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J'aime !, Ma ville, mon canton
Personne ne m’en voudra, je l’espère, d’improviser ce petit billet un peu tardif sous forme de rappel à propos de la 7e édition du festival d’improvisation de Lyon – Spontanéous – qui se tient en ce moment même à Lyon, au Rail Théâtre.
Un festival qui ne ressemble à aucun autre en réinventant chaque soir le café-théâtre, dans un joyeux désordre plein d’inventions et de trouvailles: rien de tel qu’un fou rire improvisé, allez-y!
Toutes les infos ici, sur le portail culture de la ville: le programme.

Les Lyonnais et nos visiteurs du monde entier attendent avec impatience cette Fête des Lumières qui rend notre ville si belle, si magique et féérique pendant 4 jours (du 8 au 11 décembre) : c’est un moment unique qui met en ébullition toute la ville. En début de semaine, je présentais à la presse avec le Maire de Lyon Gérard Collomb, la programmation de la prochaine édition. L’occasion de revenir sur un événement toujours en renouvellement, en innovation, en créativité pour un double pari: rester fidèle à la tradition, et faire confiance aux jeunes créateurs pour surprendre, émerveiller, émouvoir tout le monde!
Je vous invite à lire une petite revue de presse des premiers articles parus en ligne, et c’est avec un enthousiasme non dissimulé que je vous laisse découvrir le teaser 2011 :
Fête des lumières 2011 par ville-de-lyon
Suivez toute l’actualité, et découvrez le programme dans quelques jours sur le site Officiel de la Fête des Lumières : http://www.fetedeslumieres.lyon.fr/ mais aussi sur Facebook: https://www.facebook.com/fetedeslumieres.
Les articles de:
Les 9 et 16 octobre, les citoyens qui adhèrent aux valeurs de gauche voteront, pour des idées bien sûr, mais également pour une personnalité. Or,les idées, comme les personnalités, s’inscrivent dans une durée que le jeu médiatique occulte. Tout se passe aujourd’hui comme si le débat public avançait sans passé ni mémoire. Faute de creuser le passé, même récent, les médias se contentent ainsi trop souvent de constater. Constater que les candidats convergent ou constater que leurs programmes se ressemblent, alors qu’il faudrait étudier de plus près l’évolution de leurs propositions pour ainsi évaluer la permanence de leurs convictions et la réalité de leurs différences.
Au cours de ces dernières années, Ségolène Royal a constamment tracé l’avenir de la gauche: pionnière, elle a proposé des solutions ambitieuses, les a défendues courageusement, avant de les voir reprises des mois ou des années plus tard, et dans l’indifférence des commentateurs, par ses camarades du Parti Socialiste. La croissance verte, qui a été un véritable cheval de bataille pour elle dès les années 90 et particulièrement depuis 2006, figure aujourd’hui en bonne place dans les programmes des candidats. La sortie du nucléaire aussi, de façon plus ou moins claire. Sauf que, Ségolène Royal, elle, n’a pas attendu Fukushima pour la défendre. La fermeté face à l’insécurité qui lui a attiré tant de critiques en 2006. L’ouverture du parti socialiste sur la société, la démocratie participative. Les solutions radicales contre la crise financière qu’elle avançait dès 2008. La priorité fiscale aux entreprises qui investissent, la création d’un gouvernement de la zone euro, la réforme bancaire, le conditionnement des aides aux entreprises… autant de sujet qui feraient « consensus » aujourd’hui si l’on en croit les éditorialistes. Dormez tranquille bonnes gens !
Il y a plus étonnant encore : les idées de Ségolène Royal inspirent même au-delà de la gauche. Nicolas Sarkozy, à bout de souffle au terme d’un mandat marqué par l’injustice et l’inefficacité, recours à l’encadrement militaire des délinquants et la banque publique d’investissement pour venir en aide aux PME ; deux solutions majeures de Ségolène Royal datant de 2007 et 2008. Toujours dans le silence et l’indifférence des commentateurs.
