Les comptes de l’Etat en berne.

Éditos Publié le 15 février 2010

Bonjour à toutes et à tous,

Au moment où le successeur de Philippe Seguin tarde à être nommé à la tête de la Cour des comptes, la noble institution, publie son rapport annuel et souligne la mauvaise gestion de l’Etat. La Cour des comptes souligne en particulier que le déficit abyssal des finances publiques de l’Etat, qui atteint désormais 140 milliards d’euros, avec un déficit public de près de 8% du PIB (les critères de Maastricht prévoient un plafond à 3%), n’est pas principalement dû à la crise économique, mais bien à un déficit structurel avec une croissance non maîtrisée des dépenses et des allègements fiscaux coûteux et assez inefficaces sur le plan économique et social, comme la baisse de la TVA sur la restauration, par exemple. Voilà de quoi ramener le gouvernement à plus de modestie lui qui se décerne des médailles de vertu et convoque les collectivités locales à une conférence sur les déficits publics alors que celles-ci n’en sont pas responsables puisqu’elles ont l’obligation de votre leur budget en équilibre…

La Cour des comptes indique en particulier que « l’ampleur des déficits est telle, surtout dans le domaine social, que la maîtrise des dépenses ne sera pas suffisante pour  rééquilibrer suffisamment vite les comptes publics. Il faudra donc aussi augmenter le rendement des prélèvements obligatoires, notamment en réduisant fortement les dépenses fiscales et le coût des niches sociales. »

Pour être plus claire encore, la Cour des Comptes aurait pu écrire, « Françaises, Français, vos impôts vont augmenter », voilà une promesse de campagne qu’à coup sûr le Président de la République pourrait prendre et tenir si d’aventure il envisageait de prolonger au-delà de 2012. Le parti socialiste, pour sa part, a une proposition à faire : revenir sur le bouclier fiscal.

Avec cette livraison posthume, souhaitons que Philippe Seguin trouve un successeur à l’esprit libre et indépendant pour que la Cour des comptes ne devienne pas « le plus docile des corps dociles » du Président Sarkozy, pour paraphraser Mitterrand dans le Coup d’état permanent à propos du Conseil constitutionnel !

Conseil constitutionnel, précisément, dont trois des membres doivent également faire l’objet d’un prochain renouvellement qui mérite la même vigilance circonspecte : déjà Nicolas Sarkozy essaie de tordre le bras au Président du Sénat pour lui imposer la nomination de Michel Charasse… en récompense de ses bons et déloyaux services durant la présidentielle… tu parles d’un gage de neutralité !

Le Conseil constitutionnel, une institution pas aussi indépendante des intérêts politiques et partisans à en croire le témoignage de Pierre Joxe qui souligne son isolement au milieu des autres sages nommés par la droite sur trois sujets en particulier : la loi Perben 2 de 2004 sur la «garde à vue des enfants» (sujet d’actualité s’il en est, et véritable honte nationale !), le contrat première embauche de 2005, et la loi de 2009 qui permet au chef de l’Etat de nommer le patron de France Télévisions. Une «régression du droit», un «revirement de jurisprudence», qui porte atteinte à la «liberté, au pluralisme et à l’indépendance» de la télévision publique pour Pierre Joxe.

Indépendance de la justice mise en cause, télévision publique sous contrôle, Parlement en coupe réglée, médias sous influence, gouvernement de zélateurs… les dégâts du sarkozysme sont d’ores et déjà considérables, les républicains de tous bords n’en sont que plus attachés au bon fonctionnement des contre-pouvoirs !

Espérons qu’ils trouveront, à nos côtés, de la voix pour critiquer la nouvelle loi liberticide sur la sécurité intérieure que le gouvernement nous sert aujourd’hui sur fond de chasse aux voix de l’extrême droite à 5 semaines des régionales après le pathétique débat sur l’Identité nationale. Un sujet sur lequel je suis déjà beaucoup intervenue, mais sur lequel je reviendrai d’ici quelques jours tant le bilan est grave de conséquences dévastatrices pour notre pays.

Mais pour l’heure, c’est sur le terrain sécuritaire que le gouvernement à choisi de doubler sa mise : filtrage de la correspondance électronique,  extension de la vidéosurveillance des sociétés privées dans l’espace public ou couvre-feu administratif des mineurs, voilà quelques unes des mesures régressives phares ce triste projet de loi.

Terminons donc provisoirement par ces mots de Benjamin Franklin :

« Ceux qui sont prêts à abandonner un peu de leurs libertés fondamentales en échange d’un peu de sécurité illusoire ne méritent ni les unes ni l’autre ».

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4 commentaires sur Les comptes de l’Etat en berne.

  1. JB

    j’espère que Didier Migaud va reprendre le flambeau et mettre un peu plus son nez dans les comptes de l’Etat, à quand un livre noir sur la gestion de Sarko ?

  2. Edgar dixit ...

    Bonjour Najat , on le voit bien le compte n’y est pas et qu’en on voit certain ministre faire la leçon aux peuples , y’en a un qui c’est pas combien coute un timbre on aura tout vu sincérement si c’est la politique je comprend mieux pourquoi y’a vraiment une crise arrêtons de mettre des cotorep au pouvoirs lol … bon courage …

    http://www.dailymotion.com/video/xb3kk3_quand-christian-estrosi-ne-conna%C3%AEt_news

    Jen reviens pas venat d un politique mdrirrr…

  3. Gérard Eloi

    Deficit public = 140 milliards.

    Et pertes pour l’ Etat à cause de la combinaison  » niches fiscales, bouclier fiscal » = 140 milliards aussi !

    Ce n’est pas moi qui le dis, mais la Cour des Comptes :

    http://fr.novopress.info/49279/140-milliards-d%E2%80%99euros-de-niches-fiscales-grevent-les-finances-publiques/

    Dans les 140 milliards de deficit de l’Etat,sont compris les 20 milliards de deficit de la Secu.
    C’est pour ça qu’il faudrait travailler plus, et plus longtemps,…, sans doute pour mourir plus vite en sarkozie.
    Mais le « travailler plus longtemps » n’est pas inéluctable : 20 milliards de deficit pour la Sécu, soit.
    Mais dans les 140 milliards offerts aux niches fiscales, 20 milliards l’ont été rien qu’aux patrons du CAC 40, çad aux 40 personnes les plus riches de France.

    20 milliards, le deficit de la Sécu concernant 65 millions de personnes, offerts sur un plateau d’ignominie à 40 prédateurs intouchables.

    Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Lagarde qui a fini par l’avouer :

    http://www.marianne2.fr/Incroyable-Bercy-a-donne-20-milliards-d-au-CAC-40-En-echange-de-rien_a185047.html

    Je crois que c’est comme ça que naissent les Révolutions.

  4. philgi

    Bravo Najat pour ce juste commentaire sur le déficit public qui dépasse tous les critères de Maastricht (8% au lieu de 3%, c’est enorme), et que le gouvernement Sarkozy continue à alimenter en nous faisant croire le contraire en convoquant tout azimuts les instances concernés et fautifs de ce soi-disant « trou », tout ça pour faire bonne figure.
    Se sentant « abandonné », notre petit president ne chercherait-il pas aujourd’hui à laisser une dette considerable à ses futurs successeurs, pour pouvoir ensuite mieux les assassiner et revenir ensuite…

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