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Billet edito

Les marchés, il vaut mieux les avoir en photo qu’en pension…

16 commentaires 29 novembre 2010

PORTUGAL-ECONOMY-LABOUR-DEMO

A l’heure où les peuples d’Europe arpentent, dans toutes les capitales, le macadam de la protestation contre l’austérité, me revient en mémoire cette antienne culpabilisante : « la France est irréformable ! ». A considérer le flot des manifestants ces derniers jours, l’Espagne, la Grèce, l’Irlande, le Portugal, la Grande Bretagne, l’Italie, la Roumanie ne le seraient pas plus ! « Les citoyens perdent patience » titrait ces jours-ci Publico, journal espagnol de gauche, qui se fait l’écho d’une « sensation de vulnérabilité, d’angoisse et d’injustice » des citoyens qui nourrissent le sentiment croissant que nos démocraties sont « dépassées par le pouvoir prédateur des capitaux, qui se déplacent d’un pays à l’autre à la recherche de bénéfices immédiats ».

Sortir de la crise par le bas, tel semble être le chemin commun emprunté par les gouvernements qui ont fait le choix de donner des gages aux marchés financiers plutôt qu’à leurs populations. Comme si la crise était le symptôme d’une gueule de bois et qu’il fallait maintenant cacher les bouteilles, comme si nous avions consommé par camions entiers des fruits défendus et comme si, dès lors, cette crise n’était que la juste purge de nos excès, un salvateur ajustement structurel. Il nous faudrait désormais revenir de ces paradis artificiels dans lesquels nous nous sommes trop longtemps abandonnés : terminée la croissance sans limite et la croissance tout court, fini l’État providence, fini le mirage de la régulation, fini les plans de relance et le keynésianisme de circonstance… le temps est venu pour les marchés de siffler la fin de la récréation. Force serait d’accepter comme inéluctable la fin du Progrès.

Cette situation à un nom : la dictature des marchés. Elle n’est pas acceptable, tant elle a fait la preuve de son inefficacité économique et de son potentiel destructif au plan politique et social. Le temps est venu de réaffirmer la force de la décision politique et d’engager le débat démocratique sur les choix économiques et sociaux à opérer pour sortir de la crise. La réforme est possible, les Européens y seraient prêts, dès lors qu’elle serait juste et démocratiquement consentie. C’est ce que propose le Manifeste des économistes atterrés (http://atterres.org/) emmenés par Philippe Askenazy, Thomas Coutrot, André Orléan et Henri Sterdyniak, dont la lecture devrait faire l’objet d’une véritable prescription.

Questions de société

Soirée de solidarité pour le Darfour : la vidéo.

Pas de commentaire 11 juin 2010

Questions de société

La France l’a tué

4 commentaires 11 mai 2010

Je vous invite à lire cet article de Claudy Lebreton, que je tiens à remercier pour son témoignage révolté. Une triste histoire parmi tant d’autres demeurées dans le silence d’une politique anti humaniste qui me fait honte.

« J’ai appris la mort de Mohamed ALHASSAN, dit Tekembat, un ami nigérien ; il avait 29 ans.
Il est décédé, hier soir à l’hôpital de NIAMEY. Sa présence à NIAMEY était induite par le fait qu’il attendait une réponse pour une demande de visa. Il devait nous rejoindre, ma femme Michèle et moi, pour avoir la possibilité d’être soigné correctement et repartir dans une vie normale avec une installation en France pour bénéficier sur le long terme d’un suivi médical régulier.
Je veux dire ici que la politique d’exclusion et de fermeture des frontières menée par le Gouvernement français actuel est pour partie responsable du décès de Mohamed. Le second refus du Consulat de France, intervenu hier malgré un dossier complet et une intervention forte réalisée par mes soins auprès de l’Ambassade de France au Niger ainsi qu’auprès du Cabinet du Ministre BESSON, a eu raison de son moral et l’a amené à baisser les bras.
Cette venue en France, il me l’a dit souvent, constituait son dernier espoir. Le Gouvernement de mon pays, patrie des droits de l’Homme il y a bien longtemps, a mis fin à cet espoir et donc à sa capacité de se battre.
Son dernier texto date d’hier après-midi, il me disait que la raison invoquée était « que l’on ne donne pas de visa à des jeunes sans emploi ». Il est mort quelques heures après.
L’histoire de Mohamed, que je ne pourrai donc pas accueillir dans ma maison alors que sa chambre était prête, est malheureusement emblématique de notre monde d’aujourd’hui. Des riches qui, pour préserver leurs acquis, érigent des murs de plus en plus hauts entre eux et le reste du monde, des pauvres qui ne comprennent pas pourquoi on les traite ainsi, des jeunes que l’on stigmatise comme des voyous potentiels car ils sont sans emploi. Je rappelle ici que Mohamed a été employé d’Areva via sa filiale Cominack et que celle-ci a mis fin à son CDD en raison de sa maladie ; le conserver dans l’entreprise constituait un coût social trop élevé pour l’entreprise et pouvait constituer un précédent !
La France lui a volé son emploi, la France lui a interdit l’accès à son territoire et à un système de santé, la France l’a tué !
Ce qu’il y a de pire, c’est l’illustration ici même que la solidarité humaine ne peut plus résister aux coups de boutoir des institutions et des lois des états puissants. Depuis plus trois mois que nous agissions pour que Mohamed puisse nous rejoindre, j’ai vraiment cru que les hommes et les femmes qui ont été associés au traitement du dossier de demande de visa de Mohamed seraient solidaires et feraient preuve de compassion. Et bien non ! Ils ont des instructions et s’y soumettent. Balayant d’un cachet « Refusé » apposé sur une feuille rose, toute une chaîne de solidarité humaine qui compte pour rien.
Mohamed, aujourd’hui, je suis très triste et en colère contre mon pays. »

