Un projet de loi sur la bioéthique très attendu, peu ambitieux

Questions de société Publié le 20 octobre 2010

Communiqué de Najat Vallaud-Belkacem

Secrétaire nationale aux questions de société

Et Bertrand Monthubert

Secrétaire national à la Recherche

Repoussée à plusieurs reprises, la révision de la loi de bioéthique est enfin engagée. Longtemps attendu, ce projet de loi a été présenté ce matin en Conseil des ministres : conservateur, incohérent, injuste, ce projet n’est pas à la hauteur des attentes.

En charge des questions de société ainsi que de la recherche au Parti socialiste, auteurs d’un rapport consacré à la révision de la loi bioéthique et aux opportunités qu’elle offre, nous ne pouvons que déplorer le manque de souffle et d’ambition du texte présenté ce matin par le Gouvernement .

Les citoyens, les associations, la communauté scientifique mais aussi le monde judiciaire espéraient davantage ; la France méritait davantage qu’un service minimum sur des sujets aussi importants que la recherche, l’égalité des droits et la famille.

Le texte est d’abord incohérent s’agissant de la recherche sur les cellules souches et les embryons puisqu’il continue à en interdire le principe, tout en multipliant  les dérogations. Faut-il rappeler qu’en raison de ses incertitudes législatives, la France accuse un grave  retard dans ce domaine pourtant source de potentialités thérapeutiques cruciales pour tous?

Il est étonnant de légèreté dans ses conclusions en faveur d’une levée de l’anonymat du don de gamètes à multiple vitesse car certains enfants issus d’un don pourront désormais accéder à l’identité du donneur et d’autres non, créant une injustice supplémentaire sans régler aucun des problèmes psychologiques posés à celles et ceux qui sont à la recherche de leurs origines.

Le texte proposé est surtout dramatiquement conservateur pour ce qui est de la prise en compte des évolutions de la société : rien ou presque n’est prévu pour élargir les conditions d’accès à l’Assistance Médicale à la Procréation. En restent exclus, sans raison valable, tous ceux qui ne répondent pas aux canons traditionnels de la famille : un papa, une maman, mariés ou pacsés. Rien sur les mères célibataires, rien sur les couples homosexuels, rien non plus sur la Gestation pour autrui.

Il y avait pourtant là une opportunité sans égale de permettre aux couples infertiles quelles que soient leurs situations d’échapper à la fatalité. Une opportunité sans pareille de repenser de manière ambitieuse les liens de parentalité, les évolutions des modèles familiaux, qui se nouent au sein de notre société.

Encore un nouveau rendez-vous manqué avec l’histoire, et la capacité de la France à renouer avec le progrès social et scientifique.

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26 commentaires sur Un projet de loi sur la bioéthique très attendu, peu ambitieux

  1. Dominique M

    Fromageplus,

    Il faut complètement ignorer les lois et codes de la santé publique sur l’Assistance médicale à la procréation pour raconter de telles fariboles apocalyptiques comme vous le faites. Et être particulièrement de mauvaise foi pour penser que ces fariboles vont dans le même sens que la proposition de loi des sénateurs visant à légaliser la GPA.

    En fait, vous parlez de ce sujet dont vous ignorez tout de la même façon que vous le faites au sujet de Marcela Iacub. Vous n’avez à l’évidence pas lu son livre, ce qui ne vous empêche pas de vous en prendre à sa personne. De manière lamentable et ridicule, car traiter une femme d’hystérique relève du sexisme le plus bête. Et qualifier de castratrice cette ardente défenseuse des libertés sexuelles montre à quel niveau d’indigence intellectuelle vous errez.

    Je ne vois donc pas l’intérêt d’échanger avec quelqu’un qui n’a rien d’intéressant à dire en dehors de ses propres délires haineux.

  2. fromageplus

    Dominique, Claire,
    J’hallucine sur votre paranoïa. Je vous cite un extrait du projet de loi :
    « De surcroît, une femme ne pourrait ni porter pour autrui un enfant conçu avec ses propres ovocytes, ni porter un enfant pour sa fille, ni mener plus de deux grossesses pour autrui. »

    Clairement, la loi mentionne les risques dont j’ai parlé, afin de les contourner, oups, de les encadrer : par exemple, porter l’enfant de sa fille est interdit. Et pour sa sœur ? Sa tante ? On a le droit ? Nous frôlons les questions de l’inceste et de la consanguinité, nous frôlons la démolition programmée de la filiation générationelle telle qu’elle a toujours existé sous nos climats. Je ne l’invente pas, c’est le texte de loi qui met les bornes à ces endroits-là.

