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Billet edito

« Ségolène Royal trace depuis des années l’avenir de la gauche »

4 commentaires 07 octobre 2011


Les 9 et 16 octobre, les citoyens qui adhèrent aux valeurs de gauche voteront, pour des idées bien sûr, mais également pour une personnalité. Or,les idées, comme les personnalités, s’inscrivent dans une durée que le jeu médiatique occulte. Tout se passe aujourd’hui comme si le débat public avançait sans passé ni mémoire. Faute de creuser le passé, même récent, les médias se contentent ainsi trop souvent de constater. Constater que les candidats convergent ou constater que leurs programmes se ressemblent, alors qu’il faudrait étudier de plus près l’évolution de leurs propositions pour ainsi évaluer la permanence de leurs convictions et la réalité de leurs différences.

Au cours de ces dernières années, Ségolène Royal a constamment tracé l’avenir de la gauche: pionnière, elle a proposé des solutions ambitieuses, les a défendues courageusement, avant de les voir reprises des mois ou des années plus tard, et dans l’indifférence des commentateurs, par ses camarades du Parti Socialiste. La croissance verte, qui a été un véritable cheval de bataille pour elle dès les années 90 et particulièrement depuis 2006, figure aujourd’hui en bonne place dans les programmes des candidats. La sortie du nucléaire aussi, de façon plus ou moins claire. Sauf que, Ségolène Royal, elle, n’a pas attendu Fukushima pour la défendre. La fermeté face à l’insécurité qui lui a attiré tant de critiques en 2006. L’ouverture du parti socialiste sur la société, la démocratie participative. Les solutions radicales contre la crise financière qu’elle avançait dès 2008. La priorité fiscale aux entreprises qui investissent, la création d’un gouvernement de la zone euro, la réforme bancaire, le conditionnement des aides aux entreprises… autant de sujet qui feraient « consensus » aujourd’hui si l’on en croit les éditorialistes. Dormez tranquille bonnes gens !

Il y a plus étonnant encore : les idées de Ségolène Royal inspirent même au-delà de la gauche. Nicolas Sarkozy, à bout de souffle au terme d’un mandat marqué par l’injustice et l’inefficacité, recours à l’encadrement militaire des délinquants et la banque publique d’investissement pour venir en aide aux PME ; deux solutions majeures de Ségolène Royal datant de 2007 et 2008. Toujours dans le silence et l’indifférence des commentateurs.

Si Ségolène Royal est « en avant », si elle propose des idées et que les autres se les approprient, il y a de quoi se réjouir, bien sûr. C’est la preuve que les idées innovantes font leur chemin. Mais dans le cas des primaires socialistes, ne pas relever ces appropriations, c’est brouiller les lignes du débat. Prisonniers d’une vision statique des programmes, les journalistes passent à coté de l’information essentielle, celle qui pourtant intéresse le plus les électeurs : où est le mouvement et où est l’immobilisme, où sont les belles paroles et où sont les réalisations, où est la conviction et où est l’opportunisme.

Guillaume Garot et Najat Vallaud-Belkacem

Portes parole

Ségolène Royal s’engage sur l’égalité des droits.

Questions de société

Ségolène Royal s’engage sur l’égalité des droits.

5 commentaires 04 octobre 2011

Vous le savez, je participais jeudi soir à Sciences-Po Paris à un débat national organisé par HES (Homosexualités et Socialisme) dans le cadre des Primaires citoyennes. Une salle bondée, un public attentif et exigeant, un débat de très grande qualité, des représentants de chaque candidat conscients de leurs responsabilités ont, je crois, contribué à marquer les esprits des journalistes, associations, organisateurs et participants. Il s’agit de sujets que je connais bien pour avoir énormément travaillé, par exemple, sur les évolutions du modèle familial dans le cadre du secrétariat national aux questions de société pour le Parti Socialiste. J’ai pu constater de vrais changements dans les prises de position de chacun, et c’est avec beaucoup d’énergie que j’ai pu défendre les engagements de Ségolène Royal sur l’ensemble des questions abordées.

Je vous invite à lire ci-dessous le compte-rendu du magazine Têtu.

Je vous invite aussi à prendre connaissance des réponses de Ségolène Royal au questionnaire qui lui avait été adressé pour l’occasion et dans lesquelles vous verrez qu’elle témoigne une nouvelle fois de courage, de clarté, de constance et d’engagement. C’est ici: Ségolène Royal répond aux questions d’HES.

L’article de Têtu:

« Hier, des représentants de chaque concurrent à la primaire de gauche ont exposé leur programme pour les droits LGBT. En accord et fiers de leur union, ils ont tous promis le droit au mariage, à l’adoption, des avancées pour les trans ou dans la lutte contre le VIH.

Les candidats à la primaire socialiste ont planché sur les sujets LGBT et ils en parlent comme d’une seule voix. HES (Homosexualité et socialisme) les a soumis à un questionnaire écrit, sur l’accès au mariage et à l’adoption pour les couples homos, les droits des trans ou encore la lutte contre le VIH et les discriminations (leurs réponses sur le site de HES). Et hier, pour défendre leur programme lors d’un colloque à Sciences Po, tous ont mandaté un émissaire expert en questions sociétales.

