Pourquoi je soutiens l’ouverture de la distribution des tests de grossesse

Tests de grossesse
Droits des femmes Publié le 11 septembre 2013

Aujourd’hui, toutes les femmes n’ont pas accès à ces dispositifs en raison de leur coût. Pour la première fois, depuis 1995, la part des femmes ayant déclaré leur grossesse après le premier trimestre a même augmenté de manière significative en 2010 (7,8 % contre 4,9 % en 2003). C’est l’entrée dans le parcours de santé de la femme enceinte qui s’en trouve mis en cause.

Je soutiens l’ouverture de la distribution des tests de grossesse, qui pourra être prévue dans le cadre du débat au Sénat sur le projet de loi relatif à la consommation. La protection des femmes enceintes est notre priorité, ce qui implique qu’elles aient connaissance le plus tôt possible de leur grossesse. Le gouvernement sera favorable à l’amendement déposé par la députée socialiste Mme Schilinger tendant à supprimer le monopole des pharmaciens sur la vente des tests de grossesse et des tests d’ovulation car il s’agit d’une avancée pour notre santé publique. De cette ouverture on peut attendre légitimement une baisse des prix et un accès plus aisé à ces produits médicaux.
J’ai souhaité que cette mesure soit accompagnée de la diffusion dans les notices et sur les boîtes de messages d’information pour que les femmes enceintes. Ces informations doivent être clairement données : il sera rappelé aux femmes la nécessité de consulter un médecin en cas de test positif mais aussi les conseils qu’elles peuvent trouver en matière de contraception ou d’interruption volontaire de grossesse auprès des centres de planification et d’éducation familiale. Parce qu’une femme battue sur trois nous dit qu’elle l’a été pour la première fois au cours de sa grossesse, il me paraît indispensable que l’existence du numéro gratuit d’écoute et de conseil en matière de violences faites aux femmes, le « 39 19 » soit signalé.

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8 commentaires sur Pourquoi je soutiens l’ouverture de la distribution des tests de grossesse

  1. pierre burgun

    Madame la ministre,

    J’espère que vous êtes pleinement consciente que le maillage officinal est(était) meilleur que le maillage des supermarchés, que le conseil officinal évite de nombreux désagréments comme par exemple un test de grossesse qui serait fait trop tôt et pourrait du coup se révéler faux négatif.
    J’espère que vous vous êtes rendu compte qu’en faisant ceci vous venez de fragiliser une profession mis à mal depuis de nombreuses années qui ne survit que grâce à l’abnégation de ses salariés,une profession qui pouvait se permettre de gagner très peu sur des dispositifs et des médicaments pour des pathologies lourdes car elle pouvait se reporter sur autre chose, une profession qui va disparaître petit à petit et la France sera alors le premier pays industrialisé a ne plus avoir de pharmacien dans le parcour de santé, cela à cause de la brèche que vous aurez ouverte,pour faire économiser peut être 2 euro sur toute une vie de femme….

    Je reste a votre entière disposition si vous souhaitez en parler

    veuillez agréer Madame le ministre mes salutations les plus distinguées

  2. armel h

    Je croyais que l’impératif était de fournir aux femmes enceintes une information complète, non biaisée, objective, pour qu’elles exercent leur choix librement : pourquoi, dans ce cas, parler d’emblée et surtout ne parler que des possibilités d’avortement, et ne donner que ces informations là, directement sur un test de grossesse ?

    Pourquoi pas un mot sur les aides possibles (publiques et associatives) pour celles qui désireraient garder un enfant tout en devant faire face à des difficultés d’ordre matériel, financier, familial ou professionnel?

    L’information dont fait mention mme Vallaut Belkacem me semble fortement biaisée, partielle, et donc peu objective. Plus incitation qu’information.
    Pourquoi ?

