Dieu a dit, Fillon a fait…

Éditos Publié le 15 mai 2010

Dieu a dit : « je partage en deux, les riches auront de la nourriture, les pauvres de l’appétit ». Quand le gouvernement Fillon annonce qu’il met en œuvre le programme de Coluche, on a plus du tout envie de rire, c’est pourtant ce qu’il vient d’annoncer sans nez rouge ni salopette !

Une politique de rigueur et d’injustice sociale sur fond de crise économique européenne pour renflouer les caisses d’un État impécunieux. Depuis des mois, le parti socialiste s’est inquiété de la dérive des comptes publics, creusés par le gouvernement Fillon à coup de mesures inconsidérées et de cadeaux fiscaux extravagants !

Il n’y a plus d’argent nous dit-on, mais c’est un peu court ! Il y en a pour le paquet fiscal à 12 milliards d’euros, pour la suppression des droits de succession ou pour le bouclier fiscal, il y en a encore pour les entreprises du CAC 40 qui siphonnent la méga niche fiscale de Copé, dénoncée par Didier Migaud (http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2751), qui a coûté 22 milliards de pertes de recettes fiscales en trois ans ! Il y en a évidemment pour sauver les banques qui veulent aujourd’hui la peau des États. Ah, il faut se réjouir  bien sûr des 750 milliards d’euros débloqués par les États Européens, pour sauver la zone euro, car la crise aura ainsi au moins permis, dos au mur et en une nuit, plus d’intégration européenne, que vingt ans de négociations. Mais il faudra aller au delà dans le gouvernement économique de la zone euro et surtout beaucoup plus loin dans la régulation des marchés, sauf à prendre le risque de transformer les États, qui n’en finissent pas de jouer leur rôle « d’assureur en dernier ressort » comme disent les économistes, en marionnettes de la finance mondiale.

Pas d’argent alors ? Il serait plus juste de dire pas d’argent pour les millions de Français qui ne bouclent pas leur fin de mois et auxquels ont va supprimer plusieurs aides.

Le coup de semonce avait été tiré, il y a trois semaines déjà, par Gilles Carrez, député UMP et rapporteur général du budget, qui avait déclaré que l’État n’avait plus les moyens des lois sociales qu’il avait voté suggérant qu’il fallait diminuer le montant des allocations universelles, c’est à dire le RSA pour les personnes en difficulté d’insertion, l’APA pour les personnes âgées dépendantes et la prestation de compensation du handicap (PCH). Plus les moyens des lois sociales votées, mais des moyens quand même pour le bouclier fiscal !

L’annonce du Premier ministre est, aujourd’hui, sans ambiguïté : une baisse de 10 % sur trois ans des dépenses d’intervention et dans le collimateur du gouvernement les emplois aidées, l’allocation personnalisée logement, l’Allocation adulte handicapé et le RSA…

Dans le budget 2010, les dépenses d’intervention de l’État s’élèvent à 67 milliards d’euros, il faut donc trouver 6,7 milliards… un demi paquet fiscal… Bouclier fiscal contre bouclier social, voilà le choix fait par le gouvernement.

Conclusion provisoire : Là où la meilleure andouillette recueille  un quintuple A (AAAAA), la France ne s’en sort qu’avec un triste triple A (AAA) : encore un effort monsieur le Premier ministre !

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26 commentaires sur Dieu a dit, Fillon a fait…

  1. mecano

    Pour se maintenir, le projet mondialiste pourrait précipiter son calendrier et utiliser la crise actuelle pour « fusionner » l’euro et le dollar en une monnaie unique, écrit en substance Clovis Casadue, collaborateur de la revue Flash, dans l’article que nous plaçons ci-après. Cette perspective est plus que plausible, et la chute incessante de la devise européenne, qui se retrouvera bientôt a parité avec le dollar, l’accrédite. Comme l’indiquait le banquier Alexandre Wohlwend il y a quelques jours, la seule issue pour les pays de la zone euro passe par « un retour à leur souveraineté monétaire et territoriale », ce qui est inenvisageable pour les tenants de l’ordre mondial, qui, n’en doutons pas, utiliseront tous les moyens pour interrompre les velléités secessionnistes. De nouvelles informations, pour le moins surprenantes, nous parviennent ce soir sur les manipulations en cours. Nous les publierons dès que nous aurons pu effectuer les vérifications d’usage.

