L’Europe, une responsabilité à transmettre

Éditos Publié le 22 juin 2008

Les 2ème états généraux de l'Europe se tenaient samedi 21 juin à la Cité internationale de Lyon, en présence de 130 personnalités politiques, syndicales, du monde associatif, mais aussi de chefs d’entreprises, et d’intellectuels. Les échanges ont été riches dans le contexte post référendum irlandais, l'occasion de faire les premières analyses et de dessiner un avenir nouveau à la construction européenne. Conférences débats, café littéraire, concert européen à l'occasion de la fête de la musique, autant de bonnes raisons de mieux connaître l'Europe.

états généraux de l'Europe

J'étais pour ma part invitée à particier à une conférence intitulée "L'Europe, une responsabilité à transmettre", consacrée au rôle des générations nouvelles dans la construction de l'Union européenne. J'étais aux côtés d'Olivier Ferrand, de Pascal Perzo, de Christophe Tézenas du Montcel, de Philippe Herzog et Marie-Josée Fleury. Je vous livre ici la trame de mon intervention.

Les 2ème états généraux de l’Europe se tenaient samedi 21 juin à la Cité internationale de Lyon, en présence de 130 personnalités politiques, syndicales, du monde associatif, mais aussi de chefs d’entreprises, et d’intellectuels. Les échanges ont été riches dans le contexte post référendum irlandais, l’occasion de faire les premières analyses et de dessiner un avenir nouveau à la construction européenne. Conférences débats, café littéraire, concert européen à l’occasion de la fête de la musique, autant de bonnes raisons de mieux connaître l’Europe.

états généraux de l'Europe

J’étais pour ma part invitée à particier à une conférence intitulée « L’Europe, une responsabilité à transmettre », consacrée au rôle des générations nouvelles dans la construction de l’Union européenne. J’étais aux côtés d’Olivier Ferrand, de Pascal Perzo, de Christophe Tézenas du Montcel, de Philippe Herzog et Marie-Josée Fleury. Je vous livre ici la trame de mon intervention.


A 30 ans, je fais donc partie de la génération des gens nés au cours des années 70 qui partagent un certain nombre d’expériences historiques communes.

La plus importante, celle qui peut nous servir à tous de référence, c’est la réunification de l’Allemagne, l’effondrement du bloc de l’Est et son arrimage progressif à l’Union Européenne.

Ce n’est pas une guerre, certes, mais c’est quand même quelque chose d’assez important pour vous éveiller à une conscience du monde dans lequel vous vivez, de la période historique qui sera la vôtre à l’âge adulte.

C’est la première chose fondamentale : nous sommes la génération qui s’est éveillée à la politique, à la citoyenneté, à l’Europe, avec les conséquences de la chute du mur de Berlin.

Nous sommes la génération qui s’est construite en sachant qu’elle aurait, demain, la responsabilité d’inventer la suite.

Mais dans le même temps, je fais partie d’une génération qui n’a pas connu les grands leaders politiques charismatiques appartenant à la première génération de ceux qui ont conçu et fait avancer le projet européen.

Nous n’avons connu que des responsables politiques qui, à l’échelle nationale, tenaient des discours assez peu responsables sur l’Europe.

D’un côté l’Europe fait office de bouc-émissaire lorsqu’on ne parvient pas à régler les problèmes, et de l’autre, elle sert d’échappatoire pour reporter les grandes réformes et les grandes décisions à plus tard.

Le résultat de tant d’années de discours se lit aujourd’hui dans les urnes.

L’urgence, selon moi, est de changer radicalement ces discours que les responsables politiques nationaux tiennent à leurs opinions publiques sur l’Europe.

Changer le discours, oui, mais pour leur dire quoi ?

Un constat simple, d’abord, qui met tout le monde d’accord : chaque pays d’Europe est aujourd’hui tout simplement trop petit pour garantir seul la sécurité, la prospérité et le bien-être de ses citoyens.

Les États-Nations ont le choix entre une dimension qui ne correspond plus à l’époque ou l’union de leurs forces dans une entité plus grande et plus forte.

Je crois que même les plus antieuropéens des leaders politiques de notre continent s’accordent sur cet état des lieux : il faut s’adapter aux nouvelles dimensions du monde, ou accepter de décliner.

C’est une définition à minima de ce que doit être l’Europe de demain qui, pour ma part, est très loin d’être à la hauteur des enjeux.

L’Europe ne peut pas être, d’abord, un projet économique.

Elle doit être un rêve société, comme l’a dit Jeremy Rifkin, sinon la construction de l’Europe s’arrêtera.

L’Europe, d’ailleurs, a longtemps été ce rêve, aujourd’hui en partie accompli.

Car l’Europe est d’abord et avant tout, une aspiration collective à la paix. C’est le sens de notre histoire, mais c’est aussi le sens qu’il nous faut donner à notre futur.

Rappelons toujours, ce n’était pas il y si longtemps, qu’après la seconde guerre mondiale et la Shoah, la paix a été la raison première et essentielle du projet d’une Europe unie.

C’est le succès le plus éclatant de l’aventure européenne, et c’est ce qui nous permet d’être tournés vers le futur dans un monde qui, lui, connaît la guerre ou la menace de la guerre un peu partout.

Alors, le futur, oui, mais quel futur ?

EGE Les grands changements que nous connaissons dans le cadre bien connu de la mondialisation, et qui se traduisent à peu près sur tous les terrains, peuvent être la cause du déclin comme des chances à saisir. Pour saisir ces opportunités, nous pouvons compter, en Europe, sur d’extraordinaires atouts.

Avec des échanges pratiquement égaux à ceux des États-Unis et du Sud-est asiatique confondus, nous disposons d’une puissance commerciale sans pareille, et avec une population de quatre cent cinquante millions de personnes et un marché de consommateurs qui représente pratiquement le double du marché américain.

Nous avons une monnaie commune, l’euro, qui s’impose face au dollar sur les marchés financiers internationaux, et un réseau de petites et moyennes entreprises que le monde entier nous envie.

C’est vrai que l’Europe se trouve aujourd’hui dans une position de faiblesse préoccupante face à une Amérique à la pointe de l’innovation, mais également face à des pays, comme l’Inde et la Chine, qui allient le faible coût du travail à une maîtrise forte des nouvelles technologies.

Mais l’Europe est aussi la seule puissance à pouvoir investir à l’échelle qui conviendrait pour que nos pays soient les plus compétitifs du monde.

Nous avons acquis, en cinquante ans de construction européenne, une expérience politique et institutionnelle qui nous a permis de faire passer notre Union de six à vingt-sept membres, qui constitue l’exemple le plus réussi et le plus extraordinaire de démocratie supranationale.

Nous disposons dans nos pays, dans nos régions, dans nos villes d’une richesse et d’une diversité d’histoires, de cultures et de traditions, sans pareilles.

Tous les espoirs nous sont permis, et nous ne le savons pas.

Mais pour réaliser ces espoirs, il faut remettre de la politique dans nos discours sur l’Europe.

Car derrière toute ambition économique, il y a toujours eu une inspiration politique, un choix de valeurs.

De Monnet, Schuman, Adenauer, De Gasperi jusqu’à Mitterrand et Kohl, l’inspiration décisive a toujours été politique.

Il nous faut retrouver cet élan politique, cette ambition de faire de l’Europe un projet de société, et c’est sans doute le défi de notre génération.

Il nous faudra défendre le projet d’un espace de prospérité économique dans lequel la protection sociale n’est pas une variable d’ajustement mais le socle fondamental de tout développement.

Nous devrions réaffirmer sans cesse que l’éducation, la santé, la justice, et les dispositifs de sécurité sociale sont les conditions incontournables de toute réussite économique à la fois juste et durable.

C’est ce discours qui fera naître, notamment chez les plus jeunes générations, le sentiment d’appartenir à une même communauté.

Mais c’est un discours qui doit être partagé entre tous les responsables.

Les réponses aux défis lancés à l’Europe ne peuvent et ne doivent pas toutes émaner de Bruxelles et des parlementaires européens.

Qu’il s’agisse d’économie, de protection de la santé ou de l’environnement, de politique de l’emploi, d’immigration, de recherche scientifique ou d’éducation, tous les niveaux de gouvernance sont concernés, de l’échelon européen aux échelons national et local.

J’ai beaucoup de doutes sur la manière dont il faudra procéder pour rapprocher l’Europe des citoyens, ce qui est un impératif démocratique absolu, mais je suis certaine qu’on ne parviendra jamais à rien si les responsables politiques continuent de se rejeter les responsabilités les uns sur les autres comme ils le font depuis trop longtemps.

C’est une éthique de vérité et de responsabilité que ma génération, je l’espère, saura retrouver.

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55 commentaires sur L’Europe, une responsabilité à transmettre

  1. François-Xavier BOFFY

    Une surprise magnifique, et une grande joie, la libération d’Ingrid Betancourt !

