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Presse

Projet de loi Bioéthique devant le Sénat: quand sagesse rime avec audace et justice !

Pas de commentaire 13 avril 2011

Communiqué de presse

Najat Vallaud-Belkacem

Secrétaire nationale aux questions de société

Bertrand Monthubert

Secrétaire national à l’Education et à la recherche

Projet de loi Bioéthique devant le Sénat : quand sagesse rime avec audace et justice !

L’examen du projet de loi bioéthique par le Sénat se termine aujourd’hui, après une semaine d’intenses débats.

Suivant les propositions défendues depuis plusieurs mois par les parlementaires socialistes, et faisant fi de l’opposition du gouvernement, le Sénat a choisi :

- de permettre à la science de progresser en autorisant, sous conditions, les recherches sur l’embryon et les cellules souches ;

- de faire cesser les discriminations à l’encontre des personnes homosexuelles, en ouvrant l’assistance médicale à la procréation à tous les couples, y compris les couples de femmes ;

- de réaffirmer les droits des femmes durant leur grossesse, en supprimant l’amendement des députés de droite visant à accroitre le rôle du médecin, au détriment des femmes concernées, dans la décision de pratiquer un diagnostic prénatal.

Un projet de loi régressif a ainsi été transformé en un texte de loi ambitieux et porteur de souffle pour la société toute entière.

Espérons simplement que le gouvernement et les députés de droite n’aillent pas détricoter ce projet, au mépris de l’intérêt des Français et des Françaises, des espoirs des malades et de leurs proches, du travail des chercheurs, et des progrès de la médecine et de la science.

Les députés socialistes, rejoints par les progressistes de tout bord y veilleront.

Billet edito

Contre un naturalisme d’État

24 commentaires 28 février 2011

En annonçant son intention de lancer un grand débat sur l’Islam en France, le chef de l’État ne se contente pas, selon une méthode usée jusqu’à la corde, d’aller chasser sur les terres d’une extrême droite en quête de respectabilité, il apporte une pièce supplémentaire à un inquiétant naturalisme d’État qui se déploie sans réserve depuis 4 ans déjà. Retour sur les fondements de cette idéologie rampante.

En 2007, Nicolas Sarkozy suscitait, dans Philosophie Magazine, la consternation en déclarant que le suicide des jeunes et l’homosexualité avaient des origines génétiques. Peu importe que ces assertions soient ridicules et fausses sur le plan scientifique, ce qui importe, c’est ce qu’elles révèlent alors du corpus idéologique de la droite sarkozyste en campagne, convaincue par la voix de leur champion que les hommes naissent bons ou mauvais et que, quoi qu’il arrive, quoi qu’on fasse, tout est déjà réglé par la nature.

Rien de tel, en effet, pour cette nouvelle droite, qu’un bon déterminisme génétique pour abandonner les « déviants » à ce qu’elle croit être leur destin de perdant, un destin auquel elle ne peut donc rien…

Rien de tel pour assoir dans le marbre génotypique les pires stéréotypes du racisme scientifique ! Et quelle grande satisfaction pour les obsédés de la sécurité et du contrôle social que d’imaginer pouvoir détecter précocement les comportements déviants et dangereux.

En invoquant la dangerosité inscrite dans les désordres mentaux ou génétiques des individus, la nouvelle droite importe en France la « justice automatique » et les peines planchers, condamne sur la seule foi de la suspicion (rétention de sûreté) et relègue au second plan conscience et intentionnalité. Comment dès lors ne pas être inquiet lorsqu’on entend Christian Estrosi, alors rapporteur UMP de la loi sur la sécurité intérieure, déclarer en 2007 que « les citoyens seraient mieux protégés si leurs données ADN étaient recueillies dès leur naissance ». On croit rêver devant ce désir irrépressible de placer la société sous Ritaline !

