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Billet edito, Ma ville, mon canton
Gagner tous ensemble en 2012.
C’est au terme d’une réflexion approfondie, et d’un dialogue empreint de franchise et de respect avec les deux candidats que Ségolène Royal, vous le savez, a appelé tous les Français qui souhaitent la victoire de la gauche en mai prochain, à voter pour François Hollande ce dimanche 16 octobre.
Elle l’a fait pour apporter au candidat arrivé en tête au premier tour l’élan nécessaire pour remporter demain l’élection présidentielle, et faire valoir concrètement les idées que nous défendons sur la réforme bancaire, le progrès social, la rénovation de la vie politique et la mutation écologique de l’économie.
C’est une démarche de responsabilité, de courage et de clarté qui témoigne une nouvelle fois de la stature de Ségolène Royal, femme politique de tout premier plan qui n’hésite jamais à placer l’intérêt général, l’esprit de rassemblement et le souci de l’efficacité politique au-dessus de toutes les autres considérations.
Arnaud Montebourg a semble-t-il mené la même réflexion, pour en arriver à la même conclusion.
Bien sûr, chacun est libre de faire son choix sans avoir à obéir à aucune consigne venue d’en haut, et Martine Aubry comme l’ensemble de ses soutiens méritent un respect sans faille, et une sincère bienveillance de la part de tous. C’est l’esprit même de ces Primaires citoyennes : je souhaite qu’elles soient un succès jusqu’au bout pour toute la gauche.
Je mesure que le choix est sans doute très difficile pour beaucoup d’entre vous, et je sais que certains hésitent encore à participer au vote du second tour.
Pour ma part, sachez que je suis résolue à prendre part sans réserve au rassemblement qui, de fait, a déjà commencé autour François Hollande pour lui assurer la majorité la plus franche possible à l’issue du vote, et contribuer ainsi à lui donner tous les atouts pour battre la droite en mai 2012, et mettre le programme socialiste qui changera la France.
L’enjeu n’est pas de perdre ou de gagner dimanche soir: c’est de gagner tous ensemble en 2012.
Les 9 et 16 octobre, les citoyens qui adhèrent aux valeurs de gauche voteront, pour des idées bien sûr, mais également pour une personnalité. Or,les idées, comme les personnalités, s’inscrivent dans une durée que le jeu médiatique occulte. Tout se passe aujourd’hui comme si le débat public avançait sans passé ni mémoire. Faute de creuser le passé, même récent, les médias se contentent ainsi trop souvent de constater. Constater que les candidats convergent ou constater que leurs programmes se ressemblent, alors qu’il faudrait étudier de plus près l’évolution de leurs propositions pour ainsi évaluer la permanence de leurs convictions et la réalité de leurs différences.
Au cours de ces dernières années, Ségolène Royal a constamment tracé l’avenir de la gauche: pionnière, elle a proposé des solutions ambitieuses, les a défendues courageusement, avant de les voir reprises des mois ou des années plus tard, et dans l’indifférence des commentateurs, par ses camarades du Parti Socialiste. La croissance verte, qui a été un véritable cheval de bataille pour elle dès les années 90 et particulièrement depuis 2006, figure aujourd’hui en bonne place dans les programmes des candidats. La sortie du nucléaire aussi, de façon plus ou moins claire. Sauf que, Ségolène Royal, elle, n’a pas attendu Fukushima pour la défendre. La fermeté face à l’insécurité qui lui a attiré tant de critiques en 2006. L’ouverture du parti socialiste sur la société, la démocratie participative. Les solutions radicales contre la crise financière qu’elle avançait dès 2008. La priorité fiscale aux entreprises qui investissent, la création d’un gouvernement de la zone euro, la réforme bancaire, le conditionnement des aides aux entreprises… autant de sujet qui feraient « consensus » aujourd’hui si l’on en croit les éditorialistes. Dormez tranquille bonnes gens !
Il y a plus étonnant encore : les idées de Ségolène Royal inspirent même au-delà de la gauche. Nicolas Sarkozy, à bout de souffle au terme d’un mandat marqué par l’injustice et l’inefficacité, recours à l’encadrement militaire des délinquants et la banque publique d’investissement pour venir en aide aux PME ; deux solutions majeures de Ségolène Royal datant de 2007 et 2008. Toujours dans le silence et l’indifférence des commentateurs.
Si Ségolène Royal est « en avant », si elle propose des idées et que les autres se les approprient, il y a de quoi se réjouir, bien sûr. C’est la preuve que les idées innovantes font leur chemin. Mais dans le cas des primaires socialistes, ne pas relever ces appropriations, c’est brouiller les lignes du débat. Prisonniers d’une vision statique des programmes, les journalistes passent à coté de l’information essentielle, celle qui pourtant intéresse le plus les électeurs : où est le mouvement et où est l’immobilisme, où sont les belles paroles et où sont les réalisations, où est la conviction et où est l’opportunisme.
Guillaume Garot et Najat Vallaud-Belkacem
Portes parole
Vous le savez, je participais jeudi soir à Sciences-Po Paris à un débat national organisé par HES (Homosexualités et Socialisme) dans le cadre des Primaires citoyennes. Une salle bondée, un public attentif et exigeant, un débat de très grande qualité, des représentants de chaque candidat conscients de leurs responsabilités ont, je crois, contribué à marquer les esprits des journalistes, associations, organisateurs et participants. Il s’agit de sujets que je connais bien pour avoir énormément travaillé, par exemple, sur les évolutions du modèle familial dans le cadre du secrétariat national aux questions de société pour le Parti Socialiste. J’ai pu constater de vrais changements dans les prises de position de chacun, et c’est avec beaucoup d’énergie que j’ai pu défendre les engagements de Ségolène Royal sur l’ensemble des questions abordées.
Je vous invite à lire ci-dessous le compte-rendu du magazine Têtu.
