Mon intervention sur la politique culturelle au Conseil Général du Rhône.

Lyon Publié le 3 octobre 2011

Vendredi dernier, je m’exprimais en séance publique du Conseil Général du Rhône au nom du groupe socialiste. Je vous donne à lire ci-dessous mon intervention sur la politique culturelle de notre département.

« Monsieur le Président,

Chers Collègues,

Vous le savez, le Groupe Socialiste au nom duquel je m’exprime se caractérise par sa critique constructive, son goût pour le travail en commun au service de l’intérêt général plutôt que pour le dénigrement systématique et l’opposition idéologique stérile.

La présentation, ici, de la politique culturelle engagée par notre Assemblée me donne l’occasion, d’en faire la démonstration. Vous savez à quel point nous sommes attachés à ce que la culture ne soit pas la victime expiatoire de la crise et des politiques de rigueur budgétaire : c’est toujours une forme de démagogie qui finit par couter beaucoup plus cher que les petites économies de court terme.

Permettez-moi donc d’exprimer un triple satisfecit qui porte à la fois :

–          sur le niveau maintenu des budgets engagés dans ce domaine essentiel pour l’équilibre, le rayonnement et la cohésion sociale de notre territoire,

–          sur les choix stratégiques d’intervention qui tiennent compte de ce que mettent en œuvre par ailleurs les autres collectivités locales de notre Département, et notamment la Ville de Lyon, le Grand Lyon et la Région Rhône-Alpes qui se mobilisent très fortement pour la culture,

–          et enfin sur la constance et le renforcement des partenariats noués avec les grandes institutions culturelles qui leur assurent une vraie capacité de création, de prestige à l’échelle internationale et de diffusion des œuvres auprès des publics les plus éloignés des pratiques culturelles.

J’ajoute à cet éloge sincère, et ce n’est pas la moindre de nos satisfactions, une qualité de dialogue, d’écoute et de travail en Commission qui est suffisamment rare dans la vie politique pour être saluée.

Comme le savent tous ceux qui ont lu Beaumarchais, ou qui ont plus certainement tenu un jour Le Figaro entre leurs mains : « Sans liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur ».

Je prends donc la liberté d’aborder avec plus de nuance et de circonspection le dossier le plus sensible de cette politique culturelle : je veux parler du futur Musée des Confluences, bien sûr.

Vous le savez, nous avons toujours considéré qu’il s’agissait d’un projet stratégique majeur capable de contribuer au rayonnement et à l’attractivité de notre territoire, auquel nous nous devions d’apporter notre soutien.

C’est toujours le cas, je vous rassure, mais la phase décisive dans laquelle nous entrons exige aussi de nous une vigilance accrue sur les choix qui seront faits. Nous avons par le passé multiplié les alertes et dénoncé les erreurs commises, en réaffirmant à chaque fois notre volonté sans faille de faire aboutir un projet à la hauteur de nos ambitions pour Lyon et pour le Rhône. C’est dans cet esprit que je veux mettre en lumière quelques zones d’inquiétudes, et vous adresser quelques souhaits :

Premier point : si nous avons été rassurés sur la nature et l’ambition du projet muséal à la suite d’un entretien approfondi avec le Vice-Président Jean-Jacques Pignard, nous continuons de penser que l’ensemble des élus de cette Assemblée doivent être associés de la manière la plus formelle, la plus continue et la plus étroite sur les réflexions et les évolutions à venir, par le biais, par exemple, de cette commission multipartite si souvent promise et que nous ne voyons pas venir.

Deuxième point : votre anticipation des coûts de fonctionnement de la future institution nous apparaît toujours largement sous-évaluée au regard des ratios constatés partout ailleurs dans des projets comparables. Vous estimez ces coûts à 20, et nous plutôt à 30 millions d’euros : il y a un écart important qui nous inquiète tant pour les finances de l’institution, que pour la qualité du service public qui sera finalement mis en œuvre. Le passé tumultueux de ce projet nous ayant enseigné quelques leçons en matière de dérapages de gestion, nous espérons ne jamais découvrir trop tard d’éventuelles difficultés dans le niveau de financement nécessaire au bon fonctionnement et au juste développement du Musée.

Mon troisième point est une question qui vient illustrer cette dernière inquiétude : vous nous invitez aujourd’hui à voter une délibération de près de 6 millions d’euros pour un « solde de tout compte » des conflits juridiques et techniques ayant émaillé la construction du bâtiment. Qu’est-ce que qui nous assure aujourd’hui que vous avez mis fin à la terrible inflation du coût de l’investissement global de l’opération passé, je le rappelle, de 60 millions à 175 millions, puis à 230 millions d’euros alors même que certaines estimations peuvent nous laisser penser que le coût réel pourrait aller jusqu’à 300 millions d’euros en bout de course ? Cette interrogation m’amène à une dernière question en forme de regret : pourquoi donc avoir revendu les actions de la Compagnie Nationale du Rhône dont le Conseil Général du Rhône possédait jusqu’à 18%, et dont la valeur aujourd’hui aurait permis de financer dans de bonnes conditions notre Musée ? Pour comparaison, le département des Bouches du Rhône qui détenteur de 5% des actions, et qui les a conservées, a ainsi pu récupérer 13 millions de dividendes sur l’année 2008, et 18 millions en 2009. On peut ainsi considérer que ce sont 65 millions de dividendes que nous avons laissé échapper en 2008, et 90 millions en 2009. C’est regrettable.

Pouvons, en quelque sorte, espérer à l’avenir entretenir avec vous une qualité de dialogue et de travail en commun sur la politique financière du Département du même niveau que celle dont j’ai fait l’éloge en matière culturelle ?

Les élus socialistes, je vous l’assure, en ont à la fois volonté et la compétence.

Je vous remercie. »

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2 commentaires sur Mon intervention sur la politique culturelle au Conseil Général du Rhône.

  1. morin

    Bonjour madame Royal je vous mais se petit mots en m’excusant part avance j’éspère que vous ne fait pas et ne ferais pas comme on fait chirac miterrand a faire des dessous de table ou des emploies fictif.Je voulais vous dire j’ai des gros soucis de santé je suis au rsa depuis trop lontemp sa fait 2 fois que je fais ma demande a l’amdph (cothorep) pour des gros soucis au niveaux de mon dos mes jambes etc j’éspère que vous allez trouvé une solution pour les personnes invalides ou autre et tous égaux désollé pour les fautes je vous aiment chrystèle

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