Ce réductionnisme de la droite est la version biologisée de l’affrontement entre nature et culture. Il irrigue tout le discours politique de Nicolas Sarkozy. En naturalisant les valeurs dominantes d’une culture et d’un ordre social, la droite cherche à marginaliser, voire à dénoncer comme contre-nature, les pratiques minoritaires. Il n’est dès lors pas non plus surprenant qu’une certaine droite française, à rebours de l’héritage de Lucien Neuwirth ou de Simone Veil, se soit montrée si farouchement favorable aux tests génétiques et si violemment hostile à l’homoparentalité ou à l’élargissement de la procréation médicalement assistée dans le cadre des débats bioéthiques qui viennent d’être votée. Nicolas Sarkozy n’écrivait-il pas déjà en 2006 à l’adresse de Luc ferry chargé au nom de l’UMP de plancher sur le mariage et l’adoption pour les homosexuels qu’il fallait « sauvegarder les équilibres sur lesquels repose en partie notre société, au premier rang desquels se trouvent la cellule hétérosexuelle reconnue et protégée par le mariage et la recherche de l’intérêt de l’enfant » ?

Comment dans la même veine ne pas considérer le caractère éminemment naturaliste et réductionniste du débat sur l’identité nationale ? Une identité qui n’hésite pas à instrumentaliser la mémoire et à détourner l’histoire à son profit. Une identité fier de ses racines et honteuse de ses greffes. Une identité très barressienne, fantasmée comme révélée, intemporelle et univoque, une identité dans laquelle on s’inscrit ou de laquelle on s’exclut.

On ne saurait non plus s’étonner dès lors du déterminisme assumé qui a inspiré le très contesté discours de Dakar du Président Sarkozy : « Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès. Dans cet univers où la nature commande tout, l’homme échappe à l’angoisse de l’histoire qui tenaille l’homme moderne mais l’homme reste immobile au milieu d’un ordre immuable ou tout semble être écrit d’avance. Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin. »

Cette vision du monde et de l’homme encourage les logiques d’exclusion qu’elles soient politiques, sociales, culturelles, répressives ou carcérales.

Le débat sur l’Islam n’est pas en soit illégitime, mais chacun sent confusément dans quelle veine naturaliste et dans quel discours d’exclusion il risque de s’inscrire. La laïcité ne se conjugue pas au pluriel sans escroquerie langagière, le débat souhaité aujourd’hui sur l’Islam est biaisé, la droite républicaine le sent bien qui refuse de s’y engager.

La force idéologique de ce naturalisme d’État est dévastatrice, elle divise quand il faudrait rassembler, elle effraye quand il faudrait rassurer. Parce que les sujets tragiques s’accommodent bien des citations d’Audiard terminons ce billet par ses mots qui tracent un chemin : « A quoi ça sert de faire chambre commune si on fait rêve à part ? »

Questions de société

Bioéthique : traduire l’évolution du modèle familial dans le droit

2 commentaires 16 février 2011

Le Monde publiait ce matin ma tribune de réaction au débat qui  s’est terminé hier à l’Assemblée Nationale.

Tribune Le Monde en ligne

Bioéthique : traduire l’évolution du modèle familial dans le droit

La révision de la loi bioéthique est l’occasion de nombreuses confrontations. Au cœur des débats, c’est la place de l’individu dans la famille et celle de la famille dans la société qui sont interrogées. Dans la transformation de la société que permettent le progrès scientifique et la progression des libertés individuelles, les principes d’égalité, de solidarité, de laïcité doivent prévaloir.

L’accès à la contraception, la libération sexuelle et les progrès de la science ont profondément bouleversé le modèle familial français. L’arrivée de l’enfant est mieux préparée, parce qu’elle est le résultat de la volonté des parents. De nouvelles formes de vie familiale se sont banalisées. Les parents élèvent leurs enfants ensemble ou séparément, seuls ou avec leurs conjoints. Aux familles traditionnelles, monoparentales ou recomposées, s’ajoutent les familles devant faire appel à la procréation assistée, celles qui sont fondées par un couple homosexuel, ainsi que toutes les familles d’élection qui se constituent au cours de la vie, par nécessité ou par choix. La primauté de la filiation sociale sur la filiation biologique s’est ainsi imposée dans les faits depuis longtemps. Il revient aujourd’hui au législateur de la traduire dans notre droit.

