Petite polémique lors du Conseil municipal d’hier…les lyonnais, eux, se sont retrouvés nombreux autour des quelques 1500 artistes qui ont assuré le spectacle.
Je vous invite à lire l’article paru aujourd’hui dans le Progrès.
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Hier, en fin d’après-midi, j’ai accompagné Ségolène Royal sur le plateau de France 5 où elle était l’invitée de l’émission « C Politique ». Cette émission conduite avec grand professionnalisme et pertinence par Nicolas Demorand a le mérite de laisser à l’invité le temps d’expliquer précisément sa pensée jusqu’au bout : fait assez rare dans les autres émissions politiques soumises à la cadence de la dernière dépêche AFP.
Combative, responsable, solidaire de Martine Aubry, sincère et fidèle à elle-même, Ségolène Royal a tour à tour expliqué ses prises de positions sur le dossier des retraites où elle souhaite un referendum d’initiative populaire, sur la politique de communication brutale du gouvernement, sur le Parti Socialiste, la Convention Nationale, le non-cumul des mandats et les primaires où elle dessine le dispositif gagnant qu’elle souhaite voir émerger… Autant de prises de position que je partage, notamment pour ce qui concerne la primaire dont je pense depuis toujours qu’elle doit être une clé de la victoire en 2012, une étape essentielle de la rénovation du PS, mais aussi un moment de rassemblement pour les leaders comme pour le peuple de gauche. Un grand moment d’interview politique.
Pour voir ou revoir l’intégralité de l’interview, je vous invite à cliquer sur ce lien.
Participez à la large consultation populaire sur le sujet sur les retraites sur le site http://www.desirsdavenir.org/.
Dieu a dit : « je partage en deux, les riches auront de la nourriture, les pauvres de l’appétit ». Quand le gouvernement Fillon annonce qu’il met en œuvre le programme de Coluche, on a plus du tout envie de rire, c’est pourtant ce qu’il vient d’annoncer sans nez rouge ni salopette !
Une politique de rigueur et d’injustice sociale sur fond de crise économique européenne pour renflouer les caisses d’un État impécunieux. Depuis des mois, le parti socialiste s’est inquiété de la dérive des comptes publics, creusés par le gouvernement Fillon à coup de mesures inconsidérées et de cadeaux fiscaux extravagants !
Il n’y a plus d’argent nous dit-on, mais c’est un peu court ! Il y en a pour le paquet fiscal à 12 milliards d’euros, pour la suppression des droits de succession ou pour le bouclier fiscal, il y en a encore pour les entreprises du CAC 40 qui siphonnent la méga niche fiscale de Copé, dénoncée par Didier Migaud (http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2751), qui a coûté 22 milliards de pertes de recettes fiscales en trois ans ! Il y en a évidemment pour sauver les banques qui veulent aujourd’hui la peau des États. Ah, il faut se réjouir bien sûr des 750 milliards d’euros débloqués par les États Européens, pour sauver la zone euro, car la crise aura ainsi au moins permis, dos au mur et en une nuit, plus d’intégration européenne, que vingt ans de négociations. Mais il faudra aller au delà dans le gouvernement économique de la zone euro et surtout beaucoup plus loin dans la régulation des marchés, sauf à prendre le risque de transformer les États, qui n’en finissent pas de jouer leur rôle « d’assureur en dernier ressort » comme disent les économistes, en marionnettes de la finance mondiale.
Pas d’argent alors ? Il serait plus juste de dire pas d’argent pour les millions de Français qui ne bouclent pas leur fin de mois et auxquels ont va supprimer plusieurs aides.
Le coup de semonce avait été tiré, il y a trois semaines déjà, par Gilles Carrez, député UMP et rapporteur général du budget, qui avait déclaré que l’État n’avait plus les moyens des lois sociales qu’il avait voté suggérant qu’il fallait diminuer le montant des allocations universelles, c’est à dire le RSA pour les personnes en difficulté d’insertion, l’APA pour les personnes âgées dépendantes et la prestation de compensation du handicap (PCH). Plus les moyens des lois sociales votées, mais des moyens quand même pour le bouclier fiscal !