«Bataille idéologique»
Pendant deux heures, plutôt studieuses, les six représentants ont débattu en bons camarades, sans éclats ni passes d’armes, et ont tenté de convaincre que leur candidat respectif était le meilleur allié des LGBT. Surtout, ils ont tous martelé que les homos pouvaient compter sur la gauche, plus mobilisée qu’au moment du pacs. «Les sujets de société sont cruciaux et obligent le PS, estime Zohra Bitan, représentante de Manuel Valls. La gauche a un rôle fondamental à jouer pour faire basculer notre société vers la liberté et l’égalité.» «Les questions sociétales sont au cœur de notre identité, explique Aurélie Filippetti, proche de François Hollande. Les nombreux dérapages de la droite montrent que nous avons une bataille idéologique à mener pour créer une société ouverte.» Et tous dénoncent le débat «ahurissant» sur le genre dans les manuels scolaires, le retard de la France en matière de droits LGBT, les dérapages «les plus sombres» de Christian Vanneste, David Douillet et autres, ou la promesse oubliée du Contrat d’union civil. «La société évolue dans l’indifférence de la droite », regrette Najat Vallaud-Belkacem, VRP de Ségolène Royal.

Tous le revendiquent, ils sont d’accord sur plein de choses, et font à peu près les mêmes propositions. Peu de temps après l’élection, le droit au mariage et à l’adoption sera ouvert aux homos, le pacs amélioré et célébré en mairie et l’interdiction de donner son sang sera supprimée. La Procréation médicalement assistée sera ouverte à toutes les femmes, un statut du beau parent créé, et la prise en charge des séropos mieux assurée. Pour les trans, la nécessité d’être opéré pour changer d’état civil sera levée et le protocole de soins revu. Au-delà de l’arsenal législatif, tous insistent sur l’importance de mener un travail en profondeur pour lutter contre les discriminations, notamment en évoquant l’orientation sexuelle en milieu scolaire. Seul point de discorde: la Gestation pour autrui. Si certains y sont favorables, d’autres, dont Martine Aubry et François Hollande, s’y opposent, pour lutter contre «la marchandisation des corps». Et le PS reste globalement réservé sur le sujet.

Gage de crédibilité
Au-delà de ce corpus commun, quelques-uns dénotent à coups de propositions personnelles. François Hollande mettrait en place un délégué interministériel à l’égalité tandis que Ségolène Royal ferait voter dès son arrivée à l’Elysée une «grande loi contre toutes les discriminations».

A défaut de se démarquer sur les idées, chacun déroule le cursus friendly de son champion, comme gage de crédibilité pour l’avenir. Reprenant avec un petit sourire une formule de Ségolène Royal, Marie-Pierre de la Gontrie veut faire de la politique par la preuve: «dès 2006, Martine Aubry était favorable au mariage homo, elle se rend à la marche des fiertés chaque année, et c’est la seule qui ait évoqué les droits LGBT dans sa lettre aux français. Les autres n’ont pas dû avoir la place…» Arnaud Montebourg aurait lui demandé à son conseil général de ne faire aucune discrimination dans les procédures d’adoption, François Hollande serait pour le mariage homo depuis 2004, tandis que Ségolène Royal faisait dès 1997 de l’Association des Parents gay et lesbiens un interlocuteur officiel du ministère de l’éducation. Au final, c’est comme si peu importait celui qui incarnera l’évolution des droits et Najat Vallaud-Belkacem en est sûre : «quel que soit le vainqueur de la primaire, tous iront dans le même sens.»

Ma ville, mon canton

Les primaires, c’est aussi à Lyon.

1 commentaire 04 octobre 2011

J’ai participé lundi au grand débat des Primaires organisé par le quotidien régional Le Progrès, pour défendre la candidature de Ségolène Royal auprès de ses lecteurs. Le journal en faisait sa « Une » ce matin mardi avec une pleine page d’analyses des propositions des six candidats, représentés chacun par des camarades élus locaux.

Vous pouvez en lire ici ou ci-dessous le compte-rendu paru en ligne.

En écho, voici deux photos (merci Bachir!) du débat organisé sur le même principe vendredi dernier par la section du 3e arrondissement au café « comptoir du 3″ que je remercie encore pour leur accueil. Ce fut une très belle soirée d’échanges avec de nombreux militants, sympathisants ou citoyen intéréssés par les Primaires citoyennes des 9 et 16 octobre prochain. (Photos ©Bachir Ghazi)

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« Le Progrès a réuni les représentants dans la région des six candidats aux primaires du PS pour débattre des enjeux de cette élection et des thèmes de campagne. Chacun a tenté de convaincre

La crise, ses enjeux, les mesures à prendre — augmentation d’impôts — pas d’augmentation, maintien ou non de la tva, avenir avec ou sans Euro etc- ont été au cœur des débats des représentants locaux des six candidats à la primaire socialiste hier matin dans les locaux de notre journal.