C’est en application d’un modèle aveugle à ces réalités que notre législation n’ouvre la procréation médicalement assistée avec don de gamètes qu’aux couples hétérosexuels stables. Cette assistance est ainsi refusée aux couples de même sexe et aux femmes seules. Faut-il le rappeler ? L’assistance médicale à la procréation ne guérit pas de l’infertilité. Il s’agit bien de répondre à un désir d’enfant. De fait, le désir d’enfant n’est pris en charge par la société que pour les familles conformes au modèle traditionnel de la famille, composées d’un père et d’une mère. Il est temps de s’affranchir de cette définition naturaliste de la famille.

Bien loin d’obéir aux seules lois de la nature, les liens familiaux se tissent à travers l’engagement des parents et la reconnaissance de la société. Le projet familial résulte d’une volonté. C’est ce projet, cet engagement parental irrévocable, qui doit constituer le fondement du droit de la famille. Le parent est celui qui exprime une volonté de l’être, et de subvenir aux besoins matériels et moraux d’un enfant. On objectera que la société n’a pas à faire droit au désir d’enfant : « on ne fait pas un enfant comme on achète un sac à main ! ». Cette objection est inacceptable. Il ne s’agit pas de donner libre cours à un désir superficiel et passager, mais de permettre un projet parental, une décision profonde et souvent mûrie de très longue date. N’est-il pas dans l’intérêt de l’enfant de naître dans une famille aimante, une famille dont il est le projet ? L’intérêt de l’enfant justement, doit être apprécié dans le silence des préjugés : nous avons maintenant le recul nécessaire pour constater que l’orientation sexuelle des parents, par exemple, ne porte pas préjudice aux enfants, déjà si nombreux à vivre au sein de familles homoparentales. En revanche, tous les obstacles légaux qui se dressent devant les projets familiaux atypiques desservent gravement ces enfants en les isolant, en les privant de droits, en les stigmatisant.

PLUS DE LIBERTÉ ET D’ÉGALITÉ

Dès lors, la vraisemblance biologique ne doit plus servir d’obstacle à l’ouverture de la procréation médicalement assistée, cette réponse formidable que la science et la société apportent depuis quarante ans à la fatalité du sort.

Députés, sénateurs, vous avez, avec cette révision de la loi bioéthique, une occasion sans pareille de poursuivre, avec souffle et ambition, le chemin emprunté depuis un demi-siècle par le droit de la famille, vers davantage de liberté et d’égalité. Liberté de choix entre l’union libre, le pacs ou le mariage. Liberté de fonder une famille. Liberté de faire évoluer cette famille, au gré des séparations et des recompositions, sans renoncer à exercer tout ou partie de l’autorité parentale.

Liberté donc, mais aussi égalité. Egalité entre les parents, qui exercent conjointement cette autorité. Egalité entre les enfants, naturels ou légitimes. Et bientôt, égalité entre les familles dans toute leur diversité, hétéroparentales comme homoparentales. Liberté, égalité, deux valeurs cardinales de la République, sans lesquelles il ne saurait y avoir de fraternité, cette fraternité indispensable à la lutte contre toutes les formes d’exclusion et à la reconnaissance des différences.

A vous d’offrir la protection des lois de la République à l’ensemble de nos concitoyens qui espèrent en la procréation assistée pour construire une famille. Ce n’est pas de l’imprudence mais de la justice.

Najat Vallaud-Belkacem, secrétaire nationale du Parti socialiste (PS) aux questions de société

Presse

Adoption et droit à la famille pour les couples homosexuels

2 commentaires 13 juillet 2010

Communiqué de presse de

Najat Vallaud-Belkacem

Secrétaire nationale aux Questions de société (PS)

Adoption par les couples homosexuels : le droit de la famille à nouveau remis en question.


La Cour de cassation a validé hier, une décision de justice américaine accordant l’adoption à un couple de même sexe. C’est un pas important vers la reconnaissance du droit des couples homosexuels à fonder une famille,  dont il faut se réjouir.

Le Parti socialiste déplore cependant l’iniquité ainsi introduite entre les citoyens français selon qu’ils auront adopté en France ou non. Les retards pris par la législation française ainsi que ses nombreuses incohérences ne sont tout simplement plus acceptables. Faut-il rappeler, dans la même veine,  que le droit français interdit aujourd’hui encore l’adoption pour les couples de même sexe, tout en l’autorisant aux personnes célibataires (hétérosexuelles ou homosexuelles) ? Un double paradoxe qui force les couples à contourner sans cesse des règles absurdes.

