Tag archive for "laïcité"

Questions de société

Diversité, laïcité, intégration: aujourd’hui en débat aux Rencontres Capitales.

Pas de commentaire 14 octobre 2011

J’interviens aujourd’hui à Marseille aux Rencontres Capitales (un très beau forum de débats d’idées au Palais du Pharo)  sur un sujet qui sera sans aucun doute au coeur de la prochaine campagne présidentielle, et sur lequel j’ai pubilé un petit livre pour la Fondation Jean Jaurès : « Un nouveau modèle d’intérgration est-il nécéssaire ? », et qui n’est sans rapport non plus avec mon essai publié avec Guillaume Bachelay sur le Front National, « Réagissez! »

Je dialogue jusqu’à 13 heures avec Blandine Kriegel, Dominique Schnapper, et Jacques Toubon.

Un événement à découvrir ici et à suivre sur twitter avec hashtag: #RCap

A venir… des nouvelles très vite sur le beau programme d’événements à Lyon ce week-end, et bien sûr, sur le vote décisif de dimanche pour le second tour des Primaires Citoyennes.

Bonne journée à toutes, tous.

Après-coup:

Une dépêche AFP a rendu compte de l’événement:

Rencontres capitales à Marseille: 100 personnalités pour donner espoir aux indignés.

« MARSEILLE, 15 octobre 2011 (AFP) -

Les premières « Rencontres capitales », forum de débats « pour changer le monde », organisées vendredi et samedi à Marseille  autour de 100 personnalités – intellectuels, responsables politiques ou économiques, artistes, scientifiques, ont attiré quelque 10.000 participants sur deux jours, selon les organisateurs.

Ces débats avaient pour objectif de donner de « l’espoir » et des « outils de réflexion » aux indignés, aux « jeunes révoltés », a expliqué à l’AFP le journaliste Christian Auboyneau, à l’origine de la manifestation.

Il a réussi à convaincre 100 personnalités comme la cantatrice Barbara Hendricks, l’écologiste Pierre Rabhi, l’architecte Roland Castro, les metteurs en scène Macha Makeïeff, Jean-Michel Ribes et Gérard Mordillat, le sociologue François Dubet et les psychiatres Marcel Rufo et Boris Cyrulnik, de participer à 24 débats sur le droit d’ingérence, l’environnement, l’intégration, la crise alimentaire, le climat, etc.

Des échanges vifs et animés, à l’image de celui intitulé « Diversité, laïcité: un nouveau modèle d’intégration est-il nécessaire ? ». Najat Vallaud-Belkacem (PS), adjointe au maire de Lyon et porte-parole de Ségolène Royal, a fermement tenu tête à l’ancien ministre et président de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, Jacques Toubon, qui présentait la France comme étant « les Etats-Unis de l’Europe (une terre d’immigration, ndlr) ».

« On a manqué la marche de comprendre que notre pays comporte une immigration légale », a notamment lancé la jeune socialiste, regrettant que le discours politique ne parle aujourd’hui « que d’une immigration illégale ».

Christian Auboyneau, ancien rédacteur-en-chef à France Télévision qui se revendique d’un « journalisme durable », explique que « c’est en lisant les blogs et les commentaires après la diffusion du documentaire +La France en faillite+ » (2008) qu’a germé l’idée de ces rencontres.

« Il fallait redonner de l’espoir », estime-t-il.

Le journaliste et producteur affirme que la plupart des personnalités ont répondu immédiatement à son appel. « Ce sont des gens qui portent en eux un espoir », explique-t-il, évoquant Barbara Hendricks qu’il ne connaissait pas et qui s’est pourtant déterminée après « une simple lettre ».

La seconde édition est déjà programmée au palais du Pharo de Marseille les 14, 15 et 16 novembre 2012. »

Retour vers le futur: le 10 mai 81…

Billet edito

Retour vers le futur: le 10 mai 81…

2 commentaires 08 mai 2011

A l’invitation de la « Revue socialiste » j’ai pris ma plume, aux côtés des acteurs du 10 mai 81 et de quelques uns de ses héritiers, pour m’interroger sur le sens et les leçons de cet anniversaire que l’on célébrera mardi. Je vous livre ici le propos que j’y ai tenu et vous invite vivement à parcourir ce beau numéro, riche de témoignages précieux, et téléchargeable gratuitement sur le site Officiel de la Revue Socialiste.

« Retour vers le futur »

Le 10 mai 1981, je n’avais pas quatre ans, et je vivais au Maroc dans un milieu rural pauvre et isolé, dont on peut dire sans exagération au regard de ce qu’est devenue la circulation de l’information aujourd’hui, qu’il était coupé du monde. Autant dire que je n’ai aucun souvenir personnel de ce jour d’élection que chaque militant socialiste de plus de 30 ans a raconté mille fois, mêlant les souvenirs vrais d’une soirée en famille aux recompositions plus ou moins hasardeuses, pour tisser le récit de son engagement politique, et de son mythique moment-clé, ou point d’origine. Celui qui est passé à côté pour tel ou tel motif biographique, ou qui ne se souvient de rien – le malheureux – pourra toujours s’appuyer sur des bribes d’anecdotes de seconde main qui finissent, avec les années, par trouver une forme de cohérence, et donner un sens, un point d’ancrage affectif, sinon une explication sociologique à son parcours de militant.

