Tribune : « La gauche n’est pas l’ennemie des entrepreneurs »

Najat Vallaud-Belkacem, a réuni 16 dirigeants de grands groupes français pour briser le plafond de verre
Droits des femmes Porte-parolat Publié le 12 avril 2013

Retrouvez la tribune publiée dans le Journal Les Echos ce 10 avril 2013 à la suite de la présentation du plan d'aide à la création d'entreprise.

Entreprendre, c’est ce que nous faisons chaque jour. On ne gouverne pas sans prendre de risques, sans explorer des idées nouvelles ou tester de nouvelles façons de construire la solidarité. Lorsque le président de la République a émis pour la première fois l’idée des contrats de génération, chacun y a vu une belle idée. Il a fallu décliner jusqu’au détail cette belle idée, l’entreprendre. Et ces contrats se signent aujourd’hui en large nombre. Lorsque nous avons eu le projet d’une grande négociation sociale, nombreux ont été les sceptiques qui considéraient que les corps intermédiaires de notre pays étaient grippés. L’accord du 11 janvier, qui aujourd’hui est soumis au Parlement, a une portée historique. C’est l’une de nos plus belles entreprises. Lorsque nous avons eu l’idée d’en appeler à la solidarité des plus hauts revenus, nous savions dès le départ que nous devrions tirer le meilleur parti des contraintes constitutionnelles. Pour fixer une nouvelle frontière à la solidarité fiscale, il a fallu explorer des questions qui n’avaient jamais été examinées. Nous les avons entreprises.

Notre pays a plus que jamais besoin d’entreprises fortes, notamment de ses PME. Car les entreprises sont un lieu de la cohésion sociale, la première brique d’une société civile organisée. Elles sont naturellement au coeur du projet historique de la gauche : apporter à la société un ciment collectif fort et promouvoir une liberté émancipatrice. Alors, oui, notre gouvernement aime les entreprises, et notamment les petites et moyennes entreprises. Et nous sommes fiers du bilan que nous pouvons déjà leur présenter : le pacte de compétitivité, bien sûr, le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (Cice), la création de la Banque publique d’investissement, la réorientation de l’épargne placées sur les Livrets A et les Codevi, et bien d’autres.

Avec les assises de l’entrepreneuriat au début du mois prochain, nous prendrons encore des mesures massives pour faciliter les transmissions et cessions d’entreprise, pour orienter l’assurance-vie vers la production de richesses et pour engager ce que le président de la République a appelé un « choc de simplification ».

La complexité a un coût : 60 milliards d’euros… Une petite entreprise fournit chaque année 3.000 données par an et une centaine de données sont demandées cinq fois par an. En dématérialisant les procédures, nous pouvons réduire considérablement ces flux d’information coûteux. 250.000 bénéficieront ainsi d’une déclaration fiscale préremplie et des travaux de simplification sont engagés sur les formulaires. Autre exemple : la norme comptable des PME pourrait être simplifiée. La Commission européenne nous offre cette possibilité, pourquoi ne pas la saisir ?

Entreprendre est un verbe qu’il convient de conjuguer au féminin. Aux Etats Unis, la Directrice générale de Facebook, Sheryl Sandberg a mis la question des femmes au cœur du débat sur la compétitivité économique. Nous ne ferons pas non plus l’économie de cette réflexion. Le dispositif de l’auto-entrepreneur est massivement utilisé par les femmes, avec ses limites. Mais celles-ci sont très minoritaires à la tête de petites sociétés. Elles ne représentent en effet qu’un tiers des créateurs et repreneurs d’entreprises et un dixième seulement des entreprises innovantes nouvellement créées sont dirigées par des femmes. Nous gâchons notre potentiel. Une étude de la Commission européenne estime que si le taux d’emploi des femmes était équivalent à celui des hommes, notre potentiel de croissance serait accru de 20 à 40%.

Après avoir reçu le 8 mars 2013, une dizaine de femmes créatrices d’entreprise, le président de la République m’a demandé de préparer un plan d’encouragement à l’entreprenariat féminin. Les jeunes créatrices d’entreprises que nous avons rencontrées à ce moment avaient souligné les difficultés particulières qu’elles ont rencontrées pour obtenir des financements de la part des grands réseaux bancaires à la fois pour créer mais aussi pour faire grossir leurs projets. Elles ont souligné que nous avons une conception de l’innovation trop exclusivement masculine, qui met de côté un grand nombre de projet. C’est un sujet sur lequel j’ai saisi la BPI. Elles ont surtout souligné que le message était transmis par notre société dès l’école que les activités risquées n’étaient pas des activités pour les femmes. C’est ces représentations que nous devons bousculer en mobilisant l’ensemble des bonnes volontés qui sont prêtes à s’investir sur le sujet.

J’ai réuni ce mardi 20 groupes parmi les entreprises du CAC 40 qui sont prêtes à m’accompagner dans ce projet, à y mettre leurs énergies, leur compétence et à faire progresser leur propre pratique. Nous sommes prêts à entreprendre ensemble pour l’égalité.

Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement et ministre des droits des femmes.

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5 commentaires sur Tribune : « La gauche n’est pas l’ennemie des entrepreneurs »

  1. Kokoriko

    Hou la menteuse !!!

    Pourquoi avoir déclaré dans un premier temps et en avance -avec un aplomb digne de Cahuzac- un patrimoine de 25000 euros pour « officiellement » le porter à 106000 euros.
    Avez-vous gagné au loto entretemps… ou quelque conseiller avisé vous a suggéré de ne pas trop prendre les français pour des c… ?

  2. Benoit DUBUISSON

    Pardon Mme la ministre mais il y a un contre sens dans ce que vous dites : « Notre pays a plus que jamais besoin d’entreprises fortes » oui mais la taxe sur les revenus à 75% viendra plomber les entreprises.

  3. L. Roques

    Non , la gauche n’aime pas tous les entrepreneurs , notamment les plus précaires d’entr’eux, les auto-entrepreneurs . Monobstant toutes les études et tous les constats , madame Pinel et quelques autres , cédant aux pressions des artisans , de grands amis de la gauche (sic ) , s’apprètent à détruire ce statut intelligent et facilitateur pour l’entreprise individuelle .
    C’est idiot , c’est anti-social, ça va provoquer des fermetures d’auto-entreprises , des Rmiste et du travail noir .

    Il ne suffit pas de plaire aux lobbies pour faire du bon travail .
    Je suis désolé par ces choix .

  4. PERDRIAU

    et MITTAL vous l’aimez n’est ce pas
    que n’a pas été dit sur les patrons
    surtout, quand on dit que l’on n’aime pas les riches, on ne peut aimer les patrons

    Au fait nous attendons toujours une condamnation de Pierre BERGER sur la comparaison des ventres et des bras
    Bravo pour la défense des femmes

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