Si Ségolène Royal est « en avant », si elle propose des idées et que les autres se les approprient, il y a de quoi se réjouir, bien sûr. C’est la preuve que les idées innovantes font leur chemin. Mais dans le cas des primaires socialistes, ne pas relever ces appropriations, c’est brouiller les lignes du débat. Prisonniers d’une vision statique des programmes, les journalistes passent à coté de l’information essentielle, celle qui pourtant intéresse le plus les électeurs : où est le mouvement et où est l’immobilisme, où sont les belles paroles et où sont les réalisations, où est la conviction et où est l’opportunisme.
Guillaume Garot et Najat Vallaud-Belkacem
Portes parole
Voici l’invitation à la réunion publique de présentation des candidat-e-s aux primaires qui aura lieu dans le 3ème ce vendredi 30 septembre. Elle aura lieu à 20h au Bistrot « le comptoir du 3ème », 55 Avenue Félix Faure Lyon 3ème.
Avec la participation (sous réserve) des représentants Najat Vallaud Belkacem, Thierry Philip, Pierre-Alain Muet, Laura Gandolfi, Thomas Chadoeuf et Thierry Braillard.

La fédération PS du Rhône a reçu mercredi matin les soutiens de Ségolène Royal dans le département. Emmenés par Jean-Jack Queyranne et Najat Vallaud-Belkacem, ils n’ont cure des mauvais sondages qui laisse la dame du Poitou loin derrière Hollande et Aubry pour la Primaire socialiste, et croient fermement à la victoire de leur championne.
« J’ai rejoint Ségolène Royal par conviction et par passion, et pour tout ce qu’elle représente comme personne digne et respectueuse. » « Le peuple, c’est elle. » Qu’il s’agisse de la conseillère régionale Florence Perrin, ou du maire de Belley Jean-Marc Fognini, les marques de ralliement à Ségolène Royal tiennent parfois de l’extatique. Comme en 2007.
La défaite face à Sarkozy balayée, une seule qualité prévaut chez les thuriféraires de Royal : avoir remis la gauche à l’endroit après sa défaite au 1er tour de Présidentielle de 2002. « Avec 17 millions d’électeurs au second tour en 2007, elle a fait renaître l’espoir », souligne Jean-Jack Queyranne, fidèle parmi les fidèles.
Ceux qui la soutiennent voudraient naturellement que les votants des Primaires socialistes la choisissent. Pour finir le travail commencé en 2007. Car pour tous, Ségolène Royal est plus forte, plus en mesure d’emporter la mise.
« Ségolène Royal a été passé à la lessiveuse pendant la campagne de 2007, le PS n’avait pas fait bloc derrière elle, insiste Najat Valaud-Belkacem, sa porte-parole. Elle a pourtant fait le preuve de sa force. » L’adjointe de Gérard Collomb en fait même l’opposante n°1 à Nicolas Sarkozy depuis 5 ans, aux heures où le PS se reconstruisait après le Congrès de Reims de 2008. « C’est elle qui est monté au créneau face à Sarkozy sur la taxe carbone, rappelle l’élue lyonnaise. C’est également elle qui s’est levée pour dénoncer le discours de Dakar du Président de la République, qui assurait que l’homme africain n’était jamais rentré dans l’histoire. »
Des états de services irréprochables pour ses soutiens, là où certains verraient plutôt une traversée du désert. Et pour Jean-Jack Queyranne de rappeler l’action « innovante et solidaire » de sa consoeur à la tête du Conseil régional de Poitou-Charente. « La reconquête industrielle de son territoire, avec Heuliez et la production de voitures électriques, en est la preuve », martèle-t-il. Pour être désigné candidate, le pédigrée ne suffit pourtant pas.