Il se trouve que moi, je n’ai pas de « 10 mai 1981 », ni mes parents, ni ma famille, ni mes amis d’enfance… et que « l’état de grâce », par exemple, n’évoque rien d’autre qu’un glorieux chapitre de notre histoire politique, une formule, un concept, un mot valise passé dans le langage courant. Si mes chansons préférées, les films, les romans, et la culture télévisuelle m’ont bien appris à « devenir française » en préférant instinctivement la France de Mitterrand qui « changeait la vie », à celle de Giscard, je n’ai rien vécu de personnel dans tout cela, sur le plan politique.

Je peux bien avouer que j’ai longtemps vécu ce « trou » mémoriel comme une sorte d’insuffisance dans mon pedigree socialiste, et que j’ai si souvent esquivé le sujet que j’aurais sans doute fini par développer un sentiment d’imposture à cet égard si… je n’avais pas reçu un e-mail d’Alain Bergounioux me demandant une contribution personnelle sur le trentième anniversaire de l’élection de François Mitterrand pour la Revue Socialiste, aux côtés des acteurs majeurs et des figures les plus prestigieuses de mai 81 ! C’est à la fois un grand honneur qui m’est fait, et un sacré piège qui m’est tendu, il faut bien le dire. Hésitant entre le plaisir narcissique de l’essai critique frappé du sceau de la jeunesse et de son esprit forcément frondeur et espiègle, celui de la dissertation sage et un peu convenue de l’ancienne élève de Sciences-Po, ou celui de l’exercice prospectif – au risque d’être gratuit – sur l’avenir possible de l’héritage mitterrandien, je me suis interrogée le plus sérieusement possible sur ce que l’éclairage d’une « jeune génération d’élus socialistes » pourrait apporter à un tel ouvrage collectif. Après tout, nous sommes un peu entre nous ici, et j’ai préféré m’autoriser quelques chemins de traverse en élargissant un peu la réflexion à ce que représentent pour moi les années 80, et ce que la gauche d’aujourd’hui pourrait en retenir pour construire la décennie qui s’ouvre.

Je me suis rapidement rendu compte que l’abondante littérature critique, journalistique ou universitaire sur ces « années Mitterrand » a finalement trouvé bien peu d’écho dans ce qu’on pourrait appeler le sur-moi des jeunes générations militantes, aujourd’hui aux portes des responsabilités. Je ne crois pas, en réalité, qu’un seul de mes camarades trentenaires, moi comprise jusqu’à présent, ait jamais sérieusement imaginé contribuer à faire revenir la gauche en s’appuyant, comme nos aînés de 81, sur une vague d’espoir –et donc multiplier les invitations au rêve-, mais bien seulement en incarnant la seule force politique capable de répondre au désespoir profond des citoyens auxquels nous nous adressons chaque jour. C’est sans doute une erreur : l’un n’empêche forcément pas l’autre, et peut-être que cette date anniversaire du 10 mai, finalement, peut nous aider à penser les choses différemment.

La décennie des années 80 n’est sans doute pas le grand cauchemar décrit par François Cusset dans son essai pamphlétaire de 2006 sur la « mythologie » de cette période de l’histoire récente, mais elle n’en reste pas moins comme l’ont analysé depuis de nombreux intellectuels critiques et historiens des idées, le moment de triomphe dans le monde, en Europe et en France aussi, du libéralisme économique sans bornes, du virage à droite des idéologies politiques, du retour de la réaction morale et de l’emprise du religieux, du réflexe identitaire, du racisme, du nationalisme et du renoncement généralisé aux utopies progressistes des années 70 dans un vaste mouvement que d’autres ont aussi appelé « le retour à l’ordre ».

Je ne crois pas que la gauche au pouvoir en France soit responsable de tout cela, bien sûr, elle est, plus que d’autres partis sociaux-démocrates, demeurée fidèle tant qu’elle l’a pu à ses valeurs, mais elle a été, pour le moins, une contemporaine impuissante à détourner le vent de l’histoire.

Entre la gauche d’avant 1981, et celle d’aujourd’hui, c’est notre capacité, sinon même notre volonté politique d’incarner le changement que nous avons perdue en route. Cette espérance-là, pourtant, est plus vivante que jamais au sein des classes populaires qui souffrent le plus, sans trouver de débouché politique. Enfin presque… et quel changement ! Car la date de référence, celle qui nous oblige à un retour critique sur les années passées, ce serait plutôt… le 10e anniversaire du 21 avril 2002. C’est le moment de mon engagement militant au sein du Parti Socialiste. Rappelons qu’en 1981, le Front National ne comptait pas 500 adhérents, et que son candidat n’avait pas pu réunir le nombre suffisant de signatures d’élus pour se présenter à l’élection présidentielle. Dès les élections municipales de 1983, son ascension électorale débutait pour atteindre, à l’heure où j’écris ces lignes, la première place des intentions de vote au premier tour de la prochaine élection présidentielle. Comment ne pas y penser lorsqu’on me demande ce que sont devenues les espérances populaires de mai 1981 ?

