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Ma ville, mon canton

La Caravane Citoyenne à Lyon !

Pas de commentaire 12 mai 2011

La Caravane Citoyenne pour le Vivre Ensemble fait étape à Lyon le 25 mai prochain à partir de 10h sur la Place Guichard, dans le 3e arrondissement.

C’est le moment de se mobiliser pour défendre les valeurs de la République, venez nombreux à cet événement que SOS Racisme a lancé dans plusieurs villes de la région Rhône Alpes.

Retrouvez le Communiqué de Presse de SOS Racisme pour le programme : communiqué de presse caravane étape Lyon

caravane

Billet edito

Contre un naturalisme d’État

24 commentaires 28 février 2011

En annonçant son intention de lancer un grand débat sur l’Islam en France, le chef de l’État ne se contente pas, selon une méthode usée jusqu’à la corde, d’aller chasser sur les terres d’une extrême droite en quête de respectabilité, il apporte une pièce supplémentaire à un inquiétant naturalisme d’État qui se déploie sans réserve depuis 4 ans déjà. Retour sur les fondements de cette idéologie rampante.

En 2007, Nicolas Sarkozy suscitait, dans Philosophie Magazine, la consternation en déclarant que le suicide des jeunes et l’homosexualité avaient des origines génétiques. Peu importe que ces assertions soient ridicules et fausses sur le plan scientifique, ce qui importe, c’est ce qu’elles révèlent alors du corpus idéologique de la droite sarkozyste en campagne, convaincue par la voix de leur champion que les hommes naissent bons ou mauvais et que, quoi qu’il arrive, quoi qu’on fasse, tout est déjà réglé par la nature.

Rien de tel, en effet, pour cette nouvelle droite, qu’un bon déterminisme génétique pour abandonner les « déviants » à ce qu’elle croit être leur destin de perdant, un destin auquel elle ne peut donc rien…

Rien de tel pour assoir dans le marbre génotypique les pires stéréotypes du racisme scientifique ! Et quelle grande satisfaction pour les obsédés de la sécurité et du contrôle social que d’imaginer pouvoir détecter précocement les comportements déviants et dangereux.

En invoquant la dangerosité inscrite dans les désordres mentaux ou génétiques des individus, la nouvelle droite importe en France la « justice automatique » et les peines planchers, condamne sur la seule foi de la suspicion (rétention de sûreté) et relègue au second plan conscience et intentionnalité. Comment dès lors ne pas être inquiet lorsqu’on entend Christian Estrosi, alors rapporteur UMP de la loi sur la sécurité intérieure, déclarer en 2007 que « les citoyens seraient mieux protégés si leurs données ADN étaient recueillies dès leur naissance ». On croit rêver devant ce désir irrépressible de placer la société sous Ritaline !

Ce réductionnisme de la droite est la version biologisée de l’affrontement entre nature et culture. Il irrigue tout le discours politique de Nicolas Sarkozy. En naturalisant les valeurs dominantes d’une culture et d’un ordre social, la droite cherche à marginaliser, voire à dénoncer comme contre-nature, les pratiques minoritaires. Il n’est dès lors pas non plus surprenant qu’une certaine droite française, à rebours de l’héritage de Lucien Neuwirth ou de Simone Veil, se soit montrée si farouchement favorable aux tests génétiques et si violemment hostile à l’homoparentalité ou à l’élargissement de la procréation médicalement assistée dans le cadre des débats bioéthiques qui viennent d’être votée. Nicolas Sarkozy n’écrivait-il pas déjà en 2006 à l’adresse de Luc ferry chargé au nom de l’UMP de plancher sur le mariage et l’adoption pour les homosexuels qu’il fallait « sauvegarder les équilibres sur lesquels repose en partie notre société, au premier rang desquels se trouvent la cellule hétérosexuelle reconnue et protégée par le mariage et la recherche de l’intérêt de l’enfant » ?

Comment dans la même veine ne pas considérer le caractère éminemment naturaliste et réductionniste du débat sur l’identité nationale ? Une identité qui n’hésite pas à instrumentaliser la mémoire et à détourner l’histoire à son profit. Une identité fier de ses racines et honteuse de ses greffes. Une identité très barressienne, fantasmée comme révélée, intemporelle et univoque, une identité dans laquelle on s’inscrit ou de laquelle on s’exclut.

On ne saurait non plus s’étonner dès lors du déterminisme assumé qui a inspiré le très contesté discours de Dakar du Président Sarkozy : « Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès. Dans cet univers où la nature commande tout, l’homme échappe à l’angoisse de l’histoire qui tenaille l’homme moderne mais l’homme reste immobile au milieu d’un ordre immuable ou tout semble être écrit d’avance. Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin. »

Cette vision du monde et de l’homme encourage les logiques d’exclusion qu’elles soient politiques, sociales, culturelles, répressives ou carcérales.