Claudy Lebreton

Président de l’Assemblée des Départements de France

Président du Conseil Général des Côtes d’Armor

Billet edito

« A chaque femme martyrisée dans le monde, je veux que la France offre sa protection en lui donnant la possibilité de devenir Française ».

12 commentaires 02 mars 2010

najlae Vous aurez reconnu ces mots, prononcés le 29 avril 2007, par celui qui était alors candidat à la Présidence de la République.

Il y a quelques jours, Najlae Lhimer, une lycéenne de 19 ans, était arrêtée dans une gendarmerie du Loiret  alors qu’elle portait  plainte contre l’homme qui la maltraitait. Acculée par la violence infernale d’un de ses proches, elle s’était résolue à demander la protection de la loi française. Piégée, elle est alors reçue manu militari et, sans aucun égard pour son visage couvert de coups,  immédiatement reconduite au Maroc.

Aujourd’hui en France, une femme meurt tous les trois jours de violences conjugales. J’attirai votre attention, il y a quelques jours sur le combat du collectif « Ni une ni deux » aux cotés des femmes battues en situation irrégulière. Dans le cas dramatique et scandaleux de la jeune Najlae, c’est une nouvelle fois, sous couvert de la maîtrise de l’immigration que l’Etat français justifie une politique de discrimination et d’exclusion à l’égard des femmes les plus en danger.

C’est la loi du plus fort, que le gouvernement encourage ; l’oppression publique qui se rajoute à l’oppression privée. Les mots me manquent pour exprimer ma révolte. Je dirai simplement que j’ai honte. Honte des hypocrisies et des mots vides de sens égrenés par des ministres qui n’en ont plus que le nom : Brice Hortefeux qui s’engage devant le Sénat à faciliter le renouvellement des titres de séjour pour les femmes victimes de violences ; Eric Besson et ses conclusions sur l’affichage dans les salles de classe de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme … tout ça pour ça ?

Najlae Lhimer doit revenir en France, sa situation doit être régularisée. Rien d’autre n’aurait de sens.

Je vous invite à soutenir Najlae Lhimer  en signant la pétition de RESF via ce lien :

http://www.educationsansfrontieres.org/article26372.html

En réaction aux propos de Jean-François Copé.

Presse

En réaction aux propos de Jean-François Copé.

Pas de commentaire 25 septembre 2009

En réaction à la proposition de Jean-François Copé de fiscaliser les indemnités versées aux victimes d’accicent du travail :

« Le cynisme de la politique fiscale menée par l’UMP ne connaît plus de limite. Dans le jeu de massacre qui consiste à inventer des mesures fiscales les plus injustes possibles, Jean-François Copé vient de battre un nouveau record. Désespérément sourd et aveugle devant les privilèges de ceux qui contournent l’impôt parce qu’ils sont trop riches ou trop puissants, il vient de débusquer une nouvelle catégorie de profiteurs : les victimes d’un accident du travail.

Cette manière de taper systématiquement sur les plus faibles pour épargner les classes sociales les plus privilégiées est scandaleuse.

Ce projet est une insulte faite aux Français qui exercent les métiers les plus dangereux et les plus difficiles, et qui sont rarement les plus rémunérateurs comme chacun le sait. Sachez, Monsieur Copé, que la « France qui se lève tôt » est aussi celle qui est la plus exposée aux risques professionnels en se rendant chaque matin sur les chantiers ou dans les usines. Les nouveaux embauchés, les intérimaires et les titulaires de CDD qui sont les premières victimes d’accidents professionnels apprécieront aussi la cohérence de cette mesure qui vient parfaitement compléter la hausse du forfait hospitalier pour les patients sans couverture complémentaire.

La vérité, pour reprendre les mots de Sieyès dans son Essai sur les Privilèges à la veille de la Révolution, c’est que l’ordre politique dans lequel nous vivons n’est rien d’autre qu’un « détestable aristocratisme.