L’annonce du Premier ministre est, aujourd’hui, sans ambiguïté : une baisse de 10 % sur trois ans des dépenses d’intervention et dans le collimateur du gouvernement les emplois aidées, l’allocation personnalisée logement, l’Allocation adulte handicapé et le RSA…
Dans le budget 2010, les dépenses d’intervention de l’État s’élèvent à 67 milliards d’euros, il faut donc trouver 6,7 milliards… un demi paquet fiscal… Bouclier fiscal contre bouclier social, voilà le choix fait par le gouvernement.
Conclusion provisoire : Là où la meilleure andouillette recueille un quintuple A (AAAAA), la France ne s’en sort qu’avec un triste triple A (AAA) : encore un effort monsieur le Premier ministre !
Najat Vallaud-Belkacem
Adjointe au Maire de Lyon
Conseillère Générale du Rhône
Secrétaire Nationale en charge des questions de société au Parti Socialiste
« Aujourd’hui en France, vous pouvez adopter un enfant quelle que soit votre orientation sexuelle… pour peu que vous soyez célibataire.
La législation actuelle permet en effet l’adoption aux seuls couples mariés ainsi qu’aux personnes célibataires à l’exclusion de toutes les autres situations familiales et conjugales : l’union libre, mais aussi le PACS, c’est à dire la majorité des couples en France.
Le sénateur socialiste Jean-Pierre Michel a donc proposé la semaine dernière une loi visant à autoriser l’adoption par des partenaires ayant conclu un PACS depuis plus de deux ans, condition identique à celle qui est imposée aux couples mariés.
Une idée insupportable à la droite française qui l’a rejetée avant même que le débat ait lieu, comme elle s’oppose systématiquement depuis plus de dix ans à toutes les propositions de la gauche parlementaire qui pourraient ouvrir des droits nouveaux aux couples du même sexe.
Les représentants de l’UMP se sont une nouvelle fois livrés à véritable festival de déclarations réactionnaires dont l’hypocrisie n’a pu masquer, malgré leurs vains efforts, le caractère foncièrement homophobe.
Car le problème ne porte évidemment pas sur la capacité des couples pacsés à élever un enfant au même titre qu’un couple marié ou qu’une personne seule, mais bien sur les quelques 20% d’entre eux qui sont homosexuels.
L’UMP continue donc de tenir un double discours sur l’homoparentalité : ostensiblement ouvert et tolérant dans les médias, mais assurément idéologique et rétrograde au Sénat et à l’Assemblée Nationale.
Le débat est ouvert : l’UMP, la majorité parlementaire comme le Gouvernement doivent sortir de l’ambiguïté. »
Semaine chargée mais passionnante entre le discours lénifiant d’un Président de la République sourd aux attentes des Français, le vote de la réforme de santé aux Etats-Unis, l’élection des présidents de Région, la polémique sur le portrait au vitriol fait par Stéphane Guillon du ministre de l’immigration, ou les propos très contestables tenus par le multirécidiviste Eric Zemmour chez Salut les terriens…
J’ai deux Zemmour… J’ai cet air de Josephine Baker, danseuse et militante pour l’égalité des droits, dans la tête en réécoutant les propos polémiques du chroniqueur, un peu déroutée que la Licra ait finalement reculé devant la plainte qu’elle entendait déposer contre Zemmour, bien moins surprise en revanche que le Figaro lui renouvelle sa confiance. Je n’ai pas le goût du procès pour délit d’opinion et je préfère le débat (je comprends que c’est le choix de la Licra), mais j’ai moins d’appétence encore pour les propos nauséabonds, car ce que justifie le journaliste, c’est au fond les contrôles au faciès et le délit de sale gueule. Mais Zemmour est moins important que ce qu’il révèle d’une certaine banalisation du discours, comment dire, « néo raciste », de la nouvelle droite sarkozyste qui a rompu le consensus républicain qui consistait à ne pas aller chasser sur les terres du front national.