    Je cite encore un extrait du projet de loi : « L’un des deux membres du couple au moins devrait être le parent génétique de l’enfant ». Et l’autre parent génétique, qui est-il ? Un donneur de sperme ? Anonyme ? L’embryon congelé de son premier mari décédé ? [cas de Fabienne Justel en 2009] Ou de son arrière grand-père qui avait un QI de 150 et un corps d’athlète ? Quelle traçabilité est assurée pour éviter la promiscuité génétique ?

    À vous lire, on a l’impression que tout va bien, qu’il n’y a aucune inquiétude à avoir, que tout est sous contrôle, que la gentillesse spontanée prévaut toujours en tout, et qu’il n’y a absolument aucun risque de changement à échelle historique. J’ai l’impression de lire ici des arguments de petits humanistes de province à gants blancs, arborant la confiance heureuse d’un monde d’échanges humains aussi libéralisés que le capitalisme a libéralisé la marchandise mondiale [c’est à dire l’Extension du domaine de la lutte décrite cliniquement par Houellebecq]. Oui, je préfère le cynisme visionnaire d’un Houellebecq à l’hystérie déconstructiviste et castratrice d’une Marcela Iacub. L’EHESS et son socialisme matérialiste, très peu pour moi.

  3. Claire

    @Fromageplus :

    Vous nous faites des longueurs délirantes qui ne reposent sur aucun élément factuel. Comme vous ignorez les lois sur la GPA, vous allez jusqu’à les inventer en fantasmant à tout va, et ce de manière assez malsaine.

    Cela ne m’intéresse pas de répondre à des fantasmes. Je ne suis pas psychanalyste, et je vous suggère plutôt de consulter.

  4. Dominique M

    Fromageplus,

    Etes-vous sûr d’avoir lu le texte de la proposition de loi ? Il ne dit en rien l’interprétation mensongère que vous en faites.

    En préambule, ce n’est pas par ce que vous ignorez tout en matière de mères porteuses qu’elles n’existent pas. Bien avant Abraham, dans le premier code de justice écrit de l’humanité (le code d’Hammourabi), il y a des articles de loi sur la maternité de substitution. On retrouve ensuite des dispositions légales dans toutes les sociétés du monde jusqu’au code Napoléon ! (Lire L’empire du ventre de Marcela Iacub).

    Ensuite, les arguments (l’indisponibilité du corps humain et de l’état des personnes, l’exploitation des femmes démunies, l’incertitude sur les conséquences sanitaires et psychologiques) que vous mettez en avant ne sont cités par la proposition de loi des sénateurs qu’en rappel qu’ils avaient été mis en avant pour justifier la prohibition de la GPA par les lois de 1994. Et justement, le groupe du travail du sénat a pensé que ces arguments ne tenaient pas la route et relevaient du fantasme :

    http://www.senat.fr/rap/r07-421/r07-421-syn.pdf

    On y lit :

    « Pour la majorité des membres du groupe de travail, la maternité pour autrui, correctement encadrée, peut être un don réfléchi et limité dans le temps d’une partie de soi. En ce sens, elle est comparable au don de gamètes ou au don d’organes. Elle peut donc être pratiquée sans qu’il y ait d’exploitation mercantile et d’instrumentalisation du corps des femmes. »

    « Pendant les neuf mois de la grossesse, l’enfant à naître est par nature dans un rapport fusionnel avec la femme qui le porte : il s’attache fortement à elle. Mais, aux yeux de la majorité des membres du groupe de travail, la maternité pour autrui n’est pas pour autant un abandon : à sa naissance, l’enfant est depuis longtemps désiré et attendu par ses parents intentionnels. Des contacts fréquents entre la mère de substitution et le couple demandeur peuvent établir une continuité pour l’enfant entre le temps de sa gestation et les premiers mois de sa vie.
    Redevable de la vie à deux ou trois femmes qui peuvent toutes prétendre au titre de mère, l’enfant né d’une mère de substitution héritera d’une filiation complexe. Certains craignent que des troubles apparaissent, notamment à l’adolescence, lorsqu’il lui faudra se positionner par rapport à cet héritage. Pourtant, si son histoire lui est clairement expliquée par ses parents, rien ne s’oppose à ce que l’enfant s’approprie son passé et le transforme en une ressource lui permettant de s’épanouir. »

    Ainsi, les affirmations des sénateurs n’ont rien à voir avec les fantasmes que vous avez agités et je vous trouve particulièrement de mauvaise foi lorsque vous prétendez que votre prose hallucinée se retrouve confirmée par le texte de la proposition de loi. En effet, les sénateurs fixent clairement les conditions de filiation et l’impossibilité de la contester ultérieurement et rappellent qu’en matière de santé publique que c’est à la femme enceinte et à elle-seule de prendre toutes les décisions relatives à sa santé et à celle du fœtus qu’elle porte. Au contraire, tout dans la proposition de loi des sénateurs tord le cou aux arguments fallacieux qui transpirent dans les articles issus de votre imagination ! Ne réalisez-vous pas à quel point vous êtes ridicule de faire une pareille affirmation ?

