La Fête des Lumières: Lyon à la une !

Lyon Publié le 10 décembre 2011

Alors que la Fête des Lumières bat son plein (plus que deux soirs pour en profiter!), je vous donne à lire l’article du Monde qui fait la une de cette édition de dimanche, ainsi que l’article de La Croix, en forme de première sélection d’une revue de presse qui s’annonce très élogieuse… La Fête qui, si j’en crois le regard enchanté des visiteurs, semble surtout faire le bonheur des Lyonnais comme de tous les spectateurs… Le tout précédé d’un court entretien vidéo. Bonne lecture, et bonne Fête!

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La Fête des lumières, sous la lune exactement

Par Clarisse Fabre (Le Monde)

C’est la magie de la Fête des lumières, à Lyon. La 13e édition s’est ouverte, jeudi 8 décembre, et les festivités durent quatre jours, jusqu’au dimanche 11 décembre.

Tous les publics arpentent les rues, les familles en poussette, les copains en bande, les catholiques en procession. Car, à l’origine, c’est bien de religion qu’il s’agit : le 8 décembre 1852, une cérémonie en l’honneur de la Vierge Marie fut contrariée par un violent orage. Impossible de lancer le feu d’artifice, alors, les Lyonnais placèrent des milliers de lumignons sur leurs fenêtres – une simple bougie au fond d’un verre.

La greffe entre cette tradition religieuse et la Fête des lumières, artistique, mais aussi commerciale, a pris. « Merci Marie ! », clame un écriteau lumineux à côté de Notre-Dame de Fourvière. Vieux Lyon, rives de la Saône, berges du Rhône, Perrache… Tout scintille. Les lutins réfractaires se sont résignés : perchés en haut des grues, dans un quartier en construction situé à l’est, des mannequins lumineux regardent le spectacle. Il n’y a plus que ça à faire.

Mais par où commencer ? Il y a au moins 70 installations dans la ville. En plein centre, dans la rue du président Carnot, les globes d’éclairage public se sont teints en rouge. Un bouquet de petites lunes pour saluer l’arrivée de cinq chars japonais de Fukuno (quartier de Nanto, dans l’ouest du pays), fragiles assemblages de bambous et de papiers colorés.

Soudain, les engins s’illuminent de l’intérieur. Feu ! C’est le signal du départ. Le cortège s’ébranle au rythme des percussions. La foule s’épaissit. En 2010, la ville affichait 3 millions de visiteurs au compteur… Il faut jouer des coudes pour atteindrela cathédrale Saint-Jean. Sous l’effet de subtils éclairages, l’édifice de style gothique et roman devient napperon de dentelle. « On voit que la cathédrale a été restaurée », souffle un monsieur, admiratif.

Les projecteurs s’éteignent, un autre flashe le mur voisin. Et alors, le logo de GDF-Suez jaillit. Merci les partenaires privés, sans qui rien ou presque n’est désormais possible : Monoprix, Toshiba, Vinci, Veolia, etc. La liste des sponsors occupe la dernière page du programme.

Un peu plus loin, il y a la queue devant le Théâtre des Célestins. Les gens attendent pour jouer au flipper… sur la façade. La partie, virtuelle, se joue sur une estrade en bois, depuis une console métallique reliée à la vidéo. L’immense terrain de jeu fait rebondir la balle blanche sur les colonnes corinthiennes, sur le corps des silhouettes féminines sculptées à mi-hauteur du bâtiment.

Drôle, captivant, mais aussi inquiétant : et si, un jour, le théâtre finissait en salle de jeu ? Ainsi l’ont voulu les deux jeunes concepteurs de cet Urban FlipperThibaut Berbezier et Carol Martinposer une installation qui ouvre mille questions. Pari réussi. Aussi éphémères qu’elles soient, ces créations représentent une exposition médiatique inespérée pour les artistes. Il y a, certes, les habitués, qui reviennent au fil des éditions. Mais la ville de Lyon assure qu’elle réserve la moitié de ses sites à de nouvelles équipes chaque année.