Il y a, en effet, un terreau commun entre le refus de la repentance coloniale, les stigmatisations de Nicolas Sarkozy sur la polygamie ou l’égorgement des moutons dans les baignoires et la reprise du slogan historique du FN « la France tu l’aimes ou tu la quittes ». Il y a la même inspiration dans les dérapages verbaux de Brice Hortefeux et de ses « trop nombreux Auvergnats », de Gérard Longuet et de la présidence de la halde, du maire UMP de Franconville et d’Ali Soumaré, les prises de positions de Pascal Clément sur les minarets ou le naturalisme barressien du débat sur l’identité nationale. Le résultat, il est connu depuis dimanche au travers du score du Front national aux élections régionales : Anne ma sœur Anne si je disais ce que je vois (re)venir…
Je n’ai pas eu le temps de revenir sur les résultats de dimanche dernier, mais après tout, c’est au second tour que tout va se jouer.
Avec l’ensemble de la gauche, nous avons réalisé un très beau score au premier tour de ces élections régionales partout en France, et particulièrement en Rhône-Alpes. C’est un beau résultat, à la hauteur du travail réalisé par Jean-Jack Queyranne, ses colistiers mais aussi tous les militants qui ont activement mené la campagne à nos côtés.
Je dois quand même avouer que la confiance témoignée par les électeurs en direction de la gauche ne parvient pas à me rassurer tout à fait sur l’abstention record et le score du Front National qui ont assombri la soirée électorale.
Pour l’instant rien n’est joué : les enjeux du vote de dimanche sont essentiels.
Une nette victoire de la liste du rassemblement de la gauche et des écologistes conduite par Jean-Jack Queyranne au second tour est décisive pour la région : c’est l’adhésion à un projet ambitieux, humain, socialiste et respectueux de l’environnement.
Pourtant l’enjeu du scrutin va plus loin : il s’agit également de faire barrage à l’extrême-droite et à la droite décomplexée qui ne s’est pas privée de flirter avec les idées du FN au cours du débat délétère sur l’identité nationale porté par Eric Besson. On ne peut pas rester les bras croisés devant l’ampleur d’un tel désastre.
Il faut donc nous mobiliser, et mobiliser très largement autour de nous pour être à la hauteur des enjeux démocratiques: c’est en allant voter massivement que l’on pourra assurer une large victoire à la gauche pour préparer l’avenir, et donner un coup d’arrêt à la politique destructrice du gouvernement.
Rien de tout cela ne sera vraiment possible si plus d’un citoyen sur deux renonce à s’exprimer dimanche.
Chaque voix compte : mobilisons-nous !
Pour connaître la liste du rassemblement de la gauche et des écologistes, je vous invite à visiter le site Uneregiond’avance.
COMMUNIQUE
de Najat VALLAUD BELKACEM,
adjointe au Maire de Lyon,
Conseillère générale du Rhône,
Secrétaire Nationale du Parti socialiste
Le cynisme de la politique fiscale menée par l’UMP ne connaît plus de limite. Dans le jeu de massacre qui consiste à inventer des mesures fiscales les plus injustes possibles, Jean-François Copé vient de battre un nouveau record. Désespérément sourd et aveugle devant les privilèges de ceux qui contournent l’impôt parce qu’ils sont trop riches ou trop puissants, il vient de débusquer une nouvelle catégorie de profiteurs : les victimes d’un accident du travail.
Cette manière de taper systématiquement sur les plus faibles pour épargner les classes sociales les plus privilégiées est scandaleuse. Ce projet est une insulte faite aux Français qui exercent les métiers les plus dangereux et les plus difficiles, et qui sont rarement les plus rémunérateurs comme chacun le sait. Sachez, Monsieur Copé, que la « France qui se lève tôt » est aussi celle qui est la plus exposée aux risques professionnels en se rendant chaque matin sur les chantiers ou dans les usines. Les nouveaux embauchés, les intérimaires et les titulaires de CDD qui sont les premières victimes d’accidents professionnels apprécieront aussi la cohérence de cette mesure qui vient parfaitement compléter la hausse du forfait hospitalier pour les patients sans couverture complémentaire.
La vérité, pour reprendre les mots de Sieyès dans son Essai sur les Privilèges à la veille de la Révolution, c’est que l’ordre politique dans lequel nous vivons n’est rien d’autre qu’un « détestable aristocratisme ».