Le débat sur l’Islam n’est pas en soit illégitime, mais chacun sent confusément dans quelle veine naturaliste et dans quel discours d’exclusion il risque de s’inscrire. La laïcité ne se conjugue pas au pluriel sans escroquerie langagière, le débat souhaité aujourd’hui sur l’Islam est biaisé, la droite républicaine le sent bien qui refuse de s’y engager.

La force idéologique de ce naturalisme d’État est dévastatrice, elle divise quand il faudrait rassembler, elle effraye quand il faudrait rassurer. Parce que les sujets tragiques s’accommodent bien des citations d’Audiard terminons ce billet par ses mots qui tracent un chemin : « A quoi ça sert de faire chambre commune si on fait rêve à part ? »

J'aime !

« Quelque chose d’attristé étend sa longue écharpe sur une nation qui reste sans réponse, tant elle ressent de fatigue. »

5 commentaires 06 avril 2010

Bonjour,

L’historienne Arlette Farge vient de publier une tribune d’opinion dans Le Monde que je trouve admirable à tous points de vue: que nous sommes loin de la terminologie gouvernementale, et de ses injonctions de caporal en chef ! De la finesse, de la nuance, mais aussi beaucoup d’exigence et un message d’alerte d’une très grande force. «  Provoquer de l’émancipation et du refus » : oui, au-delà des seuls historiens, je crois que toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent une forme de responsabilité dans la société devraient y réfléchir… Je vous invite à lire son texte:

« L’essoufflement psychique de la France est un événement historique »

Par Arlette Farge, historienne.
« Il y eut quelque chose de déroutant à lire, sous la plume d’experts et par l’intermédiaire d’un rapport officiel, que la France était sous le coup d’une intense « fatigue psychique ». L’annonce eut beau faire la « une » d’un quotidien et se déplier dans de nombreux médias, elle fut assez peu commentée et ne donna pas lieu à polémique. Comme si, de fait, tout le monde savait et vivait cette fatigue sans même la force de l’interroger.

Pour une historienne, cet essoufflement collectif constaté représente un véritable événement historique, une rupture fondamentale : l’annonce et le constat sont remarquables pour plusieurs raisons. Il est rare, pour parler de la nation et de ses habitants, de s’exprimer en termes psychiques pour les caractériser ; par ailleurs, les historiens interprètent très rarement les siècles, les décennies ou les moments à l’aide de critères psychiatriques. D’autre part, faire de ce constat une nouvelle, une information majeure, présuppose une situation alarmante.

L’effet d’annonce s’avère aussi important que l’annonce elle-même. Cela indique qu’en amont de nombreuses personnes se sont inquiétées du problème et ont enquêté par voie institutionnelle. L’annonce fait événement au sens où elle contient en elle une gravité qui permet de la rendre publique et où son impact est lourd de conséquences. En effet, si les Français se reconnaissent en cette enquête, vont suivre une quantité d’événements et de non-événements, car l’histoire se déroule à si grande vitesse qu’il ne peut en être autrement.

Revenons en arrière : voici longtemps que de l’ensemble de l’échelle sociale, de nombreuses plaintes et dénonciations s’accumulent, destinées à n’être point entendues ; elles sont émises dans le vide. Inutile d’en faire ici le décompte exhaustif : il suffit de lire les journaux, d’aller sur le terrain, d’écouter ses voisins, d’aller à des manifestations, d’en regarder d’autres, de participer à des associations désireuses d’invention, ou encore de lire sur les corps l’infortune, une ombre de désespérance, la courbure des non-espoirs, l’usure des esprits, et le peu de joie à se regarder les uns les autres.

L’histoire de ces dix dernières années est secouée de brisures, d’extension des crises et d’une mondialisation des angoisses, puisque ni les politiques ni la nature ne peuvent apporter de réconfort. Quelque chose d’attristé étend sa longue écharpe sur une nation qui reste sans réponse, tant elle ressent de fatigue.

« Il y a quelque chose de cassé », disait, il y a peu, un ouvrier d’une usine qui venait de fermer ses portes du jour au lendemain et de proposer ex abrupto une incongrue et indigne délocalisation. Engloutis dans des espoirs déçus, les individus ne voient guère de têtes se relever, de figures se détacher pour inventer avec eux, ni de personnalités ayant le sens du rassemblement et une once de révolte. Au lieu d’être une norme, l’égalité est une lutte, et sur ces chemins chaotiques ne s’aperçoit aucune herbe folle. De l’école à l’hôpital, de l’usine à l’agriculture, de la justice à un statut des immigrés, de la prison à l’environnement montent tant de dénonciations et d’appels au secours qu’on peut affirmer sans se tromper que l’ère de la dénonciation est elle-même sursaturée.

A ce moment où le temps de la dénonciation reste fort mais inquiet de lui-même, l’Histoire se voit convoquée par les élites et les gouvernements afin de remobiliser les troupes dans le souvenir de grands événements et de belles figures. Voici l’Histoire appelée à « faire mémoire pour faire exemple », pour donner vigueur à nos esprits fatigués.