Je vous invite aussi à prendre connaissance des réponses de Ségolène Royal au questionnaire qui lui avait été adressé pour l’occasion et dans lesquelles vous verrez qu’elle témoigne une nouvelle fois de courage, de clarté, de constance et d’engagement. C’est ici: Ségolène Royal répond aux questions d’HES.
L’article de Têtu:
« Hier, des représentants de chaque concurrent à la primaire de gauche ont exposé leur programme pour les droits LGBT. En accord et fiers de leur union, ils ont tous promis le droit au mariage, à l’adoption, des avancées pour les trans ou dans la lutte contre le VIH.

Les candidats à la primaire socialiste ont planché sur les sujets LGBT et ils en parlent comme d’une seule voix. HES (Homosexualité et socialisme) les a soumis à un questionnaire écrit, sur l’accès au mariage et à l’adoption pour les couples homos, les droits des trans ou encore la lutte contre le VIH et les discriminations (leurs réponses sur le site de HES). Et hier, pour défendre leur programme lors d’un colloque à Sciences Po, tous ont mandaté un émissaire expert en questions sociétales.
«Bataille idéologique»
Pendant deux heures, plutôt studieuses, les six représentants ont débattu en bons camarades, sans éclats ni passes d’armes, et ont tenté de convaincre que leur candidat respectif était le meilleur allié des LGBT. Surtout, ils ont tous martelé que les homos pouvaient compter sur la gauche, plus mobilisée qu’au moment du pacs. «Les sujets de société sont cruciaux et obligent le PS, estime Zohra Bitan, représentante de Manuel Valls. La gauche a un rôle fondamental à jouer pour faire basculer notre société vers la liberté et l’égalité.» «Les questions sociétales sont au cœur de notre identité, explique Aurélie Filippetti, proche de François Hollande. Les nombreux dérapages de la droite montrent que nous avons une bataille idéologique à mener pour créer une société ouverte.» Et tous dénoncent le débat «ahurissant» sur le genre dans les manuels scolaires, le retard de la France en matière de droits LGBT, les dérapages «les plus sombres» de Christian Vanneste, David Douillet et autres, ou la promesse oubliée du Contrat d’union civil. «La société évolue dans l’indifférence de la droite », regrette Najat Vallaud-Belkacem, VRP de Ségolène Royal.
Tous le revendiquent, ils sont d’accord sur plein de choses, et font à peu près les mêmes propositions. Peu de temps après l’élection, le droit au mariage et à l’adoption sera ouvert aux homos, le pacs amélioré et célébré en mairie et l’interdiction de donner son sang sera supprimée. La Procréation médicalement assistée sera ouverte à toutes les femmes, un statut du beau parent créé, et la prise en charge des séropos mieux assurée. Pour les trans, la nécessité d’être opéré pour changer d’état civil sera levée et le protocole de soins revu. Au-delà de l’arsenal législatif, tous insistent sur l’importance de mener un travail en profondeur pour lutter contre les discriminations, notamment en évoquant l’orientation sexuelle en milieu scolaire. Seul point de discorde: la Gestation pour autrui. Si certains y sont favorables, d’autres, dont Martine Aubry et François Hollande, s’y opposent, pour lutter contre «la marchandisation des corps». Et le PS reste globalement réservé sur le sujet.
Gage de crédibilité
Au-delà de ce corpus commun, quelques-uns dénotent à coups de propositions personnelles. François Hollande mettrait en place un délégué interministériel à l’égalité tandis que Ségolène Royal ferait voter dès son arrivée à l’Elysée une «grande loi contre toutes les discriminations».
A défaut de se démarquer sur les idées, chacun déroule le cursus friendly de son champion, comme gage de crédibilité pour l’avenir. Reprenant avec un petit sourire une formule de Ségolène Royal, Marie-Pierre de la Gontrie veut faire de la politique par la preuve: «dès 2006, Martine Aubry était favorable au mariage homo, elle se rend à la marche des fiertés chaque année, et c’est la seule qui ait évoqué les droits LGBT dans sa lettre aux français. Les autres n’ont pas dû avoir la place…» Arnaud Montebourg aurait lui demandé à son conseil général de ne faire aucune discrimination dans les procédures d’adoption, François Hollande serait pour le mariage homo depuis 2004, tandis que Ségolène Royal faisait dès 1997 de l’Association des Parents gay et lesbiens un interlocuteur officiel du ministère de l’éducation. Au final, c’est comme si peu importait celui qui incarnera l’évolution des droits et Najat Vallaud-Belkacem en est sûre : «quel que soit le vainqueur de la primaire, tous iront dans le même sens.»
J’ai participé lundi au grand débat des Primaires organisé par le quotidien régional Le Progrès, pour défendre la candidature de Ségolène Royal auprès de ses lecteurs. Le journal en faisait sa « Une » ce matin mardi avec une pleine page d’analyses des propositions des six candidats, représentés chacun par des camarades élus locaux.
Vous pouvez en lire ici ou ci-dessous le compte-rendu paru en ligne.
En écho, voici deux photos (merci Bachir!) du débat organisé sur le même principe vendredi dernier par la section du 3e arrondissement au café « comptoir du 3″ que je remercie encore pour leur accueil. Ce fut une très belle soirée d’échanges avec de nombreux militants, sympathisants ou citoyen intéréssés par les Primaires citoyennes des 9 et 16 octobre prochain. (Photos ©Bachir Ghazi)
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« Le Progrès a réuni les représentants dans la région des six candidats aux primaires du PS pour débattre des enjeux de cette élection et des thèmes de campagne. Chacun a tenté de convaincre
La crise, ses enjeux, les mesures à prendre — augmentation d’impôts — pas d’augmentation, maintien ou non de la tva, avenir avec ou sans Euro etc- ont été au cœur des débats des représentants locaux des six candidats à la primaire socialiste hier matin dans les locaux de notre journal.