    Cela alimentera sans doute les conversations lors de l’inauguration du groupe "Olympe de Gouges" de la Ligue des Droits de l’Homme (3° – 6°), le 11 juillet prochain ;-)

    Amitiés belkacemiennes

  2. Cécile

    OUI ! Enfin libérée ! Bravo Madame Ingrid BETANCOURT;
    Beau symbole de force et d’espoir ce soir …

  3. Gérard ELOI

    @ Hamza,

    Je trouve très bien que tu rappelle l’importance historique de la Méditerranée, ainsi que les atouts qu’elle a pour demain.

    Mais cette Union pour la Méditerranée n’est pas pour moi une initiative seulement de Sarkozy. Cela me semble un condensé du point co-développement du programme de Ségolène !
    Evidemment, on peut discuter longuement…

    Quant à nos dirigeants PS, je t’invite à voir les liens que j’ai postés dans mes comm 45 et 48. Et, si tu as le temps de faire un tour sur le site Désirs d’avenir et là, d’aller voir dans la rubrique " Actualités" la déclaration de Ségolène sur la déclaration des principes du PS. ( Accès à Actualités : cliquer d’abord sur Ségolène Royal, en haut à gauche).

    Si çà te dit, nous en rediscuterons un peu plus tard. Mais pas avant ce soir : je dois m’absenter quelques heures.

    Amicalement

    GE

  4. Hamza

    Bonjour Najat ,

    Je souhaite juste faire remarquer que notre parti et les hauts cadres du Ps sensés nous représenter , voire nous guider un peu , ne nous donnent pas une vision trés claire de l avenir tel qu ils le ressentent.

    Ils nous donnent l impression dans leur discours d’écrire un article pour un quotidien national, c est à dire avec beaucoup d effet d’annonce mais avec un FOND insuffisant .

    Pour avoir une vision de l Europe claire , cohérente , concrète … encore faudrait-il avoir une vision du monde claire aussi !
    Quoique qu on reproche à notre principal opposant Nicolas sarkozy , il a le mérite de proposer , et initier une demarche politico-économique qui tient en meme temps d’une prise en compte de la réalité du monde moderne, des intérets de la France et de l europe , mais aussi des attentes de nos futurs partenaires representant un monde du sud jeune et sous pression.
    L exemple de l Union pour la méditéranné est quand même un projet à prendre trés au sérieux . L histoire du monde s’est toujours joué en méditérannée , c est dautant plus vrai que les ressources du futur s y trouve…
    Ce qui m attriste c est cette vision passeite de nos dirigeants , ce décalage avec la réalité du monde tel qu il est . Une vision politico-économique d’un an à la date d’aujourd hui ,équivaut à une décénnie de retard des années 1990 , et deux décennies des années 1970. En sont-ils conscient ? Le monde va trés trés vite …..

  5. Gérard ELOI

    Plus de nouvelles hélas du reportage complet, mais l’intervention de Najat est visible ici :

    maiblog.over-blog.com/

    Et je crois que progressivement, l’ensemble de la journée de samedi y sera diffusé. Blog à suivre, donc.

    Petit comm personnel suite à l’intervention de Najat : à la fin de sa prestation, elle a souligné l’importance de l’action des militants. Une action qui est surtout de convaincre celles et ceux qui ne connaissent pas encore, ou qui connaissent mal l’ idéologie du PS.
    A écouter attentivement. A appliquer efficacement. C’est la condition nécessaire et suffisante pour qu’un jour il se remette à faire beau sur une planète à la dérive…

    Amicalement

    GE

  6. Luc

    La question de "la gauche et l’Europe" est cruciale. Travaillez-vous en partenariat avec des think tank comme Terra Nova (www.tnova.fr ) ou Policy Network? Je l’espère car ce serait un bon moyen d’allier réflexion-action pour remobiliser l’Europe socialiste!
    Bonne chance!

  7. Chris

    "De l’air! De l’air!" a crié Najat Vallaud-Belkacem à la Maison de la Chimie samedi.

    Oui de l’ air… Un air nouveau, gai, joyeux, accompagné de sourires et de cris de joie. Après des jours et parfois des nuits (si, si…) de réflexion, de contributions à la contribution, il était normal de faire la "fête". Notre fête…

    La politique, je parle de sa pratique au quotidien, doit, si elle veut attirer des catégories d’age qui l’ont abandonnée depuis longtemps, rester évidemment sérieuse, appliquée, pragmatique et fonctionnelle. MAIS elle doit, au risque de rester enlisée dans l’ ennui mortifère qui la tue être plus souriante. Bon sang que c’est triste une réunion de section (tout parti confondu). Bon sang que c’est long une discussion, un débat (quand il y a débat). Bon sang que c’est inutile et contre productif ces compte-rendus interminables des secrétaires de section dont on se demande s’ils sont eux-mêmes convaincus de ce qu’ils lisent! Textes auxquels évidemment personne dans la salle n’a jamais participé à la rédaction de la moindre phrase en amont

    Merci Najat pour ce cri du coeur! "De l’air!De l’air!"… Si j’étais Ségolène, je te confierai volontiers la mission de ramener les jeunes, ceux de nos quartiers comme ceux de nos villages, vers une pratique participative et souriante de la politique. J’en ai assez de ces mines compassées, de ces visages renfrognés! J’en ai assez de ces arrangements entre amis dans les couloirs de Solférino mais aussi dans les couloirs de nos sections! J’ en ai assez des "petits chefs" qui rêvent de devenir grands… Illusion quand tu nous tiens! Illusion de croire que le pouvoir se trouve assis à la table du secrétaire de section alors qu’ il est dans la salle, le pouvoir! Le pouvoir de proposer, d’inventer, de COMBATTRE!

    C’est un souffle neuf qui doit aérer notre parti et, au-delà, un jour, la France. Seule Ségolène Royal, avec nous, apporte une nouvelle volonté de pratiquer la politique autrement. C’est comme cela que nous attirerons vers nous d’autres visages, d’autres militants qui auront le désir d’apporter leurs compétences, leurs envies, leurs désirs d’avenir pour un Parti Socialiste enfin redevenu un parti qui respire!

    "De l’air! De l’air!"

    Chris

  8. François-Xavier BOFFY

    @Aaron

    Ton commentaire très désabusé, à son corps défendant, nous aura permis de lire ou relire de belles idées. Et je les qualifie de belles parce que d’après moi elles sont toujours valables et dignes d’être défendues.

    Ton procès d’intention contre le "banquier" Jean Monnet est regrettable, car il participe d’une foire aux étiquettes dramatique entre autres pour l’Europe sociale et pour la coopération internationale : si banquier = méchant = profiteur = capitaliste = inhumain alors commission européenne = parlement européen = conseil européen, OMC = FMI = OTAN = Etats-Unis, et Monde = non-France = stupides.

    C’est bien plutôt sur les actions du bonhomme qu’il faut juger, et de ce côté-là de pleutres personnages politiques du passé et actuels devraient en prendre de la graine, et de formidables personnes politiques actuelles sont en train de semer…

    Amitiés belkacemiennes

  9. Aaron Russo

    « L’Europe ? C’est la France et l’Allemagne ; le reste, c’est les légumes !» le Général et aussi dans la lignee de Richelieu ou Jacques Bainville.

    si je me trompe pas Jean Monnet , ce banquier , je comprends qu’il puisse être pour cette Europe.

    c’est con qui est mort "Jean Omer Marie Gabriel Monnet" , il me fait très rire , avec ses citations comme ca , j’en redemande :
    * « Nous ne coalisons pas des États, nous unissons des hommes. »
    * « La modernisation n’est pas un état de choses, mais un état d’esprit. »
    * « Nous n’avons que le choix entre les changements dans lesquels nous serons entraînés et ceux que nous aurons su vouloir et accomplir. »
    * « Si je suis convaincu, alors je fais de mon mieux pour convaincre les autres, mais pas à la légère. Je me concentre, et je pense que si je n’étais pas moi-même convaincu, je n’agirais pas. »
    * « La grande révolution européenne de notre époque, la révolution qui vise à remplacer les rivalités nationales par une union de peuples dans la liberté et la diversité, la révolution qui veut permettre un nouvel épanouissement de notre civilisation, et une nouvelle renaissance, cette révolution a commencé avec la Communauté européenne du charbon et de l’acier. »
    * « Lorsqu’une idée correspond à la nécessité de l’époque, elle cesse d’appartenir aux hommes qui l’ont inventée et elle est plus forte que ceux qui en ont la charge. »
    * « Rien n’est possible sans les hommes mais rien n’est durable sans les institutions.(il a oublie d’ajouter sans les banques) »

  10. François-Xavier BOFFY

    @ Corinne

    Dire que jeudi au salon du mécénat j’ai failli prendre mon appareil pour "compléter" éventuellement le travail que tu effectues régulièrement auprès de Najat ! J’ai même failli lui demander comment tu allais… Ces nouvelles me désappointent.