Un régime qui s’acharne à taxer la misère plutôt qu’à la combattre, et qui ne renoncera devant rien pour maintenir et renforcer les privilèges des siens : ceux qui ont tout et ne renoncent à rien. »

Billet edito

Taxer la souffrance

151 commentaires 25 septembre 2009

Bonjour, je vous mets en ligne mon communiqué de presse du 25 Septembre 2009 en réaction à la proposition de Jean-François Copé de fiscaliser les indemnités versées aux victimes d’accicent du travail :

casque de chantier « Le cynisme de la politique fiscale menée par l’UMP ne connaît plus de limite. Dans le jeu de massacre qui consiste à inventer des mesures fiscales les plus injustes possibles, Jean-François Copé vient de battre un nouveau record. Désespérément sourd et aveugle devant les privilèges de ceux qui contournent l’impôt parce qu’ils sont trop riches ou trop puissants, il vient de débusquer une nouvelle catégorie de profiteurs : les victimes d’un accident du travail.

Cette manière de taper systématiquement sur les plus faibles pour épargner les classes sociales les plus privilégiées est scandaleuse.

Ce projet est une insulte faite aux Français qui exercent les métiers les plus dangereux et les plus difficiles, et qui sont rarement les plus rémunérateurs comme chacun le sait. Sachez, Monsieur Copé, que la « France qui se lève tôt » est aussi celle qui est la plus exposée aux risques professionnels en se rendant chaque matin sur les chantiers ou dans les usines. Les nouveaux embauchés, les intérimaires et les titulaires de CDD qui sont les premières victimes d’accidents professionnels apprécieront aussi la cohérence de cette mesure qui vient parfaitement compléter la hausse du forfait hospitalier pour les patients sans couverture complémentaire.

La vérité, pour reprendre les mots de Sieyès dans son Essai sur les Privilèges à la veille de la Révolution, c’est que l’ordre politique dans lequel nous vivons n’est rien d’autre qu’un « détestable aristocratisme.

Un régime qui s’acharne à taxer la misère plutôt qu’à la combattre, et qui ne renoncera devant rien pour maintenir et renforcer les privilèges des siens : ceux qui ont tout et ne renoncent à rien. »

Billet edito

Loi sur l’immigration : victoire trompeuse

75 commentaires 17 septembre 2009

Bonsoir à toutes et à tous,

ADN Il est des victoires trompeuses, dont il est difficile de se réjouir tout à fait. La décision annoncée par Eric Besson (confortée par Nicolas Sarkozy qui voudrait nous faire croire à une conversion humaniste) de ne pas signer un décret d’application d’une loi adoptée au Parlement en est une, même si le Parti Socialiste s’est opposé de toutes ses forces au projet de loi de Brice Hortefeux, et continuera de le faire, notamment sur la question des tests ADN.

Le renoncement aux tests ADN ne signe pas, en effet, la fin d’une politique migratoire « racialiste » selon les termes de Patrick Weil et productiviste, dont les reconduites annoncées des clandestins de la « Jungle » de Calais apporteront un nouveau témoignage. Après Sangatte, le gouvernement continue de déplacer le problème au lieu de le résoudre.

Dans l’affaire des tests ADN, opportunément venue chasser des médias les propos déplacés du ministre de l’Intérieur, les « délais », la « logistique » et la « technique » ont bon dos : Eric Besson, en vérité, signe un nouvel épisode de la « mal gouvernance » instaurée par Nicolas Sarkozy à tous les étages de sa Présidence.

Bien loin de faire preuve du moindre courage, le nouveau Ministre de l’Immigration ne fait qu’abdiquer, pour des raisons de fond, devant l’absurdité d’une politique essentiellement populiste, marquée par sa désinvolture à l’égard des droits des personnes, sa brutalité envers les principes moraux et sa déconnexion totale avec la réalité.

Nous assistons, en fait, à une nouvelle illustration de la tragique déconfiture d’un pouvoir qui gouverne à coups de slogans idéologiques, de promesses contradictoires, et de mesures inapplicables quitte à jouer les attrapes mouches à voix de l’extrême droite.

Rappelons que l’expérimentation sur les tests ADN, loin de constituer une avancée pour le droit des migrants, n’avait pas d’autre but que de faire diversion, en essayant de faire croire à l’opinion que la fraude au regroupement familial constituait un tel danger pour notre pays qu’il méritait un traitement par identification génétique des individus. Il permettait aussi d’oublier au fond des tiroirs des préfectures les demandes de regroupement familial dont les délais d’instruction sont d’une longueur intolérable pour les familles, atteintes dans leur droit à mener une vie normale. Ce n’était qu’une grossière manipulation dont le mécanisme est aujourd’hui mis à nu dans toute sa bêtise, révélant l’impuissance du gouvernement à traiter efficacement et durablement les problèmes.

Cette conduite démagogique des affaires du pays est autant de temps perdu sur des sujets aussi graves que ceux des flux migratoires et des règles de la bioéthique qui méritent autre chose que des projets lois avortés et des arguments fallacieux visant à tromper les Français.

