Coulisses de la Une de 20 Minutes : Égalité, Paternité

Najat Vallaud-Belkacem : Coulisses de la Une de 20 Minutes « Égalité, Paternité »
Droits des femmes Publié le 3 juillet 2013

Lundi 1er juillet 2013, le quotidien 20Minutes réunissait 3 pères, Jean, Sébastien et Rodrigue dans le bureau de la Ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, pour une photo symbole du projet de loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes.

Mardi 2 juillet, 20Minutes titrait « Égalité, Paternité » pour illustrer l’entretien avec la ministre et décrire un projet de loi de progrès pour les femmes comme pour les hommes.

Retrouvez ici l’interview de la Ministre et en images les coulisses de cette séance de prises de vue pas comme les autres suivi de  :

La ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem présente ce mercredi un projet de loi pour l’égalité hommes-femmes. A cette occasion, 20 Minutes l’a rencontrée.

Une loi n’est-elle pas sous-dimensionnée par rapport au chantier de l’égalité hommes-femmes?

Quand j’ai pris mes fonctions en mai 2012, l’égalité hommes-femmes était déjà dans la loi. Pourtant, les inégalités existent et se sont parfois creusées. Premier échec au cours des deux dernières décennies, celui de la vigilance des pouvoirs publics à faire appliquer les lois. Ma première mission a été de rendre effectif le droit existant, notamment sur l’égalité professionnelle. Deuxième échec: on s’est contenté de vouloir corriger les inégalités, les compenser, sans travailler sur les mentalités. Ce projet de loi intervient sur les représentations en permettant par exemple au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) de lutter contre les stéréotypes sexistes dans les médias. La loi s’attaque aussi à de nouveaux sujets comme la répartition des tâches domestiques. D’où la réforme du congé parental…

Le projet de loi prévoit que, pour un enfant, les parents pourront prendre six mois de congé parental de plus à condition que ce soit le second parent qui en bénéficie. A partir de deux enfants, la durée du congé restera de trois ans si six mois sont pris par le second parent. Pourquoi ne pas avoir augmenté la rémunération?

Notre objectif n’était pas d’inciter les femmes à prendre un congé parental, mais de réduire leur éloignement du marché du travail du fait de congés parentaux très longs et de partager de façon plus équitable la responsabilité des deux parents. D’ici 2017, nous souhaitons que 100.000 hommes prennent leur congé parental, soit environ 20%, contre 18.000 aujourd’hui (environ 3,5 %).

Le projet de loi introduit une notion expérimentale de pension alimentaire minimum de 90 euros. Pourquoi une somme aussi faible?

Les pensions alimentaires sont de moins de 200 euros en moyenne. Il arrive même qu’elles ne soient que de quelques dizaines d’euros. Aujourd’hui, en cas de pension si faible, le parent qui la perçoit doit s’en contenter. Il ne peut pas bénéficier de l’allocation de soutien familial (ASF) qui est de 90 euros [revalorisée à 120 euros d’ici 2017] versée par la CAF en cas d’impayés. Désormais, la CAF viendra compléter la pension pour la relever au niveau de l’ASF. Cette réforme vise à créer une garantie publique contre les impayés de pensions alimentaires, véritable sport national. Les CAF verseront ainsi l’ASF au parent bénéficiaire, puis se retourneront vers le débiteur défaillant. Des outils seront créés ou renforcés: saisie sur salaire ou sur prestations familiales…

Les sanctions financières contre les partis politiques qui ne respectent pas la parité aux législatives vont doubler. Aucun parti n’a joué le jeu?

Certains plus que d’autres, mais même le PS peut mieux faire. Les pénalités financières existantes ne sont pas assez dissuasives. Certains partis préfèrent encore payer. L’idée est de renverser la donne. J’étais même favorable à la suppression pure et simple de l’aide financière aux partis, mais cela s’est révélé inconstitutionnel.

N’est-ce pas un échec de devoir toujours en passer par une politique des quotas?

C’est encore ce qui marche le mieux. Par exemple, dans les conseils d’administration des grandes entreprises, les objectifs fixés par la loi ont d’ores et déjà été dépassés.

Le prochain Premier ministre doit-il être une femme?

L’exigence d’égalité n’est pas forcément portée que par les femmes. Je défends une nouvelle ère dans laquelle on implique autant les hommes que les femmes dans la défense de l’égalité.

Propos recueillis par Alexandre Sulzer pour 20 Minutes.

Pour tout savoir sur le Projet de loi Égalité entre les femmes et les hommes, consultez le dossier ici.

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