Il fallait dans les classes primaires adopter le nom d’un enfant disparu dans les camps de concentration, lancer Guy Môquet en exemple sans même savoir qui il était, mettre Camus au Panthéon pour faire croire que, finalement, L’Homme révolté était celui qui avait décidé de l’y déposer.

Entre ce temps de fatigue annoncé et l’appel au secours d’une Histoire sortie de son contexte et invoquée comme réparatrice, s’opère un hiatus. Plus que cela, nous assistons à une lipothymie de l’histoire, une syncope en somme. Face à un passé sollicité et un présent vivant à la fois dans l’accélération et l’altération de son humanité, l’histoire des hommes et des femmes tombe en syncope. Dernièrement, alors que je m’étonnais défavorablement de la façon dont un grand magasin parisien s’étourdissait de luxe, la vendeuse me répondit laconique : « C’est une autre vie. » Essayant de comprendre où était l’autre vie, elle me répondit que ses patrons lui avaient imposé cette phrase à dire aux clients, mais qu’elle ne savait ni de quelle vie il s’agissait ni vers quoi l’on allait.

Là est la syncope de l’histoire : entre une « autre vie » qui n’a pas de nom ni de but et une quotidienneté âpre où certains mots et expressions sont devenus indicibles, archaïques, méprisés et où certains espoirs d’autrefois sont tournés en dérision. Quand le lieu qu’on nous enjoint d’habiter n’est plus habitable pour la plupart, l’histoire se vit telle une syncope.

Dès lors se pose l’urgence de la transmission citoyenne de l’histoire. Le retour sur le passé s’enrichit de la nécessaire empathie pour le présent, d’autant plus qu’on le dit fatigué car l’histoire n’aide la vie que si ceux qui la transmettent empoignent la détresse du présent. La responsabilité historienne est d’instruire le passé dans ses improvisations et ses fulgurances, ses fureurs secrètes et ses résignations sans fin.

En visitant les scènes d’autrefois, l’histoire peut se montrer impétueuse, disruptive, ironique aussi. Elle est tenace et têtue, intempestive, encore faut-il le dire, trouver les mots capables d’arpenter ses secousses et ses interstices, ses lieux cachés où une « autre vie », vraie, cette fois, s’est projetée sur son ombre.

De cette chaîne saccadée des événements passés, nous sommes héritiers au sens actif du terme donc maîtres de cet héritage. C’est avec lui que l’historien prend langue pour habiter le présent, l’annoncer à autrui et faire résonner l’ailleurs avec l’ici. C’est la tâche de l’historien et de bien d’autres disciplines de provoquer de l’émancipation et du refus en enseignant le contretemps et l’intervalle, l’imprévisible.

Faire surgir l’Autre en histoire, c’est le regarder aujourd’hui et résister au présent. La syncope de l’histoire ne peut être définitive et, même si l’altérité n’est pas le maître mot, l’histoire citoyenne permet de la retrouver, donc de la prendre entre ses paumes pour la transmettre. Pour cela, l’histoire doit aussi enseigner de s’arracher à l’Histoire. »

Billet edito

Des hauts et… débats!

11 commentaires 26 mars 2010

Semaine chargée mais passionnante entre le discours lénifiant d’un Président de la République sourd aux attentes des Français, le vote de la réforme de santé aux Etats-Unis, l’élection des présidents de Région, la polémique  sur le portrait au vitriol fait par Stéphane Guillon du ministre de l’immigration, ou les propos très contestables tenus par le multirécidiviste Eric Zemmour chez Salut les terriens

J’ai deux Zemmour… J’ai cet air de Josephine Baker, danseuse et militante pour l’égalité des droits, dans la tête en réécoutant les propos polémiques du chroniqueur, un peu déroutée que la Licra ait finalement reculé devant la plainte qu’elle entendait déposer contre Zemmour, bien moins surprise en revanche que le Figaro lui renouvelle sa confiance.  Je n’ai pas le goût du procès pour délit d’opinion et je préfère le débat (je comprends que c’est le choix de la Licra), mais j’ai moins d’appétence encore pour les propos nauséabonds, car ce que justifie le journaliste, c’est au fond les contrôles au faciès et le délit de sale gueule. Mais Zemmour est moins important que ce qu’il révèle d’une certaine banalisation du discours, comment dire, « néo raciste », de la nouvelle droite sarkozyste qui a rompu le consensus républicain qui consistait à ne pas aller chasser sur les terres du front national.

Il y a, en effet, un terreau commun entre le refus de la repentance coloniale, les stigmatisations de Nicolas Sarkozy sur la polygamie ou l’égorgement des moutons dans les baignoires et la reprise du slogan historique du FN « la France tu l’aimes ou tu la quittes ». Il y a la même inspiration dans les dérapages verbaux de Brice Hortefeux et de ses « trop nombreux Auvergnats », de Gérard Longuet et de la présidence de la halde, du maire UMP de Franconville et d’Ali Soumaré, les prises de positions de Pascal Clément sur les minarets ou le naturalisme barressien du débat sur l’identité nationale. Le résultat, il est connu depuis dimanche au travers du score du Front national aux élections régionales : Anne ma sœur Anne si je disais ce que je vois (re)venir…

Billet edito

De la valeur d’un débat sur les valeurs.