    J’abonde dans le sens des propos de GE, et je te souhaite de retrouver au plus vite le meilleur moral et la situation la plus favorable possible.

    Amicalement.

  11. Gérard ELOI

    @ Corinne,

    Je viens de demander ( par mail) à une amie qui était à Paris d’installer sur ce blog le lien pour un reportage fort complet de la journée à Paris, avec notamment une photo de Najat avec Ségolène, puis plusieurs videos, dont celle de l’intervention de Najat.

    J’espère que çà te permettra de décompresser un peu avec le boulot blog, et ainsi d’avoir plus de temps pour pouvoir penser à toi et à la solution de tes problèmes actuels. Problèmes que je souhaite de tout coeur savoir bientôt résolus.

    Bizzz et bon courage

    GE

  12. Corinne Arquillière

    Hélas, en ce moment, Corinne est pauvre et ne peut pas monter à Paris, j’espère que des photos ont été faites ceci étant.
    Par contre j’ai récupéré la plupart des JT, et je dois encore encoder ardisson.
    beaucoup de boulot en perspective, j’y verrai plus clair sur ma situation le 1er juillet, mais j’avoue que rien ne va en ce moment, donc je vais tenter de survivre (saleté de pouvoir d’achat et de pouvoir arbitraire)

  13. Gérard ELOI

    @ François-Xavier,

    Je suis évidemment d’accord avec l’ essentiel de ton message et de ta philosophie.

    A quelques nuances près…

    Je discute avec mon pote Asse du "pragmatisme" éventuel de Najat, et du PS en général. C’est arrivé comme çà dans notre conversation, mais le fait que nous ayons parfois des avis peu convergents ne signifie pas que nous hésitions à afficher clairement nos idéaux.

    " L’expression directe de ces idéaux rend leur réalisation quasiment impossible…".

    Cette pensée, à méditer, est fort proche de ce que j’ écris parfois. Mais la manière dont tu l’exposes lui donne une dimension supplémentaire, que l’on peut trouver un peu regrettable, quoique vraisemblablement très réaliste.

    Enfin, quand tu parles de l’urgente nécessité de faire comprendre…Je te rejoins tout à fait. Et " faire comprendre", c’est ce que j’ai essayé dès mon adhésion à DA. Et je continue d’essayer, avec mes moyens. Moyens qui furent toujours tentatives de convaincre, avec arguments que je n’ai sans doute pas assez bien développés, plutôt qu’à coups de masse, rassure-toi ! ( Encore que pour certaines entités malsaines, la masse ne serait pas une mauvaise idée !)

    Petite parenthèse pour Asse :

    " Ce sourire si complaisant…"
    Complaisant est un terme …subjectif. J’ai trouvé ce sourire rassurant. Le sourire de la grande Dame qui n’a nul besoin d’ explorer et ainsi mettre en évidence les égouts de l’ UMP. Un sourire de confiance en l’avenir. Avec une ignorance, on pourrait dire un mépris, des basses manoeuvres d’un passé qui est maintenant…passé, un passé que nous allons maintenant avoir la force de décomposer. Grâce notamment au sourire confiant de Najat !
    ( J’exagère ? Même pas : j’étais politiquement à la limite de la déprime, et la force tranquille de Najat m’a donné une véritable transfusion d’énergie. Je suis donc reparti pour un tour, et apte aux prolongations !)

    Amitiés

    GE

  14. asse42

    François-Xavier

    Tout à fait et nous sommes en accord. Je ne crois pas que nous gagnerons par la violence mais par la preuve, par la confiance, par l’exemple.
    En fait ce que je reprochais à Najat, mais c’est une grande personne, c’est son sourire relativement complaisant envers le pire du sarkosysme qu’est Lefévre! Lui c’est vraiment le mèrpis à haute dose et dire que lui il construit et ne détruit pas est vraiment se foutre de la gueule du monde. Bref je ne le porte pas dans mon coeur et voir Najat… Bon c’est du passé maintenant!

    Content de voir aussi le président de Rhônes-Alpes signer avec ségolène Royal. J’aime la constance de l’engagement. Et je compte sur najat pour nous convaincre Collomb, Guerini à nous rejoindre!;-)

  15. François-Xavier BOFFY

    Bonjour à tous, c’est un vrai plaisir d’être un peu en vacances, quelques jours, pour tenter de rattraper le temps perdu sur le plan de l’engagement politique et aux côtés de Najat…

    asse42 et GE, vos contributions toujours remarquables de civilité débattent souvent en ce moment de la dimension plus ou moins radicale, plus ou moins pragmatique, de Najat et des socialistes en général.

    L’équilibre repose, je crois, sur des principes simples tout en étant très difficile à déterminer une fois pour toute : nous avons des idéaux, et comme le montre très bien la contribution de Ségolène Royal il ne faut pas en avoir honte et les revendiquer. En même temps, l’exceptionnelle qualité de certaines personnalités, dont Najat, est de savoir que l’expression directe de ces idéaux, en clivant au-delà du raisonnable la société, rend leur réalisation totalement impossible.

    Pour s’en convaincre on peut prendre des idéaux opposés à ceux des visiteurs réguliers de ce blog : la pleine liberté d’entreprendre, de profiter, le principe du "winner takes it all", le gagnant rafle la mise et laisse des miettes aux autres. Dit comme cela, cette conception heurte de très nombreuses sensibilités, c’est pourquoi le discours "très de droite" de Sarkozy a beaucoup plu à droite, et beaucoup déplu à gauche.

    Cependant l’expérience nous le montre, et pour ma part je le déplore pour la France et je m’en réjouis pour le bien-être à long terme des Français, ces idéaux ne peuvent pas se réaliser puisqu’ils sont trop visibles ! Dans chaque mesure la patte du sarkozisme apparait, et surtout dans chaque façon d’amener les mesures on est placé devant une méthode coupante, monolithique et sourde.

    Si nous voulons que l’humanisme regagne le terrain qu’il a perdu en France et en Europe, il s’agit de tenir compte, aussi, de ceux qui n’ont pas compris l’urgente nécessité d’une politique plus sociale, plus équitable, plus éco-responsable, plus impliquante. Pour les convaincre, non les écraser par la masse.

    Je manque de temps pour faire plus court, et plus clair.
    Recevez toutes mes amitiés belkacemiennes.

  16. Gérard ELOI

    @ Asse,

    " Un peu de lucidité radicale…", dis-tu.

    Selon moi ( mais çà n’engage que moi !), au point de vue lucidité, Najat est parfaite. Au point de vue " radical", maintenant, même si elle s’exprime quasi toujours avec ce sourire qui mérite de devenir célèbre, elle sait garder avec une belle énergie ses convictions jusqu’ au bout !

    Ceci dit sans vouloir critiquer de manière négative ton comm, qui contient évidemment une part de vérité. ( Le mien aussi, d’ailleurs. )
    Je discute avec toi quasi en ergotant, en te reprenant de volée, parce qu’on est en compétition de foot (d’où le terme " volée"), et parce qu’on se connaît, ne fût-ce que virtuellement. C’est pas du tout agressif ! Au contraire, rigolons un peu…
    Et voyons peut-être aussi si on peut faire quelque chose pour Françoise Vallet, dont je parlais dans un comm précédent.

    ( D’accord, comm très décousu…mais j’utilise toujours les mots qui me tombent sous la main…)

    Bref, nous avons avancé un peu ce samedi. Pourvu que ce soit vers des lendemains vraiment meilleurs…

    Amitiés

    GE

  17. asse42

    Najat

    J’espère que Corinne est monté à Paris pour nous faire des vidéos… En tout cas la présentation de la contribution de ségolène Royal avait su souffle, de l’énergie, du dynamisme et des pistes pour l’avenir. Je suis heureux de te savoir à ses côtés même si parfois tu aurais besoin d’un peu de lucidité radicale!:-)

    Pour les camarades qui passeraient sur ce blog et qui souhaitent lire la contribution de ségolène Royal, je mets le lien ici:
    http://www.congresutileetserein….

    Ensuite s’ils sont en accord ils peuvent signer.

  18. chaye

    @ mouss
    Bravo Frero tes informations sont riches et claires accessibles
    merci XXX

  19. Cécile

    Bonsoir,
    Pas facile tout ça… Merci Corinne : pour l’émission de Fogiel ..
    Merci Najat : si beaucoup d’autres pouvaient parler comme toi !
    (espérant venir mardi soir….)
    Enfin : l’important est de jamais désespérer.
    Merci Chris pour ton analyse du film avec Meryl Streep (que j’aime beaucoup mais je n’ai pas vu ce film et qui me parait trop dramatique pour que je le visionne en ce moment…) Enfin rassurez moi : nous ne sommes pas toutes et tous des Sophie ? (lol)

    La problématique du choix….
    Moi perso, je crois à mon instinct, il ne m’a pas souvent déçu, c’est vrai que souvent à trop réfléchir (je dis bien trop), cela nous amène à avoir peur des conséquences et cela nous fait agir à l’inverse de ce que nous aurions fait d’abord.
    La peur : beaucoup ont joué (encore maintenant ) avec ce sentiment pour faire changer des gens ou pour les asservir . ..ou pour profiter d’eux, Et je trouve cela lamentable. Bref, il faut continuer à se battre tous les jours pour la défense des plus faibles (qu’on arrête de les mettre au rebut) et non pour permettre aux plus privilégiés d’être encore plus privilégiés et d’avoir encore plus de pouvoir…C’est pour cela que j’adhère au PS..
    Bonne soirée.

