Hommage aux fondateurs de la MJC Jean Macé.

Lyon Publié le 9 février 2011

Samedi dernier, je dévoilai une plaque en l’honneur de Lucien Bonnard, Jean Marnat et Jacques Guillermin, fondateurs de la MJC du 7e arrondissement à Lyon.

Je vous donne à lire le discours que j’ai prononcé à cette occasion, et dans lequel je reviens sur quelques-unes des priorités de la politique que je mène à Lyon pour défendre l’éducation populaire, et les valeurs que nous essayons de défendre pour développer le lien social et favoriser le « vivre ensemble » républicain.

« Monsieur le Maire, Cher Jean-Pierre,
Madame la Présidente, Chère Mauricette Baudoin,
Mesdames et Messieurs les Administrateurs, Adhérents et professionnels de la MJC,
Chers Amis,

Je suis bien sûr très heureuse d’être à vos côtés ce matin pour cet événement important dans la vie de cette belle Maison.

Certains parmi vous s’en souviennent sans doute : la première chose que j’ai tenu à faire lorsque j’ai pris mes responsabilités d’Ajointe à la Vie associative, ce fut de célébrer avec l’ensemble des acteurs de l’éducation populaire à Lyon, le 60e anniversaire de la création des MJC en France.

C’était important car l’attachement des MJC à leur histoire, au souvenir des femmes et des hommes qui ont marqué leur développement, ainsi que la fidélité inébranlable à leurs valeurs fondatrices font partie de ce que je considère comme l’un des atouts les plus précieux de ces acteurs majeurs la vie associative, culturelle et sociale de notre ville, et de notre pays.

Tous les professionnels, tous les bénévoles des MJC sont attachés à cette histoire qui, dois-je le rappeler ici, est née à Lyon.

C’est en effet en septembre 1944 qu’André PHILIP prenait l’initiative, quelques jours seulement après la libération de Lyon, de fonder « une fédération des foyers, cercles, maisons de la jeunesse de France » qu’il désigna d’abord sous l’appellation magnifique de République des Jeunes.

Lorsque vous regardez les principes et les actes fondateurs de ce mouvement qui allait marquer en profondeur les premières décennies de la reconstruction de la France, on se rend compte que tout est resté d’une actualité brûlante, comme les sont resté d’ailleurs, dans un même esprit, les objectifs du premier programme du Conseil National de la Résistance.

Il s’agissait de donner à la jeunesse les conditions de son émancipation, de lui permettre de participer à la construction d’une société plus juste, plus solidaire et plus démocratique.

Mais il s’agissait aussi, maison par maison, ville par ville, par quartier par quartier, de tisser un réseau de proximité qui soit à la fois un espace citoyen de débat, d’expression et de participation à la vie de la Cité, et un espace d’engagement concret pour agir collectivement au service du vivre ensemble, à l’échelle d’un territoire.

Lucien Bonnard, Jean Marnat et Jacques Guillermin, figures d’un catholicisme social très vivant à Lyon, étaient porteurs de cette ambition dont nous sommes aujourd’hui, toutes et tous, les héritiers.

Car, dans le fond, il n’y a pas une ligne à changer dans ce qui motivait leur engagement.

Bien sûr, depuis le temps de leur action fondatrice ici dans le 7e arrondissement, la société a beaucoup changé, la ville elle-même a énormément évoluée, et l’Etat s’est progressivement désengagé jusqu’à abandonner totalement, ou presque, tout soutien à l’éducation populaire.

Donc, tout est à réinventer dans les formes de l’action à entreprendre.

C’est, je crois, à ce double défi que nous essayons chaque jour de répondre ensemble : de fidélité au passé d’un côté, et d’exigence absolue de trouver des solutions adaptées aux problèmes d’aujourd’hui, quitte à bouleverser nos habitudes.

C’est tout le travail, en tout cas, que nous avons entrepris depuis presque trois ans avec le renouvellement pour 5 ans des conventions d’objectifs et de moyens.

Les nouvelles règles du jeu que nous avons adoptées ensemble ont permis de renforcer globalement le soutien de la Ville aux 12 maisons lyonnaises, tant en termes de fonctionnement et de développement, que d’investissement avec ce que nous faisons dans le 6e arrondissement et à Montchat, par exemple.

Elles nous ont permis aussi de renouveler progressivement la gouvernance des maisons les plus en difficultés comme à la Duchère ou à Mermoz.

Elles nous ont permis, plus généralement, d’approfondir nos relations de confiance, et de consolider un partenariat qui est aujourd’hui regardé – il faut le dire – comme un exemple en France.

Cette Maison, dont les bâtiments figurent parmi les plus récents du réseau, témoigne particulièrement bien de cette volonté de bâtir une politique qui soit à la fois dans la continuité et dans la modernité.

C’est le sens que nous avons voulu donner à cette plaque en rappelant, malgré tout, que ce sont les femmes et les hommes qui s’engagent au service des autres qui constituent la vraie richesse de la vie associative, et notre véritable espoir d’un avenir meilleur.

Permettez-moi de conclure simplement en citant la magnifique formule de Condorcet dans son Projet d’instruction publique de 1792 que rappelait le sociologue Christian Maurel dans une tribune du Monde il y a quelques jours en faveur de l’éducation populaire, et qui pourrait nous servir de devise : « Substituer enfin l’ambition d’éclairer les hommes à celle de les dominer ».

Que cette Maison, sous l’égide des ses fondateurs, continue longtemps d’incarner et de faire vivre cette belle et noble ambition.

Je vous remercie. »

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