Primaires : 1 millions de votants espérés en France, 120 000 en Rhône-Alpes, 35 000 dans le Rhône
Il faudra alors passer sous les fourches caudines de la Primaire socialiste pour devenir légitime. Jean-Jack Queyranne table d’ailleurs sur au moins un millions de votants en France les 9 et 16 octobre prochains. « J’espère au moins 120 000 électeurs en Rhône-Alpes et 35 000 dans le Rhône », s’avance-t-il. Et tous croient aux chances de la candidate via ce mode désignation. « Les soutiens de Ségolène Royal, ce sont les Français, recadre Valaud-Belkacem. Nous ne sommes pas dans un congrès du Parti Socialiste, nous sommes dans un processus de Primaires », rappelle-t-elle. Il faut dire qu’au regard du nombre des soutiens de François Hollande dans le département, Ségolène Royal est à la traine. « Peu importe le nombre d’élu qui vous suit, continue-t-elle, ce qui compte, c’est la dynamique populaire. »
Et pourtant les sondages ne font pas de Ségolène Royal la favorite pour la course à l’investiture. « Nous remettons en cause la fiabilité des sondages », tranche Valaud-Belkacem, jugeant « préoccupant qu’ils passent pour être la vérité révélée. » Ségolène Royal a d’ailleurs adressé un courrier à la haute autorité des Primaires socialistes pour qu’aucun sondage ne paraissent au minimum 48h avant le premier tour de la Primaire.
Charles Fiterman, PCF, ancien ministre d’Etat du gouvernement Mauroy et symbole de l’union de la gauche en 1981, évoque alors ces mêmes sondages. « Je ne veux pas faire de mauvais procès aux instituts, commence-t-il. Mais les Primaires, c’est un objet politique non identifié. Les sondages ne peuvent être qu’aléatoire car on ne connait pas avec précision le corps électoral. » L’exemple des Primaires écologistes, qu’il cite, est un appel à la prudence à tous ceux qui estiment le scrutin joué. Et la campagne de terrain de Ségolène Royal, « dynamique et joyeuse » selon l’ancien ministre, pourrait faire la différence. Campagne qui passera, les 12 et 13 septembre prochains, par Villeurbanne et Vaulx-en-Velin, selon les précisions apportées par sa porte-parole Najat Valaud-Belkacem. Lyon et Collomb ne sont pas encore au programme de la dame du Poitou.
L’article sur le site de Lyon Mag : Les Ségolénistes du Rhône
Pour le 14 juillet la Ville de Lyon a tenu à redonner un corps à cette fête nationale, surtout en ces temps où l’idéal républicain est de plus en plus malmené.
C’est dans un esprit républicain de vivre ensemble, de diversité culturelle et d’ouverture sur le monde que sera organisée cette belle soirée dans le cadre de Tout l’Monde Dehors! Cela ne pouvait pas en etre autrement : le 14 juillet doit appartenir à tout le monde pour avoir un sens et chaque personne doit se le réapproprier dans l’espace public.
Je vous invite donc tous et toutes à venir nombreux demain soir. Seuls, en amis ou en famille : la richesse de la programmation de ce soir devrait satisfaire chacun d’entre nous !
Au-delà du magnifique et traditionnel feu d’artifice vers 22h30 (espérons que le temps soit clément), toute la soirée sera rythmée par de la musique et de la danse des quatre coins du monde avec des groupes et des DJ Afrosoul, Folk, Berbère… Rendez-vous sur les quais de Saône, entre les ponts Maréchal Juin et Bonaparte (Rive gauche) pour célébrer la danse en plein air !
Retrouvez les différentes informations pratiques et le programme ici : 14 juillet à Lyon !
Ce lundi soir au Conseil Municipal , nous adoptions définitivement le nom de « Simone André » pour l’espace associatif du 6ème arrondissement qui ouvrira enfin ses portes à la rentrée. Un espace de plus de 700 m2, fort bienvenu dans cet arrondissement et qui accueilleraà la fois la MJC du 6ème et, sous la houlette du CCA6, les associations du quartier qui logeaient précédemment Rue Dussausoy avant l’effondrement du bâtiment. J’en ai profité pour rendre hommage à celle qui fut longtemps adjointe en charge des associations de la Ville de Lyon.
Tout le monde connait l’énergie et la force de conviction incomparable que Simone a su mettre au service des associations de Lyon depuis des décennies. Elle qui a créé et préside encore le Forum des Associations dont nous avons encore pu admirer la vitalité récemment à l’Hôtel de Ville pour son 30ème anniversaire. Elle qui a multiplié les initiatives telles que la création du prix de l’innovation associative, d’un journal, d’un annuaire des associations ou encore de l’Espace associatif du Rhône. Elle surtout qui a porté partout, en tout temps la parole de ces milliers de bénévoles qui œuvrent souvent en silence et qui font la richesse et l’humanité de notre société, ces bénévoles sans lesquels le souci de l’autre, le lien social et le vivre-ensemble ne seraient que des formules incantatoires.