  20. Gérard ELOI

    Un peu hors sujet, mais fallait en parler.

    Nous vivons dans une république du mépris ( comme titrait récemment de manière quasi prémonitoire Michèle Delaunay), république du mépris qui vient d’invalider à Chartres l’ élection de notre amie Françoise Vallet.

    Je ne vais pas encombrer trop longuement le blog de Najat avec cette affaire, les personnes intéressées peuvent avoir un aperçu sur mon blog :

    centpenseespourvous.blogs…

    ( C’est pas pour faire de la "pub" personnelle )

    Bon courage, à cette époque où l’on en a tant besoin

    GE

  21. Chris(ancien chris...)

    Bonjour à tous et à toutes
    A propos d’un livre et film,je m’excuse en avance si le sujet s’écarte
    du billet de Najat.On se demande si notre société ne confronte pas au même problème que Sophie.
    _______________________________
    Sophie’s Choice (Paperback) by William Styron (Author), je ne sais pas si le livre existe en langue Français.
    Extrait:http://www.youtube.com/watch?v=R...

    Extrait de Commentaire: Laura Knight-Jadczyk
    C’est le sujet principal du « Choix de Sophie » : la souffrance des Polonais, et Sophie illustre cette souffrance. Mais ce thème majeur a complètement disparu dans la version cinématographique.

    Nathan, le « porte-parole des juifs » dans le roman, est un schizophrène paranoïaque qui pourrait être considéré comme une façon subtile de dépeindre la nature « paranoïaque » de la revendication juive de l’exclusivité de l’Holocauste. Entrelacée avec le thème majeur du livre, l’incapacité de Nathan à s’en sortir se révèle, avec le fait que Sophie, une catholique polonaise, ait subi des souffrances horribles revendiquées comme exclusivement juives.

    La décision monstrueuse que Sophie est forcée de prendre (quelquefois idiomatiquement utilisée comme une manière de décrire un choix entre deux options insupportables, un « choix de Sophie »), n’est même pas pleinement représentée dans le film. Dans le roman, Sophie décrit les gémissements et les pleurs de sa fille, malade d’une infection de l’oreille, avant d’être forcée à prendre une décision.

    On suggère que son choix fût partiellement influencé par son irritation concernant son enfant, ce qui rend le tout encore plus monstrueux.

    Meryl Streep offre une fabuleuse interprétation, tout comme Kevin Kline et Peter McNicol. Tous les trois sont parfaits dans leur rôle. Le film n’est que légèrement lent, mais réussit tout de même à transporter le spectateur. Toutefois le film aurait pu se révéler bien meilleur, si les nuances du choix de Sophie, de même que les thèmes principaux du livre y avaient été inclus. Ces éléments l’auraient rendu fantastique plutôt qu’excellent.

    Dans tout le livre comme dans le film, Sophie est confronté à des choix – comme nous tous dans notre réalité actuelle – et dans chaque cas, elle se décide en fonction d’une position d’illusion de sécurité et de peur, et on laisse sous-entendre que quand elle fait un choix, quelqu’un meurt comme une conséquence de son choix.

    Par exemple, après que son père et son mari aient été pris par les Nazis (à ce moment, vous penseriez que Sophie aurait réalisé qu’il n’y avait pas de rationalité dans le nazisme puisque son père et son mari étaient des partisans des Nazis et moururent quand même), elle a un amant, Józef, qui est avec sa demi-sœur Wanda un membre de la Résistance polonaise. Ils demandent à Sophie de traduire des documents de la Gestapo volés, mais craignant les conséquences, elle refuse. Deux semaines plus tard, Józef est assassiné par la Gestapo. On a l’impression que si Sophie l’avait aidé, cela aurait pu être évité , mais ce n’est pas certain. Ce n’est que peu de temps après que Sophie est arrêtée et envoyée à Auschwitz avec ses enfants. Donc là encore, se retenir, agir par peur pour soi-même, essayer de se protéger soi-même, n’est pas considéré comme le « bon choix ».

    Quand Sophie est dans la file à Auschwitz, elle essaie encore de se sauver avec ses enfants en disant à un médecin qu’elle est une bonne catholique, une partisane du Reich, etc. Bien qu’elle prétende soutenir les Nazis par peur pour elle-même et ses enfants, et qu’elle essaie de les sauver, c’est cet acte qui va précipiter le terrible choix. Il est clair qu’il n’y a aucune humanité dans la mentalité nazie et c’est quelque chose que Sophie ne semble jamais saisir. Elle continue à penser qu’ils sont des humains normaux, qu’on peut les raisonner, faire appel à leur conscience, quand il est clair que ce sont des psychopathes sans aucune conscience . Cela se produit encore dans ses interactions avec le commandant Hess. Elle refuse d’aider la Résistance dans le premier cas cité précédemment, et recommence là encore dans le camp de prisonniers où on lui demande de voler un poste de radio. Elle s’affaisse par peur à nouveau et prétend être partisane des Nazis pour essayer de se sauver elle-même et son fils ; le résultat est négatif : son fils meurt de toute façon. Si elle avait consenti à aider la Résistance dans les deux cas, il est tout à fait possible que, même si ses enfants n’avaient pas été sauvés, et même si elle avait été tuée, d’autres auraient pu être épargnés par des actes courageux.

    Mais Sophie n’a pas de courage. Elle n’est guère plus qu’un paquet de peurs et d’émotions névrotiques, pataugeant dans un monde devenu fou comme un poisson hors de l’eau.

    Et c’est le cas pour beaucoup de gens aujourd’hui. C’est un film qui vaut la peine d’être vu et revu ne serait-ce que pour ressentir l’impact de ce qui se passe dans notre monde et ce qui sera une conséquence soit de ne pas agir, soit de renier ses principes pour la paix et la sécurité. C’est aussi une excellente manière de ressentir l’impact de la réalité psychopathique qui est créée autour de nous en observant les interactions de Sophie avec les Nazis.

    Encore et encore, Sophie fait les mauvais choix jusqu’à ce qu’il soit finalement vraiment trop tard. Elle semble enfin comprendre que se sauver elle-même ne vaut pas le prix qu’elle a payé de son âme, et retourne à l’étreinte mortelle de son amant juif qui, dans sa schizophrénie paranoïaque, prend leurs deux vies.

    Peut-être une leçon prophétique pour notre propre temps.

  22. Cécile

    @ Asse 42 : ça fait un peu despote non comme directive ?

    si on fait cela il ne va plus rester beaucoup de pays NON ? je ne pense pas que cela voulait dire où tu t’harmonise ou tu t’en vas,, (cela me rappelle quelque chose … ) A +

  23. asse42

    Gérard

    Je voulais dire que ma petite colère est passée… Je pense qu’elle est trop pure dans ce monde de brutes!:o)

  24. asse42

    J’avoue que je n’ai pas lu la contribution de Mouss mais le commentaire de Cecile me va. Si il dit qu’il est temps de créer une alliance entre les pays qui veulent progresser ensemble alors je suis d’accord.
    Je suis pour un accord entre pays qui définisse des règles communes. OK tu rentres dans notre cercle mais tu dois accepter l’harmonisation fiscale, le progrès social, l’excellence environnementale, etc… Et qui m’aime me suive!;o)

  25. Cécile

    Merci Mouss, pour les conseils.. : l’Europe : c’est simple ! (je rigole..)
    Promis, je vais m’y mettre sérieusement. Histoire ne ne pas me trouver trop nulle si on me parle des institutions de l’UE…
    Et je suis d’accord avec ça :

    """"les Quinze avaient explicitement reconnu l’existence d’une Europe à plusieurs vitesses, comme en ce qui concerne la monnaie unique ou les accords de Schengen. Même si une coopération renforcée n’implique qu’un nombre limité d’Etats membres (huit au minimum), la décision de participer à une coopération renforcée est votée à l’unanimité. Cela ne fera pas plaisir a certains pays comme la Pologne, mais la real politik doit maintenant être de mise ! La Chine, L’Inde…n’attendent pas l’Europe ! """""

    Faire vite et bien ? : enjeu d’avenir sachant qu’on ne peut pas toujours tout contrôler…

    Allez bonne soirée !