Globalement, l’analyse sur la crise elle même et sa gestion en France font l’unanimité : Régis Juanico, Thierry Braillard, Jean-Paul Bret, Christophe Greffe, Najat Vallaud-Belkacem et Thomas Chadeuf prennent tous acte d’une situation difficile et, surtout, insistent sur «la responsabilité de Nicolas Sarkozy, d’avoir accru comme jamais le déficit de la France durant son quinquennat ».

Sur les solutions proposées pas non plus de très grandes divergences même, si, quand même, certains ou certaines peuvent se démarquer sur tel ou tel point. Principalement sur l’avenir de la TVA. Najat Valaud-Belkacem souhaite une TVA modulée. Jean-Paul Bret n’y croit pas et tout comme Régis Juanico, il plaide pour le rétablissement de la TVA restauration à « un taux intermédiaire de 7 ou 9 % ». Christophe Greffet constate aussi que l’abaissement de la tva restauration « n’a rien apporté ». Quant à Thierry Braillard, il est « opposé à une TVA sociale ». Sur l’Euro et l’avenir de l’Europe, le radical de gauche est le plus clivant « Nous sommes pour des Etats-Unis d’Europe, la crise prouve que l’Europe doit s’organiser ». Régis Juanico est d’accord « pour changer d’Europe » sans aller aussi loin que son voisin radical. ChristopheGreffet, pragmatique, propose « une taxe sur les transactions financières qui permettrait de financer un organisme européen de soutien aux pays en difficultés ». Najat Valaud-Belkacem plaide pour un élargissement des missions de la Banque centrale européenne : « Elle devrait s’occuper aussi de relance économique». Jean-Paul Bret insiste pour « un soutien à la Grèce sans atermoiement ».

Au cœur du questionnement de cette matinée : Rigueur ou pas rigueur ? Jean-Paul Bret évacue la question : « Ne rentrons pas dans un débat sémantique, que l’on dise rigueur ou un autre mot importe peu au fond ». I l y a une réalité qui s’impose à tous : la réduction du déficit. Thierry Braillard est le plus précis sur ce point « Jean-Michel Baylet veut ramener le déficit à 3 % du PIB ». Il récuse au passage l’usage du mot rigueur « trop souvent accolé à l’idée d’efforts à faire porter par les classes moyennes ». Régis Juanico refuse également « l’idée d’un tour de vis supplémentaire. Les Français attendent de nous une autre politique, un changement. Les quelques marges de manœuvre financières que nous aurons seront consacrées pour moitié au comblement du déficit et pour moitié à la relance ». Najat Valaud-Belkacem est sur la même ligne « Une cure d’austérité toucherait les plus modestes et ne ferait qu’aggraver la crise ». Pour sa candidate, « l’urgence est double : résorber la dette publique tout en relançant la croissance. Celle-ci passe par le soutien aux PME-TPE. Il faut donc leur faciliter l’accès au crédit ».

Thomas Chadeuf, constatant que « c’est toujours à la société de payer la crise » considère qu’il « faut mieux réguler l’économie ». Il insiste sur la défense du pouvoir d’achat : « Quand on paye plus d’impôts, on attaque le pouvoir d’achat ». Il en appelle donc à « une équité fiscale avec une première mesure qui ne fait pas l’unanimité chez ses concurrents : « Nous proposons de fusionner CSG et impôt sur le revenu «.

Les six représentants locaux des candidats sont unanimes sur la nécessité absolue d’une totale réforme fiscale « avec une plus grande équité » ainsi que sur le maintien des 35 heures accompagné simplement «de négociations branche par branche pour certains ajustements ».

Ma ville, mon canton

Réunion publique sur les candidats des primaires à Lyon 3ème, vendredi 30 septembre

Pas de commentaire 30 septembre 2011

Voici l’invitation à la réunion publique de présentation des candidat-e-s aux primaires qui aura lieu dans le 3ème ce vendredi 30 septembre. Elle aura lieu à 20h au Bistrot « le comptoir du 3ème », 55 Avenue Félix Faure Lyon 3ème.

Avec la participation (sous réserve) des représentants Najat Vallaud Belkacem, Thierry Philip, Pierre-Alain Muet, Laura Gandolfi, Thomas Chadoeuf et Thierry Braillard.

Venez nombreux !

reunion primaires

Presse

« Ségolène Royal aura sa revanche contre Nicolas Sarkozy »

Pas de commentaire 28 septembre 2011

Avant le débat de ce soir à 18h00 (que je twiterrai en direct sur @najatvb), je vous invite à lire l’entretien que j’ai accordé à France Soir, paru aujourd’hui.

http://www.francesoir.fr/actualite/politique/primaires-ps-segolene-royal-aura-sa-revanche-contre-nicolas-sarkozy-141606.html

« Mercredi a lieu le second débat organisé entre les six candidats à l’investiture socialiste. Celui de la dernière chance pour Ségolène Royal ? Dans son entourage proche, on joue la carte de l’optimisme.

Ainsi, Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole de la candidate et fidèle entre les fidèles, assure que Royal jouera bien son match retour contre Nicolas Sarkozy en 2012. Peu importe les sondages et autres commentaires politiques. Seule compte la « réalité du terrain ». Pour elle, la victoire de la gauche au Sénat, dimanche, a bien prouvé que tout était possible en politique.