147 commentaires 15 novembre 2009

Bonjour à toutes et à tous,

Débutons ce billet, une fois n’est pas coutume, par l’actualité nationale. Je reviendrai plus tard sur mes activités à Lyon, et dans la région au cours de ces derniers jours. Je veux d’abord revenir sur le discours de Nicolas Sarkozy à la Chapelle-en-Vercors dans la Drôme, au lendemain des célébrations du 11 novembre. J’ai été littéralement estomaquée par les mots du Président de la République qui s’est une nouvelle fois livré à un exercice scandaleux de captation de l’histoire à son profit personnel tout en nous servant une vision manipulatrice du débat sur l’identité nationale. J’ai d’ailleurs fait part de ma réaction à la presse, dont vous retrouverez ici l’essentiel de la teneur.

Plutôt que de livrer le fond de sa pensée, Nicolas Sarkozy en a touché le fond : pour résumer, la France, c’est lui. Aux écrivains, le droit de se taire ; à l’opposition, le droit de se coucher ; à Nicolas Sarkozy, le pouvoir absolu de dire ce qu’est la France, et ce qu’elle n’est pas, y compris en réécrivant son histoire. A tous les autres, le devoir de l’écouter, d’acquiescer, de l’applaudir, et de se rendre en Préfecture pour se faire délivrer un certificat de conformité de bon citoyen. Les chômeurs, les malades, les bénéficiaires de l’instruction publique ou les intellectuels suspects de détestation de leur propre pays ont du souci à se faire. Je fais le triste constat que Marie N’Diaye, loin d’être excessive dans ses propos, était encore en-dessous de la réalité en dénonçant la détestable atmosphère de vulgarité qui règne en France, ainsi que le caractère monstrueux de la France de Nicolas Sarkozy.

L’entreprise d’intimidation idéologique menée par le gouvernement a franchi selon moi une nouvelle étape en déniant à ceux qui n’aiment pas Nicolas Sarkozy le droit d’aimer la France. Nicolas Sarkozy s’arroge un droit qu’il n’a pas : il a été élu pour garantir l’unité de la nation et faire vivre ses valeurs, pas pour trier le bon grain de l’ivraie, et moins encore pour redéfinir à lui tout seul l’identité de la France. Je terminai d’ailleurs mon communiqué en rappelant que la France, ce n’est pas lui, c’est nous.

Je dois avouer qu’après de nombreuses interventions dans les médias sur ce thème, notamment contre Yves Jego sur France Info ou Eric Raoult sur France Inter, j’avais fini par me dire qu’il était sans doute temps d’arrêter d’alimenter le débat sur le débat. Je crois en effet qu’un vrai débat sur les valeurs de la République, y compris sur les symboles nationaux, est très important, tout en n’accordant aucune valeur au débat piégé tel qu’il est organisé par Eric Besson. Le message est donc un peu complexe à faire passer. Mais d’une part, j’attends toujours une invitation de la Préfecture à débattre avec les fameuses « forces vives », et d’autre part l’intervention de Nicolas Sarkozy cette semaine a achevé de me convaincre de la dangerosité de la manipulation: il faut la dénoncer sans relâche.

Comme j’ai pris la peine de lire le discours de Nicolas Sarkozy dans son intégralité et que j’ai la mémoire tenace pour certaines choses, je ne résiste à la tentation d’en citer un extrait consacré à la littérature, croisé avec ce qu’il avait dit sur le même sujet à Lyon lors de la campagne présidentielle. C’est édifiant lorsqu’on veut mesurer la profondeur du cynisme exprimé par son double langage, en fonction des circonstances. Pour moi, c’est tout sauf anecdotique, c’est une profonde dévalorisation de la parole politique, un abaissement de la fonction présidentielle, une institutionnalisation de l’hypocrisie, une dégradation des valeurs que l’on est censé défendre.

« La France est une nation littéraire. Elle se parle à elle-même à travers la littérature. N’est-ce pas au fond en entendant un vers de Racine ou de Baudelaire ou en lisant une page des Misérables que nous nous sentons le plus Français ? Dans quel autre pays au monde un tel miracle serait-il possible ? Nous conforterons l’identité française en apprenant à nos enfants à aimer la littérature, à aimer la poésie, à aimer et à respecter la langue française, en ce qu’elle est capable d’exprimer de beauté, d’intelligence, de profondeur de sentiment. »

Jusqu’ici, rien à dire, mais voici ce qu’il disait de l’intérêt d’avoir lu l’un des plus grands chef d’oeuvre de la littérature classique dans un parcours de citoyen français:

« L’autre jour, je m’amusais, on s’amuse comme on peut, à regarder le programme du concours d’attaché d’administration. Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d’interroger les concurrents sur La Princesse de Clèves. Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu’elle pensait de La Princesse de Clèves… Imaginez un peu le spectacle ! »

C’est un exemple parmi tant d’autres, sans doute plus graves de conséquences, qui m’amène à douter comme tant de Français qu’il ressente la moindre conviction sincère sur aucun sujet.