Les tests ADN et l’identification génétique des individus n’ont rien à faire dans une loi sur l’immigration : c’est non seulement inutile, mais très dangereux pour l’avenir des libertés publiques, le droits des individus, le principe d’égalité entre les citoyens, le respect de la personne humaine.

La nationalité, l’identité ou la définition juridique, sociale et affective de ce qu’est, ou non, une famille sont des questions de société trop graves pour que leur sort dépende d’une quelconque « logistique ».

Accueillir ou reconduire J’en terminerais par vous suggérer la lecture d’une courte, mais percutante, étude sociologique sur les services des étrangers des préfectures :

« Accueillir ou reconduire : Enquête sur les guichets de l’immigration »

Alexis Spire, collection Raisons d’agir.

Presse

Le projet de hausse du forfait hospitalier : la poursuite de la logique inique de la taxe carbone

59 commentaires 07 septembre 2009

Bonsoir à toutes et à tous, je mets en ligne ma réaction du jour au projet de hausse du forfait hospitalier. Bonne lecture et à très bientôt.

COMMUNIQUE DE PRESSE

Communiqué de presse « De couac en couac, mais dans une logique de plus en plus affirmée, le gouvernement poursuit son acharnement contre le pouvoir d’achat des classes moyennes.

Hier, l’ajournement de toute réforme sur les niches fiscales injustes et la création d’un nouvel impôt sur les déplacements et le chauffage de tout un chacun.

Aujourd’hui, une hausse historique du coût de la santé au quotidien pour les Français…

Sans jamais revenir sur le train des mesures fiscales iniques prises en faveur des plus hauts revenus (bouclier fiscal, allègement de l’ISF et des droits de succession, etc.), Nicolas Sarkozy et François Fillon multiplient les prétextes démagogiques et organisent la confusion pour mieux accélérer leur logique destructrice d’inégalité fiscale.

Au-delà des couacs affligeants entre des ministres instrumentalisés, il faut dénoncer cette stratégie hypocrite de faux semblants car elle mine en profondeur les valeurs républicaines d’équité devant l’impôt et menace gravement la cohésion sociale du pays ».

Billet edito

L’argent des banques, l’argent de l’Etat : vertus publiques et vices privés.

58 commentaires 13 août 2009

Depuis mon dernier billet, l’actualité m’a incitée bien des fois à revenir vers mon clavier pour une nouvelle chronique, mais je voulais aussi m’astreindre à une petite cure de désintoxication au web. C’est dur, mais c’est possible. Amis accros à Facebook, blogs et autres Twitter, je vous assure que ça ne fait pas de mal de se délivrer un peu de la tyrannie de l’actualité permanente, et de la remplacer par quelques heures de lecture ininterrompues (ou presque). Cela ne change rien à la dure réalité, mais ça peut aider à y voir plus clair.

Comment, par exemple, ne pas être sidérée par ce qui est en train de se passer entre les banques françaises et le gouvernement, après tous les discours de Nicolas Sarkozy sur la moralisation du capitalisme, les promesses sur les nouvelles règles du jeu de la profession, les garanties et les contreparties soi-disant obtenues en échange du plan de sauvetage du secteur bancaire par l’Etat ?

Dans un premier temps, j’aurais volontiers exprimé mon indignation envers les dirigeants de la banque qui, non seulement ont manqué à leur récent engagement sur la transparence des rémunérations, mais ne semblent pas mesurer leur part de responsabilité dans la crise économique et sociale que nous traversons.

En y réfléchissant davantage, c’est plutôt une lourde défaillance du gouvernement que dévoile l’affaire du milliard bonus de la BNP à ses traders, quelques mois après avoir bénéficié d’une aide de l’Etat de plus de 5 milliards.

Au-delà du cas de la BNP Parisbas, rappelons en effet, avec la Cour des Comptes, qu’à la fin de l’année l’Etat aura déboursé quelques 173 milliards d’euros en prêts et apports de fonds propres pour les banques, c’est-à-dire plus de 9% du PIB de notre pays. Ça promet pour la suite des événements.

Il ne s’agit pas de remettre en cause le principe du sauvetage du système bancaire en tant que tel, c’était bien entendu une nécessité pour l’Etat d’intervenir, mais plutôt de se demander ce que le gouvernement a cherché à obtenir en échange. Et ce qu’il a obtenu.

Je crois en effet que si on peut discuter à l’infini pour savoir si une banque privée pourra jamais s’intéresser à autre chose qu’à ses intérêts, personne ne peut nier que l’Etat, lui, se doit d’être un peu plus qu’un guichet de prêt, et que son rôle est précisément de faire triompher l’intérêt général sur les intérêts particuliers.

Mais est-ce bien ainsi que l’Etat français s’est comporté ? Est-ce bien ainsi qu’il conçoit encore son rôle ?

En effet, au vu des déclarations de François Fillon et du Président de la République, il semblerait bien que leur seul objectif n’a jamais été que de se faire rembourser. Encore heureux. Et nous devrions les féliciter, les remercier devant tant de courage et d’ambition ?