  26. Turkish

    @ Mouss

    Bien ton post, mais la Turquie a perdu, je suis vert. Dommage, Sarko n’aura pas son cadeau de présidence de l’Union. Angela l’a encore bien sauvé. Certain que Sarko va nous dire que c’est grâce à lui que la Manschaft a gagné. Pauvre Europe!
    Autrement tes références ciné, pas mal!
    Ciao

  27. Pascal

    comme promis , je reviens avec plaisir lire et reagir à tes chroniques , Najat !
    Je constate avec plaisir la constance et le serieux de ton engagement citoyen , je n’en doutais pas par ailleurs .

    Tiens au fait , je connaissais au collège un Tezenas Du Montcel
    ( Eric) qui était dans la même classe que moi , enfin bref !

  28. Gérard ELOI

    @ Asse,

    Grâce à Corinne, qui nous a installé le lien, je vais revisionner cette émission à tête reposée.
    Mais…dès que ma tête sera reposée, donc !

    J’avoue que je ne me rappelle pas venant du type des attaques précises ou crédibles contre la gauche ?
    En revanche je me rappelle de la force tranquille de Najat, force tranquille capable de redonner confiance à ceux qui, comme moi, commençaient à la perdre…

    Amitiés, à bientôt

    GE

  29. asse42

    Elle n’était quand même pas sensé ignorer l’individu qu’elle avait en face. Le porte-parole de l’UMP qui avait ferraillé avec ségolène Royal 2 ou 3 semaines avant! Alors… J’avoue que je n’ai pas pu aller jusqu’au bout de l’ITW. Gérard tu dis qu’elle a été percutante, intelligente, sensible. J’en prends acte. Mais je déteste l’hypocrisie de façade et je suis sûr que remémorer quelques faits d’armes de ce triste sire aurait pu suffire à la descendre de sa posture qui se voulait constructive. Lui il n’a pas hésité à attaquer la gauche. Bon ma réaction est peut-être épidermique et je vais laisser passer un peu de temps là-dessus.

    A+

  30. Gérard ELOI

    @ Adonis,

    Et je dirais même plus : Najat n’a pas besoin d’adopter d’attitude. Elle est naturelle. Et, étant donné qu’elle est naturellement sensible et intelligente, ce qu’on appelle son " attitude" ( il faut bien choisir un mot) répond toujours à nos espérances.

    PS : petit rappel, même si j’ai l’air plutôt âgé, laisse tomber le "vous" !

    Amitiés

    GE

  31. adonis

    @ Gérard ELOI: Bonjour, je suis d’accord avec vous, Najat Belkacem as adopté la bonne attitude…. Bonne fin d’après-midi à vous

  32. adonis

    @ asse42: Bonjour, je te trouve dur avec Najat Belkacem, elle n’as pas fait ami-ami avec le type en question (je ne me rappelle de son nom), elle as essayé de gérer intelligement la situation.. et je vais être honnête, je ne connaissais même pas ce type, et je pense que c’était le cas d’une majorité de téléspectateurs. Bonne fin d’après-midi à toi

  33. Gérard ELOI

    @ Asse

    Je suis étonné de ta déception.

    Au contraire, j’avais trouvé la prestation de Najat au 13 H 15 particulièrement brillante et convaincante.

    Le type de l’ UMP dont tu parles…Mais ce n’est pas Najat qui l’a choisi comme "adversaire du jour". Et les faits passés, que tu reproches à juste titre, étaient hors du débat de ce dimanche. Donc, je vois mal comment Najat aurait pu, ou pourquoi elle aurait dû, attaquer en " position hors jeu".

    Elle était souriante, décontractée et convaincante. Convaincante notamment parce que capable de rester " au-dessus de la mêlée".

    Elle avait à faire au pire sarkozyste, dis-tu. L’ agresser hors sujet et rappeler ainsi des épisodes déformés par cette droite malsaine qui n’a qu’une ligne de conduite, " Mentir, mentir,…pour qu’il en reste toujours quelque chose" n’aurait servi à rien, et aurait même pu créer l’effet inverse.

    Je crois ( mais je ne suis pas infaillible) que si les téléspectateurs avaient voté après l’émission pour l’une ou l’autre en présence, Najat l’aurait emporté avec une avance confortable. Si elle avait " sorti ses griffes ", surtout hors du propos, le résultat aurait sans doute été inverse…

    Amitiés

    GE

  34. asse42

    Najat,

    Franchement très déçu de ton passage sur F2 dernièrement. Tu as en face de toi le pire du sarkosyste et tu te contentes de le trouver "sympathique!". C’est le même qui a fait du buzz sur "l’affaire Royal", qui a dit que l’AFP est pro-Royal, que RESF c’est de la m… et j’en passe. Ce mec est un lobbyiste de la pire espèce, qui n’est là que pour détruire et non pour construire comme il te l’a dit… Alors te voir sourire et faire ami-ami avec ce qu’il y a de plus vil en ce moment dans la politique m’a un peu écoeuré je l’avoue.

    En tout cas je ne pense pas qu’être une bonne politique c’est de faire ami-ami avec tout le monde. C’est aussi savoir affirmer avec fermeté ses convictions et ses valeurs:

    http://www.dailymotion.com/searc...
    http://www.dailymotion.com/searc...

  35. Gérard ELOI

    @ Mouss,

    Bravo pour ce comm particulièrement bien argumenté et bien documenté.

    @ Aaron,

    Tu dis : " Donne moi une seule raison…".

    Najat avait démontré que l’ Europe sera ce que nous en ferons. Et j’ai confiance en Najat !
    Mouss, dans la conclusion de son comm 12, reprend et développe fort joliment cette démonstration de Najat.

    Donc, je persiste et signe : ce sera très difficile. Mais il reste de l’espoir. ( Au moins un peu…)

    Amicalement

    GE

  36. Mouss

    Salut à tous,

    Tout d’abord, merci à Corinne qui nous a sorti les vidéos, elle est trop forte Corinne !

    Cette semaine, Najat nous soumet le thème de l’Europe à notre réflexion, c’est d’actualité déjà avec le championnat d’Europe UEFA.

    Avant d’y aller de mes commentaires, je vais essayer au préalable de répondre à deux questions, cette de notre ami et grand séducteur Gérard Eloi et celle de Cécile.

    @ Cécile, qui fait quoi en Europe. Comme toute institution supranationale, l’Europe pour aller vite dispose de ce qu’on appelle des compétences classiques (EXECUTIF -conseil de l’Union et Commission sur certains sujets-, LEGISLATIF -commission européenne, parlement et Conseil de l’Union pour certains sujets aussi-, JUDICIAIRE -cour de justice des Communautés européennes-. L’activité de la commission repose sur trois piliers : les affaires communautaires ; la politique étrangère et sécurité commune ; la coopération policière et judiciaire en matière pénale; Ce qui est hyper important, c’est que la Commission européenne est gardienne des traités (Traité de Rome, Traite CECA…). C’est l’une de ses fonctions. La Commission veille au respect et à l’application du droit communautaire et du droit dérivé (règlements, directives, décisions). Elle s’informe, prévient et sanctionne les Etats membres en cas de non-respect des traités communautaires. Par exemple, en matière de concurrence, la commission est super active et veille à protéger l’intérêt des consommateurs en cas d’abus de position dominante ou de cartels. Regarde les différentes sanctions que Microsoft a reçu récemment ou il y a quelques temps l’affaire orangina/pepsi.

    Si tu veux pour schématiser le fonctionnement de nos institutions européennes, il y a cet adage bien connu qui dit que la Commission PROPOSE, le Conseil DISPOSE. Si tu veux plus de détails, il y a de très bons memos de la collection seuil qui présentent bien le sujet.

    S’agissant de la réponse que tu proposes sur la levée des le 1er juillet 2008 et qui t’interpelles, elle est parfaitement juste. Cela fait partie de ce qu’on appelle l’acquis communautaire, on généralise les acquis à l’ensemble des membres, du plombier polonais au financier de la city.