La controverse de Dijon: beaucoup de bruit pour rien.

En dépit de tous les commentaires, analyses et petites phrases qui font l’actualité politique de ce dimanche sur la présence de Ségolène Royal à la rencontre organisée à Dijon par « L’Espoir à Gauche », j’ai dû mal à comprendre pourquoi un tel déferlement de réactions effarouchées. Ce serait sans importance, d’ailleurs, si le spectacle offert pour tant de cris d’orfraies et d’hypocrites indignations ne venait alimenter une nouvelle fois l’idée que les socialistes ne se préoccupent d’eux-même, dans une interminable bataille de chefs.

Ségolène n’était pas à Marseille ? Elle ne pense qu’à elle, et méprise les travaux de fond menés au sein du Parti. Ségolène va à Dijon ? C’est pire, elle y va pour faire sa promotion personnelle. C’est à plonger le plus fin des stratèges politiques dans un abîme de perplexité, non ? Pour ma part, j’étais à Dijon comme j’étais à Marseille lors de la première rencontre du genre. Pourquoi ? Revenons à des choses simples. « L’Espoir à Gauche », c’est le courant du Parti Socialiste qui réunit toutes celles et tous ceux qui avaient soutenu la motion E lors du Congrès de Reims, c’est à dire la motion portée par Ségolène Royal, mais aussi de Vincent Peillon et de tant d’autres. Un courant a pour vocation d’être un espace informel de réflexion, de proposition et de travail au sein même du parti pour contribuer à la construction, le moment venu, d’un projet commun à tous les socialistes. Chaque courant se réunit régulièrement, avance des idées et les propose à la direction du parti qui les reprend à son compte, ou non. C’est ce que nous avons fait à Dijon autour de l’éducation. Les organisateurs d’une telle rencontre peuvent décider d’inviter des personnalités extérieures : des experts, bien sûr, mais aussi des responsables politiques d’autres partis, comme c’était le cas avec les Verts, le Modem ou Robert Hue. Les membres du courant, eux, n’ont pas l’habitude de s’inviter eux-mêmes, c’est une sorte… d’évidence. Fin de l’histoire, si j’ose dire.

« L’Espoir à Gauche » doit selon moi rester un courant, c’est à dire un laboratoire d’idées, sans devenir un instrument de pouvoir au service d’ambitions personnelles. Ce ne serait pas loyal à l’égard des militants qui y sont engagés sincèrement dans un esprit de travail collectif qui dépasse les problèmes de personnes. C’est pour cela que Ségolène Royal, par exemple, a choisi la clarté en réunissant ses soutiens au sein de l’association Désirs d’Avenir, respectant ainsi une forme d’honnêteté envers celles et ceux qui ont rejoint « L’Espoir à gauche » pour autre chose. C’est donc particulièrement injuste de lui attribuer le rôle de celle qui sème la discorde ou la zizanie. Concluons donc provisoirement avec cette maxime de La Rochefoucauld, décidément inépuisable lorsqu’il s’agit de déjouer les pièges trompeurs de l’apparence: « L’intérêt parle toutes sortes de langues, et joue toutes sortes de personnages, même celui de désintéressé. »

Demain est un autre jour.

Pour ce qui concerne mon actualité, je vous renvoie pour l’essentiel à mon agenda des derniers jours, notamment marqués les célébrations du 11 novembre à Montchat ou par le dévoilement à la presse de l’édition 2009 de la Fête des Lumières. Le programme des festivités est désormais accessibles à tous sur le site internet: www.lumieres.lyon.fr

Pour faire suite à mon billet précédent, j’en profite pour rappeler que j’anime presque tous les soirs, aux côtés d’Hervé Saulignac et Jean-Jack Queyranne, des réunions publiques de débat et d’information un peu partout dans la région Rhône-Alpes. Ce sont des moment formidables d’échange et de dialogue qui se révèlent d’une grande intensité, avec beaucoup d’idées nouvelles chaque soir. Je vous avoue d’ailleurs que je ne m’attendais pas forcément à voir un tel succès d’affluence dès le lancement de cette précampagne, et que ça fait du bien de vivre la politique de cette façon-là, au plus proche des citoyens et de leurs réalités, au plus près de ce que les élus socialistes de la région sont vraiment, c’est à dire des responsables publics respectés pour leur compétences et leur travail. Parmi les prochains rendez-vous: économie et emploi, ce lundi à Saint-Etienne, puis culture, sport et vie associative, ce vendredi à Lyon. Tous les détails sur le site: www.uneregion-davance.fr

Mais je voudrais aussi, pour terminer ce billet dominical, informer mes jeunes lecteurs de Lyon, ainsi que leurs familles et amis, de l’événement que nous organisons pour eux samedi prochain à l’Hôtel de Ville de Lyon, le 21 novembre de 14h00 à 18h00. Pour la première fois, le Maire de Lyon et moi-même, en tant qu’Adjointe à la Jeunesse, nous invitons tous les jeunes Lyonnais qui ont eu 18 ans dans l’année à venir nous rencontrer, en toute liberté et en toute décontraction, pour dialoguer ensemble sur leur citoyenneté, leur vision de la ville, leurs aspirations et, tout simplement, célébrer ensemble leur majorité. Jeunes citoyens, c’est le moment de vous faire entendre ! Nous vous attendons avec beaucoup de belles surprises et de nombreuses activités pour vivre ensemble un moment inoubliable.