Ce qui était hier une question de société opposant la gauche et la droite devient aujourd’hui une question républicaine de justice et d’égalité de traitement des parents adoptants. C’est tout le système juridique français, hypocrite et dépassé, qui implose sous le poids de ses contradictions. Il est urgent de repenser le droit de la famille, de toutes les familles.

Je vous joins un article paru dans Le Figaro du 9 Juillet concernant la position du Parti Socialiste, qui est aussi la mienne.

Adoption homo parentale : le PS réagit

« Le PS a jugé aujourd’hui que la décision de la Cour de cassation de valider une décision de justice américaine accordant l’adoption à un couple de même sexe, était un « pas important », mais déplore « l’iniquité » entre les citoyens français selon qu’ils auront adopté en France ou non ».

Dans un communiqué, Najat Vallaud-Belkacem, secrétaire nationale du PS aux Questions de société écrit : « C’est un pas important vers la reconnaissance du droit des couples homosexuels à fonder une famille, dont il faut se réjouir ».

Cependant, le PS déplore « l’iniquité ainsi introduite entre les citoyens français selon qu’ils auront adopté en France ou non ».

Pour le PS, « les retards pris par la législation française ainsi que ses nombreuses incohérences ne sont tout simplement plus acceptables ».

Le droit français « interdit aujourd’hui encore l’adoption pour les couples de même sexe, tout en l’autorisant aux personnes célibataires (hétérosexuelles ou homosexuelles) », rappelle le PS. Il épingle « un double paradoxe qui force les couples à contourner sans cesse des règles absurdes ».

« C’est une question républicaine de justice et d’égalité de traitement des parents adoptants et un question de société opposant la gauche et la droite. Il est urgent de réviser le droit de la famille », affirme encore le PS. »

Le Ministre et les sauvageons

Billet edito

Le Ministre et les sauvageons

8 commentaires 07 juin 2010

Sale temps pour les mouches, sale temps pour le ministre de l’Intérieur ! Condamné pour injure raciale, ça fait quand même désordre pour un ministre de la République. Alors bien sûr, il fait appel et il sera bien temps de demander sa démission une fois la condamnation définitive si d’aventure la première instance est confirmée… mais quand même, ça fait tâche au moment même où le gouvernement, par les voix mêlées de ses ministres de l’Education, de l’Intérieur et de la Justice, nous rabat les oreilles avec la délinquance des jeunes au point de remettre sur le tapis la réforme de l’Ordonnance de 1945.

Une réforme idéologique qui revient régulièrement, comme une obsession, dans le discours sécuritaire de la droite et n’en finit plus d’attaquer le primat de l’éducatif sur le répressif et l’autonomie du droit pénal des mineurs. Educatif = laxisme, c’est bon pour la gauche qui a la faiblesse d’y croire encore et qui, oui, se désole des propositions de Chatel consistant à augmenter le nombre d’enfants par classe quand on sait qu’un ciblage de moyens supplémentaires améliore la réussite scolaire, qui s’agace aussi de l’abandon de la petite enfance et des reculs sur la scolarisation précoce alors que la différentiation sociale commence avant l’entrée en CP. Le gouvernement ne prépare pas l’avenir, il le démantèle avant de le construire…

Pour la droite, qui veut supprimer le juge des enfants et abaisser l’âge de la responsabilité pénale, l’affaire est entendue : l’enfant est un adulte comme les autres !

Alors pourquoi d’ailleurs conserver un défenseur des enfants ? C’est la question posée ce week end par le Président de la République qui y a apporté sa propre réponse, reprenant en main les sénateurs UMP qui avaient eu l’outrecuidance d’une opinion autonome et dissidente : le défenseur des enfants sera supprimé et ses missions confiées au futur Défenseur des droits. Une autorité administrative indépendante plutôt que quatre (le Médiateur de la République, le Défenseur des enfants, la Commission nationale de déontologie de la sécurité  et la HALDE vont disparaître), pas vraiment ce qu’on pourrait appeler un progrès ! Mais c’est tellement plus confortable pour le pouvoir que de supporter une instance qui s’est attachée depuis sa création à défendre les droits des enfants en prison, ou ceux des enfants étrangers enfermés en centre de rétention ou encore victimes de violences…

Après avoir engagé une réflexion sur la remise en question de l’irresponsabilité pénale des malades mentaux, la Chancellerie réfléchirait maintenant à la suppression des jurés populaires On n’arrête pas le progrès !