Un régime qui s’acharne à taxer la misère plutôt qu’à la combattre, et qui ne renoncera devant rien pour maintenir et renforcer les privilèges des siens : ceux qui ont tout et ne renoncent à rien.
COMMUNIQUE
de Najat VALLAUD BELKACEM,
Adjointe au Maire de Lyon,
Conseillère générale du Rhône,
Secrétaire Nationale du PS en charge des questions de societé.
Loi sur l’immigration : une abdication qui en annonce beaucoup d’autres.
Il est des victoires trompeuses, dont il est difficile de se réjouir tout à fait. La décision annoncée par Eric Besson de ne pas signer un décret d’application d’une loi adoptée au Parlement en est une, même si le Parti Socialiste s’est opposé de toutes ses forces au projet de loi de Brice Hortefeux, et continuera de le faire, notamment sur la question des test ADN.
Dans cette affaire, les « délais », la « logistique » et la « technique » ont bon dos : Eric Besson, en vérité, signe un nouvel épisode de la « mal gouvernance » instaurée par Nicolas Sarkozy à tous les étages de sa Présidence.
Bien loin de faire preuve du moindre courage, le nouveau Ministre de l’Immigration ne fait qu’abdiquer, pour des raisons de fond, devant l’absurdité d’une politique essentiellement populiste, marquée par sa désinvolture à l’égard des droits des personnes, sa brutalité envers les principes moraux et sa déconnexion totale avec la réalité.
Nous assistons, en fait, à une nouvelle illustration de la tragique déconfiture d’un pouvoir qui gouverne à coups de slogans idéologiques, de promesses contradictoires, et de mesures inapplicables.
Rappelons que l’expérimentation sur les tests ADN, loin de constituer une avancée pour le droit des migrants, n’avait pas d’autre but que de faire diversion, en essayant de faire croire à l’opinion que la fraude au regroupement familial constituait un tel danger pour notre pays qu’il méritait un traitement par identification génétique des individus. Ce n’était d’une grossière manipulation dont le mécanisme est aujourd’hui mis à nu dans toute sa bêtise, révélant l’impuissance du gouvernement à traiter efficacement et durablement les problèmes.
Cette conduite démagogique des affaires du pays est autant de temps perdu sur des sujets aussi graves que ceux des flux migratoires et des règles de la bioéthique qui méritent autre chose que des projets lois avortés et des arguments fallacieux visant à tromper les Français.
Les tests ADN et l’identification génétique des individus n’ont rien à faire dans une loi sur l’immigration : c’est non seulement inutile, mais très dangereux pour l’avenir des libertés publiques, le droits des individus, le principe d’égalité entre les citoyens, le respect de la personne humaine.
La nationalité, l’identité ou la définition juridique, sociale et affective de ce qu’est, ou non, une famille sont des questions de société trop graves pour que leur sort dépende d’une quelconque « logistique ».
COMMUNIQUE
de Najat VALLAUD BELKACEM,
Adjointe au Maire de Lyon,
Conseillère générale du Rhône,
Porte parole de Ségolène Royal.
Taxe carbone à 17 euros: rien ne va plus !
L’arbitrage de Nicolas Sarkozy est un aveu d’échec sur tous les plans. D’abord parce que le chef de l’Etat refuse explicitement d’assumer sa décision en niant une vérité toute simple que ses Ministres ont par ailleurs admise : la taxe carbone est bien un impôt nouveau. L’instauration d’une énième commission de suivi ne peut masquer une telle évidence, et la gêne occasionnée dans sa majorité par cette trahison idéologique le montre de manière éclatante. Nicolas Sarkozy, une fois de plus, dit une chose et fait son contraire.
Aveu d’échec, ensuite parce que tous les défenseurs de la taxe carbone avaient conditionné son efficacité à un montant minimum de 32 euros. A moitié moins, l’argument s’écroule, il n’en reste plus rien, et j’espère que les promoteurs de la mesure auront le courage intellectuel et politique de le dénoncer.