Mais l’Etat n’est pas une banque, et les responsables politiques ne sont pas des traders : on ne peut pas se contenter d’une opération plus ou moins neutre sur le plan comptable, alors qu’une crise sans précédent prouve que c’est la logique même du système financier qui est pervers, notamment le mode de rémunération des opérateurs sur les marchés spéculatifs.

Nous ne pouvons aujourd’hui que constater que rien n’a été fait réformer le système et mettre fin à ses pratiques les plus pernicieuses. Pire, nous comprenons à quel point l’Etat ne s’est jamais vraiment senti en devoir de le faire, justifiant aujourd’hui son incapacité à gouverner et à réglementer les puissances de l’argent.

L’incurie de l’Etat est d’autant plus inquiétante pour la suite que le rapport de la Cour des Comptes cité plus haut estime que les banques ne tiendront pas non plus leurs engagements sur le financement de l’économie française d’ici la fin de l’année.

Nous l’apprendrons probablement lors d’une conférence de presse d’une banque aux résultats en hausse, certainement pas au travers d’un communiqué de l’Elysée, ou du gouverneur de la Banque de France.

Nous ne pourrons nous contenter, alors, d’une vague explication sur l’impuissance publique, le cynisme regrettable de quelques-uns, la « tolérance zéro » de Christine Lagarde ou la promesse d’en reparler au prochain sommet international.

Nous en conclurons simplement que le gouvernement n’a pas été la victime consentante d’un marché de dupes, mais le complice actif d’une véritable extorsion de fonds.

Billet edito

L’été sera chaud !

86 commentaires 01 juillet 2009

the moonwalker Jackson Bonsoir à toutes et à tous ! Il y a des semaines comme ça où l’actualité semble prendre une densité extraordinaire, les événements se percutent, se télescopent, se chassent pour laisser la place à une nouvelle information plus fracassante que la précédente.

De ce point de vue, ces dix derniers jours nous ont gâtés, du décès du moonwalker Michael Jackson_, en passant par le discours de Nicolas Sarkozy devant le Congrès, jusqu’à la condamnation de Madoff à 150 ans de prison. Et c’est sans évoquer la propagation de la pandémie H1N1, la révolution silencieuse et admirable des Iraniens, le remaniement ministériel avec la nomination de Frédéric Mitterrand (prononcer Mitran ?), la baisse de la TVA dans la restauration (3 milliards € pour un engagement de 40.000 emplois créés en 2 ans…) ou l’emprunt__ annoncé à Versailles par le Président de la République.

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Billet edito

Pas de quoi avoir la banane !

51 commentaires 29 mars 2009

Bonjour à toutes et à tous,

"J'ai la banane", Sarkozy Quinzaine très politique que celle que nous venons de traverser : Propos accablants et irresponsables du pape sur le préservatif, poursuite de la mobilisation étudiante contre la réforme Pécresse, allégations abjectes et consternantes d’un Le Pen qui se complet dans la récidive négationniste, explications poussives et peu convaincantes de François Pérol devant la commission des finances sur les conditions de sa nomination à la tête des Caisses d’épargne, voyage néo-colonialiste de Nicolas Sarkozy en Afrique sur fond de recul généralisé de la présence française et de repli sans précédent de l’aide au développement tant de l’Europe que de l’Agence française du développement (AFD) ; les déclarations d’intention du Président n’y feront rien, personne n’est dupe et il en faudra plus pour faire oublier le discours de Dakar…

Il y a eu aussi les discussions sans fin concernant la mise en place de statistiques ethniques relancées par le Commissaire à la Diversité Yazid Sabeg. On croyait pourtant qu’après la censure du Conseil constitutionnel, l’avis défavorable de la Commission Simone Veil mise en place pour surmonter la décision des juges, le débat était clos. C’était sans compter sur la ténacité du président de la République, habité de longue date par une obsession ethnique qui ne se dément pas.

Celui qui n’a pas empoché de stock options avant 50 ans…

La semaine aura également été marquée par le mauvais remake des bourgeois de Calais, quelques hauts dirigeants déposant aux pieds de l’opinion publique leurs stock-options.

Il aura en effet fallu un assourdissant concert de critiques, des postures obasmesques d’une droite qui se découvre proche des Français (alors qu’elle n’a eu de cesse de protéger les hauts revenus), pour que les banquiers et autres grands patrons renoncent à leur dividendes, rémunérations exceptionnelles et autres bonus.

Chaque jour désormais une nouvelle entreprise annonce, drapée d’une vertu toute neuve (état neuf jamais servie comme on dit !), qu’elle s’appliquera ce principe éthique nouveau… il faudrait presque les en remercier ! Quant au gouvernement, surfant sur le mécontentement de l’opinion, il vient d’annoncer qu’un décret viendrait prochainement interdire la distribution de stock options ou de bonus aux entreprises aidées par l’Etat. Enfin, prochainement…en septembre au plus tôt, histoire de laisser le temps aux plus intrépides de se retourner quand même…!