Je sais qu’elle aurait été très heureuse d’assister à la séance de lundi si une vieille blessure n’avait pas décidé de lui refaire des siennes. Je lui souhaite donc à nouveau un prompt rétablissement.
Ce mois de juin est si chargé en événements que je n’ai rien pu faire d’autre sur ce blog qu’effleurer les projets sans m’attarder sur leur succès. Pour le plaisir, pour tous ceux qui n’ont pas pu passer, revivez au fil de ces très belles photos de Frédéric Boulant le « Lyon Nature Capitale » que nous avons organisé sur la Place Bellecour le week-end du 18 juin. Ou comment la nature réenchante nos villes…
Retrouvez toutes les photos en cliquant sur cette photo ci-dessous :
Ca y est, nous y sommes ! Hier matin, les trois péniches parties de Dammarie-lès-Lys il y a 15 jours avec à leur bord des centaines de baliveaux et de grands arbres sont enfin arrivées à Lyon, quai des Célestins, à deux jours de l’ouverture de Lyon Capitale Nature, un événement hors du commun!
Jugez-en plutôt: des milliers d’arbres et de cultures agricoles issus de plus de 150 essences différentes vont métamorphoser la place Bellecour avec plus de 16000 m² de parcelles végétales durant trois jours, ces 17, 18 et 19 juin. Il s’agit d’une création végétale originale et unique au monde qui va émerveiller les visiteurs par sa poésie spectaculaire, mais aussi éveiller les consciences sur les enjeux écologiques de préservation de la nature, notamment en milieu urbain.
Evénement éphémère par excellence, Lyon Nature Capitale est aussi une manifestation durable et responsable car l’ensemble des parcelles qui composent l’œuvre seront réutilisées pour embellir les espaces publics, les cours d’école ou les parcs et jardins de notre agglomération.
C’est une occasion formidable d’éduquer, de sensibiliser le public le plus large à des questions de société et de civilisation essentielles comme le rapport de l’homme à la nature, la place de la nature dans la ville, les enjeux concrets du développement durable, la préservation de la biodiversité, ou encore la responsabilité environnementale de chacun.
L’événement s’inscrit aussi dans une logique de rayonnement international: le concept voyagera ensuite à Sao Paulo ou New York avec à chaque fois des créations uniques et l’implication des acteurs locaux, comme c’est le cas bien entendu pour cette édition lyonnaise.
Je vous invite à découvrir dès maintenant le très riche programme d’activités qui nous attend au cours de ces 72 heures de merveilleux et d’inattendu…. Rendez-vous dès vendredi, place Bellecour!
Pour plus d’informations, voici le site : Site Officiel Lyon Nature Capitale
Retrouvez le dossier de presse de Lyon Nature Capitale : Dossier de Presse Lyon Nature Capitale
Une petite vidéo qui vous fera partager ce très beau moment sur les Berges du Rhône: la preuve par l’image que le record du plus grand strip du monde a été battu à Lyon!
Dans l’optique de la prochaine Marche des Fiertés LGBT qui se tiendra à Lyon le 18 juin 2011, dont le mot d’ordre retenu est: « Pour l’égalité : en 2011 je marche, en 2012 je vote! », il est important que les militants et les sympathisants socialistes soient nombreux à ce rendez-vous.
J’ai déjà eu l’occasion de le dire : l’égalité des droits est un progrès pour tous, que l’on soit hétérosexuel ou LGBT, femme ou homme et quelque soit notre couleur de peau. Les propositions du Parti Socialiste que j’ai défendu sur le sujet sont dans les priorités du Projet pour 2012 (que vous pouvez retrouver ici : Le Projet PS ).