Reste enfin la supposée vertu pédagogique de la mesure qui justifierait son caractère à la fois injuste et inefficace : changer les comportements. Qui peut croire que les ménages français seront davantage en mesure de changer de voiture, de limiter leurs déplacements ou de moins de se chauffer cet hiver sous la pression d’une nouvelle augmentation des énergies de première nécessité ? Quand on sait ce que représentent ces postes de dépenses dans le budget des familles, il ne faut pas longtemps pour comprendre que toutes les marges de manœuvre ont été épuisées depuis longtemps. Les Français sont aujourd’hui piégés, et une véritable fiscalité écologique renvoyée à plus tard, repoussée sine die.
Aveu d’échec, donc, mais aussi promesse d’un échec plus grave encore : celui d’une réforme fiscale en forme d’improvisation permanente, inspirée et guidée par le seul opportunisme politique des circonstances au fil du mandat.
Bonsoir à tous,
Merci pour vos échanges, j’ai publié le 30 novembre dernier une tribune dans la rubrique « Rebonds » de Libération que je mets en ligne ici pour ceux qui ne l’aurait pas lu. J’en profite pour vous remercier chaleureusement de votre fidélité sur ce blog. J’en profite également pour vous signaler que je tiens sur mon site internet une rubrique intitulée « focus sur quelques politiques culturelles » dans laquelle je présente en détail l’action de la région Rhône Alpes en matière de politique culturelle à travers quelques moments clefs de la délégation dont j’ai la responsabilité.

« Rescapé in extremis du projet présidentiel de fusion avec l’Education nationale, le ministère de la Culture est aujourd’hui dans la tourmente. Il y eut d’abord l’acte I de la mise en cause des politiques défendues depuis Malraux dans la lettre de cadrage du Président, la stigmatisation de la démocratisation culturelle et la volonté de rompre avec une politique de l’offre pour aller vers une politique de la demande, conforme aux volontés d’un audimat présupposé.
Il y eut ensuite le coup de menton regrettable au directeur de la scène nationale de Belfort, tancé pour avoir publié en guise d’éditorial une lettre de Benoît Lambert qui ne faisait que parler avec humour et talent du sentiment de ceux qui n’avait pas voté pour Nicolas Sarkozy. Et puis il y a aujourd’hui cette cacophonie budgétaire par laquelle la ministre tente de masquer une sinistre réalité et de faire taire les inquiétudes.
Ce budget qui devait être celui de la consolidation est celui du désengagement. Derrière la hausse affichée de 3,2 % se cache une lente dégradation financière engagée dès 2002 sur fond d’épuisement de la politique culturelle de l’Etat et de transfert de charges à des collectivités locales qui financent, à elles seules, deux tiers de la dépense culturelle publique et sont aujourd’hui mises devant le fait accompli. La ministre a beau tenter de donner le change et parler d’un exercice de bonne gouvernance, la réalité est malheureusement différente. Christine Albanel, qui considérait son budget comme «satisfaisant», aura d’ailleurs fini par avouer devant la commission des finances de l’Assemblée qu’il s’agissait en fait d’un «budget d’austérité». Encore s’est-elle bien gardée de dire qu’elle ne l’appliquerait même pas puisqu’elle avait consenti une annulation de crédits de grande ampleur pour effacer les dettes des années antérieures. Cette année, sans la rebudgétisation de la taxe affectée au Centre des monuments nationaux, le budget culture, qui ne croîtra que de 0,25 %, moins que l’inflation, sera donc en baisse ! Ayons l’honnêteté de dire, pour ne pas se les voir opposer comme autant de preuves de mauvaise foi, que certains grands travaux (comme le grand auditorium de la Villette) ou projets (comme la bibliothèque numérique) seront poursuivis.
Mais pour le reste, c’est au mieux la stagnation et bien souvent le recul. Stricte reconduction des crédits de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) ou de l’architecture, stagnation des crédits de soutien à la création ou au spectacle vivant, alors que la ministre parle de «consolidation» ! Stagnation encore des aides aux industries culturelles. Baisse, cette fois, des crédits aux établissements d’enseignements culturels spécialisés, amputés de 2 millions d’euros, alors qu’ils sont décentralisés ! L’Etat est passé maître dans l’art de transférer des charges. Hécatombe enfin des actions en faveur de la démocratisation culturelle. Douze millions d’euros de crédits disparaissent d’un coup en 2008 : sacrifiés la diversification des publics, les contrats de ville, les zones rurales, l’action culturelle dans les cités, et tout cela en faisant miroiter la gratuité des musées.
