Najat Vallaud-Belkacem lance une mobilisation pour l’apprentissage du français aux publics migrants et réfugiés

Éducation nationale Publié le 21 novembre 2016

Au lendemain de la journée internationale des droits de l’enfant, Najat Vallaud-Belkacem s’est rendue à la cité scolaire Honoré de Balzac (Paris 17ème), dans une classe UPE2A (unité pédagogique pour élèves allophones arrivants) afin de mieux faire connaître la scolarisation des jeunes allophones. L’Éducation nationale se mobilise aux côtés des associations et des acteurs de terrain pour l’apprentissage du français aux migrants, aux réfugiés et à toute personne bénéficiant d’une protection internationale sur notre territoire. Objectif : les initier à la langue française, aux codes et aux valeurs de la République.

Alors que l’Europe fait face à une crise migratoire parmi les plus importantes de son histoire, l’accueil des populations contraintes à l’exil s’inscrit dans une politique humanitaire fidèle aux valeurs de la France.

L’Éducation nationale accueille 52 500 enfants et jeunes allophones dont près des trois-quarts sont arrivés en cours d’année dans notre pays et dont la moitié n’a pas 11 ans.

  • 9200 écoles et établissements accueillent au moins un élève allophone : 5400 écoles élémentaires, 2800 collèges et 1000 lycées, quasi exclusivement des établissements publics.
  • 9 élèves allophones sur 10 bénéficient d’une scolarité, très majoritairement dans une unité spécialisée (les UPE2A) ou d’un soutien linguistique.
  • Plus d’un tiers (33%) des écoles et des établissements concernés ne scolarisent qu’un seul élève, un autre tiers accueille des petits groupes de 5 élèves ou plus.
  • 700 établissements, essentiellement des collèges, réalisent cette scolarisation dans des groupes d’une vingtaine d’élèves en moyenne.

En proportion, 80% des nouveaux arrivants sont en famille ; 20% sont des mineurs isolés étrangers (MIE) dont 97% de garçons.

Mobiliser les partenaires de l’École, les ONG et les citoyens

A la cité scolaire Honoré de Balzac, Najat Vallaud-Belkacem a tenu à saluer le travail remarquable des personnels et enseignants qui prennent en charge 17 jeunes d’une dizaine de nationalités. « Leur mission honore notre République en étant fidèle à sa tradition d’accueil et de solidarité. »

« La situation d’urgence humanitaire exige de redoubler d’effort pour l’accueil de ces publics », estime la ministre, qui était accompagnée du Défenseur des Droits Jacques Toubon et de responsables de la Croix-Rouge, d’Emmaüs, de Solidarité Laïque et de l’Association des réservistes citoyens de l’Éducation nationale (ACREN).

La ministre a annoncé un plan de mobilisation pour renforcer et améliorer l’accompagnement linguistique des publics migrants, mineurs mais aussi adultes. Ce plan repose sur la mobilisation des associations partenaires du ministère, des ONG, des réseaux humanitaires et de solidarité impliqués dans l’accueil et l’accompagnement de ces personnes, ainsi que des réservistes citoyens de l’Éducation nationale qui pourront prolonger leur engagement citoyen. « Nous avons aujourd’hui à l’Éducation nationale une expertise que nous pouvons mettre à disposition« , a ajouté Najat Vallaud-Belkacem. « Nous allons offrir à la fois des formations mais aussi du matériel pédagogique. »

Une instruction diffusée ce jour aux recteurs et aux DASEN présente les modalités de mise en œuvre et d’organisation de cette mobilisation sur le territoire national et à l’échelon académique.

J’invite les quelques 6000 membres déjà opérationnels de la Réserve nationale de l’éducation nationale à participer à cet effort pour apprendre à ces publics les rudiments de la langue, mais aussi à les sensibiliser aux valeurs de la République et au fonctionnement de notre société.

Des organismes du ministère, comme le Greta, chargé de la formation professionnelle pour adultes et le Centre international d’études pédagogiques (CIEP) de Sèvres, qui produit des ressources pédagogiques, sont aussi mobilisés dans le cadre de ce plan. Les formations de bénévoles d’associations, eux-mêmes appelés à former d’autres bénévoles, débuteront fin décembre. « D’ici la fin de l’année 2016 » tout sera « prêt et en vigueur« , a assuré la ministre.