FranceSoir.fr. Que représente pour vous le basculement du Sénat à gauche ?

Najat Vallaud-Belkacem. Exceptionnel ! Pas inattendu mais inédit. Cette victoire de la gauche au Sénat préfigure de grands changements pour 2012.

FS.fr Est-ce que cette victoire tient du symbole ?

N. V.-B. Oui. Les élections sénatoriales sont très difficiles pour le Parti socialiste. On a une sur-représentation des petites communes rurales où la gauche fait, traditionnellement, de moins bons scores que la droite. Les résultats de dimanche traduisent donc un profond rejet de la politique sarkozyste, chez les élus, quelque soit leur bord, en particulier chez les centristes.

FS.fr La gauche vient de remporter une élection difficile… Cela vous donne des idées pour les primaires ?

N. V.-B. C’est l’une des leçons de ces sénatoriales : la capacité des électeurs à se dégager des pronostics et des carcans. Ça a quelque chose de rassurant, ça prouve que les électeurs sont libres. C’est le message qu’on martèle avec Ségolène Royal : il faut qu’on laisse les électeurs voter : on ne vit pas en sondocratie mais en démocratie.

FS.fr Une poussée de la gauche aux sénatoriales était tout de même attendue. Pour les primaires, en revanche, la grande majorité des sondages donnent Mme Royal largement perdante…

N. V.-B. On ne peut raisonnablement accorder aucun crédit à ces sondages, surtout lorsque l’on sait dans quelles conditions ils sont réalisés. Le nombre dérisoire de sondés. Les corrections dont ils font l’objet…. Logiquement pour effectuer ces corrections – qui sont très importantes – les instituts se basent sur l’expérience acquise des élections précédentes. Or, il s’agit pour les primaires d’une élection inédite, sur quoi se basent-ils ?  Personne ne sait qui va aller voter, comment voulez-vous qu’on sache pour qui ils vont voter ?

« Cette fois, battez-le »

FS.fr Il y a un paradoxe, cependant. D’un côté, vous affirmez ne pas accorder de crédit aux sondages. De l’autre, Ségolène Royal a envoyé la semaine dernière un mail aux militants ; elle y fait référence à plusieurs enquêtes réalisées sur Internet et qui lui confèrent entre 31 et 36% des intentions de vote aux primaires.

N. V.-B.  Mais pourquoi les sondages défavorables à Ségolène Royal bénéficient d’une si grande publicité et les autres, ceux qui lui sont favorables, sont oubliés ? Avec ce mail, elle a voulu rétablir un certain équilibre. On sait très bien que les enquêtes d’opinion ont une grande influence, en particulier sur les électeurs indécis qui pourraient préférer voter utile. Mais vous avez raison : il ne faut accorder de crédit à aucun de ces sondages.

FS.fr Les deux derniers débats peuvent être déterminants. Est-ce que Ségolène Royal les abordera différemment que le premier ? On l’a senti effacée à l’occasion du premier, en retrait presque…

N. V.-B. C’est une analyse de journaliste mais ce n’est pas la vision qu’ont les gens. Les commentateurs politiques espéraient un clash. Le grand public, lui, attendait des propositions. Et il les a eues. Lors du premier débat, Ségolène Royal a montré qu’elle avait les épaules, une solidité, une sérénité, une stature, pour porter un projet présidentiel. Par exemple, tout le monde s’est amusé des « piques » échangées entre François Hollande et Martine Aubry à propos du nucléaire. Mais, Ségolène Royal a été la seule à prendre de la hauteur sur le sujet, à parler de façon claire et compréhensible par tous des enjeux d’une sortie du nucléaire. C’était un débat gagnant pour elle.

FS.fr Mais cela ne s’est pas traduit dans les sondages…

N. V.-B. Vous savez à quoi me font penser tous ces sondages ? A ceux du référendum sur la constitution européenne en 2005. Le système a choisi son candidat et s’obstine à ignorer ce qui se passe sur le terrain.

FS.fr Quelle est cette réalité du terrain ?

N. V.-B. Ségolène Royal ne se contente pas de grand discours. Elle s’intéresse vraiment aux gens. Quand elle propose de bloquer les prix de 50 produits de première nécessité ou encore de mettre fin aux tarifications bancaires abusives, elle sait de quoi est fait le quotidien de la plupart des français, systématiquement à découvert avant même que le mois ne se termine…. Le grand public le sent. On fait énormément campagne dans les quartiers populaires, par exemple. Vous seriez surpris de voir combien , dans ces quartiers, Ségolène Royal apparaît comme  la candidate légitime du PS. Ils veulent qu’elle affronte à nouveau Sarkozy. Ils lui disent : « Il nous a bien eus la dernière fois, cette fois, battez-le ».

« On ne l’appelle plus ‘Ségolène’ »

FS.fr A-t-elle changé depuis 2007 ?

N. V.-B. Oui. Elle a énormément travaillé et a subi beaucoup d’épreuves. Elle fait preuve d’une immense force physique, morale, surhumaine. Je ne connais aucun autre politique qui parvienne, comme elle, à se relever sans cesse, à se réinventer. Elle a gagné une véritable stature de femme d’État désormais. Autour d’elle, on ne l’appelle plus « Ségolène », comme en 2007, mais « Royal ».