Les directions régionales aux affaires culturelles (Drac) annoncent une «mise en réserve» de 6,5 % des crédits pour 2008, qui de leur propre aveu se transformera en une annulation pure et simple. Pour la région Rhône-Alpes, la coupe devrait ainsi être de près de 2,4 millions d’euros, soit l’équivalent des moyens annuels cumulés des scènes nationales d’Annecy et de Chambéry, ou encore de la moitié de la somme consacrée par la région aux compagnies.
Quant aux artistes et aux techniciens, déjà fragilisés par la réforme de l’intermittence, c’est pour eux quinze mille jours de travail en moins.
Les régions se sont engagées depuis 2004 dans une politique culturelle volontariste. Cette politique, élaborée dans la concertation, porte en elle une dynamique et une façon de faire différentes, partant de la réalité des territoires et des projets portés par des acteurs généreusement engagés. Elle est différente parce qu’elle accorde une large part à la notion d’emploi culturel, à la diversité des publics et des disciplines, à l’émergence de nouvelles générations d’artistes et à la prise en compte de besoins culturels nouveaux. Différente parce que fondée sur la confiance et le respect des engagements et sur une pratique de dialogue et de partenariat que l’Etat ne sait plus ou ne veut plus mettre en œuvre. Si dans les prochaines semaines le vent mauvais qui vient de la Rue de Valois se confirmait, ce serait un nouveau coup dur pour un secteur essentiel à la vie, au projet collectif et à l’économie de notre pays. Elus, artistes, publics, mobilisons-nous pour sauver l’avenir d’une très belle invention française : la politique culturelle.»
L’instauration des tests ADN dans le cadre du regroupement familial à l’occasion du vote de la loi sur l’immigration est le dernier avatar d’une politique de rupture engagée dès avant l’élection présidentielle. Réactionnaire et profondément anti-humaniste, cette pensée politique n’est l’héritage ni du gaullisme, ni du christianisme social, ni de l’humanisme libéral ; elle prolifère, portée par quelques hommes sans valeur et sans scrupule. Le tableau de la France qu’elle dessine n’est pas dans notre tradition républicaine loin s’en faut.
Bonjour à tous, la semaine a été riche en événements, avec un Président omniprésent sur tous les fronts et dans tous les médias et cet aveu qui laisse rêveur du premier ministre lors de sa visite en Corse : « Je suis à la tête d’un Etat qui est en situation de faillite sur le plan financier ». A qui la faute ? Petit retour sur certains de ces sujets…
Je me dis souvent que l’avenir sera la somme de nos erreurs présentes. Le report systématique sur les générations à venir d’un certain nombre de difficultés, qu’il s’agisse des questions climatiques, de la dette publique ou du financement des retraites, est une politique intenable à long terme. On finit toujours par être rattrapé par les problèmes et la tête dans le sable, on finit par étouffer…
Beaucoup de ces sujets ne souffrent plus aucun report. La question des retraites s’inscrit dans ce contexte. Je considère que c’est aujourd’hui prendre un risque considérable pour leur pérennité que de ne pas engager la réforme trop souvent repoussée des régimes spéciaux et des retraites en général. Le tabou sur cette question peut coûter très cher ! C’est par une réforme du financement des retraites que nous défendrons le mieux notre modèle social. L’inaction condamne le système, inutile de se raconter n’importe quoi. Le diagnostic est aujourd’hui assez largement partagé, y compris par les syndicats, parfaitement responsables et prêts à avoir cette discussion difficile et à assumer des décisions courageuses, car les chiffres sont là, peu contestables le Conseil d’Orientation des Retraites mis en place par Jospin avait posé l’essentiel du disgnostic.
