Projet de loi bioéthique devant le Senat: la sagesse ne doit pas interdire l’audace; elle exige la justice.

Presse Publié le 4 avril 2011

Communiqué de presse

Najat Vallaud-Belkacem

Secrétaire nationale aux questions de société

Bertrand Monthubert

Secrétaire national à l’Education et à la recherche

Projet de loi bioéthique devant le Sénat : la sagesse ne doit pas interdire l’audace; elle exige la justice.

Cette semaine, c’est au tour du Sénat d’examiner le projet de loi bioéthique.

Le Parti socialiste continuera à y défendre les trois positions essentielles qu’il a portées à l’Assemblée nationale, comptant sur la deuxième chambre pour ne pas bloquer, à l’instar de la première, tout progrès.

– Autoriser, sous conditions, la recherche sur les cellules souches embryonnaires, pour permettre à la science et à la médecine, qu’elle soit préventive, réparatrice ou procréatrice, de progresser, et aux citoyens d’en profiter. Les dernières avancées scientifiques dans le domaine des maladies rares illustrent, s’il le fallait, l’urgence de permettre aux chercheurs de travailler sur ces cellules souches, alors que le régime actuel les freine inutilement.

– Faire cesser les discriminations à l’encontre des personnes homosexuelles. Leur garantir un réel égal accès à la parentalité, c’est notamment permettre aux femmes, quelle que soit leur situation de couple ou d’infertilité, de recourir à l’assistance médicale à la procréation. Leur garantir aussi, sans distinction d’orientation sexuelle, le droit de participer à la solidarité collective par le biais des dons de sang ou d’organes.

– Veiller à ce que la loi bioéthique soit toujours en phase avec les progrès des sciences et les évolutions de la société. Plutôt qu’un catalogue (que le gouvernement voudrait désormais figer) des pratiques  autorisées ou interdites, la loi devrait indiquer les valeurs, les principes et les objectifs de notre société et en confier l’application concrète et continue à des institutions comme l’Agence de biomédecine sous le contrôle du parlement.

Les sénateurs auront cette semaine la lourde charge de transformer un projet de loi régressif en un texte ambitieux et porteur de souffle pour la société toute entière.

 

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11 commentaires sur Projet de loi bioéthique devant le Senat: la sagesse ne doit pas interdire l’audace; elle exige la justice.

  1. Gérard Eloi

    @ JP,

    Et c’est vrai que les EGM existent depuis 2008 :

    http://www.sur-la-toile.com/article-5388-Le-premier-embryon-humain-genetiquement-modifie.html

    Conclusion de l’article dont lien ci-dessus :

    « Évidemment, comme à chaque fois que l’on touche aux gènes, il existe deux points de vues diamétralement opposées.
    -D’un côté, c’est une piste pour développer des techniques permettant de guérir des maladies génétiques comme la mucoviscidose. -D’un autre côté, on peut y voir la mise au point de techniques permettant de créer des bébés sur commande, voire des bébés génétiquement améliorés.  »

    Entre le mercantilisme forcené et le savant fou, quelle place reste-t-il pour l’humaniste progressiste mais soucieux de respecter des règles éthiques ?

  2. J. Page

    @Gérard : oui. inquiétant. Ils vont voter aujourd’hui pour les EGM (Embryons Génétiquement Modifiés). On n’en veut pas d’OGM dans nos assiettes, mais ils préparent le pire dans leurs labos.

  3. J. Page

    @Cécile et Gérard : voir sur cette liste de maladies (et les annonces de Peschanski) la tribune de scientifiques qui dénoncent les méthodes :
    http://www.genethique.org/revues/revues/2011/Avril/20110405.1.asp

    Alain Privat, ancien directeur d’unité à l’INSERM et ancien directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études (EPHE) et Monique Adolphe, ancienne présidente de l’EPHE et ancienne présidente de l’Académie de pharmacie, publient dans le Quotidien du médecin une tribune pour critiquer le parti pris idéologique de l’annonce du Pr Marc Peschanski le 1er avril 2011 …..

  4. J. Page

    @Cécile : je trouve « étonnant » que cette publication des labos industriels conjointe avec la discussion au sénat. Ca sent la manipulation. Prof. Frydman avait utilisé la même technique au moment du débat à l’assemblée avec une annonce tonitruante sur les bébés médicaments. Derrière Peschanski et le labo I-Stem, se trouve assez rapidement le business : signature de 7,5M€ avec labo suisse « Roche » et le labo de Peschanski : l’industrie cosmétique comprend que les Embryons en surnombre pourraient représenter de gros profits. Pour l’instant, la recherche sur l’embryon humain n’a rien donné de probant, ce qui pousse Peschanski à ces effets d’annonces. Au contraire, nombre d’avancées réelles et mesurables ont été faites avec les cellules souches adultes (cellules dites « reprogrammées ») qui ne posent aucun problème éthique. Le problème est qu’elles ont bcq moins d’intérêt industriel (car elles servent individuellement les donneurs)

  5. Gérard Eloi

    @ Cécile et JP,

    Il faudrait voir si la forme de myopathie dont on parle dans le lien de Cécile ne figure pas déjà dans les 75 maladies traitées par les cellules de cordon, et dont la liste est dans le lien de JP. Cette liste comprend d’ailleurs la sclérose en plaques.

    Dans l’article du lien de Cécile, on voit aussi cette pub :

    Cellule SoucheCellules Souches: Gardez-les por 20 Ans avec la Banque Leader: SSCB!StemBank.ch/Cellules_Souches

    N’est-ce pas une pub pour une banque privée ?

    Trop compliqué pour moi, évidemment.
    Mais je remercie JP d’avoir attiré notre attention. Et j’espère que ceux qui décideront auront la même démarche d’analyse que lui.

  6. J. Page

    Bien encadré, par des banques de sang de cordon publiques (et non privées), et une législation sur la gratuité du don, on ne retrouve pas les dérives possibles du business autour de l’embryon. Et avec les problèmes éthiques en moins… De plus, les promesses thérapeutiques de l’utilisation des cellules souches issues de sang de cordon semblent être bcq plus prometteuses qu’avec l’embryon, qui pour l’instant n’a été qu’un fiasco scientifique
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Sang_de_cordon

  7. Gérard Eloi

    Il serait intéressant que tu développes un peu plus, J. Page.

    Pourquoi le « don de cordon », dont on a parlé un moment, n’est-il pas « industrialisable » ?

    Es-tu sûr que l’on fasse commerce d’embryons ?

  8. J. Page

    Le vrai progrès serait de faire progresser la recherche sur les cellules souches issues de sang de cordon ou les cellules adultes reprogrammées, qui ne posent pas de problème éthique. Le problème est que l’industrie ne veut pas de cette solution car elle n’est pas « industrialisable », comme celle consistant à fabriquer les embryons au cours de FIV en surnombre (15 embryons fabriqués pour 1 enfant à naître en moyenne), et ensuite de les congeler et d’en faire commerce. Ce n’est pas cela le progrès, au contraire, c’est une regression.

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