    La ratification du Traité de Lisbonne par les 27 États a donné le pouvoir de rompre avec les méthodes de la démocratie et d’imposer une mise sous “bonne gouvernance” des pays de la zone euro, au mépris des droits fondamentaux du Parlement européen et de la volonté des peuples.

    Dans son discours du 13 mai dernier, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso propose de placer l’ensemble des pays de la zone euro sous tutelle budgétaire. L’objectif : réduire le déficit public à 3 % du PIB en 2013, en les soumettant à des mesures d’austérité semblables à celles imposées à la Grèce. La mesure est en effet peu démocratique, puisque le Parlement européen n’entrera pas dans les décisions. Pas de problème pour la chancelière allemande, parlant d’un “pas important dans la bonne direction”. Même son de cloche du côté de la France, le secrétaire d’État aux Affaires européennes, Pierre Lellouche déclarant : “C’est la contrepartie du plan européen de sauvetage. La discipline de chacun devient l’affaire de tous. Bruxelles aura le droit de surveiller tous les comptes.” Résultat, cette aide de 750 milliards, votée lors du sommet européen des 8 et 9 mai. Son message : “Nous vous soutenons, mais vous devez abandonner votre souveraineté économique.”

    Malgré ce qui a été annoncé, cette manœuvre n’a pas pour but de soutenir l’euro. C’est même le contraire qui devrait se passer, et la monnaie unique a déjà perdu plus de 7 % depuis sa mise en place. La nouvelle politique monétaire de la BCE devrait encore contribuer à son affaiblissement, puisqu’elle est maintenant autorisée à recourir à la “planche à billets”, de manière à émettre elle-même des Bons du Trésor sur les marchés financiers.

    Plutôt que soutenir l’euro, sauver les banques…

    En fait, ce dispositif permet surtout de soutenir en amont les banques européennes impliquées dans la dette grecque. Ce qui permet encore de suggérer aux investisseurs ayant acquis des obligations qu’ils ne risquent rien. Ce sont donc les banques que l’on sauve, une fois de plus, et avec l’argent du contribuable. Ces 750 milliards n’existant pas dans les caisses européennes, il faudra donc les emprunter sur les marchés financiers pour les offrir aux États qui les offriront ensuite aux banques, tandis que les populations seront après mises à contribution…

    Si l’on avait voulu aider la Grèce, et faire “la guerre aux spéculateurs”, comme l’a annoncé fièrement Nicolas Sarkozy, il aurait été préférable de restructurer sa dette. On aurait ainsi placé les investisseurs devant leurs responsabilités et leur aurait fait assumer une partie des risques liés à leurs investissements. Mais pour cela, il aurait fallu sortir la Grèce de monnaie unique. En revanche, l’affaiblissement de l’euro bénéficie à l’Allemagne, et dans une moins large mesure à la France.

    Cette crise est donc utilisée, comme le laissait récemment entendre le patron de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker(1), afin de rendre l’Europe plus compétitive.

    Les dégâts d’une construction européenne anarchique

    Pour les élites européennes, le problème majeur de la zone euro tient à sa construction anarchique et à la disparité des règles économiques, politiques et sociales qui régissent les pays membres. La crise peut leur permettre de reconfigurer l’économie de l’ensemble du bloc européen et le rendre plus concurrentiel, tout en élargissant la monnaie unique aux autres pays de l’Union, ce qui a d’ailleurs été proposé à l’Estonie la semaine dernière. La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) conseille d’avancer l’adhésion à la zone euro de la Lettonie, de la Pologne et de la Hongrie au 1er janvier 2011 au lieu de 2015. On joue donc à nous faire peur quand on nous indique que la monnaie unique est menacée. Elle en réalité en pleine expansion.

    Bien sûr, cette unification se fera par le bas, et va nécessiter partout des mesures d’austérité qu’aucune résolution démocratique n’aurait permises, et qui finiront d’enterrer la souveraineté des nations et des peuples d’Europe au profit d’un régime central lié à une oligarchie financière. Toutes choses qui ont été rendues possibles par la ratification du traité de Lisbonne.