Notre réflexion doit à mon sens être guidée par un principe d’équité, ce qui signifie qu’aucun régime ne peut rester en dehors de la réflexion. Stigmatiser les salariés qui bénéficient de ces régimes comme Nicolas Sarkozy avait stigmatisé les chômeurs (vous savez, ceux qui vivent sur le dos de la France qui se lève tôt) c’est ça qui indigne ! Il faut traiter de façon identique les situations identiques et de façon différentes les situations différentes. Cela signifie qu’il faut tenir compte de la pénibilité de certains métiers, de l’espérance de vie des cotisants, du niveau des retraites (1 millions de retraités vivent en dessous du seuil de pauvreté !) et de la précarité de certains parcours professionnels, tout en disant qu’il sera peut être nécessaire d’allonger la durée de cotisation et surtout de diversifier les sources de financement des retraites. A cet égard, il faut impérativement s’interroger plus précisément sur l’efficacité redistibutive de notre système fiscal et social qui n’est absolument pas satisfaisante et moins encore depuis cet été avec les cadeaux fiscaux du gouvernement. On peut même dire comme certains économistes en font le constat que notre système est devenu anti-redistributif !
Je crois enfin, que ce n’est que dans le cadre du dialogue social que nous pourrons régler durablement ce problème. Dans ce dossier comme dans celui du service minimum, la méthode gouvernementale consiste à délégitimer les syndicats et à contourner le dialogue social. Le fait que le premier ministre dise en même que la réforme est prête et qu’il veut engager les négociations avec les partenaires sociaux n’a pas de sens, c’est réduise le dialogue social à un exercice formel. Notre modèle social est capable d’évolutions, de souplesse, d’adaptation aux situations démographiques et au contexte économique si l’on sait donner toute sa place à la démocratie sociale. Ce gouvernement semble opposer démocratie élective et démocratie sociale, là où le dialogue est nécessaire pour avancer.
Heureuse de vous retrouver sur ce blog. J’ai soufflé quelques jours… La semaine passée a été chargée en événements. En politique intérieure, trois ont retenu particulièrement mon attention.

Christian Philip n’aura donc pas pu résister à la pression de l’UMP, visiblement devenue toute puissante dans cette République « irréprochable » de Nicolas Sarkozy.
Il a plié, il a renoncé à défendre sa candidature, ses idées, ses valeurs et sa conception de la démocratie. Et pourquoi ? On ne le sait pas encore : les habitants de la 4e circonscription de Lyon n’auront le droit de le savoir qu’après le vote des 10 et 17 juin prochains…
A lire le communiqué publié hier pour annoncer son retrait, on comprend pourtant que le député sortant a été contraint de renoncer dans le seul et unique but de sauver ce qu’il reste de crédibilité à la candidature de Dominique Perben aux prochaines municipales. C’est donc le fruit de l’odieux calcul politique que Christian Philip lui-même dénonçait il y a quelques jours encore avec tant de vigueur et de lucidité :
« Comme les Lyonnais, j’ai toujours rejeté les parachutages, le nomadisme électoral, le nombre de mandats successifs illimités… C’est pourquoi, je sais que vous me ferez confiance et que vous refuserez le coup de force de Monsieur PERBEN qui a quitté CHALON-SUR-SAONE pour venir ici tout cumuler et briguer un 6ème mandat consécutif de Député. Je sais que vous n’aimez pas ces méthodes du passé. »
Oui, le pire des méthodes du passé est de retour, et la vieille technique de l’intimidation et du coup de force fonctionne à plein régime.
Que dire de tout cela, sinon avouer un certain écoeurement de voir ce qui est infligé aux électeurs de cette circonscription, mais aussi à Christian Philip lui même en qui j’ai toujours vu un adversaire loyal. Un certain malaise aussi de devoir faire campagne dans un tel contexte de déliquescence morale.
Je ne suis sûre que d’une chose, c’est qu’il n’y a de motif à se réjouir pour personne dans cette ère du renoncement que nous vivons car c’est sur l’ensemble de la classe politique que le discrédit est une nouvelle fois jeté.
Pour les électeurs, en tout cas, le choix est maintenant clair : ils auront d’abord à se prononcer entre deux façons bien différentes de faire de la politique et d’envisager le mandat de député.
Pour ma part, face à cette candidature anachronique, je continuerai à faire campagne à partir de mes seules convictions, auprès de vous et avec vous, plus que jamais convaincue qu’il est urgent de faire de la politique autrement.
© 2010 Najat Vallaud-Belkacem.
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