Globalement, l’analyse sur la crise elle même et sa gestion en France font l’unanimité : Régis Juanico, Thierry Braillard, Jean-Paul Bret, Christophe Greffe, Najat Vallaud-Belkacem et Thomas Chadeuf prennent tous acte d’une situation difficile et, surtout, insistent sur «la responsabilité de Nicolas Sarkozy, d’avoir accru comme jamais le déficit de la France durant son quinquennat ».
Sur les solutions proposées pas non plus de très grandes divergences même, si, quand même, certains ou certaines peuvent se démarquer sur tel ou tel point. Principalement sur l’avenir de la TVA. Najat Valaud-Belkacem souhaite une TVA modulée. Jean-Paul Bret n’y croit pas et tout comme Régis Juanico, il plaide pour le rétablissement de la TVA restauration à « un taux intermédiaire de 7 ou 9 % ». Christophe Greffet constate aussi que l’abaissement de la tva restauration « n’a rien apporté ». Quant à Thierry Braillard, il est « opposé à une TVA sociale ». Sur l’Euro et l’avenir de l’Europe, le radical de gauche est le plus clivant « Nous sommes pour des Etats-Unis d’Europe, la crise prouve que l’Europe doit s’organiser ». Régis Juanico est d’accord « pour changer d’Europe » sans aller aussi loin que son voisin radical. ChristopheGreffet, pragmatique, propose « une taxe sur les transactions financières qui permettrait de financer un organisme européen de soutien aux pays en difficultés ». Najat Valaud-Belkacem plaide pour un élargissement des missions de la Banque centrale européenne : « Elle devrait s’occuper aussi de relance économique». Jean-Paul Bret insiste pour « un soutien à la Grèce sans atermoiement ».
Au cœur du questionnement de cette matinée : Rigueur ou pas rigueur ? Jean-Paul Bret évacue la question : « Ne rentrons pas dans un débat sémantique, que l’on dise rigueur ou un autre mot importe peu au fond ». I l y a une réalité qui s’impose à tous : la réduction du déficit. Thierry Braillard est le plus précis sur ce point « Jean-Michel Baylet veut ramener le déficit à 3 % du PIB ». Il récuse au passage l’usage du mot rigueur « trop souvent accolé à l’idée d’efforts à faire porter par les classes moyennes ». Régis Juanico refuse également « l’idée d’un tour de vis supplémentaire. Les Français attendent de nous une autre politique, un changement. Les quelques marges de manœuvre financières que nous aurons seront consacrées pour moitié au comblement du déficit et pour moitié à la relance ». Najat Valaud-Belkacem est sur la même ligne « Une cure d’austérité toucherait les plus modestes et ne ferait qu’aggraver la crise ». Pour sa candidate, « l’urgence est double : résorber la dette publique tout en relançant la croissance. Celle-ci passe par le soutien aux PME-TPE. Il faut donc leur faciliter l’accès au crédit ».
Thomas Chadeuf, constatant que « c’est toujours à la société de payer la crise » considère qu’il « faut mieux réguler l’économie ». Il insiste sur la défense du pouvoir d’achat : « Quand on paye plus d’impôts, on attaque le pouvoir d’achat ». Il en appelle donc à « une équité fiscale avec une première mesure qui ne fait pas l’unanimité chez ses concurrents : « Nous proposons de fusionner CSG et impôt sur le revenu «.
Les six représentants locaux des candidats sont unanimes sur la nécessité absolue d’une totale réforme fiscale « avec une plus grande équité » ainsi que sur le maintien des 35 heures accompagné simplement «de négociations branche par branche pour certains ajustements ».
A l’invitation du Comité local de soutien à Ségolène Royal, je serai ce soir lundi 2 octobre à 20h30 à Pamiers (salle du jeu du mail) dans l’Ariège, avec Charles Fiterman, ancien Ministre de François Mitterrand pour une soirée-débat organisée dans le cadre des Primaires citoyennes (j-6 !). Je ne sais si je compte beaucoup de lecteurs dans ce beau département qui vient de donner à la gauche son premier Président du Sénat, mais je compte sur eux pour être présents ce soir à nos côtés!
Voici l’invitation à la réunion publique de présentation des candidat-e-s aux primaires qui aura lieu dans le 3ème ce vendredi 30 septembre. Elle aura lieu à 20h au Bistrot « le comptoir du 3ème », 55 Avenue Félix Faure Lyon 3ème.
Avec la participation (sous réserve) des représentants Najat Vallaud Belkacem, Thierry Philip, Pierre-Alain Muet, Laura Gandolfi, Thomas Chadoeuf et Thierry Braillard.

Après le débat, les primaires continuent: rendez-vous tout à l’heure à 13h15 pour le t’chat vidéo en direct avec Ségolène Royal, en partenariat avec Le Monde et Dailymotion.
Avant le débat de ce soir à 18h00 (que je twiterrai en direct sur @najatvb), je vous invite à lire l’entretien que j’ai accordé à France Soir, paru aujourd’hui.
« Mercredi a lieu le second débat organisé entre les six candidats à l’investiture socialiste. Celui de la dernière chance pour Ségolène Royal ? Dans son entourage proche, on joue la carte de l’optimisme.
Ainsi, Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole de la candidate et fidèle entre les fidèles, assure que Royal jouera bien son match retour contre Nicolas Sarkozy en 2012. Peu importe les sondages et autres commentaires politiques. Seule compte la « réalité du terrain ». Pour elle, la victoire de la gauche au Sénat, dimanche, a bien prouvé que tout était possible en politique.
FranceSoir.fr. Que représente pour vous le basculement du Sénat à gauche ?
Najat Vallaud-Belkacem. Exceptionnel ! Pas inattendu mais inédit. Cette victoire de la gauche au Sénat préfigure de grands changements pour 2012.
FS.fr Est-ce que cette victoire tient du symbole ?