Découvrez tout le programme sur le site de la Ville de Lyon: www.lyon.fr

A samedi !

Presse

Communiqué: « La France, c’est moi ! »

Pas de commentaire 13 novembre 2009

Communiqué de Najat Vallaud-Belkacem

Adjointe au Maire de Lyon

Conseillère Générale du Rhône

Secrétaire Nationale du Partis Socialiste aux questions de société

Le 13 novembre 2009.

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« La France, c’est moi ! »

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« Plutôt que de livrer le fond de sa pensée, Nicolas Sarkozy en a touché le fond, hier, à la Chapelle-en-Vercors : la France, c’est lui.

Aux écrivains, le droit de se taire ; à l’opposition, le droit de se coucher ; à Nicolas Sarkozy, le pouvoir absolu de dire ce qu’est la France, et ce qu’elle n’est pas, y compris en réécrivant son histoire.

A tous les autres, le devoir de l’écouter, de l’acquiescer, de l’applaudir, et de se rendre en Préfecture pour se faire délivrer un certificat de conformité de bon citoyen.

Les chômeurs, les malades, les bénéficiaires de l’instruction publique ou les intellectuels suspects de détestation de leur propre pays ont du souci à se faire.

Je fais le triste constat que Marie N’Diaye, loin d’être excessive dans ses propos, était encore en-dessous de la réalité en dénonçant la détestable atmosphère de vulgarité qui règne en France, ainsi que le caractère monstrueux de la France de Nicolas Sarkozy.

L’entreprise d’intimidation idéologique menée par le gouvernement franchit une nouvelle étape en déniant à ceux qui n’aiment pas Nicolas Sarkozy le droit d’aimer la France.

Nicolas Sarkozy s’arroge un droit qu’il n’a pas : il a été élu pour garantir l’unité de la nation et faire vivre ses valeurs, pas pour trier le bon grain de l’ivraie, et moins encore pour redéfinir à lui tout seul l’identité de la France.

La France, ce n’est pas lui, c’est nous. »

Presse

« Refuser le blitzkrieg idéologique sur l’identité nationale »

Pas de commentaire 28 octobre 2009

Communiqué de Najat Vallaud-Belkacem,

Adjointe au Maire de Lyon, conseillère générale du Rhône et secrétaire nationale du parti socialiste.

« Refuser le blitzkrieg idéologique sur l’identité nationale »

Les déclarations du Président de la République hier devant les agriculteurs à Poligny éclairent le véritable enjeu du débat programmé par Eric Besson sur l’identité nationale.

Les diverses réactions des élus UMP annonçaient déjà l’ampleur du désastre à venir dans un mélange explosif de sujets sans rapports, mais qui finissent par faire sens : l’identité nationale, la politique de l’immigration, la montée de l’insécurité, les jeunes issus de l’immigration, le rapport à l’histoire nationale, l’interdiction de la burqa, la « douce France » de Charles Trenet ou encore « l’islamisation rampante de la société française ».

Il ne manquait plus que le lien identitaire à la terre et à sa culture sur plusieurs générations pour parfaire le tableau d’une France dans laquelle de très nombreux citoyens auront bien du mal à se reconnaître.

En tant que socialiste, citoyenne française et élue de la République, je ne suis gênée par aucun débat, mais je suis très choquée par l’extrême brutalité de la méthode employée pour l’imposer, et je suis révoltée par les termes employés ces dernières heures pour en définir les objectifs.

« Si certains n’aiment pas la France, qu’ils ne se gênent pas pour la quitter » disait le candidat Sarkozy.

Personne n’avait imaginé que le programme présidentiel serait de la rendre détestable afin que les « gêneurs » ne se sentent plus chez eux : c’est pourtant ce qui est en train de se passer.

Billet edito

Des idées d’avance

369 commentaires 26 octobre 2009

Bonjour à toutes et à tous,

Encore une semaine riche en actualités qui m’a tenue éloignée du blog : essayons de résumer tout cela.

Des idées d’avance : les vôtres.

Une Région  d'avance Lundi, c’est avec le lancement de la pré-campagne de Jean Jack Queyranne en Rhône Alpes que la semaine a commencé. Près de 400 personnes ont participé à l’ouverture du site de campagne www.uneregion-davance.com à la Librairie « Raconte moi la Terre ».

