Nommer les crimes pour les combattre

Droits des femmes Publié le 11 octobre 2012

creteilLa ministre des droits des femmes exprime son émotion à l’issue de la décision de la Cour d’assises de Créteil rendue hier soir. Si le Gouvernement ne commente pas cette décision de justice, adoptée à huis clos par un jury qui s’est forgé une intime conviction, la Ministre exprime sa solidarité aux jeunes femmes.

Un viol n’est pas un épisode de la vie turbulente d’un village, d’un quartier ou d’une ville. C’est un crime. Un viol commis en réunion ne mérite aucun diminutif. Les pouvoirs publics et la société doivent  permettre aux victimes de mettre les mots justes sur la réalité  qu’elles ont vécu. La garde des sceaux est en train de créer les conditions pour qu’elles puissent être accompagnées tout au long de la procédure judiciaire, à travers la généralisation sur tout le territoire des bureaux d’aide aux victimes. Une priorité est de permettre une accélération de ces procédures.

La colère qu’inspire l’atrocité de ces crimes doit amener chacun à agir, pour que recule le nombre de viols en France et pour que les victimes soient écoutées, accompagnées, protégées.

Le nombre de viols commis en France est tel que nous connaissons toutes et tous dans notre entourage des femmes qui en ont été  victimes. Ces crimes odieux ne doivent être abstraits pour personne.

Ils ne sont pas des cas isolés. Au-delà des histoires singulières et dramatiques, ils trouvent leur source dans les inégalités profondément ancrées dans notre société. Les violences faites aux femmes ne sont pas uniquement une succession de faits individuels tragiques. Elles sont un fait politique et social qui marque notre société. C’est par une lutte, sur tous les terrains, contre ces inégalités, que les violences reculeront.

11 commentaires sur Nommer les crimes pour les combattre

  1. Jean-Marie KANINDA

    Les violences sexuelles sexistes contre les femmes ne connaîtront pas de décrue aussi longtemps qu’à la Chancellerie et au sein de tous les Parquets existera explicitement ou tacitement une « ligne » politique indéniable tendant à la correctionnalisation des crimes de viol lors de l’enquête préparatoire au procès du fond (qualification « à la baisse » donc fautive)au moment de la qualification des fait par les juges d’instruction d’une part et d’autre part, en amont, par les magistrat(e)s du Parquet. La « ligne » ou conduite politique dont question ci-haut se comprend au sens d’instructions générales écrites et verbales pour atteindre ou surveiller des seuils (péjorativement on dire « faire du chiffre ») comme on a par exemple dans un autre champ infractionnel le nombre de GAV annuelles tutoyer les 900.000 alors que le nombre de fonctionnaires de police était en réduction programmée et planifiée !

  2. Ben Jerad

    Madame,
    Oui il faut reconnaître ce crime, oui il faut accorder aux victimes l’écoute et le soutien dont elles ont besoin. Mais comment, alors que la société tend à banaliser les comportements les plus extrêmes et à diaboliser d’autres qui le sont moins? Comment faire encore la part des choses alors que toutes les valeurs les plus ancestrales, les plus ancrées sont bafouées ou détournées pour justifier ou laisser place à des attitudes et des principes immoraux?
    Alors oui Madame, il faut faire évoluer les choses, les remettre à leur place.

  3. Azhour

    Vous voulez lutter contre les violences ? Commencer par abroger la loi Perben II qui « légalise » la correctionnalisation pratique illégale que pourtant vous justifiez ! Donner donc les moyens à la justice pour que les viols soient jugés dans un délai raisonnable en Cour d’Assises. Arrêtez avec cette sous justice qui nie les viols

    Oui Madame il faut nommer les crimes. Et, la correctionnalisation est justement la négation de ces crimes (viols). Je trouve votre titre bienvenu mais alors il faut le faire

  4. Azhour

    Tous les jours des viols sont correctionnalisés, tous les jours des criminels sont transformés en déliquants. Tous les jours des violeurs « délinquants » prennent du sursis. Mais ce n’est pas médiatisé… Elle est la la différence et seulement la … L’ignorance est une alliée de l’injustice !!

  5. Patricia Lacombe

    Tout à fait d’accord avec tout ce qui se fait, se prépare pour combattre les inégalités, pour aider les victimes.
    Je suis moi-même une victime de toutes les types violences, je suis une polytraumatisée et je découvre à peine ces derniers temps que j’ai des droits parce que les miens ont tant été bafoués tout au long de ma jeunesse par ma famille et par la société que je n’ai même jamais pensé que j’étais une personne, et encore moins que j’étais une personne qui avait des droits.

    Tout cela pour dire que ce sont les enfants qu’ils faut accompagner, protéger plus que tout, ces victimes de viols en réunion étaient des enfants quand les faits se sont déroulés!!

    C’est le droit à la dignité humaine, le droit à leur intégrité physique qu’il faut donner en premier lieu aux enfants en supprimant le droit aux parents de les taper. Taper un enfant c’est lui signifier que son corps n’a pas de valeur, que le corps est un objet. Et on peut voir très clairement où cette signification peut mener autant pour les victimes que pour les agresseurs.

    C’est un Ministère des droits des enfants qu’ils nous faut, aussi!!

    Ce sont les mots comme respect, dignité humaine, droits humains fondamentaux qu’il faut nommer et définir précisément pour qu’ils prennent définitivement leur place dans la société.
    Le mot respect ne veut strictement rien dire, dans ce mot chacun y met tout et n’importe quoi.
    La dignité humaine et les droit humains fondamentaux, je n’ai pas encore bien compris de quoi il s’agit réellement… et la justice française ne m’aide vraiment pas à comprendre. Ma colère est incommensurable…

  6. Lao Tseu

    Le viol se banalise en France comme le racisme s’est banalisé, la pratique de la tournante n’a pas uniquement lieu chez les délinquants mais aussi dans la police Française situé en banlieue des agglomérations, certaines femmes gardent le silence à jamais et deviennent l’objet d’un trafic extra legem. Le cas de cette jeune fille violée en Iran dans un commissariat n’est pas une exclusivité, des cas similaires existent en France.

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