Abroger le paquet fiscal

La proposition de loi des parlementaires socialistes et communistes, pas plus que les initiatives courageuses et responsables de quelques back benchers de l’UMP, ne devraient suffire à convaincre le président de la République de supprimer l’injuste bouclier fiscal, ce cadeau aux plus riches qui les exonère de participer à proportion de leurs revenus à la solidarité nationale.

On ne le répétera jamais assez, ce n’est pas un bouclier fiscal à 50%, mais un bouclier fiscal à 39%, car au déjà discutable bouclier à 60% mis en place par Dominique de Villepin, le dispositif d’exonération version Nicolas Sarkozy inclut la CSG (contribution sociale généralisée) et le CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale) au même titre que l’ISF ou l’impôt sur le revenu. Comment justifier l’exonération de ces deux contributions fiscales affectées à la protection de notre système social, comment expliquer que les personnes les plus aisées, qui bénéficient de notre système social, ne participent pas au remboursement d’une dette sociale que toute la collectivité nationale rembourse ?

En ces temps de crise économique et sociale sans précédent depuis la seconde guerre mondiale, l’abrogation de ce dispositif devient un impératif moral et républicain autant qu’économique. Cela permettrait de dégager 15 milliards d’euros, tous les ans!!!, qui pourraient être mis au service de la relance et du soutien au pouvoir d’achat des Français. Le parti socialiste lance une pétition nationale. Soyons les plus nombreux possibles à exiger cette mesure de justice.

La société d’indifférence

La société d'indiférence, AG Slama Je voudrais terminer enfin par vous recommander une savoureuse lecture à mettre entre les mains des donneurs de leçons de l’UMP, au premier rang desquels l’ineffable Frédéric Lefebvre.

Alain-Gérard Slama, brillant historien, chroniqueur et éditorialiste de talent sur France culture et au Figaro, peu suspect de connivence avec le parti socialiste, vient de publier un essai critique d’une grande justesse aux éditions Plon intitulé La société d’indifférence.

Il se livre à une analyse minutieuse et argumentée des coups portés, sans jamais le nommer, par Nicolas Sarkozy aux principes fondateurs de notre République et à la pratique politique de ces cinquante dernières années : réveil des passions identitaires, entorses à la laïcité, projet de discriminations positives, fichage systématique des citoyens, reprise en main du pouvoir judiciaire ainsi que de l’audiovisuel public… tout y est. Cette lecture, est une belle occasion pour les Républicains modérés de gauche comme de droite d’élever la voix pour défendre des libertés menacées.

Billet edito

Sous la cendre couve encore la braise

156 commentaires 22 février 2009

Bonjour à toutes et à tous,

Un peu absente ces derniers temps, mais pas pour cause de ski ; ) je vous retrouve avec plaisir pour revenir sur l’actualité dense de ces derniers jours. Les sujets ont été nombreux, de l’annonce par le Président de la République du retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN qui sonne comme un renoncement à toute ambition de défense commune européenne, en passant par l’annonce burlesque des 1000 projets soutenus dans le cadre du plan de relance, projets qui font figure de recyclage et renvoient les collectivités locales à leur solitude face à un Etat qui n’en finit pas de se désengager.

Guadeloupe : amour sans doute, respect, équité, égalité, solidarité, justice sociale sûrement

Il y a eu aussi et surtout cet incroyable et honteux silence présidentiel et gouvernemental sur la situation en Guadeloupe.

Il aura fallu attendre près de six semaines pour que l’Exécutif se préoccupe enfin sérieusement de la situation sociale devenue explosive ! Un mouvement social violent, désespéré, mais légitime, qui n’est que l’exacerbation d’une crise latente vécue dans l’indifférence quasi générale des pouvoirs publics depuis des années. L’attitude même du gouvernement qui a tant tardé à réagir alors que 10% de la population des Antilles était dans la rue (c’est comme si 6 millions de métropolitains manifestaient ensemble sans que le gouvernement ne s’en émeuve !), préférant la matraque au dialogue, est symptomatique de la façon dont la droite considère les départements ultramarins qui sont les premières victimes de la crise économique, de la baisse du pouvoir d’achat et de la vie chère. Face à la dureté de ces inégalités sociales (la vie est 40 % plus chère que dans l’Hexagone quand les revenus sont plus faibles de 30 %), n’aurait-il pas fallu convoquer, manu militari, les dirigeants de la grande distribution et les pétroliers (comme la Société anonyme de la raffinerie des Antilles) qui vivent grassement depuis des lustres sur le dos des Guadeloupéens, des Martiniquais ou des Réunionnais et engager des négociations sérieuses sur les salaires et l’emploi ? L’attitude de Laurence Parisot est à cet égard socialement irresponsable et politiquement anachronique.