Je compte sur vous tous pour alimenter le dialogue engagé avec les rhônalpins sur le net ; je vous invite aussi à vous rendre aux rencontres publiques prévues dans tous les départements du 5 au 23 novembre. Tous nos échanges, toutes les propositions seront publiés en Janvier sous forme de « mémos », comme des cahiers de doléances du 21e siècle qui alimenteront notre programme pour construire ensemble “une région d’avance”.

Quelques mots d’explication peut-être sur mon implication personnelle et ma motivation à m’engager dans cette aventure car la question m’a souvent été posée ces derniers jours.

D’abord le lien profond qui m’attache à Jean-Jack Queyranne et à son équipe d’élus régionaux dont j’ai fait partie depuis le début, jusqu’au printemps de l’année dernière au moment des élections municipales et cantonales à Lyon. Ce sont les élections régionales de 2004 qui ont marqué mon entrée dans la vie politique : c’était ma première campagne en tant que candidate, c’est une chose qu’on n’oublie pas.

D’une certaine manière, je me reconnais donc une dette à l’égard de Jean-Jack Queyranne et de tous les élus de sa majorité ; je me reconnais aussi un devoir de fidélité à l’égard des électeurs au nom desquels j’ai exercé un mandat.

M’engager dans cette campagne, c’est à la fois un juste retour des choses, une fidélité aux engagements pris, et une reconnaissance envers celles et ceux qui m’ont fait confiance. C’est ainsi que le rôle de co-direction de la campagne s’est dessiné : un rôle de coordination, d’animation et de stratégie, plutôt dans l’ombre, qui évite toute ambigüité dans mon rapport au scrutin lui-même. En clair je ne suis pas candidate, et ne le serai pas, bien entendu.

C’est dans la conception même que je me fais de la politique que de m’engager à chaque fois que je peux être utile ; à chaque que je peux aider la gauche dans ses combats. On reproche assez souvent aux élus de ne faire campagne ou de ne défendre leurs idées qu’au moment de se faire élire : je crois qu’il est important pour les socialistes, tous les socialistes, de montrer le contraire, et d’aller sur le terrain des campagnes électorales à chaque fois que c’est possible.

Il se trouve que la Région Rhône-Alpes est exemplaire dans sa gestion d’un territoire, il se trouve que c’est ici que je vis, que je travaille et que je milite : les élections régionales sont une étape décisive pour le Parti Socialiste et toute la gauche dans la longue route qui nous mène jusqu’en 2012, et la préparation de l’alternance.

Il va de soi que cette campagne des régionales s’inscrit aussi dans cette perspective politique plus large d’une gauche qui gagne, d’une gauche qui convainc sur son bilan, ses idées et ses projets, une gauche à l’aise dans ses responsabilités, une gauche forte et rassemblée autour de ses valeurs.

C’est mon rôle, ma responsabilité et mon désir le plus profond que d’y contribuer de toutes mes forces. Ce n’est pas le moment d’hésiter : allons-y, de toutes nos forces !

Eduquer à Internet : Lyon, un temps d’avance.

Fréquence Ecole Mardi, je recevais à l’Hôtel de Ville la présidente de la Fondation Pour l’Enfance, Anne-Aymone Giscard d’Estaing, venue remettre son prix annuel à l’association lyonnaise Fréquence Ecoles, association du 3e arrondissement (bravo !!). Cette association lyonnaise d’éducation aux médias a été primée pour mener une enquête sociologique sur l’usage d’internet par les jeunes. « Comprendre le comportement des enfants et des adolescents sur Internet pour les protéger des dangers », c’est le nom de l’étude.

Ce fut pour moi l’occasion d’exprimer ma profonde satisfaction de voir les talents associatifs lyonnais ainsi reconnus, dans un domaine aussi important pour notre société que celui de la révolution numérique et de ses conséquences dans les vies notamment des générations à venir.

« Quand le vide idéologique rencontre la peur de l’avenir : hadopi »

La bataille d'Hadopi Internet : la transition est toute trouvée pour évoquer ma participation à un ouvrage collectif intitulé « La Bataille HADOPI », qui sortira à la fin du mois en librairie, mais aussi en téléchargement gratuit sur Internet. J’en recommande la lecture à tous ceux qui doutent encore de l’inefficacité totale de la loi Hadopi, tant en termes de mise en œuvre que de réponses aux questions de rémunérations des artistes.

