70 ans de l’amendement Grenier : Quand les femmes sont devenues citoyennes

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Droits des femmes Presse Publié le 27 mars 2014

Au lendemain du premier tour des municipales, le 24 mars 2014, la ministre des Droits des femmes invitait lycéennes et lycéens à commémorer les 70 ans de l'Amendement Grenier qui octroyait aux Françaises le droit de vote. Retrouvez ici l'article paru dans l'Humanité à cette occasion.

Najat Vallaud-Belkacem recevait, lundi, une classe de terminale du lycée Lucie-Aubrac, de Pantin, en Seine-Saint-Denis, pour célébrer le 70ème anniversaire du droit de vote des femmes.

C’est un véritable cours d’histoire qu’écoutent les élèves, sans broncher. Il n’y a pas de tables, pas de bureau, juste des bancs alignés face à deux historiennes et une ministre en guise de profs d’un jour. On est au ministère des Droits des femmes. Najat Vallaud-Belkacem a invité, lundi après-midi, une classe du lycée Lucie-Aubrac, de Pantin, en Seine-Saint-Denis, pour célébrer le soixante-dixième anniversaire du droit de vote des Françaises. C’était le 21 avril 1944.

Un regard sur le passé « pour faire revivre les premiers hommes et les premières femmes qui se sont battus pour que ce que certains appelaient à l’époque le “sexe faible” puisse avoir entre les mains un bulletin de vote », précise la ministre des Droits des femmes, debout devant une affiche d’un Fernand Grenier rayonnant. Ce député communiste a marqué l’histoire des Françaises en déposant l’amendement qui, adopté le 24 mars 1944, faisait des femmes des citoyennes à part entière. Un an plus tard, elles votaient pour la première fois. Et trente-trois élues entraient pour la première fois à l’Assemblée nationale.

Les élèves, toutes des jeunes filles, en terminale pro « accompagnement soin et service à la personne », suivent attentivement les explications, avant de se lancer dans un jeu de questions-réponses. Avec leur professeur, elles ont révisé cette période de l’histoire, enseignée en première. « On a épluché tout ce qui pouvait concerner Fernand Grenier », indique Malika Ayadi, leur enseignante. Cecilia, Samia, Marine, Anissa et d’autres lycéennes interviennent, émues. Les historiennes, Anne-Sarah Bouglié et Florence Rochefort, sont abreuvées de questions sur hier et aujourd’hui. Des interrogations de bon sens, comme celle-ci : « En 1944, quels étaient les arguments des politiciens qui s’opposaient au droit de vote des femmes ? » Ou encore : « Pourquoi est-il rare qu’une femme soit élue présidente de la République encore aujourd’hui ? »

par Mina Kaci – L’Humanité du 26 mars 2014

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