Ces deux événements, la suite l’a montré, ne sont pas des accidents : ils ont un sens politique. Par deux fois, comme dans un miroir inversé, un désir profond de changement s’est exprimé sans que nous soyons en mesure d’y répondre, sauf peut-être dans les premiers temps de la campagne de Ségolène Royal en 2007, avant que nous perdions la bataille médiatique du storytelling autour de la « rupture », revendiquée par Nicolas Sarkozy, un comble ! Après trois défaites successives à la Présidentielle, et d’innombrables victoires aux élections locales, nous savons désormais que nous n’incarnons plus la rupture, le changement, une nouvelle donne. C’est un fait devant lequel, à quelques encablures d’une nouvelle élection présidentielle, les socialistes ne doivent pas, et d’ailleurs ne veulent pas se résigner : le désir de changement est une aspiration en tant que telle, à laquelle il faut répondre en acceptant de prendre des risques, y compris avec l’opinion dominante. N’oublions pas que ce fut la ligne politique explicitement adoptée par François Mitterrand dès 1971 au Congrès d’Epinay avec ces mots « Celui qui n’accepte pas la rupture, celui qui ne consent pas à la rupture avec l’ordre établi, politique, cela va de soi, avec la société capitaliste, celui-là, je le dis, il ne peut pas être adhérent du Parti socialiste. » Avec la conquête de la responsabilité et de la crédibilité gestionnaire, nous n’avons certes pas perdu notre âme, ni notre identité qui a toujours été d’exercer le pouvoir et d’en accepter les contraintes, mais nous avons certainement changé notre rapport au progrès, à la critique sociale et à l’émancipation pour adopter un point de vue globalement plus conservateur ou résigné qu’avant sur le monde et sur la société. Non seulement nous ne sommes plus toujours aux côtés des forces sociales et des mouvements minoritaires qui sont à l’œuvre dans la société, mais bien souvent, nous ne savons plus suffisamment les écouter, les comprendre, les accompagner. C’est pourtant cette capacité à prendre en compte un certain nombre de revendications spécifiques en les rendant légitimes dans la sphère politique, républicaine puis gouvernementale, que nous avons su emporter l’adhésion et l’enthousiasme en 1981, que nous avons pu tenir, ensuite, nos engagements et que la société s’en est trouvé changée. On sait ce que les grandes mesures phares des débuts du premier septennat doivent aux combats menés par les militants associatifs et syndicaux contestant « l’ordre établi » avec l’abolition de la peine de mort, les droits des homosexuels, des femmes ou des étrangers, la défense des libertés publiques ou le relèvement des salaires, etc. ; on sait aussi combien la coupure avec les intellectuels qui avaient pensé et soutenu le rapprochement avec le PS a été douloureuse, et lourde de conséquences pour la suite. On peut penser à Michel Foucault ou Gilles Deleuze, à Pierre Bourdieu en 1995, ou aujourd’hui à un Didier Eribon. Les efforts sont-là, je le sais et je les constate dans mes fonctions de Secrétaire Nationale, pour dialoguer avec les sciences sociales, mais il n’en reste pas moins que nous avons beaucoup de mal à opérer un retournement de notre pensée lorsqu’il s’agit de s’engager clairement pour des revendications spécifiques contre de grandes abstractions qui nous servent de lignes de défense pour préserver un système de valeurs  attaquées de toutes parts, mais aussi à bien des égards stérilisantes comme « la République », « la Laïcité », « la Mondialisation », « le Communautarisme » etc.

Lorsque je regarde donc cette décennie d’après la victoire historique, je vois moins les désillusions du tournant de la rigueur économique dont je pense que nous pouvons tirer les leçons pour aujourd’hui, que l’éloignement progressif des socialistes avec les conditions d’émergence d’un projet de rupture dont je suis moins certaine que nous ayons pris conscience. Je suis pourtant convaincue que nous allons devoir renouer avec un sens critique et une audace réformiste qui se sont émoussés sur beaucoup de sujets pour espérer susciter à nouveau quelque espoir, chez les intellectuels ou les entrepreneurs comme chez les ouvriers, dans les classes favorisées par la mondialisation comme dans celles qui ont été sacrifiées sur l’autel du néolibéralisme, des délocalisations et de la brutale accélération des changements technologiques.

La domination, l’oppression et la discrimination sont toujours à l’œuvre avec un degré de violence à l’encontre des individus qui ne cesse de croître un peu partout dans la société française suscitant la révolte, la colère, l’abstention ou la résignation à se tourner vers les extrémismes de tous ordres. Nous ne pouvons plus nous bercer d’aucune illusion, les slogans et les recettes anciennes n’y suffiront pas : c’est vers de nouveaux horizons, pas forcément naturels pour ma génération, que nous allons devons devoir tourner nos regards. Oui, il faut sans aucun doute abandonner quelques-unes de nos certitudes et regarder le monde tel qu’il est, mais l’accepter tel qu’il est en renonçant à le changer, non, certainement pas. Il me semble que c’est bien ce refus obstiné de plier devant le cours des choses qui a « changé la vie » en mai 1981 : c’est avec ce geste radical qui fait l’essence de la politique que nous devons renouer.