Billet edito

Dieu a dit, Fillon a fait…

26 commentaires 15 mai 2010

Dieu a dit : « je partage en deux, les riches auront de la nourriture, les pauvres de l’appétit ». Quand le gouvernement Fillon annonce qu’il met en œuvre le programme de Coluche, on a plus du tout envie de rire, c’est pourtant ce qu’il vient d’annoncer sans nez rouge ni salopette !

Une politique de rigueur et d’injustice sociale sur fond de crise économique européenne pour renflouer les caisses d’un État impécunieux. Depuis des mois, le parti socialiste s’est inquiété de la dérive des comptes publics, creusés par le gouvernement Fillon à coup de mesures inconsidérées et de cadeaux fiscaux extravagants !

Il n’y a plus d’argent nous dit-on, mais c’est un peu court ! Il y en a pour le paquet fiscal à 12 milliards d’euros, pour la suppression des droits de succession ou pour le bouclier fiscal, il y en a encore pour les entreprises du CAC 40 qui siphonnent la méga niche fiscale de Copé, dénoncée par Didier Migaud (http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2751), qui a coûté 22 milliards de pertes de recettes fiscales en trois ans ! Il y en a évidemment pour sauver les banques qui veulent aujourd’hui la peau des États. Ah, il faut se réjouir  bien sûr des 750 milliards d’euros débloqués par les États Européens, pour sauver la zone euro, car la crise aura ainsi au moins permis, dos au mur et en une nuit, plus d’intégration européenne, que vingt ans de négociations. Mais il faudra aller au delà dans le gouvernement économique de la zone euro et surtout beaucoup plus loin dans la régulation des marchés, sauf à prendre le risque de transformer les États, qui n’en finissent pas de jouer leur rôle « d’assureur en dernier ressort » comme disent les économistes, en marionnettes de la finance mondiale.

Pas d’argent alors ? Il serait plus juste de dire pas d’argent pour les millions de Français qui ne bouclent pas leur fin de mois et auxquels ont va supprimer plusieurs aides.

Le coup de semonce avait été tiré, il y a trois semaines déjà, par Gilles Carrez, député UMP et rapporteur général du budget, qui avait déclaré que l’État n’avait plus les moyens des lois sociales qu’il avait voté suggérant qu’il fallait diminuer le montant des allocations universelles, c’est à dire le RSA pour les personnes en difficulté d’insertion, l’APA pour les personnes âgées dépendantes et la prestation de compensation du handicap (PCH). Plus les moyens des lois sociales votées, mais des moyens quand même pour le bouclier fiscal !

L’annonce du Premier ministre est, aujourd’hui, sans ambiguïté : une baisse de 10 % sur trois ans des dépenses d’intervention et dans le collimateur du gouvernement les emplois aidées, l’allocation personnalisée logement, l’Allocation adulte handicapé et le RSA…

Dans le budget 2010, les dépenses d’intervention de l’État s’élèvent à 67 milliards d’euros, il faut donc trouver 6,7 milliards… un demi paquet fiscal… Bouclier fiscal contre bouclier social, voilà le choix fait par le gouvernement.

Conclusion provisoire : Là où la meilleure andouillette recueille  un quintuple A (AAAAA), la France ne s’en sort qu’avec un triste triple A (AAA) : encore un effort monsieur le Premier ministre !

Trop, c’est (vraiment) trop !

Billet edito

Trop, c’est (vraiment) trop !

12 commentaires 23 février 2010

Comme à chaque fois que la presse s’en fait l’écho, c’est l’écœurement et la colère qui nous étreint. Que faut-il donc faire pour que le gouvernement se saisisse enfin sérieusement de la question du suicide en prison dont la mort de Jean Pierre Treiber vient nous rappeler à grand renfort de médias l’effroyable acuité.

L’an dernier, 115 détenus se sont suicidés en prison et 18 depuis le début de l’année ! Un tous les trois jours !