Afin d’expliquer nos propositions, de mieux les défendre, d’expliquer le sens et l’importance d’être mobilisés sur la Marche des Fiertés, je participerai avec HES (Homosexualités Et Socialisme) à une seconde réunion ouverte organisées par le PS, HES et le MJS :
Jeudi 9 juin – 20h30 à Espace Leclerc – Salle Pagnol – 27, avenue Leclerc – Tassin la Demi-Lune (69160)
J’interviendrai en tant que Secretaire Nationale du Parti Socialiste en charge des questions de société aux côtés de Christophe Villard, Responsable du groupe lyonnais d’HES, et de Lucie Briatte, Responsable fédérale des Jeunes Socialistes du Rhône.
Je compte sur vous pour être nombreux et nombreuses et diffuser ces informations autour de vous !
Voici l’événement Facebook de cette réunion ouverte : Débat avec Najat Vallaud-Belkacem, Christophe Villard et Lucie Briatte
Retrouvez également l’événement Facebook de la Marche des Fiertés à Lyon ici : La Marche des Fiertés à Lyon
J’ai eu l’occasion, il y a quelques jours, d’être auditionnée par un groupe d’étudiants de Sciences Po Paris pour les besoins d’un livre blanc consacré à la mixité sociale. Leurs questions étant suffisamment précises pour me permettre de rentrer dans le détail des choses, je vous donne à lire cet entretien qui mêle regard sur la politique de la Ville, la rénovation urbaine ou encore la loi SRU et propositions pour l’avenir dans un domaine crucial pour notre pays.
1ère question (constat) : Comment définissez-vous la mixité sociale ? Est-ce une notion différente de la diversité ? Est-ce un véritable enjeu de société ? Quel constat faites-vous de la mixité sociale aujourd’hui en France? Au sein de l’agglomération lyonnaise ? L’absence de mixité sociale pose-t-elle problème ? Si oui, lequel/lesquels ?
NVB : Bien entendu, ces deux termes renvoient à des réalités très différentes, et il me paraît important que les deux concepts restent démarqués pour ne confondre les choses. Dans le langage courant, la question de la diversité est bien souvent cantonnée à la seule question ethnique, à savoir l’éternelle obsession de l’origine visible des individus. La mixité sociale, elle, recouvre avant tout une dimension socioprofessionnelle qui renvoie à plusieurs facteurs, les professions, le capital social de naissance, le niveau de vie, les habitudes de consommation, la culture, la langue, les loisirs… Si l’on est un peu plus exigeant on peut commencer à introduire des variables relatives à l’âge ou à l’ethnie. Là, le concept devient beaucoup plus global.
L’indicateur de mesure de la mixité sociale tourne souvent autour de la question du logement. On mesure sur un territoire donné le pourcentage de chaque catégorie de population. Si cela est révélateur, seul, cet indicateur est insuffisant. En effet, les différentes catégories de populations peuvent vivre sur un même territoire sans rien partager. Pour avoir donc une véritable mesure de la mixité sociale, il faut nécessairement croiser la question du logement à celle de la vie sociale (culture, association) et à celle de l’éducation.
La mixité sociale est ainsi nécessairement une démarche plus profonde que celle de la diversité qui souvent se cantonne à une politique de l’affichage. On montre du visible et on peut faire de la diversité assez facilement : des candidats issus de l’immigration présentés à des élections, une politique de recrutement limitée – mais publicisée – au sein des entreprises et des administrations, etc.
Si ces initiatives ont pu être utiles pour sensibiliser les gens à la question du manque de représentation (politique, sociale, associative, économique) de certaines populations, elles sont restées décevantes et insuffisantes tant elles ne répondent pas aux exigences de cohésion sociale et d’intégration.
La mixité sociale, a contrario, a, avant tout, une dimension qualitative. Elle se mesure aux échanges nombreux entre les différents individus ainsi qu’à la dynamique sociale et associative (qu’elle soit culturelle, sportive, de solidarité) du territoire concerné. La mixité est un processus dynamique, elle est vivante. Elle suppose des échanges nombreux et une fluidité entre les catégories sociales (notamment possibilité d’ascension sociale).
