Lancement des ABCD de l’Égalité à Villeurbanne

Lyon Droits des femmes Publié le 14 janvier 2014

Ce lundi 13 janvier 2014, le ministre de l’Éducation Vincent Peillon et la ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem ont présenté, dans une école de Villeurbanne (Rhône), le projet des « ABCD de l’égalité » qui vise à promouvoir l’égalité filles-garçons, femmes-hommes dès la maternelle.

Les inégalités de réussite scolaire et d’orientation déterminent trop souvent celles que l’on retrouve dans les carrières professionnelles des filles et des garçons. Alors même qu’elles réussissent mieux à l’école et sont plus nombreuses à obtenir le baccalauréat, moins d’un tiers des filles s’engagent dans les filières d’ingénieurs; à l’inverse, moins de 17 % des étudiants des formations dans le domaine social ou paramédical sont des garçons.

Parce que l’Ecole doit être le lieu de l’apprentissage de l’égalité et celui de la réussite de toutes et tous, Vincent Peillon, ministre de l’éducation nationale et Najat Vallaud‐Belkacem, ministre des droits des femmes et porte‐parole du Gouvernement, ont mis en place depuis la rentrée scolaire dans 10 académies et plus de six cent classes les modules « ABCD de l’égalité ».

« La danse est-elle réservée aux filles ? Une femme peut-elle être maçon ? » les ministres ont présenté lundi à des écoliers un projet d’apprentissage de l’égalité hommes-femmes, qu’ils prévoient de généraliser.

« Il ne s’agit pas de dire que nous nions les différences, c’est tout le contraire, nous les respectons« , a rappelé Vincent Peillon, ministre de l’Éducation Nationale.

A ses côtés, la ministre en charge des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, a estimé que le dispositif a vocation à « lutter contre toutes les autocensures« , car « même des garçons peuvent souffrir de ne pas accéder à certains métiers, comme ceux de la petite enfance« .

« Vous savez comment on appelle un homme +sage femme+ ? Est-ce que c’est bizarre d’être une femme maçon ? » a demandé ensuite la ministre à des CM1-CM2, après avoir vu des maternelles se demander « si un garçon peut jouer à la dînette« .

Un site internet « ABCD de l’égalité », élaboré par le CNDP (Centre national de documentation pédagogique) avec le concours des professionnels des deux ministères, a été mis au point pour permettre aux enseignants d’avoir accès à des ressources pédagogiques et de bénéficier d’une animation nationale, assurée par Nicole Abar. Une formation spécifique a été mise en place pour les inspecteurs, conseillers pédagogiques et les enseignants. Le but étant, selon les deux ministères, de « prendre conscience des attitudes liées aux préjugés » sexistes.

« Des études montrent qu’on ne note pas de la même façon la copie d’un garçon et d’une fille, qu’on ne donne pas la parole de la même façon dans une classe à un garçon ou une fille« , a ainsi rappelé Vincent Peillon.

A lire aussi :
Les ABCD : l’Égalité au coeur de notre école.

Retrouvez ici le reportage consacré par TF1 au lancement ainsi que l’article consacré au sujet par Le Figaro:
Les talons du Roi-Soleil soumis aux enfants de maternelle

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Un commentaire sur Lancement des ABCD de l’Égalité à Villeurbanne

  1. Bénédicte DAMON

    Merci Madame Vallaud-Belkacem.
    Dans la cour de l’école, je jouais au foot et aux billes parce que ça m’amusait. J’ai commencé le judo à l’âge de 6 ans. C’était en 1979 et à cette époque, je n’étais pas la cible de remarques sexistes.
    J’ai suivi des études en informatique et me suis engagée dans l’armée. C’est là que j’ai réalisé que les hommes ne me laisseraient pas travailler avec eux, comme eux, sans avoir un soutien d’un de leur pair qui valide ce que j’avance.
    J’ai repris des études universitaires à 28 ans en sciences du sport. Ma spécialité, le rugby. J’ai exercé en milieu carcéral comme éducatrice sportive et me suis heurtée à un sexisme exacerbé. Devenu lieutenant pénitentiaire, j’ai présenté et réussi la sélection ERIS : je suis la première femme à avoir commandé un groupe d’intervention dans des opérations telles que des prises d’otage ou des mouvements collectifs. Qui le sait ?

    Cet après-midi, j’ai passé un concours pour exercer un métier féminisé à plus de 80% parce que je n’accepte plus les peaux de banane, les réflexions moisies, les remarques déplacées et l’humour graveleux ; mais surtout je n’ai plus la force de supporter la mise en doute permanente de mes compétences professionnelles par des collègues qui sont simplement inquiets ou jaloux. Je pense ne plus avoir besoin, pour être prise au sérieux, d’exercer « un métier d’homme ».
    Alors merci pour votre action. Je vous apporte tout mon soutien et vous souhaite beaucoup de courage.
    Bénédicte DAMON

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