FS.fr Pourquoi croyez-vous autant en elle ?

N. V.-B. Je regarde ce qu’elle dit, je regarde ce qu’elle fait. Je n’ai jamais été déçue. Elle est beaucoup plus radicale que les autres candidats. Par exemple, quand elle propose de taxer les revenus du capital au même niveau que ceux du travail, elle le fera vraiment.

Aujourd’hui, nous sommes confrontés à un choix : ou nous accompagnons le système en tentant de l’améliorer à la marge ou nous le transformons. Ségolène est dans la transformation suivant des règles claires comme la morale publique, la justice sociale. Surtout, elle s’applique en privé les préceptes qu’elle défend en public. Ce n’est pas donné à tout le monde, y compris à gauche.

FS.fr En quoi est-elle la meilleure pour battre Sarkozy en 2012 ?

N. V.-B. Elle le connaît bien, puisqu’elle a déjà eu à l’affronter. Elle est la mieux placée pour le confronter à ses contradictions, pour lui opposer ses promesses non-tenues. Vous savez, je crois beaucoup au match retour. C’est une légitimité de plus.

« Sarkozy usera de tous les moyens pour être réélu »

FS.fr Si elle n’est pas désignée par les socialistes, jouera-t-elle malgré tout un rôle dans la campagne présidentielle ?

N. V.-B. Bien évidemment. Ségolène -comme moi, comme nous tous,- ira jusqu’au bout car il y a une nécessité absolue de refermer la parenthèse Sarkozy. On a vu ce qui s’est passé en 2007. La campagne a été très dure et 2012 devrait être pire. On sait ce que Sarkozy vaut en campagne ; lui et ceux qui l’entourent useront de tous les moyens, avouables ou non, pour ne pas renoncer au pouvoir.

FS.fr Qu’entendez-vous par « moyens non-avouables » ?

N. V.-B. On sait qu’il y a eu des irrégularités dans les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, comme l’a démontré l’affaire Woerth-Bettencourt. (Selon l’ancienne juge d’instruction Isabelle Prévost-Desprez, citée dans le livre Sarko m’a tuer, l’infirmière de Liliane Bettencourt aurait assisté à des remises d’espèces à Nicolas Sarkozy, alors secrétaire général de l’UMP. L’Élysée a démenti ces informations, NDLR). La campagne de 2007 n’a pas été équitable et pour cause : nous, nous étions dans la légalité.

Par Sylvain Chazot »

Presse

Le Président et les poubelles du Ministère de l’Economie.

5 commentaires 21 septembre 2011

Je vous invite à lire le communiqué que je fais parvenir à la presse:

« La semaine dernière François Baroin jetait le projet du PS à la poubelle, Nicolas Sarkozy raillait le débat télévisé entre les candidats aux Primaires et hier, last but not least , Michel Pébereau le banquier conseil de l’UMP s’en prenait violemment à Ségolène Royal en moquant ses propositions de réforme bancaire.

Aujourd’hui, l’annonce de la création d’une banque publique d’investissement pour les PME vient confirmer que Ségolène Royal est devenue la seule boussole et source d’inspiration d’un Gouvernement en perdition.

Après le kit contraception dans les lycées ou l’encadrement militaire des jeunes délinquants, Nicolas Sarkozy fait désormais dans le copié-collé en reprenant une mesure phare du Contrat avec la Nation proposé par Ségolène Royal, déjà mise en œuvre en région Poitou-Charentes et intégrée au projet socialiste.

Rien ne va plus aux commandes de l’Etat : copier-coller n’est pas gouverner, fouiller les poubelles de ses Ministres encore moins. »

Presse

De la nécessité de transformer le système

5 commentaires 16 septembre 2011

Je vous donne à lire mon communiqué de presse, en réaction au débat télévisé d’hier soir.

« De haute tenue, le débat d’hier soir a permis de dévoiler des différences entre les candidats qui ne sont pas minimes. C’est le cas par exemple de la relation que les uns et les autres comptent entretenir  avec le système financier, source des maux économiques que les Français subissent si durement: Ségolène Royal a montré qu’elle allait bien plus loin dans le rapport de force que le politique devra instaurer avec la finance: obligation faite aux banques de participer à l’absorption de la dette, séparation des activités de dépôt et des activités d’affaires,  interdiction de la spéculation par les banques sur la dette des États. Il ne s’agit pas d’améliorer le système à la marge mais de le transformer en profondeur pour rendre aux peuples la souveraineté que des marchés incontrôlés leur ont usurpé.  Avec elle enfin,  le politique reprend le pouvoir.

Forte de son expérience et du travail inlassable de ces dernières années pour construire ces solutions concrètes, Ségolène Royal s’est montrée hier soir déterminée, sécurisante et ambitieuse à la fois, claire sur les enjeux et convaincante sur les réponses. Surtout, les Français qui l’ont vu œuvrer ces dernières années, savent qu’animée par la morale de l’action et la politique par la preuve qui lui tiennent tant a cœur, elle respectera un a un  chacun de ses engagements. »

Ainsi que la matinale à laquelle j’étais invitée avec Stephane le Foll ce vendredi pour commenter le débat :

Ma ville, mon canton

Ségolène Royal ce soir à Villeurbanne: venez nombreux!

