Priorité à la jeunesse: de la parole aux actes.

Lyon Publié le 14 novembre 2011

Les 3 jours de Convention Nationale des MJC de France qui viennent de se dérouler à Lyon avec plus de 1 300 jeunes réunis à l’Hôtel de Ville ont été réussite totale: bravo et merci à tous les organisateurs et participants qui ont contribué à ce grand moment de débats, d’échanges et de propositions. Les responsables associatifs de l’éducation populaire ont montré une nouvelle fois à quel point ils sont des femmes et des hommes engagés, passionnés, dans l’action comme dans la réflexion, le tout avec un très grand professionnalisme, et un sens très fort de la convivialité.

Je vous donne à lire ci-dessous le discours que j’ai prononcé pour l’ouverture de la Convention, et je vous donne à voir quelques photos de l’événement.

Ouverture de la Convention Nationale des MJC de France

Hôtel de Ville – Salon Justin Godart

Samedi 12 novembre 2011 à 9h30.

Monsieur le Président de la Confédération des MJC de France, Cher Frédéric,

Monsieur le Président du Comté Local des MJC de Lyon, Cher Luc,

Madame la Vice-Présidente de la Région Rhône-Alpes déléguée à la démocratie participative, à la Vie associative et à l’Education Populaire, Chère Lela,

Madame la Conseillère Régionale déléguée à la Jeunesse, Chère Sarah

Mesdames et Messieurs les Présidents, Directeurs, Animateurs et Adhérents des MJC,

Mesdames et Messieurs les représentants des associations,

Mesdames et Messieurs les Elus,

Chers Amis,

Je suis très heureuse, très enthousiaste, et finalement très fière de vous accueillir ici ce matin dans cet Hôtel de Ville de Lyon pour l’ouverture d’une Convention que nous attendions tous, je crois, avec beaucoup d’impatience.

Enthousiasme et impatience, parce que c’est évidemment un moment très important de la vie de la Confédération, un moment très important pour chacune des associations, chacune des MJC du réseau, et chacun d’entre vous qui consacrez tant d’énergie, de générosité, de temps, de professionnalisme et de compétence à faire vivre et à développer vos maisons partout en France.

Enthousiasme et impatience, de mon côté, comme du côté des MJC Lyonnaises, parce que votre venue ici pour ces trois jours de dialogue, de travail, de réflexion, d’échanges et de propositions est une très belle reconnaissance de ce que nous faisons ensemble sur ce territoire, qui est à la fois le berceau historique des MJC de France avec la République des Jeunes, mais aussi une ville dans laquelle nous avons patiemment construit, un peu contre les vents mauvais de la crise et de l’argent roi, un partenariat solide et durable qui montre la force et la valeur de l’esprit associatif, de l’éducation populaire et de la participation citoyenne pour construire l’avenir.

Enthousiasme et impatience, enfin, parce que nous traversons une crise de société très profonde qui touche prioritairement la jeunesse de France et que nous avons, entre nos mains, des solutions à proposer pour en sortir. En sortir vite, parce que le temps presse.

Nous avons en nous l’optimisme, la confiance en nos valeurs et l’ardeur à la tâche qu’il faut pour y arriver.

Mais nous avons aussi en nous l’inquiétude, et sans doute plus que d’autres, la conscience de la gravité de la situation pour les jeunes générations, pour nos concitoyens des classes moyennes et populaires, pour l’avenir d’une démocratie bien malade qui manque de confiance, de participation, de citoyenneté, de mixité, de solidarité, de cohésion, d’ouverture au monde et qui risque, à tout instant, de renoncer à elle-même. En s’abstenant, en cédant à la crainte et à la peur de l’avenir, en se jetant dans les bras du populisme, du nihilisme, du nationalisme étroit, et des extrémismes de toutes sortes.

Tout, dans ce qui fonde le mouvement des MJC ; TOUT dans ce qui l’anime aujourd’hui s’oppose et résiste à cette pente déclinante, à cette régression, à cet abandon d’un idéal de progrès pour tous. TOUT, dans ce qui nous réunit aujourd’hui, est porteur d’espoir.