    @ Gérard, tu as tout à fait raison quand tu dis que l’économie est une des composantes de l’intégration politique. Tout le schéma directeur de l’intégration européenne s’est opéré selon cette dialectique des marchés. Ce qu’on a appelé les différentes étapes de l’intégration. Je ne vais pas revenir sur Monnet et Schuman et leur approche graduelle. Mais, la mécanique de l’intégration européenne reposait sur ce que les théoriciens de l’intégration appellent les effets d’engrenage. Pour dire autrement, chaque étape nécessitait le passage à une autre étape pour que l’étape qu’on venait de franchir soit un succès. Déjà avec le marché commun et le traité CECA avec en filigrane cet idéal de paix (mettre les moyens de la guerre-charbon, acier- au service de la paix), puis marché intérieur, ensuite union économique. Et une union économique sans union monétaire c’est contre-productif (à cause principalement des politiques de désinflation compétitives) d’ou une politique monétaire commune avec la création d’une banque centrale européenne (qui est indépendante du pouvoir politique)…. En d’autres termes, faire une union de politiques sectorielles pour arriver in fine à une union politique pleine ou totale.
    Hors, comme tu le soulèves, aujourd’hui l’Euro est haut, très haut, pénalise la compétitivité externe des entreprises européennes. Pour répondre très simplement à ta question, il est tout à fait juste que le prix du baril de pétrole est en dollar, mais comme il y a une spéculation très élevée sur le prix du pétrole (à cause du bio fuel aussi), cela accroît son prix en dollar et aussi en euro. L’augmentation en euro est moins que proportionnelle par rapport à son augmentation à cause de divers mécanismes dont celui de la TIPP que Laurent Fabius avait mis en place lorsqu’il était à Bercy. Regarde le niveau des taxes qui est inclus dans le prix de ton litre de super à la pompe. Le législateur francais a voulu limiter l’impact du prix en modulant les taxes. Si tu veux, c’est comme un effet de levier, la TIPP agit comme une soupape de sécurité sur le prix à la pompe. Le problème, c’est que lorsque le prix augmente trop, son rôle est moins protecteur et le prix à la pompe augmente aussi mais à des niveaux différents selon le mécanisme. Mais ce qui existe pour le gazole ou le super, n’est pas nécessairement identique pour le fioul par exemple, il y a d’autres mécanismes qui sur-compensent l’augmentation du prix du pétrole brut. Le chant du cygne ne peut pas transformer l’économie en politique à savoir l’union économique et monétaire en union politique ou géostratégique. Pour construire cette nouvelle phase de l’intégration européenne, il est nécessaire de remettre la politique au service des européens et aussi bien la Commission européenne que le conseil européen n’ont pas réussi, c’est ça le déficit démocratique. Ce qu’on peut reprocher à la commission européenne par exemple, c’est de ne pas adopter d’instruments de pilotage commun pour réduire les effets de l’augmentation du prix du pétrole. En d’autres termes de trop réfléchir sur les normes ou les règles d’origine et pas assez sur la dimension sociale. Elle le fait, mais pas assez et communique mal ! Il est primordial de remettre de la politique au service des gens ! L’économie est par nature politique, mais l’économie n’est pas une finalité politique ! Ce ne sont pas les fonctionnaires européens qui décident à Bruxelles comme on l’a entendu, mais c’est le conseil (réunis soit aux rangs des chefs d’Etat ou de Gouvernement, ou des ministres). Par exemple, le conseil des ministres des finances se réunit au sein du comité ECOFI. Généralement, c’est lors de ces comités ou Christine Lagarde se fait sermonner un peu pour les dérapages budgétaires de notre pays, les fameux critères de Maastricht ou alors quand elle vient raconter devant ses collègues médusés que la France fera 3% de croissance cette année ! (Rappeler vous le Ribuks Cube Theorem !)

    @ Najat et à tous

    Je vais me laisser aller maintenant à quelques commentaires du billet de cette semaine. Tu écris que ce qui t’as marqué, c’est la réunification de l’Allemagne. C’est clair, je partage ton point, on a tous encore les images de ce « rideau de fer », la transition de l’Europe de Yalta à celle de Maastricht et de Dublin aujourd’hui. Mais aussi, ce qui m’a marqué c’est l’euro, vraiment le sentiment d’être européen. Finit le temps ou on allait à la banque de France changer nos francs, en lire, ou en pesetas espagnoles quand on traversait l’Espagne ou l’Italie l’été ! Nous sommes surtout la génération qui s’est éveillée (en sortant de la St Sylvestre) avec la monnaie unique, avec les séjours Erasmus (et oui l’Auberge espagnole). Je me rappelle mon amphi ou ça parlait espagnol, dutch, allemand…C’est aussi ça l’Europe, la mixité culturelle ! C’est important ! L’ouverture géographique ouvre aussi les esprits, réduit l’indifférence et accroît la tolérance mutuelle ! Aujourd’hui, l’Union européenne c’est comme une poupée russe ! Des séries de traités de tailles décroissantes placées les unes à l’intérieur des autres. La poupée Lisbonne a laissé la place à celle de Dublin…et bientôt celle de Paris !

    Pour être de la meme génération que toi, il me semble que nous avons connu des leaders comme Jacques Delors, Helmut Kohl, François Mitterrand. Oui je suis d’accord avec toi, c’est quand tu dis, que nous n’en connaissons plus. C’est vrai, depuis 4-5 plus aucun leader européen, et cela quels que soient les pays. Néant total ! L’Union européenne est clairement en manque de leadership et de vision et en manque de démocratie non pas participative mais active. Regardons juste le parlement européen, pendant très longtemps le taux d’abstention de nos « euros-deputés » était très élevé. Et quand on regarde aussi les nôtres qui sont des parlementaires sortant qui n’ont pas récupéré leur siège au Palais Bourbon ! Le Parlement européen n’est pas un cimetière de dinosaures en manque de victoires électorales !

    CE QUE VEULENT LES EUROPEENS C’EST LA SECURITE D’ABORD

    Fondamentalement, tu as raison, quand tu dis que nos responsables politiques doivent changer de discours lorsqu’ils parlent de l’Europe. D’une part c’est complètement improductif, mais surtout c’est dangereux pour la démocratie. Plus des 3 /4 des règlements ou directives ont force de loi en France et doivent s’appliquer, la fameuse primauté du droit communautaire sur le droit national. François Mitterrand dans un célèbre discours à la Sorbonne avait insisté sur l’importance de la sécurité intérieure et extérieure comme objectif principal de l’Europe, une forme de raison d ‘être.

    Aujourd’hui, ce qui triomphe avec le Non irlandais, c’est l’eurolassitude. Pour sortir des crises institutionnelles, l’UE devra définir ce qu’elle est et veut devenir. D’où vient cette crise démocratique ? Mon analyse est que la commission tout comme le parlement européen offre une parodie de démocratie car la démocratie suppose l’existence d ‘un Etat que l’Union n’est pas ! Le nœud du problème réside dans la question du sens de l’UE ? Par exemple, est ce que la marche de l’UE peut continuer à fonctionner selon la règle de l’unanimité ?

    L’IMPORTANCE DES COOPERATIONS RENFORCEES POUR EVITER LES PARALYSIES INSTITUTIONNELLES

    Je partage pleinement ton point selon lequel derrière toute ambition économique, il y a toujours eu une inspiration politique. Schuman avait son Monnet. Schuman avait le courage politique et le leadership; Monnet le projet, les idées. Aujourd’hui, pas grand monde. Plus que l’élan politique, il faut retrouver cette ambition et surtout faire partager cette ambition à au moins un noyau dur d’une future Europe Fédéraliste.

    Alors quel chemin pour sortir de ce vide démocratique ou pour relancer ce sentiment d’appartenance à une Europe fédérale. A mon sens, il y a trois approches : une approche formelle que défends l’Allemagne. A savoir définir une procédure démocratique pour élire au suffrage universel direct un Président de l’Union. Mais cela nécessiterait de réviser partiellement le Traité de Lisbonne. Une approche davantage matérielle, répondre aux attentes, aux demandes que les citoyens de cette union sont en droit d’attendre. Autre moyen, les coopérations renforcées ; un groupe de pays qui décident de renforcer leur action commune sur un sujet défini, sur le mode de la coopération intergouvernementale et donc en dehors du cadre des traités. Un noyau dur. Il est difficile d’avancer à 27 et à la même vitesse. Ce principe était né comme tu le sais d’une réflexion des Quinze au sujet de l’adhésion à l’Union monétaire. Je rappellerai juste que seuls douze pays avaient finalement rejoint la zone euro (Le Royaume Uni, le Danemark et la Suède ayant refusé la monnaie unique). Les Quinze avaient explicitement reconnu l’existence d’une Europe à plusieurs vitesses, comme en ce qui concerne la monnaie unique ou les accords de Schengen. Même si une coopération renforcée n’implique qu’un nombre limité d’Etats membres (huit au minimum), la décision de participer à une coopération renforcée est votée à l’unanimité. Cela ne fera pas plaisir a certains pays comme la Pologne, mais la real politik doit maintenant être de mise ! La Chine, L’Inde…n’attendent pas l’Europe !

    LES GENS SONT POUR L’EUROPE SOUS BENEFICE D’INVENTAIRE

    L’Europe n’est pas un projet économique per se. Je partage pleinement ce point, mais l’idéal de l’Europe, c’est la paix et la prospérité partagés. Et l’économique est un moyen et non une fin pour atteindre ces idéaux. Apres ce non irlandais, tout projet d’élargissement est suspendu à un approfondissement. Et quand on sait qu’après la présidence francaise, la Tchécoslovaquie présidera l’Union et que ce pays risque aussi de ne pas ratifier le traité de Lisbonne ! Et la Turquie ? N’oublions pas que le Président Chirac avait donné la parole de la France pour lancer formellement les négociations avec la Turquie. Que vaux la parole d’un Etat ? Maintenant, des leaders politiques nous disent qu’on fait l’UPM pour la Turquie. Quelle hypocrisie ! Les turcs, champion d’Europe ? Ce qu’on attend des leaders politiques européens et y compris à gauche (je dirai même surtout à gauche), c’est de se positionner clairement et ne pas dire mon choix sera le choix de la moyenne de la population +1. Non, de la vision, du courage politique, de l’audace. On peut être contre, pour, mais au moins il faut être visionnaire.