  3. gonneville S

    Madame,
    je vous remercie de prendre en considération le parcours de santé de la femme française mais ne suis cependant pas pleinement satisfaite de votre projet: j’exerce en milieu rural dans une zone où les médecins en nombre insuffisants sont débordés, c’est donc avec soulagement que les femmes le plus souvent jeunes poussent la porte de la pharmacie à la recherche d’une oreille professionnelle, confidentielle afin de pouvoir exposer leur problème ou tout simplement en quête de conseils, d’explications. aussi vouloir mettre les tests de grossesse dans le m^me circuit que le paquet de nouille, c’est quelque part banaliser l’acte d’achat de ces tests et par conséquent c’est vouloir banaliser les questions les importantes de la vie des femmes qui l’accompagne et va à l’encontre de ce que vous souhaitiez faire !en effet, il n’y a pas d’achat de test de grossesse sans une question que se pose la femme qui l’achète: retard de règles, oubli de pilules….autant de questions féminines qui doivent rencontrer un(e) interlocuteur(rice) qualifié(e)
    Aussi bien rédigée quelle soit, une notice ne remplacera jamais l’écoute, la disponibilité des professionnels de santé de proximité que nous sommes ,au service de la population.
    de plus, l’argument prix ne tient pas au jour d’aujourd’hui: la concurrence en effet accrue au sein de notre profession, fait que le prix de ces test a largement diminué depuis quelques années, en est il de m^me pour le paquet de nouilles qui est largement plus fréquemment acheté par les femmes au cours de leur vie???
    aussi dans un soucis de santé publique et d’accès aux soins équitable sur l’ensemble du territoire, je vous demande de bien vouloir reconsidérer votre position et laisser les professionnels que nous sommes continuer à pouvoir exercer notre rôle auprès de la population.
    cordialement

  4. griffet

    Bonjour Madame le ministre,

    Penser que les pharmacies sont un frein à la santé publique on ne me l’avait pas encore dit….

    Merci encore pour toutes les nuits de gardes et astreintes que nous faisons, dimanches et jours fériés et ou les test sont entre autre accessibles entre 3 et 4.5 euros….

    Décidément, nous sommes une profession bien mal compris par nos politiques, une petite semaine avec nous dans nos petites officines de quartier vous ferait surement comprendre notre place dans l’offre et la régulation des soins ainsi que dans l’accompagnement des patients dans la maladie… mais cela ne doit pas être de la santé publique !

    Nous vous avons proposé à plusieurs reprises de fixer les prix des médicaments et autres produits assimilés non remboursés au non de l’accessibilité aux soins. ( au même titre que les livres voient leur prix fixés pour une accessibilité à la culture).

    Voila une mesure de santé publique qui permettrait d’imposer les choses et de maintenir une accessibilité partout sur le territoire (22000 pharmacies..) et surtout qui mettrait fin aux appétits grandissants des gms qui vous le savez eux sont des philanthropes.

    Confraternellement, veuillez agréer madame mes sentiments distingués.

  5. Paul

    J’ai une petite anecdote à vous raconter et qui s’est passée dans votre département, il y a deux ans: un vendredi à 16h, une jeune femme rentre dans ma pharmacie de campagne et me demande un test de grossesse. Je ne connais pas la personne qui est de passage et je lui demande si elle connait le principe, elle me dit que « oui » mais je remarque qu’elle grimace…je lui demande si tout va bien et elle me répond qu’elle n’a pas eu ces règles ce mois ci, qu’elle a une douleur dans le bas ventre et qu’elle pense peut-être être enceinte. Je lui ai alors expliqué que son test pourrait être positif mais qu’il pouvait aussi s’agir d’un grossesse extra utérine. J’ai contacté le médecin de mon village qui a vue la patiente entre deux consultations et l’a adressée à l’hôpital en urgence, directement en gynécologie ou elle était attendue pour une intervention.
    Plus tard la jeune femme remise de son intervention est venue nous remercier…J’avais juste fait mon travail, je n’avais rien gagner mais c’était une belle journée, je me suis senti utile. je voudrai continuer à faire ce travail dans les mêmes conditions…s’il vous plait.
    PS: 5 €, c’est le prix d’un test chez moi et j’en vend 3 par mois.