Car vous êtes forts d’un héritage puissant, ancré au cœur de la promesse républicaine ; un héritage qui s’appuie sur des valeurs fortes, et qui constitue depuis des décennies l’un des piliers les plus importants de cohésion, d’intégration et d’équilibre pour nos territoires.

Dans le contexte que nous connaissons, il y a au moins trois bonnes raisons de penser que les grandes associations d’éducation populaire seront entendues et seront amenées à jouer, demain, un rôle de la première importance.

Premièrement, la crise économique, sociale et écologique profonde que nous traversons nous oblige à penser et admettre que le monde ne peut rester en l’état, et qu’il est urgent que les hommes reprennent collectivement leur destin en main. C’est ce que vous défendez avec la participation active des citoyens à la vie sociale, dans toutes ses dimensions, et notamment culturelles. C’est ce que vous défendez en rappelant la primauté de l’humain, et la perspective d’un progrès pour tous.

Deuxièmement, nous connaissons depuis quelques années une telle aggravation des inégalités de toutes sortes qu’elles en viennent à menacer très sérieusement l’unité et la cohésion du pays, et que nous allons devoir renouer avec les sources profondes de l’idéal républicain pour recoller les morceaux, retisser les fils qui font le vivre ensemble. C’est ce que vous défendez avec force en imposant la laïcité comme le socle intangible de votre projet associatif, qui est aussi, en ce sens, un projet politique (non partisan, bien entendu), une vision de la société (engagée, pour le coup).

Troisièmement, la démocratie de délégation et de représentation connaît une crise si grave de confiance et de légitimité, et notamment chez les jeunes, que les idées du Front National, pour identifier les choses sans fausse pudeur, ne cessent de progresser et de prospérer très au-delà de ses frontières traditionnelles pour conquérir des esprits jusqu’ici attachés à la modération et aux vraies valeurs de la République. C’est un combat que tous les démocrates et les républicains sincères doivent mener ensemble : vous y contribuez sur le fond en faisant de l’éducation la base de toute émancipation individuelle, la condition sine qua non de tout esprit critique, de toute liberté, et donc de toute citoyenneté.

Une ambition que les élus d’une ville comme Lyon ne peuvent que partager, et donc soutenir de toutes leurs forces.

C’est dans cet esprit que nous avons réfléchi et travaillé ensemble pour maintenir, approfondir et développer le partenariat entre la Ville et chacune des 12 MJC de Lyon, la Fédération Régionale, et le Comité Local des MJC de Lyon, une exception institutionnelle dont nous sommes très fiers.

Ensemble, dans une compréhension mutuelle et un climat de confiance assez rare, je crois, nous avons voulu travailler ensemble à un certain nombre de priorités : la qualité et la densité des liens sociaux entre les habitants, la mixité, la rencontre, le brassage entre les classes d’âges et les catégories de population ; l’accès pour tous aux loisirs, à l’éducation, aux sports, aux pratiques culturelles ; l’éveil et la formation des nouvelles générations à une conscience citoyenne ; l’action menée en faveur des quartiers prioritaires au titre du contrat urbain de cohésion sociale ;  la prévention de la délinquance, et l’insertion socio-économique des jeunes.

Travailler à cela tous les jours, au cas par cas, avec constance et détermination comme vous le faites dans chacune de vos maisons, sur chacun de vos territoires ne fait pas forcément la une des journaux tous les jours, mais nous savons, vous et nous, à quel point c’est essentiel.

Je le dis, parce que c’est crucial de le faire mais c’est aussi très important de le faire savoir. Parce que dans leur humilité, pour ne pas dire leur modestie, les MJC et plus largement les associations, et plus largement encore, les acteurs de l’économie sociale et solidaire prennent un risque : le risque que les pouvoirs publics sous-estiment leur importance, et les sacrifie, à leur tour, au nom de l’austérité et de la rigueur.