Autant dire qu’au regard de ces éléments, la mixité sociale est largement insuffisante en France et le constat est sévère :
- les catégories socioprofessionnelles sont figées
- le gouvernement a démissionné devant l’exigence d’égalité des chances rendant toujours plus criantes les inégalités de naissance
- des « ghettos de riches » à l’américaine, ultra-sécurisés, apparaissent
- la rénovation des banlieues ne semble pas une priorité du gouvernement après l’abandon du « Plan banlieue. »
- une situation bloquée dans la périphérie des grandes villes, à quelques notables exceptions près.
L’absence de mixité sociale met en branle la cohésion sociale, encourage la méconnaissance et la peur de l’autre. Ce sont donc les fondamentaux de la République qui sont menacés. L’absence d’une possible ascension sociale pour l’immense majorité des plus démunis fait des ravages et assombrit l’avenir de tout un pan de la société.
1ère question bis (mixité sociale et politique de la ville) : Quelle analyse faites-vous de la prise en compte par les pouvoirs publics de la problématique de mixité sociale ? Diriez-vous que la politique de rénovation urbaine au travers de l’ANRU est de nature à apporter une réponse satisfaisante à cet enjeu ? Quelle analyse faites-vous de la loi SRU ? Qu’est-ce qui explique qu’elle soit aussi peu respectée par les élus ? Pensez-vous que l’échelon de la ville est le bon échelon pour mener à bien de telles politiques ?
NVB : Le Plan banlieues proposé par le gouvernement Sarkozy a été très décevant. Les attentes étaient pourtant nombreuses et la nécessité d’agir n’a jamais été aussi forte.
Au-delà des visites médiatisées et des effets d’annonces, quelles mesures concrètes ont été mises en œuvre ? Même avec toute la bonne foi du monde, je ne saurais dire. Les retours faits par les acteurs de terrain sont très mauvais, très inquiétants.
La politique de la ville, désertée par l’Etat, est désormais avant tout portée par les acteurs locaux : collectivités, bailleurs, associations … qui font un travail remarquable.
A l’échelle de l’agglomération lyonnaise, beaucoup d’efforts ont été entrepris et sont portés par une équipe très volontariste. Le quartier de la Duchère, par exemple, a été complètement redessiné. On pourrait évoquer aussi Vaulx-en-Velin ou Mermoz. Au sein de ma délégation, tous les grands événements sont organisés avec un souci constant de mixité sociale. Il me tient à cœur de permettre la rencontre et donc la meilleure connaissance et compréhension de populations trés différentes. Le souci est toujours aussi présent lorsque nous travaillons avec les associations locales, et que nous essayons de donner aux jeunes les moyens d’être des acteurs autonomes de leur vie et leur ville.
L’échelle la plus pertinente est bien entendu celle de la communauté urbaine ; les enjeux de mixité sociale ne s’arrêtent pas aux frontières de la commune. Sur un territoire donné, les territoires qui concentrent les richesses doivent faire preuve de solidarité et contribuer à l’effort commun. De plus, à l’échelle d’une agglomération, les synergies et les leviers d’action sont beaucoup plus puissants. Cela nécessite toutefois un changement de mentalité.
Quant à la loi SRU, il faut bien sûr faire en sorte qu’elle soit respectée par toutes les communes. Les communes les plus riches préfèrent payer la sanction financière prévue par la loi que d’appliquer les 20% de logements sociaux. Cela n’est pas acceptable. Il faut donc que l’Etat, en plus d’infliger des sanctions plus lourdes, se substitue aux collectivités récalcitrantes pour qu’aucun territoire de la République n’échappe au nécessaire effort national. Il faut enfin sortir d’une logique purement statistique et s’intéresser aussi à l’aspect qualitatif de l’action des collectivités en la matière. En effet, construire les 20% de logement social sur une même portion de territoire répondra peut-être au besoin de logement mais en aucun à la problématique de mixité sociale. Il faut donc encourager les collectivités à construire ou à réhabiliter du logement social sur l’intégralité de leur territoire, y compris et même avant tout, dans les centres villes.
Toujours sur la question du logement et de la rénovation urbaine, je tiens à rappeler une proposition du parti socialiste : que toutes les opérations dépassant 12 logements comprennent au moins 1/3 de logements sociaux.