  5. fromageplus

    Dominique,

    « Ce n’est pas parce qu’une loi ne résout pas 100% des problèmes qu’elle n’est pas légitime. »
    Je suis entièrement d’accord avec vous. Mais je vais vous commenter la proposition de loi. Ça commence fort :

    « La maternité pour autrui constitue probablement une pratique séculaire permettant de remédier à l’infertilité d’une femme. »
    Que signifie ce « probablement » ? Est-ce un rapport ethnographique sur des pratiques séculaires « probables » ? De quel peuple ? De quelle tribu ? Étudiés par qui ? Est-ce une référence abrahamique ? Pourquoi cet appel soudain à l’Histoire, voire à la Préhistoire ?

    « Longtemps tolérée, parce que pratiquée de manière occulte »
    Oui, c’est vrai, les mères porteuses ça a toujours couru les rues. On le savait mais on ne disait rien. On a tous vu dans notre entourage de nombreuses femmes qui devenaient soudain mères sans la moindre trace de grossesse, et des femmes enceintes que l’on voyait soudain sans enfant après leur grossesse. Mais on se taisait. On tolérait en silence. Nos grands-mères ont des tas d’histoires de mères porteuses de ce genre dans leur mémoire.

    Le présupposé de la loi est le suivant : en vertu du constat d’un fait anthropologico-historique « probable » et d’une pratique « occulte » qu’aucun chiffre ni aucun fait précis n’appuie, il faut légiférer.

    Constatant que des gens se garent en double-file [pratique ancienne et tolérée dans les faits], il faut autoriser le stationnement en double-file. Mais bien encadré par la loi, hein. Sans dérives.

    « La gestation et la procréation pour autrui sont des pratiques strictement prohibées en France […] au nom des principes de l’indisponibilité du corps humain et de l’état des personnes, de la volonté d’empêcher l’exploitation des femmes démunies et de l’incertitude qui pèse sur leurs conséquences sanitaires et psychologiques pour l’enfant à naître et la femme qui l’a porté. »
    C’est exactement ce que j’ai mentionné dans mon commentaire précédent, je vous trouve bien malhonnête de m’accuser de « fantasmer sur de faux problèmes » : le projet de loi lui-même mentionne ces « faux problèmes ».
    Le projet de loi va même plus loin que moi puisqu’il fait état de risques d’explosion de la filiation, et même de risques de consanguinité ou d’inceste volontaire ou involontaire. Tous les « faux problèmes » que j’ai cité figurent noir sur blanc dans le projet de loi : cas de maladie, refus enventuel des parents d’accueillir l’enfant, plusieurs GPA simultanées, etc.

    « […] à condition qu’elle ne donne lieu ni à publicité ni à rémunération. »
    Fort bien. Et si le Bengladesh ou la Corée du Nord, beaucoup moins pénétrés de l’idéal judéochrétien qui sous-tend les idéaux d’altruisme, de gratuité, de solidarité, d’inviolabilité de la personne humaine, etc., décide de rendre ces échanges payants, on fait quoi ? On fait une loi mondiale ?

    Quant au remboursement des frais par la Sécurité Sociale, c’est vraiment être naïf. La pauvre Sécu est torpillée en permanence par toutes sortes d’abus massifs et quotidiens, du genre des « allocations de parents isolés » attribuées aux co-épouses d’une famille polygame. Je ne vois pas pourquoi, par je ne sais quelle grâce particulière de l’Être Suprême ou du Grand Horloger bienveillant, la GPA échapperait miraculeusement aux arnaques vénales et aux dérives intéressées, voire mercantiles ou mafieuses.

    Cher Dominique, non seulement l’article de loi confirme que mes inquiétudes sont légitimes puisqu’il fait état de tous mes « fantasmes de faux problèmes », n’est-ce pas, mais il me conforte dans mes positions : ce n’est pas un « progrès » que vous espérez, c’est l’ouverture de la boîte de Pandore.

  6. Dominique M

    Fromageplus,

    Au lieu d’inventer des articles de loi qui ne font que montrer votre méconnaissance de la problématique de la GPA et votre capacité à fantasmer sur de faux problèmes, pourquoi vous ne commentez pas ceux de la proposition de loi bien réelle des sénateurs dont j’ai mis le lien ?