Lyon n’a pas fait ce choix, et nous nous en félicitons tous les jours car, ailleurs, on a parfois voulu économiser sur l’essentiel, et c’est tout un pan de l’action publique qui s’est fissuré, sinon écroulé. Que cette tribune serve aussi à tirer la sonnette d’alarme, et à donner de la voix dans le débat public, dans le débat politique.

Pour ma part, forte de l’expérience quotidienne de ces années de travail à vos côtés, je crois plus profondément que jamais aux vertus propres à la vie associative pour faire du développement social local, et c’est pourquoi je me suis engagée dans ce mandat municipal pour élaborer un système conventionnel qui tienne l’équilibre dans la durée, dans le respect de l’intérêt général.

Un équilibre entre l’importance des missions qui sont menées, l’intérêt qu’elles représentent pour les Lyonnais, et les moyens que la collectivité publique peut y consacrer.

Un équilibre qui est un défi loin d’être seulement lyonnais.

Personne, aujourd’hui, ne peut s’exonérer d’une réflexion sur l’avenir et la place de ces associations d’éducation populaire dans la société.

C’est dans cet esprit, d’ailleurs, que nous avions organisé ici même, en mars 2009, une grande Journée d’études, d’ateliers et débats, à l’occasion du 60e anniversaire des MJC en France ; une initiative qui n’est peut-être pas pour rien dans votre choix d’organiser ici cette Convention.

Le retour sur soi, sur sa propre histoire et sur les valeurs qui sont à l’origine de ce que nous sommes est souvent un détour utile pour mieux envisager l’avenir et inventer autre chose lorsque la crise est là, et que nous avons un besoin urgent d’idées nouvelles, de projets nouveaux, à l’échelle d’une société tout entière.

C’est pourquoi je veux terminer mon propos en m’adressant directement à vous les jeunes qui êtes-là, avec ses mots d’André Philip, le fondateur des MJC à Lyon, que son petit-fils Thierry Philip qui est aujourd’hui Maire du 3e arrondissement de Lyon m’a demandé de vous transmettre aujourd’hui :

« La culture est essentiellement un éveil, surtout un art de vivre la vie de tous les jours, dans toutes ses dimensions. Une prise de conscience et des responsabilités afin de se mettre en état de comprendre et d’agir. »

C’est pour faire vivre cette culture, cette société et cette vision de la vie que nous sommes ici : pour vous donner à vous et à toute votre génération tous les moyens de comprendre et d’agir, par vous-mêmes.

Je vous remercie.

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3 commentaires sur Priorité à la jeunesse: de la parole aux actes.

  1. Fabrice (Midi-Pyrénées)

    Bonjour,

    les MJC de Lyon ont fait un super boulot pour ces 3 jours, nous pouvons tous les remercier !
    J’étais très heureux de voir tous ces jeunes se rencontrer et ils étaient satisfaits aussi visiblement. Comme quoi il faut pas grand chose…

  2. Doucelance Eric

    Bravo ! Les photos et l’ambiance qui s’en dégage donnent envie d’y être. Ici à Villeneuve le roi (94)il y a longtemps que la MJC a été détruite par le Député Maire UMP Didier Gonzales.

    Le message positif et l’action pertinente de Najet doit être un exemple pour mener une action efficace avec et pour les jeunes. Bon courage et encore Bravo.
    Eric D.

  3. viven

    merci, pour votre accueil !
    En temps qu’élu à la culture et à la jeunesse d’une petite commune de midi Pyrénées j’espère que votre parole sera entendu dans un avenir proche et que nous serons en capacité de nous engager au niveau national sur ces thématiques. je vous joint un petit article que j’ai modestement rédigé sur la jeunesse et le changement auquel nous aspirons.
    http://www.facebook.com/notes/boris-viven/changement-et-culture/1913202080584
    amicalement
    Boris Viven maire adjoint culture, jeunesse et vie associative de la commune de St lys (31)

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