    Les spéculations sur les dettes grecque, portugaise et espagnole vont donc se poursuivre et s’étendre à d’autres pays, sans que rien ne puisse enrayer le processus en cours. Dans le même temps, l’euro va continuer sa chute, pour arriver à parité avec le dollar, sans doute d’ici le mois de septembre – décembre au plus tard. La monnaie canadienne suit le même mouvement et aura sans doute atteint le niveau du dollar US au moment où vous lirez cette chronique. Car bien sûr, le projet de ce nouvel ordre économique est, in fine, de fusionner l’ensemble des monnaies, en commençant par celles de l’Europe et l’Amérique du Nord. En effet, l’Union européenne n’est qu’une composante d’un vaste plan conduisant à l’émergence de blocs économiques dotés chacun d’une monnaie, d’une citoyenneté, d’un parlement unique, etc ; l’ensemble de ces blocs étant éventuellement appelé à constituer une gouvernance mondiale.

    Bien sûr, certains nous reprocherons d’avoir ici une vision “conspirationniste” des événements. Mais force est de constater qu’on ne conspirait autrefois que contre un ordre établi. Aujourd’hui, conspirer pour son maintien et son expansion est une activité en grand développement. Et à regarder la marche du monde, on doit reconnaître que cette conspiration fait partie de son fonctionnement même.

  2. Atwood Herrera

    « Et les Sociétés et les Banques travaillaient inconsciemment à leur propre perte. Les vergers regorgeaient de fruits et les routes étaient pleines d’affamés. Les granges regorgeaient de produits et les enfants des pauvres devenaient rachitiques et leur peau se couvrait de pustules. Les Grandes Compagnies ne savaient pas que le fil est mince qui sépare la faim de la colère. Au lieu d’augmenter les salaires, elles employaient l’argent à faire l’acquisition de grenades à gaz, de revolvers, à embaucher des surveillants et des marchands, à faire établir des listes noires, à entraîner leurs troupes improvisées. Sur les grand-routes, les gens erraient comme des fourmis à la recherche de travail, de pain. Et la colère fermentait… » John STEINBECK.  » Les Raisins de la Colère »
    +1

  3. Bibi

    Bonjour Najat,

    Edito percutant, et si pertinent!

    Pour sa conclusion, tu écris qu’elle est provisoire, c’est effectivement plus prudent.

    Je trouve quelque peu hallucinant et inquiètant que face à telles vilainies, nombreux sommes à aspirer à augmentation de salaire, à partage.

    Non pas que ce ne soit choses auxquelles aspirer, mais depuis ces plusieurs années où les salaires sont tout simplement injustes, les enrichissements de certains excessifs parce que confiscatoires, qu’est offert à certains ce qui est confisqué à d’autres, pour ma part, je n’aspire dans l’immédiat qu’à justice et restitution de tout ce qui a été confisqué.

    Bien cordialement

    http://agitare-rem.over-blog.com/article-la-grande-distribution-ce-n-est-pas-moi-qui-en-ai-fait-le-succes-c-est-les-fran-ais-1-50883005.html

  4. hafrit

    Mais qui contrôle un Sarkozy ?

    ou un autre justement ,c’est a quoi nous travaillons j’ai pas besoin de te dire dans quel cercle de penser de mouvement dont je fais parti ,avec notre 7 république , la peur du pourvoir fait tous en son pouvoir pour nous limiter .

    je ne dis pas que nous n’ avons pas d’idées communes , mais peut être pas les mêmes moyens de les appliquer .pas besoin du monde médiatique et politique pour échanger avec les gens internet est un bon outil et je pense que des que le pouvoir nous mets des bâtons dans les roues cela prouve que nous sommes dans la bonne direction ,mais de jours en jours nous grandissons je pense que tu l’as remarqués ,ils ont utilisés tous les moyens pour nous stigmatiser ,y a eut des intervention de politique ou de conférenciers qui sont intervenus sur DA , qui je pense qui sont a contre sens des idéologies et de ce que veulent les sympathisant de DA .voila en quoi je ne suis pas d’accord avec vous ,je peux dire une chose SR est une bonne sociologue , même a l’UMP ils reprennent « le vivre ensemble » …. , mais je ne suis pas convaincu .
    c’est bizarre je suis convaincu par Chavez un socialiste , mais pas par vous et je ne suis pas le seul .

    PS : à ton avis, de quoi, et à qui parle ce qui signe « hihihi » ?

    je ne sais pas , je pense que depuis le temps tu peux remarquer que je suis sincère que ce n’est pas moi , si la personne ne se fout pas de moi je peux échanger dans le respect .

    je pense que (hihihi) doit dire que les nations qui sont taper par l’Europe et le FMI rigueur sont les (piigs) et qu’ils sont vraiment de gauche socialiste .

    et beaucoup de français veulent sortir de l’euro ,que certain ont en marre d’être des vaches a lait , la France est riche , la dette n’est pas vraiment un problème .beaucoup sont contre les états unis d’Europe et sur une gouvernance européenne a l’Attali et une gouvernance mondiale .