    Quant à votre affirmation qu’une loi sur la GPA en France serait obligatoirement transgressée, je pense d’une part que les couples infertiles préfèreront rester en France dans un cadre protecteur et pris en charge par la sécurité sociale plutôt que d’aller dépenser de grosses sommes dans des pays sans cadre légal, et que d’autre part l’existence d’une transgression à la marge par rapport à une loi restrictive est toujours préférable à une transgression massive par rapport à une loi de prohibition comme nous le connaissons actuellement en France. Pour faire une comparaison, s’il est estimé qu’environ 5000 personnes vont avorter à l’étranger parce que pour des raisons diverses elles ont dépassé les délais légaux, cela ne remet pas en question la légitimité de la dépénalisation de l’avortement qui permet que 200 000 IVG puissent se faire dans des conditions sanitaires correctes et d’éviter ainsi les morts et les invalidités qui résultaient des pratiques clandestines induites par la situation précédente de prohibition. Ce n’est pas parce qu’une loi ne résout pas 100% des problèmes qu’elle n’est pas légitime. Une loi est aussi un compromis pragmatique, et tant qu’un nouveau compromis pragmatique supérieur n’est pas mis sur la table, cette loi est légitime.

  7. fromageplus

    Claire,

    Si je vous comprends bien, le catholicisme est un intégrisme en soi. Bon. Je prends note. Au moins on y voit plus clair.

    À propos de la légalité et des dérives, je vais prendre d’autres exemples. En France, le mariage est très bien encadré :
    -il est interdit de se marier religieusement sans être marié civilement
    -la polygamie est interdite
    -le mariage homosexuel est illégal.
    La loi est claire et nette [peu importe si on la considère juste ou injuste], ce qui ne l’empêche pas d’être rendue complètement caduque par le constat du réel. Il ne vous aura pas échappé, chère Claire, que nous vivons dans une société ouverte où l’on circule aisément à travers le monde. C’est ainsi que :
    -les musulmans contractent très souvent des mariages religieux en pleine contradiction avec la loi française
    -des milliers de familles en France sont, dans les faits, polygames
    -il devient aberrant de considérer mariés Paul et Jacques en Norvège, mais de nier la réalité de leur mariage s’ils s’installent en France.

    Ainsi, toute loi nationale concernant la GPA sera forcément transgressée par l’existence de la mondialisation et de l’ouverture des frontières.
    Par exemple, si la loi française stipule que la GPA ne doit faire l’objet d’aucune rémunération [sinon c’est du commerce d’être humain, c’est faire de son corps l’objet d’un commerce, voire faire de l’élevage d’êtres humains, ce que toutes sociétés modernes récusent en bloc], rien n’empêchera un couple, légitimement nanti d’un « agrément de GPA » mais en galère pour trouver une gestatrice en France, d’aller faire ses courses à Haïti ou au Kazakhstan et de monnayer les services utérins d’une pauvre femme, voire d’une société qui exploitera la fécondité de femmes triées sur le volet, ravis de gagner quelques deniers grâce aux bons petits Blancs.

    Vous avez le droit d’avoir confiance en un avenir radieux, rempli à ras bord de bisous et d’altruisme citoyen, permettez-moi d’être franchement circonspect.

    À propos de la GPA, puisque vous souhaitez que son existence soit fermement encadrée, je présume qu’il faudra écrire noir sur blanc les termes du contrat entre les parents et la gestatrice, avec Dalloz mis à jour et accord européen [au moins] harmonisé. À mon sens, le premier article doit donc définir l’objet du contrat de la façon suivante [corrigez-moi si je dis des bêtises]:

    « Art.1
    Le présent contrat lie le couple A. & B. Dupont à la personne de C. Dugenou, cette dernière s’engageant à porter l’enfant du couple sus-nommé jusqu’au terme de sa grossesse naturelle. L’enfant sera remis aux parents dans un délai de X semaines après l’acouchement.

    Art.2
    Madame C. Dugenou s’engage par contrat à respecter un régime alimentaire sain [justifié par médecin assigné au contrat ?], à ne pas fumer ni consommer d’alcool, à n’adopter aucun comportement dangereux [justifié par un huissier ?]. [sinon quoi ?]

    Art.3
    Madame C. Dugenou s’engage à céder l’enfant qu’elle a porté à M. et Mme Dupont, sans quoi il y a kidnapping caractérisé et dénonciation immédiate du contrat, passibles de poursuites judiciaires et d’indemnisation d’un montant de X euros pour préjudice de filiation mensongère. L’enfant se verra ainsi privé du patrimoine et des droits que lui avaient réservé ses parents, au bénéfice de la gestatrice qui acquiert pleine et entière responsabilité de l’enfant.