Ségolène Royal, qui assiste aujourd’hui aux obsèques du syndicaliste Jacques Bino, a raison de dire que la paix peut revenir si la justice est là ! nos compatriotes d’Outre mer ne réclament pas autre chose, leurs concitoyens de métropole les soutiennent sans faille dans leur combat ! Que le gouvernement prenne ses responsabilités, la lâcheté ne saurait tenir lieu de programme pour les Antilles.

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Billet edito

Il n’est que les petits hommes pour craindre les petits cris

118 commentaires 01 février 2009

L'espoir à gauche Ce samedi 31 janvier, à l’Assemblée nationale, et devant 350 militants se tenait la première réunion du courant « l’Espoir à gauche ». L’occasion d’évoquer l’organisation de notre force mais aussi de faire le point sur l’état du pays aprés 18 mois de sarkozysme et au lendemain d’une mobilisation sociale qui a peut-être rendu l’audition au président de la république. Au titre des intervenants, Vincent Peillon, François Rebsamen, Gérard Collomb, Manuel Valls, Aurélie Filipetti ou encore Jean louis Bianco. Vous pourrez bientôt retrouver l’intégralité de cette aprés midi sur le site de l’Espoir à gauche.

J’ai pour ma part, decidé d’adresser une lettre ouverte une lettre à M. Jean Charbonniaud, l’ex-Préfet de la Manche, cette victime expiatoire de ce qu’il reste en France de liberté, celle de siffler.

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Billet edito

Le temps des chataignes

122 commentaires 13 décembre 2008

Bonjour à toutes et à tous, merci de votre fidélité et de vos commentaires toujours nombreux et intéressants. Je reprends donc le fil des commentaires de l’actualité.

« Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée »

Le Conseil national, qui a entériné la constitution de la nouvelle Direction du parti socialiste aurait été bien inspiré d’aller voir cette pièce d’Alfred de Musset. Au lieu de cela, la nouvelle Première secrétaire, tout en déclarant que la porte restait ouverte à Ségolène Royal et à ses amis, nous a proposé un contrat de mariage pas très sincère. Aucune de nos idées n’a été reprise dans le texte d’orientation politique, aucune personnalité issue de notre motion n’a pu accéder à des responsabilités, et rien n’a été fait pour que les 50% de militants ayant voté Ségolène Royal soient représentés dans les instances dirigeantes du parti. La porte que nous avions réussi à entrouvrir pour changer la donne au PS est réellement en train de se refermer. Avec, à quelques rares exceptions près, les mêmes à l’intérieur, les mêmes qui restent à l’extérieur, et les militants qui ne savent plus où est leur maison.

En politique comme en amour, il faut savoir faire des choix tranchés. Alors pour le moment, on préfèrera l’union libre à un mauvais mariage, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’amour, ni de projet de vie commune… On verra plus tard.

Une histoire à Kouchner dehors !

Avant, après J’ai été stupéfaite des déclarations de Bernard Kouchner, estimant, mercredi dernier, que la création d’un secrétariat d’Etat aux droits de l’homme avait été une erreur, en raison de la « contradiction permanente entre les droits de l’homme et la politique étrangère d’un Etat ». Des propos qui interviennent le jour même du 60e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme !

De deux choses l’une, ou le Ministre des affaires étrangères pense vraiment ce qu’il dit et c’est grave, ou il règle ses comptes (ou ceux de l’Elysée) avec Rama Yade qui a refusé d‘être tête de liste aux européennes en Ile de France, et c’est scandaleux. Dans les deux cas, ces déclarations sont inadmissibles.

Bernard Kouchner, pour lequel j’ai toujours eu beaucoup d’estime, serait-il devenu, comme Nicolas Sarkozy, un pragmatique idéologique ? Le pragmatisme érigé en mode de gouvernement, c’est le renoncement aux principes, le renoncement aux valeurs.

Il parait en tout cas être d’une misogynie patenté lorsqu’il déclare qu’il est « important que Rama Yade s’occupe avec passion des droits des enfants et de ceux des femmes, notamment en matière de violences sexuelles. Il ne faut pas de titre pour être efficace » a dit Kouchner.

Hallucinant ! Il ne manquerait plus qu’on lui demande aussi de s’occuper du droit des noirs et des discriminations raciales ! Là, non plus il ne faut pas de titre, il suffit d’avoir la tête de l’emploi.

Dans cette polémique, je veux à la fois être solidaire de Rama Yade pour le principe , bien que je déplore sa réserve systématique à affronter le suffrage universel, car elle est attaquée dans sa personne profonde pour des motifs qui n’ont rien à voir avec son action. Mais je veux aussi souligner que c’est toute l’hypocrisie et toute la superficialité de la stratégie de communication que Sarkozy a mis en place en composant son gouvernement comme un casting qui s’effrite. Il montre son vrai visage avec un gouvernement de ministres fantoches et des parlementaires caporalisés : je ne parle pas seulement de Fadela Amara, Rachida Dati ou Rama Yade qu’il veut renvoyer à leurs chères études, c’est vrai pour tous les ministres qui le savent bien. Ils ont une autonomie de pensée et d’action proche de zéro, à commencer par les « ministres d’ouverture »…

Marini, ça suffit !

