt que de couper la connexion des internautes. Un début de ministère difficile pour Frédéric « Mitran »…

j’aurais pu évoquer également l’inquiétude grandissante devant la progression fulgurante de la grippe H1N1, le débat parlementaire sur le travail dominical, pas supplémentaire vers une société à l’anglo-saxonne peuplée de poor-workers… Que les grandes surfaces, grandes bénéficiaires de fait du « RSA chapeau » paient mieux leurs salariés ! J’aurais aussi pu évoquer l’inquiétude grandissante devant les pratiques policières de plus en plus brutales et l’appel du collectif « Liberté, égalité, fraternité » (CLEJ) qui lutte contre une certaine forme de régression sécuritaire, les premiers et intéressants travaux sur la taxe carbone, laquelle suscite autant d’espoir que d’inquiétude relayée notamment par UFC que choisir ; la taxe pourrait peser favorablement sur les comportements mais risque d’approfondir la fracture (autant que la facture) environnementale des ménages les plus modestes. L’association de consommateurs plaide pour un chèque vert permettant de redistribuer aux consommateurs le produit de cette fiscalité environnementale.

Mais pour ceux qui ont décidé de se déconnecter de l’actualité pendant les vacances, je me contenterai de partager le contenu éclectique de ma valise :

  • Jusque-là tout allait bien en Amérique, de Jean-Paul Dubois, Points
  • Les Hommes qui n’aiment pas les femmes, Stieg Larson, Actes Sud
  • Corps en miettes, de Sylviane Agacinski, Flammarion
  • 2030 le krach écologique, Geneviève Ferone, Grasset
  • Petit traité de la décroissance sereine, Serge Latouche, Mille et une nuit
  • Dis, c’était quoi la Sécu ?, Didier Tabuteau, L’Aube
  • et du Romain Gary à gogo chez Quarto

 Raison de plus!
 Réagissez!
 A lire!

© 2011 Najat Vallaud-Belkacem.