    Art.4
    M. et Mme Dupont se réservent le droit de se rétracter si l’enfant né est porteur de maladies ou de malformations, et de poursuivre en justice la mère porteuse si sa responsabilité est avérée dans cet état de fait, auquel cas l’enfant est soit adopté de force par la gestatrice, soit remis aux services sociaux.

    Art.5
    En vertu de son contrat qui est de donner naissance à un enfant vivant, Mme C. Dugenou n’a pas le droit d’avorter, sauf cas de force majeure médicalement attesté.

    Art.6
    M. et Mme Dupont ne peuvent souhaiter qu’un seul enfant à la fois. Ils ne peuvent faire appel qu’aux seuls service de la contractante. Il est interdit de cumuler les GPA simultanément. Si Mme C. Dugenou se trouve enceinte de jumeaux, une réduction embryonnaire ou un avortement post-natal des sujets surnuméraires sont en droit d’être exigés par les parents.

    Art.7
    M. et Mme Dupont se réservent l’exclusivité de la grossesse de Mme C. Dugenou. Interdiction stricte lui est faite de faire usage de stimulation hormonale ou d’insémination artificelle dans le but délibéré de porter des jumeaux, des triplés, des quadruplés ou des quintuplés pour le compte de deux, trois, quatre ou cinq projets parentaux distincts.

    Art.8
    Au cas ou M. et Mme Dupont viennent à décéder pendant la grossesse, le Projet Parental prend fin. Mme C. Dugenou est donc en droit de disposer librement de l’enfant qu’elle porte [avortement ou grossesse jusqu’à terme] puisqu’il n’est plus désiré par ses parents, sauf s’il est établi que l’enfant est reconnu Projet Parental Secondaire par un tiers couple lié au contrat dans cette éventualité stricte et précise [cousins, amis, etc.].

    Allons plus loin ! Toujours plus loin !

  8. Dominique M

    Je partage l’avis de Claire sur la nécessité d’un cadre légal défini avec précision. Et je ne crois absolument pas à l’argumentation de Fromageplus qui prétend que la mise en place d’un cadre légal pour la GPA entrainerait plus de dérives quand justement les opposants à ce cadre légal de la GPA justifient leurs positions en dénonçant les dérives de la pratique de la GPA en Inde alors que ce pays n’a aucun cadre légal pour encadrer les pratiques !

    D’ailleurs, j’aimerais que Fromageplus nous explique texte à l’appui où se trouve ce premier commandement de la GPA qui imposerait à toute gestatrice d’abandonner son enfant, et ce second commandement qui lui imposerait de tuer l’enfant qu’elle porte dans certaines circonstances.

    Au passage, je trouve le procédé un peu grossier d’une part d’oublier que l’enfant est issu d’un projet parental et non pas de la seule gestatrice, et donc qu’on ne peut pas prétendre qu’il est abandonné à la naissance par ses parents, et d’autre part de prétendre qu’avorter d’un foetus, c’est tuer un enfant.

    Pour ceux qui souhaitent se faire une idée réelle des enjeux de la légalisation de la GPA, voici le lien vers la proposition de loi des 70 sénateurs :

    http://www.senat.fr/leg/ppl09-233.html

  9. Gérard Eloi

    Le sujet est complexe et très délicat, scientifique, social et philosophique, avec l’urgence à planter de solides barrières tant face au mercantilisme qu’aux éventuels apprentis sorciers.

    Ton argumentation est remarquable, Claire : un cadre légal est de plus en plus indispensable, car les possibilités de dérapages augmentent forcément de jour en jour.

    Mais je ne rejette pas tout dans les comm de Fr + : il a abordé le sujet de la vie ou non des enfants trisomiques. Un sujet dont il faut parler à notre époque où le problème ( presque insoluble) se détecte très tôt et où l’avortement est possible.

    La vie, les conditions de vie, des personnes handicapées font partie aussi de la bioéthique.

  10. Claire

    L’intégrisme est le fait de refuser l’ouverture de l’église au monde tel qu’il est au nom d’un retour aux pratiques d’un passé souvent imaginé. C’est la définition que l’on trouve dans la littérature à ce sujet.

    La fondation Lejeune a été fondée par le premier président de l’Académie pontificale pour les sciences de la vie. Ses propos caricaturaux qui contestent les libertés fondamentales en matière de reproduction (avortement, AMP, contraception…) relèvent bien de l’intégrisme.