1ère question bis (mixité sociale et éducation) : Au sein de l’enseignement scolaire, quel constat faites-vous de la mixité sociale ? Diriez-vous que le système actuel est de nature à favoriser une meilleure mixité ? Ou au contraire encourage-t-il des phénomènes de ségrégation ? S’agit-il d’une problématique suffisamment prise en compte au sein de l’Education nationale ? Quid de la formation ou la sensibilisation des enseignants à cet enjeu ? Diriez-vous que les enseignants sont suffisamment formés ou disposent de suffisamment moyens pour répondre à cet enjeu ?
NVB : La suppression de la carte scolaire a eu des effets négatifs sur la mixité sociale au sein des écoles. On a vu des écoles se transformer en véritables ghettos enfermant leurs élèves dans une spirale de l’échec. En face, nous avons des professeurs de moins en moins formés, de plus en plus abandonnés face à ces défis qui pourtant interpellent la République toute entière. Animer une classe socialement mixte, construire une dynamique et une cohésion de groupe, demande un savoir faire. Il est important de mieux armer les professeurs.
Dans la vision républicaine, l’Ecole se doit de corriger les inégalités de naissance et d’être le creuset de la nation. Au sein de l’Ecole, on découvre l’autre et on apprend à le considérer comme son alter ego. La tâche n’est pas mince et surtout quand le gouvernement diminue les moyens alloués à l’Education nationale, torpille les effectifs et applique une politique de saupoudrage des moyens. La mission de l’École devient encore plus difficile lorsque le gouvernement se lance dans une politique qui vise à encourager la peur et la haine de l’autre – forcément dangereux.
A ce stade, il faut repenser la politique des zones d’éducation prioritaire. Cette politique vise à soutenir financièrement les établissements qui concentrent les publics ayant des difficultés. A partir de là, deux problèmes : les moyens mis sur la table ne sont pas à la hauteur du défi et cela crée un effet stigmatisation. Au final, on se donne bonne conscience en donnant un peu plus d’argent, mais on ne résout en rien le problème.
Et le résultat est là et doit nous interroger : seuls 18% des élèves issus d’un milieu social défavorisé obtiennent leur baccalauréat.
Plutôt que de poursuivre cette politique, il faut mettre en œuvre une véritable politique de mixité sociale au sein des écoles sur l’ensemble du territoire de la République. On sait que celle-ci a un effet positif sur la réussite collective des élèves.
Rétablir et maintenir la mixité sociale doivent être les priorités en termes de politique éducative. Le projet éducatif du Parti Socialiste a la volonté de rebâtir une carte scolaire. J’insiste : la mixité sociale et scolaire est non seulement juste, elle est efficace. Elle fait mieux réussir les élèves en difficulté, sans pénaliser les « bons » élèves. Nous proposons donc une nouvelle sectorisation prenant en compte un indice de mixité sociale. Mais il est temps d’avoir une vision globale : le privé restera toujours une voie de contournement si nous ne lui appliquons pas également des contraintes de mixité sociale.
2ème question (pratique) : Comment fabrique-t-on de la mixité sociale ? Avez-vous des exemples d’initiatives mises en œuvre au sein de l’agglomération lyonnaise pour favoriser la mixité sociale au niveau de la ville (logement, éducation, emploi)?
NVB : Le logement reste à mon sens la première pierre de l’édifice, sans quoi rien ou presque n’est vraiment possible. Mais il y a aussi toute une série d’actions moins visibles à entreprendre pour le vivre ensemble qui jouent un rôle très important, comme la culture ou l’animation au quotidien des territoires. Le Grand Lyon a une démarche très volontariste, notamment concernant la politique de logements sociaux. Par le Plan Local de l’Habitat, le Grand Lyon inscrit dans les options stratégiques de l’agglomération en matière de croissance démographique, d’attractivité et de solidarité, l’idée qu’on ne peut pas rester durablement attractifs si l’agglomération ne réussit pas à accueillir l’éventail le plus large possible de profils sociaux et économiques et à favoriser le vivre ensemble.