J’en profite pour adresser un grand bravo à l’équipe d’Artischaud, qui organisait cette semaine, avec le soutien de ma délégation, le premier festival des arts numériques (libres), avec ce très beau titre : “…de la culture par tous ! ». Merci à eux d’avoir ainsi illustré la véritable révolution qu’ouvre Internet dans nos vies et nos pratiques culturelles. Nous nous sommes d’ailleurs tous retrouvés samedi après-midi à la MJC Monplaisir pour une table-ronde de réflexion sur les enjeux de l’après Hadopi 2. Je vous renvoie vers leur site internet pour en savoir plus : www.artischaud.org

« La xénophobie n’a pas sa place dans la République »

Ce même mardi, une triste histoire nous rappelait la réalité du racisme ordinaire : le tribunal correctionnel de Vienne (Isère) condamnait à 18 mois d’emprisonnement avec sursis le maire de Pont-de-Chéruy dans l’Isère, Alain Tuduri, pour discrimination par pression sur les vendeurs et préemptions abusives à caractère raciste. L’élu était poursuivi pour avoir usé abusivement de son droit de préemption et empêché des acquéreurs potentiels de biens immobiliers portant un nom à consonance maghrébine de s’installer sur la commune… une enquête de gendarmerie avait ainsi établi qu’entre 1998 et 2003, sur la commune de Pont-de-Chéruy, « les acquéreurs d’origine européenne étaient victimes d’une préemption du maire dans seulement 1,5% des cas, tandis que 53% des acquéreurs d’origine maghrébine ou turque subissaient une préemption ».

Il faut se féliciter de la sévérité de cette condamnation car les faits relèvent d’un véritable système organisé d’exclusion et de discrimination raciste mis en œuvre par les moyens de la République.

Dans notre pays, nul ne peut pas se servir de ses pouvoirs d’élu pour mettre en œuvre une politique xénophobe à quelque échelle que ce soit. Non seulement personne n’est au-dessus des lois, mais personne ne peut s’appuyer sur elles pour trahir le serment républicain de liberté, d’égalité et de fraternité.

Identité, ou indignité nationale ?

C’est à propos de cette même trahison de l’idée que je me fais de mon pays que je veux revenir sur l’expulsion de trois Afghans vers Kaboul cette semaine: selon moi, une décision criminelle contraire aux valeurs de la France.

Eric Besson aura donc menti à tout le monde pour mener à bien sa basse besogne, honteusement, à l’abri des regards et de tout contrôle démocratique.

Agir par dissimulation, ruse et tromperie n’est pas digne d’un Ministre de la République Française, et témoigne du mépris dans lequel le Gouvernement tient les associations, les médias et les élus, y compris ceux de sa majorité parlementaire. On ne peut pas faire taire les contre-pouvoirs ? Bernons-les !

Le deuxième scandale, plus grave encore, est d’instrumentaliser ainsi la vie d’êtres humains à des fins politiciennes. Comment Eric Besson ose-t-il évoquer « le détournement du droit d’asile à des fins économiques » à propos de citoyens Afghans dont le pays est en guerre, et dans lequel se battent chaque jour des soldats français afin d’en protéger les civils menacés ?

Rappelons que les Afghans représentent la première communauté de réfugiés dans le monde avec plus de 2,7 millions de personnes. Avec le renvoi forcé de ces trois hommes, le comble de l’absurde et de l’indignité est atteint par un Ministre en perdition.

La protection des réfugiés et le respect du droit d’asile ne sont pas négociables : ces principes du droit international promus et défendus par notre pays depuis tant d’années n’ont rien à voir avec une politique migratoire. En réalité, Eric Besson dégrade ce qu’il est censé protéger : l’identité et les valeurs de la France.

Les dégâts causés sont d’ores et déjà irréparables : il est temps d’en prendre conscience. C’est peut-être le constat fait par Eric Besson qui a annoncé ce week-end un grand débat national sur les valeurs de l’identité nationale. Le siphonage idéologique du Front National aurait-il épuisé toutes ses ressources pour alimenter son Ministère ? Allez, je ne suis jamais contre un débat, mais celui-ci me paraît fort mal engagé.

Qu'est-ce-qu'être français ? Pour terminer, hasard du calendrier, c’est cette semaine aussi que sort un deuxième ouvrage collectif auquel j’ai participé, intitulé « Qu’est-ce qu’être français » aux éditions Hermann. J’y partage quelques réflexions avec entre autres, Max Gallo, Alfred Grosser, Mamadou M’Baye, Jannette Bougrab… des contributions au débat bien plus dignes que la pantomime du ministre.

Billet edito

J’écris ton nom… Lucie Aubrac

49 commentaires 15 mars 2007

Lucie AubracJ’ai appris ce matin, comme vous sans doute, le décès de Lucie Aubrac. Je suis bouleversée par cette nouvelle. En ce moment douloureux, je pense à sa famille et en particulier à son mari Raymond. Je veux lui dire ma tristesse et mon admiration.

Lucie Aubrac, notre grande, notre immense résistante par-delà la guerre, était pour moi l’incarnation de la droiture, du courage, de la révolte mais aussi de la passion de l’espérance. Pour moi, elle était l’identité de la France au meilleur sens du terme. Une exigence morale de justice et de liberté.

A travers elle, à travers ses messages de tolérance, sa foi dans l’Europe, ses alertes perpétuelles sur les menaces du retour de « la bête immonde », chacun de nous pouvait trouver sens à l’engagement et au combat pour un monde meilleur. Nous resterons fidèles à sa mémoire et à son héritage.

Aujourd’hui, à l’heure d’échéances importantes et plus que jamais, j’écris ton nom… Lucie Aubrac.


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