Retrouvez également le lien de l’article Le Monde consacré à ce numéro : 10 mai 1981 : les leçons d une victoire

« Argus Flash » de l’UMP sur les droits des LGBT: un peu plus de « Flash » que d’ « Argus »

Billet edito

« Argus Flash » de l’UMP sur les droits des LGBT: un peu plus de « Flash » que d’ « Argus »

3 commentaires 26 avril 2011

Pfff… je viens de parcourir (Faut-il que je sois curieuse!…) le dernier argumentaire envoyé par l’UMP à ses militants et à ses cadres. Il porte le nom nuancé et léger d’ « ARGUS FLASH : Le projet du PS ? Des mesures d’un autre siècle ! ». L’UMP y donne des arguments en prêt-à-penser pour critiquer le projet des socialistes pour 2012. Du grand art de la part d’un parti au pouvoir depuis 10 ans, sans qu’on ait franchement vu la situation de la France s’améliorer…

Un de ces « argus » a particulièrement retenu mon attention : Revenant sur la proposition socialiste (à laquelle j’ai fortement contribué) d’ouvrir le mariage, l’adoption et  l’AMP (pour les femmes)  aux couples de même sexe, l’UMP y voit « une attaque en règle contre les familles ».

Un « couple d’un homme et d’une femme, ce n’est objectivement pas la même situation qu’un couple de deux personnes de même sexe, il n’y a donc pas d’inégalité de situation entre les couples hétérosexuels et homosexuels » justifie le rédacteur de cet « argu ». Quant à  l’adoption, il faudrait la refuser au nom de « l’intérêt de l’enfant » qui serait « d’être élevé, dans la mesure du possible, par son père et sa mère. ». Quand on sait que l’adoption est depuis longtemps ouverte aux célibataires, il y a de quoi sourire.

N’en déplaise aux militants et cadres de l’UMP, oui, il y  a bien une inégalité criante entre un couple qui aurait le droit de se marier et d’adopter au titre de son hétérosexualité et un autre qui n’aurait pas ce droit au titre de son homosexualité. Non, il n’est pas naturel que l’État Français, à rebours des progrès effectués dans de nombreux autres pays, continue à discriminer en fonction de l’orientation sexuelle.

Dès lors que l’homosexualité est considérée comme une simple orientation sexuelle et non plus comme une maladie ou une anomalie, dès lors que plusieurs dizaines (voire centaines) de milliers d’enfants vivent d’ores et déjà au sein de familles homoparentales sans, loin de là, que cela nuise à leur épanouissement personnel, au nom de quoi, devrions nous accepter aujourd’hui encore ces inégalités d’un autre temps? Au nom de principes religieux peut-être? Mais,  Monsieur Copé rappelez moi, nous vivons bien dans une République laïque, n’est-ce pas ? Il eût été fort interessant de mettre à l’ordre du jour de votre inénarrable débat sur la laïcité, l’ouverture du mariage « laïc » à tous les couples, quoi qu’en pensent les religions… Mais vous aviez d’autres obsessions que celle là, je le conçois. Ce qui vous inquiète, vous, c’est le co-mmu-nau-ta-risme.

Eh bien, précisément! Réserver des droits à certains et en exclure les autres, au nom de leur orientation sexuelle, c’est du  co-mmu-nau-ta-risme: celui d’une classe politique aveugle aux multiples formes de parentalité qui peuplent désormais nos vies, et arc-boutée sur une vision fantasmée et totalement dépassée de la famille qu’elle voudrait imposer à l’ensemble de la société. Quant à l’argument du « droit de l’enfant » contre le « droit à l’enfant », il est tellement ridicule et insultant pour ceux qui souhaitent fonder ou donner une famille à un enfant abandonné, qu’il entache ce document d’indécence à l’encontre des milliers de français dans cette situation qui, quelle que soit leur orientation sexuelle,  n’ont jamais perdu de vue « l’intérêt de l’enfant » .

De cet « Argus Flash » il ne restera malheureusement que la certitude que, sur le plan de la réflexion, l’UMP fait preuve encore une fois, de plus de « flash » que « d’argus ».

Photomontage: TÊTU

Presse

Trop tard, le mal est fait.

1 commentaire 06 avril 2011

Communiqué de presse

Najat Vallaud-Belkacem

Secrétaire nationale aux questions de société (PS)

Trop tard, le mal est fait.

Le déshonneur est donc complet pour l’UMP à l’issue de son « débat » sur la laïcité.