  5. Gérard Eloi

    @ Hafrit,

    Tu crois ce que tu vois…
    Et nous avons quand même pas mal d’idées communes.

    Je suis souvent un peu plus nuancé : tu dis que  » le peuple doit contrôler les politiques… »
    Exact. Il y a d’ailleurs des élections pour ça…Mais qui contrôle un Sarkozy ?

    D’autre part, le plus important à l’heure actuelle est que le peuple et des politiques honnêtes aient les moyens de contrer les financiers véreux.
    (Malgré quelques idées remarquables émises, notamment sur ce blog,, nous sommes loin du compte,…car l’Europe de droite ne tient pas compte des suggestions de personnalités de gauche…)

    Des politiques honnêtes ? D’accord, ça ne court plus les rues. Mais il en reste quelques-unes, et quelques-uns.

    ———-

    PS : à ton avis, de quoi, et à qui parle ce qui signe « hihihi » ?
    ————–

    Amicalement

  6. hafrit

    @GE , alors je me trompais pas, certain qui m’insultait de fou, d’hurluberlu , le temps prouve que je me trompais pas sur toute la ligne ,économique, politique , géopolitique ,bon j’avoue tous ces pseudos étaient mien :
    Serge TCHAKHOTINE ,pravda ,auvergnat……
    j’ai aussi vu que tu t’intéressais a Jacques Sapir , très bon économiste qui ne tombe pas dans la propagande qui change du discours officiel.

    je comprends que tu puisses avoir une confiance en NVB ou SR , moi je suis comme les catholiques dans ce sens la ils disent : je suis comme Saint Thomas , je crois que ce que je vois « .

    il est aux peuples de faire leur politique et d’être un contre pouvoir dans le pouvoir , pas une 6 république mais une 7 république , qui permets de contrôler les politiques
    dans l’application du pouvoir et du contrôle des institutions financière et du pouvoir politique ,je ne juge pas leurs sincérité , puisque je ne connais ni SR ni NVB surement qu’elles le sont,nous travaillons bien au dessus de la sincerite , honnête ….

    mais un moyen d’obliger le politique a travailler pour le peuple , c’est ce qu’est une démocratie , les politiques doivent être les représentants du peuple , si ils ne les représentent plus , sommes nous encore en démocratie ?

    pour finir , il y a deux possible pour sauver le l’Europe sortir de l’euro ou
    sortir de cette politique atlantiste , ce que je perçois de ma petite place , c’est que cela risque d’exploser en vol , le peuple est de plus en plus informe , grâce a internet .

  7. hihihi

    C’est vrai, c’est un scandale ce gouvernement! Alors qu’il suffirait qu’ils s’inspirent de ce que font la Grèce, l’Espagne et le Portugal socialistes pour que la vie soit belle.
    Quels branquignols!

  8. Gérard Eloi

    @ Hafrit,

    Dans son excellent article  » L’instinct de survie des peuples » ( dont le lien est disponible sur celui de ta video), Paul Jorion rappelle notamment ceci :

    « …Les États se précipitèrent alors au secours de ce secteur financier, en raison du risque systémique que son écroulement faisait courir. Mais en se refusant à opérer dans les activités financières un tri entre celles utiles à l’économie (ce que Lord Adair Turner, président de la FSA, le régulateur des marchés britanniques appelle les transactions « socialement utiles ») et celles dont la seule fonction est de siphonner une partie de la richesse vers les plus grosses fortunes. Les États ayant épuisé leurs ressources, imposent ce qu’ils appellent l’« austérité » ou (pourquoi se gêneraient-ils ?) la « rigueur », c’est-à-dire se tournent vers les classes populaires et les classes moyennes en exigeant d’elles par un impôt non-progressif et en opérant des coupes sombres dans les mesures de protection sociale en place, de rembourser les sommes manquantes.
    … »

    Une remarque implacable (parmi d’autres) dans cette belle argumentation :

    « …refusant à opérer dans les activités financières un tri entre celles utiles à l’économie…
    et celles dont la seule fonction est de siphonner une partie de la richesse vers les plus grosses fortunes… »

    ———–

    Conclusion : ce sont bien les classes populaires et moyennes qui sont asservies à l’alimentation des « très grosses » fortunes.