Cliquez ci dessous pour lire la lettre de la ministre aux réservistes :

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Photos © Philippe Devernay / MENESR

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6 commentaires sur Najat Vallaud-Belkacem lance une mobilisation pour l’apprentissage du français aux publics migrants et réfugiés

  1. Aline FOLLEA

    Etant professionnelle du Fle, après plusieurs années de galère d’emploi précaire en emploi précaire (parce que les CDIs sont très rares dans le domaine, et encore plus les CDIs payés à hauteur des compétences), je ne comprends pas pourquoi il faudrait faire appel à des bénévoles alors qu’il y a un diplôme qui existe, des gens qui se forment à enseigner le FLE – et qui ont envie de le faire plutôt que d’être au chômage! Pourquoi ne pas demander à des personnes qui ont passé une initiation aux premiers secours de devenir médecins bénévoles, dans ce cas?

    C’est toute la suite du parcours scolaire des enfants qui est mis en danger, avec un tel schéma.

    Par ailleurs, vous parlez des enfants qui sont accueillis, mais vous ne parlez pas des listes d’attente: nombre de jeunes de 14-15 ans sont mis sur liste d’attente, puis ne sont pas accueillis après leur anniversaire 16 ans, car il n’y a plus d’obligation de scolarité. Les chiffres qui seraient intéressants également porteraient sur une comparaison entre l’offre et la demande. Je tiens à souligner le fait que ces jeunes ont très envie d’apprendre, de se faire des amis de leur âge, et de commencer à vivre une vie de leur âge, tout simplement.

  2. Laëtitia G

    Bonjour,

    Cette intention est bonne, bien sûre, mais pourquoi faire appel à des bénévoles ?
    Il y a de nombreux diplômés en FLE (Français Langue Étrangère) qui cherchent du travail ! C’est un réel métier qui ne s’improvise pas. Il y a un Master (bac +5) qui forme des enseignants souvent expérimentés et passionnés qui se retrouvent souvent dans des situations précaires, faute de trouver de vrais contrats voire même un emploi.
    Si les migrants d’aujourd’hui étaient formés par des professionnels du FLE, on éviterait peut-être les problèmes de demain !
    Actuellement, la plupart des enseignants titulaire en UPE2A, n’ont pas de vraie formation FLE (un CAPES qui n’a rien à voir avec le FLE et une certification, quand il y en a, qui se passe en 20mn!) et je trouve déjà cela affligeant !
    Favorisez donc l’emploi de professionnels du FLE pour donner du travail aux français expérimentés, améliorer l’apprentissage des migrants et construire un meilleur avenir…

  3. bougaieff

    Je ne comprends pas, on ne donne pas de moyen a nos enfants handicapés dans nos écoles primaires, on va donner des moyens à des étrangers ? Comme on ne donne aucune reconnaissance aux AVS qui gagne 600€ net pour 24 h de travail

  4. di polinago

    A quoi sert d’apprendre le français a une population d’origine arabe ou du moins musulmane ,qui se fait un réel plaisir « provoc ? » de parler la langue de leur origine ,dans les commerces ,dans la vie public, etc..
    ET se disant français ,puisque nés sur le territoire national!!!

  5. masson Claude

    Je fais également partie de la réserve citoyenne mais je n’ai jamais été sollicité ??

  6. masson Claude

    Najat Merci pour ces projets je suis formatrice en français pour adultes et membre PS du Rhone.

    J’ai travaillé sur l’Ecole ouverte aux parents mais j’ai arreté l’action faute de parents et pas de mobilisation des instances !!!!! peut être faudrait il faire un contrat avec les parents ne parlant pas français dès l’instant où ils inscrivent leur enfant à l’école française ?

    Dans le centre social où je travaille dans la banlieue lyonnaise, nous venons de mettre sur le carreau 50 personnes des cours d’apprentissage du français car les subventions FSE notamment ne font que baisser ??? il s’agit de l’équivalent d’un salaire sur une année sur 9 heures de formation de français ?

    Que faire sans moyens ?

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