Pas de commentaire 12 septembre 2011

De la Fiabilité des Sondages

Billet edito

De la Fiabilité des Sondages

3 commentaires 04 juin 2011

Nous sommes quelques uns, comme vous le savez, à émettre de sérieux doutes quant à la fiabilité des sondages d’intention de vote dont on nous abreuve depuis des mois, et à déplorer en tout cas la fréquence et l’usage qui en sont faits dans une presse qui oublie trop souvent les limites de ces outils et les conditions imparfaites de leur fabrication. Notre avis pourrait n’avoir que peu de poids et être taxé de partisan dans une période où ces derniers ne donnent pas, loin s’en faut, notre candidate favorite.

Au hasard de mes lectures, je suis retombée sur cette enquête post-21 avril 2002 d’un sociologue soucieux de mieux décrypter les comportements (et les errements) des médias et des instituts de sondage dans la campagne présidentielle de l’époque. Cette contribution publiée par Arnaud Mercier dans l’ouvrage collectif « Le vote de tous les refus » (Presses de Sc.Po, 2003), sous la direction de Pascal Perrineau, est extrêmement instructive et impressionnante d’actualité.

Je vous laisse en prendre connaissance en vous rappelant une chose simple: le seul sondage qui compte,  c’est celui des urnes. Continuons à nous mobiliser!

Najat Vallaud-Belkacem


« [...] Revenons sur le rôle décisif de l’argument chiffré des sondages et des usages qu’on en fit. Pour commencer, il est fécond de partir de ce que les médias n’ont pas voulu entendre et de ce que le public n’a donc pas pu connaître. Le 16 avril 2002, la Commission des sondages publia le communiqué suivant :

« La Commission rappelle qu’elle contrôle systématiquement tous les sondages ayant un rapport direct ou indirect avec une élection. Après avoir constaté qu’un certain nombre des règles qu’elle est chargée de faire respecter avait été méconnues, la Commission a été amenée à intervenir de plus en plus fréquemment depuis quelques semaines auprès des instituts de sondage ou des organes de presse qui ont assuré la diffusion des résultats. Elle estime nécessaire, à quelques jours du scrutin, d’insister sur la prudence avec laquelle les sondages d’intentions de vote doivent être interprétés et ceci pour deux séries de raisons. La première tient aux modalités de constitution des échantillons des personnes interrogées, à la proportion élevée des personnes sondées n’exprimant aucun choix et à celle, parmi les intentions exprimées, des personnes qui ne sont pas sûres de leur choix. La seconde tient à certains des procédés de redressement auxquels ont actuellement recours les instituts de sondage. Dans ces conditions, la Commission des sondages tient à souligner les limites de fiabilité des sondages. La Commission rappelle enfin que les sondages ne sont qu’un instrument d’analyse de l’opinion publique et non pas un outil de prévision des résultats électoraux. »

Ce communiqué et son devenir sont tout à fait révélateurs des problèmes de l’information en campagne électorale. En effet, ce dernier n’a pas été repris par les rédactions, à l’exception de l’afp, de La Tribune, du Télégramme de Brest, de l’Humanité et du Parisien, sous forme de brèves, synthétisant un communiqué lui-même déjà très court. Autrement dit, cette mise en garde (émise par une instance légitime à en adresser) a été cachée au public. Elle représentait un inconvénient majeur aux yeux des rédactions, celui de signifier explicitement que tout le travail interprétatif proposé par les journalistes, leurs commentaires fondés sur les nombreux sondages parus, la commande d’enquêtes plus ou moins coûteuses, ayant vocation à être reprises par les autres médias en citations (accroissant ainsi la notoriété du support cité) reposaient sur du sable. La Commission dit explicitement que les sondages ne sont pas des instruments de prévision du vote comme les journalistes tendent à les utiliser, et qu’en plus, en 2002, les conditions d’indécision de l’électorat et de redressement des données brutes doivent conduire à la plus extrême prudence sur la véracité des chiffres publiés. Dans une telle situation, la rigueur professionnelle obligerait les journalistes à se défaire de cet outil d’analyse impuissant, mais les soucis cumulés de conserver un support pour produire de l’analyse quotidienne, pour faire démonstration de leur finesse d’analyse dans le commentaire et pour assurer une reprise dans les autres médias, ont eu raison de leur éthique de responsabilité. Jérôme Sainte-Marie, directeur des études d’opinion à bva, le reconnaît sans ambages, lui qui affirme que  »certains sondeurs ont beau dire n’importe quoi, ça n’a finalement aucune importance. On leur demande juste de créer l’événement. Et ça marche : les gains de notoriété sont plus rentables que la fiabilité… » ( Télérama, 2729, 30 avril 2002) …[...]