La France détient là un triste record d’Europe, indigne d’un grand Etat de droit, mais qui n’est malheureusement que le stigmate d’une politique carcérale aveugle conduisant à des enfermements de plus en plus fréquents Le nombre des détenus a augmenté de 25% depuis 2002 et la densité de population en prison atteint aujourd’hui 122%. Dans certaines prisons, ils sont trois détenus dans 9 m2 à vivre les uns sur les autres dans la promiscuité, atteint dans leur dignité et leur humanité. La campagne lancée en 2008 « trop c’est trop » pour le respect du numerus clausus en prison proposait une solution de bon sens : une place, une personne. Elle n’a pas trouvé le moindre écho au gouvernement. Poursuivre la lecture

Billet edito

Ramasser le rameau d’olivier…

129 commentaires 18 janvier 2009

Sincèrement heureuse de vous retrouver toutes et tous sur mon blog pour aborder à bâtons rompus l’actualité riche de ces dernières semaines, du congé maternité de Rachida Dati (!) à la suppression du juge d’instruction en passant par Gaza et la prise de fonctions prochaine de Barak Obama pour qui nous aurions tous, (nous, oh peuple éclairé) voté, même Brice Hortefeux, même Eric Besson (30.000 reconduites en 2009 ? Yes he can !)…

Le travail le dimanche de Rachida Dati

Jamais maternité n’aura suscité plus de commentaire que celle de notre Garde des Sceaux, il faut dire que la « wonder ministre » n’a pas tardé à reprendre ses activités ministérielles. Au fond, que Rachida Dati décide de reprendre ses activités cinq jours à peine après la naissance de sa fille relève de son libre choix, de sa vie privée et ne devrait pas appeler tant de commentaires.

Sauf à considérer, bien sûr, que celle-ci n’ait pas eu le choix et qu’elle ait été contrainte par l’empressement présidentiel à annoncer la suppression du juge d’instruction à rejoindre son bureau de la place Vendôme… A chacun de se faire son opinion, mais je ne serais pas étonnée que les mêmes qui nous garantissent qu’un salarié pourra toujours refuser de travailler le dimanche malgré la pression de son patron, nous fassent croire que Rachida Dati aurait été parfaitement libre de prolonger son congé maternité…

L’affaire du juge d’instruction

Juge d'nstruction entre le marteau et l'enclume Bonne nouvelle pour les époux Tiberi, pour Jacques Chirac, Charles Pasqua, Christine Deviers-Joncour ou pour Loïk Le Floch-Prigent, mauvaise nouvelle, en revanche, pour Eva Joly, Marc Trévidic ou pour Renaud Van Ruymbeke ! Mauvaise nouvelle et motif d’inquiétude en fait, pour tous ceux qui dénoncent depuis longtemps la politique liberticide de Nicolas Sarkozy et sa propension, jamais feinte, à mettre en cause l’indépendance de la Justice. Le président aura donc décidé, seul, au mépris de la représentation nationale qui aurait sans doute apprécié un débat sur ce sujet, la suppression du juge d’instruction !

Je ne conteste pas la nécessité d’une réforme. Même s’il a trouvé avec l’affaire Outreau une résonance particulière, le débat est ancien. La commission parlementaire présidée par André Vallini, comme avant elle les commissions Donnedieu de Vabres en 1950 ou Delmas-Marty en 1990, avait formulé des propositions intéressantes, dont l’une consiste à sortir le magistrat instructeur de l’isolement en instaurant la collégialité de l’instruction. Mais avec cette annonce, la réforme est morte née puisqu’elle devait s’appliquer au 1er janvier 2010. Il n’a en revanche jamais été question de placer dans la dépendance du pouvoir l’institution judiciaire en confiant l’instruction au Parquet en lieu et place d’un magistrat indépendant ! Nicolas Sarkozy veut une République des procureurs généraux aux ordres du pouvoir politique, il organise l’immunité pour les gens bien en cour !

Après l’instauration des peines planchers, cette justice automatique à l’américaine, après la réforme à la hache de la carte judiciaire, après les débats engagés autours de la remise en cause de l’irresponsabilité pénale des mineurs ou de la majorité pénale à 12 ans, après la mise en place de la rétention de sûreté, véritable politique de prévention de la récidive par l’arbitraire, après le fichier Edwige, la dépénalisation du droit des affaires, la simplification annoncée des règles en matière de détention provisoire, la machine à saper les fondements de notre modèle républicain continue son oeuvre lamentable.