N. V.-B. Oui. Les élections sénatoriales sont très difficiles pour le Parti socialiste. On a une sur-représentation des petites communes rurales où la gauche fait, traditionnellement, de moins bons scores que la droite. Les résultats de dimanche traduisent donc un profond rejet de la politique sarkozyste, chez les élus, quelque soit leur bord, en particulier chez les centristes.
FS.fr La gauche vient de remporter une élection difficile… Cela vous donne des idées pour les primaires ?
N. V.-B. C’est l’une des leçons de ces sénatoriales : la capacité des électeurs à se dégager des pronostics et des carcans. Ça a quelque chose de rassurant, ça prouve que les électeurs sont libres. C’est le message qu’on martèle avec Ségolène Royal : il faut qu’on laisse les électeurs voter : on ne vit pas en sondocratie mais en démocratie.
FS.fr Une poussée de la gauche aux sénatoriales était tout de même attendue. Pour les primaires, en revanche, la grande majorité des sondages donnent Mme Royal largement perdante…
N. V.-B. On ne peut raisonnablement accorder aucun crédit à ces sondages, surtout lorsque l’on sait dans quelles conditions ils sont réalisés. Le nombre dérisoire de sondés. Les corrections dont ils font l’objet…. Logiquement pour effectuer ces corrections – qui sont très importantes – les instituts se basent sur l’expérience acquise des élections précédentes. Or, il s’agit pour les primaires d’une élection inédite, sur quoi se basent-ils ? Personne ne sait qui va aller voter, comment voulez-vous qu’on sache pour qui ils vont voter ?
« Cette fois, battez-le »
FS.fr Il y a un paradoxe, cependant. D’un côté, vous affirmez ne pas accorder de crédit aux sondages. De l’autre, Ségolène Royal a envoyé la semaine dernière un mail aux militants ; elle y fait référence à plusieurs enquêtes réalisées sur Internet et qui lui confèrent entre 31 et 36% des intentions de vote aux primaires.
N. V.-B. Mais pourquoi les sondages défavorables à Ségolène Royal bénéficient d’une si grande publicité et les autres, ceux qui lui sont favorables, sont oubliés ? Avec ce mail, elle a voulu rétablir un certain équilibre. On sait très bien que les enquêtes d’opinion ont une grande influence, en particulier sur les électeurs indécis qui pourraient préférer voter utile. Mais vous avez raison : il ne faut accorder de crédit à aucun de ces sondages.
FS.fr Les deux derniers débats peuvent être déterminants. Est-ce que Ségolène Royal les abordera différemment que le premier ? On l’a senti effacée à l’occasion du premier, en retrait presque…
N. V.-B. C’est une analyse de journaliste mais ce n’est pas la vision qu’ont les gens. Les commentateurs politiques espéraient un clash. Le grand public, lui, attendait des propositions. Et il les a eues. Lors du premier débat, Ségolène Royal a montré qu’elle avait les épaules, une solidité, une sérénité, une stature, pour porter un projet présidentiel. Par exemple, tout le monde s’est amusé des « piques » échangées entre François Hollande et Martine Aubry à propos du nucléaire. Mais, Ségolène Royal a été la seule à prendre de la hauteur sur le sujet, à parler de façon claire et compréhensible par tous des enjeux d’une sortie du nucléaire. C’était un débat gagnant pour elle.
FS.fr Mais cela ne s’est pas traduit dans les sondages…
N. V.-B. Vous savez à quoi me font penser tous ces sondages ? A ceux du référendum sur la constitution européenne en 2005. Le système a choisi son candidat et s’obstine à ignorer ce qui se passe sur le terrain.
FS.fr Quelle est cette réalité du terrain ?
N. V.-B. Ségolène Royal ne se contente pas de grand discours. Elle s’intéresse vraiment aux gens. Quand elle propose de bloquer les prix de 50 produits de première nécessité ou encore de mettre fin aux tarifications bancaires abusives, elle sait de quoi est fait le quotidien de la plupart des français, systématiquement à découvert avant même que le mois ne se termine…. Le grand public le sent. On fait énormément campagne dans les quartiers populaires, par exemple. Vous seriez surpris de voir combien , dans ces quartiers, Ségolène Royal apparaît comme la candidate légitime du PS. Ils veulent qu’elle affronte à nouveau Sarkozy. Ils lui disent : « Il nous a bien eus la dernière fois, cette fois, battez-le ».
« On ne l’appelle plus ‘Ségolène’ »
FS.fr A-t-elle changé depuis 2007 ?
N. V.-B. Oui. Elle a énormément travaillé et a subi beaucoup d’épreuves. Elle fait preuve d’une immense force physique, morale, surhumaine. Je ne connais aucun autre politique qui parvienne, comme elle, à se relever sans cesse, à se réinventer. Elle a gagné une véritable stature de femme d’État désormais. Autour d’elle, on ne l’appelle plus « Ségolène », comme en 2007, mais « Royal ».
FS.fr Pourquoi croyez-vous autant en elle ?
N. V.-B. Je regarde ce qu’elle dit, je regarde ce qu’elle fait. Je n’ai jamais été déçue. Elle est beaucoup plus radicale que les autres candidats. Par exemple, quand elle propose de taxer les revenus du capital au même niveau que ceux du travail, elle le fera vraiment.
Aujourd’hui, nous sommes confrontés à un choix : ou nous accompagnons le système en tentant de l’améliorer à la marge ou nous le transformons. Ségolène est dans la transformation suivant des règles claires comme la morale publique, la justice sociale. Surtout, elle s’applique en privé les préceptes qu’elle défend en public. Ce n’est pas donné à tout le monde, y compris à gauche.
FS.fr En quoi est-elle la meilleure pour battre Sarkozy en 2012 ?
N. V.-B. Elle le connaît bien, puisqu’elle a déjà eu à l’affronter. Elle est la mieux placée pour le confronter à ses contradictions, pour lui opposer ses promesses non-tenues. Vous savez, je crois beaucoup au match retour. C’est une légitimité de plus.