    A notre époque où la mortalité infantile ou en couches ne limitent plus le nombre d’enfants dans les familles, le tout dans un contexte de surpopulation mondiale, il est particulièrement délirant de continuer à dire que les enfants sont un don de Dieu et que leur venue ne doit pas être choisie. Ce délire est particulièrement malsain quand il consiste à taxer les parents qui planifient leur famille « d’égoïstes » ou d’adeptes « du droit à l’enfant » ou de complice de « la domination technologique ». C’est justement le caractère responsable et non pas égoïste qui fait considérer à des adultes que l’on ne peut pas jouer un rôle parental de qualité si on a une dizaine d’enfants. La liste de ces délires du Vatican sur la reproduction est longue, on peut la consulter :

    http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P81.HTM

    De plus, épargnez nous la mauvaise fois que vous nous répétez en boucle : je n’ai jamais dit que l’avortement ne posait pas de problème, je soutiens seulement que les parents doivent avoir le choix et je respecte leurs décisions qui sont souvent motivées par une idée du moindre mal.

    Au final, vos digressions intégristes cachent mal le fait que vos arguments contre la GPA sont creux. Comment pouvez-vous être crédible une seule seconde quand vous nous servez des idioties du genre que le vide juridique actuel permettrait de correctement encadrer la GPA, mais que sa reconnaissance par la loi la ferait basculer dans toutes les dérives. Vous prétendez apporter des éléments factuels ?? Il faut juste vous rappeler qu’il n’y a aucun vide juridique en France, la GPA étant interdite. Ce qui pousse les couples soit à des pratiques illégales donc clandestines et pas du tout encadrées sur le territoire national, soit à aller à l’étranger dans des pays où la GPA est légale mais pas toujours encadrée de la meilleure manière. De la même manière, quand des pays comme l’Angleterre ou le Canada par exemple ont mis en place un cadre législatif autour de la GPA, cela n’a fait exploser les dérives, cela les a tout simplement supprimées ! Les faits disent donc exactement le contraire de vos théories fumeuses !!!

  11. fromageplus

    Claire,

    1.
    Mais je pose les bases factuelles de la problématique ! Je vous avertis : tant que la GPA reste quelque chose d’exceptionnel et d’expérimental, on peut présumer qu’elle soit relativement bien encadrée psychologiquement, financièrement, médicalement, etc. Mais à partir du moment où le vide juridique sera comblé pour faire bénéficier la GPA au plus grand nombre, vous obtiendrez forcément l’exploitation de la misère, la détresse de l’abandon, le mercantilisme, l’égoïsme, la quête du corps parfait pour la mère comme pour l’enfant, etc. l’Atruisme contenu dans le « A » de GPA ne tiendra jamais face aux coups de l’impérieux droit à l’enfant que vous garantissez aux millions de gens.
    Songez que la GPA a pour premier commandement d’obliger une femme à abandonner l’enfant qu’elle porte, voire à tuer l’enfant qu’elle porte en cas de problème [maladie indésirable de l’enfant, décès d’un ou des deux parents, précarité soudaine des parents, que sais-je encore]
    Vous avez parfaitement le droit de nier ces problèmes à venir, mais alors je vous interdirai de vous plaindre des conséquences que vous appelez de toutes vos forces malgré vous.

    2.
    En quoi la fondation Jérôme Lejeune est-elle « intégriste » ?

    3.
    Je ne pense pas faire de contresens sur vos propos relatifs à la trisomie. Je constate qu’avorter d’un trisomique n’a pas l’air de vous poser problème ; pour moi ça pose clairement un problème.

    4. Citez-moi un texte du Vatican qui vous fait dire qu’il « délire ». Vous m’accusez de ne pas fournir de faits ; je vous demande donc en retour, légitimement, de me dire quels sont les points de catéchisme ou d’encyclique qui vous font dire cela.

  12. Claire

    @Fromageplus :

    Vous êtes plus prompts à faire de la morale pour autrui et à stigmatiser ceux qui font d’autres choix que les vôtres à grands coups de clichés qu’à poser les bases factuelles de la problématique.

    L’article mensonger sur l’avortement d’une gestatrice n’émane pas d’un article de Slate.fr mais d’un communiqué du site intégriste de la fondation Lejeune, et a été repris de manière très approximative dans un commentaire posté sur Slate.fr

    C’est avec le même manque de sérieux que vous abordez la contraception. En quoi sa démocratisation est irresponsable ? Non, ce qui est irresponsable, c’est de s’opposer à des initiatives comme celle de Ségolène Royal (le pass contraception) comme l’a fait Luc Chatel sans faire la moindre contre-proposition. Car les faits sont très clairs : le pays avec le plus faible taux d’avortement est la Hollande qui se caractérise par le meilleur accès à la contraception et le plus haut niveau d’éducation sexuelle dès l’école élémentaire. Vos propositions pour un retour à la morale paternaliste ont montré depuis longtemps leur échec : un de leurs promoteurs, Georges W. Bush, en a fait un de ses piliers de ses 8 ans de mandats : la promotion de l’abstinence sexuelle. Résultat : le nombre d’avortements a augmenté pendant cette période. De même, le fait que vous confondiez une campagne de publicité sur la capote et une campagne d’éducation sexuelle dans les écoles en dit long sur votre discernement.