Le rameau d’olivier plutôt que la mitraillette

Je suis heureuse de l’annonce, enfin, d’un cessez-le feu à Gaza, même si la trêve est incertaine et fragile après ces 22 jours d’une riposte israélienne d’une violence inouïe, même si les images insoutenables de ces civils sacrifiés mettront du temps à s’estomper et les blessures innombrables à cicatriser. Puisse le rameau d’olivier l’emporter sur la mitraillette dans cette région abîmée, l’alternative reste indubitablement la même qu’en 1974 lorsque Yasser Arafat prononçait son discours à l’ONU et déclarait « je viens avec un rameau d’olivier dans la main gauche et une mitraillette dans la main droite. Ne faites pas tomber le rameau d’olivier ». Cause palestinienne et cause israélienne ont un intérêt commun dans la paix. Cette paix dont les termes sont intelligiblement inscrits ne l’oublions pas, au partage de rue près, dans le pacte de Genève sans qu’il soit besoin de se poser à nouveau la question des préalables ou des contreparties.

A quelques jours de la prise de fonction de Barak Obama, après ces mois bercés d’espérance, traversés au rythme d’un entêtant « yes we can », vient l’heure du changement, du « just do it » tant attendu. Ramassons ensemble, Américains, Européens, Israéliens et Palestiniens le rameau d’olivier tombé à terre.

Il faut désormais gagner la paix.

Billet edito

Réaffirmer la valeur éducative de la sanction

70 commentaires 09 mai 2008

Ken Livingstone, Rachida Dati

Bonsoir à tous, je suis heureuse de lire vos échanges toujours riches et intéressants. Certains sujets mériteraient que nous organisions des soirées débats, qu’en dites vous ? Un peu débordée ces derniers temps, j’ai quand même été frappée dans notre actualité récente par le croisement de deux sujets qui m’inspire le billet d’aujourd’hui. D’un côté la défaite des travaillistes aux élections municipales et à Londres singulièrement sur un sujet qui nous a coûté, à nous-mêmes, cher en 2002 : la sécurité ! Singulier non ? Cette débâcle électorale méritera une analyse d’autant plus précise que beaucoup souhaitent que le parti socialiste devienne une sorte de new labour à la française… De l’autre, actualité plus insidieuse, le travail engagé discrètement par la Garde des Sceaux consistant à réformer l’ordonnance de 1945 dans le sens d’un durcissement de la justice des mineurs.

Le projet du gouvernement est à dire vrai conforme aux engagements de campagne de Nicolas Sarkozy et consiste en une politique de plus en plus sécuritaire et répressive qui assimile la prévention de la délinquance à la pénalisation croissante des mineurs et à un contrôle de plus en plus strict sur le corps social. Police municipale, travailleurs sociaux, enseignants épousent, contraints et forcés, le rôle de supplétifs de la police nationale ou de la justice.

Je crains qu’à la faveur de la chute de popularité du président de la république, la tentation soit grande pour lui de surfer à nouveau sur ce qui a fait sa popularité : un discours sécuritaire régressif. On dit la gauche mal à l’aise avec les questions de sécurité, ce qui en fait un sujet incontournable de sa rénovation… raison de plus pour avancer des idées alternatives.

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Billet edito

Ca a mal commencé !

73 commentaires 22 avril 2008

Nicolas Sarkozy

Oui ça a mal commencé, c’est d’ailleurs ainsi que François Léotard aurait dû intituler son ouvrage sur Nicolas Sarkozy. Un an après les élections présidentielles, et alors que les sondages traduisent un mécontentement manifeste de nos concitoyens, permettez-moi, comme beaucoup en cette période, de me livrer avec vous à l’exercice du bilan.

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Billet edito

Ordre du jour

128 commentaires 25 février 2008

Bonjour à toutes et à tous,

Drôle de sensation aujourd’hui en lisant la presse : Marion Cotillard reçoit l’Oscar de la meilleure actrice et Philippe Pollet-Villard celui du meilleur court métrage grâce au «Mozart des pick-pockets ». La french culture n’est pas morte ! ça me fait vraiment plaisir, je l’ai trouvée époustouflante dans son rôle d’Edith Piaf.