Extrait de « Les médias en campagne » in « Le vote de tous les refus », Presses de Sciences-Po, 2003

Presse

Interview pour Acturevue

Pas de commentaire 16 mars 2011

Acturevue : Le Conseil Constitutionnel a refusé implicitement la légalisation du mariage homosexuel.  Quelle est la position du Parti socialiste à ce sujet ? Ce débat sera – t – il mis en avant lors de la campagne présidentielle de 2012 ?

Najat Belkacem: Je trouve la décision du Conseil constitutionnel discutable, même si d’une manière générale je pense que c’est d’abord au législateur et non aux juges de répondre à ces grandes questions de société. Le parti socialiste s’est clairement prononcé en faveur du mariage homosexuel, ce point sera inscrit sans ambigüité dans le programme du parti socialiste. Il sera dans le débat au même titre que tout ce qui concourt à une plus grande égalité entre les citoyens. Le législateur doit être en phase avec les Français qui sont très majoritairement favorables à la reconnaissance de ce droit reconnu dans de nombreux pays européens désormais.

Vous vous êtes prononcée en faveur de la légalisation des mères porteuses. Pourtant, Mme.Aubry et M.Hamon notamment, ont déclaré publiquement qu’ils étaient contre. Quelle légitimité avez-vous en défendant votre point de vue en tant que secrétaire nationale aux questions de société ?

J’ai beaucoup travaillé sur ce sujet à l’occasion de l’examen de la révision de la loi bioéthique. Je suis, en effet, personnellement favorable à une gestation pour autrui encadrée parce que je crois à la possibilité du don dans ce domaine et que le statu quo ne préserve d’aucune des dérives dénoncées par ceux qui s’y opposent en particulier la marchandisation, qui n’est pas seulement un risque mais une réalité aujourd’hui. J’ai porté le débat devant le bureau national du parti socialiste avec Bertrand Monthubert, SN Recherche ; tous les points de vue ont pu s’exprimer, mais les socialistes restent aujourd’hui réservés sur le sujet. Le parti socialiste ne proposera donc pas de légalisation encadrée de la GPA, mais a consenti des avancées très importantes en matière de procréation médicalement assistée en ouvrant notamment son accès aux femmes homosexuelles. En outre, le droit à l’adoption pour les couples homosexuels fait également partie des propositions du parti socialiste. Même si je n’ai pas réussi à convaincre une majorité de mes camarades concernant la GPA, le débat a pu avoir lieu et les points de vue ont évolué. A mon sens, c’est déjà beaucoup.

S’agissant de l’euthanasie en fin de vie, Mme Royal émet « de grandes réserves personnellement ». Quelle est la position du Parti Socialiste officielle à ce sujet ? Comment expliquez-vous ce décalage entre Aubry et Royal ?

Je crois que sur des sujets aussi difficiles, qui posent des questions éthiques et ontologiques très fortes, il n’y a pas de vérité révélée. Chacun se fonde d’abord sur son intime conviction sans prétendre être dans le vrai. Il n’est pas en soi choquant que des points de vue divergents coexistent. J’ai abordé pour ma part beaucoup de ces sujets sans opinion définitive, j’ai beaucoup lu, beaucoup écouté pour essayer de comprendre. Sur cette question de l’euthanasie, je fonde mon opinion sur le terrain de la liberté individuelle et pas sur celui de la dignité, notion que j’ai du mal à saisir avec certitude, chacun étant tenté d’y mettre ce qu’il veut en fonction de ce qu’il défend. Je pense que l’idée d’exprimer une « intention préalable » prévue par la loi Leonetti pourrait également être valable en matière d’euthanasie active, il n’y aurait dès lors pas lieu de distinguer fondamentalement euthanasie et suicide. En tous les cas, je trouve nécessaire de donner aux médecins, aux comités d’éthique des hôpitaux, un cadre juridique clair. En cette matière non plus je ne trouve pas normal de laisser le juge apprécier les situations au cas par cas.

Ségolène Royal s’est dite être favorable à la castration chimique des criminels sexuels si ceux-ci sont d’accord. Cela ne remet-il pas en cause les droits de l’homme ?

Ce que je crois nécessaire, c’est un renforcement des prises en charge médicales et en particulier psychiatriques des délinquants sexuels en prison comme à leur sortie de prison. De ce point de vue là, il est malheureusement communément fait le constat d’une insuffisance de moyens. C’est d’abord là que réside la prévention de la récidive. Je suis a contrario très défavorable aux rétentions de sûreté qui conduisent à enfermer des innocents sur la base d’une présomption de dangerosité.

En réalité, le fond du problème est que les prisons n’ont pas les moyens de traiter les troubles mentaux de nombreux détenus dont la place serait plus certainement en hôpital psychiatrique  qu’en prison. Mais là aussi les moyens manquent et le gouvernement entretient sciemment la confusion entre délinquance et maladie mentale au point de s’interroger sur le bien fondé de l’irresponsabilité des malades mentaux ! Je crois que c’est surtout ça qui est attentatoire aux droits de l’homme.