    Je ne continue pas sur le sujet de la trisomie : vous faites de graves contresens avec mes propos et j’ai le sentiment que vous instrumentalisez cette question sans avoir la moindre notion de ce que cela représente dans les faits pour ceux qui la vivent.

    PS : merci de ne pas faire l’amalgame chrétien quand vous parlez de cathos. Chez les chrétiens, il y a aussi les protestants, les orthodoxes, les anglicans… qui ne partagent absolument pas les délires du Vatican sur la contraception, l’AMP, la GPA…

  13. fromageplus

    Claire,

    Je ne critique pas la contraception en soi, je critique sa démocratisation irresponsable, son idéologie du « fun sans risque » largement répandue, et le mensonge qui l’entoure, lequel fait croire à l’éviction du problème de l’avortement ou de la maternité précoce puisque la capote et la pilule sont censés tout résoudre. Les chiffres prouvent que plus on rend facile l’accès à la contraception, plus on se croit à l’abri de grossesses non désirées, …et plus les grossesses non désirées augmentent dans les faits. Je ne suis pas dans l’idéologie, je suis dans le constat du réel.

    Vous me dites que « d’immenses progrès restent à faire en matière d’accès à la contraception ». C’est totalement faux : la pilule contraceptive est très largement répandue dans les mœurs, idem l’accès à la « pilule du lendemain », que tous les collèges et lycées de France sont à même de délivrer via les médecins et infirmiers scolaires. Les campagnes pour la capote commencent dès le collège, et font régulièrement l’objet d’affichages et de conférence dans l’Éducation Nationale. La télé nous ressasse également de nombreuses publicités pour dédramatiser la contraception.
    Les « progrès à faire » ne sont pas dans le sens d’un « meilleur accès à la contraception », mais d’une opération radicale de responsabilisation des individus face à leur vie sexuelle. Mais cela sous-entend de resusciter un mot fasciste : la morale. Beurk beurk beurk, pas de gros mots.

    +++

    À propos d’enfants trisomiques, je constate que vous semblez trouver plus digne de les réduire en sauce tomate avant la naissance plutôt que de les laisser en vie, même pris en charge par les services sociaux [même abandonnés, ils ne sont pas lâchés dans les rues comme des chiens errants, je vous rassure tout de suite]. Je constate d’ailleurs que les seuls milieux familiaux qui leur font accueil [qu’il s’agisse d’enfants biologiques ou d’enfants adoptés] sont très largement chrétiens. Et que pour cet acte de courage et de charité, nombreuses sont les mères qui entendent dire d’elles, consternées, qu’elles sont égoïstes.

    Nous n’avons pas la même définition de la dignité, en effet.

  14. Claire

    @Fromageplus :
    Il est très difficile de comprendre la logique de votre argumentation tant elle relève plus de la posture idéologique que de la rationalité.

    En effet, on ne voit pas l’intérêt de votre critique de la contraception accusée d’être responsable du taux d’avortement dans notre pays. Au contraire, on sait que d’immenses progrès restent à faire en matière d’accès à la contraception, principalement chez les mineures et les faibles revenus, mais aussi en matière d’éducation sexuelle. Deux points où les militants anti-avortement s’opposent à tout progrès dans ce sens, ce qui en dit long sur leurs intentions.

    C’est la même chose en matière de GPA : c’est bien la prohibition en France qui pousse les couples infertiles à l’étranger, et ce parfois vers des pays pauvres quand ils n’ont pas les moyens de faire face aux coûts supplémentaires que nécessite un cadre éthique.

    Quant aux IMG d’enfants trisomiques, est-ce mieux de les abandonner à la naissance comme le font la majorité des parents comme la loi les y autorise ? Avez-vous été confronté de près ou de loin à l’annonce que l’enfant que vous attendiez était trisomique ? A l’évidence non, ce qui vous permet d’émettre des jugements moraux de manière déplacée.

    Les grossiers amalgames que vous faites et l’utilisation incantatoire du concept de la dignité discréditent votre argumentaire de morale pour autrui.

  15. fromageplus

    Claire,
    L’article n’émane pas d’un site d’ « intégristes catholiques », mais originellement du site Slate.fr, pas vraiment un site de droite. Faut-il donc considérer qu’une information est nauséabdonde™ quand elle est publiée sur un site « intégriste », mais recevable quand elle publiée par Le Monde ou Rue89 ?