On pourrait enchaîner les installations phares. Mais l’envie de gravir les pentes de la Croix-Rousse est plus forte. Il faut voir Lyon du haut de la colline, découvrir des oeuvres plus intimistes. Au pied de la montée, la place Sathonay offre une halte poétique avec des oeuvres réalisées par des étudiants. Dans les branches des grands arbres, des oiseaux blancs, phosphorescents, semblent attendre le départ. Les buissons abritent d’étranges lueurs vertes : en fait, de simples ampoules et quelques feuilles de vigne vierge capturées dans des boîtes en plastique transparent. La lune, encore elle, est coincée au fond d’une rue étroite, sur un mur qui sert d’écran vidéo. Le vin chaud est vendu à « prix libre », c’est l’autre Fête des lumières.

L’enchantement continue au fil des marches. Un objet sphérique non identifié clignote dans l’amphithéâtre des Trois Gaules, en plein air. Métallique, il apparaît, disparaît, passe de l’argenté au bleu lavande. Tout autour, une installation évoque une constellation de planètes. La soucoupe de l’artiste Philippe Morvan nous attend sûrement pour un étrange voyage. Mais on ne peut pas l’approcher… Tout cela est très attirant.

« Plus que dix marches dans le froid, et c’est le vin chaud ! », lit-on sur une affichette. On atteint enfin les cimes. Au loin, on devine la grappe de ballons acidulés deJacques Rival, qui trônent au-dessus de la statue Louis XIV sur son cheval, place Bellecour. Comme par un coup de baguette magique, les jardins qui longent la montée de la Grande Côte sont devenus une forêt profonde, qui ne fait même pas peur, puisqu’on y est accueilli par un gentil lutin, une fillette aux bras ouverts et des animaux qui semblent sortis d’un dessin animé.

Tout ce petit peuple brille de malice. Ces Rêves d’enfants ont été conçus par la direction de l’éclairage public de la ville de Lyon, avec « le regard innocent et imaginatif » des petits du quartier. Vers 1 heure du matin, le lutin a disparu. Perdu dans les bois ? Non, c’est l’heure de l’extinction des feux. La ville se vide peu à peu… Les Lyonnais et les touristes se sont couchés bien avant la lune, la vraie.

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Lyon dans ses habits de lumière

Pendant quatre nuits, la 13e Fête des Lumières de la capitale des Gaules, événement populaire, religieux et profane, attire près de trois millions de visiteurs.

LYON

De notre envoyé spécial (La Croix)

Un éléphant dans la rue qui s’engouffre passage Ménestrier. Il bouge, frappe le sol de sa lourde patte, soulève la poussière, barrit. Au débouché de la passerelle du Collège, l’illusion est totale et frappe de stupeur les promeneurs de la 13e édition de la Fête des Lumières à Lyon, débutée jeudi soir et qui s’éteindra dimanche soir. Un flipper géant sur la façade du Théâtre des Célestins dont la partie est « commandée » par les spectateurs. D’énormes ballons multicolores sur la place Bellecour qui enserrent la statue équestre de Louis XIV et vont bientôt l’enlever vers le ciel. Les chevaux de la fontaine Bartholdi qui galopent sur les bâtiments de la place des Terreaux et emportent la statue de la Garonne vers les ténèbres du Musée des Beaux-Arts. Des pantins électriques qui dansent place de la République au-dessus d’un bassin qui démultiplie leurs mouvements. Des chars japonais, monumentaux, en bambous et papier mâché, tractés à la force des bras, qui parcourent les rues, du Rhône à la Saône. Des voyageurs volants, traînant leurs valises à roulettes, défilent, comme des nuages, le long de la gare Saint-Paul.

La cathédrale Saint-Jean, dans ses nouveaux habits de pierre, est repeinte avec des pinceaux de contraste. Une farandole de pages luminescentes comme une traîne de mariée dans la cour de l’Hôtel de ville. Devant les églises de Lyon, des cierges posés sur le pavé forment un chemin de lumière. Sous les nefs, prières, chansons, lectures et rencontres se répondent, de paroisse en paroisse, devant des crèches qui attendent la naissance du Sauveur. De la colline de Fourvière où scintille un monumental « Merci Marie », en souvenir et en célébration de l’origine religieuse de cette fête, visible de rue en rue, à la Croix-Rousse où les lumignons sur les fenêtres tissent une toile féerique, propre à cette ville.