L’on constate une augmentation du nombre de petites phrases entre Mesdames Aubry et Royal (Cf Le Grand journal  de Canal+ le lundi 24 janvier dernier où Martine Aubry n’a pu s’empêcher de dire dans un éclat de rire « Elle est un peu impatiente, là (la ?), Ségolène ». Le lendemain, Mme Royal lui répondait par média interposé sur Europe1 en disant que « ce ne niveau du débat est décevant et je ne veux pas m’aligner là-dessus »). Vous êtes porte-parole de Ségolène Royal, pouvez-vous nous dire quel est l’état de leur relation ?

Je pense que vous n’auriez guère d’autres exemples à me donner car je crois que les socialistes ont plutôt tiré les leçons du Congrès de Reims et évitent de se tromper de cible. Notre adversaire, c’est la droite sarkozyste. Nos combats c’est l’emploi, l’accès aux soins, l’éducation, l’environnement, le logement… Ségolène Royal et Martine Aubry, chacune avec leurs sensibilités, leurs parcours, leurs idées, leurs responsabilités se battent pour la même chose : que les Français vivent mieux et pour cela que la gauche l’emporte en 2012 pour proposer une autre politique.

M. Valls a été à l’origine d’une polémique à propos des 35 heures. Or, il fût l’allié de Mme Royal lors du Congrès de Reims en 2008. Mme Royal fait-elle le même constat que lui à ce sujet ?

C’est assez facile de réduire Manuel Valls à quelques propos sortis de leur contexte et de le caricaturer. Ségolène Royal a eu l’occasion de le dire, elle ne partage pas son point de vue sur les 35 heures par exemple, mais elle ne le réduit pas à un transfuge de la droite car ce serait faux.

Selon vous, M.Valls est-il un homme de gauche alors qu’il partage la même vision que le Président de la République sur l’immigration, qu’il dénonce les 35 heures et qu’il s’emporta sur le marché d’Evry en souhaitant qu’il y ait plus de « blancos » ?

Qu’il ait un positionnement parfois singulier dans le paysage de la gauche, j’en conviens, c’est son « offre politique » dans le cadre des primaires auxquelles il est candidat. Les sympathisants de gauche sauront qu’il y a une offre (que je crois très minoritaire) qui propose de supprimer les 35 heures, ce ne sera pas mon option en tous les cas.

Selon vous, M. Mélenchon va-t-il faire perdre la gauche si M. Strauss-Kahn est désigné candidat à la présidentielle en 2012 à l’issue des primaires socialistes ? Le Front de Gauche est-il en avantage ou un inconvénient pour la gauche ?

Jean-Luc Mélenchon est un homme intelligent mais à qui je ferais aujourd’hui le reproche de ne pas distinguer entre la gauche, en l’occurrence le parti socialiste, et la droite. Il ne peut pas être dans l’opposition à tout le monde et faire ainsi obstacle à un rassemblement de la gauche qui sera sous une forme ou une autre nécessaire pour gagner en 2012, sur la base d’une plate-forme commune qu’il faudra bien discuter tous ensemble. Compte tenu de ce que l’on pressent des votes en faveur du Front national, je pense que personne ne peut prendre la responsabilité de faire échouer la gauche quel que soit le candidat du parti socialiste. Au fond le plus sur moyen de s’en assurer se serait que le front de gauche comme Europe Ecologie participent aux primaires de la gauche.

Beaucoup s’interrogent sur la couleur politique de M. Strauss-Kahn. Ce questionnement est-il légitime selon vous ? Que pensez-vous de son mutisme à propos de son éventuelle candidature aux primaires ? Cela n’a-t-il pas pour conséquence qu’éclate rapidement une nouvelle guerre des égos ?

Dominique Strauss Kahn a fait toute sa carrière au parti socialiste, je ne sais pas de quel brevet supplémentaire il devrait se prévaloir pour prouver qu’il est de gauche. Il est sur une ligne social démocrate qu’il n’a jamais cachée, aux sympathisants de gauche de se prononcer dans le cadre des primaires dont c’est précisément l’objet, à lui, s’il est candidat, de faire une offre qui corresponde à ce que les Français de gauche attendent. Alors oui, il est le patron du FMI, mais aurions nous préféré y voir nommé Alain Madelin ? Quant à son mutisme, il y est sans doute contraint, mais c’est vrai que c’est un peu long et que tout cela retarde le démarrage effectif de la campagne des socialistes. Il y a un calendrier adopté par les militants que j’aurais préféré plus resserré, on s’y tient malgré notre impatience.

Avez-vous le film Le Président sur Georges Frêche ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Non

Le 18 janvier dernier, le site Rue89 a dévoilé une affaire qui n’a eu que très peu d’écho. Le site révèle qu’ un ancien cadre de l’UMP, Thomas Nouvelande, a demandé à des sans-papiers de l’association de s’inscrire à son parti et de voter pour lui lors d’une élection interne. En échange, celui-ci leur promet l’accélération des démarches administratives.  Pourquoi une telle affaire n’est-elle pas dénoncée par le Parti Socialiste ?

A dire vrai parce que je n’en avais jamais entendu parler. Si les fais étaient avérés ils seraient évidemment inadmissibles. Je ne peux guère en dire plus je n’ai pas lu l’article.

Propos recueillis par Cedric Merlaud

Voici le lien de l’interview sur le site d’Acturevue: Interview Acturevue

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