Ma rencontre avec Robert Badinter

J'aime ! Publié le 27 septembre 2006

Il y a peu d’hommes politiques aussi respectés que lui, et je fais partie de ceux qui, au Parti Socialiste ou non, éprouvent depuis toujours une grande admiration pour son action, son intelligence, sa culture et son courage.

Lors de sa venue à Lyon, lundi dernier, à l’occasion des 25 ans de l’abolition de la peine de mort j’avais l’espoir de le rencontrer et d’échanger quelques mots avec lui. En l’écoutant ce soir-là, je crois avoir mieux compris ce qui fait la force de cet homme.

Il y a peu d’hommes politiques aussi respectés que lui, et je fais partie de ceux qui, au Parti Socialiste ou non, éprouvent depuis toujours une grande admiration pour son action, son intelligence, sa culture et son courage.

Lors de sa venue à Lyon, lundi dernier, à l’occasion des 25 ans de l’abolition de la peine de mort j’avais l’espoir de le rencontrer et d’échanger quelques mots avec lui. En l’écoutant ce soir-là, je crois avoir mieux compris ce qui fait la force de cet homme.

Badinter

Alors que l’immense majorité de l’assistance était venue lui rendre hommage pour ce qu’il avait accompli dans le passé, il a nous a assez fermement prié de bien vouloir ranger souvenirs et flatteries, et de nous intéresser avec lui à l’avenir du combat qu’il mène pour l’abolition universelle et l’amélioration de la condition pénitentiaire en France.

Il a rappelé, avec ce ton dont il a le secret, la nécessité de préserver les vies menacées par une condamnation à mort partout à travers le monde, et l’urgence de défendre les valeurs sans lesquelles, je le cite, « tout n’est que barbarie ». La nostalgie n’avait clairement aucune place dans son esprit.

Je me suis naturellement sentie très concernée par les deux sujets qu’il a abordés. D’abord parce que je suis engagée depuis plus d’un an dans la campagne d’opinion « Trop c’est trop » pour l’instauration du Numerus Clausus dans les prisons françaises, et que je regarde de très près le sort des prisons vétustes de Lyon qui doivent être détruites d’ici 2009 (j’y reviendrai lors d’un prochain post). Ensuite, parce que la peine de mort est toujours en vigueur au Maroc, où je suis née, même si un moratoire de fait y est appliqué depuis 1993. Je suis donc très attentivement la bataille qu’y mènent les abolitionnistes.

L’appel de Robert Badinter à la mobilisation, sa force de conviction, et son espoir serein en un avenir meilleur furent donc, au-delà de ce que j’espérais, une belle leçon de politique et, plus simplement, un exemple d’attitude à adopter dans la vie.

Comme il me l’a répété plus tard dans la soirée (j’ai finalement eu l’occasion de lui parler), il a finalement une grande confiance dans la capacité des nouvelles générations à mener les combats qui sont les leurs, à leur manière, et sans complexe.

Cette brève rencontre avec Robert Badinter, loin de me renvoyer à un passé glorieux et révolu de la gauche au pouvoir, m’a finalement donné beaucoup d’espoir dans la capacité de l’action politique à changer les choses. Ce soir-là, je me suis sentie bien dans ma peau de candidate aux élections législatives et déterminée à faire revenir une majorité de gauche au Parlement, à faire de grandes choses…

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513 commentaires sur Ma rencontre avec Robert Badinter

  1. Najat

    Robert Badinter a donc répondu lui-même à la question qui m’a été posée sur le blog il y a quelques jours : qui soutient-il parmi les candidats à la candidature au Parti Socialiste ?

    Je n’avais pas répondu à « Lyon69 » parce que j’ignorais tout simplement vers qui allait sa préférence, et que mon admiration pour son parcours et ses valeurs ne dépendaient nullement de cette question.

    En soutenant Ségolène Royal, je fais un choix différent du sien, comme beaucoup d’autres socialistes qui partagent néanmoins un socle de valeurs, de convictions et d’idées communes qui leur permettront de se retrouver autour d’un(e) même candidat(e) le moment venu.

    Je considère d’ailleurs que les soutiens des uns et des autres à tel ou tel candidat ne devraient pas être brandis comme autant d’arguments d’autorité. Le choix du représentant du parti socialiste à une élection présidentielle est une chose trop importante pour être confiée à qui que ce soit d’autre que soi-même.

    Afficher son soutien à l’un des trois prétendants à l’investiture est l’expression d’un choix pour l’avenir du pays, d’une confiance accordée à une personne et non pas d’une défiance à l’égard des deux autres.

    C’est d’ailleurs bien ainsi que Robert Badinter a présenté son choix dans l’entretien accordé au Parisien, comme on pouvait l’attendre de sa part. C’est pour moi l’essentiel.

  2. Laurent

    Moi, je partage l’admiration et la considération d’Antoine pour ce blog et son auteure. Bravo bravo.

  3. antoine

    je partage votre admiration et votre considération pour m. badinter

    bravo pour votre blog

Commentaires fermés.