    Je suis d’accord avec ta conclusion, chère Najat, éthique de vérité ! Exigence de vérité je dirai même. Nous sommes quand même les garants de cette Europe des Libertés, des Droits Fondamentaux ! L’Europe sera ce que notre génération en fera. Une autre forme de péril jeune ! Alors, il est important d’avoir l’Europe que nous méritons, à savoir une Europe forte et démocratique, une Europe sure et stable, une Europe prospère et dynamique et une Europe solidaire avec ces partenaires et en particulier ceux du Sud, car la aussi, il y a beaucoup à dire… mais surtout à refaire !

    Amicalement

  37. Aaron Russo

    Article 104

    1. Il est interdit à la BCE et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées “banques centrales nationales”, d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions ou organes de la Communauté, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la BCE ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite.

    2. Le paragraphe 1 ne s’applique pas aux établissements publics de crédit qui, dans le cadre de la mise à disposition de liquidités par les banques centrales, bénéficient, de la part des banques centrales nationales et de la BCE, du même traitement que les établissements privés de crédit.

    Article 104 A

    1. Est interdite toute mesure, ne reposant pas sur des considérations d’ordre prudentiel, qui établit un accès privilégié des institutions ou organes communautaires, des administrations centrales, des autorités régionales ou locales, des autres autorités publiques ou d’autres organismes ou entreprises publics des États membres aux institutions financières.

    2. Avant le 1er janvier 1994, le Conseil, statuant conformément à la procédure visée à l’article 189 C, précise les définitions en vue de l’application de l’interdiction visée au paragraphe 1.

    Article 104 B

    1. La Communauté ne répond pas des engagements des administrations centrales, des autorités régionales ou locales, des autres autorités publiques ou d’autres organismes ou entreprises publics d’un État membre, ni ne les prend à sa charge, sans préjudice des garanties financières mutuelles pour la réalisation en commun d’un projet spécifique. Un État membre ne répond pas des engagements des administrations centrales, des autorités régionales ou locales, des autres autorités publiques ou d’autres organismes ou entreprises publics d’un autre État membre, ni ne les prend à sa charge, sans préjudice des garanties financières mutuelles pour la réalisation en commun d’un projet spécifique.

    2. Le Conseil, statuant conformément à la procédure visée à l’article 189 C, peut, au besoin, préciser les définitions pour l’application des interdictions visées à l’article 104 et au présent article.

    Article 104 C

    1. Les États membres évitent les déficits publics excessifs.

    2. La Commission surveille l’évolution de la situation budgétaire et du montant de la dette publique dans les États membres en vue de déceler les erreurs manifestes. Elle examine notamment si la discipline budgétaire a été respectée, et ce sur la base des deux critères ci-après:

    a) si le rapport entre le déficit public prévu ou effectif et le produit intérieur brut dépasse une valeur de référence, à moins que:

    – le rapport n’ait diminué de manière substantielle et constante et atteint un niveau proche de la valeur de référence;

    – ou que le dépassement de la valeur de référence ne soit qu’exceptionnel et temporaire et que ledit rapport ne reste proche de la valeur de référence;

    b) si le rapport entre la dette publique et le produit intérieur brut dépasse une valeur de référence, à moins que ce rapport ne diminue suffisamment et s’approche de la valeur de référence à un rythme satisfaisant.

    Les valeurs de référence sont précisées dans le protocole sur la procédure concernant les déficits excessifs, qui est annexé au présent traité.

    3. Si un État membre ne satisfait pas aux exigences de ces critères ou de l’un d’eux, la Commission élabore un rapport. Le rapport de la Commission examine également si le déficit public excède les dépenses publiques d’investissement et tient compte de tous les autres facteurs pertinents, y compris la position économique et budgétaire à moyen terme de l’État membre.

    La Commission peut également élaborer un rapport si, en dépit du respect des exigences découlant des critères, elle estime qu’il y a un risque de déficit excessif dans un État membre.

    4. Le comité prévu à l’article 109 C rend un avis sur le rapport de la Commission.

    5. Si la Commission estime qu’il y a un déficit excessif dans un État membre ou qu’un tel déficit risque de se produire, elle adresse un avis au Conseil.

    6. Le Conseil, statuant à la majorité qualifiée sur recommandation de la Commission, et compte tenu des observations éventuelles de l’État membre concerné, décide, après une évaluation globale, s’il y a ou non un déficit excessif.

    7. Lorsque le Conseil, conformément au paragraphe 6, décide qu’il y a un déficit excessif, il adresse des recommandations à l’État membre concerné afin que celui-ci mette un terme à cette situation dans un délai donné. Sous réserve des dispositions du paragraphe 8, ces recommandations ne sont pas rendues publiques.

    8. Lorsque le Conseil constate qu’aucune action suivie d’effets n’a été prise en réponse à ses recommandations dans le délai prescrit, il peut rendre publiques ses recommandations.

    9. Si un État membre persiste à ne pas donner suite aux recommandations du Conseil, celui-ci peut décider de mettre l’État membre concerné en demeure de prendre, dans un délai déterminé, des mesures visant à la réduction du déficit jugée nécessaire par le Conseil pour remédier à la situation.

    En pareil cas, le Conseil peut demander à l’État membre concerné de présenter des rapports selon un calendrier précis, afin de pouvoir examiner les efforts d’ajustement consentis par cet État membre.

    10. Les droits de recours prévus aux articles 169 et 170 ne peuvent être exercés dans le cadre des paragraphes 1 à 9 du présent article.

    11. Aussi longtemps qu’un État membre ne se conforme pas à une décision prise en vertu du paragraphe 9, le Conseil peut décider d’appliquer ou, le cas échéant, d’intensifier une ou plusieurs des mesures suivantes:

    – exiger de l’État membre concerné qu’il publie des informations supplémentaires, à préciser par le Conseil, avant d’émettre des obligations et des titres;

    – inviter la Banque européenne d’investissement à revoir sa politique de prêts à l’égard de l’État membre concerné;

    – exiger que l’État membre concerné fasse, auprès de la Communauté, un dépôt ne portant pas intérêt, d’un montant approprié, jusqu’à ce que, de l’avis du Conseil, le déficit excessif ait été corrigé;

    – imposer des amendes d’un montant approprié.

    Le président du Conseil informe le Parlement européen des décisions prises.

    12. Le Conseil abroge toutes ou certaines de ses décisions visées aux paragraphes 6 à 9 et 11 dans la mesure où, de l’avis du Conseil, le déficit excessif dans l’État membre concerné a été corrigé. Si le Conseil a précédemment rendu publiques ses recommandations, il déclare publiquement, dès l’abrogation de la décision visée au paragraphe 8, qu’il n’y a plus de déficit excessif dans cet État membre.

    13. Lorsque le Conseil prend ses décisions visées aux paragraphes 7 à 9, 11 et 12, le Conseil statue sur recommandation de la Commission à une majorité des deux tiers des voix de ses membres, pondérées conformément à l’article 148 paragraphe 2, les voix du représentant de l’État membre concerné étant exclues.

    14. Des dispositions complémentaires relatives à la mise en œuvre de la procédure décrite au présent article figurent dans le protocole sur la procédure applicable en cas de déficit excessif, annexé au présent traité.

    Le Conseil, statuant à l’unanimité sur proposition de la Commission et après consultation du Parlement européen et de la BCE, arrête les dispositions appropriées qui remplaceront ledit protocole.

    Sous réserve des autres dispositions du présent paragraphe, le Conseil, statuant à la majorité qualifiée sur proposition de la Commission et après consultation du Parlement européen, fixe, avant le 1er janvier 1994, les modalités et les définitions en vue de l’application des dispositions dudit protocole.

    Chapitre 2

    La politique monétaire

    http://www.dailymotion.com/video...

    http://www.europa.eu.int/eur-lex...

    En quoi le traité de Lisbonne présentait-il un progrès SOCIAL pour les peuples européens ?

    donne moi UN exemple du bienfait de la colonisation HEUUUU de l’europe, en quoi cela est benefique pour moi dans ma petite vie de petit travailleur ?

    bonne lecture :http://www.traite-de-lisbonne.fr...

  38. Cécile

    Je suis assez d’accord avec "Léo", j’ai bien aimé l’image du "racolage", en effet certaines personnes sont très fortes en ce domaine, pour faire du bla bla (ils savent ce que la population veut entendre), et puis après plus rien dans les actes, ou alors ils font le contraire et trop de gens se laissent encore "berner"…

    malheureusement..

