« N’attendons pas 2053 »

Droits des femmes Publié le 20 septembre 2012

HuffNeuf pays européens viennent d’exprimer une opposition de principe à l’idée qu’une directive puisse encadrer la part des femmes siégeant dans les conseils d’administrations des grandes entreprises européennes.

Ce tir de barrage entend décourager toute initiative législative de la Commission européenne dans ce domaine précisément au moment où la Commissaire Viviane Reding s’apprête à présenter un projet d’instrument communautaire visant à imposer un quota de 40% de femmes dans les conseils d’administrations et de surveillance des grandes entreprises européennes.
Cette opposition est parfaitement incompréhensible pour la Ministre des droits des femmes d’un gouvernement paritaire qui mobilise toutes ses énergies pour faire progresser l’égalité professionnelle, l’accession des femmes aux postes de responsabilité partout dans la société, la parité en politique comme dans les administrations et les entreprises. Elle est par ailleurs difficilement soutenable face à la réalité des chiffres et à la situation persistante de sous-représentation manifeste des femmes : moins de 14% de femmes siègent aujourd’hui dans les conseils d’administrations des entreprises européennes alors qu’il y a aujourd’hui plus de diplômés femmes que d’hommes en Europe (60% contre 40%) et les mesures incitatives prises tant au niveau national qu’européen ces dernières années n’ont guère permis d’améliorer ces médiocres performances.

Ce n’est pas acceptable ! Pour les citoyens d’abord, alors que 88 % considèrent que les femmes devraient être représentées à égalité aux postes de direction des entreprises. Pour une majorité de leurs représentants au Parlement européen ensuite, qui a d’ores et déjà adopté une résolution élaborée par l’eurodéputée néerlandaise Sophia in’t Veld visant à soutenir le projet de la Commission européenne d’instaurer des quotas de femmes au sein des conseils d’administration.
Ce n’est pas acceptable enfin au regard du principe d’égalité entre les hommes et les femmes posé et reconnu par les textes fondateurs de l’Union européenne. Le constat est pourtant accablant : 86% des administrateurs de société cotées en bourse sont des hommes et la résorption de ce grave déséquilibre par la méthode douce de l’autorégulation est si lente qu’il faudrait attendre au mieux 2053 pour que 40% de femmes siègent dans les conseils d’administration des entreprises européennes.

Pour dire les choses plus simplement, si l’Europe ne fait rien maintenant, c’est toute la génération des jeunes femmes qui poursuivent aujourd’hui leurs études et des ambitions légitimes qui sera sacrifiée. Nous ne pouvons pas attendre quarante ans que les choses s’améliorent enfin et encore, si nous avons de la chance. Il faut faire preuve de volontarisme politique face au constat que de simples mesures d’incitation resteront insuffisantes pour impulser une dynamique enfin plus vertueuse.

C’est ce que nous avons fait au niveau national comme plusieurs de nos partenaires européens. C’est ce qu’il importe de faire à l’échelle de l’Union à présent. Parce que l’égalité dans les entreprises est un levier pour l’emploi, la compétitivité, la performance, l’innovation et la croissance. Parce que l’égalité dans la société est une exigence démocratique forte, et une source de confiance dans l’avenir dont l’Europe ne peut se passer pour surmonter, tous ensemble, la crise que nous traversons.

3 commentaires sur « N’attendons pas 2053 »

  1. RAMAIN CHARLES

    bonsoir
    cette question n’est pas une question de gauche ou de droite mais bien une question d’évolution des mentalités..et cela est une rude tache .N’oublions pas que pour faire évoluer ces mentalités il faut d’abord que toutes les religions se posent la question de la femme dans la socièté quand les religions se déciderons a évoluer alors un grand pas aura été réalisé .Et puis n’oublions pas que pendant la guerre de 14-18 quand les hommes étaient au front c’est les femmes qui ont fait tourner les entreprises industrielles ou agricoles et elles l’ont fait très bien alors……cordialement

  2. Anonymous

    « N’attendons pas 2053″

    Peut-être bien que si !

    Tous les changements sont le fruit d’une longue et lente maturation, or ce dont vous vous indignez, Madame la Ministre, fait partie de la « Norme » actuellement.
    Néanmoins vous cherchez à bousculer cette « Norme » et il y’a de l’audace à cela, c’est pourquoi je suis de tout cœur avec vous dans ce combat !

    Ce qui paraissait indicible le siècle dernier, l’est aujourd’hui, c’est pourquoi je reste résolument optimiste quant à la réussite de votre entreprise.

    Bonne continuation !

  3. jean louis prime

    Madame la Ministre
    Bonjour Najat

    En effet cette question de la représentation des femmes dans les conseils d’administration des grandes entreprises européène est fondamentale, comme toutes les questions realtives au pouvoir des femmes dans la socièté.

    Nous avons il y a peu de temps laissé passer l’opportunité d’avoir une femme comme 3èm personnage de l’Etat. Encore du temps perdu.

    François Mitterand avait permis l’alternance politique entre la gauche et la doite, il faut maintenant une alternance entre les hommes et les femmes.
    Les hommes gouvernent seuls depuis déjà beaucoup trop de temps.

    L’objectif de cette alternance est une voie crédible, pour boulverser les civilisations et aller vers un monde meilleur. C’est en tout cas ma conviction.

    La route est encore longue, mais il faudra des femmes à la tête de toutes les institutions de notre pays, à égalité avec les hommes, y compris pour ce qui concerne la charge suprème, ce qui a aussi failli se produuire.

    Il ne faut rien lacher. il faut être en résistance chacun à son niveau. Dans sa famille, dans son entreprise, dans son ministère comme dans toutes les assenblées nationales et européennes.

    C’est ainsi que j’epère que l’on pourra fêter l’année 2053 dans une europe transfomée en profondeur et pour longtemps.

    Bien à vous

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