Trois heures de discussion entre soi, dix ministres à la torture, une famille politique divisée comme jamais, une France atterrée par le comportement de ses dirigeants, des Français divisés, stigmatisés pour leur religion, menacés dans leurs libertés, les uns apeurés et les autres inquiets pour leur avenir, les valeurs de la République ébranlées, un gouvernement, un Président et un parti totalement discrédités, les mots, les idées du Front National légitimés, tout ça pour 26 propositions improvisées la veille qui n’apportent qu’une seule chose de plus à ce qu’on savait déjà : l’impuissance totale des hommes du Président à proposer des idées susceptibles d’enrayer l’entreprise de démolition du pays dans laquelle ils se retrouvent piégés, et nous avec.

Le débat a finalement porté sur la laïcité et le vivre ensemble : trop tard, le mal est fait.

J'aime !

« La religion n’est pas un service public » d’Henri Pena-Ruiz

4 commentaires 31 mars 2011

Voici quelques remises au point très utiles et saines d’Henri Pena-Ruiz dans sa tribune dans Libération du 29 mars :

La religion n’est pas un service public

Apparemment notre république serait trop pauvre pour faire vivre des grands services publics communs à tous, croyants, agnostiques et athées. Asphyxie organisée de l’école publique, démantèlement des hôpitaux de proximité, privatisations en tous genres, etc. L’ultra-libéralisme fait son œuvre. La solidarité redistributive n’est plus à l’ordre du jour. En revanche la république serait assez riche pour financer des lieux de culte, qui ne concernent pourtant que les croyants pratiquants, une petite minorité. M. Sarkozy prône le supplément d’âme d’un monde sans âme. La terre vous paraît bien injuste voire invivable ? Réfugiez-vous donc dans le ciel ! Le protecteur des nantis ose dire sans ambages : «La république a besoin de croyants» (discours au palais du Latran).

La religion réduite à une compensation, et reconnue d’utilité publique ? Napoléon, que ne hantait pas une foi très vive, avait expérimenté la recette avec son concordat, qui aujourd’hui encore en Alsace-Moselle fait financer par tous les citoyens, croyants ou non, le culte de certains. Les mauvais coups contre la laïcité n’ont cessé. Voici venir le coup de grâce. Le prétexte en est l’utilisation illégitime d’une rue pour la prière, par des citoyens musulmans instrumentalisés politiquement. Certes la convergence hebdomadaire, vers la même rue, de fidèles de toute la région parisienne est clairement une manifestation en forme de défi. Elle usurpe l’espace public. Mais c’est un cas rarissime. N’importe. C’est une aubaine pour le FN qui se découvre adepte d’une laïcité à géométrie variable, que jamais il n’a invoquée contre les privilèges publics du catholicisme. Une aubaine aussi pour M. Sarkozy, qui s’apprête à détruire la laïcité en raturant la loi de 1905 sous prétexte de faire cesser le trouble. Janus biface, il «libère» la rue… mais accueillera les fidèles dans des mosquées payées par la puissance publique !

Notre sauveur fera ainsi coup double. D’une part il se présentera comme le gardien de la sécurité qui a toujours besoin de s’inventer un ennemi : jeunes des banlieues, immigrés, Roms, et maintenant musulmans des caves ou des rues. Funeste recette de la popularité que celle qui nourrit les peurs collectives ! D’autre part, le rétablissement de l’ordre public sera un prétexte pour faire payer aux contribuables des lieux de culte que ne devraient financer que les croyants.

Il fait ainsi croire que le seul problème réel est celui de l’intégration religieuse alors que la population visée souffre avant tout d’exclusion sociale et économique. Parler de l’islam sans le distinguer de l’islamisme politique, pourtant groupusculaire, est inadmissible. On prétend adapter la laïcité aux religions. N’est-ce pas plutôt à celles-ci de s’adapter à la laïcité, vecteur de liberté et d’égalité ? A-t-on jamais demandé aux droits de l’être humain de s’adapter aux coutumes ? Ce serait supprimer un levier d’émancipation. Les femmes en savent quelque chose, qui souffrent encore des préjugés machistes longtemps sacralisés par les religions du Livre. Ceux qui combattent la laïcité pour restaurer leurs privilèges perdus, et non une spiritualité désintéressée, se frottent les mains. Le scénario actuel les comble.

Premier temps : l’invention de la notion insultante de laïcité ouverte, ou positive. Parle-t-on de justice «ouverte» ? Ceux qui refusent l’égalité de traitement des croyants et des athées militent pour que les religions soient reconnues d’utilité publique. Cela les conduit à affubler la laïcité d’adjectifs polémiques et à la prétendre hostile aux religions.

Deuxième temps : le brouillage de la distinction entre cultuel et culturel. Puisque la loi laïque réserve l’argent public à ce qui est d’intérêt général, comme par exemple la culture, le rapport Machelon propose que le financement direct de la culture assure le financement indirect du culte. La ficelle est grosse. On dira que certains élus le font déjà. Mais l’infraction à la loi n’appelle nullement sa suppression. Qui propose d’abolir les feux rouges sous prétexte que certains les grillent ?

