Sincèrement heureuse de vous retrouver toutes et tous sur mon blog pour aborder à bâtons rompus l’actualité riche de ces dernières semaines, du congé maternité de Rachida Dati (!) à la suppression du juge d’instruction en passant par Gaza et la prise de fonctions prochaine de Barak Obama pour qui nous aurions tous, (nous, oh peuple éclairé) voté, même Brice Hortefeux, même Eric Besson (30.000 reconduites en 2009 ? Yes he can !)…
Le travail le dimanche de Rachida Dati
Jamais maternité n’aura suscité plus de commentaire que celle de notre Garde des Sceaux, il faut dire que la « wonder ministre » n’a pas tardé à reprendre ses activités ministérielles. Au fond, que Rachida Dati décide de reprendre ses activités cinq jours à peine après la naissance de sa fille relève de son libre choix, de sa vie privée et ne devrait pas appeler tant de commentaires.
Sauf à considérer, bien sûr, que celle-ci n’ait pas eu le choix et qu’elle ait été contrainte par l’empressement présidentiel à annoncer la suppression du juge d’instruction à rejoindre son bureau de la place Vendôme… A chacun de se faire son opinion, mais je ne serais pas étonnée que les mêmes qui nous garantissent qu’un salarié pourra toujours refuser de travailler le dimanche malgré la pression de son patron, nous fassent croire que Rachida Dati aurait été parfaitement libre de prolonger son congé maternité…
L’affaire du juge d’instruction
Bonne nouvelle pour les époux Tiberi, pour Jacques Chirac, Charles Pasqua, Christine Deviers-Joncour ou pour Loïk Le Floch-Prigent, mauvaise nouvelle, en revanche, pour Eva Joly, Marc Trévidic ou pour Renaud Van Ruymbeke ! Mauvaise nouvelle et motif d’inquiétude en fait, pour tous ceux qui dénoncent depuis longtemps la politique liberticide de Nicolas Sarkozy et sa propension, jamais feinte, à mettre en cause l’indépendance de la Justice. Le président aura donc décidé, seul, au mépris de la représentation nationale qui aurait sans doute apprécié un débat sur ce sujet, la suppression du juge d’instruction !
Je ne conteste pas la nécessité d’une réforme. Même s’il a trouvé avec l’affaire Outreau une résonance particulière, le débat est ancien. La commission parlementaire présidée par André Vallini, comme avant elle les commissions Donnedieu de Vabres en 1950 ou Delmas-Marty en 1990, avait formulé des propositions intéressantes, dont l’une consiste à sortir le magistrat instructeur de l’isolement en instaurant la collégialité de l’instruction. Mais avec cette annonce, la réforme est morte née puisqu’elle devait s’appliquer au 1er janvier 2010. Il n’a en revanche jamais été question de placer dans la dépendance du pouvoir l’institution judiciaire en confiant l’instruction au Parquet en lieu et place d’un magistrat indépendant ! Nicolas Sarkozy veut une République des procureurs généraux aux ordres du pouvoir politique, il organise l’immunité pour les gens bien en cour !
Après l’instauration des peines planchers, cette justice automatique à l’américaine, après la réforme à la hache de la carte judiciaire, après les débats engagés autours de la remise en cause de l’irresponsabilité pénale des mineurs ou de la majorité pénale à 12 ans, après la mise en place de la rétention de sûreté, véritable politique de prévention de la récidive par l’arbitraire, après le fichier Edwige, la dépénalisation du droit des affaires, la simplification annoncée des règles en matière de détention provisoire, la machine à saper les fondements de notre modèle républicain continue son oeuvre lamentable.
Le rameau d’olivier plutôt que la mitraillette
Je suis heureuse de l’annonce, enfin, d’un cessez-le feu à Gaza, même si la trêve est incertaine et fragile après ces 22 jours d’une riposte israélienne d’une violence inouïe, même si les images insoutenables de ces civils sacrifiés mettront du temps à s’estomper et les blessures innombrables à cicatriser. Puisse le rameau d’olivier l’emporter sur la mitraillette dans cette région abîmée, l’alternative reste indubitablement la même qu’en 1974 lorsque Yasser Arafat prononçait son discours à l’ONU et déclarait « je viens avec un rameau d’olivier dans la main gauche et une mitraillette dans la main droite. Ne faites pas tomber le rameau d’olivier ». Cause palestinienne et cause israélienne ont un intérêt commun dans la paix. Cette paix dont les termes sont intelligiblement inscrits ne l’oublions pas, au partage de rue près, dans le pacte de Genève sans qu’il soit besoin de se poser à nouveau la question des préalables ou des contreparties.
A quelques jours de la prise de fonction de Barak Obama, après ces mois bercés d’espérance, traversés au rythme d’un entêtant « yes we can », vient l’heure du changement, du « just do it » tant attendu. Ramassons ensemble, Américains, Européens, Israéliens et Palestiniens le rameau d’olivier tombé à terre.
Il faut désormais gagner la paix.
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