C’était un 16 octobre 2020. Un vendredi d’avant vacances scolaires exactement comme aujourd’hui . Samuel Paty terrifié quittait son collège avant que son assassin débordant de folie intégriste le rattrape.
Je pense à lui et aux siens, à leur douleur incommensurable. Aux professeurs en général et à tous ceux qui font vivre nos écoles . Et je pense aussi aux élèves qui ont menti ou désigné un homme pour quelques billets. Et ça fait toujours aussi mal.
Je me demande ce que nous avons fait depuis 6 ans pour faire reculer le poison de la rumeur, la folie du cyberharcèlement, et surtout le terrible engrenage de la défiance envers les professeurs qui amène des familles à avaler tous les bobards possibles.
Ce monde là n’offrira de sécurité et de repos à personne. Ce monde-là, chacun de ceux qui prennent la parole publiquement contribue à le façonner.
Le véritable changement se produira quand, avant chacune de ces expressions, chacun se posera la question : suis-je juste, intellectuellement honnête dans ce que je dis là ? Ou simplement en train de conforter les préjugés et donc d’alimenter défiance et hostilité?
On dira que c’est un vœu pieux de ma part. Mais tout ce que j’ai lu après sa mort sous la plume de Samuel Paty m’a donné à voir que c’était ce monde là qu’il voulait. Un monde éthique. Plutôt que de simples hommages, on lui doit bien de poursuivre cet objectif .
Avec ma peine infinie.
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