« Sarkozy usera de tous les moyens pour être réélu »
FS.fr Si elle n’est pas désignée par les socialistes, jouera-t-elle malgré tout un rôle dans la campagne présidentielle ?
N. V.-B. Bien évidemment. Ségolène -comme moi, comme nous tous,- ira jusqu’au bout car il y a une nécessité absolue de refermer la parenthèse Sarkozy. On a vu ce qui s’est passé en 2007. La campagne a été très dure et 2012 devrait être pire. On sait ce que Sarkozy vaut en campagne ; lui et ceux qui l’entourent useront de tous les moyens, avouables ou non, pour ne pas renoncer au pouvoir.
FS.fr Qu’entendez-vous par « moyens non-avouables » ?
N. V.-B. On sait qu’il y a eu des irrégularités dans les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, comme l’a démontré l’affaire Woerth-Bettencourt. (Selon l’ancienne juge d’instruction Isabelle Prévost-Desprez, citée dans le livre Sarko m’a tuer, l’infirmière de Liliane Bettencourt aurait assisté à des remises d’espèces à Nicolas Sarkozy, alors secrétaire général de l’UMP. L’Élysée a démenti ces informations, NDLR). La campagne de 2007 n’a pas été équitable et pour cause : nous, nous étions dans la légalité.
Par Sylvain Chazot »
Cette période très intense de campagne des Primaires, de sortie de mon livre sur le Front National, de rentrée pour les associations et de reprise d’une nouvelle saison pour les événements à Lyon ne me laisse pas beaucoup de temps pour tenir à jour ce blog comme je le voudrais : vous savez, ce « miroir qu’on promène au bord du chemin », comme disait Stendhal. Voici donc un petit point non exhaustif sur quelques-unes de mes activités au cours de ces derniers temps, et quelques rendez-vous auxquels je tiens beaucoup pour les jours à venir… En attendant les 9 et 16 octobre prochains, bien sûr !
A Lyon, le mois de septembre a débuté par une rentrée associative en ébullition avec les neuf forums d’arrondissement sur deux week-ends: un rendez-vous très important pour les familles, et tous ceux qui veulent s’engager dans une activité collective. Une édition 2011 très réussie, malgré quelques caprices météorologiques : quelques souvenirs en photo que je publie plus bas, en témoignent. Mais, au final, peu d’annulations, quelques reports, et nous avons pu maintenir l’essentiel de ce que nous avions prévu, dans la bonne humeur et la convivialité.
Un regret évidemment pour l’annulation de la clôture de « Tout l‘Monde Dehors » qui devait rassembler tous les acteurs du jeu : par deux fois, la météo nous a pris de court. L’invitation aux bénévoles associatifs à un grand pique-nique au parc de la Tête d’Or, animé magnifiquement par la chorale Viva la Vida, avec la participation de l’Union National des Sauveteurs Secouristes qui offrait une formation gratuite aux jeunes (photo), a elle tenu tant bien que mal. On négociera mieux avec le temps la prochaine fois . Dimanche dernier, c’était aussi la très belle fête de rentrée du parc Chambovet à Montchat à laquelle je me suis rendue comme chaque année, quelques jours après un diner de quartier avec les habitants de la rue des Acacias. Une série de moments partagés en plein air, et bien souvent en musique comme « Jazz sur les places » à Saint-Georges, qui s’est poursuivie le week-end dernier avec « Cité Stand’ Up » à la Croix-Rousse qui a réuni les associations autour d’une scène ouverte aux jeunes talents.
Un peu en vrac, je signale aussi parce que cela fait partie des moments que j’apprécie le plus dans ma vie d’élue à Lyon : la présentation en avant-première de la prochaine Fête des Lumières aux partenaires, une rencontre enthousiasmante avec les jeunes collégiens de Montchat pour les inciter à siéger au Conseil Général des Jeunes, un débat à l’Hôtel de Ville sur les questions de société avec des anciens élèves de grandes écoles en Rhône-Alpes, ou encore l’accueil des nouveaux habitants en Mairie du 3e arrondissement…
Ces rencontres, ces discussions, ces échanges font écho à tous ces moments de campagne avec Ségolène Royal, où nous multiplions les expériences humaines qui enrichissent de la vie vécue par chacun une vision de l’action politique qui risque toujours, si on ne fait pas attention, de devenir trop « théorique » ou « déconnectée ». Ce fut en particulier le cas lors de sa venue à Lyon et Villeurbanne, pour un très beau meeting, suivi d’une longue rencontre avec des femmes chefs d’entreprises. Rien de tel pour ne pas se laisser enfermer dans le tourbillon médiatique des petites phrases, des anecdotes ridicules, et regarder en face la vérité de la France d’aujourd’hui.
C’est bien pour cela que je suis décidée à continuer: demain matin, j’accueillerai le Salon du Logement pour les Jeunes dont j’ai souhaité qu’il se tienne pour la première fois à l’Hôtel de Ville tant le sujet est d’importance : rendez-vous avec la Comité Local pour le logement autonome des jeunes et ses partenaires, de 10h00 à 20h00 dans l’Atrium, entrée place des Terreaux.
D’ici vendredi avec une séance publique du Conseil Général du Rhône, et dimanche le traditionnel vide-greniers de Montchat, les primaires continuent avec quelques moments importants : le débat télévisé entre candidats mercredi soir à 18h00 sur I-Télé, un tchat’ avec le Monde et Dailymotion le lendemain jeudi, un débat à Sciences-po avec Homosexualités et Socialisme le soir même, puis vendredi un débat à Lyon entre représentants rhônalpins des candidats (« Comptoir du 3e » 55, avenue Félix Faure, Lyon 3). Je n’oublie pas, pour celles d’entre vous qui ne sont pas Lyonnais, le meeting à Toulouse jeudi soir, le grand débat organisé par Terra Nova, le Nouvel Obs et la presse quotidienne régionale autour de Ségolène Royal à Nantes le 1er octobre, ainsi que ma propre présence ce soir là à Sète pour un meeting…Bref, plus que quelques jours avant un premier tour décisif. J’espère vous retrouver les uns les autres ici ou là et avoir le temps de vous redonner quelques nouvelles.