  6. Gellerat Rogier Marion

    Madame,

    Un grand merci pour penser au parcours de soin de la femme française, cela est très important pour nous toutes et il est réconfortant de voir que l’état y porte une grande attention.
    Cependant le parcours de soin a-t-il sa place dans les supermarchés? je me pose la question . N’est-il pas préférable d’utiliser les espaces santé déjà existant : pharmacie , cabinet médicaux ou autres espaces type planning familial ? Ou bien considérez vous que le rayon hygiène est suffisamment adapté , dans ce cas qui sera là pour nous orienter ? nous demander de combien de jours est notre retard? que faire en cas de test positif quand on décide d’avoir un enfant? que faire si ce test positif n’est pas une bonne nouvelle? vers qui se tourner?
    La grossesse, désirée ou non, n’est pas un état pathologique , j’en conviens , mais c’est un moment très privilégié qu’il faut partager et envisager avec un professionnel de santé plutôt qu’avec un chef de rayon … si vous en trouvez un dans le dit rayon !

    Si l’on se situe sur le plan « pouvoir d’achat » : êtes vous sûre que le super marché offre un meilleur prix? combien de tests une femme achète-t-elle dans sa vie? est ce vraiment là que se situe le problème? si oui , veuillez demander une baisse du prix du lait ou du kilo de pommes de terre, ce sera préférable pour nous toutes ! voire pour être plus féministe et plus frivole la baisse des sous vêtements ;-))

    Mais restons dans le domaine de la santé et de la défense de notre parcours de soin et donc laissons le soin aux pharmaciens de délivrer ce dispositif de diagnostic
    Et pour éviter les difficultés des très jeunes femmes en situation difficiles et délicates , proposons plutôt de délivrer ces tests gratuitement aux jeunes mineures dans les pharmacies, les centres de planning familial voire dans les infirmeries des lycées .

    Je vous remercie d’avoir pris le temps de lire un avis de femme qui le plus souvent vous soutient , mais là NON !

  7. Civalleri

    Je pense exactement l’inverse. Sauf le respect que je vous dois et qui est réel, croyez le.
    Les tests de grossesse et tests d’ovulation en pharmacie sont à des prix très abordables et la concurrence est évidente en l’occurrence. En gms tout ceci sera nivelé et pas forcement au plus bas. Le conseil est toujours présent en officine et en tout cas toujours possible. Pas en gms. Les risques d’erreurs de manipulation, d’interprétation peuvent être évités avec une bonne explication. Le retour en officine en cas de question est d’une immense simplicité. C’est là le coeur de la santé publique ! L’officine est une porte ouverte à tous, partout en France, avec des gens formés et compétents qui vous accueillent sans rendez-vous et répondent à toutes vos sollicitations du mieux qu’ils le peuvent. Ils vous orientent aussi vers le médecin si nécessaire, peuvent vous donner l’adresse du planning familial le plus proche, vous rassurer, vous aider.
    Je suis terriblement déçu de voir des arguments (prix, pouvoir d’achat) aussi peu en rapport avec « la santé publique » mis en avant. Je ne comprends pas quel mécanisme de pensée vous a amené à cette décision. Il me semble revenir avec horreur au temps de vos prédécesseurs pour qui tout était bon pour céder aux appétits de la gms, déréguler, faire sauter des monopoles par pur clientélisme ce qui j’espère n’est pas le cas pour vous.

    Les désirs de grossesse, les grossesses non désirées, la contraception,tout ce qui touche de près ou de loin à ces sujets et qui concerne à l’évidence les femmes et leur santé est pris en charge à l’officine de façon quotidienne par des professionnels de santé.
    Là est le coeur de la santé publique.

    Madame, je vous conjure de revenir sur cette décision à l’évidence contraire au but que vous recherchez, certainement avec la plus grande sincérité.

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