Et toujours cette invective du Président de la République qui raisonne : « casse toi, pauv’con ». Pas très digne tout ça mais infiniment moins grave que les propos tenus la semaine dernière par Emmanuelle Mignon, sa directrice de cabinet, sur les sectes qui ne seraient pas un problème en France et sur la Scientologie qui devient fréquentable. Malgré les démentis du Chef de l’Etat, on ne peut pas s’empêcher de s’interroger de savoir, dans un contexte d’atteinte au principe de laïcité, si ce n’est pas là un ballon d’essai jeté à l’opinion publique. Ne reconnaissait-il pas dans La république, les religions, l’espérance, « la légitimité de certaines nouvelles religiosités » estimant par ailleurs que le mot secte était « parfois utilisé abusivement contre des mouvements spirituels nouveaux »…

Infiniment moins grave aussi que l’adoption de la loi sur la rétention de sûreté ou que cette remise en cause par le Président de la République de la décision du Conseil constitutionnel et in fine du principe de non rétroactivité de la loi pénale. Une « atteinte stupéfiante à l’Etat de droit » comme le disent si justement Robert Badinter et Jean-Marc Ayrault, sous les aboiements de Nadine Morano accusant les socialistes de « se ranger du côté des assassins ». L’exécutif se défie et défie le juge, ce n’est pas nouveau, on se souvient des attaques contre les juges de Bobigny. On croit entendre comme un écho lointain aux mots de Charles Pasqua : « il faut terroriser les terroristes », « il faut juger les juges ». Sale temps pour la Justice.

Infiniment moins grave enfin que le projet toujours rampant d’une politique d’immigration de quotas rejetée au lendemain de la seconde guerre mondiale parce que contraire aux valeurs de la Résistance. Une politique consistant à sélectionner les immigrés par origines géographiques, c’est-à-dire ethniques. Une politique manifestement contraire au préambule de la Constitution et à la Convention européenne des Droits de l’Homme (mais qu’à cela ne tienne, Pierre Mazeaud s’est vu confier une mission de réforme de la Constitution en ce sens). Une politique en outre qui oppose immigration du travail et immigration familiale comme si les deux n’étaient pas intimement liés. Liberté, égalité, discriminations: « L’identité nationale » au regard de l’histoire, le dernier ouvrage de Patrick Weil est à lire d’urgence.

Pour ne pas finir avec le bourdon, ces mots de Marion Cotillard à la cérémonie qui l’a faite reine : « Merci l’amour, merci la vie… »

Billet edito

Chronique du week end

41 commentaires 09 février 2008

Sur le marché avec Guy Bonjour à toutes et à tous, heureuse de vous retrouver. Je rentre à peine du marché de Montchat, tandis qu’hier soir je participais à une très amicale réunion d’appartement ; bref, la campagne bat son plein et pour le moment il semble que les choses se passent plutôt bien.

Comme j’aime à le faire, quelques petites brèves en vous souhaitant de passer un bon week end. Je ne vous parlerai pas du mariage du président (ça ne regarde que lui), je ne vous parlerai pas non plus de la détention provisoire de Jerôme Kerviel, c’est un peu pathétique, pas plus que du rapport que Dominique Perben a remis sur l’avenir des grandes métropoles dont on peut néanmoins retenir qu’il est à certains égards un bel hommage aux réalisations lyonnaises : en mettant en avant l’importance des quartiers écologiques, c’est à Saint Priest qu’il pense sans doute dont les nouveaux quartiers sont une référence nationale et européenne en matière d’écologie urbaine !
Lorsqu’il évoque la question de la densification urbaine, c’est à l’attractivité de Lyon, témoignage de son dynamisme et de son développement, qui a accueilli 25 000 nouveaux habitants ces cinq dernières années qu’il rend hommage. !
Quand il préconise l’institution de péages urbains… la comparaison s’arrête là ; à ce système injuste et pénalisant pour le pouvoir d’achat des habitants, l’agglomération lyonnaise a préféré la création de parcs relais aux entrées de la ville et le développement des transports collectifs.

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