Je vous invite à lire le communiqué que je fais parvenir à la presse:
« La semaine dernière François Baroin jetait le projet du PS à la poubelle, Nicolas Sarkozy raillait le débat télévisé entre les candidats aux Primaires et hier, last but not least , Michel Pébereau le banquier conseil de l’UMP s’en prenait violemment à Ségolène Royal en moquant ses propositions de réforme bancaire.
Aujourd’hui, l’annonce de la création d’une banque publique d’investissement pour les PME vient confirmer que Ségolène Royal est devenue la seule boussole et source d’inspiration d’un Gouvernement en perdition.
Après le kit contraception dans les lycées ou l’encadrement militaire des jeunes délinquants, Nicolas Sarkozy fait désormais dans le copié-collé en reprenant une mesure phare du Contrat avec la Nation proposé par Ségolène Royal, déjà mise en œuvre en région Poitou-Charentes et intégrée au projet socialiste.
Rien ne va plus aux commandes de l’Etat : copier-coller n’est pas gouverner, fouiller les poubelles de ses Ministres encore moins. »
Je vous donne à lire mon communiqué de presse, en réaction au débat télévisé d’hier soir.
« De haute tenue, le débat d’hier soir a permis de dévoiler des différences entre les candidats qui ne sont pas minimes. C’est le cas par exemple de la relation que les uns et les autres comptent entretenir avec le système financier, source des maux économiques que les Français subissent si durement: Ségolène Royal a montré qu’elle allait bien plus loin dans le rapport de force que le politique devra instaurer avec la finance: obligation faite aux banques de participer à l’absorption de la dette, séparation des activités de dépôt et des activités d’affaires, interdiction de la spéculation par les banques sur la dette des États. Il ne s’agit pas d’améliorer le système à la marge mais de le transformer en profondeur pour rendre aux peuples la souveraineté que des marchés incontrôlés leur ont usurpé. Avec elle enfin, le politique reprend le pouvoir.
Forte de son expérience et du travail inlassable de ces dernières années pour construire ces solutions concrètes, Ségolène Royal s’est montrée hier soir déterminée, sécurisante et ambitieuse à la fois, claire sur les enjeux et convaincante sur les réponses. Surtout, les Français qui l’ont vu œuvrer ces dernières années, savent qu’animée par la morale de l’action et la politique par la preuve qui lui tiennent tant a cœur, elle respectera un a un chacun de ses engagements. »
Ainsi que la matinale à laquelle j’étais invitée avec Stephane le Foll ce vendredi pour commenter le débat :
Très belle soirée, hier soir à Villeurbanne avec Ségolène Royal, suivie d’une journée de visite de terrain très réussie aujourd’hui: je vous invite à lire le compte-rendu publié par la rédaction d’Euronews.
http://fr.euronews.net/2011/09/13/segolene-royal-en-campagne-de-lorde-juste-au-coup-de-balai/
« Villeurbanne, dans le Rhône, le centre culturel de la vie associative se remplit tranquillement. A 19 heures, heure prévue pour le meeting, la salle est pleine. De petits groupes papotent tranquillement devant l’entrée.
A l’intérieur, il faut chercher pour se trouver une place, ça se bouscule un peu. Des tee-shirts “Pour un ordre juste” portés par des militants de tous âges émaillent la foule de bleu. L’atmosphère est étouffante, l’assemblée attentive, et pour cause. Dans le rôle du chauffeur de salle, sur l’estrade, le président de région socialiste Jean-Jack Queyranne prêche avec ferveur et tente de combler par la parole les 45 minutes de retard de la candidate. Le maître de cérémonie, louant l’audace et le courage de la dame du Poitou, esquisse quelques grandes lignes. L’ambiance est bon enfant, la foule applaudit volontiers. Peu à peu, elle est subjuguée par cet orateur rassemblant l’attention autour d’une femme qui a parlé “avant tout le monde” de démocratie participative, d’ordre juste, et qui “n’a pas peur de frapper les puissants”…
Dans l’entrée, les militants main dans la main préparent une haie d’honneur. De temps en temps, des exclamations fusent : “la voilà” ! “Ségolène présidente” ! Et puis (enfin) elle arrive, la musique à fond. Les gens se hissent sur la pointe des pieds et tentent d’apercevoir une vague silhouette en veste blanche. Quelques minutes d’un nuage incessant de flashes, assez pour rappeler l’importance du personnage, assez pour se dire qu’ils en font peut-être un peu beaucoup pour une campagne de primaires…
Quand Ségolène Royal atteint enfin l’estrade, c’est un peu étourdie qu’elle cherche des yeux son équipe. Le maire de Villeurbanne, Jean-Paul Bret, introduit chaleureusement la première des candidats socialistes à fouler le sol du département pendant la campagne. “Mais je suis la première tout court !” lance-t-elle sous une salve d’applaudissements. Najat Vallaud-Belkacem (porte-parole de la candidate et adjointe au maire de Lyon) la présente alors comme le renouveau de la crédibilité du parti. Ségolène, calme, posée, entame alors son discours de campagne.
“Dire non au désenchantement”
Au programme, ce fameux “contrat avec la nation” que les militants distribuent en sortant. Elle rappelle sa volonté de rétablir une république du respect, à partir de son leitmotiv de “l’ordre social juste”. Et pour cela, rien de tel que des exemples concrets puisés dans son expérience de présidente de région. Elle appelle à “imaginer un destin collectif, à dire non au désenchantement, à faire de l’impossible du possible”. Autant de petites phrases ponctuées de salves d’applaudissements policés et des lointains pleurs d’un bébé. Simple, claire dans ses propos, on tend vite à penser qu’elle essaie de faire de son discours – qu’elle ne lit pas, la tête droite et le regard vif – l’image de son programme.