Troisième temps : le paravent du secours aux musulmans des caves. Comment déguiser une restauration de privilèges en bonne action égalitaire ? Par l’invocation d’un mythe : la pénurie supposée des lieux de cultes musulmans. En 1976, on recensait 150 salles de prière. En 1985, 900. Aujourd’hui, 2 147. Deux services de prière par jour suffiraient à accueillir tous les fidèles. La rue comme lieu de culte n’est donc pas une fatalité. Quatrième temps : l’abolition de la séparation laïque. La main sur le cœur on propose de réparer une injustice imaginaire en détruisant la loi de 1905. Quand de l’argent public aura été dépensé pour une mosquée, les tenants des autres religions s’exclameront : «Pourquoi pas nous ?» L’égalité républicaine ne permet pas que l’on donne aux uns ce qu’on refuse aux autres. A ceci près qu’à ce compte-là il faudra financer aussi les libres penseurs, les francs-maçons, les rationalistes, etc. Bref, il faudra communautariser l’argent public.

Jean Jaurès, en 1904, pensait aux retraites ouvrières : supprimer le budget des cultes, c’était transférer à l’Etat des moyens pour mieux assumer son rôle social. Pensons aussi à la santé pour tous. Un citoyen de confession musulmane hospitalisé dix jours, au prix moyen de six cents euros la journée, économise six mille euros si le service public de santé existe. Dans le meilleur des mondes ultralibéraux, il doit les payer, s’il peut, mais l’Etat lui fournit une mosquée. Quand on sait que seulement 18% des citoyens musulmans fréquentent une mosquée, on voit bien qui perd au change !

Il va de soi qu’il faut mettre un terme aux pratiques discriminatoires de certaines municipalités qui empêchent l’acquisition de terrains destinés à des lieux de culte musulmans. La république laïque n’a pas à financer de lieux de culte mais elle doit garantir juridiquement la possibilité d’en construire. Certains agitent l’épouvantail de l’intégrisme et disent : «Payons, ainsi nous contrôlerons.» Où est l’erreur ? Dans la prétention humiliante d’un tel chantage : voici un lieu de culte, mais attention à ce que vous allez y dire. Où est la faute ? Dans l’oubli de ce qu’est l’état de droit. En république, ce sont les lois qui règlent la liberté de parole. Un prêche qui incite à battre une femme est un délit : incitation à la violence. Peu importe alors que le lieu de culte soit privé ou public, la sanction sera la même. La république laïque ne fonde aucune norme sur un particularisme. Seule compte l’autorité de lois qu’inspire le droit (intégrité physique, égalité des sexes).

Marianne ne s’est pas séparée du Dieu qui la dominait pour le dominer à son tour, mais pour faire disparaître toute domination et tout privilège. Ne sacrifions pas l’universel sur l’autel du particulier. Préservons la laïcité.

Henri PENA-RUIZ, philosophe, écrivain, ancien membre de la Commission Stasi.

Voici le lien vers la tribune sur le site de Libération : Tribune Henri Pena-Ruiz Libération

Billet edito

Porter la plume dans la plaie…

4 commentaires 28 avril 2010

Une fois n’est pas coutume dans cette rubrique, je vous donne à lire l’éditorial du Monde d’aujourd’hui (daté du 27 avril). Parce que j’en partage la prise de position, bien sûr, mais aussi parce qu’il prend parti : j’aime ce journalisme-là, qui est un journalisme d’opinion assumé. Nous ne serons jamais assez nombreux pour dénoncer ce que le gouvernement est en train de faire, mois après mois, en sapant méthodiquement les fondamentaux de la République. L’UMP a sans doute le droit de prendre des risques avec l’esprit des lois, et ce qui fait notre bien commun depuis si longtemps dans notre beau pays: l’Etat, lui, ne peut pas être livré aux mains de quelques dangereux idéologues aux discours et aux méthodes dont seule l’irresponsabilité totale le dispute à l’indignité.


« Déchéance politique »

On l’a déjà souligné, ici même, à plusieurs reprises : le débat sur le port du voile intégral – burqa ou niqab – par des femmes musulmanes est un piège. Un piège ouvert par le président de la République lui-même, le 20 juin 2009. Ce jour-là, devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles, Nicolas Sarkozy déclarait : « La burqa ne sera pas la bienvenue sur le territoire de la République » ; ce n’est « pas un problème religieux », mais « de liberté et de dignité de la femme ».

A l’automne, une mission parlementaire avait pris le relais, mais son rapport, en janvier, admettait qu’il n’existait pas « d’unanimité pour l’adoption d’une loi générale et absolue », réclamée par certains, notamment le président du groupe UMP à l’Assemblée. Au lendemain de la déroute de son camp aux régionales, le chef de l’Etat évoquait, à nouveau, une « loi d’interdiction conforme aux principes généraux de notre droit ».

Hélas ! pour les partisans de l’interdiction générale, le Conseil d’Etat, consulté, a estimé que celle-ci « ne pourrait trouver aucun fondement juridique incontestable ». En dépit de cet avertissement, le chef de l’Etat et le gouvernement ont décidé de passer outre : le 21 avril, ils ont annoncé qu’un projet de loi serait déposé rapidement et discuté avant l’été. Le premier ministre, François Fillon, a même prononcé, à cette occasion, une phrase proprement stupéfiante : « On est prêt à prendre des risques juridiques parce que nous pensons que l’enjeu en vaut la chandelle » ! Aussitôt dit, aussitôt fait, par la grâce du ministre de l’intérieur – et des cultes.