  16. fromageplus

    Claire,
    Ma vie personnelle ne vous regarde pas, et quelle qu’en soit la teneur, elle ne m’empêche pas de réfléchir au visage que prendra le monde demain. Je vous rappelle que la démocratisation de la contraception était censée régler le problème de l’avortement. Quels sont ses fruits réels ? Plus de deux-cents mille avortements par an en France [sans compter les avortements réalisés en catastrophe dans les pays limitrophes, par exemple en Espagne].
    Alors me raconter que la Grossesse Par Autrui saura résoudre plus de problèmes qu’en créer, permettez-moi de croire que vous vous mettez le doigt dans l’œil jusqu’au coude – sauf votre respect. Des milliers de femmes miséreuses à travers le monde – et notamment en Inde – sont prêtes à louer leur ventre pour satisfaire le délire prométhéen des couples occidentaux riches. Si vous démocratisez la GPA, vous obtenez en très peu de temps le commerce d’êtres humains [i.e. louer son utérus], l’eugénisme, etc.
    Allez-vous imposer aux mères porteuses des conditions de vie contractuelles pour la bonne santé de l’enfant – elle aussi contractuelle ?
    Le cas dont j’ai parlé n’est pas une exception, c’est un signe avant-coureur de la société de demain. Cessez d’en appeler à l’amoooouuûur et aux bons sentiments pour justifer l’injustifiable : nous traitons ici de la dignité de l’être humain, pas du fumeux « désir d’enfant » qui mute systématiquement en tyrannique « droit à l’enfant ». Est-il décent d’avorter 99% des enfants trisomiques en France ? Est-il décent de renoncer à l’enfant qu’une autre femme porte pour vous au nom d’un diagnostic médical ?

  17. Claire

    Fromageplus, votre propos démontre l’approche caricaturale que certains peuvent avoir sur des questions passionnelles. On ne peut réduire la question de l’AMP au cas extrêmement rare que vous citez. Déjà, il conviendrait de ne pas reprendre à la lettre une présentation tronquée d’un épisode canadien fait par une fondation d’intégristes catholiques, mais rappeler les faits. Lorqu’elle a découvert que le bébé qu’elle portait était atteint du syndrome de Down, la mère porteuse a déclaré vouloir maintenir la grossesse contre l’avis des parents. Ensuite, après réflexion, elle a décidé d’avorter. Le problème soulevé est que ni elle ni les parents ne s’étaient posé la question de ce qu’ils souhaitaient faire en cas d’invalidité aggravée. Mais cette situation est-elle propre à l’AMP ou à la GPA ? Absolument pas ! Devant la découverte d’une trisomie, des couples vivent de graves tensions et ne se mettent pas toujours d’accord, car la décision n’est jamais facile à vivre. Des femmes refusent d’avorter mais abandonnent leur enfant à la naissance comme la loi française les y autorise.

    Etant donné la superficialité de votre raisonnement, je suis prête à parier que vous n’avez jamais été confronté ni à l’infertilité, ni à une grossesse affectée par une maladie invalidante.

  18. fromageplus

    Oui, vous avez raison, il faut coûte que coûte aller plus loin. Allons plus loin, donc.
    Voilà un tout petit aperçu du monde de demain, relayé dans la presse : un couple fait appel à une mère porteuse, l’enfant est diagnistiqué [sans certitude aucune] trisomique, le couple demande à la mère porteuse d’avorter, la mère porteuse refuse. On fait quoi ? On monnaye l’enfant ? On rembourse une femme pour cause de maternité ? On fait un procès aux parents pour refus de livraison conforme ? On créé des liens de filiation à géométrie variable selon le degré de « désir d’enfant » reconnu par un psy et un juge, le degré de conformité de l’enfant au désir parental, et la cote du marché de la « GPA » ?

    Voilà ce qui se passe en 2010. Vous appelez des conséquences désastreuses à vos fantasmes prométhéens nourris d’amour fumeux :
    http://www.genethique.org/revues/revues/2010/Octobre/20101013.1.asp

  19. Dominique M

    Alors que nos concitoyens européens évoluent sur les questions de familles et de procréation, le gouvernement français s’enlise dans une vision naturaliste et religieuse de la bioéthique. Quand l’Angleterre reconnaît la place du partenaire de même sexe dans l’état civil d’un enfant, quand l’Espagne met en place un dispositif de reconnaissance de l’état civil des enfants nés par GPA à l’étranger, Roselyne Bachelot et consorts agitent des peurs infondées pour nous expliquer que rien ne doit changer. C’est une attitude irresponsable qui pousse les couples infertiles au désespoir, à la clandestinité ou à l’exode procréatif pour ceux qui en ont les moyens financiers et linguistiques.

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