Soudain on frappe à grands coups sur la porte donnant sur la rue : un retardataire essaie d’entrer du mauvais côté, ce qui fait lancer à la candidate : “entrez! Il fait chaud ici, on se serrera un peu !” et d’ajouter avec joie “on m’avait annoncé une petite réunion de quartier, mais en fait ce soir c’est un grand meeting populaire !”
Le “coup de balai” Royal
Une Royal chaleureuse, souriante, presque espiègle énumère alors ses 5 priorités immédiates : faire de la France une nation d’entrepreneurs, développer les énergies renouvelables et l‘écologie, reprendre en main l‘éducation. Donner la priorité à l’intégration et la valorisation des banlieues (propos ponctués de bravi), et enfin, ne pas laisser le thème de la sécurité à la droite.
Avant de promettre, notamment au sujet de la corruption et des financements occultes des partis : “Nous allons remettre de la morale au plus haut niveau”. Et de poursuivre par cette formule qui fait déjà le bonheur de ses partisans comme de ses détracteurs : “au plus haut niveau, il y aurait du ménage à faire ! En fait ce ne serait pas plus mal qu’une femme soit enfin élue pour faire un peu de ménage : on a besoin d’un bon coup de balai !”.
“Elle était sensationnelle, comme toujours”
Au terme d’une heure trente de discours, la séance se termine sur une promesse “être une présidente équitable, dans un sursaut vers l’avenir”, suivie comme il se doit d’une standing ovation et d’une séance de dédicace de son ouvrage. Pas de questions, pas de trouble-fêtes en vue, les militants se rassemblent gentiment et parlent de la performance de leur candidate. Le public, hétéroclite, n’est pas toujours acquis : “On n’a pas encore fait notre choix”, nous confie un couple de retraités, Jacqueline et René. “On est membres du parti, et on vient tous les écouter, après on choisit tranquillement à la maison”. Mais Ségolène ? “Elle était sensationnelle, comme toujours”, confie Jacqueline avant de s‘éloigner.
Pour Patricia, jeune femme à l’allure décidée qui se dit “de gauche, pas militante mais votant socialiste au deuxième tour”, c’est différent : “j’ai un faible pour Ségolène Royal depuis la dernière campagne présidentielle, je m’informe sur internet en permanence. Aujourd’hui je l’ai trouvée très bien, on retrouve les points forts de son programme, et aussi un brin d’humour”.
Quant à Louden, 23 ans, vient de créer une entreprise, il a atterri ici presque par hasard après avoir rencontré Najat Vallaud Belkacem sur un festival : “elle m’a motivé à venir ce soir écouter le projet de Royal. Et franchement, ça ne peut que nous toucher. Mais je suis surtout venu en tant que jeune entrepreneur et j’ai eu des réponses à mes questions, je suis enchanté par cette soirée”.
Au dehors l’assistance s’effiloche en petits groupes le long du trottoir, un groupe de retraités et deux jeunes en goguette se séparent après un vif débat, et Villeurbanne retourne à son calme nocturne… avant le prochain candidat.
Marie Jamet & Isabelle Godard
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Bonjour à tous et bienvenue!
Elisa : Bonjour. Comment êtes-vous arrivé au PS ? Et quelles sont vos tâches ?
Bonjour Elisa, je suis arrivée au Parti socialiste après l’élection présidentielle de 2002. Militante socialiste, j’ai été élue locale, conseillère régionale en Rhône-Alpes, puis quelques années plus tard, adjointe au maire de Lyon et conseillère générale à partir de 2008. En qualité d’adjointe au Maire de Lyon, je m’occupe des grands évènements, de la jeunesse et de la vie associative. Au sein du Parti Socialiste, je suis Secrétaire Nationale en charge des questions de société. A ce titre j’ai beaucoup été amenée à travailler sur la question de l’égalité des droits.
Olga : Pourquoi cet engagement en faveur de Ségolène Royal ? Ne pensez-vous pas que son tour est passé ?
Voila déjà quelques années que je soutiens la démarche de Ségolène Royal. J’ai vécu à ses cotés la campagne présidentielle de 2007. J’ai vu sa détermination, sa force, son courage et j’ai adhéré à ses valeurs et à sa façon de faire de la politique, dans l’écoute, le respect et surtout par la preuve: ce qu’elle dit elle le fait. Elle me semble aujourd’hui la mieux placée pour faire échec à la fois à Marine Le Pen, par sa capacité sans égale à gauche à se faire entendre des classes populaires, et à Nicolas Sarkozy dont elle connait les forces et les faiblesses pour l’avoir déjà affronté, et pour avoir été son opposante n°1 ces cinq dernières années. Souvenez-vous de son combat contre la taxe carbone ou encore de son discours en réponse au discours de Dakar. Ségolène Royal a toujours un temps d’avance, une capacité à analyser les situations et à proposer des solutions concrètes qui me semblent indispensables en ces temps de doute sur la capacité des politiques à agir.
Yaol : Comment appréhendez-vous le retour de DSK ? Que rôle dans ces primaires selon vous ?
A lui d’en décider.
Mag : Ségolène Royal serait même battue au premier tour par Marine Le Pen dit un sondage. Qu’est-ce qui vous fait croire à une éventuelle victoire ?
Rien de plus incertain que ces sondages dont la fiabilité est aujourd’hui remise en question par tous et qui d’ailleurs se contredisent. Moi j’ai toujours préféré juger sur pièces, et il suffit d’accompagner Ségolène Royal quelques heures sur le terrain, pour comprendre l’impact qui est le sien, l’audience qu’elle a auprès de populations extrêmement diverses, et l’intérêt que suscitent ses réponses à la fois lucides et volontaristes aux crises que traversent les français: blocage des prix des produits de première nécessité, fermeté sur la sécurité, priorité à l’éducation, soutien aux PME etc… De toute façon s’il fallait ne se fier qu’aux sondages, Edouard Balladur aurait été président et François Mitterrand sans doute jamais…
Elisa : On dit DSK embarrassant pour le PS ? Vous approuvez ? Comptez-vous utiliser ses compétences économiques ?