En élevant notre objectif de production annuelle de logements sociaux à 4 000 unités, nous affichons une ambition globale de 24% de logements sociaux en 2013 contre 23% aujourd’hui selon les critères de l’article 55 de la loi SRU, avec une priorisation géographique qui met l’accent sur le centre avec 50 % de la production, 25% à l’Est et le dernier quart à l’Ouest. Par ailleurs, nous avons pris un certain nombre d’initiatives sur la base d’un vrai consensus entre les acteurs: accession sociale à la propriété avec la mise en place d’un système d’aide direct à l’accédant (le pass-foncier) ; intervention dans le parc privé existant avec une mobilisation d’une offre de logements à loyers maîtrisés, intervention dans les copropriétés dégradées ou fragiles, lutte contre l’habitat dégradé et indécent et l’intervention dans les meublés.
C’est dire si les objectifs quantitatifs – très importants en eux-mêmes – rejoignent ici un objectif politique qui a du sens pour la mixité : construire un territoire équilibré qui refuse obstinément de voir s’installer durablement en son sein des zones de relégation qui concentreraient toutes les difficultés, pendant que d’autres s’enfermeraient dans leur toute relative prospérité.
Des lois, c’est bien : des résultats concrets avec des logements dignes et accessibles pour le plus grand nombre, c’est mieux. Si la modestie doit rester de mise dans un domaine où la France a accumulé tant de retards, on peut dire que l’un des succès importants est d’avoir su entraîner avec nous des élus, des administrations ainsi que des partenaires publics et privés qui n’ont pas toujours travaillé ensemble dans l’histoire, et qui ne partageaient pas forcément une même vision des choses au départ.
Ceci étant dit, le logement reste cette première pierre d’une action publique bien plus large, qui ne saurait répondre à elle seule à tous les problèmes de la société : hausse du chômage, baisse du pouvoir d’achat, accroissement des inégalités de tous ordres parmi la population, perte de confiance en l’avenir, montée de l’intolérance, recul du désir de vivre ensemble.
C’est ainsi que nous avons négocié à Lyon depuis quelques années un volet culturel ambitieux dans le cadre du Contrat Urbain de Cohésion Sociale, et nous avons mis en place une Charte de Coopération Culturelle qui incite les grandes institutions culturelles à mener des actions en direction des publics les plus éloignés. Cela implique qu’aujourd’hui tous les grands événements prennent en compte cette dimension de levier pour favoriser la mixité sociale.
3ème question (prospective) : En définitive, quelles initiatives serait-il souhaitable de développer pour aller plus loin en la matière ? Quelles mesures pourraient être mises en place de manière concrète et efficace afin de réellement promouvoir une meilleure mixité sociale ? Doivent-elles être incitatives ? Pédagogiques ? Coercitives ? Y a-t-il une ou des propositions qui vous paraissent immédiatement généralisables et qui permettraient de promouvoir une meilleure mixité au sein du territoire français ?
NVB : Le projet socialiste propose un certain nombre de mesures qui vont dans cette direction :
- un plafonnement des loyers
- une refonte de la fiscalité locale afin de la rendre plus juste et moins pénalisante pour les habitations situées en banlieue
- une refonte de la SRU pour rendre plus dissuasif encore le non respect des 20%, pour prévoir une procédure de substitution aux collectivités défaillantes, et pour inclure une dimension qualitative
- réformer l’école pour assurer aux citoyens une véritable égalité des chances (afin de permettre une véritable ascension sociale et donc une fluidité entre les différentes catégories socioprofessionnelles) et pour faire de l’école un véritable lieu de creuset social
- mieux former les professeurs au défi de la mixité sociale
- mettre en œuvre une politique de grands événements, une politique associative et de la jeunesse axé sur une problématique de la mixité sociale
4ème question (message) : Y a-t-il un message qui vous tient à cœur et que vous souhaiteriez voir mis en avant tout particulièrement dans le cadre de notre livre blanc ?
NVB : La mixité sociale, c’est faire vivre la République et ses valeurs auxquelles nous sommes tant attachés. C’est la dynamique d’échange entre les différentes composantes culturelles, sociales et générationnelle qui font la richesse et la force de la République.
La mixité sociale, ce n’est rien d’autre que la République qui tient ses promesses.
L’occasion de passer en revue les sujets qui font l’actualité de Montchat et mes priorités de conseillère générale du canton…
© 2012 Najat Vallaud-Belkacem.
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