L’ »affaire de Nantes », qui défraye la chronique depuis trois jours, en témoigne. Une femme est verbalisée, à Nantes, parce qu’elle conduit sa voiture recouverte d’un niqab, une tenue malaisée, selon le code de la route. Le 23 avril, Brice Hortefeux demande à son collègue de l’immigration, Eric Besson, d’étudier une éventuelle déchéance de la nationalité française du conjoint de cette femme. Motif ? L’homme serait polygame et, via ses quatre « épouses » qui touchent l’allocation de parent isolé, fraudeur aux aides sociales.

Peu importe, même s’ils étaient avérés et condamnés par la justice, que de tels délits ne soient pas des motifs de déchéance de la nationalité française. Comme dirait le premier ministre, « on est prêts à prendre des risques ».

Y compris celui de voir le piège de cette polémique se refermer sur ses initiateurs. Y compris celui de démontrer au grand jour, et sans précaution aucune, que l’application future de la loi annoncée sera l’occasion inévitable de dérapages incontrôlables. Y compris, quoiqu’en disent en chœur le chef de l’Etat et ses ministres, celui de stigmatiser la communauté musulmane dont la grande majorité recommande de régler le problème par la pédagogie et la persuasion. Y compris, enfin, celui de réveiller le jusqu’au-boutisme d’une infime minorité de musulmans ou de l’extrême droite. La burqa est un piège. Un piège stupide. Un piège indigne. Si l’on était aussi irréfléchi que M. Hortefeux, on demanderait volontiers sa « déchéance ministérielle ».

Ma ville, mon canton

Débat sur la chaîne parlementaire avec Caroline Fourest.

Pas de commentaire 20 juin 2009

Ma ville, mon canton

Une double peine.

Pas de commentaire 09 janvier 2009

« Une double peine », Lyon Mag, 00.07.2009 [Lire l'article]

Billet edito

Des fiches et des êtres

104 commentaires 13 septembre 2008

Les jours écoulés depuis mon dernier billet n’ont pas manqué d’intérêt et de curiosité. Il y a d’abord eu cette rocambolesque enquête corse et le limogeage d’un haut fonctionnaire de la police, loyal et compétent, flic débarqué manu militari pour cause de lèse ami du Président, alors même que l’ordre public a été préservé. Il a eu ensuite Bigard, autre ami du président, qui s’est pris pour Thierry Meyssan en contestant la réalité des attentats du 11 septembre. Enfin, ce show pathétique de Bernard Tapie devant les Parlementaires (Tapie, encore un ami du président, dont le sort personnel est moins en cause que la responsabilité du gouvernement qui a choisi de recourir à l’arbitrage plutôt que de faire confiance à la Justice) et celui non moins grotesque de la réconciliation entre Berlusconi et Kadhafi sur fond de repentance italienne.

Mais il y a aussi eu des sujets plus sérieux.

Des fiches et des êtres

Bigsarko La polémique suscitée par la mise en place du fichier Edvige est un bel exemple de mobilisation citoyenne et de vigilance républicaine. Elle est aussi symptomatique d’une dérive qui n’est sans doute pas propre à la France mais que le gouvernement français entretient et promeut, consistant à accroître les contrôles sur le corps social et à réduire l’espace des droits et des libertés. Les cartes d’identités biométriques, comme les fichiers ADN des délinquants de toute nature et pas seulement des plus dangereux ne m’apparaissent pas moins liberticides qu’un fichier informatique qui pour une bonne part prend acte d’une pratique ancienne, celle des renseignements généraux.

Qui peut aujourd’hui sérieusement prétendre que des personnalités ne sont pas fichées, que ces fiches ne contiennent pas de données à caractère personnel portant sur les opinions politiques, philosophiques ou religieuses ou encore mentionnant les orientations sexuelles. Qui peut prétendre que des mineurs ne sont pas d’ores et déjà fichés ? Car au fond le problème est moins celui de l’informatisation que celle de la pratique effective des services de renseignement français sans doute insuffisamment encadrés malgré la loi de 1991. Il n’y a pas de CNIL pour ces fichiers là !

Et que dire du fichier de l’Education nationale comportant une mention sur les origines ethniques des élèves ? Oui, il faut dans ces conditions demeurer vigilant et intransigeant ; ne tenons surtout pas le Président de la République, malgré ses déclarations en faveur de la protection des libertés publiques et ses remontrances de circonstance à l’endroit de Michelle Alliot-Marie, pour le garant de nos droits et libertés. Il n’en a pour le moment jamais fait la démonstration.

Y a pas écrit la Poste !