« La Fête des Lumières, ça ne se raconte pas, ça se vit, ça se rêve », dit joliment Najat Vallaud Belkacem, adjointe au maire de Lyon, en charge de cet événement depuis 2008 et qui prend sa tâche à cœur. Dans la bataille d’images que se livrent aujourd’hui les métropoles du monde entier, cet événement, unique en son genre (par ses origines et ses déclinaisons), même s’il est imité aujourd’hui par une quarantaine de cités, est devenu un atout. Localement, c’est à la fois le 14 juillet, le 25 décembre et une Nuit blanche réussie, par la ferveur populaire et l’accessibilité aux sites. « Pour qu’une Fête des lumières soit un succès, poursuit l’élue, il faut respecter un équilibre entre la tradition religieuse et l’innovation, sans cesse remise sur le métier. » A vrai dire, à Lyon, c’est là un sujet sensible, à cause des tiraillements, toujours perceptibles mais atténués par un dialogue constant, entre le clinquant technologique et profane, et la source catholique de cette fête qui s’est longtemps cantonnée à poser des lumignons sur les fenêtres et à processionner, cierges en main, vers Fourvière. La magie de ces étoiles sur les façades des immeubles donne une couleur poétique, enfantine, humble et pleine de grâce, à cette nuit de l’Avent qui en annonce une autre dans le cœur des passants.

« Toute la ville s’investit », assure Najat Vallaud-Balkacem. Et ça se voit. Les édifices religieux ne sont pas négligés, mis en valeur, ne fût-ce que pour leur valeur patrimoniale. Des délégations du monde entier font le déplacement chaque année pour constater de visu l’ampleur de cette manifestation qui attire près de trois millions de badauds. Beaucoup viennent s’inspirer de ce modèle festif qui donne une autre image de la ville. Lyon a toujours éprouvé beaucoup de difficultés pour faire parler d’elle, pour faire savoir son savoir-faire dans tous les domaines. L’éclat de cet événement sert aussi de vitrine prisée par les artistes, repérés par les délégations étrangères, qui les réclament, à leur tour, sur leur territoire. Autre prodige, répartis sur 80 sites, étendue sur quatre nuits, la centaine de performances de la Fête des Lumières de Lyon ne représente que 3 000 euros de facture énergétique, grâce à un usage intensif des systèmes d’éclairage à basse consommation. Au loin, Debrousse, l’ancien hôpital des enfants, vaste barre multicolore palpite comme un cœur vivant. Même la lune participe à la fête. Elle se fraie un chemin parmi les nuages et apparaît, ronde, pleine et… lumineuse.

JEAN-CLAUDE RASPIENGEAS

Un site virtuel permet à ceux qui ne peuvent venir dans la capitale des Gaules de se faire une idée de la luxuriance de cette Fête des lumières : www.fetedeslumieres.lyon.fr

2 commentaires sur La Fête des Lumières: Lyon à la une !

  1. Decrauze

    Lyon, au faîte de sa lumière

    Et les lumières fusent…
    Faire abstraction de la multitude dans ses artères et absorber les projections lumineuses. Initiation à l’esthétisme d’une ville réinventée : des myriades de flammes du Huit aux ballets de couleurs sur bâtiments transmués, les sens exaltent.
    J’entame par du grillage à poules, aux abords du lac de la Tête d’Or, pour un irréel vaporeux. J’effleure ensuite la crinière du cheval échappé de la fontaine Bartholdi, puis je grime vers la façade fraîchement restaurée de la Saint-Jean. D’une rive l’autre, les passerelles dévoilent leurs charmes : celle du Collège pour un soir pyrotechnique, celle de la Justice pour des feux de la rampe orchestrés sans fausse note.
    Sous la bénédiction bleutée d’une basilique en suspens, les quartiers de Lugdunum s’illuminent et la pleine lune se devine, comme un signe céleste.
    Une, deux, trois lumières ! Ne bougeons plus, la féérie s’opère.
    Cf. les photos sur http://pamphletaire.blogspot.com/

  2. Cecile

    Je suis en plein dedans ! Aux célestins ! Il ya plus de monde qu’hier … Moins que demain ?? …. Excellent !!!:)

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