    J’ai aussi l’impression aussi que l’on nous dit toujours les choses négatives concernant l’Europe…. (quotas par ci par là) .. on en revient toujours à l’image qui est donnée (par les médias, la TV, les personnes politiques ) .
    Alors, que l’Europe a été avant tout créée pour qu’il n’y ait pas de conflits entre ses pays.. cela est un important atout …et c’est si important .

  39. Leo

    Bonjour,

    il faut faire de la pédagogie sur l’Europe !!..
    Il y a réellement un grand problème d’ignorance. L’ignorance étant un des pires maux qui existe. Régulièrement en effet on entend les mêmes litanies concernant la bureaucratie européenne alors que le bénéfice à réfléchir un minimum dépasse largement les inconvénients qui peuvent poindre ici ou là..
    Le média central de nos jours qui conditionne tout est bien sûr la télévision. Il existe maintenant la chaîne du Sénat qui est une excellente initiative pour mettre les gens au courant de ce qui se passe et du sérieux des initiatives qui sont engagées.
    Cette chaîne souffre malheureusement de ne pas être une chaîne populaire. Donc question éducation des masses, ce n’est pas la solution la meilleure. L’idée forte serait que les chaînes publiques réalisent des reportages, fassent connaître le réel travail , les réelles avancées otenues grâce à l’Union européenne, qu’elles les mettent en valeur, qu’elle fassent comprendre l’intérêt de l’union..
    Qu’on n’en reste pas toujours au même discours stéréotypés…Il y avait déjà eu quelques diffusions qui m’avaient bien plu.. notamment sur les étudiants Erasmus .. montrer les potentialités que permettent le regroupement des nations etc..
    Il y a des exemples simples et puissants qui illustrent la réussite de l’UE..mais c’est comme c’est indices qu’on a sous les yeux et qu’on ne voit pas parce qu’ils sont trop grands, trop évidents..
    Il y a eu une banalisation ces derniers temps des discours "bidochons" , boulangistes (quoique maintenant le terme de boulangisme risque d’être remplacé par le nom du nain à talonettes qui se trouve autant de talent que David Lynch). La seule manière de faire front à la bêtise, à la propagande du "pense qu’à toi" c’est de montrer clairement et régulièrement les nombreux bénéfices dûs à l’union…
    Je suis assez atterré aussi par ces discours redondants qu’on entend beaucoup en ce moment comme l’absence de programme au PS etc etc.. comme si il n’y avait pas d’idée.. comme si les idées ne s’imposaient pas d’elles mêmes.. je suis sidéré du "tout communication" du pouvoir actuel.. cette espèce de propagande lancinante et fourbe qui sans cesse suinte des journaux etc..
    Il semble que la vacuité ne soit pas dans le camp que l’on dit.
    J’ai vu récemment votre passage au jt de la 2 . Apprécié l’exercice..
    J’ai vu assez peu de monde s’élever contre le racolage effectué par la figure de proue de l’actuel pouvoir.. dire que ce même pouvoir critiquait le racolage passif dans la rue et fait passé des lois à ce sujet !!! lui a fait du racolage extrêmement actif..
    Un des discours dominant lors de l’élection perdue par Jospin face à Chirac était que la gauche et la droite sont une seule est même entité, discours relayé par exemple par tous les opposants extrémistes à ces deux camps.. et j’ai entendu ce discours de la bouche de personnes soi-disants éduquées.. Ce n’est pas admissible, c’est de la malhonnêteté intellectuelle.. aurait on imaginé la droite faire la fête de la musique avec cette liberté d’esprit qui l’accompagne? ! ce n’est qu’un exemple d’actualité.. bien sûr une goutte d’eau si on considère toutes les autres avancées sociales.. mais c’est caractéristique. La philosophie n’est pas la même!!.. il faut le faire savoir !!
    Solidarité, entre-aide.. ca touche à l’essence même des rapports humains.. c’est la base. Content qu’il y ait encore des gens pour reprendre le flambeau.
    Vive l’intelligence!!!

  40. Gérard ELOI

    Cette intervention de Najat, sa vision de l’ Europe qu’il faut bâtir : remarquable.

    Et pourtant, on comprend ce comm d’ Adonis qui souligne avec raison le fait qu’une majorité de citoyens ne veut pas de " cette Europe libérale".
    L’ économie est l’une des composante de la société que construit le monde politique. ( Ceci résume l’une des pensées de Najat). Le problème est donc ici : l’ Europe est ce qu’en font les gouvernements des nations la composant, …et la majorité n’est hélas pas à gauche pour le moment. Donc, il y a bien trop de libéralisme et trop peu d’humanisme dans cette Europe actuelle. Un seul exemple : l’ euro est très fort par rapport au dollar. On paie le baril de pétrole en dollar. Un dollar donc dévalué. Et, malgré notre euro renforcé, le pétrole flambe ! Quelqu’un pourrait-il nous démontrer que cette hausse inégalitaire ( le kérosène reste quatre fois moins cher que le gasoil de chauffage !) n’est pas un effet pervers de la spéculation ?

    Je tourne en rond.
    Oui à l’ Europe de Najat, non à l’ Europe actuelle !
    On laisse tomber, ou…?
    Ou on continue à y croire. A sauver ce qui peut l’être encore. D’abord en préparant une nette victoire de la gauche aux élections européennes de juin 2009. Il nous reste un an…

    Socialiste 44 ( je crois) parlait d’un "travail pédagogique à effectuer". Je propose que ce travail pédagoique commence par préparer ces européennes. Pas seulement en, France. Aussi dans les autres pays !
    Comment ? Chacun(e) à son niveau et avec ses possibilités, en démarrant avec sa section locale…

    Cécile s’inquiétait de cette libre circulation, en signalant fort logiquement que le travailleur venu de plus loin doit bénéficier en France du statut du travailleur français. Tout à fait exact. Mais l’inquiétude de Socialiste, ou Asse ?, qui soulevait ce problème vient du fait qu ‘un nivellement par le bas est également fort plausible : et si les salaires français s’alignaient progressivement sur ceux des pays de l’ Est ?

    @ Socialiste 44 : j’ai vu ton blog. Très bien fait. Mais pas mis encore de comm, il était trop tard hier soir, et j’étais fatigué après les penalties. Je reviendrai, d’ailleurs j’apprécie beaucoup la région nantaise.

    Amicalement

    GE

  41. Cécile

    Bonsoir,

    Tout d’abord merci à Corinne Arquillière pour le lien du JT où Najat a été invitée. Comme cela j’ai pu voir sa prestation.

    Je ne comprends pas ce que veut dire
    "La France lèvera dès le 1er juillet 2008 toutes les restrictions à la libre circulation et à la libre installation des ressortissants des pays d’Europe de l’Est qui ont adhéré à l’Union le 1er mai 2004,"
    cela fait partie de la logique de l’adhésion à l’EUROPE ? non ?
    Et logiquement, les personnes qui viendront travailler en France auront les mêmes droits et obligations, enfin j’espère..
    J’avoue que j’ai de plus en plus envie de m’y connaitre un peu plus au Niveau de L’Europe : qui décide quoi et qui a des droits, que d’autres n’ont ou n’auront peut être plus….
    ENFIN tout cela semble bien compliqué mais bon…

    ON ne peut qu’améliorer que ce que l’on connait déjà bien,
    Bonne soirée

  42. asse42

    Najat bonsoir,

    Oui l’Europe doit devenir une entité politique capable d’exprimer une vision politique de l’avenir. La politique c’est la volonté collective d’avancer d’un peuple et de plusieurs ensemble.
    Ce combat pour le retour à la prééminence de la politique doit déjà être gagné dans notre propre pays. Il faudra déjà convaincre qu’il est possible à la puissance publique collective d’imposer un modèle de développement aux puissances financières, industrielles par essence individualistes. Ce combat nous devons le gagner si on veut sauver la construction sociale et montrer que l’on doit vivre ensemble pour envisager un avenir digne et décent pour tous.

    Si on gagne chez nous alors on pourra gagner en Europe.

  43. adonis

    Ah j’oubliais, le sondage en question, est un sondage ipsos pour Ouest/ France Dimanche, et as été rendu public le samedi 21 juin.. 53% des Français auraient voté contre le Traité du Lisbonne

  44. adonis

    Bonjour Madame Belkacem, j’espère que vous allez bien…. En ce qui concerne l’Europe, les Français ont été dernièrement sondés sur le traité de lisbonne, et le résultat est sans appel…. 53% des Français aurait voté contre le Traité de Lisbonne…. Les Français ne croient en cette Europe libérale…. et puis les Français en ont marre de l’Euro, car en 2002 les grandes surfaces, les petits commerces, etc… (enfin bref tout le monde)… ont profité du passage de l’Euro pour augmenter les prix

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