A lui de décider de ce qu’il souhaite faire de ses compétences économiques.
Dani : Ségolène Royal a largement utilisé les sondages pour s’imposer comme la candidate du PS en 2007. Est-ce que ce n’est pas mauvais joueur, aujourd’hui qu’ils ne sont pas bons, de saisir la Haute autorité des primaires pour les contester ?
La différence avec 2006-2007, c’est qu’à l’époque les sondages portaient sur un corps électoral connu (sympathisants socialistes pour la primaire et Français pour la présidentielle). Cette fois-ci, par définition pour une élection inédite en France comme le sont les primaires, personne ne sait qui viendra voter et on se demande comment sont réalisés ces sondages qui nous sont présentés comme une vérité absolue sans aucun recul malgré la faiblesse des échantillons (- de 200 personnes en règle générale…) . Par ailleurs, les sondages effectués en 2006 avaient été réalisés après les débats qui avaient opposés les candidats à la primaire, et portaient donc sur des projets de société distincts et connus. Les choses sont loin d’être aussi claires aujourd’hui et on le sentiment que les sondages remplacent la réflexion et les débats et qu’ils voudraient finalement départager les candidats en lieu et place des électeurs. Nous disons nous que l’essentiel est de garantir le libre choix des français et pour ce faire arrêter le matraquage sondagier et le remplacer par l’expression des propositions de chacun.
Trop : Pourquoi refusez-vous obstinément le débat sur l’identité nationale ?
J’ai déjà dit à titre personnel qu’un débat sur l’identité nationale conduit par le ministre de la culture ne m’aurait pas gênée. Ce qui est plus préoccupant ce sont les motivations qui ont présidé à ce débat mené par le ministre de l’immigration et de l’identité nationale: on comprend vite que ce dont il s’agissait c’est, non pas de savoir qui compose l’identité nationale mais qui en exclure. Ca n’est pas ma conception de la politique et de l’intérêt général.
SiAlice : Je ne comprends pas bien en fait, si tous les candidats à la primaire ont le même programme – celui du PS – comment les distinguer ?
Le projet du PS est un socle commun. Il a été adopté à l’unanimité, ce qui est une bonne chose et prouve que les socialistes ont plus de valeurs en commun que de divergences. Cela étant, il est clair pour tout le monde que les candidats à la primaire doivent pouvoir indiquer leurs priorités et incarner ce projet car l’élection présidentielle reste la rencontre d’un homme ou d’une femme avec le peuple français. C’est ce que fait Ségolène Royal dans sa « lettre à tous les indignés et résignés qui veulent des solutions ».
Jules : Comment faire reculer le machisme volontaire ou inconscient cette fois-ci par rapport à 2007 ?
Je crois que l’expérience de Ségolène Royal justement aura fait avancer les esprits de ce point de vue. Elles sont d’ailleurs aujourd’hui bien plus nombreuses que par le passé à prétendre aux plus hautes responsabilités, tant mieux. La société française y est-elle prête? Je le crois. Ce dont je suis sure c’est que personne ne se permettrait plus aujourd’hui les mêmes propos machistes qu’en 2007.
Sinja : Comment comptez-vous contrer Marine Le Pen ?
Par des réponses claires et fermes aux désordres économiques et aux insécurités dont souffrent les gens. Les solutions préconisées par le Front National sont de fausses solutions qui aggraveraient la situation économique et sociale de la France bien plus qu’elles ne la résoudraient. Sortir de l’euro par exemple entrainerait très vite une baisse des salaires et une hausse des prix. Plutôt que par la diabolisation, le combat contre le front national passe aujourd’hui par les idées et les propositions. A cet égard, Ségolène Royal qui a fait du pouvoir d’achat et de la sécurité des combats essentiels, tout en ne lâchant jamais rien sur les valeurs d’une France ouverte, forte de son métissage et fière de son drapeau, est la mieux armée pour contrer Marine Le Pen.
Marcel : Pourquoi Ségolène Royal ne se démarque-t-elle pas en créant un nouveau groupe politique, proche du peuple ?
Parce qu’elle est socialiste et qu’elle croit aux valeurs du socialisme. Et que plutôt que de créer un nouveau parti elle préfère ouvrir le sien à l’ensemble de la société.
Amina : En vous maquillant le matin vous pensez à la présidence également ?
En ce moment ce serait mentir que de prétendre qu’on n’y pense pas à chaque instant. L’enjeu est de taille! Il s’agit de refermer la parenthèse désastreuse pour le pays ouverte en 2007…
Fabriceludo : Bonjour, vous êtes responsable des événements de la ville de Lyon. Comptez-vous créer quelque chose de vraiment neuf qui soit votre empreinte ? (et pas le recyclage lyonnais de Nature capitale fabriquée à Paris l’année précédente !)
Je regrette que Lyon Nature capitale vous ait déplu. Des choses vraiment neuves il y en a, même beaucoup: le street day pour les amateurs des cultures urbaines, le festival de cinéma qui commence dans quelques jours pour les cinéphiles, Afrosoul le mois prochain pour les amoureux des musiques africaines, un festival à venir autour des fleuves etc… Mais il y a aussi beaucoup d’évènements lyonnais copiés partout dans le monde, à commencer par la Fête des lumières:-).
Un dernier mot Najat Vallaud-Belkacem ?
C’est passé trés vite. Merci à tous les internautes. N’oubliez pas de venir voter les 9 et 16 octobre prochains. C’est ouvert à tous les français et c’est une occasion en or de choisir celle ou celui qui portera les couleurs de la gauche en mai 2012.
Lien vers le tchat sur Metro : Najat Belkacem répond aux metronautes
© 2012 Najat Vallaud-Belkacem.
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