    —————————-

    Paul Jorion dénonce ce que Najat dénonce aussi dans ses billets, et ce que le pacte présidentiel de Ségolène dénonçait déjà en 2007.

    Tu vois, Hafrit, que si certains au PS (DSK,…) sont à mettre dans le « sac » UMPS dont tu dénonçais la veulerie il y a trois ans, d’autres, comme Najat,…, continuent à lutter avec une énergie et une honnêteté remarquables.

    Amicalement

  9. hafrit

    @graisse du mammouth je conseil aux petits actionnaires d’acheter du dollar .
    un peu de géopolitique et quelques notions de géostratégie m’amène a voir cela .

    Paul Volcker directeur à la Maison-Blanche du Conseil pour la reprise économique a dit  » les Européens doivent accepter une gouvernance économique externe et placer l’euro à parité avec le dollar. »

    voir le rapport de http://www.mckinsey.com/

    qui demande aux états pour relancer l’économie d’augmenter les salaires .

    http://www.pauljorion.com/blog/?p=11619

    et l’excellent Paul Jorion qui se trompe uniquement sur le nom de la société ce n’est pas mc kenzi mais mckinsey .

  10. Gérard Eloi

    Salut Mammouth,

    Je suis beaucoup plus réservé quant aux options de Krugman, qui voit une « solution » dans des baisses de salaire.
    ( Je proposerais plutôt une razzia sur les bénéfices des actionnaires des banques et les boni de leurs traders : il y a bien plus à récupérer là que dans les poches déjà à moitié vides des travailleurs)

    L’Europe est déjà un drôle de truc, avec sa zone euro, la GB qui ne veut pas y entrer ( mais qui ne se gêne pas pour imposer quand même ses diktats) et des pays qui ne peuvent pas encore y entrer.

    Dans cet assemblage disparate, il y a de terribles inégalités de salaires, qui accélèrent de manière exponentielle les délocalisations.
    C’est la célèbre métaphore du plombier polonais.

    Je schématise, mais on peut définir comme ceci deux positions diamétralement opposées.

    Pour les libéraux, le salaire du plombier français doit tendre vers celui de son collègue polonais. Pour les socialistes (revoir le Manifeste du PSE), c’est évidemment tout à fait le contraire. Où ça se complique, c’est avec le fait qu’un nivellement par le haut ne pourra jamais être envisagé que de manière très progressive, et qu’en outre cette vision humaniste est bloquée par une Europe de droite, Conseil, Commission et Parlement.

    Ceci posé, je poréfère de loin les positions, très tranchées, de Jacques Sapir à celles de Paul Krugman :

    http://www.depresdeloin.eu/2010/03/l%e2%80%99horizon-de-la-presidentielle-de-2012-par-jacques-sapir/

    Le chemin vers un peu d’humanisme et de justice est très long et semé d’obstacles.

    Les personnes, comme Najat et quelques autres, qui consacrent encore leur énergie au service du progès pour l’humain n’en ont que plus de mérites.

    Amicalement

  11. Gérard Eloi

    @…Mammouth,

    Cette video synthèse des pensées de J. Stiglitz est superbement illustrée (images et musique), et aussi parfaitement argumentée.

    Je remarque que ces positions (que j’applaudis !) de J. Stiglitz, qui fut prix Nobel d’économie en 2001, sont très proches de celles du seul Français prix Nobel de l’économie , Maurice Allais.
    ( Voir sur le net les analyses de la mondialisation et des marché, par M. Allais).

    Et je tiens à faire remarquer que ce que Najat vient d’écrire dans ce superbe Edito,
    -et aussi dans un précédent intitulé  » Solidarité avec la Grèce », du 3 mai-

    ( une position claire, nette, énergique et humaniste qui n’a jamais varié depuis sa remarquable participation aux campagnes présidentielle 2007, européenne 2009, sans oublier législatives, cantonales, régionales,…)

    serait considérée avec beaucoup d’intérêt par J. Stiglitz et M. Allais.

    Malgré le marasme que nous subissons et la déliquescence qui en résulte, il reste heureusement quelques personnalités politiques intelligentes, honnêtes et courageuses.