L’annonce de la privatisation de La Poste n’est pas une bonne nouvelle, comme la privatisation de France Télécom n’en a pas été, rétrospectivement, une. La gauche porte de ce point de vue une responsabilité que je ne peux éluder et dont je mesure le prix en termes de manque de couverture en téléphonie mobile et haut débit en milieu rural. Aux collectivités et à l’Etat (de moins en moins à dire vrai) donc de combler les carences de l’initiative privée puisqu’il n’y a plus de service public.

La poste privatisée, c’est le démantèlement d’un service de proximité performant, c’est l’accélération des fermetures de bureaux de poste dont le maillage a été affaibli avec la banalisation du Livret A. Mais après tout pourquoi maintenir ce service public de proximité puisque les trésoreries publiques ferment, puisque les tribunaux d’instance sont abandonnés, puisque les sous-préfectures sont sur le point de l’être dans certains territoires ruraux ? qu’est ce que le gouvernement souhaite faire de nos territoires ? des déserts ?

Les services publics font la compétitivité de nos territoires ; non à la privatisation de la Poste – Non au dogme de la libre concurrence et de la dérèglementation. Oui au référendum !

Une laïcité de plus en plus positive…

Jean Luc Mélanchon Enfin pour terminer, parce que le débat sur la laïcité vous a intéressé, que le pape est en visite en France et qu’une fois encore le Président de la République est sorti de sa réserve en plaidant à nouveau pour une « laïcité positive », je me permets de vous recommander la remarquable réplique au discours de Latran de Jean-Luc Mélenchon.

Billet edito

Ca a mal commencé !

73 commentaires 22 avril 2008

Nicolas Sarkozy

Oui ça a mal commencé, c’est d’ailleurs ainsi que François Léotard aurait dû intituler son ouvrage sur Nicolas Sarkozy. Un an après les élections présidentielles, et alors que les sondages traduisent un mécontentement manifeste de nos concitoyens, permettez-moi, comme beaucoup en cette période, de me livrer avec vous à l’exercice du bilan.

Poursuivre la lecture

Billet edito

Ordre du jour

128 commentaires 25 février 2008

Bonjour à toutes et à tous,

Drôle de sensation aujourd’hui en lisant la presse : Marion Cotillard reçoit l’Oscar de la meilleure actrice et Philippe Pollet-Villard celui du meilleur court métrage grâce au «Mozart des pick-pockets ». La french culture n’est pas morte ! ça me fait vraiment plaisir, je l’ai trouvée époustouflante dans son rôle d’Edith Piaf.

Et toujours cette invective du Président de la République qui raisonne : « casse toi, pauv’con ». Pas très digne tout ça mais infiniment moins grave que les propos tenus la semaine dernière par Emmanuelle Mignon, sa directrice de cabinet, sur les sectes qui ne seraient pas un problème en France et sur la Scientologie qui devient fréquentable. Malgré les démentis du Chef de l’Etat, on ne peut pas s’empêcher de s’interroger de savoir, dans un contexte d’atteinte au principe de laïcité, si ce n’est pas là un ballon d’essai jeté à l’opinion publique. Ne reconnaissait-il pas dans La république, les religions, l’espérance, « la légitimité de certaines nouvelles religiosités » estimant par ailleurs que le mot secte était « parfois utilisé abusivement contre des mouvements spirituels nouveaux »…

Infiniment moins grave aussi que l’adoption de la loi sur la rétention de sûreté ou que cette remise en cause par le Président de la République de la décision du Conseil constitutionnel et in fine du principe de non rétroactivité de la loi pénale. Une « atteinte stupéfiante à l’Etat de droit » comme le disent si justement Robert Badinter et Jean-Marc Ayrault, sous les aboiements de Nadine Morano accusant les socialistes de « se ranger du côté des assassins ». L’exécutif se défie et défie le juge, ce n’est pas nouveau, on se souvient des attaques contre les juges de Bobigny. On croit entendre comme un écho lointain aux mots de Charles Pasqua : « il faut terroriser les terroristes », « il faut juger les juges ». Sale temps pour la Justice.

Infiniment moins grave enfin que le projet toujours rampant d’une politique d’immigration de quotas rejetée au lendemain de la seconde guerre mondiale parce que contraire aux valeurs de la Résistance. Une politique consistant à sélectionner les immigrés par origines géographiques, c’est-à-dire ethniques. Une politique manifestement contraire au préambule de la Constitution et à la Convention européenne des Droits de l’Homme (mais qu’à cela ne tienne, Pierre Mazeaud s’est vu confier une mission de réforme de la Constitution en ce sens). Une politique en outre qui oppose immigration du travail et immigration familiale comme si les deux n’étaient pas intimement liés. Liberté, égalité, discriminations: « L’identité nationale » au regard de l’histoire, le dernier ouvrage de Patrick Weil est à lire d’urgence.

Pour ne pas finir avec le bourdon, ces mots de Marion Cotillard à la cérémonie qui l’a faite reine : « Merci l’amour, merci la vie… »


Votez François Hollande !

Inscrivez-vous à la newsletter:

Restons en contact !

 Réagissez!

Sur Twitter

 A lire!

Album photos

Newsletter

Inscrivez-vous!
* indicates required

© 2011 Najat Vallaud-Belkacem.