Philippe Marini, sénateur UMP, a proposé cette semaine un amendement visant à supprimer la demi-part dont les parents isolés continuaient de bénéficier dans leur déclaration de revenus après le départ de l’enfant du foyer. Cette proposition constituera un nouveau coup dur pour les classes moyennes totalement oubliées du plan de relance gouvernemental et systématiquement sacrifiées des politiques publiques, fiscales et sociales, pas assez pauvres pour en bénéficier, pas assez riches pour ne pas être dans la difficulté.

Je ne nie pas la nécessité de poser la question de la réforme de notre système fiscal pour le rendre pour redistributif, et donc de poser la question du quotient familial que Lionel Jospin avait plafonné, mais cet amendement est un impôt déguisé qui va encore effriter le pouvoir d’achat des Français. Pour les classes moyennes, il n’y a pas de bouclier fiscal ! Il faut faire payer les pauvres semble la maxime bien comprise du gouvernement.

A quoi va servir le 1,7 milliard d’euro attendu de cette réforme ? Nul ne le sait pour le moment, alors exigeons, si cette réforme doit être adoptée, qu’elle permette des réductions d’impôt pour ceux qui en ont le plus besoin ou que cet argent soit affecté prioritairement à la création de places de crèche. 300.000 places pourraient ainsi être créées et bénéficier aux parents isolés qui comme tant d’autres galèrent chaque matin devant la carence des modes de garde…

« Le service public, c’est moi »

Je doute qu’un jour l’on parle de Nicolas Sarkozy comme du « Président soleil », mais à Louis XIV qui décrétait « l’Etat, c’est moi » pour résumer sa conception du pouvoir, Nicolas Sarkozy emprunte la formule : « le service public, c’est moi ». La Révolution française est-elle passée par là ?

Pimprenelle Eh bien non, le service public ne lui appartient pas, et c’est pour cela qu’il est protégé par des institutions et des lois. Sarkozy s’en est rendu compte, et pousse la dérive autoritaire au point de vouloir changer la loi et les règles du jeu. Aujourd’hui la télé, et demain, ce sera quoi ? La justice ? Bon, ça c’est déjà fait… comme tant d’autres services publics qui sont attaqués dans leurs fondamentaux : la Poste, les transports, l’énergie, le logement, la santé publique. Je ne parle pas de l’éducation nationale où l’on supprime des postes d’enseignants (13.500 en 2009) tout en prétendant que c’est au gouvernement de faire les programmes d’histoire. Vous voyez : c’est toute une logique qui est à l’œuvre, une logique folle et hyper idéologique de destruction systématique de tous les services publics, et c’est ça qui est dangereux.

Il faut donc rappeler que l’audiovisuel public n’est ni une télévision ni une radio d’Etat, elle est une télévision et une radio publiques, ce qui est très différent. On va nommer les PDG de France Télévisions, de Radio France et de l’audiovisuel extérieur en conseil des ministres.

Le grand bond en arrière ! Le retour de Pimprenelle et Nicolas (Sarkozy) tous les soirs à l’ORTF pour nous endormir !

Billet edito

Et si on parlait des choses qui comptent

110 commentaires 26 octobre 2008

Bonjour à toutes et à tous, un peu immobilisée en ce moment, j’ai plus que jamais l’occasion de parcourir la presse, et de juger du traitement politique et médiatique des sujets qui font l’actualité. Ne vous étonnez pas alors que ce billet soit, plus encore que les précédents, un long « coup de gueule » et commence par une petite pub virale primée au « Viral Film Festival » qui s’est tenu au cinéma Max Linder dans le 9e à Paris.

Coup de gueule contre le traitement des sifflets entendus pendant la marseillaise au stade de France, qui a donné lieu à un débat tout aussi ridicule que celui qui agite régulièrement les Etats-Unis à propos de l’outrage au drapeau. Il eut été dix fois plus intéressant de se demander pourquoi ce sont deux Français d’origine tunisienne qui se sont fait siffler, pourquoi il semble si difficile à nombre de jeunes de vivre leur double culture. Une lecture sociologique et proprement politique de l’événement aurait été plus éclairante que la surenchère de commentaires gouvernementaux passant à côté de l’essentiel.

Coup de gueule contre la lecture médiatique de la fronde des magistrats et personnels pénitentiaires : lecture simplificatrice qui laisse croire que la personnalité de Rachida Dati, ses sautes d’humeur, ses rendez vous manqués et ses robes sont au centre du sujet, quand les préoccupations des juges, des surveillants et de tout observateur un peu informé et soucieux de justice sont tellement plus graves : justice automatique, surpopulation carcérale, atteintes à l’indépendance de la justice, remise en cause de l’excuse de minorité et de l’ordonnance de 1945, remise en question de l’irresponsabilité pénale des malades mentaux…j’ai souvent tiré la sonnette d’alarme sur ce blog et je me réjouis de la mobilisation des professionnels.

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