    Nous verrons donc peut-être le bout de ce si long tunnel…

  12. Trop vite...!

    […] Jean-Jacques Servan Schreiber compare le Monde actuel comme une voiture qui irait de plus en plus vite à mesure que l’intensité de ses phares diminuerait et il reprend une des célèbres phrases de Blaise Pascal: »Nous courons sans souci dans le précipice,après que nous avons/ayons mis quelque chose devant nous pour nous empêcher de voir »…! (Pensée 226). […]Oui,certes,mais/et Valentin Louis Georges Eugène Proust (Paris,1871-1922) aurait aimé rajouter: »Quand on se voit au bord de l’abîme et qu’il semble que Dieu vous ait abandonné,on hésite plus à attendre de lui un miracle »…! Extrait d' »Albertine disparue »…!

  13. Ketty Méndez

    Bravo, Najat.

    A l’heure ou l’opposition patauge pour répondre avec de mots qui aient un sens, tu énonces clairement ce qui doit être dit.

    Les médias ne relèveront pas ou peu, mais nous allons diffuser par internet.

  14. Gérard Eloi

    @ Cécile,

    C’est vrai que ça fait penser à…

    Mais De Funès, qui était un Grand Homme, faisait semblant, pour nous faire rire.

    L’autre (celui à qui tu penses), ne fait pas semblant d’être avide, et ne nous fait pas rire.

    Bizzz

    G

  15. Martinez Villet

    Un édito extrèmement clair, pour nous expliquer une situation tellement complexe .
    Merci chère Najat : je m’empresse de diffuser.
    Fraternellement, Clo ( Jura)

  16. Cécile

    « Et les Sociétés et les Banques travaillaient inconsciemment à leur propre perte. Les vergers regorgeaient de fruits et les routes étaient pleines d’affamés. Les granges regorgeaient de produits et les enfants des pauvres devenaient rachitiques et leur peau se couvrait de pustules. Les Grandes Compagnies ne savaient pas que le fil est mince qui sépare la faim de la colère. Au lieu d’augmenter les salaires, elles employaient l’argent à faire l’acquisition de grenades à gaz, de revolvers, à embaucher des surveillants et des marchands, à faire établir des listes noires, à entraîner leurs troupes improvisées. Sur les grand-routes, les gens erraient comme des fourmis à la recherche de travail, de pain. Et la colère fermentait… » John STEINBECK.  » Les Raisins de la Colère »

    VOILA qu’est ce qui a changé? de toute façon, on ne laisse guère de choix..pour le moment.

  17. Gérard Eloi

    Très belle analyse, comme toujours, Najat.

    Tiendrons-nous jusqu’en 2012 ? On verra…

    Face à ton edito parfait qui dénonce l’injuste plan d’austérité et de récession, des esprits pervers vont raconter qu’il faut bien de l’austérité quand il n’y a plus assez de fric pour tout le monde.

    Trop de monde sur cette Terre ? On « comprendrait » alors pourquoi les nazis ont déclenché une guerre mondiale : s’il y a trop de gens, il faut bien en tuer…Et c’est pareil aujourd’hui, la « guerre économique » étant aussi perverse que la guerre « ordinaire ».

    Mais il y aurait peut-être assez sur cette Terre en perdition pour tout le monde, quoi qu’en disent les prédateurs :
    -2 % de la population mondiale se vautre dans 50 % des richesses planétaires,
    -pendant que 50 % de la population mondiale est condamnée à tenter de survivre avec un seul % des mêmes richesses…

    C’est l’heure de la Révolution démocratique, sociale, économique et énergétique que tu as déjà évoquée, Najat.

    J’espère que nous serons nombreux avec toi !

  18. Cécile

    « il faut partager »..
    ON EN EST LOIN…très loin.
    nous nageons en plein désordre ; et force est de constater que tout va de plus en plus mal . enfin surtout pour les plus « modestes ».
    Je reviendrai sur ce post..

  19. Cécile

    « il faut partager »..
    ON EN EST LOIN…très loin.
    nous nageons en plein désordre ; et force est de constater que tout va de plus en plus mal . enfin surtout pour les plus « modestes ».
    Je reviendrai sur ce post..

  20. hafrit

    j’ai encore raison , depuis 2007 , j’ai eut raison pour tout les banques , pour la zone euro , pour Europe Grèce et Espagne , pour l’Afrique (afriom) ……………

    je me disais gouverner c’est prévoir , je n’entends personne prévoir ce qui arrive .

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